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Podcast / conversationFrançois Ruffin (sur YouTube)· 24 novembre 2019 10 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Whirlpool, épisode 3 (ft. Emmanuel Macron)

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 85 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 22 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Pourquoi dire aux salariés que le repreneur était viable alors qu'il n'y avait rien derrière ?

  • 0:24RelanceÉludée

    Pourquoi l'État n'a pas suivi ce qui se passait dans l'entreprise ?

  • 0:39OuverteÉludée

    Pourquoi Emmanuel Macron et le ministère de l'Économie n'ont-ils rien su ?

  • 1:00OuverteÉludée

    Pourquoi ne pas admettre que l'État a échoué dans ce dossier ?

  • 2:57OuverteÉludée

    Pourquoi y a-t-il eu une liste noire des militants syndicaux ?

  • 4:07OuverteRéponse partielle

    Pourquoi ne pas avoir un interlocuteur direct à l'Élysée pour suivre ce dossier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:00PrésentateurFait
    « Donc venir il y a deux ans dire à tous les salariés qui seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. »
  • 0:24PrésentateurFait
    « Il ne peut pas être simplement déçu le président de la République. Il doit avoir des outils de suivi de ce qui s'est passé à l'intérieur de la boutique. »
  • 0:39PrésentateurFait
    « Avec toutes les données qu'il a, lui Emmanuel Macron il ne sait rien, le ministère de l'économie il ne sait rien, ce n'est pas possible. »
  • 0:50PrésentateurFait
    « Et quand on est un patron et le patron du MEDEF de la Somme, on a forcément raison. Et ça ne peut pas être les petits syndicalistes, ça ne peut pas être les petits salariés, ça ne peut pas être le petit député qui a raison. »
  • 1:00PrésentateurFait
    « Je pense que, monsieur le président, vous grandiriez, vous grandiriez l'État à admettre que vous avez merdé. »
  • 1:53PrésentateurFait
    « La première enfreinte, ça a été quoi ? C'est qu'il y a eu un certain nombre de personnes qui ont été mises sur liste noire pour ne pas être pris par WN. »
  • 2:00PrésentateurFait
    « Et les premiers qui ont été mis sur liste noire, ce sont les militants syndicaux et c'est ceux qui étaient sur le parking et qui, en fond, c'est parce qu'il y a eu une lutte qui a eu reprise. »
  • 2:07PrésentateurFait
    « On vous a alerté. Les syndicats vous ont alerté. On a écrit un courrier, ils ont été sur liste noire. »
  • 2:22AuditeurFait
    « J'ai beaucoup trop de compétences pour travailler chez eux. »
  • 2:50InvitéChiffre
    « On a signé à 165 sur l'interesse. »
  • 2:53AuditeurChiffre
    « La première signature, elle était sur 235 personnes reprises. »
  • 3:05PrésentateurFait
    « qui recevaient des subventions pour que les gens qui se sont fait virer pour des raisons de militantisme soient intégrés à l'intérieur du WPN. »
  • 3:57PrésentateurFait
    « Il n'y a pas de réaction. Il n'y a pas de réaction. »
  • 6:06PrésentateurFait
    « Parce que, voilà, M. Macron, les syndicats l'ont alerté, moi je l'ai alerté dès l'automne de l'année dernière. »
  • 6:16PrésentateurFait
    « Donc il y a un engagement, qui est un engagement présidentiel, qui est un engagement personnel. »
  • 9:00PrésentateurFait
    « C'est lui qui est venu sur le site il y a deux ans, tapant sur l'épaule de tout le monde en disant « Voilà, c'est un super repreneur, pas de souci ». »
  • 9:30PrésentateurFait
    « On n'a pas eu de réponse. On n'a pas eu de réponse à ce courrier-là. »
  • 9:41PrésentateurFait
    « Mais tout ce dont il parle, c'est à partir du moment où WN était dans le mur. Mais pas avant. »

Temps de parole

  • Présentateur84 %
  • Auditeur10 %
  • Invité6 %

3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Donc venir il y a deux ans dire à tous les salariés qui seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons. Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron comme s'il était un citoyen lambda et pas quelqu'un qui était à l'Elysée, qui gouvernait, qui avait un ministère de l'économie avec des milliers de fonctionnaires à l'intérieur et qui pouvait contrôler tout ça et déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois. Il ne peut pas être simplement déçu le président de la République.

Il doit avoir des outils de suivi de ce qui s'est passé à l'intérieur de la boutique parce que les gens qui étaient sur place, les salariés qui étaient sur place, les syndicalistes qui étaient autour, moi le petit député du coin, on savait que ça ne produisait rien. Avec toutes les données qu'il a, lui Emmanuel Macron il ne sait rien, le ministère de l'économie il ne sait rien, ce n'est pas possible. Pourquoi ? Ça relève d'une idéologie. C'est qu'en fait pour lui, pour eux, les patrons ont toujours raison. Et quand on est un patron et le patron du MEDEF de la Somme, on a forcément raison.

Et ça ne peut pas être les petits syndicalistes, ça ne peut pas être les petits salariés, ça ne peut pas être le petit député qui a raison. Je pense que, monsieur le président, vous grandiriez, vous grandiriez l'État à admettre que vous avez merdé. À la limite pas vous personnellement, mais que ça a merdé. Que pendant qu'il y avait ici, qu'il n'y avait rien qui se produisait et que c'était la catastrophe et que tout le monde pouvait voir que ça allait dans le mur et qu'il y avait des signaux qui étaient envoyés à l'extérieur et on n'a pas eu de réponse. Donc ça, c'est la première chose.

Je pense que vous grandiriez vis-à-vis des salariés, vis-à-vis du territoire, vis-à-vis de moi comme représentant. Vous vous grandiriez à dire, ouais, il y a eu un délai pendant lequel on pouvait agir, au moins tirer le frein et on ne l'a pas fait. Je pense que vous vous grandiriez à dire ça. C'est ça, la première chose. Vous venez ici il y a deux ans et vous tapez sur la main de l'épaule à tout le monde en disant, il y a un brepreneur, il est viable, il est sérieux, allez-y. La première enfreinte, ça a été quoi ? C'est qu'il y a eu un certain nombre de personnes qui ont été mises sur liste noire pour ne pas être pris par WN.

Et les premiers qui ont été mis sur liste noire, ce sont les militants syndicaux et c'est ceux qui étaient sur le parking et qui, en fond, c'est parce qu'il y a eu une lutte qui a eu reprise. On vous a alerté. Les syndicats vous ont alerté. On a écrit un courrier, ils ont été sur liste noire. Vous avez été repris sur... Non, monsieur, liste noire, vous savez ce qu'ils m'ont dit, attendez, vous savez ce qu'ils m'ont dit pour ne pas me prendre ? J'ai beaucoup trop de compétences pour travailler chez eux. Bon, aujourd'hui avec un peu de recul, c'est tant mieux. Aujourd'hui avec un peu de recul, c'est tant mieux. C'est le premier point, il y a eu l'existence du liste noire. Deuxième point.

2:34
Invité

Mais de l'entreprise.

2:35
Présentateur

De WN, oui mais... Non mais... Il y a un engagement. Je veux dire, vous êtes engagé ici, monsieur le Président.

2:40
Invité

Mais j'ai jamais dit, vous savez bien, c'est impossible de demander à un preneur de reprendre tous les salariés. Vous avez dit... C'est parti. Non, non, non, non. C'est pas vrai. C'est à l'époque, député. On a signé à 165 sur l'interesse.

2:51
Auditeur

C'est tous les salariés. La première signature, elle était sur 235 personnes reprises.

2:57
Présentateur

Je suis désolé, il y a eu une liste noire, il y avait tout à peu près la possibilité des pouvoirs publics de mettre un coup de pression sur WN, qui recevaient des subventions pour que les gens qui se sont fait virer pour des raisons de militantisme soient intégrés à l'intérieur du WPN. C'est la première chose. La deuxième chose, c'est que quand on regarde le dossier de l'extérieur et que ça part sur des boîtes à lettres connectées, que ça arrive sur des batteries de voitures, que ça en vient sur des cages d'ascenseur, qu'on est dans un saut d'un dossier à l'autre, il ne peut pas venir une petite interrogation quand même. Je n'ai pas fait de grandes écoles de commerce, mais je suis sceptique.

Quand les salariés sur le site, pendant des mois, ils font du débroussaillage, ils font des tours Eiffel avec des spaghettis en pâte, vous voyez, pour les coller, quand ils font des petites poules à planter dans les jardins, qui viennent en parler aux syndicats, qui viennent en parler aux députés, qu'est-ce qu'on fait ? On adresse un courrier, d'abord en off, parce qu'on ne veut pas faire un scandale. On l'adresse à la directe, on l'adresse au ministère du Travail, on vous l'adresse. D'abord en off. Il n'y a pas de réaction. Il n'y a pas de réaction. Et ensuite, quelques mois plus tard, on le fait de manière publique.

Et madame la préfète est là, et c'est à ce moment-là qu'il y a une intervention. Je souhaite ressortir d'ici avec un interlocuteur à l'Elysée. C'est-à-dire que si on doit suivre le dossier, je vais pouvoir dire qu'on n'envoie pas un courrier à l'Elysée, et il n'y a pas de réponse, et vous dites en bas, on n'a rien reçu. Non, mais il y a une réponse immédiate par la préfecture et l'électionné ministre. Non, mais j'ai envoyé, mais j'ai envoyé. Non, non, non, moi je ne peux pas réagir pour la délègue. Non, mais d'accord.

Si jamais on veut avancer sur le dossier de l'increvable, l'histoire de la machine adaptée sans résolution et sans se programmer, moi je demande d'avoir un interlocuteur à l'Elysée. J'ai une très bonne relation avec madame la préfète. Je veux bien... J'ai eu un contact au ministère de la reconquête industrielle qui ne s'est pas traduit par quoi que ce soit derrière, mais ce n'est pas grave, j'oublie. Mais moi je veux un contact à l'Elysée pour qu'on ne puisse pas dire que M. Macron n'est pas au courant. Parce que, voilà, M. Macron, les syndicats l'ont alerté, moi je l'ai alerté dès l'automne de l'année dernière. Le 4 octobre il me semble.

4:56
Invité

Vous aviez deux remarques qui étaient encore pour venir pour le passé. Non, non, non, non. Non, mais d'accord, mais enfin, ce député, on était avancé collectivement. Franchement, l'analyse, elle est beaucoup plus subtile que ça. Vous êtes subtile, ok. Oui, oui, oui. Ok, je ne suis pas subtile, certes.

5:08
Présentateur

On sait que je ne suis pas subtile, M. Le Saint-Groboin, ce n'est pas grave.

5:11
Auditeur

C'est pour l'avenir, M. Macron, c'est pour que vous ne puissiez pas dire.

5:19
Présentateur

C'est pour que les ouvriers, les salariés ne pensent pas. M. Macron, il est passé. Et derrière, les propos qu'il a tenus, on ne va pas pouvoir les suivre. Et moi je vous demande donc un contact qui permette derrière de pouvoir avancer sur le dossier, travailler en liaison avec l'Elysée.

5:33
Invité

Mais François Ruffin, je suis si transparente que ça, que vous n'arrivez pas à trouver mon téléphone.

5:36
Présentateur

Non, mais Madame la Ministre, sur ce dossier de l'increvable, j'ai eu un contact, c'est M. Floris, il me semble.

5:42
Auditeur

M. Floris, il est parti.

5:43
Présentateur

Oui, d'accord, mais en tout cas, on m'a donné un contact de quelqu'un qui n'y est plus. Et maintenant, du coup, je suis désolé, mais sur le dossier de l'increvable, je n'ai pas eu de nouvelles du ministère, j'ai envoyé une demande, les personnes de l'increvable ont envoyé une demande, il n'y a pas de retour. Voilà, c'est tout, ce n'est pas grave. Moi je demande juste qu'il y ait un suivi, pas seulement avec le ministère, mais qu'on puisse dire le président de la République. Voilà, parce que, pourquoi ? Pourquoi sur ce dossier-là ? Parce que sur ce dossier-là, c'est vous qui êtes venu en personne le 3 octobre 2017, vous étiez là avant, vous êtes venu ici.

Donc il y a un engagement, qui est un engagement présidentiel, qui est un engagement personnel. Voilà pourquoi, en l'occurrence...

6:21
Invité

C'est la première fois que vous parlez de ce dossier-là, on a fait 15 comités de suivi, et vous venez, vous n'avez jamais parlé de ça.

6:27
Présentateur

C'est absolument pas vrai, madame la préfète, est-ce que j'ai évoqué la mauvaise foi ? J'ai évoqué mon ministère à Bercy, je l'ai suivi, et je l'ai évoqué en réunion, madame la préfète, et c'est moi, je la vois, qui opine. Oui, je l'ai évoqué à deux reprises dans des comités. Oui, oui, je l'ai évoqué, je l'ai évoqué, je l'ai évoqué, je l'ai évoqué une fois à Bercy, je l'ai évoqué, en présence de monsieur Floris, je l'ai évoqué à ce moment-là. C'est incroyable, les lettres, elles se perdent quand on intervient au ministère. Cool.

Oui, mais cool, mais attendez, on vient mettre en cause ma bonne foi, on peut me faire, on peut dire que je suis un gros bourrin, je suis un gros bourrin, si on veut, mais en revanche, qu'on ne mette pas en cause ma sincérité, qu'on ne mette pas en cause ma sincérité, à deux reprises, à deux reprises, et je vois que madame la préfète opine, à deux reprises, si, si, à deux reprises, à deux reprises, j'ai évoqué cette possibilité. Je ne dis pas qu'elle est miraculeuse, je ne viens pas promettre ni aux salariés ni à personne un miracle, je demande que s'il y a quelque chose qui peut être essayé, il faut l'essayer, c'est tout.

7:32
Auditeur

Est-ce qu'il y a d'autres salariés qui veulent s'exprimer ? M. Ruffin est avec nous depuis le début, c'est le seul, le seul à notre connaissance qui s'est mouillé pour nous, et des députés comme lui, il en faudrait beaucoup, si vous pouvez faire quelque chose pour que tous les députés puissent leur travail correctement...

7:59
Invité

C'est vous qui pouvez faire pour vos députés, c'est vous qui les... C'est à vous, désolé.

8:02
Auditeur

Parce qu'il s'occupe de pas mal de choses, et il y a pas mal de remontées positives sur M. Ruffin, alors on peut être pour lui ou contre lui, mais franchement, c'est un sacré bonhomme. C'est un cas de terrain.

8:15
Présentateur

Moi, ce que je ressens, c'est un énorme décalage entre le vécu ordinaire des gens qui ont 55 ans, ou même 46 des fois, et on leur dit qu'ils sont trop vieux, qu'ils n'arrivent pas à trouver du boulot, qu'il y a un mépris qu'ils reçoivent en permanence, et des discours un peu lointains du président, on va s'en occuper, vous inquiétez pas, c'est vous qui faites la France. Bon, voilà, il y a un décalage qui est énorme entre le vécu ordinaire des gens et ce que vient raconter le président. Tournez-vous vers l'avenir. Ouais, bon, d'accord, c'est un peu... Voilà, c'est ce que je ressens, quoi.

8:49
Auditeur

Il a l'air de se dépasser pas mal sur le repreneur en se déchambant de sa responsabilité.

8:53
Présentateur

Bon. Il n'y a rien dans ce qu'a dit Emmanuel Macron qui me fait penser que l'État n'est pas responsable. Pour moi, l'État est toujours responsable. C'est-à-dire que c'est lui qui est venu sur le site il y a deux ans, tapant sur l'épaule de tout le monde en disant « Voilà, c'est un super repreneur, pas de souci ». Le repreneur, d'emblée, il est passé des casiers réfrigérés aux boîtes à lettres connectées, aux batteries électriques, aux cages d'ascenseur. On voyait que ça partait dans tous les sens. Les salariés qui étaient sur le terrain, ils voyaient bien qu'ils faisaient n'importe quoi du débroussaillage. Les syndicalistes qui étaient autour, ils voyaient bien qu'ils faisaient rien du tout.

Moi, j'ai alerté le président de la République, les syndicats également. On n'a pas eu de réponse. On n'a pas eu de réponse à ce courrier-là. Il a fallu attendre que ça soit droit dans le mur. Et il n'y a rien qui a été dit par Emmanuel Macron qui est clair. Ce moment-là, il dit « Oui, mais il y a eu cinq réunions avec la ministre et tout ça ». Mais tout ce dont il parle, c'est à partir du moment où WN était dans le mur. Mais pas avant. Et je pense que voilà, il y a eu des promesses qui ont été faites et ensuite il y a eu une absence de suivi. Et je l'ai dit à Emmanuel Macron, mais je pense qu'Emmanuel Macron et l'État se grandiraient à dire dans ce dossier « On a merdé ».