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interviewLCP (sur YouTube)· 31 mai 2026 13 min

Lisette Pollet, députée "Rassemblement National" de la Drôme | La politique et moi !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Elle a longtemps été femme de ménage, mais le syndicalisme et la politique sont venus bouleverser sa vie. Mon invitée siège aujourd'hui avec du Rassemblement National à l'Assemblée. Générique --- --- Bonjour Lisette Pollet. -Bonjour. -En préparant l'émission, je suis tombé sur les premiers mots que vous avez prononcés juste après votre élection en 2022.

Et les mots employés m'ont surpris. On revoit ça. *-Il va falloir que ça soit un sans-faute pour moi. *Parce que les gens m'ont porté assez de place. *Je pense qu'ils attendent beaucoup.

A moi de leur prouver qu'ils ont eu confiance de me laisser ma chance. *Parce que c'est vrai que ce n'est pas simple. *Alors après, il va falloir aller cravacher encore deux fois plus pour prouver qu'ils ont bien fait de m'élire. -Alors, il va falloir que ce soit "un sans-faute pour moi". "Cravacher deux fois plus." Sacrée pression !

Qu'est-ce que ça veut dire ? Vous ne vous sentiez pas légitime en tant que députée élue ? -J'ai toujours le syndrome de l'imposteur où on ne s'estime pas légitime parce que je n'ai pas fait de grandes études.

Et on me renvoie toujours, encore aujourd'hui, sur mon ancien travail que je ne dénigre pas parce que j'étais fière d'avoir fait ce que j'ai fait et j'ai toujours travaillé. C'est vrai que je me suis mis vraiment la pression et je me la mets encore. -Oui, j'allais le dire, la pression, ça vous a mis même dans le rouge, et que vos premiers jours à l'Assemblée, ça a été pour vous un ouragan, au point de mettre votre santé en danger.

Qu'est-ce qui s'est passé ? -Mon premier mandat, j'attrape le Covid à l'Assemblée nationale. C'est vrai qu'en ayant des problèmes de santé, ça m'a mis un petit peu en danger.

Et puis après, c'est vrai que c'est mon problème, c'est que je...

Comment je pourrais dire ça ? Je veux tellement bien faire, tellement que les gens disent : "Elle est là, elle est présente, elle vote", que je mets de côté tout le reste et je fonce. -"J'avais perdu cinq kilos, j'ai dû me faire arrêter un peu car il faut tenir cinq ans". -C'est ça.

J'ai perdu du poids. J'avais perdu du poids, que j'ai repris. Mais c'est vrai que de siéger jusqu'à six heures du matin, de ne pas avoir véritablement d'horaire, maintenant, on les a.

C'est vrai qu'on finit à minuit. Imaginez quelqu'un qui ferait ça tous les jours pendant cinq ans, à un moment donné, et le corps dit Stop. -Depuis, vous vous êtes fixé des règles, justement ? -Oui, maintenant, quand je suis fatiguée, tant pis, je ne vais pas à la séance du soir, je dors.

Il faut. -Vous avez été notamment femme de ménage pour plusieurs groupes, Elior et Sodexo. Quel regard portiez-vous à l'époque sur le monde politique ? -J'avais l'impression qu'on n'était pas écoutés, que la condition des travailleurs n'était pas écoutée, qu'on avait beau faire, en fait, de participer à l'effort, et qu'à un moment donné, les fins de mois étaient compliquées, qu'il fallait toujours faire des sacrifices, mais que les sacrifices venaient toujours de la base et jamais d'en haut.

Et c'est pour ça aussi que je me suis investie. Il faut que les choses changent parce que la base est importante. Alors quand je dis base, ce n'est pas dénigré.

Mais on a besoin de chacun. Mais c'est vrai qu'on apporte chacun une petite pierre à l'édifice. Et cette petite pierre, des fois, je pense que les salariés, on n'est pas écoutés. -Et c'est votre objectif aujourd'hui ?

Vous avez dit après votre élection : "J'espère être la députée des gueux." "J'ai fait partie des invisibles, je sais ce qu'ils vivent." C'est ça votre carburant aujourd'hui ?

Représenter les invisibles ? -Oui, quand je reçois ma permanence, c'est vrai que j'ai toujours ce contact avec les gens. Je veux être là pour eux.

Si je peux leur apporter quelque chose demain, je veux être cette députée. -Comment ça se traduit concrètement dans les combats que vous menez à l'Assemblée ? A quel moment vous vous sentez le plus utile dans ce rôle ? -Moi, je me suis sentie utile au moment du texte sur la fin de vie.

Je voulais porter la voix de ceux qu'on n'entendait pas et de ceux qui bataillaient pour que ce texte ne passe pas et qu'on fasse entendre qu'on est dans une société où aider les autres, ce n'est pas abréger leur souffrance, c'est justement les accompagner. Alors après, peut-être par rapport à ce que moi j'ai pu vivre à titre personnel, puisque j'ai été aidante pendant trois ans, et donc c'est vrai que ça m'a portée. C'est un texte où j'ai été vraiment très présente, où j'ai essayé de présenter des amendements, de faire entendre la voix de ceux qui disent : "Moi je suis peut-être éligible, mais je ne veux pas qu'on abrège ma vie." -Au moment où vous avez été élue pour votre premier mandat en 2022, une autre femme de ménage a été élue aussi, Rachel Kéké, sous les couleurs de la France insoumise.

Et on a beaucoup plus parlé d'elle que de vous. C'était un choix délibéré de votre part ? Vous vouliez être plutôt discrète sur vos premiers mois à l'Assemblée ou pas forcément ? -Je reviens toujours sur le fait que ça ne me correspondait pas.

Je ne suis pas qu'une femme de ménage. Je n'aime pas quand on met les gens dans des cases. J'ai horreur de ça.

Pour moi, me cloisonner dans ce rôle, dans cet emploi, ce n'était pas vraiment moi. -J'ai lu qu'après votre élection, le député insoumis, Louis Boyard, vous a dit : "Vous vous êtes trompée de parti." C'est vrai ? -Oui. -Qu'est-ce que vous avez répondu ? -Alors, déjà, je n'ai pas compris, parce qu'on s'est croisés devant les services de La Poste.

Et il me serre la main et il me dit : "Vous vous êtes trompée de groupe" -Je ne comprends pas, "me tromper de groupe". Il dit : "Oui, compte tenu de vos origines et de votre profil", de mon ancien emploi, en fait, pour lui, j'aurais dû être chez eux. -Il fait référence au fait que vous ayez des femmes de ménage et que vos parents sont né au Portugal et ont immigré en France. -Oui. -Et vous comprenez que pour lui, votre choix politique du Rassemblement National, ils ne le comprennent pas ? -Moi, je suis patriote, j'aime mon pays, donc je le défends, bec et ongle. -Cous ne vous êtes jamais retrouvée dans les idées de gauche ? -Non.

Après, je ne suis ni de gauche ni de droite. Moi, quand je vote, je peux voter un amendement des Insoumis ou même venant d'autres groupes si j'estime qu'il apportera quelque chose aux Français. Je ne me cloisonne pas à une droite et à une gauche.

A un moment donné, on est là pour défendre notre pays, celui qui m'a vu naître. Donc j'estime que je dois porter la voix de tous les Français. -Vous avez un autre point commun avec Rachel Kéké, comme elle, vous vous êtes mobilisée pour défendre les conditions de travail des femmes de ménage.

Vous, à travers le syndicalisme à la CFDT. Qu'est-ce qui a déclenché cet engagement ? -C'était de pouvoir représenter mes collègues de travail. -Parce que vous aviez des conditions de travail particulièrement difficiles ?

Vous avez vécu des choses personnellement ? -Alors, je les ai vécues après, une fois avoir été élue, parce que j'ai découvert que mes collègues se faisaient harceler sexuellement. -Ah. -Et donc, j'ai porté leur voix. -C'est quelque chose que Rachel Keke a aussi évoqué. -Oui, sans rentrer dans les détails, mais un jour, mes collègues me racontent ce qui se passe et moi, je ne peux pas me taire. "Je suis désolée, je dois en informer notre gérant", ce que j'ai fait.

Et suite à ça, des choses ont été mises en place et autres. Donc, voilà, ça a permis aussi de faire émerger des problématiques sur le lieu de travail et autres. -Parallèlement de cet engagement syndical, après, vous avez pris votre carte au Front National.

Vous vous êtes présentée au cantonal. Et à ce moment-là, la CFDT a dit : "Non, ça, c'est pas possible. C'est incompatible avec nos valeurs." Comment vous avez vécu ça ?

Vous vous y attendiez pas ? -Très mal, parce que moi, j'étais encartée, je crois que c'était 2010 à la CFDT et je me présente aux municipales en 2014, et c'est vrai que j'étais sous mon nom de jeune fille. Et quand je me présente aux départementales, j'informe mon syndicat, je leur envoie un courrier en leur disant, par honnêteté, je leur dis que je me présente aux élections et j'attends de savoir ce qu'ils vont en penser.

Donc, je n'ai pas de nouvelles. Et c'est quand je veux me représenter comme déléguée du personnel que le petit courrier que j'avais adressé ressort, il devait être dans une pochette, et on me dit : "Ce n'est pas possible. Vous choisissez.

C'est soit nous, soit eux." -S'engager au FN, ce n'est pas anodin. Parce que je crois que quand votre frère a appris que vous étiez engagée au FN, il s'est fâché.

Vous vous êtes fâchés. -Oui, pendant un an, oui. -Donc vous aviez conscience de ça ? -Après, c'est l'image qu'on en donnait et qui n'est vraiment pas l'image que le parti a.

Moi, je n'ai jamais été ostracisée, jamais eu une réflexion sur mes origines, jamais renvoyée... oui, à mes origines, donc je pense que c'est vraiment le parti qui défend le mieux les Français. -Et votre fils, on a parlé de votre frère, je crois que vous expliquez, en 2017 que c'était un peu houleux avec lui quand vous discutiez politique. -Parce qu'en fait, il y a aussi la pression sur les enfants.

Quand nos enfants sont scolarisés et que dans l'école, on n'arrive pas à faire la part des choses en disant...

C'est ce que j'ai dit à l'établissement scolaire où mon fils était scolarisé. Moi, j'ai une opinion politique. C'est la mienne. -Il était embêté à cause de vos opinions. -Mon fils n'a pas à subir.

Donc après, ça s'est tassé, mais... -Parmi les sujets qui vous mobilisent à l'Assemblée, il y a les vaccins, ou plutôt l'obligation vaccinale.

C'est un sujet qui vous a mobilisée même avant, parce que je voyais que vous avez beaucoup manifesté contre le pass sanitaire avant d'être députée. Et à l'Assemblée, vous êtes opposée à l'obligation vaccinale sur la grippe, dans les ehpad, obligation pour les soignants et les pensionnaires des ehpad. Ca veut dire quoi ?

Les vaccins vous font peur ? -Non, pas du tout. -Le principe d'une obligation ? -Voilà.

Soit on est pédagogique, on informe les personnes de la meilleure façon. Je pense que quand on oblige, automatiquement, on a un système qui se tend et les gens ont tendance à se braquer. Moi, pour information, bien que je ne devrais pas le dire, je me fais vacciner tous les ans contre la grippe saisonnière, mais je n'enquiquine... -Donc vous n'êtes pas anti-vax ? -J'embête personne.

Moi, quand on me traite d'anti-vax, d'ailleurs j'ai sorti auprès de certains collègues, voilà, moi j'ai mon petit papier, je me suis fait vacciner. Mais je ne vous ai pas obligé, pour me protéger, à vous faire vacciner. -Sauf que les vaccins, ça marche que s'il y a une couverture... -Oui, mais la grippe saisonnière mute tous les ans.

On se fait vacciner tous les ans. Bon, cette année, je ne l'ai pas attrapée, mais moi, tous les ans, j'ai la grippe. Alors, avec une forme moins importante, c'est vrai.

Mais moi, ce que je crains, c'est que les gens se fassent vacciner alors qu'ils n'ont rien. Parce que l'histoire du vaccin pendant le Covid, certains étaient asymptomatiques et propageaient le virus. Moi, j'ai fait très attention.

C'est vrai que je ne me suis pas fait vacciner. Chez moi, on ne s'est pas fait vacciner. J'avais une personne en fin de vie au domicile.

Mon beau-père était domicilié. Je l'ai récupéré pendant trois ans. Et c'est vrai qu'on a toujours fait très attention.

Moi, quand j'ai attrapé le Covid, je ne l'ai pas transmis à mon beau-père, à mon mari malheureusement, mais bon. Mais voilà, j'ai toujours fait attention, je m'auto-testais et à un moment donné, il faut vraiment faire de la pédagogie. -On va conclure l'émission avec notre quiz.

Je vais vous proposer des phrases et vous allez devoir les compléter. Cinq minutes de crochet par jour. -Ah oui !

C'était il y a très longtemps. -C'est fini ? -Je n'ai plus le temps.

Par contre, je me suis mise à l'aquarelle. -Ah ben, ça change. -J'adore tout ce qui est manuel. -Etre députée et ne pas avoir le permis de conduire...

Comment on fait ? Vous êtes dans une circonscription assez grande, assez rurale. Il faut se balader. -Oui. -Merci à mon mari.

Merci à mon mari qui m'accompagne. -C'est votre chauffeur ? -Oui. -Enfin, ce qu'il y a de plus portugais en moi ? -Je parle avec les mains et je suis bavarde, mais alors... -Ce sera le mot de la fin.

Merci à vous. -Merci. Générique de fin