Agriculteurs, les raisons de la colère
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
on va maintenant vous parler d'agriculture des agriculteurs de crise sociale et au milieu de tout cela forcément de politique puisqu'on arrive bientôt à la mi-novembre et qu'à la mi-novembre le monde agricole avait menacé avait prévenu qu'il reprendrait les les actions colère des agriculteurs là comprenez-vous on vous répond aujourd'hui sur ce thème vous nous posez toutes les questions que que vous voulez vos remarques également on vous répondra avec nos experts et nos invités ce sera à partir de 14h30 je vous présente d'abord le plateau Clément torpier président des Jeunes Agriculteurs euh d'Île-de-France Mathilde Dupré co-directrice de l'Institut Veblen laboratoire d'idées qu'on qu'on peut classer plutôt à gauche André Neto rédacteur en chef du au guardardian pour la zone Amérique latine et et Caraïbes on a avec nous également mano Aubri depuis Bruxelles député européenne la France insoumise et première vice-présidente de de la Commission des affaires commerciales au Parlement européen cléence del laabum évidemment pour nous parler d'économie et qui m'accompagne bonjour à tous et merci d'être avec nous sur sur France Info il y a un point sur lequel on va longuement s'arrêter et qui cristallise cette colère et les très fortes inquiétudes c'est l'accord envisagé entre l'Union européenne et le Mercosur alors je me tourne vers vous d'abord Florent bouté pour pour nous en parler est-ce que vous pouvez d'abord Florent peut-être nous nous rappeler de quoi il s'agit quand on parle de Mercosur on sait que c'est en Amérique du Sud mais de quoi parle-t-on précisément et bien très concrètement le mercosour c'est la zone de libre échange d'Amérique du Sud toute proportion gardée on peut dire que c'est à peu près l'équivalent de l'Union européenne pour le continent sud-américain le Mercosur vous découvrez ici son drapeau son logo à côté des drapeaux des pays membres et plus précisément ce qui concerne la géographie vous le voyez ici c'est vrai c'est bien ancré en Amérique du Sud autour des deux poids lourds économique de ce sous-continent l'Argentine et le Brésil on rajoutera à cela deux autres pays l'Uruguay et le Paraguay tous ces pays qui sont membres depuis l'origine depuis la création de cette organisation c'était en 1991 et puis dernièrement on peut rajouter la Bolivie qui est en cours d'intégration actuellement à cet ensemble à noter à noter et bien qu'un dernier membre le Venezuela est actuellement suspendu au sein de cette organisation pourquoi et bien en raison des problèmesmocratiques liés sur place au régime de Nicolas Maduro on terminera en disant et bien que dans les statuts du Mercosur il est prévu en tout cas il est souhaité que l'intégralité des autres pays d'Amérique du Sud le Chili le Pérou l'équateur ou encore la Colombie pourquoi pas rejoignne un jour cette organisation voilà pour le point géographique est-ce qu'on peut faire maintenant Florent un point économie peut-être quel est son poids au mercosour alors il est relatif hein c'est bien le 4e ensemble de la planète derrière l'Union européenne l'azéane en Asie ou encore la la l'aléa en en Amérique du Nord mais c'est seulement 3,5 % du PIB mondial ce qui reste quand même assez faible et puis bon il y a plusieurs il y a plusieurs objectifs quand même des tarifs extérieurs communs à cet ensemble ce qui en fait d'ailleurs une zone de libre échange vis-à-vis de de l'extérieur avec une tentative pour harmoniser les politiques économiques des États membres des harmonisations aussi en ce qui concerne les législations un peu comme fait l'Union européenne pour tout un tas de de produits des accords internationaux qui pourrait être négocié aussi alors pourquoi pas un avec l'Union européenne c'est ce qui fait débat mais il y en a déjà qui existe entre le mercosour et l'Inde oou le mercosour et Israël par exemple pour s'échanger des produits avec à noter certaines faiblesses quand même pas de monnaie commune en ce qui concerne cette organisation économique régionale et une pauvreté persistante puisque vous voz bien plusieurs de de ces pays vont on certaines de leur population qui vivent très largement en dessous du seuil de pauvreté et Merci à VOUS Florent bouté Clément torpier quand vous voyez ce mercosour j'imagine que c'est le point qui cristallise toutes les tensions vous êtes prêts pour l'instant alors je sais pas si c'est qu'une menace ou pas mais à ressortir les tracteurs et à à tout rebloquer comme on l'a vu l'année dernière bonjour effectivement cette question du Mercosur est une ligne rouge pour la profession agricole on est dans une période extrêmement tendue vous le savez les agriculteurs finissent pour partie les travaux des champs qui correspondent au semi dans des conditions qui sont extrêmement compliqué au vu de la situation climatique et dans certains territoires de France c'est le manque de pluie dans d'autres ce sont les inondations et donc il y a un un malaise agricole qui est extrêmement important donc là ce serait la grosse cerise sur le gâteau exactement c'est je sais pas si c'est un gâteau j'ai pas c'est loin d'être un gâteau mais c'est un point supplémentaire qui s'ajoute et qui cristallise toute la profession agricole et c'est clairement une ligne rouge aujourd'hui qui ne doit pas être franchie ça veut dire que si demain euh l'accord UE Mercosur n'est pas adopté vous vous êtes prêt à dire bon bah c'est bon on repart dans nos exploitations et on discute il y aura pas de blocage non je j'ai pas j'ai pas dit ça aujourd'hui on doit continuer de de discuter et si cet accord du mer caur passe il en va de la survie de nos exploitations avec des importations massives la question de concurrence déloyale et cetera enfin c'est les exploitations agricoles qui vont en périr mais c'est aussi nos paysages euh ruraux et aussi le consommateur à travers son alimentation qui risque de se dégrader Mathilde Dupré qu'est-ce qui est mise en avant en faveur de de ce Mercosur qu'est-ce qui est présenté comme voilà ce serait un accord gagnant gagnant alors il faut savoir que l'accord Mercosur qui est en négociation depuis 25 ans maintenant c'est un accord très large il y a un volet commercial et un volet plus politique et dans le volet commercial on a négocié sur l'ensemble des secteurs d'activité donc pas seulement l'agricultur euh mais aussi la chimie l'automobile et cetera donc il y a un certain nombre de pays de l'Union européenne qui sont très favorable à ce que cet accord soit conclu pour pouvoir augmenter les exportations euh par exemple export par exemple allemande de produits chimiques ou ou ou d'automobile et de du côté des importations et bien effectivement on a on a des pays qui sont des pays Agos exportateurs qui sont déjà des des gros pays qui nous envoient beaucoup de d'ré alimentaire le le le Brésil est le deuxième pays d'importation de d'ré alimentairire dans l'Union européenne déjà aujourd'hui et effectivement ça pourrait booster encore énormément ces ces exportations mais il y a pas une balance on nous dit pas voilà ce qu'on gagnerait voilà ce qu'on ce qu'on perdrait entre guillemets enfin si clairement l'agriculture a été une monnaie d'échange dans dans cette dans cette négociation puisque les intérêts offensivs de l'Union européenne c'était plutôt dans le domaine de l'industrie dans le le le fait de pouvoir ouvrir aussi les marchés publics dans dans les pays du mercosour qui étaient moins ouvert que dans l'Union européenne donc il y a il y a un certain nombre de d'acteurs qui se positionn sur ces marchés-l qui sont très heureux de voir le l'accord se se conclure mais par contre en contrepart il a fallu donner des concessions à ces pays d'Amérique latine et safice no marchés agricoles c'est c'est le le la contrepartie très clairement Andretto on a du mal à savoir comment on le voit de l'autre côté de l'Atlantique est-ce que côté brésilien par exemple on parlait du du Brésil on se frotte les mains de de cet éventuel accord je dirais pas qu'on se frotte les mains mais c'est vrai que certains secteur de l'économie brésilienne sont très attentives à C au débauchage de cet accord par exemple quand on parle de toute l'industrie agricole au Brésil toutes les entreprises qui produisent de la viande à l'exportation par exemple ces industries là sont très attentifs à des accords de libre échange et donc très intéressés à ce que cet accord avec l'Union européenne puisse passer dans dans enfin dans dans le mois à venir euh maintenant il fort lobing politique ou pas au oui bah oui ah oui oui en France on l'impression que tout le monde est contre est-ce Queau Brésil tout le monde est pour ah dans dans cette industrie oui euh par les passés on on voyait que l'industrie notamment basée à Sao Paulo était plutôt contre les accords de libre échange très protectionniste mais cette résistance là à un moment donné est tombée et je me rappelle d'avoir eu une discussion avec en en industriel brésilien qui nous a dit qui m'a dit j'étais avec d'autres journalistes il nous a dit euh écoutez si on peut pas faire de l'industrie on fera de l'agriculture euh voyez euh c'est-à-dire la la le le pouvoir économique au Brésil et on peut en attente de cet accord il peut éventuellement basculer vers de nouveau secteurs qui puisse profiter mieux à leurs intérêts Clémence ce qu'il faut ce qu'il faut dire aussi c'est que cet accord de libreéchange ne fait pas que des perdants il y a aussi des gagnants je pense notamment à la filière viticol qui aujourd'hui est taxé à 27 % et et et là il s'agirait donc de réduire ces ces voilà ça ouvrir mar marché pour la filière viticole française en revanche ce qui cristallise et je parle sous votre contrôle la colère des agriculteurs enfin l'une des filière qui cristallise beaucoup d'inquiétude c'est évidemment la filière bovine la filière bovine parce que là effectivement cet accord crée une situation de de concurrence déloyale puisque et les céréales aussi j'imagine notamment parce que effectivement on n'a pas les mêmes normes phytosanitaires il y a pas les M normes environnementales dans les pays du Mercosur donc ça créerait une concurrence déloyale et c'est ça je crois qui inquiète les agriculteurs français Manon auri je disais on a l'impression qu'en France on a du mal à trouver quelqu'un qui est favorable à cet accord UE Mercosur pourquoi est-ce que vous pouvez nous expliquer avec les arcanes de de de l'Union européenne que vous fréquentez au quotidien pourquoi on peut encore avoir demain cet accord signé en France alors que tout le monde est contre la réalité aujourd'hui c'est que cet accord c'est probablement le plus important et le plus destructeur accord de libre échange que n'a jamais signé l'Union européenne et on voit que cette fuite en avant de l'Union européenne vers la signature de toujours plus d'accords de libre échange n'est aujourd'hui pas véritablement questionné je dois vous dire que moi je préside au Parlement européen le seul groupe qui n'a jamais donné aucune voix aux accords de libre échange tel qu'il soit parce que il faut avoir en tête que cet accord avec le mercosour s'ajoute à l'accord avec la Nouvelle-Zélande que sont en discussion l'accord avec le Mexique avec l'Inde euh avec l'Australie bref les quotas dont on parle qui sont massifs s'agissant du mercosour viennent s'ajouter ont un effet cumulatif et aujourd'hui sont en mesure de détruire véritablement l'agriculture européenne et c'est vrai qu' là vous avez raison c'est qu'il y a un paradoxe immense entre les discours d'un certain nombre de dirigeants européens qui plus est après l'élection de Donald Trump aux États-Unis qui consiste à dire qu'il faut relocaliser notre production notre production industrielle notre production agricole al aujourd'h cé pardon qu'est-ce qui bloque aujourd'hui pour que la France je sais pas si la France est capable de mettre un veto si plusieurs pays euh avec la Pologne par exemple où les Pays-Bas peuvent mettre un un vetau comment c'est possible la réalité le le le problème il est à plusieurs étages le premier problème d'abord c'est que ces négociations se tiennent en toute opacité et c'est un véritable scandale démocratique vous l'avez dit je suis première vice-présidente de la Commission des affaires commerciales nous avons eu à M e après des mois de bataille hier un premier monitoring group c'est comme ça que ça s'appelle dans le jargon du Parlement européen qui s'est déroulé à H8 clos pour vaguement nous informer de l'état des négociations cela fait des années que nous n'avons pas eu la moindre copie du texte de en cours de négociation avec le maire cossour ce qui place la Commission européenne dans l'illégalité puisqu'elle est censée informer le Parlement européen qui est codécisionnaire ça c'est le premier levier des difficultés c'est l'opacité des négociations qui rend difficile un débat démocratique et je vous remercie de consacrer du temps d'antenne à cela parce que en réalité ça fait des mois qu'on alerte et ça a été assez peu débattu et il faut saluer la mobilisation des agriculteurs qui mettent ce sujet aussi à l'agenda le deuxième levier de difficulté c'est que en réalité il la Commission européenne est en train d'essayer de faire un subterfuge juridique pour changer la base juridique de l'accord les accords commerciaux normalement traditionnellement les accords de libre échange pardon sont statués et adoptés à l'unanimité des États-membres ce qui veut dire qu'il suffirait d'un seul état pour bloquer cet accord plus la validation des parlements nationaux c'est ce qui s'est passé pour le Canada dont on on sait par exemple que le Parlement français na toujours pas et là il la possibilité de passer simplement à la majorité c'est ça exactement ce qu'ils sont en train de faire c'est de passer de l'unanimité à la majorité qualifiée donc il faut 55 % des des États qui représente 65 % de la population européenne donc forcément un état ne suffit plus à s'y opposer il vousut rajouter à cela le fait qu'il contourne la validation des parlements euh nationaux et troisième difficulté pour la France spécifiquement c'est que euh la France et les ministres le Premier ministre Michel Barnier qui sera d'ailleurs en visite à Bruxelles demain tiennent des grands discours euh sur leur opposition supposé à à l'accord avec le Mercosur mais en réalité ne se donne pas véritablement les moyens d'un rapport de force sur la scène européenne pour bloquer cet accord alors que la France vu son poids économique son poids politique en aurait les moyens et que la la vérité c'est que la voix de la France est affaiblie sur la scène européenne liée à ses déboirs budgétaires lié à son incertitude politique et qu'aujourd'hui la voix de la France ne pèse pas autant que on pourrait l'espérer et que on ne sait pas dans quelle mesure la France mène véritablement cette bataille en coulisse alors qu'elle devrait aujourd'hui utiliser de tout son poids peser de tout son poids pour bloquer cet accord Mathilde Duprè ce que je voulais ajouter c'est que il y a un vrai problème de logiciel en fait ces négociations elles ont été lancées il y a 25 ans selon euh un vieux logiciel de la politique commerciale depuis on a signé l'accord de Paris pour lutter contre changement climatique on a aussi signé un accord cadre à Montréal sur la protection de la biodiversité ce sont des engagements qui qui aujourd'hui doivent être tenu par tous les états qui ont été signataires de de de ces de ces accords et en fait dans nos accords de de libre échange ce qu'on fait c'est qu'on libéralise pour l'ensemble des flux de biens et services quel que soit leur impact sur l'environnement et et donc par exemple ce qu'on a montré c'est que toutes les exportations automobiles qui sont prévues pour lesquelles il y aura des des avantages commerciaux et bien c'est quel que soit le type de véhicule quel que soit la taille quel que soit le type de moteur pareil on va booster des exportations de produits chimiques y compris des pesticides interdits qu'on continue de produire dans l'Union européenne et d'exporter massivement vers les pays du Mercosur parce que par exemple le le Brésil qui est le deuxème utilisateur de pesticides au monde et aussi le 2è importateur euh de de pesticides produits par l'Union européenne donc euh on va on va comme ça promouvoir beaucoup d'exportation européennes qui sont euh euh en contradiction avec nos engagements internationaux et euh en en vis-à-vis on va euh euh promouvoir des des importations qui euh là aussi euh vont avoir un impact massif sur la déforestation c'est les experts qui avaient été mandatés par le gouvernement euh français en 2020 qui avait rendu un rapport en disant que euh rien que pour la viande le la mise en œuvre de l'accord pour augmenter la déforestation le rythme de la déforestation entre 5 et 25 % par an pour les 6 premières années de de mise en œuvre de l'accord donc vraiment on parle d'impact sur l'environnement et la la biodiversité qui peuvent être massif BR du C Clément torp mais je me permets de de rebondir je pense qu'il est important de donner quelques chiffres qui sont très parlants c'est 180000 tonnes de sucre c'est 100000 tonnes de viande bovine et 45000 tonnes de miel voilà ce que représente en terme de de grands chiffres les importations qui pourraent être issu de ce Mercosur je ne parle pas aussi des bioarburant et toutes ces donc c'est quoi la conséquence pour vous c'està-dire on va avoir un marché avec beaucoup plus d'offres et vous craignez que votre offre soit complètement dévaluée c'est ça bien évidemment et il y a une notion de de concurrence déloyale si je peux dire puisque toutes ces production elle ne respecte pas notre cahier de production en France notre standard euh de production ce n'est pas euh fabriqué ce n'est pas cultivé de la même façon euh avec pour certaines productions on utilise dans ces pays-là des produits qui sont interdits euh dans l'Union européenne interdits euh en France si je prends l'exemple du du sucre euh avec la betterave sucrière on en a beaucoup euh parlé euh il y a quelques années aujourd'hui cette filière elle est en en difficulté et j'ai envie de dire que si demain cet accord est signé ça sera la mort assurée de la filière sucre alors aussi bien pour l'agriculteur qui est producteur de betterave mais aussi pour toute l'industrie autour du sucre de l'utilisation de l'alcool pour les biocarburant et là il y a là également pardon une perte d'emplois qui travaillent dans ces secteurs en lien avec la production agricole en France cléence on parle de nombre de tonnes c'est pas forcément très concret pour les gens qui nous regardent euh pour rebondir sur le nombre de le quota d'importation de la viande bovine que qui est de 99000 tommes faut comprendre ce que ça représente 99000 tonnes la production bovine européenne c'est 6,7 millions de tonnes en 2023 la consommation de viande bovine européenne c'est 6,3 millions de tonnes et bien ce quota d'importation qu'on impose au pays du Mercosur soit 99000 tonnes ça représente un steack par rang et par personne donc c'est une proportion très faible voilà c'est juste pour se rendre compte de quoi on parle André Netto vous avez pas l'impression en entendant tout cela que l'Europe est en train de de d'essayer de donner des leçons au brésiliens des leçons de d'écologie des des leçons d'économie comment vous le prenez au Brésil écoutez ce qui m'étonne les plus dans toute la discussion autour de libre échange ici en France et un peu partout en Europe c'est le caractère un peu idéologique de cette discussion en fait quand quand on parle juste ement du quotat l'importation de viande bovine on voit très bien que c'est que l'impact bien que réel il ne sera pas dévastateur aussi dévastateur que l'impact qu'on qu'on suppose ou qu'on ou qu'on c'est ce que dit une étude récente de la Commission européenne mais 5 à 25 % d'accélération de la déforestation ça c'est quand même énorme comme 5 à 25 % c'est déjà une fourchette assez large pour un étude que que soit vraiment ancré dans la réalité ça différ si on prend que le morceau noble qui va être exporté vers l'Union européenne ou si on calcule la viande la la vache entière dont une partie serait éventuellement valorisée vers les marchés faire la défense l'accord de libre échange j'ai beaucoup de questions par rapport à l'opportunité de cet accord à un moment donné où le monde discute du protectionnisme le retour de de tarifs àinière en peu partout aux États-Unis en Europe à l'égard de la Chine on peut bien imaginer de la Chine à l'égard de l'Europe et des États-Unis et donc une guerre commerciale qui commence à à à à à à voir les jour là euh donc je me pose des questions par rapport à l'opportunité de C cet accord je me pose la question euh de la force du gouvernement français et des institutions française et son poids politique au sein de l'Union européenne qui s'est effondré depuis euh quelques mois je pense que notamment depuis euh depuis la la dissolution du Parlement exactement et euh donc il y a plusieurs questions euh autour de de de de de de cet accord de libre échange mais je suis pas aussi catastrophique que beaucoup de Français notamment dans la filière l'agriculture les sont euh et je pense que ce débat est euh devrait être en débat plutôt technique qu'en débat idéologique là on tombe clairement dans le débat idéologique et et même même quand on parle de déforestation euh alors évidemment c'est une question mondiale mais est-ce que ce n'est pas le problème des Brésiliens d'abord c'est c'est non mais justement l'Union européenne elle a elle a travaillé depuis 2019 sur un agenda vert très ambitieux le Green Deal le PACT vert le pacte vert euh dans lequel elle a adopté des des législations très importantes et notamment une législation sur la déforestation importée en disant les Européens par leur consommation se rendre responsable de la déforestation dans des paystiers et c'est notre responsabilité que de s'assurer que euh on on on trace les produits qu'on consomme et qu'on s'assure qu'ils ne sont pas euh euh impactants sur la déforestation et bien typiquement cette règle elle a été adoptée en 2023 elle devait rentrer en vigueur à la fin de l'année on parle déjà d'un report pour au moins un an parce qu'il y a eu énormément de pression de la part des des pays qui sont impactés par cette cette réglementation les pays du Mercosur mais beaucoup d'autres et et là cette semaine au Parlement européen on on vont être discutés des amendements pour complètement démanteler ce texte l'affaiblir et et le vider de son contenu donc on voit bien que c'est quand même des questions qui sont qui sont fortement un briquet et que c'est difficile d'adopter des règles ambitieuses pour dire on essaie de de rendre notre consommation plus verte plus propre moins impactante on essaie de rendre notre production plus verte plus propre moins impactante et en même temps on signe les accords qui vont complètement à l'encontre de ces efforts là et c'est cette effort de cohérence qui est très difficile et si on on ne s'y attèle pas on a des blocages comme ceux qu'on a eu au début de l'année qui sont des des objections quand même assez justifiées et et ça sera difficile de de de de changer de transformer en profondeur notre système économique et et de le faire de façon juste donc c'est c'est c'est c'est quand même des enjeux qui sont qui sont aujourd'hui massifs si on veut être sérieux avec nos engagements environnementaux pour réevenir à votre question précédente et rébondir sur ce sujets je pense que là pour le coup il y a euh la la cristallisation de l'argument des autorités latino-américaines au Brésil en Argentine en peu partout c'est que euh l'Union européenne ou le discours de de ONG ou de syndicats et cetera se tourne à chaque fois vers l'argument environnemental ou la déforestation et cetera on est tous d'accord pour la protection de l'environnement on veut tous que l'Amazonie euh euh non simplement soit protégé mais aussi récupéré dans dans la partie qui a été déforestée déjà mais on nentend pas souvent les mêmes arguments quand on parle par exemple l'importation de vêtements du bangladesch la production rivière en en au Vietnam en Chine euh en en Inde ou a euh et et là ça donne de la crédibilité au discours des autorités latino-américaines quand elles disent bah voyez l'argument de l'environnement en fait c'est en fait une excuse euh de de de secteurs qui sont résistants à cet accord de libre échange parce que vous avez euh toujours des mesures différentes pour traiter le sujet quand c'est quand c'est l'Amérique latine vous voyez la déforestation en Amazonie quand c'est l'importation de Chine ou l'importation de biens électroniquees qui font aussi mal à la nature air on nen parle pas maintenant auri c'est un débat trop idéologique non c'est un débat qui est extrêmement pragmatique je voulais d'ailleurs répondre à votre journaliste économique en plateau avec qui j'aurais plaisir à échanger pour donner quand même quelques précision quand on parle de 180000 tonnes de volaille par exemple vous avez pas parlé de la volaille quand quand on parle de 100000 tonnes de de bœuf c'est de quotas additionnel additionnel à ce qui est déjà échangé avec le Mercosur et ça va se traduire par une augmentation selon les chiffres de la Commission européenne elle-même de 53 % des importations de la part du mercosour mais ça s'ajoute aussi à l'ensemble des accords de libre-échange qui ont été jusqu'à présent signés et j'insiste là-dessus si vous ajoutez la libéralisation des échanges commerciaux avec l'Ukraine ainsi que l'ensemble des accords de libre échange qui ont été signés ces dernières années et qui ont prévu d'être signé oui on assiste complètement à un dépessage en règle de notre agriculture européenne et j'y voisà un paradoxe énorme qui fait que aujourd'hui on construit notre modèle agricole qui est tourné vers l'exportation on a près de 44 % des surfaces agricoles en Europe qui servent à l'exportation et on importe ensuite des produits de l'autre bout du monde mais on est capable aujourd'hui largement et je je parle sous le contrôle de l'agriculteur qui est avec vous en plateau on a largement les moyens de nous IR la population européenne et il faut pouvoir construire un modèle agricole qui répond à nos besoins pourquoi on va aller chercher du buœuff de la volaille du fromage de l'autre bout du monde alors qu'on sait le produire en France en Europe en plus de bonne qualité en plus ça permet de faire vivre notre agriculture et évidemment ça a un impact sur le climat qui est bien moindre on vient d'ouvrir la COP aujourd'hui hier pardon en Azerbaïdjan et on on place l'impératif écologique euh au sommet de nos priorités politiques et de l'autre côté on on construit un modèle agricole et un modèle industriel qui consiste à impemporter de l'autre bout du monde ce qu'on sait produire déjà et donc je pense que c'est ce modèle là qu'il faut aujourd'hui questionner pour pouvoir relocaliser notre production agricole industrielle donc en cela c'est pas du tout idéologique c'est extrêmement pratique par parce que c'est l'impression et je sais pas si c'est un lien et vous allez peut-être me me me le confirmer mais j'ai on a aussi l'imession Manon auri que dans je sais pas combien d'années mais il y aura nettement moins d'exploitation agricole en France et que les besoins seront peut-être les mêmes il y a il y a déjà énormément d'exploitations agricooles qui sont qui sont tué chaque année et et si vous prenez le le revenu moyen d'un éleveur notamment c'est sont parmi les agriculteurs les moins bien payés ils ont déjà du mal à survivre et c'est ces professions aujourd'hui qu'on est en train de tuer à petit feu en ouvrant grand nos frontières au March ind qui viennent des quatre coins du monde alors que j'insiste on est capable largement de nourrir la population européenne avec notre agriculture qui pose évidemment d'autres questions en plus du libre échange se pose la question d'une juste rémunération qui est posée aussi par les agriculteurs dans le mouvement social mais je pense que les deux vont de paire on doit produire en Europe ce dont nous avons besoin et on doit rémunérer à des prix décents plutôt que de laisser notre agriculture dans les mains de quelques multinationales qui essaient de comprimer les prix un maximum parce que le marché agricole notamment au Brésil ou en Argentine il est aussi détenu par dans les mains mises de quelques multinationales qui ont énormément de pouvoirs il y a eu des scandales de corruption aussi des inspecteurs sanitaires notamment au Brésil donc concrètement on a des grandes entreprises multinationales qui corrompent le système de contrôle sanitaire et aujourd'hui l'Union européenne va se reposer sur ce système de contrôle sanitaire on marche complètement sur la sur la tête et la Commission européenne a reconnu elle-même il y a quelques semaines dans une dans une enquête à travers un audit que ils ne peuvent pas garantir que le bœuf exporté depuis le Brésil n'est pas ne contient pas de l'ustradiolle qui est un une hormone qui est interdite et qui est cancérigène et qui est interdite dans l'Union européenne donc on interdit des substances dans l'Union européenne mais on va importer des produits du Brésil ou d'Argentine qui ont été produit avec ces substances donc on voit aujourd'hui que évidemment on pourra pas demander aux agriculteurs de suivre ces normes si ces mêmes normes ne sont pas appliquées au produits qui entrent dans l'Union européenne et c'est bien là tout l'enjeu juste Mad après je vous libère parce que vous devez auditionner Stéphane ses journé dans 3 minutes tout pile est-ce que vous allez le questionner sur sur cette question du du mercosour oui parce que Stéphane ces journée qui est le candidat commissaire nommé par la France à la Commission européenne il a dans son portefeuille un portefeuille assez large de vice-président il a la question de l'industrie de la compétitivité et derrière de la localisation de notre prod production donc je vais l'interroger sur les paradoxes qu'on évoquait en début d'émission à la fois sur la volonté affichée de l'Union européenne de relocaliser notre production en signant à tour de bras des accords de libre échange mais aussi sur la saignée sociale industrielle à laquelle on assiste et on voit que ce qui est ce qui est en train d'arriver à l'agriculture c'est ce qui est arrivé aussi à l'industrie ces dernières années et ces dernières décennies on perd peu à peu notre capacité de production agricole et industrielle en France et en Europe et face à ça on a une Union européenne non seulement impuissante mais qui organise qui orchestre cette perte de souveraineté industrielle et agricole et ça tombe bien c'est précisément le le périmètre de Stéphane sesjourné que je vais donc questionner et interroger sur ce sujet et surtout à qui je vais demander des comptes parce que je pense que ceux qui souffrent les agriculteurs mais aussi les ouvriers dans les industries de cette perte de souveraineté aujourd'hui veulent leur demander des comptes donc on sera leur porte merci Manon donc depuis bruxellputé européen la France insoumise je crois que tout le monde voulait réagir en plateau peut-être clmentorpier d'abord merci moi j'aimerais revenir à plusieurs années ou quelques mois face à ce qui s'est passé avec le covid on a beaucoup parlé de souveraineté alimentaire de souveraineté énergétique de notre pays les agriculteurs ont été placés au cœur de cette souveraineté alimentaire aujourd'hui la France La France Agricole elle a continué de tourner d'alimenter les super supermarché on s'est rué d'une certaine façon en organisant une pénurie sur le dernier paquet de pattes le dernier paquet de qui de de riz qui restait dans les supermarchés et on a tenu et on s'aperçoit que cette souveraineté agricole c'est peut-être l'une des dernières productions économiqu qui marche encore en France mais quand on disait qu'il allait y avoir moins de moins en moins de d'agriculteurs France justement justement aujourd'hui dans les 10 ans à venir il y a 50 % des agriculteurs qui qui vont être en âge de prendre leur retraite et donc cette jeune génération ces nouveaux agriculteurs on doit les accompagner on a sou pour produire plus et compenser les 50 % qui partent c'est continuer à produire déjà he et on a souvent appelé de nos vux un changement de logiciel comment voulez-vous engager un jeune dans cette profession en disant tu vas produire plus vert que vert et face à toi on va importer du poulet du bœuf du miel qui ne respecte pas les conditions dans les qu tu produis ce même produit en France on marche sur la tête aujourd'hui aucun jeune n'a envie de s'installer dans ces conditionsl de reprendre une exploitation c'est très très compliqué et aujourd'hui alors il y a la question du Mercosur mais il y a aussi toute la question autour de la simplification agricole les promesses qui avaient été fait par l'ancien gouvernement aujourd'hui ce monde agricole va mal et voilà on a besoin vraiment d'un changement de de logiciel pardon que le gouvernement prenne ses responsabilités si on veut conserver une agriculture qui est en capacité de répondre aux enjeux de souveraineté alimentaire et de souveraineté énergétique de notre pays commence on parle du du du Mercosur là depuis une demi-heure mais la vraie question en fait derrière ce débat c'est la question de la rémunération des agriculteurs vous en parli il y a un instant effectivement on en parlait il y a quelques mois mais le problème est absolument pas réglé faut quand même se rendre compte qu'aujourd'hui le revenu moyen d'une exploitation agricole selon l'INC c'est 52 52400 € sur 1 an sur ces 52400 € sur 1 an il y a seulement un/ers qui vient de l'activité agricole les 2/ers restants c'est en général l'activité du conjoint ou alors le deuxième métier de de l'exploitant agricole ou alors des revenus issus de de la location de terre donc il y a vraiment un problème de de rémunération agriculteurs vous en parliez et euh si bien qu'aujourd'hui il y il y a 18 % des agriculteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté c'est 4 points de plus que le chiffre qu'on observe au niveau national donc ça il va falloir prendre le problème à bras le corps et c'est notamment l'enjeu de la loi d'orientation agricole qui doit être examiné de nouveau qui a été suspendu avec la dissolution et qui doit dont l'examen doit reprendre a priori début janvier André Netto je trouve qu'il y a plusieurs sujets là euh déjà pour rébondir sur votre point que je trouve très pertinent je pense que la vraie discussion autour de traité de libre échange est pas forcément sur ces traitéci mais sur les traités en général c'est justement le fait du parallélisme de la la l'équivalence en fait de normes entre différentes pays qui composent ces accords de qui participent à ces accords de libre échange ça vaut pour l'agriculture ça vaut pour l'industrie ça veut ça vaut pour n'importe quel service d'ailleurs c'est c'est la c'est le dé faut euh des accords de libre échange en fait c'est c'est euh c'est la euh l'argument qui sera toujours là quand on va discuter des accords de libre échange et ça pourrait euh c'est valable pour l'industrie euh de de bien et services c'est valable pour l'agriculture c'est valable pour l'industrie automobile euh quand on entend par exemple euh euh parler euh de de la concurrence qu' des agriculteurs française Français disent c'est pas possible on peut pas compétir avec un agriculteur brésilien euh mettez-vous en place d'un agriculteur brésilien en argentin un petit agriculteur qui dira on peut pas compétir avec vous parce que vous êtes subventionné par l'Union européenne le le les arguments des uns et des autres ils se font face et c'est en match nul quand on quand on arrive avec des arguments paril y a pas que des grosses exploitations au Brésil c'est ça ou en Argentine ou au Chili et déjà pour rebondir sur l'argument de de de Manan auri euh je trouve plutôt drôle quand quand j'entend euh Manon auri parler de corruption au Brésil ça en député de gauche au Brésil dirait que c'est un argument absolument colonialiste et insupportable à notre époque euh puisque euh on attribue toujours à la corruption la corruption aux autres toujours la corruption en Amérique latine toujours la corruption au Brésil comme si jamais comme si jamais il n'y avait pas de corruption ou de lobby ou de de de des actions de pression en Europe aussi donc tous ces ces enjeux ils sont extrêmement compliqués je pense qu'il faut plonger sur cet traité et vérifier bien vérifier quels sont les PR et les contes de de cet accord euh et je pour le coup je suis d'accord avec manri on en sait très peu de cet accord les détails de cet accord ils sont euh ils sont secrets ils sont tenus euh euh peut-être là le vrai problème voilà c'est peut-être là les vrais problèm et là on rentre dans une discussion qui n'est pas une discussion sur des faits établis sur des termes établis dans de contrats de de de de traité de libre échange mais plutôt dans le discours idéologique qui peut être euh pertinent ou pas math pour le coup nous on a épluché les les textes tels qu'ils avaient été publié en 2019 et c'est quand même sur la base de ces donnéesl que on a on a publié un certain nombre d'analyses qu'on a aussi alerté la médiatrice de l'Union européenne sur le fait que l'étude d'impact sur le développement durable conduite par la la Commission européenne avait été rendu après la conclusion des négociations de 2019 sur les grands équilibres du texte et donc n'avait pas pu être pris en compte euh véritablement et d'ailleurs la médiatrice de l'Union européenne avait sanctionné la Commission en disant que c'était un cas de mauvaise administration de la part de de la commission euh et et il y a quand même des grandes différences vous parliez euh des des des tailles la il y a on trouve quand même dans les le domaine céréalier des exploitations au Brésil qui font la taille d'un département français donc on est quand même sur des des des systèmes et des échelles qui sont de fait très très très différents et après moi ce que je voudrais ce que je voudrais dire c'est que il y a certainement d'autres moyens de de nouer des des partenariats et d'avoir des relations géostratégiques et et et de solidarité avec ces pays et cette enfin cette région du Mercosur pour échanger des technologies pour financer des choses utiles pour pour la décarbonation et pour la l'atteinte de nos objectifs et cetera ça passe pas nécessairement par de l'accès au marché et il y a des pays qui se sont détournés de ces négociations d'accord de libre échange qui considèent que finalement peut-être on a déjà été suffisamment loin dans la libéralisation des échanges aujourd'hui les États-Unis n'en font plus et Trump avait arrêté mais mais l'administration Biden n'avait pas repris d'agenda de de négociation commerciale et et ils sont passés sur des nouveaux types de partenariat avec des des pays tiers donc voilà on peut aussi s'interroger sur sur cette course effrainé de l'Union européenne à toujours vouloir conclure de de nouveaux accords sans sans changer le le contenu de de ces discussions on argument qu'on entend souvent et celui-là de la taille des entreprises agricoles brésiliennes on dit on peut pas concurrencer ce genre d'entreprise mais on on va pas se poser la question par rapport à Danon ou à d'autres grosses entreprises agroalimentaires françaises qui vont aussi profiter de ces marchés de cet accord de libre échange où on va pas se poser la question de grosses entrepris multinationale de l'industrie française Airbus Renault Peugeot et autres qui vont aussi profiter de ces marchés pourquoi la taille des entreprises est un problème quand on parle des entreprises du monde brésen et à l'inverse c'est pas c'est pas un sujet on en parle pas je juste pour renforcer mon point je suis pas favorable forcément à cet accord de libre échange c'est je suis là un peu pour vous défier à tous de réfléchir un peu plus d'aller au-delà dans cette réflexion de libre échange et de sortir des cases idéologiques parce que ça ça ne répond pas à la complexité du sujet bon cette question intéresse évidemment et particulièrement la colère des des agriculteurs là comprenez-vous cette colère on vous répond sur cette question tout de suite sur sur France Info vous posez vos questions et nos experts nos invités vous vous répondent Sverine Laroui des questions et oui beaucoup de questions notamment celle de Jean-Luc he à propos du pouvoir d'achat Jean-Luc il se demande si j'achète par exemple des pommes qui sont récoltées à 8 km de chez moi je les paye trois fois plus cher que des pommes qui ont pris l'avion outre atlantique et qui sont aussi bonnes voire meilleur je suis pour l'importation des produits du mercosour mais comment expliquer que les produits locaux soient plus chers car comment expliquer hein que les produits locaux soient plus chers pourquoi devrions-nous les défendre Clément torpier pourquoi on devrait défendre nos produits locaux et pourquoi sont-ils plus chers c'est ce que Jean-Luc nous demande alors déjà le patrimoine français autour de la gastronomie du produit agricole français c'est quand même quelque chose de très important on a le premier salon si je puis dire qui est le salon de l'agriculture et c'est bien justement pour mettre en avant ces produits agricoles et là j' reviendrai à une forme de concurrence déloyale pour ramasser des pommes en l'occurrence cueillir des pommes ça se fait de façon manuelle ça nécessite donc de la main d'œuvre de la main d'œuvre qualifié sur une période donnée précise et aujourd'hui ce coup de la main d'œuvre il est extrêmement important en France comparativement à d'autres produits et donc de fait cette production se retrouve plus cher sur un marché voilà donc c'est une forme de concurrence déloyal mais c'est également aussi un savoir-faire on a des pommes euh qui les les agriculteurs les arborculteurs aujourd'hui se retrouvent dans l'impasse technique pour protéger leur vergers face à des développements de maladie et doivent employer des cultures alternatives le la production de pommes diminue et pour pouvoir conserver un revenu si je puis dire satisfaisant correct le prix de la pomme estment oui sur cette différence de prix moi je voulais juste signaler que quand on regarde toutes les données qui ont été compilées par l'fsa donc l'autorité européenne qui qui regarde les questions ire des des aliments ils ont ils avaient trouvé que dans 12 % des échantillons d'aliments testés en provenance du du Brésil étaient contenait des traces de de pesticides interdits dans l'Union européenne et c'est pas le cas seulement du Brésil hein c'est le cas de d'énormément d'autres pays tiers mais c'est aussi une des raisons qui explique que c'est ces divergences de de prix infin et et ça souvent le le consommateur français et européen le sait trop peu Andretto les les pommes qui viennent Amérique du Sud elles sont plus plus contaminé par des pesticides que celles qu'on vend en France ou qui sont produites en France bah je pourrais pas m'en prononcer mais je me demande pourquoi on ne fait pas la pression sur l'Union européenne pour bloquer l'exportation de ces produits qui sont dangereux pour la santé alors mais on le fait n on porte plinte contre l'État français et justement on Mme réson de cette cause là alors mais pourtant on y met la même énergie je je vous l'assure alors c'est la question justement d'Ali Ali il vous demande les agriculteurs européens dans leur majorité ne veulent pas des accords du Mercosur pouvez-vous nous dire pourquoi l'UEF fait la sour d'oreille alors pourquoi l'uf fait la sour d'oreille pr sur ce sujet-l je pense qu'il y a des vraies divergences d'approche entre les les États-membres déjà évidemment entre ceux qui ont une agriculture forte et et les autres et puis il faut quand même voir qu'il y a eu on disait souvent c'est la France qui est la plus réticente il y a quand même eu des pays qu'on attendait pas trop sur ces enjeuxl qui se sont beaucoup mobilisés notamment le Parlement au Pays-Bas à de nombreuses reprises depuis depuis une dizaine d'années le Parlement en Autriche aussi enfin il y a des pays qui étaient pas du tout dans le camp des des plus protectionnistes comme on dépint souvent la France qui ont aussi pris des des positions très très critiques et après il y a évidemment la Belgique l'Irlande et d'autres et maintenant la Pologne qui qui exprime des des inquiétudes donc c'est c'est quand même un débat qui traverse un peu toute l'Europe alors Jérémie l'une de N monde ne pourrait-on pas mettre une norme NF ou ce comme les produits manufacturés pour réduire l'inégalité de qualité clé torpier c'est quelque chose à laquelle vous pensez quelque chose oui auquel vous avez pensé aujourd'hui il existe déjà des signes de de qualité sur un certain nombre de produits agricoles qui ne sont pas transformés on a aussi des appellations protégées à travers par exemple le célèbre fromage de Briis des choses comme ça qui sont aujourd'hui si vous voulez vouz assez bien identifi valoriser mais ça ça regroupe pas l'ensemble des des productions est-ce que est-ce que de mettre une norme supplémentaire avec un petit label ça suffit je je sais pas j'en doute j'en doute clairess elle elle se demande comment pourrons-nous en tant que consommateur reconnaître ses produit d'exportation qui ne respectent pas la réglementation en France pour ne pas les acheter ne pas les consommer et surtout soutenir nos agriculteurs français Mathilde du prix alors c'est souvent difficile parce qu'on a des des obligations de de d'indication d'origine sur certains type de produits notamment les produits frais mais dès qu'on est sur des produits transformés et autres c'est c'est beaucoup moins le le cas donc non c'est là où c'est très difficile pour le seul consommateur de faire ce genre de choix et que c'est c'est c'est aux autorités publiques que d'organiser les choses pour que il n'y ait pas sur les états des supermarchés des produits qui respectent pas les les règles de de sanitaire est-ce que serait moin cher ce serait moins cher ces produits ou pas qui arriveraient de d'Amérique du Sud bah aujourd'hui il serait certainement moins cher dans le sens où où le transport est finalement assez peu cher dans le dans le coût d'un produit final et c'est plutôt les normes de production et après le de travail la main d'œuvre et cetera qui qui impacte le plus le prix réponda à la question de Jean-Luc Marie elle demande ça c'est intéressant c'est pour vous André inetto pourquoi l'Espagne est-elle favorable au mercosour alors qu'elle a une agriculture très importante ou il y a plusieurs pays en Europe qui ne sont pas contre c cet accord de libre échange et c'est trom peur de se dire on est en France et on a l'impression que tout le monde est contre cet accord de libre échange mais si on voit a en Europe on voit très bien que la la la situation va très différente et même au Parlement européen quand on parle de Manon auri qui parlait d'une façon très remonté contre le traité libre échange faut dire qu'il est en minorité même à la gauche de du Parlement européen par rapport à à ces traité il y a beaucoup de députés socialistes allemands euh espagnol et et d'autres pays qui sont favorables qui vont voter favorablement à à cet accord euh une fois de plus je vous dis euh je ne je ne pense pas euh que le moment soit les bon pour discuter cet accord de libre échange le monde change rapidement et je pense que ce traité il restraint euh au moment où on est à la frontière de d'une nouvelle époque économique mondiale euh mais faut pas croire que que la Résistance française ou de certains lobbyes ou de certains partis politique ou de certains intellectuels en France soit la résistance de l'union de de l'Europe contre les traités de libre échange c'est pas l'Union européenne qui cherche à nous imposer en TR libre échange il y a aur qu'en France il y a un certain consensus favorable à des accords de libre échange il y avait quand même eu une majorité au Parlement européen en 2020 contre la ratification de l'accord en l'état on va voir là euh et je pense que on connaîtra la réponse rapidement on passe à la question suivante de Arol Harol vous demande peut-on déduire que les mécanismes économiques et financiers tant au niveau européen que mondial sont responsables du déclin et des difficultés du monde agricole aujourd'hui bien évidemment une partie j'ai évoqué tout à l'heure la notion de concurrence déloyale ça va mener clairement à la disparition d'un certain nombre de filières agricoles un certain nombre de production et de fait un certain nombre d'exploitations vont disparaître donc clairement aujourd'hui il y a une mise en péril de l'agriculture française c'est un des premiers facteurs mais beaucoup d'autres et c'est pour ça aussi qu'on va se remobiliser dans dans les jours à à venir l'activité agricole aujourd'hui elle est très très menacée peut-être plus que jamais j'aurais une question pourquoi ne pas réfléchir à l'adaptation de l'agriculture française suite à un accord de libreéchange c'est-à-dire la filière la production du sucre va périr et je regrette ça et je je je souhaite que ça ne se produise pas mais euh on pourrait éventuellement réfléchir à la suite non à l'adaptation à l'intégration de cette filière de ces producteurs à une nouvelle filière non enfin si on suit votre raisonnement on va faire la même chose sur la filière du sucre de la de la viande bovvine du miel on va devoir j'ai envie de dire supprimer une grande partie de nos productions agricoes françaises alors que c'est pas du tout l'intérêt l'enjeu l'enjeu environnemental c'est d'avoir une diversité de production agricole et d'avoir des emploi aussi en local alors sur sur l'aspect de de l'anticipation la façon de raisonner l'agriculture française aujourd'hui on est l'une des professions qui est très vers les nouvelles technologies vers l'innovation mon premier outil sur mon exploitation c'est pas mon tracteur c'est mon téléphone portable en lien avec l'analyse du climat des cours du marché et cetera c'est quelque chose de très justement pardon terminé votre c'est quelque chose de de très important et ça ça nous permet d'une certaine façon à répondre aux enjeux climatiques à l'évolution du climat qui peut également là aussi faire évoluer les productions on a de nouvelles productions qu'on ne faisait pas avant qui arrive parce que on ne peut plus faire telle ou telle culture pour des raisons si je peux dire climatique sur le mécanisme des prix he sur sur le matériel justement vous en parliez aussi de l'équipement il y a Auzen qui nous demande les agriculteurs sont tous énormément endettés essentiellement à cause des acquisitions d'engin toujours plus gros et toujours plus cher vous parliez de vos tracteurs ne payons-nous pas leurs investissements dans le prix de leurs produits est-ce que vous répercutez le prix de vos investissements dans vos produits forcément alors aujourd'hui i on est une exploitation agricole on est agriculteur avant tout mais on est aussi une entreprise pour gagner de l'argent si je puux dire on doit produire et comme un chef d'entreprise on doit investir dans notre outil de production alors oui c'est du matériel agricole mais cette innovation que j'évoqué tout à l'heure l'innovation elle va vite vous pouvez voir les progrès autour d'un ordinateur d'un smartphone avec lia et cetera et donc cette cette nouvelle technologie qui est aujourd'hui très importante pour l'activité agricole elle a un coût bien évidemment et euh oui c'est vrai qu'aujourd'hui le matériel agricole coûte cher mais aujourd'hui cet investissement à travers du matériel agricole nous permet de réaliser un certain nombre d'économie sur l'utilisation des ingrais des intrans agricoles euh facilite si je puis dire le travail au quotidien des agriculteurs on a beaucoup parlé de pénibilité et ben ce métier agriculteur a évolué dans le bon sens grâce à la mécanisation un point qui est lié là aussi à l'évolution à travers la mécanisation c'est le manque de main d'œuvre avant une grande partie de la population travailler sur les exploitations agricoles et aujourd'hui il y a moins de moins en moins de gens qui veulent aller travailler dans les champs parce que malheureusement ureement la terre est basse et il faut se baisser pour pouvoir aller cueillir les légumes et c'est physique comme métier merci et ben merci et puis un G2 au Brésil qui arrive d'ailleurs et je crois une réunion du Mercosur aussi donc on en SAA un peu plus aussi sur sur ce dont on parlait cet accord éventuel merci à tous les trois clémentorpier mathil Duprè Andr Netto d'être d'être venu sur France Info merci c'est vrai
Manon Aubry