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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 7 avril 2023 45 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieNumériqueSantéÉducation & recherche

Le Président Emmanuel Macron échange avec les étudiants de l’Université Sun Yat-Sen de Canton.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 20:01OuverteRéponse directe

    Quelles sont les caractéristiques pour être bien préparé pour l'avenir ?

  • 22:00OuverteRéponse directe

    Quel impact de l'IA comme ChatGPT sur l'enseignement supérieur ?

  • 24:00OuverteRéponse directe

    Comment les pays peuvent-ils travailler ensemble sur la santé publique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:30Emmanuel MacronFait
    « L'Institut franco-chinois de l'Énergie nucléaire que vous avez évoqué y travaille au quotidien, un centre franco-chinois de neutralité carbone a été lancé lors de ce déplacement. »
  • 10:00Emmanuel MacronChiffre
    « La France accueillit, avant la pandémie, plus de 30 000 étudiants chinois chaque année, et la Chine plus de 10 000 étudiants français. »
  • 12:00Emmanuel MacronChiffre
    « Il y a environ 80 000 apprenants du mandarin en France et 100 000 apprenants du français dans l'enseignement secondaire et supérieur en Chine. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, chers invités et chers étudiants, bonjour à toutes et à tous. Je suis XIAO Haipeng vice-président exécutif de l'université Sun Yat-Sen. Le président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron, visite l'université Sun Yat-Sen pour organiser la rencontre avec la jeunesse chinoise.

Voici l'honneur de notre université. Nous voudrions prions d'accueillir monsieur le Président avec vos applaudissements les plus chaleureux. Nous invitons Monsieur GAO Song président de l'université Sun Yat-Sen, à prendre la parole.

Son Excellence Monsieur Emmanuel Macron, président de la République française, chers invités, chers professeurs et étudiants, bonjour à toutes et à tous. C'est un vrai plaisir et un honneur pour nous d'accueillir le président français monsieur Emmanuel Macron et sa délégation, en cette saison printanière. Au nom de l'université Sun Yat-Sen, je souhaite la plus chaleureuse bienvenue à monsieur le Président et à tous les invités.

Les échanges éducatifs sino-français ont des racines profondes. Il y a un siècle, monsieur Sun Yat-Sen, le fondateur de l'université Sun Yat-Sen, a fortement soutenu la promotion de l'envoi de talents de Canton pour étudier en France. Un certain nombre d'étudiants partis en France sont revenus travailler à l'université Sun Yat-Sen, comme [ INAUDIBLE ].

Ils ont contribué au développement de disciplines telles que l'astronomie, la biologie, la pédagogie et le droit en Chine. Ces savants ont tous été des ambassadeurs populaires des échanges humains et culturels entre la Chine et la France et des pionniers des échanges de coopération en matière d'enseignement supérieur. Située dans le Canton, la plus grande province économique de Chine, l'université Sun Yat-Sen compte 5 campus et 10 hôpitaux affiliés à Canton pour les jeunes.

Avec un large éventail de disciplines académiques et une couverture complète de l'enseignement des lettres, des sciences, de la médecine et de l'ingénierie, l'université est classée parmi les meilleures universités chinoises et progresse régulièrement par un développement de haute qualité. Grâce à une coopération étroite et des échanges hâtifs avec la France, l'université a coopéré avec plus de 30 universités et instituts de recherche français, dans un large éventail de disciplines. En 2010, l'université a créé l'Institut sino-français de l'Énergie nucléaire, en coopération avec un consortium français de formation d'ingénieurs en nucléaire civil, introduisant le modèle français d'excellence dans la formation des ingénieurs.

L'université a également travaillé avec des partenaires français pour établir plusieurs plateformes de recherche internationales, par exemple l'Institut Lean pour les matériaux fonctionnels, le laboratoire international associé sino-français Sols & Environnement Ecoland, en coopération avec l'association du nouvel institut franco-chinois de Lyon, le Centre d'échange académique sino-français. Toutes ces plateformes de coopération ont contribué à la promotion de l'échange et à la coopération. L'avenir appartient aux jeunes et l'espoir repose sur eux.

L'université Sun Yat-Sen insiste pour placer l'épanouissement des étudiants au centre de ses préoccupations, en s'attachant à cultiver leurs capacités d'apprentissage, de réflexion et d'interaction. Au point de départ historique d'une nouvelle ère, la sagesse et la force de la jeune génération sont nécessaires pour entretenir la flamme de l'amitié sino-française. Aujourd'hui, le président de la République française a organisé une rencontre avec la jeunesse chinoise à l'université Sun Yat-Sen pour nos jeunes étudiants.

Il s'agit d'une opportunité inestimable. Nous sommes convaincus que le dialogue et l'échange d'aujourd'hui renforceront la compréhension et la reconnaissance mutuelle entre la Chine et la France, permettant d'élargir les échanges et les inspirations mutuelles. Mes sincères remerciements à tous.

Merci à Monsieur GAO Song. Applaudissons à nouveau chaleureusement le Président de la République française. Nous l'invitons à nous tenir son discours.

Bonjour à tous et à toutes. [ INAUDIBLE ]. Je vais juste essayer de partager quelques mots avec vous, et surtout de répondre aux questions qui sont les vôtres, parce qu'il s'agit plus d'un échange que d'un discours.

Je suis, en effet, très heureux d'être dans votre université aujourd'hui. Merci beaucoup, Monsieur le Président, pour vos mots à l'instant. Canton a une histoire toute particulière, y compris avec la France.

Quand on se tourne vers ce passé, le premier navire français l'Amphitrite, qui partit du port de La Rochelle pour arriver à Canton, n'avait pas à son bord des soldats, des commerçants ou quelques conquérants que ce soit, il avait d'abord des mathématiciens. C'est un peu comme la métaphore du débat que nous avons aujourd'hui, convaincus que c'est par la connaissance et la science que l'amitié peut se nouer. Nous, nous sommes convaincus que c'est aussi par ce biais qu'elle peut s'entretenir.

En effet, sur cette voie et ce chemin un peu singulier, la connaissance et la compréhension réciproque ont joué un rôle tout singulier. Après trois années de pandémie, je suis heureux de revenir en Chine. J'ai eu l'occasion de longuement discuté avec votre président hier, on était à Pékin, et je le retrouverai tout à l'heure juste après vous.

Reprendre la conversation et le dialogue, c'est également essayer de donner quelques pistes d'avenir sur ce que notre relation, ce que la Chine et la France peuvent nouer ensemble, faire pour nous-mêmes, nos peuples et pour le monde. Fort de ce qui vient d'être dit, je voulais simplement partager trois convictions. La première, c'est que nous avons beaucoup à faire ensemble pour réussir à relever l'un des défis de notre siècle et de nos générations, la vôtre et la mienne, qui est celui de la transition écologique, et de relever le défi du changement climatique et des dérèglements qui s'en suivent et de la protection de la biodiversité.

Nos pays ont beaucoup œuvré ensemble ces dernières années pour faire avancer des textes et des traités internationaux, mais nous avons maintenant en pratique, Chine et France, Chine et Europe, beaucoup à faire pour réussir la transformation de nos économies. À ce titre, l'Institut franco-chinois de l'Énergie nucléaire que vous avez évoqué y travaille au quotidien, un centre franco-chinois de neutralité carbone a été lancé lors de ce déplacement, qui permettra d'y travailler. Mais il y a, par la recherche et l'innovation, un chemin à construire parce qu'il y a évidemment une croissance à poursuivre, et la Chine a réussi, durant ces dernières décennies, à sortir beaucoup de vos compatriotes de la précarité ou de la pauvreté.

Donc le défi d'une croissance et d'un progrès pour tous avec la décarbonation de nos économies et la protection de la biodiversité est indispensable. Ce chemin passe par la transformation de nos économies, la recherche et notre capacité à innover et à avoir cette neutralité carbone dans laquelle nous sommes engagés pour 2050. Je crois très profondément que, comme nous avons su le faire il y a 40 ans en matière de nucléaire, tous les partenariats technologiques et les déploiements accélérés de nouveaux usages que nous pouvons développer ensemble sont clés dans cette stratégie.

La deuxième conviction que je voulais partager avec vous, c'est qu'en même temps qu'il y a ce défi, parmi d'autres, on pourra y revenir dans la discussion et on pourrait évoquer le défi technologique, l'intelligence artificielle, les réseaux sociaux et les changements d'usages, il y a aussi un défi d'ordre stratégique. Peut-être serais-je aujourd'hui un jeune Chinois, je serais inquiet. Pas inquiet pour mon pays parce que vous avez un pays fort et un modèle de développement formidable, mais inquiet de la montée des tensions.

Et je crois que, si j'étais un jeune Européen, ce que je ne suis malheureusement plus, je le serais tout autant. Devant ce défi stratégique, je crois que votre génération a beaucoup à faire. Nous avons une montée des tensions.

Elle est palpable, vous l'entendez dans les discours. Cette montée des tensions a un caractère stratégique entre les États-Unis d'Amérique et la Chine, on pourra y revenir aussi de manière très ouverte, et elle s'accélère avec les grands conflits du moment, et en particulier le retour de la guerre en Europe et l'agression de la Russie contre l'Ukraine. Cette guerre est une violation manifeste de notre droit international.

C'est un pays qui décide de coloniser son voisin, de ne pas respecter les règles, de redéployer des armes et de l'envahir. Elle vient perturber très profondément notre paix à tous, notre ordre international, et elle risque de précipiter cette tension stratégique. C'est pourquoi je crois très profondément que nous avons aujourd'hui à œuvrer pour éviter toute escalade, et tout à la fois préserver et réinventer un ordre international de paix et de stabilité.

Pas à tous les prix, pas en considérant que l'état de fait d'une guerre qui est illégale pourrait être accepté en restaurant la légalité internationale, mais en veillant tous et toutes à ce qu'il y ait un respect entre les nations et les différences, et que l'ordre international que nous avons su bâtir au sortir de la deuxième Guerre mondiale et qui repose sur des principes fondamentaux, la souveraineté des peuples, leur intégrité territoriale et des valeurs universelles, continue à prévaloir. La défense de ces valeurs universelles, pas régionales, et de ces droits fondamentaux, et notre capacité aussi à relever les défis du moment, celui de la sécurité alimentaire sur lequel nous travaillons avec la Chine, celui de la solidarité à l'égard des pays les plus pauvres et des pays vulnérables, comme ce que nous voulons faire dans le nouveau pacte financier des pays les plus riches vers les pays les plus pauvres, est aujourd'hui un devoir si nous ne voulons pas assister à une accélération des déséquilibres et à une fragmentation de l'ordre international. Il y a toujours eu des conflits, et il y en a encore eu ces dernières décennies, mais nous avions une forme de stabilité internationale qui reposait sur ces principes des institutions que nous avions fondées et une capacité à réguler nos conflits de tout type.

Cet ordre international est aujourd'hui fragilisé et nous avons une responsabilité, Chine et France, c'est de le préserver et en même temps de le réinventer à l'aune des réalités du XXIᵉ siècle. Ce que nous sommes en train de faire sur les quelques sujets que je viens d'évoquer est indispensable. Dans ce contexte, le troisième élément sur lequel je voulais revenir devant vous pour conclure ce propos, c'est l'importance de ces chemins de traverse moins officiels, moins formels, plus patients et respectueux que sont ce qu'on appelle les échanges d'humains, c'est-à-dire ce que vous êtes, les canaux de dialogue qui, par la connaissance d'une langue, de l'histoire et des civilisations, le partage aussi d'une connaissance commune des sciences, permet de bâtir patiemment des routes, soit de creuser des sillons qui existent déjà, soit de bâtir des routes nouvelles ou d'en réinventer.

Je ne sais pas vous dire ce que sera le monde dans 10, 15 ou 20 ans. Ce que je sais vous dire, c'est que la capacité à mieux nous connaître est peut-être ce qui peut nous protéger des grands désordres et des logiques d'affrontement qui vont toujours avec un repli sur soi, et c'est ce qui permettra de restaurer les erreurs que feront peut-être nos générations, de les réparer ou en tout cas d'inventer un avenir enviable. À ce titre, je veux ici avoir un mot pour défendre ces échanges.

La France accueillit, avant la pandémie, plus de 30 000 étudiants chinois chaque année, et la Chine plus de 10 000 étudiants français. Nous sommes en train de relancer cette dynamique, mais il faut aller beaucoup plus vite et beaucoup plus fort. Je veux ici dire à toute votre génération que vous êtes les bienvenus en France pour étudier, étudier le français qui, je le crois très profondément, est une langue d'avenir, ne le négligez pas.

C'est d'abord comprendre notre culture et notre civilisation, c'est un point d'entrée formidable pour l'Europe, mais c'est aussi un point d'entrée formidable pour toute la francophonie. Le français est une langue de tous les continents et c'est une langue qui n'appartient pas qu'à la France. Elle est la principale langue du continent africain, et d'ailleurs celle qui fait son unité.

Elle est une langue très diffusée à travers le continent américain. Elle est présente par son histoire sur le continent asiatique, et c'est une des grandes langues du Pacifique. Accéder au français, c'est accéder aussi à un truchement universel, donc j'en fais ici devant vous la promotion.

Mais je souhaite aussi que nous accueillions plus d'étudiants chinois parce que je pense que c'est aussi pour nous une chance et je souhaite, j'en parlais avec celles et ceux qui font vivre à la fois la langue chinoise, la culture et la civilisation chinoise dans notre pays, nous allons nous-mêmes beaucoup réinvestir pour envoyer plus de chercheurs et plus de scientifiques, et consolider cette filière d'excellence qui est une grande école française. Nous voyons bien qu'à la fois l'histoire ancienne, moderne et contemporaine, mais aussi la recherche contemporaine, est absolument indispensable pour continuer de se comprendre et d'avancer. Elle ne s'épuise pas à travers, si je puis dire, les liens diplomatiques ou économiques.

Il y a un besoin de lien académique, d'une compréhension, d'un échange et d'une conversation des intelligences et des apprentissages. Dans ce monde où tout va de plus en plus vite et où les jugements définitifs peuvent tomber comme des couperets, reprendre ce chemin patient de la connaissance réciproque est indispensable. Donc je vous y invite aussi avec beaucoup de force.

C'est, je crois, ce que [ INAUDIBLE ] votre président et beaucoup de vos partenaires français, l'Université Paul-Valéry Montpellier III, Sorbonne Université, Kedge Business School et plusieurs autres continuent de faire. Pour y parvenir, il faut évidemment développer la connaissance de nos langues. Il y a environ 80 000 apprenants du mandarin en France et 100 000 apprenants du français dans l'enseignement secondaire et supérieur en Chine.

Nous devons, de part et d'autre, faire beaucoup plus et beaucoup mieux. Cela ne se décrète pas, cela ne se fait pas par impératif et devoir, mais par attraction réciproque. Je crois qu'il y a une attraction réciproque entre la Chine et la France, une fascination, une amitié et un chemin un peu singulier.

En étant là devant vous, je voudrais aussi que vos générations, conscientes de cette histoire, aient ce même désir de France que les jeunes Françaises et les jeunes Français puissent avoir à quelques milliers de kilomètres d'ici pour votre langue, votre culture et votre civilisation. À ce titre, nos alliances françaises avec nos grands instituts de recherche vont continuer de se développer. Notre ambassadeur en ouvrira encore une demain.

On a 14 villes chinoises qui les déploient et nous continuerons d'avancer. Le rôle de l'INALCO, évidemment, est indispensable, je remercie le président de sa présence aujourd'hui, et nous continuerons aussi à le développer dans l'enseignement, cher Nicolas, pour l'avenir. Voilà les quelques mots que je voulais dire, je ne vais pas être plus long.

Vous l'avez compris, je suis convaincu qu'en respectant les différences qui peuvent être les nôtres et en étant d'ailleurs curieux de ces différences, parce qu'il n'y a rien de plus ennuyeux que d'être semblable, et en les cultivant de manière respectueuse et amicale, nous avons une capacité à relever les grands défis du siècle qui est devant nous et à conjurer les fatalités qu'on veut déjà écrire pour nous. C'est un peu le devoir aussi de votre génération. Maintenant, je vais surtout répondre à vos questions.

Merci, Monsieur le Président, pour votre excellent discours. Je pense que les étudiants auront beaucoup de questions. Voici la séance des questions.

Les étudiants peuvent lever la main. Nous demandons aux étudiants de poser des questions par groupe de trois, puis nous demanderons à monsieur le Président d'y répondre. La première question ?

Vous pouvez lever la main. Je prends la zone C, cet étudiant. Bonjour, Monsieur le Président, je suis un étudiant de l'Institut franco-chinois de l'Énergie nucléaire.

Nous savons tous que le talent est la première ressource et la plus importante pour le développement. La philosophe de notre université Sun Yat-Sen insiste sur le fait qu'il faille construire des étudiants tournés vers l'avenir, ça veut dire bien préparés pour l'avenir. Notre président, monsieur Gao Song a mentionné qu'il fallait bien utiliser la force de la jeune génération pour construire un monde meilleur.

Donc pour moi, un étudiant d'aujourd'hui, je veux savoir quelles sont les caractéristiques pour être bien préparé pour l'avenir. Pour vous, Monsieur le Président, que pensez-vous que doivent être les caractéristiques des étudiants, des gens bien tournés vers l'avenir et qu'est-ce que les universités doivent faire pour bien former les étudiants à avoir ce type de caractéristiques ? Merci à vous.

La deuxième question, deuxième étudiant ? Bonjour, Monsieur. Au fur et à mesure des progrès technologiques et du développement social, pour moi, le paradigme de l'enseignement supérieur ne cesse d'évoluer.

Les mesures d'apprentissage sont plus diversifiées et les étudiants font face à des connaissances encore plus variées. Ces dernières années, grâce à l'augmentation de la puissance de calcul et l'accumulation des mégadonnées, la technologie d'IA est en plein essor. En particulier, l'émergence de ChatGPT a eu un impact énorme.

On fait toutes sortes de prévisions relatives aux changements profonds que les produits de l'IA apporteront à la société. Donc, Monsieur le Président, selon vous, quels seront les changements apportés par le produit IA, comme ChatGPT, en modèle de l'enseignement supérieur ? Par ailleurs, quels avantages apporterait-elle à la société et quels sont les risques ?

S'il-vous-plaît, pouvez-vous résumer votre discours ? Il me semble que votre discours était encore plus long que celui du président. Bonjour, Monsieur le Président.

Aujourd'hui a lieu la journée mondiale de la santé. Elle a pour thème les 75 ans de l'amélioration de la santé publique et la santé pour tous. Cela vise à fêter le 75ème anniversaire de la réalisation de l'OMS en matière de santé publique et en vue d'améliorer la qualité de vie et inspirer la nation pour relever le défi solidaire.

Monsieur le Président, comment les pays du monde entier peuvent travailler ensemble pour relever le défi de la santé publique, telles que les maladies infectieuses émergentes, le vieillissement et les maladies chroniques, pour que la santé soit à la portée de tous ? Merci. Merci beaucoup.

D'abord, merci infiniment tous les trois, d'avoir posé vos questions en français, ce qui est une formidable illustration de l'appel que je faisais tout à l'heure. Donc merci de cela. Je serais bien incapable de faire pareil.

Sur votre première question, quel est l'objectif, aujourd'hui, dans le monde qui est le nôtre ? et quelques connexions avec la question de votre collègue juste après, quels sont les objectifs de l'enseignement supérieur pour former les jeunes esprits ? Je dirais qu'il y a trois objectifs, et c'est la même chose qu'on recherche dans tous les pays, que nous recherchons chez nous.

C'est de former ce qu'on aurait appelé dans d'autres temps, et je le dis tout de suite, de manière générique, avec un grand H, c'est former l'honnête Homme. Et donc pour moi, il y a trois objectifs, c'est-à-dire doter les élèves, puis les étudiants des connaissances nécessaires pour pouvoir évoluer dans le monde, et donc ça, il faut toujours les réévaluer, avec les changements technologiques, il faut parfois accroître ou améliorer sur tel ou tel aspect, mais c'est le rapport aux connaissances. Il faut avoir les connaissances qui vous permettent, non pas de tout savoir, parce que c'est impossible, mais ensuite de continuer à acquérir d'autres connaissances par vous-mêmes et d'avoir le début des principes ou des fondements.

Je crois que le deuxième objectif, c'est de vous doter d'un esprit critique. Et l'esprit critique, il faut le prendre dans le sens générique du terme, dans la langue française, ce n'est pas un esprit pour critiquer les autres, ce n'est pas négatif, mais c'est pour vous interroger sur vous-même ou la nature des connaissances qu'on vous transmet. C'est ce qui vous donne une forme d'indépendance et qui fait que vous êtes, à ce moment-là, justement en capacité de juger et de distinguer, parfois, le vrai du faux, de remettre les choses dans leur contexte, de prendre de la distance par rapport aux choses qui ensuite vous sont transmises, et c'est ce qui vous permet d'apprendre des choses, mais de les apprendre, aussi, comme des individus libres et rationnels.

Et donc l'esprit critique est aussi important que l'accès aux connaissances. Un esprit critique sans connaissances peut évoluer, mais il doit en acquérir progressivement pour pouvoir faire des choses et bâtir une autonomie, comprendre une science ou une langue, ou autre. Mais un esprit qui n'aurait que des connaissances, sans esprit critique, n'est pas totalement libre, parce qu'il aurait alors un ensemble de données et de connaissances, mais il ne saurait pas vraiment quoi en faire, ou il serait simplement l'objet d'une propagande ou d'un projet qui n'est pas le sien, et il serait soumis à une masse plus importante que lui.

Donc l'esprit critique est important parce qu'il permet justement l'individu libre et émancipé, et c'est le principe même qui est celui de l'humanisme. Et la troisième chose, c'est la confiance en soi. C'est-à-dire qu'il y a toujours des moments, et ça va avec l'esprit critique, où on doute de nous-mêmes et des connaissances, mais je pense que le rôle de l'éducation, je ne vais pas dire que c'est de rendre heureux, parce que c'est un projet de vie qui dépasse celui de la cité, de la vie politique et de l'éducation, mais c'est d'apporter de la confiance en soi, c'est-à-dire que les élèves ou les étudiants acquièrent des réflexes, en tout cas s'habituent à travailler avec les autres, à coopérer, à poser des questions, comme vous venez de le faire, à évoluer dans un environnement qui n'est pas forcément évident, parce que c'est ce qui permet, dans la société, ensuite, de progresser et d'évoluer.

Je crois que ce sont les trois choses les plus importantes : les connaissances, l'esprit critique et la confiance. Si un système éducatif apporte ces trois choses-là, et je le dis avec beaucoup d'humilité, parce qu'on travaille chaque jour pour le faire mieux en France aussi, et dans des tas d'endroits, il y a des tas de choses qu'on doit faire mieux, mais c'est, je dirais, les objectifs que nous devons nous assigner. Mademoiselle, pour ce qui est de l'intelligence artificielle, des évolutions technologiques, d'abord, vous l'avez dit, nous sommes devant une transformation extraordinaire, que nous avons créée, mais qui est une accélération exponentielle, d'abord des données et de l'accumulation des données sur la planète, il n'y en a jamais eu autant, et la capacité qu'on a à accumuler des données nouvelles augmente de manière strictement exponentielle, et de la puissance de calcul qui se développe, et à côté de ça, en effet, de l'intelligence artificielle qui vient s'appuyer sur cela, des algorithmes qu'on développe.

Et donc, si je puis dire, le mariage de l'algorithme, de l'accumulation des données et de la puissance de calcul qui va avec le quantique crée cette situation d'hyper-accélération des innovations technologiques, avec des émergences grand public, comme ChatGPT, que vous avez mentionné, et d'autres viendront. Ça c'est le fruit, si je puis dire, de l'intelligence mondiale. Face à cela, comme pour tout, et ça rejoint un peu la réponse que je faisais à votre collègue, il faut essayer d'avoir un esprit éclairé, c'est-à-dire d'avoir une approche, je crois, humaniste de cette transformation.

Qu'est-ce que cela veut dire, avoir une approche humaniste ? D'abord, ça veut dire qu'on ne doit pas en avoir peur, ce n'est pas parce que c'est nouveau qu'il faudrait le rejeter. Et je dirais, de manière strictement pragmatique que de toute façon ça existe, ça se passe, donc il y a aussi une compétition qui est en train de se faire.

Beaucoup sont en train d'innover, d'investir partout, sur ces sujets, sur la planète. C'est là. Mais il faut veiller à ce que cette transformation technologique, cette accélération, qui a des répercussions complètes sur la manière d'apprendre, d'enseigner, d'évoluer, parce que nos jeunes enfants ont maintenant accès à cela, de travailler, d'être dans la société, ait une évolution souhaitable.

Donc on ne doit pas s'en cacher, mais le moteur ne doit pas être technologique. Il doit être au service de l'humanité, et donc poursuivre les fins qui sont les nôtres, qui sont de pouvoir vivre en harmonie, dans nos sociétés, avec des différences culturelles, civilisationnelles, mais d'avoir une évolution harmonieuse. Et donc je dirais que, pour moi, cette évolution de l'intelligence artificielle, elle est bonne pour autant qu'elle nous sert, elle est mauvaise quand elle nous bouscule ou qu'elle nous fait reculer.

Et ça suppose d'avoir un débat éthique ouvert, transparent, et justement fait entre des esprits les plus éduqués du monde et les plus libres possible, parce que le risque de cette évolution technologique, c'est que ce soit une évolution au service d'intérêts privés et qu'on dise : il y a des grands groupes qui maîtrisent cette évolution technologique. Comme ils ont accès à la donnée, à tout ça, ils vont pouvoir, c'est un fait, manipuler les esprits, détenir des données qui sont complètement structurantes, faire des choix pour votre santé, pour d'autres choses. Je ne souhaite pas, moi, cette société, même si les services sont meilleurs.

Il y a un risque symétrique, c'est que de manière non débattue, complètement fermée, ces évolutions technologiques soient dans la main de gouvernements qui feraient leur propre choix, sans qu'ils soient totalement partagés, et qui peuvent être au service du contrôle de la société. Ce n'est pas non plus souhaitable pour l'humanité, parce qu'à ce moment-là, ça viendrait réduire, justement, la capacité à acquérir certaines connaissances, soit la capacité à développer son propre esprit critique et à comprendre les enjeux de la planète. Le chemin difficultueux qu'on doit essayer de trouver, je crois, c'est celui qui consiste à continuer d'innover et d'avancer, en matière d'intelligence artificielle, de puissance de calcul, de données, mais en essayant au maximum de tous le comprendre, parce que ce qu'on peut accepter, ce qui est bon pour nous, c'est quand-même quelque chose dont on comprend les tenants et les aboutissants, ou en tout cas qu'on peut expliquer de manière honnête, et qu'il y ait le maximum de personnes qui puissent échanger sur ce sujet et qu'on soit sûrs que c'est bien au service d'une forme d'harmonie collective.

Et donc ces sujets vont supposer deux choses, la première, c'est de continuer à investir, d'innover, d'accompagner ce mouvement, parce que quand c'est de l'humanité augmentée, quand ça vous permet de faire des tâches moins répétitives, quand ça vous libère de tâches qui étaient un peu fastidieuses, c'est une très bonne chose, la puissance de calcul, l'intelligence artificielle. Si l'intelligence artificielle, c'est de l'intelligence humaine augmentée, c'est une chose formidable. Donc ça, il faut l'encourager, il faut continuer d'innover et il faut très vite organiser la réflexion philosophique, éthique et politique pour, en même temps qu'on innove et qu'on le développe, savoir comment on a envie de le réguler.

Alors peut-être qu'on n'aura pas les mêmes choix collectifs, mais il faut que ces débats soient éclairés, et qu'ils soient éclairés par un débat éthique, par nos scientifiques, par nos philosophes, par les sciences dures et les sciences humaines, et qu'on choisisse ce qui est des préférences collectives. Peut-être certaines sociétés vont-elles dire : nous, on a une préférence absolue pour l'innovation. On se fiche de savoir si ça va bousculer la vie de nos enfants, si ça va avoir telle ou telle conséquence.

Il y a d'autres sociétés qui vont dire : ça doit être au service d'un projet gouvernemental. Je crois dire que le modèle français et européen va plutôt dans le sens d'un modèle humaniste, qui consiste à dire : c'est une très bonne chose, on veut innover, on veut en être, on veut réussir, on veut être à la pointe, mais on pense que cette intelligence artificielle, elle doit être régulée, parce que lorsqu'elle déstabilise le fonctionnement de la démocratie, la formation des esprits, chez les jeunes enfants ou les adolescents, lorsqu'elle vient bousculer notre capacité à vivre ensemble, en créant parfois de la souffrance mentale, de de l'isolement, ce qu'on voit poindre dans certains usages immersifs qui sont liés à cela, elle vient falsifier notre rapport à la réalité, peut-être troubler le débat démocratique, parce qu'elle le manipule. On le voit avec ce qu'on appelle les deepfakes, qui vont avec l'intelligence artificielle.

Tous ces sujets sont autant de débats politiques et éthiques qu'il faut avoir et qui vont supposer aussi une forme de régulation. On est au début de ce chemin, et donc comprendre, investir pour être à la pointe, et en même temps de le faire de manière ouverte, transparente, pour que le maximum de gens le comprennent, avoir un débat éthique et philosophique et réguler ce qui doit l'être, pour garder les équilibres de nos sociétés et nos préférences collectives, parce qu'à la fin, la technologie ne peut pas choisir pour l'homme le modèle qu'il veut pour lui-même. Enfin, jeune homme, pour la santé, je dirais qu'en cette journée mondiale, il me semble qu'il y a deux éléments très importants sur la santé, qu'il faut rappeler.

D'abord, si on veut relever le défi de la santé du XXIᵉ siècle, je vais d'abord qualifier le défi avant d'aller aux solutions : le défi de la santé au XXIᵉ siècle, pour moi, il est double. Premièrement, on a une accélération de certaines pandémies, de maladies infectieuses qui arrivent de manière très rapide, parce que nous sommes une planète mondialisée, qui s'est déréglée, si je puis dire, et où on le voit, le lien entre la santé humaine, animale et l'équilibre des écosystèmes est là. Et donc il y a une accélération et une émergence de maladies infectieuses nouvelles.

Et donc il faut comprendre le plus vite possible, et il y a un effort sur la recherche très important. Mais le deuxième point qu'il ne faut pas oublier, c'est que quand on parle de santé mondiale, il y a un énorme effort à faire pour l'accès de toutes les populations à la santé primaire et à la protection, puisqu'on a aujourd'hui encore plusieurs milliards d'habitants de notre humanité, sur notre planète, qui n'ont pas accès à ces soins primaires. On l'a vu pendant la pandémie.

C'est ça notre double défi. Pour le faire, il y a trois réponses. La première, la solidarité internationale sur le plan financier, pour consolider ou parfois bâtir ou rebâtir les systèmes de soins primaires.

On l'a vu, là aussi, pendant la pandémie, de manière très claire, ce sont les pires inégalités. Même quand un vaccin existe, il y a des pays, aujourd'hui, dans le monde où, y compris quand on envoie le vaccin, l'organisation des systèmes de soins est telle qu'on ne peut pas l'inoculer. C'est un investissement, une responsabilité des pays les plus riches, et en particulier des membres du G20, dont la Chine et la France sont, d'aider les pays les plus pauvres à avoir accès à ces systèmes de soins.

La deuxième chose, c'est de défendre absolument, et je le dis dans une université, la recherche libre et ouverte. Face à cette accélération, justement, des dérèglements, on a besoin d'avoir une recherche mondiale qui soit libre, où il y ait une coopération académique et où on ne politise pas la science, et je le dis avec beaucoup de force parce que nous avons, pendant le Covid, reculé sur ce point. Il y a eu un débat, qui a pris une nature politique et qui a fait qu'il y a des coopérations qui existaient, en particulier sur le plan de la médecine et de la recherche médicale, qui ont reculé.

Je pense que c'est une bêtise pour tout le monde. Le savoir permet, comme je l'ai dit, de mieux comprendre le monde. Après, on peut former des idéologies.

Et c'est les esprits critiques qui décide d'y adhérer ou pas. Mais on ne peut pas dire que le savoir est au service d'une idéologie, quelle qu'elle soit. Et donc on a besoin d'une science libre et ouverte, partout dans le monde, avec les meilleurs esprits, parce que c'est comme ça qu'on gagnera des batailles qui sont des batailles totalement collectives.

Et donc ça, c'est le deuxième combat et il faut vraiment tout faire pour avoir cette science libre et ouverte, ces coopérations, et c'est pourquoi je voulais venir aussi dans une université et avoir cet échange avec vous, parce que vous avez, ici, et nous sommes dans une très grande université de médecine, de formidables chercheurs, et il y a depuis des décennies de grandes coopérations et des articles communs entre nos chercheurs. Et puis la troisième chose, c'est qu'il faut justement avoir une approche cohérente sur notre organisation, avec l'évolution que j'évoquais, et donc c'est l'approche qu'on appelle, en bon français, One Health, qui est ce qu'on a consolidé pendant la pandémie. C'est-à-dire qu'il faut, en même temps qu'on a une science libre et ouverte, décloisonner les disciplines et les politiques publiques au niveau international, et donc que les médecins travaillent avec les biologistes et les chercheurs fondamentaux, ce qui existait déjà largement avant, mais également avec les vétérinaires, avec les spécialistes du climat, avec les spécialistes de la biodiversité, parce que l'interaction entre ces questions est aujourd'hui essentielle.

Et donc il faut décloisonner la recherche, mais il faut aussi décloisonner nos approches, en termes de politiques publiques, et nos réponses. Et c'est toute la transformation qu'on est en train de faire à l'Organisation mondiale de la santé, de porter cette approche dite One Health, où le risque, justement, d'épisodes infectieux chez les animaux ou les déséquilibres d'écosystèmes, on doit tout de suite en analyser les premiers signaux pour en comprendre les conséquences sur l'homme et avoir des dispositifs de coopération entre les différentes spécialités scientifiques, et avoir un système d'alerte précoce qui permet, au début d'une épidémie, quand une épizootie arrive, on a réagisse très rapidement, en ayant la coopération de toutes les disciplines. Voilà, je ne serai pas plus long.

Merci Monsieur le Président. Merci pour votre réponse remarquable. Je pense que beaucoup de nos étudiants ont envie de poser des questions, puisqu'il y a une tâche encore plus importante dans la prochaine étape Donc maintenant, on invite notre président, Monsieur [INAUDIBLE] à présenter un petit souvenir à Monsieur le Président français.

Un petit souvenir pour votre discours. En effet, c'est le nom de ce souvenir, à l'université de Sun Yat-Sen. Donc il s'agissait de documents relatifs aux directives données par Monsieur Sun Yat-Sen pour inclure le campus d'outre-mer de l'Institut franco-chinois de Lyon dans l'Université nationale de Canton.

Cela a noué un lien inoubliable entre la France et l'Université Sun Yat-Sen. Merci encore à Monsieur le Président français. Les relations sino-françaises reposent sur les jeunes générations.

J'espère qu'ils vont devenir les ambassadeurs des relations sino-françaises, que vous allez contribuer davantage à relever le défi, ensemble, pour relever les défis mondiaux ? Donc merci encore au Président français pour son discours remarquable. Applaudissons notre président français.

Merci à vous. Je comprends que je dois rejoindre le président, que c'est l'explication de ce mouvement. Donc j'aurais voulu répondre à évidemment encore plus de questions auprès de vous, et je m'en excuse, mais je vous remercie infiniment, en tout cas, d'être là.

J'espère qu'on a pu commencer à éclairer un chemin, mais je ne saurais trop vous inviter à continuer d'apprendre, de lire. Vous êtes toutes et tous les bienvenus en France et je souhaite que, au maximum, on puisse multiplier les coopérations fructueuses entre nos jeunesses. Merci beaucoup à toutes et à tous.

Merci.