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Discours / meetingPublic Sénat (sur YouTube)· 8 juillet 2025 8 minFond programmatiqueBudget & impôtsÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Dette : « Nous risquons de nous trouver confrontés à un véritable effet boule de neige »

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    « En 2024, la charge de la dette publique a augmenté de 7,3 milliards d'euros, soit 14 %. »

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Vous disiez tout à l'heure, monsieur le président que je vais y revenir, la dette va continuer à croîre jusqu'en 2029. C'est assez logique, c'est qu'en réalité, tant qu'on n'est pas à moins de 3 % du PIB assez significativement, bah la dette charit quelque chose qui vient des années précédentes et ça conduit de croître. Et d'autre part, en raison de l'émission de nouveaux titres de dette publique à des taux nettement supérieurs à ceux qui sont arrivés à échéance qu'il remplacent.

Ça c'est un phénomène au il faut faire très attention pour les années qui viennent, c'est que comme notre dette est plus coûteuse, les nouveaux titres sont plus chers que les anciens. Sur ce point, peut-être encore plus que sur les autres développements de notre rapport, disons que la situation est fâcheuse. Nous risquons de nous trouver confrontés si rien n'est fait pour le contrecarré, un véritable effet boule de neige.

En fait, quand même, la boule a commencé à rouler. Rien qu'en 2024, la charge de la dette publique a augmenté de 7,3 milliards d'euros. soit 14 %.

Elle est passée de 52,9 milliards d'euros à 60,2 milliards d'euros. Si on concret, le coût du service de la dette, je m'arrête à 2024 a plus que doublé depuis 2020 et cette augmentation en effet direct sur notre déficit qu'elle creuse de 02 points de pible en 2024. Or ce qui est devant nous, c'est que ça risque fort et en réalité on sait que le risque est quasi certain de n'être que le début de cet emballement.

Le refinancement progressif du stock de dette les taux plus élevés va monter en puissance au cours des prochaines années et plus notre ratio de dette publique augmentera, plus nous dépenserons dans cette dépense stérile, inutile, paralysante pour le reste de l'action publique qui est la dette publique. Je sais que dans un émexique, par définition, il y a une droite et une gauche qui n'ont par définition pas les mêmes préférences, mais tout le monde devrait avoir un même ennemi. C'est la dette publique.

Quelles que soient vos préférences politiques publiques, vous ne les financerez pas sans réduction de la dette car la dette va finir par étrangler la marge de manœuvre d'action. En parallèle de ces dépenses en forte hausse, les prélèmes obligatoires n'ont progressé que modestement. Et oui, d'abord en 2024 comme en 2023, quoi que dans une moindre mesure, leur révolution est en de celle du PIB, ce qui dégrade le déficit de 04 points de PIB.

Cette atonique s'explique notamment par une diminution des recettes de TVA d'apô sur les sociétés, d'apport sur le revenu ainsi que par la poursuite des DMTO qui pèse particulièrement sur les finances locales, en particulier sur celles des départements. Par ailleurs, pour la deuxème année consécutive, les prélèmes obligatoires sont nettement inférieurs aux prévisions de la loi de finance initiale de plus de 40 milliards d'euros. Nous avons déjà analysé en détail cet écart très important de notre rapport de février.

Nous avons tiré une conclusion nette, c'est que ce dérapage est en partie imputable des hypothèses de départ qui étaient trop optimistes. Je ne dis pas que tout était prévisible loin de là. L'exercice de la prévision est complexe, mais il y a quand même eu trop de volontarisme.

Je mets des guillemets dans les prévisions. Alors que nous avions passé des alertes, tant la cour que le HCFP ont systématiquement appelé à la prudence à partir de l'automne 2023 sur de nombreuses hypothèses relatives aux exercices 202324 et tous ces avertissements se sont hélas avérés rétrospectivement justifiés et pourtant nous attendons l'action. Cette faiblesse des recettes a été partiellement atténuée en 2024 par des hausses d'impôts, notamment le retour de la TICFE à son niveau d'avant-cris.

Ces hausses d'impôts en rupture avec les baisses mises en œuvre depuis 2018 ont freiné la dégradation du sol public mais seulement de 6,5 milliards d'euros. Et je rappelle ici notre message, le mien en tout cas c'est que le débat public sur d'éventuelles hausses d'impôts est évidemment légitime. Comment serait-il autrement ? voter l'impôt.

Le consentement à l'impôt, c'est la base de la démocratie et d'abord de la démocratie parlementaire. Et dire qu'un débat fiscal est tabou, c'est le contraire de la démocratie. Néanmoins, euh des hausses massives en lieu et place d'économie en dépenses ne peuvent pas à nos yeux être la solution miracle.

Pourquoi ? parce que nous avons un ratio de prélement obligatoire qui est encore parmi les plus élevés de l'Union européenne. En 2023, pour des chiffres certains, nous sommes à 43,9 points de PIB contre 39,2 en Allemagne, 36,6 en Espagne, 41,515 en Italie.

Ce qui veut dire tout de même que les marges de manœuvre en terme d'impôts sont limitées. Je le crois euh ça ne plaide pas pour autant pour éviter le débat mais pour le resituer. La conséquence d'une dépense publique hors de contrôle et de l'atonie des problèmes obligatoires est bien connu qui est qu'en 2024 le déficit s'est encore creusé pour atteindre près de 170 milliards d'euros.

Évidemment le déficit de l'État est quasiment stable en eurocourant. Il a diminué une fois rapporté au PIB grâce notamment aux efforts des commis en gestion que j'ai déjà évoqué que je veux souligner. Mais les administrations publque local ont vu pour leur part leur déficit se creuser pour atteindre près de 17 milliards d'euros, soit 06 points de piv en 2024.

Les administrations de sécurité sociale ont enregistré une dégradation encore plus importante de leur situation financière puisque leur excédent qui atteignait 11,5 milliards d'euros en 2023 s'est quasiment évaporé, réduit à zéro en 2024. Nous sommes désormais sur la première manche d'un podium qui n'est pas celui que nous espérons tous en forme olympique qui est que notre déficit est le plus élevé de la zone euro de loin. Alors que tous les autres pays européens très endettés comme la Grèce où j'étais la semaine dernière, le Portugal, l'Espagne, l'Italie ont tiré partie des années d'inflation pour réduire leuré publique. nous augmentons le nôtre et du coup il y a une divergence qui est de plus en plus fâcheuse car notre ratio de tête publique augmente lui aussi pour la première fois depuis 2020 année Covid.

Il atteint 113,2 points de PIB en haus de plus de tr points de PIB et ça nous éloigne progressivement d'un groupe de pays parvenus à maintenir ou ramener leur nettement au-dessous de 110 points de PIB. Je pense à l'Espagne, au Portugal, à la Belgique. Ça me rappelle qu'il y a encore 5 6 ans, j'étais commissaire européen en charge de ces sujets.

Équivalemment notre situation était bien meilleure que celle de ces pays. Aujourd'hui, elle est nettement plus mauvaise. Or, plus nous attendons avant d'agir, plus il sera difficile de stabiliser puis de diminuer notre endettement.

Et ces deux années ont conduit à doubler les efforts d'ajustement nécessaires au retour du déficit sous trois points d'ici 2009 29 confermant aux obligations européenne. Ces efforts représentent désormais un montant de près de 105 milliards d'euros à l'horizon 2029. Alors qu'ils étaient d'environ 50 milliards il y a moins de 2h.

Donc c'est plus que doublé. Je vous vois déjà totalement accablé par ces chiffres, mais ils sont la réalité après des années difficiles et d'impératif et même d'une certaine façon vitale de redresser la barre dès cette année en respectant notre trajectoire pour 2025 et pour les années suivantes. J'y insiste parce qu'évidemment le budget 2026, il est déjà dans toutes les têtes.

Il est très très compliqué, il est très exigeant. Vous aurez là-dessus un travail important et difficile, mais il faut pas penser qu'il y a que 2026 parce que pour aller jusqu'en 2029, il y a 26 27 28 puis probablement il faudra continuer un petit peu en réalité et il faudra franchir chaque marche année après année car chacune d'entre elles sera absolument essentielle et nous rapprochera un peu plus de l'indispensable stabilisation endettement car je rappelle que si notre endettement continue à filer vous avez rappelé 100 milliard comment peuton envisagé dans un pays comme le nôtre selon les préférences de financer la transition écologique, l'effort de défense, l'investissement dans la recherche et dans l'innovation si on a aucune ressource et si on consacre l'essentiel à rembourser notre dette. 100 milliards d'euros, ce sera trois fois plus et ce sera probablement avant la fin de la décennie qu'au début de celle-ci.

C'est énorme et c'est quelque chose que nous n'avons jamais connu. D'ailleurs, je le signale au passage, ça c'est pas le rapport. L'année prochaine sera sûrement la première année où le service de la dette sera le premier budget de la nation devant l'éducation nationale, ce qui ne s'est jamais jamais produit dans l'histoire financière sous la 5e République.

Super. [Musique]