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interviewC dans l'air (sur YouTube)· 9 octobre 2025 8 min

N'y a t-il plus de front républicain à droite ? - reportage #cdanslair 08.10.2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le mois dernier, N.Sarkozy avait ouvert la brèche en mettant le RN dans l'arc républicain lors d'une interview accordée au "Figaro". - C'est ici que la polémique est repartie: un coin du Tarn-et-Garonne, une législative partielle, un second tour dimanche prochain avec une candidate PS face à un candidat soutenu par le RN, et voilà le débat sur le front républicain relancé. - Je suis candidate aux élections partielles pour être votre députée. - Le front républicain, censé faire un barrage à l'extrême droite, a volé en éclats cette semaine.

Il s'est même inversé avec B.Retailleau, patron des LR, qui appelle à faire barrage non pas au RN, mais à la candidate socialiste. - B.Retailleau: Pas une voix pour la gauche.

Les électeurs se déterminent. Pas une voix pour la gauche. - Donc vous appelez à voter pour... - B.Retailleau: Les électeurs choisiront. - UDR et le RN.

Vous appelez à voter pour le bloc patriote. - B.Retailleau: En tout cas, certainement pas pour la gauche. - Fureur du PS. - P.Kanner: Monsieur Retailleau a pris une position indigne.

Mettre au même niveau une candidate socialiste qui n'était pas soutenue par LFI, je le précise, au 1er tour, puisque LFI avait son candidat...

La mettre au même niveau qu'un candidat d'extrême droite, c'est un acte très dangereux. Je lui demande à votre micro de se ressaisir et d'appeler à voter pour elle. - La déclaration de B.Retailleau est un clou de plus dans le cercueil du front républicain.

Aux législatives de 2024, déjà, le barrage face au RN s'était fracassé face à LFI. - E.Philippe: Je considère qu'aucune voix ne doit se porter sur les candidats du RN ni sur ceux de LFI, avec lesquels nous divergeons non pas seulement sur des programmes, mais sur des valeurs fondamentales. - J'appelle tous les Français, les vrais républicains, à se révolter contre ce pacte de la honte. - F.-X.Bellamy: Je ferai tout pour empêcher que LFI arrive au pouvoir dans ce pays. - Vous voteriez pour un candidat du RN face à un candidat du Front populaire? - F.-X.Bellamy: Exactement. - La droite s'aligne sur l'opinion.

Selon un sondage, plus de 53 % rejettent un front républicain pour faire barrage au RN. Certains vont plus loin et envisagent de gouverner avec le RN. - S.Primas: S'il y a un contrat de gouvernement avec des idées et des mesures qui ne sont pas orthogonales avec nos convictions, travaillons ensemble. - Ca peut être avec le RN? - S.Primas: Nous n'avons pas que des désaccords. - L'extrême droite jubile et n'attend plus que le trait d'union. - M.Maréchal: Je fais partie des gens qui souhaitent ardemment cette coalition et mettrai toute mon énergie à la construire. - J.Bardella: Je suis parfaitement prêt à leur tendre la main sur un accord de gouvernement.

Si, demain, je suis en capacité de le faire, j'appellerai les déçus des partis traditionnels, les orphelins de la droite, à travailler à nos côtés. L'enjeu, c'est de faire 50 % et une voix à l'élection présidentielle. - B.Retailleau refuse pour l'instant tout accord de gouvernement avec le RN. - C.Roux: C.Barbier, on a besoin d'une explication de texte... - C.Barbier: On est dans la voie de l'union des droites.

Cette stratégie et cette perspective, qui était encore peu probable quand B.Retailleau a été élu président des LR, a repris du corps. Le 3 septembre, dans "Le Figaro", N.Sarkozy dit que les lepénistes font partie de l'arc républicain.

Surenchère derrière, il faut faire un front anti-LFI. Et cette semaine, la main tendue de J.Bardella.

E.Ciotti, qui a passé le Rubicon, se transforme en sergent recruteur. "En cas de dissolution, on ne peut pas gagner seuls." Plutôt que d'avoir des mauvais candidats, autant adouber un candidat qui ne serait pas hostile au RN, ciottistes ou certains LR qui pourraient jouer le jeu...

Et une fois les législatives passées, aller chercher dans les LR les quelques dizaines qui leur manqueront pour une majorité absolue. Ils sont en train de monter cette charpente... - C.Roux: M.Le Pen aussi? - C.Barbier: Elle reste sur une posture "je ne veux pas sauver la droite, je veux sauver la France".

Elle est dans une logique présidentielle. Elle s'adresse aux Français. Un dernier personnage qui joue un rôle: P.de Villiers et sa pétition.

Cette union des droites a été théorisée par P.Buisson, Tentée par E.Zemmour en 2021-2022.

P.de Villiers va jouer un rôle. - C.Roux: M.Le Pen a toujours été un peu réticente à cette union des droites.

Elle dit en creux que certains macronistes seraient bienvenus au RN. - C.Barbier: Que dirait M.Barnier, fraîchement élu député?

Des LR n'iront pas. - C.Roux: Pourquoi on en est à parler de ça?

Il y a eu une clarification depuis dimanche du côté des LR entre la ligne Wauquiez, la ligne Retailleau? - M.Siraud: Je pense que c'est le résultat d'une situation compliquée pour la droite depuis l'élection d'E.Macron, qui se cherche entre le centrisme et la radicalité du RN.

On voit bien que depuis l'expérience M.Barnier et cette coalition gouvernementale entre le centre et la droite, du fait de l'échec du macronisme aussi, il y a une pression des électeurs de droite de la base pour dire à leurs élus, leurs représentants: "Il faut aller travailler avec le RN." L'hypothèse est encore d'actualité.

S'il devait y avoir une dissolution dans les prochaines semaines ou les prochains mois, il y aurait évidemment des digues qui seraient dépassées. Dans les sondages, le RN est en position de force, attractif. Si jamais ils arrivaient en tête, proches d'une majorité absolue, s'il leur manquait 20 à 30 voix, ils pourraient les trouver du côté des députés LR pour former une majorité. - C.Roux: M.Le Pen dit cet après-midi: "Si les élections avaient lieu, nous aurions un excellent score.

Le camp présidentiel a peur des élections." - D.Rousseau: En effet.

Ce qui se passe est le résultat de plusieurs années. Souvenons-nous du coup de tonnerre de Dreux en 1983. Souvenons-nous de Charles Million.

Il y a déjà eu cette alliance des droites. Il y a un glissement à l'italienne. Je préférerais un glissement à l'espagnole.

Un glissement avec une lepénisation des esprits dont parlait Robert, qui devient une lepénisation des votes. Cette alliance des droites me semble être déjà dans l'électorat. L'électorat LR et l'électorat RN ont déjà fait cette union.

C'est au niveau des cadres que ça tenait. Les cadres suivent maintenant leurs militants. La différence, en Italie, c'est que cette union des droites se fait non pas au profit d'un parti extrémiste, celui de M.Salvini, mais de celui de Meloni.

N'y a t-il plus de front républicain à droite ? - reportage #cdanslair 08.10.2025 — Bruno Retailleau · Pourquijevote