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interviewBFM TV (sur YouTube)· 6 juillet 2023

Émeutes: l'interview de Nadine Morano en intégralité

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Bonsoir, madame la députée européenne. Laurent Neumann est avec moi également. Bonsoir Laurent.

Je vous propose d'écouter deux sons de cloche différents. Jean-Millet Messia, qui était mon invité hier soir, et puis le ministre de l'Intérieur. Les forces de l'ordre dans certains quartiers, dans les zones justement qui se sont soulevées, sont les derniers représentants de la France dans ces quartiers.

Et Naël, le jeune Naël était français ? Non, excusez-moi. Il n'était pas français, Naël.

Il était français administrativement, mais quand on voit, si vous voulez, à travers les insurrections, des drapeaux français qui sont brûlés, des édifices publics qui sont brûlés, Mais là, Naël n'a pas brûlé des édifices publics. Le jeune Naël, il était français. Il était français.

Comme vous et moi. Il était français administrativement, c'est tout. À travers l'explosion qui se passe dans nos cités, il y a évidemment un étage social, il y a évidemment un étage économique, un étage etc.

Mais il y a aussi un étage identitaire évident. J'ai fait une quinzaine de commissariats en quatre jours, la nuit. Et après, ce que je fais quand je veux au poste de garde, c'est que je demande la liste des personnes qui sont gardées, et qu'est-ce qu'ils ont fait.

Qui sont ces gens ? Oui, il y a des gens qui apparemment pourraient être issus d'immigration. Mais il y a eu beaucoup de Kévin et de Matteo, si je peux me permettre.

Il y en a eu aussi. Et l'explication n'est pas...

L'explication seulement identitaire me paraît très erronée. Il y avait beaucoup de Kévin et de Matteo parmi les interpellés, dit Gérald Darmanin. Vous êtes d'accord avec ça, Nadine Morano ?

Combien ? Il a annoncé que sur les 4000 personnes qui avaient été interpellées, 10% sont les étrangers sur notre territoire, qui sont donc venus casser chez nous dans les quartiers. Ça veut dire 400 personnes, déjà 400 personnes étrangers, 400 personnes étrangères, sur notre sol, ont été arrêtées en train de casser ou brûler et détruire sur notre territoire.

Alors ça, c'est déjà pas un lien. Après, il nous dit qu'il y a eu des Matteo et des Kévin. On a l'impression que ça l'arrange, en fait.

Parce qu'il faut quand même qu'il regarde la réalité des chiffres, c'est pas Nadine Morano qui les donne, sur les quartiers. 18 quartiers de plus de 1000 habitants ont plus de 50% d'étrangers et plus de 50% d'immigrés. 320 quartiers en France de plus de 1000 habitants avec plus de 30% d'étrangers.

Et donc quand on voit les quartiers qui se sont soulevés, on va dire qui se sont soulevés, qui ont été victimes de ces émeutes, dont le quartier où j'ai grandi, à Nancy, au-du-Lièvre, où la mairie de quartier a été brûlée. La mairie de quartier a été brûlée. Et ce quartier dans lequel j'ai grandi, quand j'étais petite, il y avait une église, qui s'appelle l'église de la Vierge des Pauvres.

Il n'y avait pas de mosquée. Aujourd'hui, il y a des mosquées. Donc on voit bien qu'il y a une population avec une culture différente qui est arrivée.

Et dans l'école où j'allais quand j'étais petite, avant, il n'y avait pas de maman voilée du tout, qui venait chercher leurs enfants à l'école. Et maintenant, il y a beaucoup de femmes voilées qui viennent chercher leurs enfants à l'école. On vous demande s'il y a un lien avec l'immigration.

Je dis que par rapport à ces jeunes...

La mairie a été brûlée par des musulmans ? Je ne parle pas de religion. On parle d'étrangers.

C'est vous qui...

À l'instant même, vous venez de parler de religion. Je suis en train de vous dire que dans ces quartiers, il y a un mode de vie différent. Des étrangers qui sont arrivés avec leur religion, leur mode de vie, leur culture...

D'accord, mais quel est le rapport ? Qui ont refusé de s'intégrer. Et quand vous regardez ceux qui ont cassé, et Jean Messia a eu raison de rappeler que certains ont brûlé le drapeau français, les revendications qui sont faites, au-delà de Naël, c'est la haine de la France.

Vous avez entendu ça ? On a surtout vu des pillages. On a vu des gens qui cassaient, qui pillaient.

Moi, je n'ai pas entendu beaucoup de revendications. Quand vous brûlez des bâtiments publics, quand vous brûlez des mairies, des écoles, des commerces, quand vous vous en prenez aux voitures de personnes d'ailleurs qui ne pourront même plus aller travailler dans leur propre quartier. Alors, on peut dire que c'est des imbéciles.

Mais on peut dire aussi...

On peut dire que c'est des poignons. Est-ce que par rapport à un pays dans lequel ils vivent, qui s'appelle la France, qui est une démocratie, et dans lequel c'est la justice qui rend la justice ? Ce n'est pas ce...

Alors, il a dit, Kevin ou Mathéo, pourquoi il n'a pas cité d'autres prénoms ? Parce que, visiblement, il n'y avait pas d'autres prénoms issus de l'immigration. Il se moque de qui ?

Mais en fait, il nous prend pour des imbéciles. C'est pour dire qu'il n'y a pas que des Mohamed. D'ailleurs, il se trompe.

On peut s'appeler Mohamed et être français, d'ailleurs, c'est bizarre. Non, mais, ça...

Non, mais, je voudrais qu'on soit clair. Parmi ces jeunes qu'on a vus, notamment les jeunes mineurs, bon, ils sont tous nés en France, à mon avis, a priori. Et ça, vous en savait rien ?

A priori, oui, c'est quand même des enfants de la deuxième, troisième, quatrième génération. Non, mais ça, c'est facile. Deuxième, troisième, quatrième génération.

Ils ont entendu ça tout le temps. Moi, je vais vous dire...

On entend comme ça, c'est la réalité. Ils sont français. Ils sont français.

Pour certains. Donc, c'est les Français qui ont commis des actes de délinquance. Ils sont aussi, excusez-moi, pour certains, binationaux.

Ceux qui sont binationaux et qui portent atteinte aux intérêts de notre pays, qui brûlent des bâtiments publics, doivent être déchus de leur nationalité. C'est ce que nous avons proposé avec les Républicains. D'accord, mais ces Français de troisième, quatrième génération, ils sont aussi français que vous et moi ?

Écoutez, on a parlé des 400 épranches. Non, mais oui ou non ? Non, mais...

Ils sont aussi français que vous et moi ? Non, mais dès lors que vous avez une carte d'identité, c'est un titre d'identité, vous avez la nationalité. D'ailleurs, j'observe...

Non, mais quand on...

Non, mais en France...

Est-ce que vous le savez, M. Truchot ? Vous avez du mal à répondre à ma question.

Est-ce qu'ils sont aussi français que vous et moi ? Est-ce qu'ils sont français autant que vous et moi ? Ça dépend quel rapport ils ont au pays.

Est-ce que, par exemple, s'il y avait la guerre, est-ce qu'ils prendraient les armes pour défendre la France ? Si ils ont 13-14 ans, je pense qu'ils ne se posent pas la question. Oui, ils vont grandir un peu.

Il n'y a pas que des 13-14 ans. Même si un tiers était mineur. Là aussi, ça pose la question de savoir pourquoi est-ce que les parents avec des enfants mineurs n'éclatent pas leur responsabilité.

Parce que vous faites un lien avec l'immigration. Oui, je fais un lien, oui. J'essaie de comprendre...

Parce que je vois la population qu'il y a maintenant dans ces quartiers. Alors, mais peut-être qu'ils sont issus de l'immigration. Mais aujourd'hui, ils sont français.

D'accord. Ils vivent en France. On parle de lien avec l'immigration.

Ils vivent en France. Et quelle est la solution, alors ? Quelle est la solution ?

Soit ils sont en situation, peut-être même illégale. Les 400, on n'en sait rien, pour l'instant, étrangers. Sont-ils illégaux sur le territoire ?

Non, mais 400 personnes qui vont cramer des bâtiments. Je ne parle pas d'eux. Oui, mais vous ne parlez pas d'eux.

Je suis désolée. Excusez-moi, c'est 2% de ceux qui ont été arrêtés. S'ils sont en situation irrégulière, la question est réglée.

Mais on parle de ces Français. Quelle est votre solution ? Parce qu'ils sont français, comme vous et moi.

Excusez-moi. Pourquoi vous voulez vous l'illimiter ? On parle de l'immigration dans sa question globale.

La dernière fois, j'étais sur votre plateau. Alors, je n'ai pas pu rester puisqu'il y avait l'histoire du sous-marin et vous m'avez demandé gentiment de partir du plateau pour couvrir l'actualité. Mais je rentrais dans Lampedusa.

Moi, je peux vous dire que la question migratoire qui arrive en France, elle est incroyablement terrifiante, ce qui va se passer. Vous savez qu'ils arrivent sur cette île. Je ne parle que de Lampedusa.

Je pourrais vous parler de la Calabre. Je pourrais vous parler de l'Espagne ou de la Grèce. Ils arrivent par milliers.

Et ce sont en majorité 80% que des jeunes hommes. Des hommes. Il y a quelques femmes.

Je l'ai vu de mes yeux. Quelques femmes, quelques enfants. Et ils arrivent par milliers, M.

Truchot, ces hommes, ces jeunes hommes d'Afrique subsaharienne. Ils arrivent par la Tunisie. Vous avez vu là ce qui se passe ?

Vous qui couvrez l'actualité rapidement, là. Vous avez vu ce qui se passe en Tunisie ? Là, en ce moment, à Sfax, vous avez eu des émeutes, des heurts vis-à-vis de certains migrants, à l'encontre de certains migrants parce qu'ils passent par la Tunisie.

Il nous faut sécuriser et aider la Tunisie à sécuriser ses frontières. Donc, la question migratoire, elle n'est pas simplement « Oh, ben, les Français d'origine étrangère qui viennent d'obtenir la nationalité ou dont leurs parents ou leurs grands-parents étaient étrangers. » Le petit Naël dont, évidemment, il n'y a pas drame plus terrible dans une vie que de perdre un enfant.

Tout le monde le sait. Il est d'origine franco-algérien. Il est français.

Il est français. Il est français. Il a la double nationalité ou pas ?

Il a la double nationalité française. Oui, il a la double nationalité. Ça vous pose un problème, la double nationalité ?

Oui, la double nationalité me pose un problème. Très clairement, ça me pose un problème. Un franco-italien, par exemple, ça vous pose un problème ?

Oui, ça me poserait un problème dès lors qu'on ne respecte pas. Moi, je suis d'origine italienne par mon grand-père. Je vais vous dire, mon grand-père, il avait...

Alors, ma mère est née en 1939. Alors, pour vous dire, il est arrivé après la Première Guerre mondiale. Mais ils sont arrivés, c'était une immigration de travail.

On allait chercher les maçons et on leur donnait un contrat de travail pour reconstruire la France. Bon. Mais ma mère a un prénom français, mon oncle a un prénom français, mes oncles ont des prénoms français.

Et c'était surtout l'assimilation, le respect du pays qui vous accueillait. On peut être assimilé et garder un lien avec le pays d'origine ? Mais est-ce que j'ai dit le contraire ?

Et la double nationalité peut être liée ? Non, mais ce n'est pas ça. Je dis que ça me pose un problème dans le cas où une personne qui dispose d'une double nationalité et donc une nationalité qui est de son pays d'accueil ne respecte pas les lois et le mode de vie du pays qu'il accueille.

C'est en ça que ça peut me poser un problème. Alors, l'ordre de ma mère. Si vous me permettez, c'est très intéressant parce que vous venez d'employer un mot, ce n'est pas la première fois d'ailleurs, d'assimilation.

Oui. Donc, je préfère le mot d'intégration mais peu importe la nuance ou le degré. Le problème, c'est l'assimilation.

C'est en train de préparer une loi sur l'immigration dans lequel il y a très peu de choses sur l'intégration en l'occurrence. Et pire que ça, il y a une mesure qui est liée à l'intégration, c'est l'intégration par le travail. Cette loi propose notamment de donner des titres de séjour à des salariés étrangers mais qui travaillent dans des métiers en tension.

Des gens qui sont arrivés en situation irrégulière. Or, lorsqu'il s'agit d'intégrer des gens par le travail, ce qui va a priori plutôt dans le sens de ce que vous disiez. Vous rêvez qu'ils soient intégrés.

Et quand on propose de les intégrer, là, vous dites non. Votre famille politique dit non. Non, non, vous vous proposez de les régulariser.

C'est-à-dire que vous donnez...

Pour donner un titre de séjour. Non, non, mais vous donnez à des gens qui viennent par effraction en France, vous leur dites, c'est pas grave, bon, là, il y a besoin de main-d'oeuvre, on va vous régulariser même si vous êtes venus en situation irrégulière. Ça, c'est comme obtenir la nationalité.

Voyez-vous, au Danemark, si vous avez fait l'objet d'une condamnation, même avec sursis, vous ne pouvez pas obtenir la nationalité danoise. En France, si vous avez été condamné avec du sursis, vous pouvez obtenir la nationalité française. Je trouve ça scandaleux.

À partir du moment où vous avez fait l'objet d'une condamnation dans un pays qui vous accueille, vous ne devriez pas avoir accès à la naturalisation, à la nationalité française. Très bien. Donc la question suivante, c'est comment vous voulez procéder à l'assimilation ?

Puisque vous dites qu'il n'est pas question de les assimiler par le travail, expliquez-nous comment vous voulez les assimiler autrement. D'abord, M. Neumann, pour pouvoir les assimiler...

Ou les intégrer. Oui. C'est pour employer votre terme.

Vous savez, regardez sur Internet, sur le site du ministère, vous trouverez que c'est le mot assimiler qui...

Mais vous dites par le travail, c'est mal. Non, non, non. Est-ce que j'ai dit ça ?

C'est ce que vous venez de dire. Je dis...

On ne peut pas donner un blanc-seing des gens qui arrivent en situation irrégulière et ouvrir les vannes. Je dis simplement que si on veut vraiment assimiler, on a besoin de...

Pour le faire, il faut qu'on puisse le faire avec un nombre de personnes avec lesquelles on peut travailler. Là, quand vous êtes face, M. Neumann, arrêtez.

Pardon, le principe...

Parce que là, on s'éloigne un peu des émeutes, là. Non, mais quand vous êtes face à une masse migratoire aussi forte, vous n'arrivez plus à assimiler. Parce que c'est le nombre qui fait que vous n'arrivez plus à assimiler.

Je voudrais qu'on revienne un peu sur ces émeutes, sur ceux qui étaient dans la rue. Je voudrais revenir sur les propos de Bruno Retailleau, votre collègue des Républicains, qui a eu des mots quand même particulièrement durs. On va les découvrir ensemble.

Pour la deuxième, troisième génération, il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques. Vous partagez ce propos ? Oui, une régression vers les origines ethniques.

C'est-à-dire quoi, d'ailleurs ? Je ne sais pas si c'est la deuxième ou troisième génération. Je dis simplement que ce qu'on voit avec le développement, d'ailleurs, des filles qui portent le voile, pour moi, c'est une telle forme de régression dans les quartiers.

Mais chez moi, Plastanislas, quand je vois ça à Nancy, le nombre de filles qui portent le voile, c'est pour moi une telle régression sur le droit des femmes. J'en ai parlé sur un autre plateau avec des jeunes iraniennes qui, pour le coup, vivent en France. Ça fait longtemps que leurs parents sont là, mais elles retournent en Iran régulièrement.

Et elles m'expliquaient, elles sont médecins toutes les deux, et elles m'expliquaient, elle me dit, mais vous n'imaginez pas ce que c'est de vivre au quotidien avec un voile sur la tête. Le cuir chevelu, vous ne laissez pas respirer le cuir chevelu, c'est inconfortable. Même rien qu'avec un masque, on en avait marre de porter un masque sur le nez.

Vous imaginez ces femmes être obligées de se voiler, de vivre avec une tenue. Maintenant, on voit des abayas devant les écoles. Mais qu'est-ce que ça veut dire ?

Ils sont portés volontairement par ces jeunes femmes. Mais parce qu'on est en train de leur insuffler, en fait, une forme de régression du droit des femmes sur le territoire français. Moi, je trouve ça tellement choquant.

Moi, je ne peux pas l'accepter. Nos grands-mères, nos mères se sont battues pour avoir le droit de porter des pantalons. Vous vous rendez compte ?

On s'est battues pour avoir le droit à pouvoir...

L'égalité salariale, on n'y est même pas encore. Le droit d'ouvrir un compte bancaire. Est-ce que vous imaginez ?

Il n'y a plus la notion de chef de famille aujourd'hui. Il y a l'égalité entre la mère et le père pour l'autorité parentale. Donc, qu'est-ce qu'elles veulent, ces filles ?

Nous dire, attention, on ne veut pas être exposés parce qu'on ne doit pas être quelqu'un par pudeur qui est une tentation pour les hommes. Mais tenez-vous, les hommes ! Qu'est-ce que ça veut dire, ça ?

Mais de quel droit on dirait ça à une femme ? Une femme, elle peut s'habiller comme elle veut. Elle n'a pas caché chez...

Donc, elle a le droit de porter une abaya si elle peut s'habiller comme elle veut. Écoutez, si elles veulent porter une abaya, qu'elle aille le faire dans les pays de leur propre culture. Ici, c'est la France.

Quand on vient en France, on s'adapte au mode de vie. Et je vous rappelle que...

Vous êtes pour l'interdiction des abayas dans l'espace public ? Moi, je suis très choquée par le fait d'avoir tant de personnes qui ne partagent pas notre mode de vie. Vous voyez, par exemple, quand je vous expliquais à mon retour de Lampedusa, ce qui m'a beaucoup marquée, c'est que tous ces jeunes hommes qui arrivent d'Afrique subsaharienne, dont on sait que la culture dans beaucoup de pays d'Afrique subsaharienne sont pratiquées sur 90% des femmes qui l'ont suivie, les mutilations génitales.

Quel rapport ces jeunes garçons ont-ils aux femmes dans leur tradition ? Comment vont-ils se comporter quand ils arrivent ? On s'éloigne quand même des émeutes.

C'est passionnant tout ça, mais là, on s'éloigne des émeutes. Moi, je voudrais revenir...

On parle de l'immigration. Oui, mais justement. Alors maintenant, on fait foi.

Est-ce que ça continue ? Est-ce que vous croyez que c'est fini les émeutes ? Nadine Morano...

Vous croyez qu'il n'y a pas encore des braises là-dessous ? Justement, Nadine Morano...

Pour prendre truc, ça se soulèvera encore. Alors laissez-moi poser une question. Nadine Morano, il y a une réponse pénale.

Vous avez vu, la justice passe. Oui, la justice passe. Non, parce que souvent, vous dites que la justice est laxiste.

Elle n'est pas laxiste en ce moment. Ça ne va pas assez loin, excusez-moi. Il y a des peines de prison, des mandats de dépôt, vous avez passé des mineurs...

On a fait des propositions nous-mêmes de pouvoir mettre ces mineurs en comparution immédiate. Il faut aussi...

Alors les mineurs, non. Les mineurs, ils passent devant un juge pour enfants. Oui, mais nous avons proposé, si vous avez écouté la conférence de presse d'Éric Ciotti tout à l'heure, nous avons proposé l'abaissement de l'âge pénal pour les mineurs à 16 ans.

Nous avons proposé aussi qu'il puisse y avoir des comparutions immédiates pour les mineurs. Nous avons proposé aussi qu'en termes de responsabilité des parents, et notamment pour les émeutes, que les enfants qui ont cassé, là, qui ont 15, 16 ans, les parents qui sont responsables d'un point de vue civil, doivent assurer financièrement...

C'est prévu par la loi. C'est prévu. Que les parents...

Ça existe déjà. Je sais, mais ça, que les parents soient condamnés et qu'ils le soient aussi sur le plan pénal. Parce qu'ils n'ont pas assuré...

Le garde des Sceaux l'a rappelé, oui. Mais ça, j'ai dit que le garde des Sceaux sur ces questions avait eu raison de rappeler...

En attendant, le policier, on l'a appris aujourd'hui, va rester en prison. La Cour d'appel a refusé la demande de remise en liberté de ce policier. C'est sa place, sa prison ?

Mais moi, je ne peux pas me mettre...

Encore une fois, quand je dis que en France, c'est la justice qui rend la justice, je ne peux pas me substituer ou faire des commentaires par rapport à une décision de justice. Je sais que c'est l'enquête qui permettra au juge, à l'issue, de pouvoir éclairer sur ce qui s'est passé. Vous avez vu la vidéo ?

Oui, 8 secondes. Et alors ? Elle n'est pas accablante ?

Non. Vous croyez que moi... beaucoup la jugent accablantes.

Oui, mais moi, qui est-on pour dire que cette vidéo est accablante sans avoir vu ce qui s'est passé avant, les faits qui ont précédé, sans avoir vu dans quelles conditions se sont retrouvés les policiers, sans avoir écouté vraiment quelles sont les paroles qui ont été prononcées ? Je ne crois pas que ce policier de 38 ans qui a été militaire en Afghanistan, qui a été médaillé, qui a un dossier assez exceptionnel d'un point de vue administratif, s'est levé ce matin-là en disant « chic, je vais faire mon métier et je vais mettre fin à la vie d'un gosse de 17 ans ». Mais on peut commettre une faute professionnelle.

Mais ça, c'est la police, c'est l'enquête qui le dira, c'est la justice qui le dira. Il y a des conséquences très lourdes, bien entendu. Il y a des conséquences qui sont lourdes, mais moi, je m'interroge aussi sur le fait qu'un jeune de 17 ans ait commis 5 refus d'obtempérer, que dans notre pays, il y ait 26 000 refus d'obtempérer à l'année, sur une année.

Ça veut dire qu'il y a un refus d'obtempérer toutes les 20 minutes. Moi, je trouve qu'il faut sanctionner sévèrement tout refus d'obtempérer, qu'il soit simple ou grave, et que quand il s'agit d'un mineur, il faut qu'il y ait une peine tout de suite, une peine courte, mais exemplaire. C'est pour ça aussi qu'il faut renforcer notre capacité carcérale avec des petites structures en plus modulaires pour effectuer des courtes peines comme dans les pays du nord de l'Europe.

Merci Nadine Morano d'être venue sur le plateau de BFM Story.