L'invité d'Apolline Matin : Benoît Serre - 26/02
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:28OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça va changer concrètement ? Est-ce que ça veut dire que les ruptures conventionnelles vont être moins avantageuses ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Moins longtemps, quel impact ça a ? Pourquoi on fait ça en fait ?
- 2:47OuverteRéponse directe
Vous pensez vraiment que les choses vont être plus fluides ?
- 3:01OuverteRéponse directe
C'est-à-dire que, techniquement, la pyramide des âges fait qu'il y aura moins de monde qui cherchera du boulot.
- 3:27OuverteRéponse directe
On n'arrive pas à passer sous ce seuil.
- 3:50OuverteRéponse directe
Là, vous n'êtes pas obligé de garder quelqu'un avec qui les choses ne se passent pas bien. Et inversement, vous n'êtes pas contraint de rester.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09InvitéChiffre
« Pour quelqu'un, alors après à partir de 55 ans, ça change. Mais avant 55 ans, c'était 18 mois, ça passe à 15 mois maximum. »
- 1:25InvitéChiffre
« À 55, 56, on était à 22, on est à 20, et après on est à 27. »
- 1:49InvitéChiffre
« L'argument économique, vous avez rappelé, le gouvernement cherchait 400 millions d'économies. »
- 3:17InvitéChiffre
« Le chômage résiduel, c'est-à-dire en dessous duquel vous ne pouvez pas vraiment passer, il est en moyenne de 5 en Europe. Chez nous, il est de 7. »
- 3:24InvitéChiffre
« Le chômage résiduel, c'est-à-dire en dessous duquel vous ne pouvez pas vraiment passer, il est en moyenne de 5 en Europe. Chez nous, il est de 7. »
- 5:22InvitéChiffre
« Ils sont protégés 27 mois au-dessus de 57 ans. »
- 5:46InvitéPromesse
« s'ils démontrent qu'ils cherchent vraiment un emploi et qu'ils ne sont pas au bout, ça peut être prolongé. »
Temps de parole
- Invité70 %
- Présentateur30 %
≈ 3,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. Il est 7h44 et vous êtes bien sur RMC et RMC Story. Les ruptures conventionnelles, un accord a été trouvé hier soir. Bonjour Benoît Serre, vous êtes le co-président du cercle de réflexion Humania qui rassemble plus de 600 DRH, le patronat, la CFDT et la CFTC se sont donc entendus hier soir pour réduire la durée d'indemnisation en chômage après une rupture conventionnelle. Le Premier ministre salue d'ailleurs cet accord. Qu'est-ce que ça va changer concrètement ? Est-ce que ça veut dire que les ruptures conventionnelles vont être moins avantageuses ?
D'abord c'est plutôt un bon accord dans la mesure où on partait loin. Si vous vous souvenez, il y a quelques mois, on interrogeait quasiment la survie de la rupture conventionnelle sur laquelle on était plusieurs, dont moi, à dire attention, touchez pas à cet outil qui est quand même très efficace et qui permet de fluidifier les choses et d'éviter les conflits sociaux. Donc c'est plutôt pas mal. Donc est-ce que ça va changer ? C'est-à-dire qu'on finalement, à la fin de la négociation, c'est la valeur de la négociation, on ne touche pas au montant d'indemnisation, ce qui était envisagé à un moment, notamment par le BDF ou le patronat, mais on réduit un peu le durée d'indemnisation.
Par exemple, pour quelqu'un, alors après à partir de 55 ans, ça change. Mais avant 55 ans, c'était 18 mois, ça passe à 15 mois maximum. Bon, c'est comme ça, ce qui est plutôt pas mal, parce qu'on entre dans une phase où ce sera plus aisé de retrouver un travail, mais je reviendrai. Puis après 55 ans, puis 56 ans, 57 ans, on baisse un peu. À 55, 56, on était à 22, on est à 20, et après on est à 27.
Moins longtemps, quel impact ça a ? Pourquoi on fait ça en fait ? C'est à la fois pour des raisons économiques, bien sûr, mais est-ce que c'est aussi pour dire la rupture conventionnelle, c'est trop facile ? C'est quoi ? Il y a un petit peu de ça dans l'esprit du gouvernement et des partenaires sociaux ?
L'intention de négociation sur ce sujet-là, il venait du fait qu'il y a eu deux arguments. L'argument économique, vous avez rappelé, le gouvernement cherchait 400 millions d'économies, on connaît la situation. Le deuxième argument, c'était de dire qu'il y avait plein d'abus. Cet accord démontre que ce n'est pas tellement autour de ça qu'on cherche. On essaye surtout de faire en sorte que les personnes qui obtiennent une rupture conventionnelle, dont je rappelle qu'elle est signée par l'employeur et l'employé, donc il n'y a pas que l'employé qui est coupable, entre guillemets, dans cette histoire, et qu'il est validé par l'administration. Vous avez trois acteurs.
Dans le fait de retrouver un emploi, parce qu'on accusait certains de profiter de vacances, et à 15 mois, ça reste raisonnable. La clé du sujet, c'est faire en sorte que l'administration ou le service public du travail, qui est France Travail, lorsque quelqu'un, c'est une rupture conventionnelle, qu'il ait deux actions. Il ait une action de contrôle, savoir si la personne cherche vraiment, comme n'importe quel autre salarié qui a perdu son emploi, même par licenciement, et qu'on fasse en sorte qu'il le retrouve un plus vite.
Vous avez dit, Benoît Serres, on va arriver dans un moment où il sera plus facile de trouver du boulot. Est-ce que vous pensez vraiment que les choses vont être plus fluides ?
Oui, je ne le pense pas à cause de ça. Mais à cause de... Vous savez, on a une démographie catastrophique, ce qui est très mauvais pour la nation, et ce qui est plutôt bon pour l'emploi. Et donc, dès que l'activité économique va un peu mieux, on l'a vécu entre 2022 et 2023.
C'est-à-dire que, techniquement, la pyramide des âges fait qu'il y aura moins de monde qui cherchera du boulot.
Théoriquement, oui. Alors, pour le moment, on ne l'observe pas, puisqu'on est monté à 8%, voire un peu plus de chômeurs. Mais ça, c'est plus lié à la situation socio-économique, budgétaire, politique du pays. Mais les chiffres démontrent. Après, il y a un autre aspect qui est très particulier, c'est que ce qu'on appelle le chômage résiduel, c'est-à-dire en dessous duquel vous ne pouvez pas vraiment passer, il est en moyenne de 5 en Europe. Chez nous, il est de 7. Et c'est en cela, d'ailleurs...
On n'arrive pas à passer sous le droit de ça.
Non, mais parce que... Alors, il y a plein de raisons, mais parmi les raisons, il n'y a pas tellement le fait qu'on a démisé le chômeur plus qu'ailleurs, parce qu'en Allemagne, ils sont démisés moins longtemps, mais de manière plus élevée. Bon, oui, ça se compense. Je pense surtout que... Moi, j'étais contre la fin de ces répétures conventionnelles, parce qu'elles servent à quoi ? Elles servent à fluidifier un modèle de droit du travail qui est fabriqué pour fabriquer du conflit social. Donc, c'est un petit peu...
Là, vous n'êtes pas obligé de garder quelqu'un avec qui les choses ne se passent pas bien. Et inversement, vous n'êtes pas contraint de rester.
Oui, et puis surtout, ça évite... Vous savez, ça évite quand même d'aller dans le conflit, parce que quand vous n'arrivez pas à obtenir...
En fait, il n'y a pas d'un côté démission sèche, de l'autre licenciement pénible.
Non, ce n'est pas si simple. Justement, ça permet d'éviter le licenciement pénible. Quand quelqu'un veut absolument partir, ou que l'entreprise veut absolument qu'il parte, vous avez deux solutions. Soit vous le licenciez, très bien, mais quand c'est la personne qui veut partir, elle va chercher une rupture conventionnelle, elle est protégée, mais sinon, qu'est-ce qu'elle va faire ? Elle va chercher à se faire virer.
Ça a été une révolution pour vous ?
Oui, je pense, et surtout depuis... Vous savez, le barème Macron mis en place en 2017, qui plafonnait les indemnités, mais sauf si vous obteniez le harcèlement. Vous demandez à n'importe quel avocat de droit social et vous dire à quelqu'un qui cherche le licenciement, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va essayer de prouver qu'il y a harcèlement, même si on n'a pas eu, pour avoir des indemnités supplémentaires. C'était très malsain. La rupture conventionnelle, ça permet de corriger ça.
Une question sur les plus âgés. Pour les plus de 55 ans, il y aura quand même une baisse du nombre de mois. Elle est plus limitée que pour les autres, mais au fond, il reste une très grande difficulté en France, qui est le travail des seniors. On n'y arrive pas. Et la réduction, quand même, va être nette pour ces gens-là.
Ça, c'est un peu amélioré, l'emploi des seniors. On a des scores aujourd'hui qui sont les meilleurs, même s'ils ne sont pas très bons. Donc, ça reste un problème important. C'est pour ça que le précédent accord qui avait été trouvé avec ce qu'on avait appelé à un moment le CDI senior, mais qui s'appelle le contrat de valorisation de l'expérience. On va voir si ça va aider. En attendant, là, ils sont protégés 27 mois au-dessus de 57 ans. Pourquoi 57 ? Parce que c'est l'âge auquel, vraiment, il y a une rupture profonde. Si vous perdez votre job à 57, on le retrouve très compliqué. Donc, c'est plutôt une mesure raisonnable.
Et d'ailleurs, il y a eu, juste je termine là-dessus, dans cet accord qui a été apparemment trouvé cette nuit, pour les plus de 57 ans, c'est 27 mois. Mais s'ils démontrent qu'ils cherchent vraiment un emploi et qu'ils ne sont pas au bout, ça peut être prolongé. Donc, c'est sincèrement un moindre mal et une bonne prise en responsabilité d'une situation d'emploi des seniors en France qui est absolument scandaleuse à l'égard de toute l'Europe.
Merci beaucoup, Benoît Serres. Vous êtes coprésident du cercle de réflexion humanien, qui rassemble donc plus de 600 DRH. Cet accord, donc, patronat CFDT, CFTC, salué par le gouvernement pour vous. C'est un bon accord.