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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 23 avril 2018 6 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileJusticeInstitutions & élections

LOI ASILE-IMMIGRATION : «Nous parlons devant un cimetière» - Mélenchon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15MélenchonChiffre
    « Il y a pour chaque législature en moyenne, deux textes de loi sur l'accueil des étrangers. »
  • 0:30MélenchonFait
    « Le code concerné en comporte 1000 ! Et à l'évidence à mesure que les pages s'empilaient, rien ne s'est réglé. »
  • 1:00MélenchonFait
    « Il vient d'être décidé que la rétention administrative se transforme en une détention de fait puisque l'on conservera des gens enfermés, privés de liberté pendant 90 jours. »
  • 3:00MélenchonFait
    « Le problème n'est pas celui de la gestion des arrivées, le problème est celui de la gestion des départs. »
  • 3:30MélenchonFait
    « C'est à dire que chacun vive heureux là où il se trouve et que quand on ne le comprend pas on ne peut que trébucher d'une aberration à l'autre. »
  • 4:30MélenchonFait
    « On peut par exemple accepter qu'on continue à avoir des travailleurs détachés par un statut qui favorise le fait qu'on les paye moins que les autres. »
  • 5:00MélenchonFait
    « Comment a t-on pu dire dans cet hémicycle qu'on comptait faire des quotas de travailleurs qualifiés est ce que prendre les travailleurs qualifiés ce n'est pas une autre manière de continuer à piller ceux là même que nous poussons au départ ? »
  • 7:30MélenchonChiffre
    « Nous parlons devant un cimetière, celui des 30 000 qui sont morts dans la Méditerranée. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Collègues, nous ne voterons pas cette loi qui est la triste reprise d'un rite dorénavant constant dans l'histoire politique de notre pays. Il y a pour chaque législature en moyenne, deux textes de loi sur l'accueil des étrangers. Et personne n'a jamais fait le bilan de ces textes qui se sont accumulés tant et si bien que depuis l'ordonnance du 2 novembre 1945 de la libération ce document qui faisait -après une guerre mondiale et les tumultes dont vous avez le souvenir et les déplacements de populations dont vous vous souvenez- 25 pages !

Dorénavant le code concerné en comporte 1000 ! Et à l'évidence à mesure que les pages s'empilaient, rien ne s'est réglé. Je crois que au contraire tout s'est aggravé.

Aucun bilan global, mais on a vu que par contamination c'est d'abord le code de la nationalité, puis le régime des libertés publiques qui progressivement a été ici entamé, là-bas à moitié dissous Bref. On a vu comment de la peur de l'autre au mépris de soi, il y a peu. Avoir peur des autres point de remettre en cause les traditions les plus constantes de la patrie sur le code de la nationalité et sur les libertés publiques c'est déjà se mépriser soi même beaucoup.

De la peur de l'autre mépris de soi il y a peu, du mépris de soi à la haine de l'autre il y a encore moins. Et nous l'avons entendu tout au fil des débats Nous avons entendu ces propos incroyables, ces caricatures absurdes, ces angoisses qui paralysent et tétanisent la réflexion de d'aucun qui voit ce pays bien plus mal qu'il n'est sur le sujet en tout cas peu importe les intentions, de toute façon il y aura à nouveau un texte et peut être encore un autre et sans doute encore un autre, parce que rien ne peut être réglé de cette façon. Peu importe les intentions, il vient d'être décidé que la rétention administrative se transforme en une détention de fait puisque l'on conservera des gens enfermés, privés de liberté pendant 90 jours sans que l'on ait la moindre installation correspondante à un tel besoin.

Le Ministre a d'ailleurs prévu qu'en accélérant toutes les procédures en diminuant tous les temps de recours, en allongeant la rétention, cependant ! il prendrait des mesures pour permettre que cela se passe dans des conditions humaines et efficaces. Quelles mesures? 400 places de plus !

On se pince... on arrive à y croire... qu'est ce que tout ça peut bien régler ?

Alors, je crains que dorénavant tout aille encore plus mal pour notre pays qui sera montré du doigt parce que cette détention de 90 jours ne respectera pas les droits sur lesquels nous nous sommes engagés dans toutes les arènes internationales Bien, d'une certaine façon, tout est dit. Notre logique est à l'inverse. Oh M. le Ministre je suis sûr que vous faites pour le mieux dans votre esprit que vous pensez régler des choses.

Mais vous devez bien comprendre que, quel que sont les conditions du monde aujourd'hui Le problème n'est pas celui de la gestion des arrivées, le problème est celui de la gestion des départs que le problème ce n'est pas de viser immigration zéro, c'est de viser émigration zéro ! C'est à dire que chacun vive heureux là où il se trouve et que quand on ne le comprend pas on ne peut que trébucher d'une aberration à l'autre on peut par exemple accepter qu'on continue à avoir des travailleurs détachés par un statut qui favorise le fait qu'on les paye moins que les autres dans le même moment où on prend des mesures pour empêcher les gens d'entrer on peut décider de régulariser la situation de ceux qui travaillent pour Emmaüs tant mieux pour eux mais refuser la régularisation des travailleurs je dis bien des travailleurs qui ont un contrat de travail et payent des impôts et qui mériteraient maintenant largement que soit tourné la page de leur clandestinité pour que leur vie puisse s'organiser. Comment a t-on pu dire dans cet hémicycle qu'on comptait faire des quotas de travailleurs qualifiés est ce que prendre les travailleurs qualifiés ce n'est pas une autre manière de continuer à piller ceux là même que nous poussons au départ ? car c'est de la matière grise qui a été financée par les efforts de toutes ces nations.

Le pays s'exaspère, en effet parce que l'intégration ne se fait pas ? Non ! Dîtes les choses comme elles sont !

Parce que la désintégration est en cours et cette désintégration c'est celle qui conduit à parquer les pauvres tous au même endroit et alors parmi les pauvres le plus grand nombre ce sont les derniers arrivés ça a toujours été comme ça Dans les mines dans le nord -nos camarades le savaient- ceux qui étaient au fond c'était les derniers arrivés ! Ceux qui étaient dans les bureaux c'était ceux qui était arrivé depuis le plus longtemps et nous en sommes ici un certain nombre les descendants J'achève. N'oubliez jamais que nous parlons devant un cimetière, celui des 30 000 qui sont morts dans la Méditerranée à la fin d'une colonne sanglante, celle de violes et de tueries tout le long de la route Jamais Mesdames et Messieurs quels que soient les mots que vous emploierez Nous ne désespérons de construire en France, une image de l'humanité universelle à laquelle nous croyons