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interview28 minutes - ARTE· 4 mai 2026 23 min

Superprofits de TotalEnergies : faut-il taxer les “profiteurs de guerre” | 28 minutes | ARTE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ce sont des super profits qui font un peu désordre. La flambée des cours du pétrole dû à la guerre au Moyen-Orient font les affaires des entreprises pétrolières. Parmi elles le français Total qui a annoncé la semaine dernière des bénéfices records.

Une polémique qui monte vite. Un Total Energie a réalisé un bénéfice de près de 6 milliards de dollars en hausse de 50 % par rapport à l'année dernière. C'est l'un des meilleurs résultats du groupe pour un premier trimestre de son histoire.

Une annonce choc qui a relancé le débat sur la taxation des super profits alors que les automobilistes voient les prix grimper à la pompe. Pour désamorcer la polémique, le géant français a fait le choix de plafonner ses prix en France. Le gouvernement aimerait qu'il en fasse davantage.

J'aime pas beaucoup dans le débat public ou sur les réseaux sociaux le total bashing parce que c'est une entreprise française qui en poids des Français. Pour autant, il y a un débat qu'il faut objectiver. S'il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d'une redistribution qui pourrait être à dû proportion ou pas exceptionnelle.

Trouver des solutions à la crise à ce stade, la France n'a pas allié l'initiative de cinq pays européens dont l'Espagne, l'Allemagne ou encore l'Italie qui appelle à une taxation européenne des super profits. L'opposition met la pression. Aujourd'hui, nous déposons une proposition de loi pour taxer ces super profits et les rendre aux automobilistes.

Ce que nous disons, c'est qu'il faut donc capter cette rente. On propose de faire une taxe de 20 % sur cette rente supplémentaire et ensuite de la la redistribuer aux français soit sous forme de taxe, soit sous forme de chèque pour les ceux qui sont le plus touchés. Une taxation sur les super profits qui avait montré ses limites lors du début de la guerre en Ukraine en 2022.

Alors, faut-il et comment opérer la redistribution ? Ce débat n'encache-t-il pas d'autres comme la transition écologique ou encore la fiscalité du carburant ? Total est-il un profiteur de guerre ou un atout pour la France ?

Nos trois invités vont en débattre. Lucas Chancel, bonsoir économiste, professeur à sciences PO, cirecteur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l'école d'économie de Paris. Dernier essai, énergie et inégalité, une histoire politique.

Selon vous, toutes les entreprises pétrolières à l'image de Total annoncent des résultats exceptionnel avec des marges selon vous injustifié et injustifiables vu l'ampleur de la crise énergétique actuelle. Il faut, ajoutez-vous, une taxation des super profits. À côté de vous, Nicolas Bouzou qui ne sera peut-être pas d'accord, essayiste, économiste.

Dernier essai, l'éternel sur saut, une histoire confiante de la France. Selon vous, Nicolas Bouzou, Total Ennergie est un floron français à défendre. Les Français ont une vision quand même caricaturale de cette entreprise qui en réalité investit beaucoup de ses profits dans les énergies renouvelables.

C'est ça le vrai enjeu. Et à côté de vous, Marie Bellan, bonsoir. Journaliste au quotidien les Échos en charge des sujets environnement et climat.

Selon vous Marie Bellan, Total Energie bénéficie d'une forme de rente dans le contexte géopolitique actuel. En terme d'efficacité économique, il serait plus utile d'orienter les profits vers la transition énergétique plutôt que simplement les taxer. Et on démarre le le débat Benjamin avec le graphique du jour.

Oui, au cœur de notre discussion puisque c'est sur l'augmentation des bénéfices de total énergie sur 1 an plus 51 % entre le prer trimestre 2025 et celui de cette année 2026 de 2 de 3,9 milliards de dollars à 5,8 milliards. Lucas Chanel, éclirez-nous s'il vous plaît, quels sont les principaux facteurs qui expliquent cette hausse importante du bénéfice de Total ? Il n'y a pas que l'augmentation du brut.

Non. Alors, une partie de la hausse des prix, c'est effectivement l'augmentation du brut, mais c'est pas toute l'histoire. L'autre partie, c'est effectivement des super profits qui vont se traduire en super bénéfices.

Les super bénéfices, c'est vraiment une hausse des marges. Alors, cette hausse des marges, elle peut s'opérer à plusieurs niveaux. Un premier niveau, c'est le trading, c'est-à-dire une forme de spéculation.

Et on l'a vu notamment avec des informations du Financial Times qui qui ont montré que Total avant la fermeture du D3 d'Ormouse, il a dit "Bah moi je vais acheter telle quantité de pétrole un taux qui est bas et ensuite je pourrais les revendre à un taux plus élevé." Bon bah ça ça peut faire des profits exceptionnels. Une autre ils ont bien l'anticipé ils ont anticipé.

Une autre raison c'est en fait dans une période de crise tout le monde va se jeter sur les barils de pétrole. les gens vont avoir peur de de manquer. Et donc ça ça veut dire que du coup le prix sur les marchés va augmenter alors que le coût de production lui n'augmente pas à la même vitesse.

Et là vous avez un décalage, un écart entre ce qui est produit par total, le coût de cette production et ce qui va être vendu par total et par d'autres groupes pétroliers. et ce que je voudrais quand même dire c'est que ces superges super profit ça fait des su inégalités puisque d'un côté vous avez des actionnaires qui vont bénéficier de ça et de l'autre côté vous avez des gens qui vont payer sur leur facture davantage le litre d'essence le litre de diesel ou Nicolas Bouzou c'est de la bonne gestion pour vous ou il y a quand même quelques excès alors oui c'est c'est de la bonne gestion déjà une remarque sur les super profits parce que c'est vrai que certaines entreprises font des super profits quand il y a des variations énergie dépend en partie des marchés mondiaux. Donc il y a bien des super profits mais dans les secteurs dans lesquels on fait des super profits, on fait aussi de temps en temps des super pertes parce que évidemment là les prix sont très hauts mais peut-être que dans 6 mois à 1 an saon jamais les prix du pétrole d'autant plus qu'il y a beaucoup de pétrole dans le monde seront très bas.

On une super affaire qu' la fassent quoi. Oui absolument. Oui.

Oui. Complètement. C'est-à-dire que c'est de bonnes gestion de gagner beaucoup d'argent.

Exactement. quand la période va bien. La deuxième chose, c'est que il y a quelque chose qui est connoté péjorativement en fait derrière l'idée de de super profit.

Absolument. Mais moi, je remets en cause en fait ce caractère euh péjoratif parce que je pense que les entreprises aujourd'hui ont besoin de faire des profits très importants pour investir par exemple dans la transition euh énergétique. Peut-être qu'on en parlera mais Total Ennergie d'ailleurs qui s'appelle Total énergie et plus Total depuis quelques années est une entreprise aussi importante.

Donc je trouve plutôt positif qu'elle réalise ses super profits. Oui Marie Bellan. Mais alors on parle de profiteur de guerre hein.

Beaucoup ne sont pas sur la ligne de Nicolas Bouzou. C'est vrai que profiteur de guerre, c'est un terme assez péjoratif. Bon, c'est vieux comme le monde parce que des profiteurs de guerre, il y en a depuis que les guerres existent.

Donc, j'aime pas trop ce terme et d'ailleurs même super profit, je trouve pas forcément ça toujours bien adapté. On peut vraiment parler de rente en fait. C'est peut-être le terme qui qui s'impose ici parce que en fait si Total fait des des profits exceptionnels effectivement plus 50 % c'est quand même remarquable, c'est pas parce qu'il a mis en place une innovation particulière.

C'est pas parce qu'il a un service au client qui est qui est qui est extraordinaire par rapport aux autres. Non, c'est juste parce qu'il y a un des trois qui est bloqué. Donc le prix du baril augmente et d'ailleurs la preuve c'est que les majors américaines qui ont annoncé leurs résultats, je pense à Chevron Exon Mobile qui ont annoncé leurs résultats la semaine dernière font aussi des super profits.

Chelle il donne de même et BP quelques jours avant. Donc ça c'est tout le secteur qui a un bénéfice. C'est pas le talent particulier de Patrick Pouyané qui explique ses résultats.

Cela dit, il faut quand même le reconnaître, Total a quand même une stratégie. Alors, ils ont fait des stocks. Alors, on a on peut appeler ça effectivement euh bah oui, c'est des traders qui ont eu l'intelligence de faire des stocks.

Alors bon, c'est on peut le regretter ou pas ? Moi, je trouve c'est plutôt intelligent d'avoir fait ça. Euh deuxièmement, Total a eu aussi la clairvoyance de ben d'avoir euh des sources d'approvisionnement un peu diversifiées, pas uniquement au Moyen-Orient, ce qui est pas le cas de toutes les compagnies.

Donc, on peut dire qu'ils ont une stratégie qui est quand même plutôt avisée et en cela bah c'est payant. Donc voilà, du coup voilà, on peut on peut parler de rente mais il faut aussi quand même reconnaître que Total oui a bien tirer ton épingle du jeu, on peut au minimum reconnaître cela dubitatif. Regardons de de l'autre côté en fait quand même à la pompe he c'est sur le le litre de diesel, il est à 50 centimes de plus par litre.

Sur ces 50 centimes, vous avez à peu près 25 centimes qui sont liés à la hausse des prix du brut h et euh une vingtaine de centimes qui vont être liés à des super marges disons et puis peut-être un tout petit peu plus de la ficié de la TVA mais très peu. Euh donc ça c'est quand même vraiment euh une ponction sur le revenu disponible des ménages. Là vous avez une enquête Ipsose qui vient de sortir et qui dit quoi ?

Vous avez 6 français sur 10 qui va amputer sur ces dépenses de santé, sur ces dépenses essentielles du fait de cette hausse des prix. Donc en partie ce dont on discute là, vous avez 7 français sur 10 qui réduit ses dépenses de loisirs du fait de cette hausse des prix. Vous avez un sentiment de colère lié à cette hausse des prix et à ce que les Français encore une fois là je saute je je cite cette enquête d'Ipsos enquête qui nous dit qu' un sentiment de colère che pour la majorité des Français encore une fois une partie est directement liée à des super profits qui font des super marges et qui font des super dividendes de main.

Donc c'est très important d'avoir ça en tête pour penser des solutions potentielles de taxation ou autre forme de solution plutôt que dire bon bah c'est juste des gens très intelligents qui ont bien fait à leur boulot. Je pense je sais que vous voulez réagir les réagir. Bien sûr bien sûr.

Non mais de mots rapidement le première chose alors les les prix du pétrole sont élevés parce que le D3 d'ormous est bloqué. C'est pas de la faute des entreprises. C'est comme ça c'est absolument malheureux.

C'est catastrophique c'est tout ce qu'on veut. Mais voilà, c'est malheureusement comme ça. Deuxième chose sur les sur les dividendes, mais moi je suis très content que Total Energie verse des dividendes à ses actionnaires.

La question à laquelle on pourrait réfléchir, c'est pourquoi est-ce qu'il y a de moins en moins d'actionnaires français de Total énergie ? Parce que beaucoup de ces actionnaires et de plus en plus sont américains. Ça, je trouve que c'est quand même un sujet d'argent par que les Français ont d'argent pour acheter des actions totales.

Après tout, c'est aussi les français peuvent acheter, les Français ont beaucoup d'épargnes, ils investissent beaucoup dans l'assurance vide. Euh ils pourraient parfaitement investir davantage dans l'énergie et absolument et ils pourraient récupérer eux-mêmes des dividendes. Donc il faut quand même qu'on qu'on voit bien que ces entreprises sont de moins en moins françaises et ça c'est quand même quelque chose qui a peut-être un lien avec toujours dès qu'on parle de profit de taxation et cetera.

Moi je fais un lien entre les deux en tout cas une forme de crispation comme ça. Alors regardez on va se concentrer sur une archive qui date de 2014 pour voir comment Total énergie est vécu comme un instrument du rayonnement économique français. Rayonnement donc qui est un atout pour la France dans le monde.

C'était le point de vue du PDG Total Energie de l'époque Christophe de Margerie expliqué quelques mois avant sa mort en 2014. Une entreprise planétaire Totale travaille aujourd'hui dans plus de 130 pays. Production 2300000 barils de pétrole par jour et 1 million de tonnes de gaz par mois.

Ce géant est né à l'aube des années 2000 lorsque Total FINA absorbe son concurrent direct. À la clé, une entreprise qui n'est plus seulement française. Christophe de Margerie se plaisait à le rappeler.

Moi, je crée plein d'emplois dans le monde, en Angola, au Nigéria, au Congo, partout là où on est. Et là, il faut avoir le courage de dire comme on le fait en des an mais on n'est pas employeur qu'en France, on est employeur dans le monde. Dans le monde.

Marie Bellan, est-ce que c'est une particularité française de s'en prendre au fleuron français ? C'est vrai que dans d'autres pays, pour être fier d'avoir une telle multinationale, ici même quand elle fait un effort à la pompe puisque les prix ont été bloqués, on dit bah non sur total. Oui, c'est vrai que c'est c'est un peu curieux parce qu'on devrait plutôt être fier d'avoir des fleurs.

On en a plusieurs d'ailleurs dans l'aéronautique, dans le luxe là, donc dans l'énergie. Je mettrai un petit bémol là par exemple dans le cas de l'énergie, c'est que Total exerce quand même dans un secteur qui nuit gravement au climat. Donc ça par exemple, on je pense que ça joue aussi peut-être dans l'image que que traduit voilà parce que même si Total, on y viendra peut-être après aussi, ben investi certes dans les énergies renouvelables.

L'image qu'ils ont renvoyé ces derniers temps, là je prends l'exemple par exemple du deal qui a été passé avec euh l'administration Trump aux États-Unis où Total a dû accepté de renoncer à à un large projet de de d'éolien en mer sous la bon sous la sous l'influence bien sûr et et sous sous le chantage un peu d'administration de Trump. Mais ça, je pense que dans l'image du du de l'entreprise, ça joue aussi énormément. On narrête pas de dire il faut sortir des énergies fossiles, euh il faut il faut arriver à limiter le réchauffement plus en degré 5.

Total participe de ce réchauffement climatique. Enfin, je veux dire, c'est clair pour tout le monde. Et Lucas Chanel donc se pose la question de la taxation des superprofits.

En même temps, on se dit bah ils font déjà un effort total puisque ils plafonnent le prix à la pompe. C'est une manière pour eux de participer à l'effort national, non ? Et au budget des ménages.

À combien il plafonne le litre ? C'est 2,5 sur le litre de diesel le plafon le plafonnement. Sauf qu'aujourd'hui la moyenne des prix sur le lit de diesel, elle est inférieure et ils font quand même des bénéfices exceptionnels.

Même des super profits. Oui, mais alors les les marges surtout sur le diesel hein. Il faut avoir en tête que les marges de raffinage c'est essentiellement sur le diesel qu'on va faire de la des super c'est essentiellement de la com et le juge de paix dans tout ça en fait c'est les bénéfices exceptionnels dont on parlait tout à l'heure.

C'estàd que si le plafonnement était suffisant pour empêcher ses marges, ses super profits, il y aurait pas de bénéfic exceptionnel. Sauf que là, on voit ce bon exceptionnel des bénéfices par rapport à l'année dernière. Je rejoins tout à fait ce qui a été dit sur le sur le climat, c'està-dire que je pense que aussi important de se dire que Total investit un petit peu en fait dans les alternatives, mais c'est moins d'un/art de ces investissements totaux.

Donc c'est là en fait, il y a des profits qui sont faits sur le dos de la planète. C'est quand même ça qu'il faut avoir en Alors, on va revenir aux énergies renouvelables et au changement de braquet qu'il faudrait opérer, mais on va évoquer donc cette notion de est-ce qu'il faut taxer les super profit. Et avec vous, Anna, vous nous expliquez qu'il y a déjà eu une taxation assez peu fructueuse en fait en 2022.

Oui, en 2022, contexte de guerre en Ukraine, la Commission européenne adopte une contribution de solidarité temporaire, c'est-à-dire une taxe sur les bénéfices excédentaires des entreprises, du gaz, du pétrole et du raffinage. Le gouvernement français dans la foulée applique cette taxation aux grands groupes pétroliers français comme Total énergie ou SAO qui avait doublé leur chiffre d'affaires. Au cours de cette période.

Perci espérait plus de 200 millions d'euros de recette fiscale et finalement seul 69 millions ont atterri dans les caisses de l'État selon la note de l'Institut des politiques publiques. Ce manque à gagner, il s'explique par de moindres bénéfices réels sur le sol français. Pourquoi ?

Parce que Total, comme d'autres groupes pétroliers, a l'habitude de placer ses bénéfices dans des pays où la fiscalité est plus avantageuse, en Suisse par exemple ou dans d'autres paradis fiscaux. Et à l'inverse, il installe ses activités les moins rentables comme la raffinerie dans des pays où la fiscalité est plus élevée. Par exemple, depuis 2019, Total n'a pas ou peu réalisé de bénéfices en France.

Et dans ce contexte, cinq pays de l'Union européenne, l'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, le Portugal et l'Espagne, mais pas la France, ont réclamé à la Commission européenne d'instaurer une nouvelle taxe sur les super profits, mais cette fois en prenant compte des bénéfices qui sont réalisés à l'étranger. Alors, est-ce que ça, Nicolas Bouzou, ça peut être la solution d'élargir ce périmètre de taxation à une échelle européenne voire mondiale ? Alors, je ne crois pas parce que quand vous regardez l'exemple que vous avez cité, il y a un autre facteur qui explique que ça est rapporté très peu d'argent, c'est le fait que ces taxations, elles arrivent un peu à contetemps parce que là, les profits importants, ils ont été réalisés au premier trimestre.

Si on fait une taxe, elle sera pas rétroactive. Elle sera pas sur le premier trimestre, serait pas légal. Et donc, elle va peut-être arriver à un moment où les prix du baril et donc les les profits de total seront seront pas ceuxl.

C'est c'est pour ça que euh cette question de la taxation des super profits, on peut la discuter sur le fond. C'est ce que je fais un peu seul contre tous, mais ça c'est les joies du débat public sûr, mais au-delà de ça, je ne suis pas sûr que ce soit très même si on est convaincu, je suis pas sûr que ce soit très efficace. On s'y est déjà essayé il y a quelques années.

Vous avez 60 millions d'euros justement avec une méthode qui est là un petit peu plus poussée, est-ce que ça ne permettrait pas quand même de de récupérer des recettes fiscales ? Bah, c'est quand même ce que pensent des États, des chefs de gouvernement qui sont pas euh comment dire euh totalement euh nouveaux et incompétents euh en la matière et qui qui se disent "Nous, on peut apprendre de ce qui s'est passé en 2022. Effectivement, les la mesure de 2022, en tout cas pour la France a été un petit peu mieux fait dans d'autres pays européens.

Dans certains pays européens, ça a été d'ailleurs fait de manière rétroactive, hein. Donc ce que vous dites, il y a des pays européens qui ont qui ont pris en compte des profits qui avaient déjà été réalisés. Euh ça pose effectivement des questions de d'un d'un point de vue de du droit fiscal, mais en tout cas certains pays l'ont fait.

Euh et je pense qu'il faut vraiment adapter ces outils à la réalité de ces groupes. C'est c'est-à-dire ce sont des groupes qui sont intégrés dans plusieurs pays et qui peuvent dire "Non mais attendez, regardez, on fait des bénéfices exceptionnels au niveau mondial mais en France on affiche des bénéfices négatifs." Donc ça c'est ce que ce que dit Total.

Donc là ce que ce que ce que disent ces chefs de gouvernement c'est il faut qu'on apprenne de ça. Il y a plusieurs manières pour le faire. On peut notamment s'intéresser au volumes vendus plutôt qu'au bénéfices déclarés et on peut s'intéresser aux bénéfices mondiaux avec des clés de répartition qui serait pas la clé de répartition qui est fournie par l'entreprise mais qui correspondantage aux ventes dans un pays don devenu un sujet éminemment politique hein Marie Bellan par exemple l'arti socialiste avait posé une proposition de loi pour taxer ce type de superprofit ceux qui réalisent plus de 750 millions d'euros de chiffre d'affaires qui pourrai rapporter 2 milliards et en même temps Emmanuel Macron vient de dire cet après-midi qu'il n'y a à ce stade pas de producteur ou que ce soit qui faisait monter le prix de l'énergie.

En fait, c'est là qu'on voit que c'est un sujet plus politique aujourd'hui finalement qu'économique. Et d'ailleurs, cette taxation des super profits, comment s'appelle ? C'est c'est plus un symbole qu'autre chose.

Les symboles ont leur importance et notamment en caiss de plusieurs milliards. Oui, enfin non, mais là en l'occurrence si on se fonde sur le rendement de la précédente taxe, du tout justement qui était mal. Après, je fais confiance à l'ingéniosité de Bery pour trouver des choses peut-être plus efficaces, mais c'est vrai que ce que ça a rapporté en 2022, ça ne couvre même pas les toutes petites aides qui ont été mis en place depuis début mars en France pour aider les pêcheurs, les agriculteurs, peut-être mais justement est-ce que c'est on peut se dire que c'est un symbole, il faut peut-être que ça reste un symbole parce que c'est pas l'instrument le plus efficace et comme on disait peut-être qu'il faut mieux trouver des systèmes d'incitation pour que les énergéticiens investissent plus dans la transition énergétique, dans les énergies renouvelables, taxer les super profits.

Voilà, c'est c'est peut-être pas ça le plus efficient, mais ça envoie un message et je pense que vous le disiez très justement, il y a des ménages effectivement qui ont des dépenses contraintes très fortes. Enfin, aujourd'hui quand vous faites votre plan une fois par semaine, je pense qu'effectivement à la fin du mois ça fait quand même une sacrée différence. Donc il y a un message politique à envoyer, c'est sûr, mais la France est quand même prudente et là je vous rejoins sur le fait que Total bah oui, c'est une entreprise française mais qui est maintenant côté aussi à la bourse de Wall Street donc qui menace régulièrement quand même de quitter la France et donc on n pas envie de les perdre.

Vérité la France n'a pas signé cette lettre adressée à la menace permanente. Non mais là là il faut y avoir en tête que c'est c'est une c'est une interdépendance. C'est une interdépendance entre la France et Total.

Total fait 25 % de ses ventes en France, 40 % de ses ventes dans l'Union européenne. Donc Total énergie ne peut pas se passer de ces donc elle ne peut pas partir du jour au lendemain. Donc dans une situation d'interdépendance et bien on peut on a des marges de manœuvre, on a des leviers en tant que gouvernement français, allemand et cetera.

Et si cette crise était un mal pour un bien, un accélérateur de la transition énergétique, c'est ce qu'espère en tout cas Murat Kurum, le président turc de la COP 31. C'est à Antalia en novembre qu' aura lieu la prochaine COP en Turquie. Dünya tarihinin en büyük enerji kriziyle karşı karşıya.

Bu durumu hep birlikte fırsata çevirmek zorundayız. Şunu artık net bir şekilde biliyoruz. Küresel ekonomi enerji paradigmasını dönüştürmek zorundadır.

Bu bir zorunluluktur. tercih değildir ve yapılması gereken en kritik adım temiz enerjiye geçişi hızlandırmaktır. Nicolas Buzou c'est l'occasion de réinterroger notre modèle.

Ah mais complètement mais je trouve que le très grand sujet il est là c'estàd c'est de se dire mais au fond comment on saisit cette opportunité extrêmement malheureuse pour construire un modèle énergétique basé sur les électricités bas carbone sachant qu'en France en plus avec le nucléaire on est plutôt bien placé pour ça mais avec les énergies renouvelables aussi et notamment parce que on a des grandes entreprises et on a des grands énergéticiens le fait suffisamment justement en tout cas il le fait plus que les autres parce que quand vous regardez les équivalents angloaxons dont vous avez parlé tout à l'heure ils le font pas eux ce qu'ils expliquent de toute façon c'est que le monde a encore besoin de pétrole et donc on va en rester au pétrole. Donc je trouve que c'est plutôt sympa pour la France d'avoir une très grosse entreprise avec laquelle on peut essayer de composer pour qu'elle investisse massivement. Alors est-ce que elle peut faire plus ?

Bah je veux dire dans ce domaine là la réponse sera toujours la même. He faut toujours faire plus. Non non mais c'est clair.

Donc là ils doivent faire de mémoire entre 3 et 5 milliards d'euros par an d'investissement dans les énergies bacarbone. C'est pas suffisant. C'est pas mal.

Moi, je préfère qu'on les ait. H Marie Bellan plus 48 % depuis janvier 2026 de vente de voiture électrique. Ouais, ça a quand même eu un déclic.

Alors moi je fais la comparaison avec ce qui s'est passé en 2022 où on a eu aussi une crise énergétique aussi une envolée des prix des carburants, du gaz. Là, c'est vrai qu'on voit qu'il y a une maturité du marché des véhicules électriques qui est très différente de celle d' notamment avec des véhicules à bas prix qui n'existaient pas sur le marché européen il y a encore quelques années. Donc on peut espérer effectivement avec aussi des coups de pouce parce que le gouvernement a annoncé il y a pas très longtemps un grand plan d'électrification dans lequel alors il y a des choses sur le le changement des de chauffage au fiou ou au gaz vers les pompes à chaleur mais il y a aussi toute une partie sur le ce qu'on appelle le leasing social donc l'acquisition à bas prix donc une centaine d'euros par mois la location plutôt de véhicules à une centaine d'euros par mois voilà pour des ménages c'est un tout petit plan parce que c'est 50000 véhicules x 3 70 millions de de budget de subvention sur ce plan 66 70 millions d'euros.

On parlait de bénéfices là de 5 à 6 milliards. Prenez jusqu'à la nationalisation ou pas ? Où est-ce que c'est un faux débat pour vous ?

Parce qu'on a vu la la secrétaire générale de la CGT Sophi Binet dire voilà national totale énergie parce que l'énergie est un bien essentiel et du coup on irait plus vite vers la transition. Bah en tout cas en 40 en 46 il y a 80 il y a 80 ans quand les législateurs ont nationalisé EDF GDF et à ce moment-là euh la compagnie française du pétrole donc l'ancide de Total était aussi en partie sous possession publique. Quand on a nationalisé les énergéticiens nationals, nationaux, c'était précisément pour se dire on a une transformation profonde de notre économie à faire.

Pourquoi pas le faire ? Alors et on a des questions des enjeux d'inégalité et de souveraineté. Et c'est pour ça que les législateurs à l'époque ont dit "OK, on nationalise, ça coûte cher, c'est pas facile, il faut regarder tout ça." Nicolas, c'est une question qui est tout à fait légitime dans alors déjà dépenser 50 milliards d'euros en ce moment pour acheter une entreprise, je veux bien des débats lunaires, mais là franchement celui-là est pas mal.

Mais euh d'autre part, ça se base sur une idée qui serait que l'État serait mieux capable que les actionnaires de Total Energie, voilà, et investirai plus vite dans le renouvelable et cetera. Je vois absolument pas le fondement de cette idée. Merci à tous les trois.

On n plus le temps. Je suis navré mais merci en tout cas à tous les trois d'être venu débattre de cette question.