Confiné(e)s, épisode 13 : Les Eurodéputé(e)s face au Covid-19 ? Avec Chrysoula Zacharopoulou
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:13OuverteRéponse directe
Tu as repris du service pendant la crise sanitaire. Où est-ce que tu le fais ?
- 8:05OuverteRéponse directe
Est-ce que tu peux nous dire la première attention, c'était de donner des moyens à l'hôpital ?
- 10:45OuverteRéponse directe
Quel est le message qu'on peut passer sur les actes non-Covid repoussés ?
- 12:18OuverteRéponse directe
Pourquoi faut-il rester prudent sur le chiffre des entrées en réanimation ?
- 13:34RelanceRéponse directe
Le pourcentage de 60% de la population contaminée est-il l'objectif ?
- 16:09OuverteRéponse directe
Comment as-tu vécu le sentiment anti-européen en Italie pendant la crise ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:59Invité politiqueFait
« une fois que tu es médecin, une fois que tu as dit que je vais servir les autres, tu le fais à vie. »
- 4:03Invité politiqueFait
« les capacités aussi des lits, il n'est pas limité. »
- 12:35Invité politiqueChiffre
« il y a environ 5200 personnes hospitalisées. »
- 12:50Invité politiqueFait
« le taux d'immunité de la population est faible. »
- 19:15Invité politiqueChiffre
« dans les pays de 11 millions, il y a 570 lits de la réanimation. »
- 21:51Invité politiqueFait
« il y a un essai clinique européen qui prend le nom de Discovery. »
Temps de parole
- Chrysoula Zacharopoulou63 %
- Présentateur37 %
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Ce soir pour un nouveau numéro de confiné, notre Facebook Live que je tiens tous les soirs pendant cette crise. Et ce soir, je reçois Krizoula Zakharopoulou. Bonsoir Krizoula. Bonsoir Stan. Avec nous. Je suis très content de te recevoir Krizoula. Il y a mille raisons pour lesquelles je suis content qu'on fasse ce Facebook Live ensemble. Parce que tu as beaucoup de casquettes. Tu es députée européenne au sein du groupe Renew. Tu es médecin et tu as repris du service dans cette crise sanitaire. Tu es, je crois qu'on peut le dire profondément, européenne. C'est peut-être la meilleure manière de te décrire.
Tu es d'origine grecque, tu es en Italie, tu étais sur notre liste renaissance pendant la campagne européenne. Bref, tu vas nous en dire plus. Et donc, je pense qu'on peut dire que tu es une des personnalités qui est totalement au cœur de la crise sanitaire et de la dimension européenne et mondiale, évidemment, de cette crise. Donc, on a beaucoup de sujets que je souhaiterais aborder avec toi ce soir, qui susciteront beaucoup de questions de la part de nos internautes. Peut-être, je voudrais commencer en te posant cette question simple. Tu as repris du service. Je le disais, pendant la crise sanitaire, tu as remis ta blouse de médecin. Où est-ce que tu le fais ?
Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus là-dessus ?
Oui. Et alors, comme je disais, bonjour à tous. C'est vrai que je me sens profondément européenne et encore plus cette période. J'ai repris le service parce que, comme je dis souvent, une fois que tu es médecin, une fois que tu as dit que je vais servir les autres, tu le fais à vie. Et c'était normal d'y répondre aussi, moi-même, à l'appel de notre président de remettre parce que les collègues ont besoin de notre aide. Moi, comme tu sais très bien, je ne suis pas médecin réanimateur. Je ne suis pas en première ligne à la réanimation. Je suis gynécologue. Je travaillais à l'hôpital militaire à Vincennes-Béjean.
Et comme tu sais, le système de santé des armées a beaucoup aidé l'hôpital civil parce qu'ils sont habitués quand ils sont aux opérations extérieures, quand ils font les vraies guerres. Et alors, je puis aller et il y a une tente à l'extérieur qui a été utilisée comme un ambulatoire pour faire un triage. Ça veut dire que les personnes arrivent avec des symptômes ou avec une suspicion. Ils arrivent soit adressés par leur médecin traitant ou soit parce qu'ils ont des symptômes. Et nous, on était là, habillés un petit peu comme... Tu sais, comme... Tu es vu en photo. Ah, un petit peu comme un astronaute.
Un astronaute, un astronaute.
Et on faisait des tests ou pas et comme ça, on aide à ce triage, on a aidé. Il faut... Je profite aussi pour dire que je suis très content parce qu'on a vu la baisse. Cette baisse de consultation, parce que tu sais, quand il arrive au début, il avait 90 personnes de passage par jour. Et maintenant, par exemple, la semaine dernière, il avait 30, 35 par jour.
Ça, c'est vraiment la bataille principale. Elle est vraiment pour la capacité du système de santé à pouvoir gérer. C'est pour ça qu'on a voulu aplanir la courbe. C'est toute la stratégie. Et le Premier ministre et Olivier Véran le rappellent bien souvent. C'est ça la stratégie face à ce virus.
Oui, exactement. Et on voit très bien que le confinement commence vraiment à apporter des fruits. Ça qu'on espérait et ça qu'on voulait. Parce qu'il faut imaginer que les capacités aussi des lits, il n'est pas limité. Et aussi, nos corps soignants, il faut soigner aussi eux, parce que c'est beaucoup de fatigue. Ce n'est pas mon cas. Je vois mes collègues, c'est beaucoup de fatigue, beaucoup de sacrifices. Il n'y a pas de vie personnelle. Mais il faut que je te dise quelque chose de positif, Stan. Moi, je suis contente, parce que toujours dans mon métier de médecin, la relation avec les infirmières, l'aide-soignante ici, on est comme ça.
Et on n'a jamais pensé quelle origine est notre collègue. Parce qu'on travaille ici de différentes nationalités ensemble. On est une famille. On est tous européens. Comme ce virus.
Mais tu nous dis beaucoup de choses très importantes. Et d'ailleurs, une qui m'était très chère, très chère à la majorité d'ailleurs, d'avoir une reconnaissance très forte vis-à-vis des soignants. Parce qu'on voit bien que l'hôpital, dans son ensemble, et d'ailleurs l'ensemble du système de santé, n'a pas attendu, n'a pas conditionné ses efforts à quelconque rétribution, une reconnaissance. Il n'a pas réfléchi une seule seconde, y compris à se mettre en danger soi-même. On voit d'ailleurs que les médecins sont les premiers touchés par le virus. Et je crois que c'est extrêmement important, ce que tu nous dis sur ce bloc qui a été fait.
Et y compris, c'est intéressant ce que tu nous dis, parce que toi, tu es dans un hôpital militaire. Et donc, on voit bien qu'il y a une communauté de santé qui a été extrêmement complémentaire pour faire face au virus. Parce que dans l'hôpital dans lequel tu étais, il y avait donc un accueil, des pistages par rapport aux symptômes. Et ensuite, les patients restaient éventuellement ou étaient transportés ?
Ah non, non, restent. Il y a les urgences, les examens et la réanimation. Il y a tout.
D'accord.
Sauf qu'il y a une collaboration quotidienne avec l'APHP, par exemple. Il y a, et après, on a vu comment le service de santé a aidé à Moulouse, avec l'hôpital qui a été construit, avec les 27 lits de la réanimation. Je veux dire, il faut s'allouer, et je peux le dire parce que je travaillais, tu sais très bien que j'ai vécu 15 ans à Rome, et je peux dire que le système français a montré cette flexibilité, cette capacité de coopération. Et ce n'est pas simple tout ça. Ce n'est pas donné. Et je le dis vraiment pour tous les citoyens, que j'ai aussi mon mari qui est médecin, il y a un engagement de tous les personnels. Ils ont fermé les services.
Ils ont recréé pour avoir beaucoup de lits disponibles. Tout ça, vraiment, c'est qu'un système, il est un bon système qui est flexible.
C'est extrêmement important. Notre système de santé a tenu, et on espère qu'évidemment, par la suite, il pourra continuer de le faire. C'est encore une fois toute la stratégie. Mais ça doit aussi nous inspirer pour la suite. On le sait, la difficulté du système de santé français, c'est bien souvent qu'il y a trop de ruptures, entre la médecine de ville d'un côté, l'hôpital de l'autre, parfois les cliniques privées, etc. Et donc, tout ce qu'on vient de vivre là doit nous inspirer aussi pour la suite, pour avoir véritablement des communautés de santé, avec tout le monde qui a un rôle très particulier et très complémentaire.
Il y a encore trop d'actes redondants, par exemple, dans le système français. Et c'est tout ça, évidemment, qu'on va devoir continuer à reconstruire pour la suite. Alors, peut-être comme toi, tu as vécu justement la situation à l'hôpital ces dernières semaines. Est-ce que tu peux nous dire, la première attention, c'était de donner des moyens à l'hôpital, notamment pour pouvoir protéger ceux qui étaient totalement en première ligne. Toi, est-ce que tu as vu la situation évoluer ? Est-ce que vous avez les moyens de bien vous protéger, de bien travailler ? On voit que la situation était parfois difficile ?
Alors, oui. Écoute, moi, comme je disais, c'est pour ça que je parlais beaucoup de l'hôpital militaire, ils sont habitués à faire des opérations extérieures. S'il y a un problème, une guerre biologique, ce sont les premières qui vont être devant. Les premières sont, ils vont nous protéger, comme tu disais le ministère des Armées. Alors, c'est régaillant, comme on dit. Et alors, on avait le matériel. Par contre, au début, c'est l'hôpital, disons, civil. On a vu qu'il manquait parce que vraiment, on a eu cette vague. Personne n'attendait quelque chose de similaire. Il faut vraiment être honnête. C'est exceptionnel, le Saint-Yong. Personne n'a été exceptionnel. Il a eu la situation.
Au début, c'était un petit peu difficile. Mais quand même, les soignants, ils étaient les premiers qui avaient besoin. Parfois, c'était difficile. Comme tu disais avant, dans les cliniques privées, dans les libéraux, les médecins libéraux. Mais aujourd'hui, heureusement, heureusement, les échanges que j'ai avec des collègues, ils me disent que la situation s'est améliorée. Mais qu'il faut quand même rester vigilant. Il ne faut pas gaspiller le matériel. Parce qu'on a l'habitude, dès qu'il y a quelque chose, on commence à les gaspiller. Et je peux aussi te dire quelque chose qui préoccupe beaucoup. Quand même, mes collègues aujourd'hui à l'hôpital pensent à ça plutôt.
C'est comment organiser et comment sécuriser les patients, la reprise de la fonction, de l'activité non-Covid.
Oui, c'est très important. Parce que tu te rappelais, toi, tu es gynécologue, initialement, avant d'être députée européenne. Et on voit que dans ce moment de crise, il y a beaucoup d'actes non-Covid, comme tu dis très bien, qui sont repoussés et qui parfois mettent en danger. On meurt aussi d'autres maladies que le Covid. Dans beaucoup d'actes, d'actes chirurgicaux manquants de santé quotidienne, si on peut dire, quel est le message qu'on peut passer ?
Ça veut dire que, tu sais, quand on a eu la crise aiguë, il y a eu l'annulation de toutes les consultations. Tu te souviens très bien.
D'accord.
Et alors, on a eu des maladies chroniques, des maladies neurologiques. Et les personnes aussi avaient la peur d'aller à l'hôpital. mais maintenant, la question et le sujet, c'est comment sécuriser la prise en charge des patientes et de tous les malades à l'hôpital. Et alors, c'est assez intéressant parce qu'il faut avoir aussi une réorganisation. Et les collègues à l'hôpital, ils travaillent sur ça. Mais je fais appel aussi que toutes les personnes qui n'ont pas eu la possibilité avant pour des questions d'urgence de ne pas pouvoir aller, aujourd'hui, il faut retourner. Il faut se rapprocher sur les médecins et retourner à faire leurs consultations.
Oui, c'est aussi un message de prévention. Et on sait que c'est souvent là où notre système est peut-être moins bon. C'est dans la partie, justement, prévention en matière de santé. Et c'est aussi maintenant que ça se joue. Alors, tout à l'heure, tu nous parlais de la baisse du nombre de personnes qui rentrent en réanimation. C'est le chiffre qui est peut-être le chiffre le plus surveillé. Évidemment, celui qui est le plus douloureux, c'est le nombre de personnes qui, tous les jours, meurent du virus. Et on voit bien que malheureusement, il y a encore des centaines de personnes qui, chaque jour, meurent du virus. Et donc, on est encore bien dans la crise.
Mais petit à petit, il y a de moins en moins de personnes qui arrivent en réanimation. Pourquoi, en même temps, il faut rester prudent sur ce chiffre-là dans la situation qu'on est en train de connaître ?
Alors, heureusement, comme tu dis, mais quand même, si je vois les chiffres aujourd'hui à la réanimation, il y a environ 5200 personnes hospitalisées. alors, comme on disait au début, on voit les effets de déconfinement. Mais il faut savoir que la population, le taux d'immunité de la population est faible. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que si on ne respecte pas les mesures du déconfinement, il faut que ce soit fait avec une sagesse et il va y avoir un projet bien précis comment on va faire parce que on peut avoir l'effet de la deuxième vague. Ça veut dire que la population n'est pas assez immunisée, il sort et il va être contaminé et alors, on va avoir de nouveau un système de santé chargé.
Bien sûr. Et il faut notamment se battre contre une idée fausse. Aujourd'hui, tu le disais très bien, le pourcentage de personnes qui ont été contaminées est faible et de temps en temps, on entend que le pourcentage de 60% de la population contaminée sur lequel le virus s'arrêterait de circuler, au fond, ça serait quasiment l'objectif d'une certaine façon et qu'on va tranquillement aller là-dessus. Jérôme Salomon se bat contre cette idée-là et ce n'est évidemment pas la stratégie du gouvernement de faire en sorte qu'on déconfine pour qu'au fond, le virus finalement recircule, contamine un grand nombre de personnes.
Il va falloir absolument casser les chaînes de contamination et donc, tu le disais très bien, respecter les règles dans le déconfinement et garder une grande grosse brunance.
Je disais aussi qu'il faut, parce que tu sais, il y a toujours des critiques, c'est facile de critiquer, mais moi, je suis beaucoup aussi le professeur de Frassi et qu'il est un virologue. OK, moi, je suis quelqu'un qui connaît déjà, c'est sa spécialité. Alors, qu'est-ce qu'il nous a dit le professeur ? Il reste un petit peu avec sa carrière et son expérience. Il y a beaucoup de choses qu'on ne connaît pas sur ce virus. Quand on parle de l'immunité, est-ce qu'on va être protégé ? Combien de temps il faut faire les tests sérologiques ? Est-ce qu'il va y avoir une deuxième vague ? Et je l'ai écouté avec grande attention à cette amie-là.
Et il faut vraiment tous, tous, des personnes politiques, les médecins, le médecin, et la population, qu'on est humbles parce qu'on ne sait rien. On ne sait pas qu'on ne sait rien, on sait très peu. Tous les jours, on découvre et on partage les connaissances. Toute la communauté scientifique partage pour qu'on avance tous ensemble.
Justement, tu parles d'humilité. Je crois que tous les pays ont été pris au dépourvu par l'arrivée de ce virus. Toi, tu as vécu pendant 15 ans en Italie, tu le rappelais tout à l'heure. On a vu l'Italie frapper de plein fouet de façon extrêmement douloureuse. On a vu des images, des cercueils qui s'empilaient. C'était des images terribles pour nos voisins italiens. Les Italiens ont eu le sentiment au début de cette crise d'être un peu oubliés au fond par la communauté européenne. Toi, comment est-ce que tu as vécu ça ? J'imagine que tu as beaucoup de contact avec l'Italie. Comment tu vois les choses ? Il y a un sentiment un peu anti-européen aussi qui s'est forgé à cette occasion-là.
Quelle est ta perception de la situation ?
Écoute, c'est la deuxième fois que je vis un sentiment pareil. La première, c'était avec la crise économique grecque qui n'a rien à voir. Mais ce sentiment, tu sais, cette douleur. Et cette fois, je la révis. Et je parle tous les jours avec mes collègues à Rome où je travaillais parce que mon hôpital universitaire, c'est un hôpital Covid, il y a eu un changement de leur vie. Et on m'a dit « Mais Chris, toi aujourd'hui, que tu es députée européenne, mais que tu es quand même une de nous, mais qu'est-ce que tu penses toi que tu aimes l'Italie ? » C'est vrai qu'au début, moi, j'ai trouvé un petit peu arrogant la communauté, si je peux me permettre, européenne, vis-à-vis des Italiennes.
Parce qu'il était à notre porte et partout et tout le monde y regardait comme si c'était distant, comme si ce n'était pas proche de nous. Et alors, on parle de Stanislas que l'événement s'est passé en Lombardie, une des régions, et tu sais très bien, plus riche au monde. Où ils maintiennent toute l'économie italienne avec un système de santé et des hôpitaux d'excellence. Et alors, je vis cette arrogance et ce sentiment et ça m'a fait mal. Mais après, c'est sûr qu'on a aidé. La France a beaucoup aidé. Vous voyez, des masques, l'Allemagne aussi. Je veux dire, il a eu de l'aide européenne. Mais qui n'étaient pas fait.
comme ils font les Chinois, tu sais, un peu la propagande, que j'arrive, je fais la photo, on les a aidés, mais sans les communiquer. Et tu vois maintenant qu'on donne le sentiment qu'on ne les a pas aidés.
Et alors même, on le rappelait, j'ai changé avec Stéphane ces journées avant-hier, et on le rappelait avec Stéphane, l'Europe a beaucoup plus aidé l'Italie que la Chine ne l'a fait. Mais il y a eu ce sentiment.
Par exemple, la France envoyait un million de masques qu'il avait envoyés et 200 000 denis de protection. L'Allemagne a pris en charge des malades français, l'Allemagne a envoyé 5 cas de respirateur, par exemple, en Espagne, un million de masques à l'Italie. Je veux dire, il a eu des essences
entre les pays. J'en profite puisqu'on discute et je fais le tour de tes origines, si je peux dire. Quelle est la situation en Grèce ?
La Grèce, alors, c'est le bon élève de l'Europe. Alors, peut-être ce peuple qui se sentit humilié. Et je vais te dire que le système de santé grec a souffert avec la crise. Dans les pays de 11 millions, il y a 570 lits de la réanimation. C'est très peu. Alors, il faut que je dise qu'il y a une anticipation parce que, tu sais, le Premier ministre, culturellement, il se sent proche aux Italiennes. Et quand il a commencé à voir ça, dès le mois de février, il a commencé à interdire les réunions, tu sais, le carnaval, tout ça.
et aujourd'hui, il faut que je salue quand même, je peux me permettre de saluer cette gestion parce qu'il y a un homme scientifique et un homme de la protection civile qui gère tout chaque jour. C'est eux. Et les Grecs, maintenant, je pense qu'ils ont eu peur parce qu'ils savent le système de la santé, dans quelles conditions se trouvent, mais ils écoutent. Le problème, il va être plutôt la situation économique après.
Parce qu'ils disent,
on a la crise sanitaire, mais on va avoir, comme je dis, victimes indirectement de la crise économique et de la vague économique qui va arriver à un pays comme la Grèce.
La crise économique et la crise sociale, évidemment, qui va nous toucher très durement. Peut-être, je voudrais te poser une dernière question sur cet aspect sanitaire. Toi, tu es chercheuse aussi, tu es en tout cas engagée dans la communauté scientifique, sanitaire. Évidemment, le grand enjeu qui est devant nous, c'est de pouvoir avoir un vaccin. C'est ça qui, durablement, nous permettra de vaincre le virus. C'est un projet très européen, au fond, le projet de recherche sur cette question-là. Qu'est-ce que tu peux nous dire là-dessus ?
Écoute, maintenant, tu vois, moi, je ne fais pas la recherche fondamentale, ce n'est pas mon rôle, mais bien sûr, je suis tout ça. Et là, par exemple, personne ne l'a dit, mais la Commission européenne a décidé d'investir beaucoup. Il y a beaucoup de millions, 380 millions mobilisés pour les vaccins, pour le nouveau traitement, pour les tests diagnostiques. et tu sais qu'il y a une bataille aussi au niveau mondial.
Bien sûr.
Les États-Unis, ils l'aimeraient beaucoup, ce sont eux qui vont trouver, par exemple, l'ONU. Et il y a des essais cliniques. Par exemple, il y a un essai clinique européen qui prend le nom de Discovery, qui est la France qui participe aussi à travers l'Inserm avec 800 volontaires. Et je veux dire, il y a une mobilisation au niveau européen des chercheurs. Et ça, c'est bien parce que c'est un peu la coopération pour faire face à ce virus.
Bien sûr. Peut-être, alors, on approche de la fin de notre live et j'essaie de tenir l'engagement, de tenir un timing qui fait que ceux qui sont avec nous restent jusqu'au bout. Mais, tu es députée européenne, tu vois ça de façon très concrète maintenant. Est-ce que, au fond, pour toi, l'Europe a été à la hauteur pour l'instant de la gestion de cette crise ? Est-ce qu'on peut véritablement parler de solidarité européenne dans le moment qu'on a vécu ? On en a un petit peu parlé à travers les coopérations, on en a parlé avec la recherche. Quelle est ta perception de ton rôle maintenant de députée européenne ?
Écoute-moi, Stan, j'ai une difficulté avec ça. Tu vois, parce que chaque fois qu'il y a une chose qui ne va pas, on dit tous « Mais l'Europe fait quoi ? » Mais pour toutes les choses qui vont bien, personne ne se demande. Non ? Alors, la première chose, mais l'Europe, la santé, reste une compétence nationale. Il faut dire que l'Union européenne n'est pas responsable pour la santé. Chaque État membre est responsable pour ses citoyens. Il y a la pille de l'Union européenne. Est-ce qu'elle était, comme tu dis, suffisante ? pour moi, le premier jour, je pense, on attendait, mais vite, la commission a donné des réponses.
Il y a eu des changements que je pense que quelqu'un qui suit un petit peu la réalité de l'Europe, il y a des choses qui sont passées qu'on n'a jamais vues. Des décisions, beaucoup de financements, de coopération, comme tu disais, pour les chercheurs. il y a eu parfois au début, on ne s'est pas compris, mais aujourd'hui, on travaille tous pour une coordination aussi pour les exits. Et tu sais très bien qu'aujourd'hui, il y a un grand conseil aujourd'hui qui est très important. Vous en êtes très important. Alors, je peux dire ça.
Peut-être pour dire pour nos internautes, le conseil, ce sont les chefs d'État qui se réunissent et qui font suite, notamment, à ce que le Parlement a fait la semaine dernière.
Nous, alors, tu m'as demandé, j'aimerais un peu si je peux dire que le Parlement européen, dans cette situation, il n'a pas un pouvoir de décision. C'est très bien ça. Mais nous, grâce à notre groupe, grâce à la Réunion, on a fait une planière extraordinaire et on a fait une résolution. Ça veut dire que c'est la réponse du Parlement européen face à cette crise. et c'est très intéressant parce qu'on a travaillé avec tous les partis, toutes les nationalités et on a réussi à trouver un compromis. Et c'est un appel aujourd'hui pour les chefs d'État qui puissent trouver.
Parce que, plus que jamais, je suis fière de faire partie de ce mandat et je sais aujourd'hui pourquoi, en 2017, j'ai suivi le président Emmanuel Macron. Emmanuel Macron, il parlait de souveraineté européenne, de coopération entre les pays. Il y a des sujets comme une crise sanitaire, comme la défense, qui est, oui, on a besoin de plus d'Europe, encore plus d'Europe. C'est la souveraineté. Et je pense aujourd'hui qu'il puisse être entre eux un accord pour les coronavances, pour les dettes futures, pour qu'on puisse investir ensemble, pour faire partie de l'économie, pour ouvrir une nouvelle page pour notre Europe.
Et pour que l'Europe soit de façon très concrète dans la protection de nos concitoyens, notamment, et dans la construction de notre avenir. Mais c'est vrai que cette majorité, c'est une fierté d'une certaine façon, d'avoir vu notre groupe Renew au Parlement européen. Nous, qui nous sommes engagés dans la campagne européenne, qui avons essayé de convaincre que c'était là où l'Europe allait se faire, c'était en faisant confiance dans ce groupe-là. On l'a vu la semaine dernière, vous avez réussi à trouver une majorité au Parlement, c'était très important. Tu le disais, Renew a été vraiment à la manœuvre pour pousser à cet accord, préparer le terrain.
Ce n'était pas le cas de tous les groupes politiques français, je le dis aussi, et on peut le regretter. La droite française, d'ailleurs, à rebours même du groupe auquel ils appartiennent au sein du Parlement européen, n'a pas voté cet accord-là. C'est peut-être le cas aussi, je parle sur ton contrôle, pour les verts français. Oui. Je pense que ce sont des grandes déceptions pour ceux qui croient.
C'est pour ça que je dis, je me sens peut-être, je ne suis pas la personne politique, et je suis désolée aussi pour les internes, si parfois je fais aussi des erreurs de la langue française.
Je crois que tout le monde aimerait parler italien, grec, quand tu parles français.
Mais je dis seulement quelque chose, que dans des moments importants comme ça, permettez-moi de dire que cette petite bataille, des choses petites, pour faire, pour penser à la politique nationale, il y a un moment qu'il faut être à l'auteur de la situation. Et à ce moment-là, moi, je ne sais pas ce que ça va passer, mais je me sens que la renaissance et mon groupe Renew, il était à l'auteur. Et dans la passe de l'histoire, il faut qu'il reste ça.
Après, si les personnes, elles préfèrent faire les batailles, porter la bataille et les ambitions nationales, qu'elles soient français, qu'elles soient italiennes, qu'elles soient tous les extrémistes partout, moi, personnellement, je ne partage et vraiment, j'ai un petit peu honte par rapport de vie humaine.
Bien, moi, aujourd'hui, j'ai beaucoup de fierté d'une certaine façon à ma place au sein du mouvement de la République en marche, pouvoir faire en sorte que des personnes comme toi, qui ont de telles compétences, de tel engagement, de tel parcours professionnel, puissent s'engager dans la vie politique, le faire comme tu le fais aujourd'hui au Parlement européen, parce que je crois que ça change aussi un peu la façon de faire la politique et c'est pour ça qu'on a créé ce mouvement derrière le président de la République, comme tu le rappelais.
Merci beaucoup, Crisoula, parce que je crois qu'à la fois, aujourd'hui, tu as apporté des éléments très concrets et aussi, d'une certaine façon, une dose d'optimisme et il ne faut pas qu'on perde cet optimisme parce qu'on a de tels défis qui sont devant nous qu'on doit le faire avec ce souffle et à chaque fois que je change avec toi, je le retrouve un petit peu. Merci beaucoup.
Merci, merci à tous et restez bien confinés et on va réussir tous ensemble, tous les Français et tous les Européens.
Merci, Crisela. Bonne soirée à tous.
Au revoir. Au revoir.
Chrysoula Zacharopoulou