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AutreLCP (sur YouTube)· 7 décembre 2024 14 minAutoproduitActualité / polémiqueImmigration & asileSécuritéInstitutions & électionsOutre-mer

Nicolas Metzdorf, un député dans la tourmente néo-calédonienne | Circo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Nicolas MetzdorfPromesse
    « Si c'était à refaire, je le referais mille fois, cinquante mille fois, un million de fois. »
  • 4:30Nicolas MetzdorfFait
    « La loi sur le dégel n'a été qu'une excuse pour les indépendantistes de foutre le feu à la Nouvelle-Calédonie. »
  • 5:00Nicolas MetzdorfFait
    « On a brûlé ce qui représentait le savoir. »
  • 5:30Nicolas MetzdorfChiffre
    « On a perdu 25 % du PIB, ce qui correspond à ce qu'a perdu la France pendant la Seconde Guerre mondiale. »
  • 6:00Nicolas MetzdorfChiffre
    « Plus de deux milliards de dégâts, 29 % de la population en chômage partiel. »
  • 8:00Nicolas MetzdorfFait
    « Saint-Louis, c'est la capitale du crime en Nouvelle-Calédonie. C'est là où il y a eu deux gendarmes assassinés déjà. »
  • 9:00Nicolas MetzdorfFait
    « Ils tuent des gendarmes. Vous appelez ça comme vous voulez, mais voilà. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Merci, Nico. -De rien. -C'est un soutien.

Il faut qu'on se réveille, il faut qu'on se donne tous la main. Qu'on ne se laisse pas faire. C'est nos termes, on a payé, et bien on continue.

On continue notre chemin. Je voudrais bien que ça revienne comme avant, mais je ne sais pas. Je n'ai pas du tout peur.

Mental. C'est le mental, Nicolas. C'est le mental qu'il faut avoir. -Tout est dans la tête. -Oui, tout est dans la tête. -Vous avez compris qu'on n'était pas des diplomates.

Ce n'est pas des descendants de diplomates ici. Quand on va à l'autre bout du monde pour construire à partir de rien, forcément ça fait des gens rustiques mais solides. On n'est pas dans le cinéma. -Il faut que les gens sachent dans le monde ce qu'on vit.

Musique -Nicolas Metzdorf est député de la première circonscription de Nouvelle-Calédonie. C'est un loyaliste. On appelle ainsi ceux qui défendent l'appartenance de l'archipel à la France.

A Nouméa, il nous emmène devant une école totalement brûlée lors des émeutes qui ont éclaté au printemps. -On a brûlé des églises, on a brûlé des écoles, on a brûlé des administrations oui, on a essayé de brûler des mairies, on a brûlé des bureaux de direction un peu partout. On a brûlé ce qui représentait le savoir. -Ce qui représentait la France ? -Ce qui représentait la France, les Blancs, l'Occident, les non-indépendantistes.

Là, dans cette école, aujourd'hui c'est fermé, mais si vous rentrez, il y a des insultes. "Enculés de blancs, sales blancs, retournez chez vous, vous n'êtes pas chez vous ici." Musique -Des affrontements violents entre indépendantistes et forces de l'ordre, treize morts, dont deux gendarmes, 2024 restera l'année où la Nouvelle-Calédonie, s'est à nouveau embrasée.

Tout a commencé le 13 mai, au moment où l'Assemblée adopte un projet de loi du gouvernement, dont Nicolas Metzdorf est rapporteur. Ce texte, qui prévoit d'élargir le corps électoral pour les élections locales, provoque la fureur des indépendantistes radicaux. -On ne lâche pas.

Jusqu'à ce qu'ils retirent le texte qui va monter. On ne lâche pas. Jusqu'à s'il faut mourir, on reste là sur les barrages. -Depuis 1998 et l'accord de Nouméa, le droit de vote aux élections locales est gelé.

Il est réservé aux seuls habitants installés depuis longtemps. Cette spécificité calédonienne que le député souhaite infléchir permet une meilleure représentation de la population la plus ancienne de l'archipel, les Kanaks. Malgré les violences consécutives au vote du texte, le député persiste et signe. -Si c'était à refaire, je le referais mille fois, cinquante mille fois, un million de fois.

Je le ferais plus fort, plus déterminé encore. La loi sur le dégel n'a été qu'une excuse pour les indépendantistes de foutre le feu à la Nouvelle-Calédonie. Et d'obtenir par la force ce qu'ils n'ont pas obtenu dans les urnes : l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

Depuis 2021, le président de la République est venu trois fois, Darmanin huit fois, les ministres des Outre-mer sont venus une dizaine de fois essayer de négocier avec les indépendantistes. Ils ne veulent pas. C'est une stratégie du chaos.

Ils ne veulent pas. Tu ne vas pas te rouler par terre. Il va falloir que la France comprenne qu'il y a des gens qui veulent la combattre, qui ne l'aiment pas, qui ont de la haine envers elle. -Suspendue par le gouvernement Barnier, la réforme du corps électoral défendue par Nicolas Metzdorf est à l'arrêt.

Six mois après l'éclatement des émeutes, la Nouvelle-Calédonie a retrouvé un semblant de calme, mais les cicatrices restent visibles partout. La circonscription de Nicolas Metzdorf comprend les îles Loyauté et la ville de Nouméa, poumon économique de l'archipel. C'est là que sont installées l'essentiel des entreprises.

Beaucoup d'entre elles sont en cendres depuis les émeutes, comme cette boulangerie. -Enculés... -Nicolas Metzdorf vient rencontrer les gérants, Jess et Audrey. -Ils ont mis le feu.

Nous, on a appelé la police, la gendarmerie. Personne ne répondait à nos appels. Tout est détruit.

Il n'y a pas une machine qui a pu être sauvée. Il n'y a rien. -Rien du tout.

C'est trente-sept ans d'activité qui sont détruits. -De toute façon, ces émeutes, c'est une victoire des bandits et des feignants sur les honnêtes gens. C'est ça. -C'est une incompréhension totale. -Ils ont visé les entreprises, donc ils ont visé tous ceux qui travaillent.

Tous ceux qui travaillent. -L'entreprise comptait 25 salariés qui ont tous dû être licenciés. -On a même du mal à... -à reconnaître ? -On avait une chambre froide positive, il y avait des plans de travail qui ont disparu. -En même temps que leur commerce, c'est une certaine idée de la Nouvelle-Calédonie qui est partie en fumée pour ce couple. -Le vivre ensemble, de toute façon, cette entreprise, elle l'appliquait.

On avait un tiers de nos salariés qui étaient des Kanaks. On avait des trois îles, on avait de la côte Est, de la côte Ouest. Et c'est comme ça qu'on... -T'as jamais regardé la couleur pour embaucher. -Non, mais... -Parce que le rêve calédonien, c'est ça.

Mon père, moi, il est issu d'une famille très modeste. N'empêche qu'il a réussi à monter cette entreprise qui a été florissante, mais pour une seule valeur : le travail. -On a perdu 25 % du PIB, ce qui correspond à ce qu'a perdu la France pendant la Seconde Guerre mondiale. -Plus de deux milliards de dégâts, 29 % de la population en chômage partiel, l'économie calédonienne est à genoux.

Le député Metzdorf a réussi à faire voter plusieurs amendements dans le budget pour obtenir des aides économiques, mais les négociations sont difficiles. -La difficulté c'est que la France a un budget contraint et que les députés ne prennent pas suffisamment conscience de la gravité de la situation ici. Puis il y a des grosses discussions aussi avec le gouvernement, puisqu'aujourd'hui on fonctionne beaucoup avec des prêts.

Le problème, c'est que les prêts, ça endette la Nouvelle-Calédonie. Donc on nous prête de l'argent, qu'on nous demande ensuite de rembourser avec une augmentation de la fiscalité locale, en sachant qu'on va augmenter les impôts sur qui ? Puisque les gens, aujourd'hui, ne gagnent pas d'argent, donc ils ne peuvent pas payer d'impôts.

Et tout ça pour une défaillance de la compétence de l'Etat, puisque c'est sa compétence, la sécurité en Nouvelle-Calédonie. Et pas calédonienne. Donc en fait, je trouve que... -C'est-à-dire que l'Etat n'a pas protégé des commerces comme celui-là ? -Je ne sais pas.

Je crois que ça se voit, non ? -L'Etat a semblé pris au dépourvu quand les violences ont éclaté. Leur soudaineté et leur ampleur ont mis à rude épreuve les forces de gendarmerie, en particulier à Saint-Louis, près de Nouméa.

Ici, aujourd'hui encore, les forces de l'ordre restent en alerte. Sur cette route, des tirs quotidiens ont été échangés pendant plusieurs semaines avec des indépendantistes radicaux qui avaient dressé un barrage. Des violences que Nicolas Metzdorf condamne avec fermeté. -Saint-Louis, c'est la capitale du crime en Nouvelle-Calédonie.

C'est là où il y a eu deux gendarmes assassinés déjà. On commence par là, avec des tirs en pleine tête. On a eu évidemment des gens caillassés, des gens molestés.

C'est plus qu'une zone de non-droit, une zone de terrorisme. Ils tuent des gendarmes. Ils tuent des gendarmes.

Vous appelez ça comme vous voulez, mais...

Voilà. Moi, un gendarme, ça me fait peur. Parce qu'un gendarme, il est là pour faire respecter la loi.

Donc quand il me met un PV, je baisse la tête. J'essaie pas de le tuer, en fait. -Les positions très dures de Nicolas Metzdorf contre les indépendantistes kanaks ont fait de lui une cible.

Sur cette vidéo diffusée sur internet puis supprimée, des indépendantistes radicaux revendiquent leur souveraineté sur les terres de sa propriété familiale. Les auteurs ont été placés sous contrôle judiciaire et la propriété des Metzdorf sous la surveillance de la gendarmerie. En Nouvelle-Calédonie, le député est escorté en permanence par trois gardes du corps du GIGN.

Voici le ranch de ses parents. Eleveurs installés à Poya depuis 1902 à 300 kilomètres de Nouméa, les Metzdorf sont une famille solidement ancrée en Nouvelle-Calédonie. Ce jour-là, près de 150 amis et militants loyalistes sont venus apporter leur soutien. -Ils veulent mettre dehors mes parents.

C'est un moyen de me toucher moi, en tant qu'homme politique, évidemment. C'est pour mettre la pression sur la famille. Et ça, c'est des Calédoniens qui sont venus soutenir.

Soit parce qu'ils sont proches de nous, soit parce que c'est la famille, soit parce que c'est des gens qui ont déjà perdu des propriétés à cause des revendications foncières. Ils sont donc très attachés à la défense de la propriété privée en Nouvelle-Calédonie. Le message à passer, c'est que Nicolas est un Calédonien comme moi, avec des générations derrière.

Et puis on a eu aujourd'hui des biens, des terres, qui sont, je pense, à nous et qu'on aimerait quand même conserver et transmettre après à nos enfants. -Les loyalistes présents ce jour-là ont le sentiment de ne plus être les bienvenus en Nouvelle-Calédonie. Une terre où ils sont pourtant nés.

Ils se sentent abandonnés par un Etat qui, selon eux, tergiverse au lieu de les défendre. -On est attaché à la France. Et la France rejette ceux qui la réclament, ceux qui l'aiment.

Ce n'est pas possible. La France ne peut pas abandonner ses enfants. Ce n'est pas possible. -Vous parlez à une population qui n'inspire qu'à vivre paisiblement, travailler et construire un pays, c'est tout.

Il n'y a aucune raison. Aucune raison valable à ce qui s'est passé. Donc ce sont des gens agressés.

Les victimes, c'est eux. C'est pas deux cons qui s'affrontent, c'est un con qui a agressé un autre. C'est pas la même chose. -La réconciliation entre loyalistes et indépendantistes semble utopique à court terme.

Mais les militants présents ne veulent pas renoncer à faire de nouveau, société. -On ne lâchera pas, on ne laissera pas tomber le vivre ensemble, c'est clair. Il y a quelques-uns qui veulent que tout part en sucette parce que ça les arrange.

Nous, ça ne nous arrange pas. On veut continuer à vivre avec nos voisins sans problème, quel que soit le voisin d'ailleurs. -La Nouvelle-Calédonie apparaît aujourd'hui très fracturée.

Pour sortir de l'impasse, le retour d'un dialogue semble indispensable. Pour y parvenir, les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat se sont rendus ensemble dans l'archipel. Au Congrès, l'Assemblée calédonienne où siège aussi Nicolas Metzdorf, ils ont prononcé un discours d'apaisement appelant chacun au respect mutuel. -Construire un avenir apaisé.

Il s'agit de dessiner en somme les contours d'une future souveraineté qui se conjugue au pluriel et dans laquelle chacun trouve sa place et sa reconnaissance mutuelle. Une société qui rejettera viscéralement la violence. Cette conviction est la mienne.

Elle fut aussi celle de Michel Rocard. Je conclurai par ces mots au lendemain des accords de Matignon, "Reprenez espoir. Une page nouvelle va pouvoir s'inscrire, non par les armes, mais par le dialogue et la tolérance, par le travail et la volonté." Je veux vous aider à réussir votre destin par la réconciliation, la solidarité et la construction d'un monde. -Par un texte voté à l'unanimité à l'Assemblée et au Sénat, les élections provinciales qui devaient se dérouler fin 2024 en Nouvelle-Calédonie ont été repoussées d'un an maximum.

Le temps pour l'archipel de retrouver un climat plus apaisé. Musique