Mathieu Klein: "Si la situation l'exige, il faut aller au confinement pour casser la courbe du virus"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:29FerméeRéponse directe
Ça représente combien de personnes ce renfort médical en Moselle ?
- 1:27OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous envisagez de « prêter » à la Moselle d'autres personnels ?
- 2:46FerméeRéponse directe
Il n'y a plus de tensions à l'hôpital de Nancy ? Ça va mieux aujourd'hui ?
- 3:37OuverteRéponse directe
Il y a beaucoup de brassages de population entre la Moselle et la Meurthe-et-Moselle ?
- 4:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pouvez faire à votre échelle ?
- 5:33RelanceRéponse directe
Est-ce que vous êtes toujours sur cette ligne de confinement du Grand Est ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Alors aujourd'hui, ce sont 4 à 5 patients qui sont accueillis au CHR1 de Nancy et plusieurs personnels qui vont partir, »
- 0:44Invité politiqueChiffre
« une dizaine de personnels soignants qui vont partir vers le CHR de Mestionville. »
- 2:54Invité politiqueChiffre
« Je le dis avec prudence, puisque nous avions atteint un pic de 177 patients Covid en réa et en médecine à la fin du mois de décembre. »
- 3:03Invité politiqueChiffre
« Et nous sommes aujourd'hui autour de 100 à l'heure où je parle. »
- 4:47Invité politiqueChiffre
« La métropole du Grand Nancy est depuis l'automne dernier une métropole qui a un niveau de dépistage pour 100 000 habitants qui est significativement plus élevé que la moyenne nationale et la moyenne régionale. »
- 6:08Invité politiquePromesse
« Donc je pense que si la situation l'exige, et c'est visiblement le cas aujourd'hui à Metz, par exemple, et en Moselle, il faut aller au confinement pour casser la courbe de la circulation du virus. »
Temps de parole
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Il est 6h20, la solidarité s'organise en Lorraine face à l'épidémie de Covid qui touche particulièrement la Moselle. Des soignants de l'hôpital de Nancy sont envoyés en renfort à Metz à partir d'aujourd'hui. Et dans le même temps, des patients de Metz sont transférés au CHR1 Nancy. Bonjour Mathieu Klein. Bonjour. Vous êtes le maire de Nancy et président de la métropole du Grand Nancy. Il y a beaucoup d'échanges comme cela. Ça représente combien de personnes ce renfort médical en Moselle ?
Alors aujourd'hui, ce sont 4 à 5 patients qui sont accueillis au CHR1 de Nancy et plusieurs personnels qui vont partir, une dizaine de personnels soignants qui vont partir vers le CHR de Mestionville. C'est une solidarité qui s'était déjà organisée durant le premier confinement, puisque nous avions accueilli d'abord des patients, des patients broseillans et alsaciens. Et puis ensuite, quand Nancy a été particulièrement touchée, vous vous en souvenez, plusieurs villes de France et d'Europe d'ailleurs ont accueilli des patients, des patients lorrains. Donc c'est une situation d'échange tout à fait naturel et tout à fait normale et logique.
Mais c'est vrai qu'elle se situe dans un contexte très paradoxal pour nous, puisque nous sommes, nous, comme en tendance nationale, plutôt à la baisse ces derniers jours, alors que notre voisin immédiat, comme vous l'avez expliqué, est en situation d'explosion de la circulation de la Covid.
Juste pour revenir sur cette entraide, est-ce que vous envisagez de « prêter » à la Moselle d'autres personnels ? Est-ce que ça pourrait concerner aussi des administratifs ? On sait qu'il faut des gens pour le suivi des malades à domicile, pour le contact tracing.
Pour l'instant, ce sont des discussions qui n'ont pas encore eu lieu. Si la caisse primaire d'assurance maladie, effectivement, peut être utile, elle le sera sans aucun doute, puisque ce sont les personnels, pardon, là pour le coup, plutôt de l'assurance maladie ou de l'agence régionale de santé qui interviennent sur la dimension administrative. Maintenant, il faut aussi ne pas perdre de vue un point important. Le CHRE de Nancy est un établissement qui a une vocation régionale de recours et qui accueille des patients de tout le Grand Est, notamment pour des greffes, la neurochirurgie, en neurologie, des spécialités que lui seul exerce.
Et vous le savez, depuis le printemps dernier, il y a déjà eu plusieurs déprogrammations successives d'interventions, en chirurgie ou en médecine, pour des patients, compte tenu de l'accueil nécessaire de patients Covid. Donc aujourd'hui, le CHRE doit aussi reprogrammer prudemment, compte tenu de la situation, des interventions qui ont parfois déjà été déprogrammées deux ou trois fois. Donc c'est un équilibre à tenir entre la solidarité nécessaire et indispensable et l'enjeu aussi de ne pas négliger les autres pathologies.
Mais juste sur le front de l'épidémie, il n'y a plus de tensions à l'hôpital de Nancy. Ça va mieux aujourd'hui ?
Oui, ça va pour l'instant beaucoup mieux. Je le dis avec prudence, puisque nous avions atteint un pic de 177 patients Covid en réa et en médecine à la fin du mois de décembre. Et nous sommes aujourd'hui autour de 100 à l'heure où je parle. Donc oui, ça va mieux. Maintenant, comme vous l'avez souligné, nous sommes dans une région dans laquelle il y a un foyer de circulation très active de la Covid-19 et le CHRE de Nancy accueille. Comme vous venez de le rappeler, des patients Mosellons et peut-être plus encore demain. Donc ça va mieux, mais cette situation est un entrompe-l'œil. Et moi, je suis particulièrement inquiet et prudent quant à l'évolution dans les prochains jours.
Oui, puisque toute la difficulté étant de s'entraider, mais tout en se protégeant, parce que le Covid, il ne connaît pas la limite entre la Moselle et la Meurthe-et-Moselle. Il y a beaucoup de brassages. Il y a beaucoup de brassages de population entre les deux départements, des gens qui vivent d'un côté, qui travaillent de l'autre ?
Bien sûr, la situation de la circulation entre Messe et Nancy. Vous savez, il y a 60 kilomètres entre Messe et Nancy. C'est au quotidien des dizaines de milliers de personnes qui circulent pour aller travailler ou étudier. Alors aujourd'hui, les universités sont malheureusement souvent en distanciel. Donc ça se pose moins pour les étudiants, mais pour les salariés, pour les travailleurs. Bien sûr qu'il y a beaucoup d'échanges quotidiens. Donc évidemment que la prudence est particulièrement de mise et tout le monde observe la situation de nos voisins avec inquiétude.
Et vous, qu'est-ce que vous pouvez faire à votre échelle ? Je rappelle que vous êtes le maire de Nancy et le président de la métropole. Est-ce qu'il va y avoir peut-être plus de contrôle ? Est-ce que vous incitez encore davantage les entreprises, les administrations à mettre en place le télétravail ? Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous ?
Oui, alors nous le faisons déjà. Le télétravail est déjà une norme évidemment très avancée. Chacun a en mémoire que le Grand Est a été particulièrement touché depuis le printemps dernier par la Covid. Donc il y a des habitudes qui ont été prises et qu'il faut encore renforcer. Il faut rester très fort sur le dépistage. La métropole du Grand Nancy est depuis l'automne dernier une métropole qui a un niveau de dépistage pour 100 000 habitants qui est significativement plus élevé que la moyenne nationale et la moyenne régionale. Et dépister pour pouvoir isoler rapidement les cas, notamment les cas de variants, est un enjeu absolument majeur.
Pour vous rendre un seul exemple, ce matin, nous n'allons pas ouvrir une école élémentaire de la ville de Nancy parce qu'un enseignant a été détecté Covid+, et ses collègues sont en tout cas contacts. Donc par exemple, aujourd'hui, nous allons devoir prendre des mesures pour isoler l'ensemble des élèves de cette école de façon à ce que le virus ne circule pas plus. Donc il y a de ce point de vue-là une vigilance extrêmement soutenue au quotidien.
Et depuis décembre, vous avez plusieurs fois réclamé un confinement du Grand Est. Est-ce que vous êtes toujours sur cette ligne ?
Pour l'instant, malheureusement, vous savez, rien ne permet de venir infirmer cet objectif. D'ailleurs, je suis assez surpris de la position choisie par le gouvernement, que ce soit en Moselle ou à Dunkerque, lorsqu'on voit des situations aussi de circulation active du virus, avec un tel désarroi exprimé par les élus locaux et des solutions finalement d'attente qui sont privilégiées. Je dois à la vérité de reconnaître que c'est assez incompréhensible. Donc je pense que si la situation l'exige, et c'est visiblement le cas aujourd'hui à Metz, par exemple, et en Moselle, il faut aller au confinement pour casser la courbe de la circulation du virus.
Merci Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la métropole du Grand Nancy. Vous étiez l'invité du 5-7.
Mathieu Klein