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DébatLCP (sur YouTube)· 14 janvier 2025 90 minContradictoireFond programmatiqueAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieEurope & international

Agriculture, le grand débat | Évènement - 13/01/2025

Au micro : Patrice MoyonSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 34 %Défensif 16 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Que vous a dit exactement le Premier ministre ? Est-ce qu'il vous a rassuré ?

  • 4:25OuverteRéponse directe

    Pourquoi ces élections sont cruciales ? Qui peut voter ?

  • 7:23OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que porte la coordination rurale dans cette campagne ? Quelle valeur ? Quelle agriculture ?

  • 8:22OuverteRéponse directe

    Pierre-Ricorel, 30 secondes pour parler des jeunes agriculteurs. Qui sont-ils ?

  • 8:50OuverteRéponse directe

    Que défendez-vous dans cette campagne ? Quelle vision de l'agriculture ?

  • 11:45OuverteRéponse directe

    Véronique Leflocq, depuis un peu plus d'un an maintenant, la coordination rurale a été extrêmement médiatisée. Cette élection, vous la présentez comme un référendum. Alors tout simplement, un référendum contre qui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:53InvitéChiffre
    « Dix dernières années, c'est 100 000 exploitations en moins, un million de vaches en moins, un abattoir sur trois qui a été fermé. »
  • 1:55InvitéFait
    « On veut que les produits qui rentrent chez nous respectent les mêmes normes. »
  • 2:47InvitéFait
    « On a entendu très peu de choses de nature à répondre aux difficultés profondes et aux aspirations du monde agricole. »
  • 3:37InvitéFait
    « On a entendu un petit début de réponse de soutenir les agriculteurs avec un fonds de soutien qui irait au-delà des premiers 1 000 euros qui ont été dits. »
  • 5:05InvitéPromesse
    « Il nous a donné sa parole qu'il irait vers un alignement de la réglementation française sur la réglementation européenne. »
  • 6:53InvitéChiffre
    « On avait besoin d'un budget pour que les 450 millions d'euros que nous avons négociés, FNSOA et GIA, dans ce bureau... »
  • 10:11InvitéChiffre
    « 950 millions d'euros. C'est le budget total des chambres d'agriculture. »
  • 10:27InvitéChiffre
    « 2,2 millions d'électeurs sont appelés à voter. »
  • 11:00InvitéChiffre
    « La FNSEA et son allié jeunes agriculteurs dirigent 97 chambres sur 101. »
  • 11:29InvitéChiffre
    « Plus de 53% des chefs d'exploitation s'étaient abstenus. »
  • 19:27InvitéFait
    « Il prévoit la suppression des droits de douane sur des centaines de milliers de tonnes de produits que l'Europe pourrait importer. »
  • 19:35InvitéChiffre
    « 180 000 tonnes de sucre, 180 000 tonnes de volaille, 100 000 tonnes de viande bovine. »
  • 22:18InvitéChiffre
    « Le SMIC horaire au Brésil, c'est 1,09€. »
  • 26:50InvitéChiffre
    « La balance commerciale agricole et agroalimentaire française qui était très favorable il y a une quinzaine d'années, un peu supérieure à 10 milliards en fonction des années, est aujourd'hui quasiment réduite à zéro. »
  • 30:54PrésentateurFait
    « un paquet sur deux de farine vient d'être importé »
  • 31:41PrésentateurFait
    « une politique qui a considéré qu'il fallait produire un prix faible mondial, pour permettre d'aller à l'export »
  • 31:50PrésentateurFait
    « nous agriculteurs nous avons bénéficié de ces compensations »
  • 35:26InvitéChiffre
    « 1910 euros par mois en moyenne pour un foyer agricole »
  • 35:34InvitéFait
    « les revenus sont trois fois plus élevés dans les grandes cultures céréalières souvent que dans les élevages bovins »
  • 35:41InvitéFait
    « les plus grosses exploitations ont aussi un revenu quatre fois plus élevé que les petites »
  • 35:57InvitéChiffre
    « c'est entre moins 40 et moins 50% de production en moins »
  • 37:17InvitéPromesse
    « il est indispensable et il est possible d'établir des prix rémunérateurs minimum garantie »
  • 37:40InvitéFait
    « Eyalim s'applique seulement à la filière laitière et un petit poil à la viande, c'est tout »
  • 38:37InvitéFait
    « un prix minimum garanti c'est le coût de production un SMIC minimum et la protection sociale »
  • 38:56InvitéFait
    « des prix minimum garantis on l'a connu en Europe »
  • 41:57InvitéChiffre
    « deux SMIC net c'est 60 000 euros pour enlever les charges »
  • 46:00PrésentateurFait
    « les aides de la PAC sont pour leur grande partie liées à la taille de l'exploitation »
  • 47:31InvitéFait
    « on a uniformisé les aides à l'hectare sur cette réforme là »
  • 48:10PrésentateurChiffre
    « 9 milliards et demi en France »
  • 48:27PrésentateurChiffre
    « 25% des bénéficiaires de la PAC touchent moins de 5000 euros »
  • 58:27InvitéFait
    « moins 50% d'utilisation des pesticides ça n'a pas marché »
  • 1:02:04InvitéFait
    « l'Union Européenne a fixé des objectifs ambitieux en termes de développement de l'agriculture bio »
  • 1:02:11InvitéChiffre
    « 25% de terres agricoles en bio à l'horizon 2030 »
  • 1:09:43PrésentateurChiffre
    « près de la moitié des 400 000 agriculteurs français vont partir à la retraite d'ici 10 ans »
  • 1:09:49PrésentateurChiffre
    « le nombre d'exploitants ne cesse de diminuer 100 000 de moins en 30 ans »
  • 1:20:17PrésentateurFait
    « on sait qu'on va manquer d'eau dans certaines régions »
  • 1:26:43PrésentateurFait
    « des agriculteurs qui sont rentrés dans des procédures collectives »
  • 1:26:50PrésentateurFait
    « qui ont un plan échelonné pour payer des dettes »
  • 1:26:55PrésentateurFait
    « ils ont été victimes d'aléas climatiques ou d'aléas sanitaires »
  • 1:27:00PrésentateurPromesse
    « leur permettre d'accéder aussi à toutes les aides »
  • 1:27:02PrésentateurPromesse
    « et d'avoir des années blanches pour pouvoir repartir »
  • 1:27:44InvitéFait
    « nous on a un projet syndical qu'on a construit de longue date »
  • 1:27:50InvitéChiffre
    « c'est 1000 collaborateurs qui se lèvent tous les matins pour travailler à notre profit »
  • 1:28:34InvitéFait
    « dans un bloc qui est aujourd'hui l'Europe qu'on a besoin de challenger »
  • 1:29:12PrésentateurPromesse
    « nous sommes prêts à stopper ce plan social »
  • 1:29:17PrésentateurPromesse
    « et à faire en sorte qu'il y ait des revenus dans nos entreprises »

Temps de parole

  • Présentateur63 %
  • Invité16 %
  • Invité 212 %
  • Invité 34 %
  • Invité 42 %

1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Invité

On a besoin d'un vrai revenu. Et ça, c'est le vrai problème. Aujourd'hui, la seule chose qu'on nous propose, c'est des prêts pour rembourser des prêts. On veut que les produits qui rentrent chez nous respectent les mêmes normes. On est là. Et si vous voulez qu'on soit encore là demain, aidez-nous.

0:17
Présentateur

C'est un cri du cœur. C'est la détresse.

0:23
Invité

Trop de contraintes. Contraintes administratives. Contraintes de temps. C'est le feu du désespoir, on va dire.

0:38
Présentateur

Bonsoir et bienvenue à tous. La colère est vive. Le ras-le-bol est là. Le monde agricole va mal. C'est dans ce contexte de crise qu'il va choisir ses représentants. Événement sur LCP ce soir. Grand débat entre les principaux syndicats candidats aux élections aux Chambres d'Agriculture. L'enjeu est très important. Le vote commence après-demain. Et les quatre grands syndicats qui s'affrontent dans les urnes. et c'est inédit à la télévision, sont avec nous ce soir. La FNSEA avec Arnaud Rousseau, son président. Bonsoir.

1:11
Invité

Bonsoir.

1:11
Présentateur

Merci d'être là. La coordination rurale que vous présidez, Véronique Lefloc. Bonsoir. Bonsoir. Merci à vous. La Confédération paysanne avec Laurence Marandola, sa porte-parole. Bonsoir. Bonsoir. Et les jeunes agriculteurs, son président Pierre-Ycorel. Bonsoir. Bonsoir. Vraiment merci à tous les quatre, parce que je le disais, c'est inédit, d'avoir accepté de débattre en direct pendant une heure et demie. A mes côtés, pour vous interroger, Charlotte Murat du groupe Ébrabe. Bonsoir Charlotte. Bonsoir. Et Patrice Moyon de West France. Bonsoir. Je suis ravie de faire cet exercice avec mes deux partenaires de la presse quotidienne régionale.

Avant de vous entendre, un tout petit point sur les règles du jeu. Le temps de parole sera ce soir équitable, parce que la FNSEA et les jeunes agriculteurs font liste commune dans ces élections. Eh bien, vous allez vous partager, messieurs, ce soir, 40% du temps total, 30% pour chacune d'entre vous du reste de ce temps de parole. Les compteurs, vous le voyez, ont été réglés en ce sens. Et l'objectif, c'est que vous ne dépassiez pas vos quotas respectifs. On va parler libre-échange ce soir. On va parler revenus des agriculteurs, bien évidemment. On va parler climat. Vous allez pouvoir vous interpeller, dialoguer dans le respect, bien sûr, projet contre projet.

Mais d'abord, question d'actualité. Pour commencer, vous avez tous été reçus par le nouveau Premier ministre François Bayrou aujourd'hui. C'était un rendez-vous très attendu. Il arrivait bien trop tard pour certaines d'entre vous. Véronique Lefloc, que vous a dit exactement le Premier ministre ? Est-ce qu'il vous a rassuré ? C'est vous, Laurence Marandola, qui avez été tirée au sort pour démarrer ces questions d'actualité. Oui, alors effectivement, nous avons été reçus comme tous les syndicats ce matin. La Confédération paysanne, on n'a pas entendu grand-chose. On a entendu très peu de choses de nature à répondre aux difficultés profondes et aux aspirations du monde agricole.

Très peu de choses. Il ne nous a pas dit grand-chose. C'était essentiel qu'ils nous reçoivent. On a évoqué rapidement, nous, à la Confédération paysanne, le sujet de Mayotte. Parce que, pour des raisons de solidarité et parce que c'est extrêmement, pour nous, important, la question à Mayotte. On a la présidence de la Chambre à Mayotte. Oui, où tous les champs étaient dévastés à Mayotte. Exactement. Suite au cyclone, c'est une agriculture essentielle pour nourrir les Mahorais. C'est une agriculture qui est complètement rasée aujourd'hui. Tout est à reconstruire. Du coup, on a apporté des propositions.

Et là, on a entendu un petit début de réponse de soutenir les agriculteurs avec un fonds de soutien qui irait au-delà des premiers 1 000 euros qui ont été dits. Mais pas assez de garantie de long terme, c'est ça ? Non, une petite chose. Ça, c'est une chose. Après, sur le reste, il n'y a clairement pas eu de réponse. Il nous a été parlé de la LOA. Pour nous, Confédération Paysanne de la LOA, le renouvellement des générations, c'est essentiel. Mais les leviers essentiels, ils ne sont pas. Le revenu, le foncier, l'accompagnement, l'installation, il n'y est pas. Du coup, on a entendu vraiment très peu de choses. La LOA, c'est la loi d'orientation agricole. Je précise.

On a surtout entendu, on lui a posé la question sur les règles du scrutin de cette élection. Pourquoi on n'irait pas vers de la proportionnelle, puisqu'on en est très, très loin ? Et ça a été une réponse monolithique. C'est non, aujourd'hui. On va y revenir. On se demande aujourd'hui, qui a intérêt à ce qu'il n'y ait pas davantage de démocratie ? Qui a intérêt à ce que les choses ne changent pas aujourd'hui ? Le mode de scrutin, il est important. On va l'expliquer à nos téléspectateurs ce soir. Même question, Véronique Lefloc, la coordination rurale est-elle satisfaite ? Est-ce que vos attentes ont été, ne serait-ce que partiellement, entendues par le Premier ministre ?

Alors déjà, le Premier ministre nous est apparu comme étant éloigné de la réalité du terrain, avec une ignorance totale par rapport à l'OFB, l'Office français de la biodiversité, ses pratiques, le nombre de personnes qui sont concernées par cette organisation, mais aussi les aspects sanitaires, la difficulté de faire les dossiers, par rapport à quoi il a conclu que la bureaucratie en France devenait insupportable. Par contre, satisfaction par rapport à un engagement de sa part. Il nous a donné sa parole qu'il irait vers un alignement de la réglementation française sur la réglementation européenne. Donc nous attendons cette prise de position dans ce discours demain.

On arrêterait les surtranspositions. De quoi lever les blocages ? D'arrêter le bras de fer, les actions de tout point ? Alors ça, c'est le terrain qui décidera. Alors, même tour de table, on poursuit même question, Pierre-Éric Aurel, pour les jeunes agriculteurs. Il est fils d'agriculteur, le Premier ministre. Est-ce qu'il a cette fibre-là ? Est-ce qu'il comprend le monde agricole, selon vous ?

5:35
Invité

Je l'espère. En tout cas, ce matin, on a trouvé un Premier ministre à l'écoute. Et il y a tout intérêt parce que le secteur demeure en crise. Et donc, on lui a rappelé notamment le calendrier qui est le nôtre autour des lois d'orientation agricole, des lois de la PPL Duplomb-Ménonville qui doivent trouver une issue favorable au plus vite. Et je me permets de revenir sur Mayotte aussi parce qu'on y est revenu. J'y étais le 3 janvier pour témoigner de la solidarité de nos deux réseaux respectifs pour accompagner les Mahorais dans cette difficulté.

On a rencontré et le préfet et le conseil départemental pour accompagner au mieux les agriculteurs sur le terrain qui sont durement touchés par ce cyclone.

6:15
Présentateur

Est-ce que le compte y est, Arnaud Rousseau ? Est-ce que vous avez le sentiment, ne serait-ce que sur le calendrier, c'était très attendu, d'avoir plus de visibilité et de concret ?

6:25
Invité

Écoutez, d'abord, merci de nous accueillir pour ce moment important. Le Premier ministre, on lui a redit ce que nous portons, on lui a dit qu'on était déjà rentré quatre fois dans ce bureau en un an et que nos demandes étaient toujours les mêmes. Comment on traite les sujets d'urgence, la trésorerie, les problématiques sanitaires ? Comment on fait pour faciliter la vie des exploitants agricoles ? Tous les sujets de simplification et de surnormes dont on ne peut plus. Et puis, on lui a demandé ensuite quel était le planning des lois, notamment la loi dont on parlera, la loi sur la simplification.

On lui a dit qu'il y avait urgence et que pour nous, on avait besoin d'un budget pour que les 450 millions d'euros que nous avons négociés, FNSOA et GIA, dans ce bureau...

6:59
Présentateur

Qui passent à la trappe à cause de la censure.

7:00
Invité

Absolument, soit éjectif. Et on lui a dit qu'on aurait rendez-vous au salon de l'agriculture parce qu'évidemment, nous avons besoin de concret dans nos fermes.

7:06
Présentateur

22 février, c'est bien ça, le salon de l'agriculture. Bon, on voit que, voilà, affaire à suivre, si je vous entends bien. Pour bien vous distinguer, on a une heure et demie pour comprendre exactement ce que vous proposez et qu'est-ce qui vous distingue, je vais vous donner 30 secondes. Et puis, on rentrera dans le vif du sujet des dossiers juste après. 30 secondes pour vous présenter, Véronique Lefloc. Qu'est-ce que porte la coordination rurale dans cette campagne ? Quelle valeur ? Quelle agriculture ?

Alors déjà, je suis productrice de lait en bio, avec mon conjoint, dans une ferme familiale de 180 hectares dans le sud Finistère, avec trois enfants, trois enfants intéressés par l'agriculture. Le modèle que défend la coordination rurale, c'est la défense d'exploitation familiale, libre et indépendante, ce qui veut dire libre de tout asservissement, libre de tout assistana. Merci pour le temps. Arnaud Rousseau, on a pu entendre parfois que la FNSEA défendait les gros exploitants au détriment des petits.

8:00
Invité

Écoutez, la FNSEA, elle a une mission qui est claire, qui a été construite, c'est s'engager avec les femmes et les hommes qui ont le goût d'entreprendre en agriculture pour des territoires vivants et dynamiques. Et vous y retrouvez la place des hommes et des femmes parce qu'en agriculture, c'est central. Vous y retrouvez le goût d'entreprendre et vous y retrouvez la place des territoires parce qu'en agriculture, en France, il n'y a pas une agriculture, il y a des agricultures.

8:20
Présentateur

On viendra justement sur ce pluriel. Pierre-Ricorel, 30 secondes pour parler des jeunes agriculteurs. Qui sont-ils ?

8:26
Invité

Alors, déjà, moi, je suis agriculteur dans les Alpes-de-Haute-Provence en production de vaches à l'étante et je suis engagé depuis l'âge de mes 20 ans. Et aujourd'hui, on se bat chez jeunes agriculteurs pour des agriculteurs qui soient nombreux sur le territoire, bien dans leur basket et prêts pour répondre aussi aux défis climatiques qui sont devant nous et évidemment avec une considération vivable du métier qu'ils exercent.

8:48
Présentateur

Merci, Laurence Marandola. Même question. Que défendez-vous dans cette campagne ? Quelle vision de l'agriculture ? Notre combat à la Confédération Paysanne, c'est celui de garder des fermes nombreuses et pas quelques firmes. Et je dis bien combat parce qu'en fait, l'ensemble des politiques, qu'elles soient économiques, publiques, décidées depuis des décennies, co-décidées entre le gouvernement et les syndicats majoritaires, ne vont pas dans ce sens-là.

Donc, c'est un combat de revendiquer des fermes nombreuses avec de la rémunération et faire face aux enjeux extrêmement modernes d'aujourd'hui qui, pour nous, ne sont pas nouveaux face aux dérèglements climatiques, faire face aux aléas sanitaires, engager une transition, rester nombreux sur des campagnes vivantes. C'est ça, les valeurs de la Confédération Paysanne. Merci pour ces présentations succinctes. On entre dans le vif du sujet. Pourquoi ces élections sont cruciales ? Qui peut voter ? On vous explique les enjeux de ce scrutin professionnel avec Marco Pommier. Bonsoir, mon cher Marco.

9:46
Invité

Bonsoir, Myriam.

9:47
Présentateur

Alors, on le dit, on le répète, les chambres d'agriculture ont beaucoup de pouvoir et même un rôle déterminant.

9:53
Invité

Oui, c'est un peu un État dans l'État. Ces chambres d'agriculture, elles accompagnent les exploitants, proposent des conseils techniques, organisent des formations, les informent sur les évolutions réglementaires et surtout, par délégation de l'État, elles pilotent le développement agricole en France. 950 millions d'euros. C'est le budget total des chambres d'agriculture. C'est colossal.

10:17
Présentateur

Et cette élection des chambres d'agriculture, elle se déroule tous les 6 ans. Le vote commence mercredi.

10:23
Invité

Oui, à partir de mercredi et jusqu'au 31 janvier, 2,2 millions d'électeurs sont appelés à voter. Parmi les votants, bien sûr, les agriculteurs ou encore les représentants des caisses d'assurance, des coopératives ou des organisations syndicales. Ils vont élire les 88 membres, pardon, les membres des 88 chambres d'agriculture départementale, interdépartementale, territoriale. Le vote peut se faire en ligne ou par courrier.

10:50
Présentateur

Élection donc qui permet de mesurer le poids politique de ces syndicats.

10:53
Invité

Oui, car aujourd'hui, ce rapport de force est sans appel avec un duo hégémonique. Regardez cette carte. La FNSEA et son allié jeunes agriculteurs dirigent 97 chambres sur 101. Si l'on ajoute les chambres régionales, le secret de cette réussite, le mode de scrutin qui favorise le gagnant, il rafle tout, ou presque. Quelques exceptions quand même. Le Lot-et-Garonne, la Vienne et la Haute-Vienne, trois chambres détenues par la coordination rurale, une seule chambre pour la Confédération paysanne, celle de Mayotte. Il y a six ans, lors de la dernière bataille électorale, plus de 53% des chefs d'exploitation s'étaient abstenus.

Alors la crise que connaît le monde agricole peut-elle booster la participation ? Les résultats seront connus le 8 février, au plus tard.

11:41
Présentateur

Merci beaucoup Marco Pommier. Allez, on entre dans le vif du sujet. Question à la challenger ? Véronique Leflocq, Charlotte Meurin ? Oui, bonjour Véronique Leflocq. Depuis un peu plus d'un an maintenant, la coordination rurale a été extrêmement médiatisée. Cette élection, vous la présentez comme un référendum. Alors tout simplement, un référendum contre qui ? Est-ce que c'est un référendum contre la FNSEA et les jeunes agriculteurs ?

Alors disons que je devrais dire merci à Arnaud Rousseau, merci à la FNSEA, d'avoir permis à toutes ces mobilisations d'éclater depuis déjà un an puisque la première fois où nous nous sommes rencontrés, c'était au Spaces Arènes et Arnaud Rousseau m'annonçait ce qu'il avait négocié, à savoir l'augmentation des taxes sur le carburant agricole. En contrepartie du quoi, il y avait quelques compensations mais uniquement pour ceux qui ont plus de revenus. Donc voilà, depuis un an, nous sommes sur le terrain. Oui, c'est un référendum parce que chacun des agriculteurs doit choisir s'il souhaite continuer dans ce modèle. Ce modèle qui n'est pas avec un bilan réjouissant.

Dix dernières années, c'est 100 000 exploitations en moins, un million de vaches en moins, un abattoir sur trois qui a été fermé. Un tiers des abattoirs ont disparu et on continue à en fermer un tous les mois en France. Donc chacun des agriculteurs doit se poser la question. Jusqu'où peut nous amener ce modèle ? Jusqu'à 150 000 fermes d'ici dix ans ? Est-ce que justement les fermes qui s'en sortent bien aujourd'hui s'en sortiront bien demain puisqu'il n'y aura peut-être pas de repreneurs s'il n'y a pas de revenus ?

13:24
Invité

Arnaud Rousseau, justement, vos opposants vous accusent parfois d'être le porte-parole à travers la FNSA du lobby céréalier et de privilégier les plus grosses exploitations agricoles. Quel modèle est-ce que vous défendez à travers cette élection aux Chambres d'Agriculture ? D'abord, je voudrais dire qu'il n'y a pas un modèle en agriculture. Il suffit de connaître l'agriculture pour se rendre compte qu'il y a des modèles en agriculture et que la ferme que j'ai visitée dans le Lot-et-Garonne, dans un département détenu par la coordination rurale, n'est pas avec les mêmes problématiques quand on est chez un arboriculteur que quand on est chez un céréalier ou un éleveur.

Et donc, l'idée qu'il y aurait un modèle en agriculture ne tient pas. En revanche, nous, on a une vision qui est celle de la croissance, du goût d'entreprendre en agriculture, faisant le constat qu'il y a des projets différents, des territoires différents, mais que tous doivent construire un projet assis sur la liberté d'entreprendre, sur la capacité à vivre, parce que nous, nous assumons de dire qu'un agriculteur, c'est un entrepreneur, du vivant, souvent dans une petite entreprise, à capitaux familiaux essentiellement en France, mais avec cette idée qu'on construit un avenir et qu'on construit là où on est dans son territoire.

Et donc, ce qui nous intéresse, nous, à travers ce mouvement important qu'on a vécu depuis un an, c'est de trouver des solutions, des solutions concrètes. C'est ce qu'on a répété au Premier ministre, c'est ce qu'on porte à travers nos projets de loi et c'est ce qu'on veut développer parce que la colère n'est pas un projet, parce que le chaos, parce que le fait de vouloir affamer tel ou tel n'est pas un projet. C'est ça qu'on construit. Et la place des céréaliers au sein de la FNSEA ? Non, mais vous savez, la FNSEA, Christiane Lambert était éleveuse de porcs, avant elle, Jean-Michel Lemétier était éleveur laitier. La FNSEA, elle regroupe toutes les productions de tous les territoires.

Elle a une représentation territoriale et une représentation par secteur de production. Donc, tout le monde est représenté à la FNSEA et vous avez montré la carte. Si tout le monde est là, c'est parce que tout le monde comprend l'intérêt, dans un moment où il y a 400 000 agriculteurs, de mesurer que les combats, ce ne sont pas les combats entre nous, c'est les combats sur la problématique européenne ou la problématique nationale.

15:11
Présentateur

Mais du coup, Laurence Marrandola, c'est que vous qui défendez à la Confédération paysanne les petites exploitations, la paysannerie, l'environnement. Pour ces élections, vous avez affiché un objectif de remporter une dizaine de chambres. Est-ce que vous pensez vraiment que c'est atteignable ? Vous parliez tout à l'heure du mode de scrutin. Est-ce que vous pensez vraiment, à la fin du mois, pouvoir remporter les petites chambres d'agriculture ? Bien sûr. On ne peut pas dire aujourd'hui qu'il y a un gagnant et un challenger et un autre. Enfin, les élections ne sont pas jouées. Elles ne sont pas jouées d'avance.

Nous, à la Confédération paysanne, l'enjeu de ce moment-là, c'est peut-être un peu les élections de la dernière chance. Ça a été évoqué, le constat, on le fait tous. Il y a 100 000 fermes, 100 000 paysans qui ont disparu la dernière décennie. C'est un constat d'échec. D'échec des politiques publiques, d'échec de l'accompagnement des chambres, d'échec global, sociétal. Et pour nous, syndicalistes qui défendons chaque paysan de chaque paysan, c'est un échec patent. Pour les chambres d'agriculture, elles se doivent de défendre d'abord tous les paysans, toutes les filières. Ce n'est pas le cas aujourd'hui ? Comment ? Elles ne les défendent pas toutes aujourd'hui ? Non. Ah bon, pourquoi ?

Quand on perd 100 000 paysans en 10 ans, c'est bien un échec des politiques publiques. L'échec de qui, alors, pour vous, madame ? Alors, il est pluriel, cet échec. C'est celui des politiques libérales qui nous mettent dans la concurrence des loyers. Il faut qu'il y ait des gagnants. Que la croissance, la croissance en agriculture, ça veut dire des fermes qui s'agrandissent et des fermes qui disparaissent. Ça, ce n'est pas notre modèle, effectivement. Et les chambres d'agriculture se doivent d'accompagner. Vous l'avez dit, tous les modèles, toutes les fermes, toutes les liens, et ce n'est pas le cas aujourd'hui.

Sur le mode de scrutin, Marco Pommier en parlait à l'instant, il n'est pas juste, à vos yeux, ce mode de scrutin d'un mot ? Et vous répondrez, Pierre-Écorel. De toute évidence, il n'est pas démocratique. Puisque la prime majoritaire, la moitié des sièges aux chambres d'agriculture sont raflés par la liste arrivée en tête. Dans mon département, en 2019, on a frôlé les 40%, la Confédération paysanne. On a trois membres sur les 18%. On n'est pas associés au bureau. Le mode de scrutin fait qu'il n'est pas démocratique, qu'il ne permet pas. Et les bureaux sont entièrement fermés au syndicat d'immunerité. Pierre-Écorel vous répond là-dessus.

On est très loin de pouvoir représenter, sur un modèle comme ça, de représenter tous les agriculteurs. Pierre-Écorel, sur le mode de scrutin.

17:23
Invité

Non mais sur le mode de scrutin, très rapidement. Moi, aujourd'hui, on est là pour discuter d'un projet pour les agriculteurs. Même si sur le mode de scrutin, on pourra toujours discuter. Évidemment que quand on voit le résultat qu'on fait pour les raisons qu'on fait, parce qu'on a une structuration et un vrai projet pour l'agriculture.

17:39
Présentateur

Mais sur le mode de scrutin, c'est important pour ceux qui nous regardent. En gros, le premier arrivé en tête, il récupère la moitié des gens. Est-ce qu'il n'est pas temps de le revoir ?

17:46
Invité

Parce qu'il est représentatif de ce que les gens votent, tout simplement. Non, la moitié du vote

17:50
Présentateur

est raflée par le majoritaire.

17:53
Invité

Mais parce que c'est l'expression, moi, je veux bien qu'on discute à chaque élection du mode de scrutin et que quand on se retrouve perdant, on le remette sur le tapis. Mais enfin, ça ne fait pas progresser le débat. Aujourd'hui, ce qui nous intéresse, c'est de savoir quel est le projet pour les agriculteurs. Le mode de scrutin, moi, j'ai envie de dire que c'est un autre combat. Ce n'est pas au moment de la campagne qui se discute, c'est avant avec les pouvoirs publics. Et aujourd'hui, on est là pour défendre une diversité des agricultures. Et voilà, et elle s'exprime par ce mode de scrutin-là qui est, à mon sens, représentatif de ce qu'est l'agriculture sur le territoire.

18:23
Présentateur

97 chambres sur 101, c'est représentatif pour la NSEA, à votre avis ?

18:29
Invité

Écoutez, d'abord, c'est le fruit d'une histoire, c'est le fruit d'un travail, c'est le fruit d'un engagement. Moi, je voudrais quand même rappeler que c'est des hommes et des femmes sur le terrain qui s'engagent. Les candidats, qui sont-ils ? Ce sont des gens qui sont ancrés dans leur territoire, qui portent toutes les productions, toutes les diversités et qui se sont engagés parce qu'on peut commenter tel ou tel. Mais la réalité, c'est qu'il faut travailler, c'est qu'il faut construire, c'est qu'il faut des projets. Et moi, j'aimerais bien qu'on parle des projets parce que c'est ça, le contenu.

18:51
Présentateur

Allez, on y va. On va commencer par notre premier thème et je vous redonne la parole, Véronique Lefloc, dans un instant. Le libre-échange, jusqu'où ? Le traité avec les pays du Mercosur, les pays d'Amérique latine, est devenu le symbole de la couleur des agriculteurs, la concurrence, oui, mais pas quand elle est déloyale, comme nous l'explique Elza Mondingava.

19:14
Invité

Sur les pancartes des agriculteurs en colère, un mot revient sans cesse. Mercosur, c'est l'accord commercial négocié entre l'Union européenne et une grande partie des pays d'Amérique latine. Il prévoit la suppression des droits de douane sur des centaines de milliers de tonnes de produits que l'Europe pourrait importer. 180 000 tonnes de sucre, 180 000 tonnes de volaille, 100 000 tonnes de viande bovine. L'accord fait l'objet d'un bras de fer entre la France et la Commission européenne. Début décembre, Ursula von der Leyen s'est rendue en Uruguay. Tout sourire, elle a acté la fin des négociations. Économiquement, c'est un accord gagnant-gagnant, mais la France ne s'avoue pas vaincue.

Ça n'est qu'une signature. Je vous rassure, là aussi, pour tous ceux qui pensent que tout serait perdu et que c'est un effacement de la France que la Commission ait signé l'accord avec le Mercosur. La messe n'est pas dite, dirais-je en bon laïc, dans ce palais républicain.

20:13
Présentateur

L'accord doit encore

20:14
Invité

être adopté par le Conseil et le Parlement européen.

20:18
Présentateur

La France espère toujours convaincre d'autres pays et former une minorité de blocage. Alors, tous les quatre, vous êtes très clairement opposés à ce traité avec le Mercosur. Vous attendez très clairement tous les quatre que la France parvienne à bloquer cet accord. Mais on va essayer dans cette partie de vous situer sur la question plus vaste du commerce agricole. Patrice.

20:41
Invité

Alors, Laurence Marandola, justement, avec la Confédération Paysanne, vous défendez un objectif de souveraineté alimentaire. Mais que serait la France, la production agricole française, sans ces traités de libre-échange qui lui permettent aussi d'exporter ? Est-ce qu'il faut mettre fin à tous les traités de libre-échange ?

20:55
Présentateur

Oui, il faut mettre fin à tous les accords de libre-échange parce qu'il faut arrêter de faire l'amalgame que pas d'accord de libre-échange égale pas de commerce. On peut faire du commerce, du commerce international sans accord de libre-échange. D'ailleurs, c'est déjà le cas. les tiers les plus exportatrices, c'est vin spiritueux et céréales. Et les pays vers lesquels on exporte... Ils profitent des accords de libre-échange ? Très peu. Vin spiritueux, globalement, majoritairement, la France exporte vers la Chine et les États-Unis. Il n'y a pas d'accord de libre-échange. On peut faire du commerce sans accord de libre-échange.

21:26
Invité

Mais on a vu que l'État, par exemple, était favorable aux produits laitiers.

21:28
Présentateur

Il est favorable à l'actalis. Il est favorable aux grandes entreprises. Il n'est pas favorable aux producteurs. Est-ce que ça a ruisselé dans la poche pire ? L'actalis annonce baisser sa collecte. La Confédération paysanne fait la promotion, enfin, en tout cas, est d'accord avec du commerce de produits agricoles. C'est indispensable sur d'autres bases, sur des bases justes, sur des bases qui rémunèrent le travail. Et on est opposé à tous les accords de libre-échange. Le CETA, on y est opposé depuis toujours. En fait, on n'est pas tous d'accord autour de cette table. Sur le Mercosur, j'ai précisé. Sur le Mercosur, on n'est pas tous d'accord autour de cette table.

On va essayer de y voir plus clair. Ici, disent qu'en fait, avec des clauses miroirs, ça devient acceptable. Des clauses miroirs, je vous ai juste cité un chiffre. C'est du miroir aux alouettes, rien que sur le coût du travail. Le SMIC horaire au Brésil, c'est 1,09€. On ne pourra jamais compétir. Et ne nous dites pas qu'on veut davantage de compétitivité. Personne en France ne veut être payé encore plus bas que ce qu'on l'est pour la majorité des produits.

Arnaud Rousseau, sur le Mercosur, clairement, la Confédération paysanne estime que vous ne le rejetez pas en bloc et qu'à condition d'avoir les fameuses clauses miroirs, la réciprocité, la traçabilité, il deviendrait acceptable, cet accord ?

22:40
Invité

Non, mais il suffit de lire et d'écouter ce qu'on dit depuis des mois. On a été très clair. Pour nous, le Mercosur, c'est non. Et je voudrais dire pourquoi c'est non ? C'est non parce qu'on n'a pas de traçabilité. C'est non parce qu'on importe des denrées produites avec des matières actives ou des modes opératoires qui sont interdits en Europe. Et c'est non parce que ça ne respecte pas les accords de Paris. Donc, il n'y a pas de oui mais ou de peut-être, au même titre qu'on a dit qu'on n'était pas prêt à discuter d'une clause de compensation. Ce qui n'est pas vrai. Il y a eu un engagement sur les accords de Paris dans le cas du Mercosur.

Écoutez, ça m'intéresse beaucoup de l'avoir parce qu'au moment où je vous parle, même le gouvernement français ne l'a pas. Donc, ça m'intéresserait beaucoup de l'avoir. Mais, soit dit en passant, au-delà, ce qui dépasse le Mercosur, c'est quelle position de l'agriculture vis-à-vis du commerce. Nous, on affirme qu'il faut continuer à commercer. Parce que, ça a été dit, quand on a du blé, quand on a des spiritueux, des vins, quand on a des produits laitiers transformés, quand on a de la génétique animale, quand on a... Il faut qu'on puisse commercer.

Mais il faut le faire dans des conditions de réciprocité qui nécessitent que l'Europe se remette en cause et qui nécessitent qu'on contrôle ce qui arrive en Europe.

23:38
Présentateur

On n'est que le floc. Alors, ce double discours, il est insupportable. Je suis totalement d'accord avec Laurence. La FNSEA, les JIA, c'est votre secrétaire général, Hervé Lappi, qui l'a dit, ils étaient favorables à ce Mercosur avec des aménagements. Donc, on l'entend bien avec ces clauses miroirs. Or, nous, à la coordination rurale, c'est une opposition totale à tous ces accords de libre-échange. Il faut exclure l'agriculture de l'Organisation mondiale du commerce car tous ces accords de libre-échange reviennent à une politique favorisant toute l'agro-industrie à laquelle appartient Arnaud Rousseau puisqu'il est président du groupe Avril.

Donc, on connaît les acquisitions de groupes industriels. Là-bas, on connaît la position de l'actalis. Le groupe Avril, pour ceux qui nous regardent, c'est un géant de l'huile dont vous êtes le président du conseil d'administration.

24:29
Invité

Véronique Lefloc, est-ce que ça veut dire que la coordination rurale veut finalement remettre des barrières douanières aux frontières françaises ?

24:35
Présentateur

Eh bien, quelque part, de toute manière, l'agriculture doit bénéficier de cette exception telle que nous l'avions avant 1994.

24:42
Invité

Que deviennent les productions exportatrices ?

24:43
Présentateur

Alors, par exemple, les produits laitiers. Quand vous avez des accords de libre-échange tels que ceux de Nouvelle-Zélande qui permettent à 15 000 tonnes de produits laitiers de venir de Nouvelle-Zélande en Europe, les accords avec le CETA, c'est 15 000 tonnes qui vont d'Europe vers le Canada. On prend maintenant la production porcine avec le Mercosur. 25 000 tonnes de porc à venir en Europe, premier continent exportateur de porc. À quoi cela conduit-il ? Cela veut dire que soit on diminue la production en Europe d'autant, soit on exporte plus et on va faire du dumping. Où ? Dans les pays d'Afrique ? Plutôt que de les aider à relancer leur agriculture ? Donc quoi ?

On fait du protectionnisme à quelles frontières ? Européenne, française ? On remet des barrières douanières ? L'exception agriculturelle. Sortir l'agriculture des accords de l'OMC. Vous voyez bien, ni le Brésil, ni la Russie, ni la Chine, ni les États-Unis, ils protègent tous leur agriculture. Ils ne respectent pas les accords de l'OMC.

25:38
Invité

Pierre-Ycorel, pour les jeunes agriculteurs, justement, quand on regarde les chiffres, la question, c'est qu'il y a un décrochage de l'agriculture française au sein même de la zone euro. Donc, est-ce que ce n'est pas un problème aussi à l'intérieur de l'agriculture française, un problème de compétitivité ? Non, mais clairement, il y a un sujet de compétitivité en France et puis même un sujet de compétitivité avec nos collègues européens. Le sujet du libre-échange, c'est qu'en fait, l'OMC n'existe plus depuis longtemps. Et donc, en fait, on se retrouve sans réelle règle pour encadrer tout ça. Et de ce fait-là, c'est compliqué.

Nous, ce qu'on dit, c'est qu'on a besoin de commercer avec le monde parce que c'est comme ça et c'est très bien. Et d'ailleurs, c'est vecteur de valeur ajoutée pour un certain nombre d'agriculteurs et on ne se voit pas faire sans. En revanche, ce qu'on dit, c'est qu'on doit discuter production alimentaire contre production alimentaire. On ne peut pas être la variable d'ajustement, et c'est ça qu'il faut bien rappeler, de commerce pour d'autres sujets qu'on exporterait, je ne sais pas, des portières de voitures ou en tout cas, quelque chose qui n'a pas attrait avec du produit alimentaire.

Et ça, ce n'est pas compréhensible ni supportable pour l'agriculture qui est déjà en crise sur le territoire avec les sujets de compétitivité.

26:46
Présentateur

Mais la France perd beaucoup de paires de marché agricole

26:49
Invité

par rapport à l'Europe. Je voudrais rappeler pour ceux qui nous écoutent que la balance commerciale agricole et agroalimentaire française qui était très favorable il y a une quinzaine d'années, un peu supérieure à 10 milliards en fonction des années, est aujourd'hui quasiment réduite à zéro. Nous avons perdu notre capacité productive. Le sujet de fond sur les questions de ce qui se produit ailleurs sur la planète, c'est est-ce qu'on est capable de garder en France ou pas une capacité productive ? Pas pour, comme je l'entends, faire du productivisme ou faire de l'exportation à tout crin.

C'est que si on veut créer de la richesse dans un pays dont tout le monde a compris que le budget était arrivé au bout, on veut créer de la richesse, il faut qu'on arrive à produire. Donc produire plus. Et pour produire, au moins autant, regardons les chiffres. Au moins autant. On importe aujourd'hui 40% de nos légumes, 60% de nos fruits, 25% de notre vio de bovine, 60% de notre vio de bovine, 50% de nos poulets et je pourrais continuer à dire nous avons besoin de produire avec des standards qui sont parmi les plus élevés de la planète en Europe et on a besoin de le faire dans un cadre où on ne nous met pas en compétition avec des gens qui ne respectent pas nos règles.

Et puis un petit mot puisque j'ai été interpellé et que je voudrais répéter ici, je préside au titre de la FNSEA le groupe Avril puisque le groupe Avril est détenu par le monde agricole, est ancré avec des administrateurs qui viendront toujours de la FNSEA et je le fais dans une entreprise qui ne verse pas de dividendes aux actionnaires qui réinvestit tout au profit de la Ferme France qui est au Brésil dans 19 pays tout ça est très transparent il suffit de le garder et qui vient d'investir et qui vient d'investir en France une entreprise à Amiens qui fabrique des acides aminés pour l'élevage qui est la dernière en Europe.

Donc oui, nous assumons le fait de parler de souveraineté alimentaire pour nous c'est vrai Laurence Marron de la raison ça n'est pas à l'échelle du canton ou de la commune c'est à l'échelle d'une vision globale mais redisons les chiffres nous perdons de la capacité de production et nous ne pouvons pas des produits qu'il ne respecte pas et c'est l'intérêt du consommateur demain d'avoir des produits de qualité dans son acide.

28:35
Présentateur

Et alors justement sur cette capacité de production sur cette souveraineté alimentaire est-ce que ces règles de libre-échange même au sein de l'Union Européenne sont justes ? Quand on voit par exemple la concurrence des fruits et légumes espagnols vous disiez tout à l'heure qu'on importe 50 à 60% des fruits et légumes en France on a en France des capacités de produire des fruits et des légumes est-ce qu'il faut également revoir ces règles à l'échelle européenne ? Pierre Ricorrel vous voulez peut-être répondre ?

28:59
Invité

Non mais bien sûr qu'il faut revoir parce qu'on ne peut pas prétendre à une Europe et c'est ce qu'on appelle de nos voeux une Europe plus forte plus souveraine sur les questions alimentaires quand on est challengé par les deux blocs aujourd'hui qui sont en train de se dessiner à l'Est et à l'Ouest nous on est pris en étau on a besoin d'avoir une réponse concrète et des moyens de production harmonisés au niveau européen on ne dit pas qu'il faut que le niveau français soit respecté de partout on dit qu'il faut arrêter de surtransposer en France parce que sans ça on le voit on le constate Madame Marandola l'a dit on a perdu 100 000 agriculteurs c'est bien parce qu'on a une perte de compétitivité à un moment donné qu'on n'est plus capable de se positionner sur des marchés intérieurs tels que des marchés européens donc évidemment qu'il nous faut moins de surtransposition et plus de compétitivité très urgemment pour les agriculteurs sur le territoire

29:40
Présentateur

sur les accords de libre-échange et les fruits et légumes il faut aussi bien comprendre que les choses ne sont pas inéluctables on peut continuer à se battre pour éviter la ratification pleine et entière de l'accord avec le Mercosur pareil avec le CETA il n'est pas ratifié et on vient je dis on Confédération Paysanne avec l'annulation d'un accord de libre-échange c'est possible celui entre l'Union Européenne et le Maroc qui concernait justement des fruits et légumes et autour de cette table c'est bien la Confédération Paysanne qui a mené ce combat qui a plus de 15 ans et qui permet de gagner des victoires et de protéger et de relocaliser les fruits et légumes en France Véronique Lefloc sur cette question de libre-échange Juste compléter là-dessus mais c'est vrai je partage je valide cette position-là qui donnait justement 85% des contingents de tomates à la France venant d'Europe juste pour rebondir sur cette perte de compétitivité ou ce que vous défendez de produire plus avant de produire plus au moins autant à dire Arnaud Rousseau au moins autant en ce qui concerne les céréales à quoi bon être exportateur net de blé tendre de blé dur pour ensuite être déficitaire en pâtes alimentaires qui sont faites à partir du blé dur en farine puisque un paquet sur deux de farine vient d'être importé pareil pour les pâtes alimentaires nous avons un gros problème aussi avec la pomme de terre où nous sommes exportateurs nets mais en termes de produits à base de pommes de terre nous sommes largement déficitaires donc il y a un problème

31:07
Invité

ça est-ce que c'est pas un problème de compétitivité industrielle française parce que les pommes de terre sont produites en France et elles sont transformées en Belgique

31:14
Présentateur

alors la compétitivité de la ferme France et de l'industrie française elle se révèle positive à travers la balance commerciale avec les pays tiers elle est juste négative et déficitaire avec l'Europe elle était positive de 5 milliards d'euros il y a 10 ans aujourd'hui on est arrivé totalement déficitaire pourquoi ?

parce qu'au moment où a été créée la politique agricole commune c'est une politique qui a considéré qu'il fallait produire un prix faible mondial pour permettre d'aller à l'export en contrepartie de quoi nous agriculteurs nous avons bénéficié de ces compensations donc cette politique a permis à tous les industriels de se développer et aujourd'hui tous les industriels sont implantés ailleurs qu'en France et peuvent pratiquer une délocalisation de résultats vous voulez répondre là-dessus pour conclure sur ce thème on n'a pas parlé de l'Ukraine aussi qui évidemment n'est pas dans l'Europe mais pourrait y entrer un mot est-ce que vous êtes évidemment hostile à cette entrée qui serait une concurrence déloyale ?

32:17
Invité

Juste pour rebondir rapidement sur ce qu'a dit Madame Lefloc je ne comprends pas bien si on doit produire moins pour correspondre à nos enjeux de transformation industrielle ou si on doit plutôt construire des filières notamment avec notre proposition sur Egalim pour avoir une juste répartition de la valeur On est bien sur le revenu juste après et continuer à avoir des outils industriels qui transforment en France pour les agriculteurs et pour les consommateurs j'ai pas bien saisi le sujet J'ajoute qu'il nous faut des outils industriels il faut qu'on assume ça il y a un moment 80% de ce qui sort de nos exploitations même 85% nécessite une transformation le kilo de farine le litre de lait le litre d'huile qui arrive sur la table du français ou l'entrecôte ou le steak haché sont bien passés par des outils de transformation et donc on a besoin d'avoir une vision en filière qui construit de la valeur pour nos fermes et je le dis parce que comme on me taxe d'être un industriel j'ai constaté en allant dans le Lot-et-Garonne que monsieur Bousquet-Cassagne président de la chambre d'agriculture du Lot-et-Garonne est lui-même PDG de l'abattoir du coin donc vous voyez bien que dans le monde agricole en tous les cas nous on l'assume il faut qu'on s'empare de ce qui se passe autour de nous parce que le monde est grand le monde est compétitif et on a besoin nous de nous assurer du revenu

33:21
Présentateur

je voudrais un tour de table très rapidement vous me répondez oui non sur l'Ukraine qui est candidate à l'entrée dans l'Union Européenne ça va prendre des années voire des décennies on parle du grenier à blé en parlant de l'Ukraine vous êtes contre son entrée oui ou non Laurence Marandola je représente un syndicat agricole je ne suis pas pour ou contre mais ça va de toute évidence redessiner complètement les forces en présence la carte de l'agriculture pénaliser les agriculteurs français ça a conduit à une concurrence déloyale impossible de supporter avec justement des produits qui ne respectent pas nos normes là-bas qui veut répondre l'un de vous deux seulement sur l'Ukraine pour terminer

33:56
Invité

la question c'est qui paye et est-ce qu'il y a comme on l'a en Europe une équité de traitement donc de ce point de vue là on est d'accord on ne peut pas importer des produits qui ne respectent pas nos standards ça vaut pour le Brésil ça vaut pour l'Ukraine et ça vaut pour d'autres

34:06
Présentateur

rapidement et pour que Arnaud Rousseau réponde puisqu'il était intervenu sur BFM en disant que l'entrée de l'Ukraine aurait du sens l'entrée de l'Ukraine en Union Européenne aurait du sens

34:17
Invité

je le dis et je le réaffirme vous savez les Ukrainiens ils se battent pour leur liberté et en fait ils auront le choix entre soit aller dans le bloc russe soit aller dans le bloc européen et la vision géopolitique et géostratégique que nous supportons c'est un moment d'ancrer les gens pour peu que l'Europe respecte ce qu'elle est c'est-à-dire un marché unique et donc je l'ai dit un marché unique règle unique pour le moment un processus c'est minimum 20 ans et on ne l'acceptera que s'il y a des règles

34:44
Présentateur

allez on passe à notre deuxième thème comment vivre dignement de l'agriculture c'est la principale cause de la détresse des exploitants agricoles la faiblesse de leur revenu avant de vous entendre et merci vous tenez parfaitement vos temps de parole on va faire un point sur les chiffres avec Hélène Bouduel

35:05
Invité

s'il y a bien un point qui met tous les syndicats agricoles d'accord c'est enfin trouver une solution au problème du revenu agricole à long terme pour qu'on puisse renouveler les générations et pour qu'on puisse produire sereinement dans notre pays notre travail est toujours aussi mal valorisé il y a toujours des gens qui se sucrent sur notre dos une rémunération trop faible 1910 euros par mois en moyenne pour un foyer agricole et des disparités énormes les revenus sont trois fois plus élevés dans les grandes cultures céréalières souvent que dans les élevages bovins les plus grosses exploitations ont aussi un revenu quatre fois plus élevé que les petites je m'en sors comme je peux voilà au fil des années on n'a quand même pas de revenu fixe nous les agriculteurs donc ça dépend de comment on vend de comment on a récolté voilà cette année ça va être une année difficile parce que je vous dis c'est entre moins 40 et moins 50% de production en moins donc de vente en moins donc de revenu en moins voilà des situations qui deviennent même catastrophiques pour certains agriculteurs comme ce producteur de céréales pour éponger ses déficits il a dû prendre une décision radicale on a vendu nos deux voitures et puis là on est en train de vendre notre maison voilà c'est la maison de ma grand-mère ça pour l'instant avec ma femme et mes enfants on vit dans le logement de l'apprenti on est un petit peu entassé mais bon alors face à cet effritement des revenus quelles solutions proposez-vous

36:36
Présentateur

Laurence Marangdola les lois Eyalim qui étaient quand même censées garantir les revenus des agriculteurs on voit bien que ça marche pas vraiment qu'est-ce que vous proposez vous pour garantir le revenu des agriculteurs est-ce qu'il faut revenir à des prix planchers enfin plutôt mettre en place des prix planchers oui alors pour le revenu qui est la question principale il y a des grandes disparités au sein même d'une filière comme celle des céréales c'était intéressant à ce titre l'exemple qu'on a vu effectivement pour nous il est indispensable et il est possible d'établir des prix rémunérateurs minimum garantie la loi Eyalim c'est un échec c'est un échec pour deux raisons c'est que d'abord elle ne s'applique qu'à des filières volontaires sur le caractère du volontariat on connaît le rapport de force on connaît le petit pouvoir de la production des agriculteurs face à de la grande industrie face à de la grande distribution la base du volontariat ça fait quoi aujourd'hui ça fait qu'Eyalim s'applique seulement à la filière laitière et un petit poil à la viande c'est tout et en plus Eyalim sous son titre de partage de la valeur n'a été incapable même dans le lettre de sanctuariser de protéger un revenu pour les agriculteurs qui puisse couvrir le coût de production de nos charges qui en plus ont beaucoup explosé depuis la guerre en Ukraine un revenu minimum expliquez-nous concrètement ce que c'est qu'un revenu minimum ce qu'on appelle des prix planchers garantis comment ça fonctionne sachant que le coût de production varie même d'une région à l'autre et d'un secteur à l'autre on sait faire dans le lait on sait faire les instituts de l'élevage c'est pas nous définissent un coût de production un indicateur coût de production il y en a 4 en France pour le lait c'est très concret si on est en pleine ou en montagne c'est pas la même chose du coup il y a deux indicateurs et après c'est encore divisé en deux pour l'agriculture conventionnelle et l'agriculture biologique on sait faire ça sera pas pile poil le coût de production de chaque ferme mais au moins au moins c'est une référence peu ou prou qui est extrêmement importante ce qu'on veut aujourd'hui nous on appelle ça un prix minimum garanti c'est le coût de production un SMIC minimum et la protection sociale et la protection sociale c'est droit sociaux c'est important un SMIC c'est pas l'objectif en soi c'est juste qu'enfin on interdise par le prix que des agriculteurs soient rémunérés en dessous du SMIC et c'est le cas aujourd'hui donc nous on appelle ça des prix minimum garantis on l'a connu en Europe ces hausses existent aujourd'hui dans des très grandes puissances agricoles ça doit être assorti d'une répartition des volumes sinon c'est les plus grandes fermes qui vont tout rafler et le revenu c'est les prix et c'est aussi une autre répartition des aides de la PAC je veux quand même dire que sur le prix plancher alors nous on l'appelle pas comme ça le jour où le président en a parlé au dernier salon de l'agriculture à la FNSA vous avez de suite eu les comptes que c'est du soviétisme alors que c'était le mot alors qu'en fait de très grands pays on va faire circuler la parole sur cette question des prix plancher Véronique Lefloc vous qui êtes éleveuse laitière du coup sur cette question des revenus minimum garantis vous seriez pour aussi et l'étendre à tous les domaines de l'agriculture alors compliqué d'aboutir à un chiffre qui conviendrait à tout le monde maintenant comment fait-on pour avoir du revenu deux façons d'agir d'abord sur les charges ce que nous nous demandons à la coordination rurale c'est un bouclier énergétique ce n'est pas compliqué étant donné que l'énergie consommée par le secteur agricole en France c'est seulement 3% de l'énergie or l'énergie le bouclier tarifaire n'a pas suffi non et nous l'avons encore prouvé ce matin lors de notre rendez-vous avec le Premier ministre nous avons des factures qui ont multiplié par 4 dans certains secteurs ceux qui irriguent ceux qui font la transformation le stockage les porcheries les serres pour faire des fruits et légumes donc donc permanent le bouclier il faudrait un bouclier pour ce secteur puisque l'accès à une nourriture accessible à tous justement doit être en partie assuré par ce type d'intervention donc le bouclier énergétique les taxes foncières sur le non-bâti on demande une exonération totale puisque la taxe aujourd'hui équivaut au double de la flat tax c'est à dire de la taxation des dividendes et qui paye tout ça ?

nous les agriculteurs les propriétaires non mais qui payeraient toutes ces exonérations ? alors on a des solutions comment vous financez ? alors on le finance par la suppression de l'office français de la biodiversité par une surtaxe carbone sur le fret de tous ces produits importés et on a d'autres solutions il y a aussi la révision du système social pour alléger le coût du travail pareil on le paye par ces mesures et d'un autre côté il faut donc baisser les charges et davantage de prix comment on a davantage de prix ?

déjà en intervenant auprès de nos coopératives et des industriels qui nous achètent nos produits pour les coop il faut une loi de moralisation des coopératives qui aujourd'hui sont pour la plupart au moins toutes les grandes coopératives montées avec des multinationales lesquelles détiennent les filiales les filiales versent des dividendes qui ne redescendent pas aux agriculteurs il suffirait que ces filiales reviennent au bilan des coop ou que l'on remette comme actionnaires les agriculteurs sur les prix planchers on n'a pas compris vous êtes pour ou vous êtes contre ?

alors bien sûr ça revient à avoir des prix planchers mais comment les déterminer dans tous les cas il faut que l'objectif de deux SMIC net soit atteint et deux SMIC net n'a pas la même valeur qu'on soit à la FNSEA ou à la coordination rurale et peut-être pas à la Confédération Paysanne en tout cas nous deux SMIC net c'est 60 000 euros pour enlever les charges et avoir ces deux SMIC net

42:00
Invité

du côté des jeunes agriculteurs les prix planchers est-ce que vous êtes pour ou contre ? et deuxième question une partie du revenu des agriculteurs dépend des ZPAC est-ce qu'il ne faudrait pas remettre à plat ces ZPAC pour justement demain favoriser la transmission des exploitations ?

alors pour reprendre un petit peu dans l'ordre déjà sur les prix planchers c'est vraiment un point de désaccord pour le coup on est contre tout simplement parce qu'on estime que d'abord on a besoin de coûts de production dans la construction du prix en marche avant qu'on a travaillé sur une loi qui est Galime qui vient quand même bouleverser 30 ans voire un peu plus de commerce et de techniques de commerce où finalement l'acteur de la grande distribution était plutôt très fort et donc ça prend du temps c'est pas aussi rapide que ce qu'on voudrait mais on continue de le pousser parce qu'on l'a travaillé parce qu'on s'aperçoit que sa structure décide

42:49
Présentateur

ça marche mais pas assez bien ce que vous dit la Confédération c'est qu'il y a un problème d'obligation en fait tant que ce ne sera pas contraint ça ne marchera pas

42:58
Invité

la base du volontariat

43:00
Présentateur

n'est pas suffisante

43:00
Invité

qu'est-ce que vous répondez ? moi en tant que jeune agriculteur j'ai pas envie de gagner un SMIC ou deux SMIC j'ai envie de gagner la valeur réelle de mon travail de mon implication et voilà la question c'est

43:10
Présentateur

comment on protège les plus faibles en fait comment encore on a 20% d'agriculteurs qui sont présents sous du SMIC

43:16
Invité

c'est de ça qu'on parle d'abord les prix planchers ça ne fonctionne pas dans une économie telle que nous avons en Europe ça ne fonctionne pas je vais essayer de vous répondre ça ne fonctionne pas parce que soit le prix autour de nous est plus bas et tout le monde file acheté à côté soit le prix est plus élevé et le prix plus élevé devient un prix plancher donc le prix plancher devient un prix plafond ça ne fonctionne pas dans nos économies est-ce que ça ne pousse pas la question des centrales d'achat européennes justement ?

entre autres et d'ailleurs ça explique les raisons pour lesquelles nous on pense que EGALIM n'est pas parfait mais a quand même fait bouger les lignes parce qu'on observe que la grande distribution est en train de bouger y compris avec les centrales européennes et on observe quand même que ça a permis de faire cesser la déflation est-ce que c'est assez ? la réponse est non mais vous voyez bien que là il y a un choix clair qui se propose aux agriculteurs soit on va dans les deux cas vers l'économie administrée en disant il faut mettre des prix à telle date je ne sais pas comment

44:09
Présentateur

ça existe ça existe quand vous vendez du gaz issu de votre méthaniseur donc on peut se battre pour des prix garantis dans certains domaines et pas pour l'essentiel du revenu des agriculteurs mais moi je vous dis pourquoi des prix garantis ça peut exister et ça fonctionne et est-ce que le fait que ça devienne un prix plafond c'est pas un peu dissuasif pour les agriculteurs ?

je le redis pour la Confédération Paysanne c'est pas un prix plancher c'est un prix minimum garanti qui doit être corrélé à des volumes de production mais qui doit pouvoir augmenter qui est relié directement au coût de production et qui doit être assorti de mesures aux frontières effectivement pour éviter que rentrent des produits mais c'est pour est-ce que cesse enfin que des agriculteurs qui sont en travail à perte très claire entre la FNSEA

44:50
Invité

et je le dis parce qu'il y a eu un communiqué de presse qui avait été fait le 10 avril où la CR et la Confédération Paysanne portaient ensemble auprès du président de la République ce sujet des prix planchers là je pense que pour ceux qui nous écoutent

45:01
Présentateur

il faut qu'ils comprennent c'est pas écrit prix plancher

45:04
Invité

très bien j'explique en tous les cas que vous avez un projet qui n'est pas le nôtre et que ça me paraît important que les agriculteurs et les agricultrices qui nous écoutent aient vu la liberté et on est là pour ça j'ai une question quand même sur le fonctionnement un mot sur les coopératifs quand même parce que moi je veux pas laisser passer l'idée que les administrateurs de coopératifs quels qu'ils soient en animal, en végétal seraient des gens qui seraient pas sérieux ou qui seraient inféodés à des problématiques de gouvernance nous on respecte profondément tous les agriculteurs et les agricultrices qui s'engagent dans des coopératifs quelle que soit leur taille parce qu'on a besoin d'outils économiques pour densifier le marché pour faire en sorte qu'on puisse être en contact parce que quelle que soit la taille d'exploitation on n'a pas la taille critique pour souvent aller au marché et donc nous on a envie et là aussi je crois que c'est une ligne de fracture de dire que ceux qui sont engagés dans les outils économiques ont du sens en tous les cas on le porte avec légère

45:51
Présentateur

C'est dit je voudrais qu'on parle de la PAC Charlotte, les aides à l'hectare il y a une philosophie générale même si elle est un peu corrigée sur la PAC Oui, aujourd'hui les aides de la PAC sont pour leur grande partie liées à la taille de l'exploitation plus on a d'hectares ou plus on a de têtes de bétail plus on touche d'aides de la PAC la question est simple est-ce qu'il faut réformer cette PAC pour que notamment elle puisse mieux aider les petits exploitants et augmenter les revenus ?

46:24
Invité

Écoutez, déjà le premier combat qu'on doit mener il me semble c'est sur la question du maintenir le budget pour l'agriculture et pour les raisons qu'on a évoquées en termes de compétitivité d'accompagnement des agriculteurs Maintenant sur les dispositifs de versement des aides évidemment qu'ils évoluent et aujourd'hui on a besoin d'accompagner tous les agriculteurs qui sont en activité et donc pour ça

46:46
Présentateur

L'aide à l'hectare est-ce que c'est justifié encore aujourd'hui ?

46:49
Invité

L'aide à l'hectare du moment qu'elle est corrélée à une production c'est ça qui nous intéresse nous on a besoin de retrouver de la production de la production accompagnée

46:55
Présentateur

Ça veut dire quoi corrélée à une production ?

46:57
Invité

Ça veut dire tout simplement que si on produit quelque chose sur des terres de culture agricole ça contribue à avoir une aide à l'impact peu importe si c'est à l'hectare peu importe si c'est à la production de viande de céréales ou peu importe Oui mais certains types de cultures ont très peu d'aides PAC et on a vu quand les prix par exemple des céréales étaient au plus haut les céréaliers bénéficiaient d'aides importantes est-ce que ça ça ne serait pas à revoir quand même est-ce que c'est logique que quand les marchés sont au plus haut certains agriculteurs touchent des aides PAC importantes pendant que d'autres types de cultures ne bénéficient de très peu d'aides Permettez-moi de rappeler qu'on a uniformisé les aides à l'hectare sur cette réforme là On est à peu près On n'y est pas On n'y est pas On est à 70% On part de loin Je rappelle aussi qu'il y a un certain nombre d'agriculteurs que ça peut déstructurer une réforme comme ça donc ça prend du temps et aujourd'hui l'objectif c'est celui-là et donc encore une fois nous peu importe le dispositif pourvu qu'il soutient une production sur le territoire et une production qu'on veut tous voir évoluer sur notamment une adaptation au changement climatique on y reviendra et voilà c'est ça qu'on appelle de nos voeux

48:02
Présentateur

Laurence Marandola pour l'aide à l'hectare et le soutien on revient au premier pilier on change évidemment je voudrais quand même rappeler ici que la PAC 9 milliards et demi en France on est d'accord il faut garder du budget on a besoin d'une politique et de soutien à l'agriculture 30% des agriculteurs de ce pays ne touchent pas d'aide de la PAC parce que très petite surface parce que vitis ça c'est un peu un autre sujet dans les bénéficiaires de la PAC 25% des bénéficiaires de la PAC touchent moins de 5000 euros quand il y a des fermes j'en ai en face qui touchent plusieurs centaines de milliers d'euros comment est-ce qu'on peut dire que ce modèle soutient le revenu de tous les agriculteurs quand certains sont complètement oubliés et d'autres d'autres récupèrent des subventions énormes et d'autres à peine un peu d'accord avec ça est-ce qu'on soutient le revenu via la PAC de tous les agriculteurs ou pas c'est très souvent ça constitue pour ceux qui nous regardent une part importante du revenu que c'est les aides à la PAC on n'est pas dans un revenu mais on est dans un complément de revenu est-ce qu'il faut aller vers cette réforme de l'aide à l'hectare alors la PAC déjà elle est de moins en moins commune elle est renationalisée et ce que nous demandions déjà il y a un an à Marc Fénaud c'était justement de solliciter ces homologues européens pour partir dans une révision une réforme totale de cette politique agricole commune et l'inscrire dans une période beaucoup plus longue au moins 10 ans parce que nous agriculteurs ne nous y retrouvons plus ensuite quand on regarde la part des aides des compensations de la PAC sur le revenu disponible ça va de pratiquement rien à 250% certaines années chez les producteurs au vin et beau vin donc ça démontre que ça ne va pas et on a vu nulle part des études qui pourraient justement s'appuyer sur les modèles contracycliques comme aux Etats-Unis pour justement davantage compenser les années où il y a le moins de revenus ensuite faire une aide à l'actif c'est aussi dangereux parce que vous pouvez avoir une exploitation avec beaucoup d'actifs salariés est-ce qu'on les compte est-ce qu'on ne les compte pas comment fait-on est-ce que justement on bénéficie moins d'aide en France par rapport à d'autres Etats membres le système est injuste mais attention à quelle réforme on construit pour terminer sur les revenus qu'est-ce que vous proposez on parle parfois des quotas des quotas de production par pays pour éviter la guerre des prix en Europe est-ce que vous ayez favorable

50:20
Invité

sur la PAC bon d'abord les viticulteurs touchent de la PAC ils ont un OCM une organisation commune de marché et ils touchent évidemment des aides à l'assurance donc voilà je voulais apporter cette précision pour le reste ce qui compte dans la PAC et ce qu'il faut expliquer à ceux qui nous écoutent c'est que la PAC c'est la subvention de ce qu'ils ont dans leur assiette et que si on n'est pas subventionné alors que tous les blocs mondiaux le font alors on détruira notre agriculture après on peut parler de la manière dont on répartit et nous on n'est pas hostile à discuter il y a un débat et je ne veux pas échapper à la question entre les hectares versus les actifs

50:50
Présentateur

enfin même sur la surprise je termine madame Marandola je vous laisse la parole

50:55
Invité

dans un instant je veux dire qu'il faut qu'on soit vigilant parce que les pays de l'Est de l'Europe ont beaucoup plus d'actifs que nous donc il faut quand même qu'on soit un tout petit peu vigilant et par ailleurs ensuite l'idée c'est de finir la convergence et d'assurer que la PAC qui est aujourd'hui économique, environnemental et sociétal ne perde pas le volet économique voilà ce que nous nous portons et nous revendiquons la corrélation à la production parce que je le redis continuer à produire dans ce pays qui est en train de perdre sa capacité productive c'est tout l'ambition et je crois que ça doit être l'ambition européenne les américains la semaine dernière ont remis 100 milliards sur l'agriculture ne soyons pas naïfs faisons en sorte que les européens gardent une alimentation de qualité

51:31
Présentateur

pour terminer ce chapitre j'aimerais que vous dise aux agriculteurs cette fois-ci qui nous regardent est-ce que c'est pas perdu d'avance ce combat sur les revenus est-ce que les syndicats que vous êtes vous pouvez porter des solutions concrètes pour leur dire on va sortir d'un SMIC ou à peine plus d'un SMIC certains agriculteurs sont à 700 euros par mois est-ce que vous êtes crédible sur ce débat ça fait des années qu'il est sur la table Laurence Marandola bien sûr qu'on le porte ce combat mais qu'on le portait mais est-ce que vous pensez qu'il est atteignable il doit être atteignable pour la Confédération paysanne il doit absolument être atteignable sinon on accepte qu'il y ait quelques gagnants quelques firmes et qu'on perde l'ensemble des agriculteurs ça c'est juste pas une vision d'avenir entendable pour nous mais on nique le floc oui bien sûr ça fait des années qu'on parle du revenu ça fait des années qu'on en parle mais on peut obtenir justement ces prix davantage rémunérateurs déjà en regardant les prix pratiqués par d'autres pays européens et on voit bien par exemple en lait les autres pays ont des prix équivalents au nôtre en termes de coûts de production et sont mieux payés donc c'est possible il faut cette régulation de la production c'est-à-dire ne pas rentrer dans ces excédents et ensuite au niveau de la politique agricole commune je voudrais rajouter on a une réserve de crise qui devrait être abondée justement pour être là davantage les années de crise qu'elles soient climatiques sanitaires parce qu'autrement on va perdre le potentiel de production de nos élevages allez on va passer à notre troisième thème l'écologie stop ou encore le pacte vert européen vous le savez a été en partie vidé de sa substance face à la colère des agriculteurs dans toute l'Europe on a levé le pied sur l'obligation des 4% de jachères mais aussi et surtout sur un certain nombre d'exigences environnementales est-ce que c'est une bonne chose est-ce que vous dites ouf il faut une pause environnementale une pause sur les normes y compris en France Véronique Lefloc Eh bien écoutez nous l'environnement c'est quelque chose qui est important les agriculteurs font de l'écologie appliquée c'est là où ils travaillent donc nous sommes favorables à la santé des agriculteurs de leur famille et bien sûr de tous les citoyens mais il faut garder un côté rentable maintenant est-ce que la politique telle qu'elle est menée au niveau de l'Europe est juste je pense par exemple au Green Deal qui fixe des objectifs de réduction par exemple des produits phytosanitaires de 50% mais quand vous avez des pays qui comme les Pays-Bas épandent sur leur terre utilisent à l'hectare 12,7 kilos de matière active alors qu'en France on est à 3 kilos et quelques est-ce que l'objectif de réduction de 50% il est logique ?

Eh bien non nous allons finir par tuer le potentiel de production donc on arrête en France de faire plus que chez nos voisins en matière des phytosanitaires c'est ça ? des limites en valeur relative et non pas des objectifs de pourcentage de réduction et à du coup pour être clair est-ce qu'il faut plus ou est-ce qu'il faut moins de pesticides dans l'agriculture aujourd'hui et demain Arnaud Rousseau ?

54:49
Invité

Il faut des solutions pour les agriculteurs je suis allé en Dordogne et dans le Lot-et-Garonne où les producteurs de noisettes me disent on est dans l'impasse si on n'a pas une matière active qui s'appelle l'acétamipride qui est autorisée en Allemagne et en Italie on ne produira plus en France ça pour nous c'est pas acceptable moi je voudrais quand même rappeler qu'on a fait des efforts colossaux parce qu'on peut dire pour répondre à votre question si c'est de l'écologie politique qui est punitive on n'en veut pas si c'est une écologie pragmatique qui permet d'apporter des solutions aux poupées du terrain et de continuer à produire en France une alimentation de qualité alors on est prêt et moi je voudrais dire que les agriculteurs sont ceux qui servent l'écologie parce que qui est sur le terrain tous les jours qui a fait les efforts qui a diminué de manière substantielle les CMR1 les produits les plus dangereux des phytos 95% de moins en 20 ans c'est nous donc ayons une vision pragmatique des choses nous on a besoin de stocker de l'eau on a besoin de continuer à avoir des matières actives pour pouvoir répondre comme les français se soignent quand ils sont malades on a besoin d'avoir du foncier disponible qui ne disparaît pas on a besoin d'avoir des technologies je pense notamment aux nouvelles techniques de sélection générique voilà et ça c'est une écologie pratique qui n'est pas une écologie de l'incantation qui est une écologie du progrès enregistré

55:51
Présentateur

et ça vous le dites à Laurence Marandela de la Confédération Paysanne droit dans les yeux on fait une pause ça suffit

55:56
Invité

moi je respecte les gens qui portent des projets différents nous n'avons pas le projet le même projet que la Confédération Paysanne je crois que tout le monde le sait moi j'affirme ce qu'est notre vision et comment on imagine que demain on a besoin de solutions quand vous mettez les gens dans l'impasse vous faites de la paupérisation et vous importez de l'étranger je pourrais vous parler de la cerise je pourrais vous parler d'autre chose ça n'est pas la solution

56:16
Présentateur

on est allé trop loin Laurence Marandela on a paupérisé nos agriculteurs avec nos normes alors sur la cerise on a été fervent opposant justement enfin on a été favorable à l'interdiction du 10 mètres de lois mais on a obtenu alors attendez les phytocs dont vous parlez il faut bien comprendre de quoi parle-t-on c'est un produit pour protéger la cerise qui a été interdit en France

56:33
Invité

qui ne fonctionne pas

56:34
Présentateur

et qui et on a obtenu une clause de sauvegarde pour justement éviter d'importer des cerises traitées avec ce produit-là dans l'Union Européenne la France aujourd'hui on est le deuxième pays le pays le deuxième pays qui a le plus d'autorisation de produits phytosanitaires en Europe on ne peut pas dire qu'on fait de la super surtransposition on a une très grande quantité et on est extrêmement favorable à l'interdiction si on a baissé les CMR1 attendez pas trop de sigles s'il vous plaît c'est les phytos les plus dangereux pour la santé cancérigène mutagène reprotoxique CMR si on a baissé l'utilisation c'est parce qu'il y a une interdiction dans la loi des fois il faut passer par l'interdiction pour nous c'est ce qu'on défend à la Confédération paysanne les plus toxiques on interdit et ensuite sur la noisette vous répondez quoi on envisage il se trouve que cette molécule elle est utilisée pour la noisette elle est aussi c'est un produit de la famille des néonicotinoïdes donc tueurs d'abeilles et tout qui ont été interdits effectivement c'est aussi utilisé en betterave donc la noisette c'est un problème mais c'est un produit qui sert aussi à la betterave et du coup il faut l'évoluer sur les néonicotinoïdes le Sénat va étudier une proposition de loi qui réintroduit justement ces fameux néonicotinoïdes interdits en France mais autorisés dans le reste de l'Union Européenne comme l'acétamipride donc appelé par les producteurs de noisettes par les producteurs de betterave ça sera interdit au niveau de l'Union Européenne dans très peu de temps question ?

oui mais si demain si demain la France parvenait à réautoriser ces néonicotinoïdes en France est-ce que vous y seriez favorable Véronique Lefloc ? à partir du moment où ça permet de maintenir le potentiel de production plutôt que d'importer des produits qui seraient produits avec ces substances bien évidemment parce que le produit va être consommé sinon ce serait des importations avec ce produit

58:25
Invité

Pierre-Ycorel on avait vu avec le Grenelle de l'environnement des engagements très forts moins 50% d'utilisation des pesticides ça n'a pas marché alors est-ce qu'il ne faut pas justement repenser la façon on prend des décisions politiques mais sans préparer la manière de trouver des substitutions est-ce que ce n'est pas dans la recherche qu'il faut investir aujourd'hui ? Est-ce qu'il ne faut pas d'abord fixer un objectif et se donner les moyens d'y parvenir ?

Mais complètement moi faire de l'écologie par objectif chiffré qui serait confortable pour tout le monde et à des fins politiques je crois que ça ne répond pas du tout aux enjeux ni des consommateurs ni des agriculteurs et la preuve en est c'est qu'on est dans l'impasse et ce que je voudrais dire c'est qu'aujourd'hui on n'a pas d'agriculteurs qui sont heureux de pouvoir traiter à outrance ou quoi ça n'existe pas ça c'est des dogmes c'est des choses qu'on voudrait nous faire croire la réalité des choses c'est que si on ne produit pas avec des moyens de lutte notamment parce qu'on parle des produits végétaux mais on pourrait aussi parler des animaux et bien de toute façon on sera en concurrence déloyale avec d'autres pays parce que les consommateurs voudront de toute façon ce produit-là à un moment donné et parce qu'ils le voudront le payer avec les bourses qui sont à l'heure et le pouvoir d'achat qui a baissé donc si on ne le fait pas chez nous de toute façon on le fera rentrer sur le territoire donc qu'on ait une vision de planification avec des engagements des étapes ça ça constitue une solution pour ne pas laisser les agriculteurs dans l'impasse

59:48
Présentateur

On arrête la surtransposition aussi c'est-à-dire faire plus que ce que l'Europe exige de nous comme on l'a fait sur les néo-nicotinoïdes pour lutter sur les marchés en fait c'est ça en fait ce qu'on est en train d'entendre clairement c'est qu'on a besoin de certaines molécules pour nous battre sur les marchés pour de la concurrence c'est pour ça que ce qu'on disait précédemment sur la protection des marchés la rémunération des agriculteurs elle est indispensable pour la confédération paysanne il y a l'interdiction des molécules les plus dangereuses et l'autre on sait qu'il faut du temps et on sait qu'il faut accompagner les agriculteurs et il faut de la rémunération On donne plus de temps pour bien comprendre l'écologiste que vous êtes Madame Rondola elle est prête à redonner un peu de temps et d'oxygène aux agriculteurs Le plus dangereux c'est stop Sortir des pesticides d'une classe un peu moins dangereuse ça prend du temps et ça sera possible quand on ne jouera pas le jeu de la compétitivité Si on veut tirer vers les prix Le plus dangereux c'est stop Vous êtes d'accord avec ça ?

Il n'y a pas de difficulté à la FNSEA sur tout ce qui est phyto les plus dangereux c'est stop pour tout le monde Nous notre doctrine

1:00:47
Invité

c'est pas d'interdiction sans solution Voilà ce qu'on dit Ne nous mettons pas dans des impasses Non mais aujourd'hui on est en train de faire des recherches et les plus dangereux c'est nous qui les utilisons donc on n'a pas envie évidemment d'avoir un problème on dit simplement qu'on ne peut pas nous mettre dans des impasses

1:01:00
Présentateur

Et le bio ?

J'aimerais qu'on en dise un mot avant de passer à l'agriculture de demain Alors juste pour compléter sur le sujet ce qui est important c'est la réprocité des normes et quand on se rappelle du moment où Emmanuel Macron était à la tête de la présidence du Conseil de l'Union Européenne il s'était engagé par rapport à 100 substances actives interdites en Europe à faire en sorte qu'elles ne rentrent plus sur les territoires Toutes les importations illégales devaient être interdites Or nous savons que sur ces 100 substances actives il y a ce qu'on appelle des limites maximales de résidus qui sont fixées pour que ces produits d'importation puissent rentrer chez nous bien au-delà des seuils de détection C'est ainsi que rentrent chez nous des lentilles du Canada et tous ces types de produits qui sont avec des substances que nous n'utilisons plus et depuis longtemps chez nous Donc la réciprocité des normes est déjà agir et aller jusqu'au bout des engagements et non pas contraindre les producteurs Que les autres interdisent chez eux ce qu'on interdit en France et on verra plus tard Alors on parle un peu du bio à présent Patrice ?

1:02:03
Invité

Le bio parce que l'Union Européenne a fixé des objectifs ambitieux en termes de développement de l'agriculture bio Pierre-Yves Correl est-ce que 25% de terres agricoles en bio à l'horizon 2030 c'est possible sachant qu'on a vu la crise qui a traversé la filière bio ces dernières années ?

Je suis assez à l'aise pour en parler parce que je suis même producteur bio et j'ai réfléchi en partie sur mon exploitation à de la déconversion je suis installé depuis 15 ans en bio tout simplement parce que je fais une agriculture bio parce que je cherche de la valeur ajoutée et finalement une filière qui m'en procurait à un moment donné aujourd'hui c'est plus le cas parce qu'on a eu une volonté d'inscrire la bio partout comme étant l'alpha et l'oméga sans avoir une structuration de la filière aujourd'hui ça met les agriculteurs dans l'impasse parce qu'on se retrouve complètement déstructurés on ne valorise plus nos produits en bio et donc c'est plus vecteur de cette plus-value

1:02:57
Présentateur

donc il faut soutenir la filière si vous commandez de nombreuses chambres d'agriculture vous soutiendrez la filière dans la distribution des subventions dont vous avez la charge

1:03:06
Invité

il faut surtout arrêter d'opposer bio et conventionnel on a besoin des deux et deux partout Laurence Marandela justement comment mieux structurer la filière bio pour éviter les crises comme celles qu'on a connues récemment

1:03:17
Présentateur

alors c'est très difficile parce que l'agriculture biologique elle est soumise aux mêmes lois impitoyables qu'on a décrites précédemment de mise en concurrence d'importation de choses qui viennent de loin voilà cette ultralibéralisation elle s'applique à tout ça c'est difficile en revanche on ne peut pas dire que la bio a été accompagnée et soutenue de la même façon que les autres productions et on en a alors l'objectif il est ce qu'il est il faut que les agriculteurs puissent être rémunérés ça passe par des prix ça passe par des marchés on est d'accord qu'ils doivent être soutenus une autre façon de les soutenir c'est de faire respecter la loi Egalim par exemple d'arriver à ces 20% de produits bio dans la restauration collective on a une marge de progression et c'est un vrai levier pour les marchés en produits laitiers en fruits et légumes et probablement en céréales aussi qui permet de dynamiser le marché c'est un ensemble de mesures qui sont absolument indispensables et je veux redire ici que la PAC la version française de la PAC on va le dire comme ça est un des plus mauvais élèves de l'Union Européenne dans les moyens le soutien à l'agriculture biologique dans l'éco-régime du maintien à l'agriculture biologique qui n'existe pas dans toutes les régions en France il y a des pays européens qui font beaucoup plus pour garder et préserver Véronique Leflocq

1:04:24
Invité

vous êtes d'accord justement la France n'en fait pas assez pour le bio ?

1:04:26
Présentateur

alors justement j'allais prendre le même argument que Laurence respecter la loi EGalim les 20% dans tout ce qui est restauration collective bien sûr étendre la restauration collective non pas la restauration collective institutionnelle mais bien au-delà inclure la restauration collective commerciale et puis plus de transparence plus de transparence par rapport aux importations parce que là aussi nous avons perdu le fil depuis 2022 où justement on ne sait plus production par production quelle part est importée et plus de contrôle quand nous disons nous au Premier ministre et à la ministre de l'agriculture des contrôles un moratoire sur les contrôles dans nos fermes pour contrôler justement toutes ces importations ça inclut bien entendu le bio d'accord vous vous voulez plus de contrôle du tout dans toutes les exploitations agricoles et qu'elles ne se concentrent que sur les exportations alors à un moment où nous sommes en négociation de l'énorme environnementale il faut quand même vérifier qu'elles soient appliquées alors justement tous les cahiers des charges que nous respectons les uns et les autres incluent ces contrôles et c'est bien pour ça que nous avons dans nos fermes une multiplicité des contrôles et qu'ils sont ils deviennent insupportables donc contrôle unique ça c'est en train de se mettre en place alors il faut voir encore comment ça va se traduire mais dans tous les cas à un moment où nous sommes en négociation faites nous confiance comme nous a dit ce matin le premier ministre ça pourrait révéler chez certains agriculteurs un côté fraudeur je ne sais pas sur quoi nous pouvons frauder mais toujours est-il vous voulez être votre propre contrôleur nous avons les contrôles qui sont liés avec les cahiers des charges qui nous lient avec nos industriels bon ça revient tout le temps cette affaire de contrôle d'ailleurs sous le nom de simplification que vous réclamez qui est nécessaire on voit aussi que parfois c'est produit ça moins de normes environnementales par exemple vous voulez plus de contrôle non plus non c'est pas du tout j'ai regardé comment ça s'appelle les contrôles existent certains doivent être absolument adaptés il faut de l'humain de la bienveillance et tout mais on a voilà c'est notre travail syndical de tout le jour ça on l'a produit il y a déjà des années après la PAC de 2015 pour accompagner les agriculteurs en situation de contrôle parce que c'est difficile on a l'impression effectivement on se fait contrôler qu'on a un mauvais élet c'est un moment compliqué et du coup le travail syndical c'est d'accompagner ça par contre on refuse accompagner conseil technique il nous reste quelques minutes vraiment très peu pour parler d'un mot la simplification on a voulu le mettre dans cette partie là parce que souvent c'est une manière de lever le pied un peu sur les normes est-ce que vraiment vous croulez sous la paperasse est-ce qu'il faut absolument essayer de simplifier au maximum les règles et de quelles règles parle-t-on quand on parle de simplification alors ça peut concerner les haies ça peut concerner l'écurage des fossés ça peut concerner l'établissement de nos dossiers pour obtenir pour des dossiers installation classée pour construire des bâtiments ça peut concerner ce que je réalisais avant de venir ici la déclaration flux d'azote qui elle aussi est un non-sens quand vous êtes en bio avec des surfaces et largement extensifs nous sommes en permanence avec un calendrier qui nous oblige à rendre des comptes alors même que d'un point de vue comptable on pourrait très bien établir ces critères donc on peut simplifier sans forcément s'asseoir sur les exigences environnementales d'accord avec ça ?

1:07:53
Invité

oui oui bien sûr et moi je vais plus loin que ça on peut commencer à simplifier dès le moment de l'installation parce que vous posez la question à n'importe quel jeune agriculteur qui s'est installé il vous dira que c'est le parcours du combattant

1:08:02
Présentateur

on va en parler de la transmission et de l'installation

1:08:03
Invité

c'est pour ça qu'on a des positions très fermes sur notamment la loi d'orientation et d'avenir qui permet de simplifier tout ça et de mieux accompagner pour justement commencer la simplification dès l'installation

1:08:12
Présentateur

mais ça c'est les chambres d'agriculture donc ça c'est vous déjà c'est 97 chambres sur 101 permettez-moi de vous rappeler

1:08:19
Invité

que ça dépend d'un cadre légal et donc pour évoluer favorablement il faut revoir la loi

1:08:23
Présentateur

sauf que le tarif payé par les jeunes quand ils s'installent ça peut très bien être revu et c'est les chambres qui peuvent choisir alors justement on va parler de la simplification et on va parler de la transmission je vous laisse terminer juste sur la simplification alors il faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain simplifier la paperasse administrative c'est une chose simplifier les normes c'en est une autre souvent on n'est pas d'accord parfois les deux se confondent on l'a fait sur le logiciel le safran des choses comme ça ce qu'on veut dire à la confédération paysanne c'est que notre vie sera plus simple aussi quand on a des interlocuteurs en chair et en os à la chambre d'agriculture à la MSA aux impôts on a bien compris que vous vous défendez davantage de représentativité vous avez à vous deux je parlais d'interlocuteurs quand on a des difficultés c'est un chemin de croix d'avoir un interlocuteur à la MSA aux impôts la mutualité sociale agricole notre protection sociale et parfois même aux chambres d'agriculture il vous reste pour la FNSE à l'EGIA un peu moins de 6 minutes et vous avez à peu près 5 minutes pour la confédération paysanne et 4 minutes 10 donc on a le temps du dernier thème on y va on va se projeter pour terminer ce débat en direct à 10 ou 20 ans quelle agriculture pour demain ?

et on en parlait déjà avec les jeunes agriculteurs quelques chiffres près de la moitié des 400 000 agriculteurs français vont partir à la retraite d'ici 10 ans le nombre d'exploitants ne cesse de diminuer 100 000 de moins en 30 ans comment très concrètement on donne envie aux jeunes de s'installer qu'est-ce que vous proposez pour la transmission des agriculteurs pour le renouvellement des générations ?

1:10:01
Invité

Arnaud Rousseau justement le renouvellement des générations on a vu 100 000 agriculteurs de moins au cours des 10 dernières années pas d'agriculteurs c'est pas de transformation agroalimentaire c'est aussi pas d'emploi dans l'industrie qu'est-ce qu'on peut faire pour garantir que demain il y aura suffisamment d'agriculteurs ? Est-ce que vous m'autorisez à laisser répondre les JIA ?

parce que c'est leur thématique et on est complémentaires non mais voilà ce qu'on porte c'est assez simple c'est d'abord du revenu on en a longtemps parlé mais sans revenu on installera personne on donnera envie à personne de s'installer et puis quand on est en capacité d'avoir du revenu parce que je tiens à le préciser il n'y a pas que des exploitants qui vont mal il y a aussi des projets qui s'en sortent bien des filières qui sont porteuses et tant mieux et il faut le dire et bien quand on est arrivé à ça il faut aussi un meilleur accompagnement des projets à l'installation de la simplification c'est pour ça qu'on appelle de nos voeux cette fameuse LOA cette loi d'orientation agricole qui doit répondre à ces enjeux d'installation et de transmission un meilleur accompagnement un guichet unique qui rejoint ce que disait Madame Barandola notamment pour une meilleure compréhension où on retrouve l'ensemble des acteurs qui soient actuels détenus par les chambres et ou pas par les chambres mais qu'on retrouve au moins tous les acteurs dans un guichet unique ça nous paraît très important pour avoir une lisibilité pour les porteurs de projets

1:11:19
Présentateur

sur la transmission Véronique Lefloc le budget prévoyait des mesures fiscales justement pour faciliter l'installation des jeunes ce budget n'a pas pu être voté parce qu'il y a eu la censure du Rassemblement National et de la gauche est-ce que vous dénoncez cette censure ? Écoutez c'est pas la coordination rurale qui a appelé à censurer le gouvernement maintenant tout le travail reste à faire Vous regrettez que ces mesures soient passées à la trappe ? 400 millions d'euros transmission des aides fiscales même sur les retraites Les retraites déjà c'est 2026 et puis Sur la transmission il y avait quand même des incitations ?

La retraite c'est 2026 Mais ils ont dit qu'ils voulaient la mettre en place dès 2025 du coup que le budget soit rétroactif 2026 mis en place 2026 mis en place pour les retraites mais peu importe Mais sans parler des retraites en restant sur la transmission c'est vrai qu'il y a des mesures importantes dans ces mesures pour les agriculteurs dans le budget Alors bien sûr qu'il faut faire évoluer on a aujourd'hui des plafonds qui existent déjà avec des abattements des droits de mutation mais il convient qu'il faut relever les plafonds et bien sûr nous y sommes favorables Vous regrettez donc juste pour être bien clair parce que vous savez je vais vous le dire très très franchement on entend on peut lire que vous avez des liens avec le Rassemblement national qui ont voté cette censure donc vous pouvez nous dire ce soir je dénonce ce vote j'aurais préféré cette censure j'aurais préféré que ces mesures soient adoptées Je ne suis pas sûre que c'est échanger les choses puisque de toute manière le budget de l'agriculture était en baisse nous avons évoqué avec le Premier ministre ce matin d'autres pistes pour de nouveau économiser 600 et quelques millions d'euros à partir de budgets consacrés à la forêt au sein même du budget de l'agriculture donc on peut Donc ce n'est pas trop grave finalement cette censure pour les agriculteurs pour bien comprendre Non mais par contre il faudra aller vite pour justement obtenir des mesures efficaces pour nos agriculteurs Maintenant qu'est-ce qui peut encore améliorer Je vais y venir améliorer l'installation des jeunes Quand on s'installe en agricole on s'installe en général sur une exploitation et avec du foncier et on a un grand problème d'accessibilité au foncier tout simplement parce qu'en général le foncier est géré par les affaires sociétés d'aménagement du foncier et qui sont détenus à 100% par la FNSEA et là aussi je pourrais vous donner une multitude de dossiers avec des conflits d'intérêts il n'y a pas cette représentativité ce pluralisme syndical au sein même de ces instances Attendez en conflit d'intérêts il y a des mots importants il faut que vous répondiez là monsieur Rousseau conflit d'intérêts à la FNSEA et censure finalement qui n'est pas véritablement dénoncée par la coordination rurale ce soir

1:14:02
Invité

vous vous dites

1:14:04
Présentateur

vous regrettez cette censure

1:14:06
Invité

mais bien sûr on l'a dit pour une raison que je vais vous expliquer nous avons négocié dans le bureau du Premier ministre avec les jeunes agriculteurs 450 millions de mesures fiscales pour les agriculteurs c'est nous qui les avons négociées et on a fait 450 millions je suis désolé mais quand on parle de retraite ça concerne tous les agriculteurs quand on parle des dotations pour épargne de précaution ça peut concerner tous les agriculteurs quand on parle de la taxe sur le foncier non bâti elle s'applique partout en France 450 millions que nous avons négocié pour nous c'est grave de ne pas avoir de budget parce que ça veut dire qu'on n'a pas de solution concrète à proposer aux agriculteurs et on a dit au Premier ministre ce matin que pour nous le budget c'était une urgence totale voilà ce qui nous distingue là encore après il y en a qui pensent que c'est pas grave nous pour nous les 450 millions il est faux rapidement dans les cours de ferme parce qu'encore une fois les retraites le coût du travail et le travail occasionnel ce que nous avons négocié c'est ce que nous attendons et il faut que ça aille vite Laurence Marandola justement parce que quand même on disait on se projette dans l'avenir comment est-ce qu'on fait pour installer demain des jeunes en agriculture sachant que 30% déjà aujourd'hui des installations se font hors cadre familial comment est-ce qu'on garantit l'accès aux fonciers ?

1:15:10
Présentateur

Alors c'est tout le problème pour nous c'est vraiment l'enjeu sûrement le tournant majeur de la ferme France je vais dire comme ça de prendre à bras le corps cette question de la transmission et de l'installation je voudrais dire ici que les réseaux proches de la Confédération paysanne du coup on n'a pas l'outil chambre c'est un outil fabuleux les chambres pour accompagner l'installation on n'y est pas en faisant 20-40% vous faites campagne pour rien mais cependant des réseaux proches de nous on accompagne aujourd'hui avec des moyens dérisoires un tiers des porteurs de projets qui se présentent parce qu'il n'y a pas vraiment de crise d'évocation et ça c'est une bonne nouvelle des jeunes ou des moins jeunes des issus du monde agricole et surtout des non-issus des gens qui sont en changeant de carrière il y a de l'espoir il y a des vocations aujourd'hui il faut avoir les moyens de les accompagner nous on fait ce qu'on peut on accompagne un tiers et les vrais leviers pour le renouvellement des générations c'est le revenu je l'ai dit mais c'est aussi le foncier aujourd'hui le foncier globalement il part à l'agrandissement sur le papier attendez juste expliquez-nous la terre coûte trop cher pour s'installer ça coûte trop cher quand il y a des terres disponibles mises en location mises à la vente elles sont globalement récupérées par des fermes voisines pour s'agrandir alors que sur le papier dans la loi et ça on veut que ce soit renforcé la priorité doit absolument être donnée à l'installation à des jeunes qui s'installent et c'est pas ce qui se passe et ça se passe pas comme ça priorité sur le foncier pour les jeunes qui s'installent c'est très clair mais c'est intéressant de voir vos lignes de clivage on a très bien compris sur la coordination rurale sa position sur la censure et il y a un vrai désaccord sur ce plateau avec la FNSEA les GIA vous ces mesures sur la transmission il y en avait d'autres mais puisqu'on parle de ça vous regrettez cette censure oui ou non ?

on a besoin d'un budget censure ou pas les mesures je le redis celles qui sont portées par les syndicats majoritaires ne répondent pas à la majorité des agriculteurs et ne seront pas la seule et unique solution pour permettre la transmission donc la gauche qui sanctionne en censurant c'est regrettable pour les agriculteurs pour la confédération paysanne qui est l'organisme qui gère l'attribution des terres qui doit réguler le foncier quand des affaires je vais prendre l'exemple du Maine-et-Loire refuse un projet d'installation la affaire contre les priorités normalement établies dans la loi il y a un truc qui ne fonctionne pas aujourd'hui dans les affaires

1:17:20
Invité

pour plusieurs raisons parce que d'abord les affaires ont été ouvertes à la gouvernance des autres syndicats notamment Coordination Eurale et Confédération Paysanne pour la deuxième chose si je peux permettre de finir on a le sujet du porteur de projet au moment de l'installation en ce qui concerne le foncier et en fait on a un schéma directeur régional qui nous permet d'établir un ordre de priorité aujourd'hui pour installer dans des conditions qu'on le sait qui ne permettra pas le développement et la sérénité économique qu'on appelle tous de nouveau ce soir des installations on considère que ce n'est pas un bon projet et donc c'est sur ces critères-là qu'on se base pour attribuer ou non du foncier et donc on considère qu'il y a un certain nombre de projets d'installation qui doivent être confortés et c'est à ce titre-là pour ce que vous parlez du Maine-et-Loire que la décision a été prise comme ça

1:18:10
Présentateur

Et pour demain alors ce sera notre dernière partie c'est porteur de projet avec l'accord des banques et ce n'est pas des philanthropes les banques ça montre que le projet a été solide Et pour demain à 10, 20 et même 50 ans est-ce que vous dites comme le président de la République aux jeunes agriculteurs qu'il va falloir tout changer ?

1:18:26
Locuteur

Écoutez

1:18:27
Invité

Est-ce que tel modèle agricole sur tel territoire il sera viable dans 10 ans ou 15 ans ? Ou est-ce qu'il ne faut pas aller vers un autre modèle agricole ? Vous ne ferez pas forcément la même agriculture que vos parents Il y a des territoires où on faisait tel type d'agriculture le sol ne le permettra plus ou le climat ne le permettra plus Si vous reprenez exactement la même filière ou le même type d'agriculture on va vous mettre dans le mur à 5 ans ou 10 ans

1:18:50
Présentateur

Charlotte ? Oui alors à la FNSEA est-ce que vous êtes d'accord avec ça ? Le climat se réchauffe on manque de plus en plus d'eau est-ce que par exemple demain on pourra continuer à cultiver du maïs en France qui a besoin de beaucoup d'irrigation ?

1:19:04
Invité

Non mais à la FNSEA d'abord on s'adapte on s'adapte à la réalité de ce qui nous entoure et d'abord au climat il n'y a pas d'agriculteur qui ne se soit pas adapté dans son assolment dans la conduite de son troupeau et ce que le président de la République dit les agriculteurs l'ont observé depuis bien longtemps les moissons sont plus tôt les fenaisons sont plus tôt les vendanges sont plus tôt donc s'adapter

1:19:21
Présentateur

Est-ce qu'il va falloir changer les cultures en France ?

1:19:23
Invité

Non mais c'est déjà fait vous voyez les surfaces de tournesol sont en train de reprendre de la vigueur et il s'en produit de plus en plus au nord de la France donc ce constat il est fait et nous sommes déjà en route

1:19:33
Présentateur

Donc changer de modèle agricole en faisant basculer des cultures notamment sur les céréales c'est quelque chose que vous accompagnerez parce qu'il n'y a pas le choix

1:19:43
Invité

Pardon Je t'en peux Mais évidemment qu'on va l'accompagner parce qu'au-delà de le subir ce qu'on veut c'est le préparer et c'est ce qu'on porte avec des plans et des contrats d'avenir notamment ce qui permet d'avoir un diagnostic de ce qu'est la situation au moment de la transmission et même pendant la carrière de l'agriculteur pour repositionner nos outils agricoles économiques sur les réalités climatiques et si on ne le fait pas on rate l'enjeu donc on ne va pas attendre des injonctions des uns ou des autres on le vit on le fait on le porte parce que c'est la réalité du terrain que vivent nos agriculteurs tous les jours Véronique Lefloc la question de la gestion de l'eau justement on sait qu'on va manquer d'eau dans certaines régions

1:20:19
Présentateur

Alors déjà dire que pour anticiper ces besoins en eau les agriculteurs comme il a été dit ont déjà commencé à évoluer dans leur pratique et à la coordination rurale on avait mis en réaction à ce qui existait avec la FNSEA et les Juillats le concours de labours nous avons mis le festival du semi-direct et du non-labours ça permet justement de garder cette humidité dans le sol pour faire en sorte que nos sols soient des éponges maintenant il nous faut justement des réserves collinaires stocker l'eau de l'hiver les méga-bassines pour le dire simplement non non non le stockage de l'eau beaucoup de c'est du collinaire c'est de juste par gravité c'est remettre en état ce qui avait été fait par nos anciens dans beaucoup de zones c'est anticiper c'est faire en sorte que l'eau n'aille pas à la mer c'est tout ça qui est le bon sens pour justement garder rétention collinaire oui méga-bassines comme à Sainte-Solines la coordination rurale non ?

alors ce ne sont pas forcément des méga-bassines en tout cas qui sont le modèle mais c'est ma question dans ce type de relief s'il n'y a pas le choix de faire d'autres réserves d'eau et que ça peut permettre le maintien des productions bien sûr qu'il faut les autoriser et rapidement parce que elles correspondent à un stockage qui est validé par le BRGM pas trop de sigles mais c'est les contrôleurs en gros c'est ça donc on ne se prélève pas dans la nappe quand le seuil ne sont pas atteints

1:21:50
Invité

on fait comment pour mieux gérer l'eau ?

1:21:54
Présentateur

alors on garde l'eau dans les sols avec des pratiques culturales de la rotation on découvert ce genre de choses un sol vivant et surtout la vraie question la vraie question parce qu'on est tous d'accord autour de cette table de la raréfaction de la ressource en eau et qui est en plus exponentielle moi je viens d'Ariège à côté des pyrénées orientales frontières enfin c'est vraiment un drame c'est un drame en agriculture la vraie question qu'il faut qu'on se pose en responsabilité c'est celle du partage de l'eau entre agriculteurs donc là il faut de la gouvernance de la démocratie de la transparence on se dit il y a ces volumes prélevables qu'est-ce qu'on en fait aujourd'hui ?

aujourd'hui on est face à des irrigants sur des bassines illégales je pense en particulier à celle de Cranchabant où on a démonté une pompe une bassine illégale c'est un irrigant qui a une autorisation de prélèvement d'un million de mètre cube d'eau un million ça permet à 200 maraîchers de travailler par exemple c'est la question c'est celle du partage de l'eau il faut qu'on s'assiede tous autour du table et aujourd'hui c'est pas le cas

1:22:51
Invité

on en stocke ou on n'en stocke pas de l'eau ? on la stocke ou on ne la stocke pas ? est-ce que par exemple près de chez vous on fait les projets de Charlas et de Montbel on les fait ou on ne les fait pas ces projets ?

1:23:01
Présentateur

alors déjà Montbel ce n'est pas exactement un projet pour l'agriculture je le connais très bien c'est mon départ

1:23:04
Invité

c'est pour ça que je vous interroge moi aussi je les connais très bien on les fait ou on ne les fait pas ?

1:23:09
Présentateur

pour l'agriculture parlons-en on a déjà 100 retenues collinaires aujourd'hui qui ont été construites financées il y a des années on ne les fait ou on ne les fait pas ? des projets de stockage en lien avec le cycle de l'eau avec du partage de l'eau et une gouvernance territoriale on les fait en lien avec le cycle de l'eau une méga-bassine ce n'est pas de la substitution c'est pomper dans des nerfs

1:23:27
Invité

mais Charlas et Montbel ce n'est pas de la... donc on les fait ou on ne les fait pas ?

1:23:31
Présentateur

Charlas, Montbel on fait des projets avec de la gouvernance territoriale et du partage de l'eau entre usagers sur ces deux projets-là c'est une question concrète puisqu'on voulait vous faire débattre oui on les fait s'il y a une vraie gouvernance et du partage de l'eau entre agriculteurs Vous êtes surpris par la réponse de la Confédération Pénilienne ?

1:23:48
Invité

Non mais parce que je trouve que là sur le stockage de l'eau c'est la question centrale il n'y aura pas d'agriculture sans eau et affronter l'avenir il n'y a pas d'agriculture sans eau ? Absolument

1:23:56
Présentateur

Déjà aujourd'hui Bien, je voulais juste avant, vous voyez on va arriver à une minute chacun pour conclure ce réchauffement climatique honnêtement c'est une opportunité pour les agriculteurs ? Est-ce que c'est comme ça que vous le voyez ? Ou de toute façon ça va être dur ? C'est une contrainte ? Rapidement et puis vous vous aurez la mode conclusion ?

1:24:15
Invité

Non mais très rapidement ça sera une opportunité si on est accompagné et si les pouvoirs publics se montrent à la hauteur de l'accompagnement parce que la prise de conscience des agriculteurs Elle est déjà là

1:24:23
Présentateur

D'un mot ?

1:24:25
Invité

Evidemment on y va encore une fois l'agriculture est une solution y compris pour nos concitoyens en termes de décarbonation demain

1:24:32
Présentateur

Moi je ne parlerai pas de réchauffement climatique de changement climatique Le dérèglement Le dérèglement qui nous oblige justement à adapter nos productions et nos cultures Le dérèglement climatique on en est à la fois des victimes en tant qu'agriculteurs et à la fois acteurs de solutions de pouvoir changer et de pouvoir nous adapter et même inverser certaines choses en travaillant différemment les sols en remettant des haies et ce genre de pratiques Bien on arrive au terme de ce débat je vous remercie vous avez dit beaucoup de choses on a abordé beaucoup de thèmes mais il y a sans doute des choses que vous n'avez pas dites si vous avez des regrets si vous avez envie de parler d'un sujet peut-être d'une anecdote de quelque chose de plus personnel c'est le moment vous avez chacun une minute pour conclure et on commence avec vous Laurence Marandola Oui il y a un sujet sur lequel moi je voudrais revenir absolument qui est vraiment d'une façon très intime et très importante sur chaque ferme c'est la question des droits sociaux en agriculture en plus des revenus très inégaux et souvent très faibles on subit une protection sociale de misère de misère qu'on parle d'indemnité journalière quand on se fait mal qu'on parle d'un congé maternité où on a du mal d'avoir des remplaçants pour les femmes et qu'on parle des retraites les retraites les lois Chassaigne nous ont fait du bien mais on a encore un grand nombre de paysans et surtout de paysannes de femmes qui sont très très en deçà de ce minimum des lois Chassaigne c'est encore pire dans les territoires d'outre-mer l'installation l'avenir de l'agriculture il passe aussi par ces conditions de travail et ces protections sociales nos droits en fait les droits tout simples des paysannes et des paysans d'avoir du revenu d'être protégé d'être protégé face aux allées climatiques et sanitaires ça c'est un autre domaine voilà on appelle à de la protection et c'est ça qui nous donnera une vision d'avenir et le respect des droits des paysannes et des paysans Merci beaucoup même question que n'avez-vous pas dit que vous voudriez dire à nos téléspectateurs et aux agriculteurs aux électeurs qui vous regardent Alors pour la coordination rurale j'aurais aussi insisté sur ce volet social ces arrêts maladie ces accidents qui ne sont pas reconnus à leur juste titre et donc beaucoup d'efforts à faire sur ce sujet et un deuxième sujet c'est l'accompagnement des agriculteurs qui sont rentrés dans des procédures collectives qui sont passés devant le tribunal de commerce qui ont un plan échelonné pour payer des dettes et qui aujourd'hui ne s'en sortent plus parce que justement ils ont été victimes d'aléas climatiques ou d'aléas sanitaires et il faudrait pour cela leur permettre d'accéder aussi à toutes les aides et d'avoir des années blanches pour pouvoir repartir Pierre-Yves Correl Arnaud Rousseau vous allez avoir 45 secondes chacun pour vous partager le temps restant Pierre-Yves Correl

1:27:14
Invité

ce que je voudrais avoir ce soir c'est un message d'espoir un message d'espoir pour les jeunes de tout profil qui sont qui rejoignent l'aventure agricole parce qu'on est en capacité d'avoir un vrai service et un vrai accompagnement pour les agriculteurs et des vraies perspectives d'avenir dans un métier qui fait sens

1:27:28
Présentateur

merci vous avez encore un peu de temps mais c'est très bien joué le jeu et le mot de conclusion vous avez quelque chose à dire que vous n'avez pas encore expliqué pour ceux qui nous regardent

1:27:40
Invité

pour terminer je crois qu'on est arrivé au moment du vote pour sélection chambre d'agriculture et moi je voudrais dire que nous on a un projet syndical qu'on a construit de longue date avec l'ensemble de notre réseau vous savez c'est 1000 collaborateurs qui se lèvent tous les matins pour travailler à notre profit c'est l'ensemble des équipes territoriales qui le font et moi j'invite les électeurs à aller regarder ce que sont les projets j'ai regardé les vôtres je crois que le nôtre est très différent celui de la Confédération Paysanne je n'ai pas vu sur le site de l'ACR leur projet je ne sais pas d'ailleurs quel est-il exactement ce qui compte pour nous encore une fois c'est ce goût d'entreprendre c'est cette capacité à surmonter les épreuves à donner de la visibilité à structurer l'économie agricole pour que partout sur les territoires avec des agricultures qui sont très différentes on soit capable d'être fier de continuer à produire on n'a pas parlé du consommateur je vais en dire un tout petit mot parce qu'à la fin c'est lui qui décide par son acte d'achat l'agriculture qu'il aura dans 10 ans dans un bloc qui est aujourd'hui l'Europe qu'on a besoin de challenger dans un contexte mondial difficile et pour ça d'avoir des organisations qui travaillent qui sont structurées qui ont des racines profondes ça donne du sens je crois qu'on est au moment du choix et bien il nous semble que c'est le choix de la FNSA et des GA qui est le bon

1:28:47
Présentateur

Merci allez je vous redonne le mot de la fin parce qu'effectivement vous avez 30 secondes j'avais pas compris donc je voulais dire qu'on est tous à la fois paysans et chefs d'entreprise et qu'on a face à nous à la coordination rurale deux modèles différents en tout cas l'un conduit à plus d'asservissement plus d'importation dans tous les cas et une dégradation des bilans économiques sanitaires et que la coordination rurale est prête alors n'ayez pas peur et je pense que nous sommes prêts à stopper ce plan social et à faire en sorte qu'il y ait des revenus dans nos entreprises et nous saurons dans 15 jours si oui ou non le rapport de force dans le monde syndical est progressivement en train de s'inverser merci beaucoup d'avoir joué le jeu on va jeter un oeil sur les temps de parole on n'est pas mauvais merci à mes confrères et merci aux candidats vous avez tous très bien joué le jeu on est tous quasiment à zéro c'était l'objectif merci à la chaîne parlementaire à ses équipes merci au groupe Ebra merci Charlotte Murat et merci à Ouest France de nous avoir accompagné dans cet inédit cet exercice sur l'agriculture chambre d'agriculture chambre professionnelle on a compris que c'était un enjeu important aussi bien pour le monde agricole que pour les consommateurs que nous sommes que les citoyens que nous sommes merci à vous très belle soirée sur LCP et vive l'agriculture et le monde paysan

1:30:07
Invité

merci merci beaucoup