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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 28 avril 2024 44 minComplaisantActualité / polémiqueImmigration & asileSolidarités & familleEurope & international

HARVARD, COLUMBIA, SCIENCES PO : CES ÉTUDIANTS FONT TREMBLER BIDEN, NETANYAHOU ET MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui explique l'émergence de ces mouvements étudiants aux États-Unis ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous la réaction de Joe Biden face à ces mobilisations ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi le Royaume-Uni externalise-t-il ses demandeurs d'asile au Rwanda ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Pensez-vous que ces mouvements étudiants peuvent déboucher sur des solutions politiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Bertrand BadiFait
    « les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale »
  • 7:00Bertrand BadiFait
    « la puissance militaire ne fait plus la décision finale en matière de relation internationale »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

et si au fond Bertrand bad était un peu prophète en 2020 il publiait un essai aux éditions du CNRS un essai intitulé intersocialité le monde n'est plus géopolitique et sur la 4e de couverture de cet essai on pouvait lire la reine internationale ne se limite plus à une simple justeosition d'État mais est sous l'emprise d'un tissu social qui conditionne de plus en plus l'action des dirigeants on pouvait lire aussi les conflits actuels ne sont plus dominés par le choc des armées mais alimentés par des phénomènes de souffrance sociale et derrière ces mouvements populaires les entrepreneurs d'opinion médias réseaux sociaux lanceurs d'alertees acteurs privés en tout genre remodèlent les relations internationales à leur gré et si au fond les jeunesses occidentales parvenaient à mettre en crise par les mobilisations sur les campus la muraille de faer militaire et diplomatique forgé par les États-Unis de Joe Biden et le Premier ministre israélien Benjamin netaniaahou et si comme lors de la guerre du Vietnam il y a plus de 50 ans ces jeunesses parvenaient à enrayer la machine de guerre et pourquoi à propos de Columbia de Harvard mais aussi de scienspo et d'autres établissements supérieurs français on s'angoisse autant j'évoquerai ce sujet avec Bertrand Badi dans cet épisode du monde n' pas de centre sa chronique bimensuelle consacrée à l'actualité internationale nous évoquerons également la Grande-Bretagne qui a fini par adopter une loi lui permettant de déporter ses demandeurs d'asile au Rwanda va-t-on vers une nouvelle étape de la gestion autoritaire des mouvement de population on tâchera de répondre à ces questions bonjour Bertrand bonjour on a déjà parlé ici de l'évolution rapide de l'opinion publique américaine sur le conflit israélo-palestinien une évolution portée par une jeunesse et par les minorités mais on arrive peut-être un moment de crise profonde au-delà des menaces de boycotte électoral adressé depuis un certain moment au président sortant Joe Biden là les campus universitaires sont à cran occupés la jeunesse défie le système laesse station universitaire aux États-Unis fait Tage d'huile de l'Université de Colombia à New York elle s'étend maintenant de nombreuses institutions jusqu'au Texas et en Californie les universités sont devenus un point chaud du débat avec un mouvement qui réclame la fin de la guerre et le boycotte par les universités de toute activité en lien avec Israël des affrontements éclatés à l'Université de Californie du Sud à Los Angeles entre des policiers des protestataires qui criaient libérer la Palestine vu de France en tout cas si l'on s'en tient à certains médias on a l'impression d'assister à la poussée d'un antisémitisme violent au sein des universités américaine Le Figaro dénonce la dérive antisémite des manifestations proalestiniennes à Columbia l'opinion parle de l'antisémitisme en flagrant délire mais ce n'est pas vraiment ça qui se passe si l'on en croit Tristan Cabello qui enseigne l'histoire à la Johns Hopkins University dans le Maryland et qui a répondu aux questions du médiia c'est est tout à fait vrai que en dehors du camp campus il y a des débordements antisémites des débordements islamophobes aussi à l'intérieur du campus il se passe quelque chose de tout à fait différent c'est-à-dire qu'on a des étudiants multiculturels multiconfessionnels qui sont là ensemble qui essayent de faire société ensemble dans les campements on voit des séances de prière juives des séances de prière musulmane et donc tous ces étudiants sont là ensemble faut vraiment savoir qu'aux États-Unis ces universités sont vraiment très riches euh plusieurs milliards de dollars euh d'un côté il y a des riches donateurs mais de l'autre côté euh ben il y a des frais d'inscription qui sont très élevés à Colombia c'est par exemple 70000 dollars à l'année pour pour pouvoir faire des études ici à Colombia et donc les étudiants demandent à ce que cet argent ne soit pas fait fructifier ou investi dans les entreprises d'armement que ce que l'on voit spécifiquement sur Gaza c'est que cette jeunesse en fait bien évidemment se mobilise sur Gaza mais elle se mobilise aussi sur sur en fait des systèmes de domination qui nous affectent tous le colonialisme l'Empire le capitalisme le racisme systémique et donc cette jeunesse multiculturelle qui vit ces problèmes là c'est la première génération qui aura en fait une une vie qui sera moins bonne que celle de de leurs parents ils se mobilisent aussi là-dessus alors Bertrand Joe Biden semble hésiter il a d'abord dénoncé l'antisémitisme supposé des campus qualifié de flagrant puis a changé de braquet en disant que les débats devraient s'exprimer librement et sans discrimination alors même que la direction de Colombia était tenté de faire appel à la garde nationale il joue sa réélection mais joue--il aussi en ce moment sa fin de mandat en fait on assiste à un phénomène gigantesque et comme tout phénomène gigantesque il contraint l'acteur politique qui est obligé je dirais à à courte vue s cesse de réajuster son attitude c'est-à-dire que on est dans un temps où le pouvoir politique est plus réactif que proactif et il est réactif à un phénomène qui est très intéressant qu'il faut suivre avec beaucoup d'attention qui est ancien mais qui prend une allure nouvelle qu'est-ce qui est ancien ce qui est ancien c'est cette lente appropriation sociale du politique qui commence dès le 18e siècle avec la Révolution française mais c'était une appropriation sociale qui se se limiter j'allais dire sagement le terme est mal choisi mais il est au moins imagé aux questions de politique nationale là ce qui est tout à fait remarquable depuis je dirais les lendemains de la Seconde Guerre mondiale c'est cette lente appropriation sociale de l'international ça c'est quand même un paramètre nouveau qui vient complètement tout bouleverser parce que le l'international restait le domaine réservé y compris de l'absolutis l'international c'est ce qui permettait aux stratèges de perdurer malgré cette prise de conscience par les sociétés d'elles-mêmes et puis voilà que ces société se mêle de plus en plus d'international et non seulement se mêle de plus en plus d'international mais deviennent proactif premère étape la décolonisation la décolonisation c'est quoi bah c'est la prise en charge par les acteurs sociaux de leur destin contre les structures d'autorité de domination qui sont victimes et puis on voit tu y as fait mention dans ta présentation quelque chose de nouveau avec la guerre du Vietnam le mai 68 américain à Berkley notamment les universités de la côte ouest mais pas seulement où les jeunes disent nous on est contre la guerre du Vietnam par parenthèse c'est important à noter l'un de ces jeunes gauchistes de l'époque Carl sby a employé pour la première fois le mot global South ce qui était déjà annonciateur de quelque chose qui global voilà de Sud global quelque chose qui va rebondir plus tard mais ce que l'on voit en ce moment avec le conflit israelllo-palestinien est tout à fait étonnant parce que c'est le seul élément proactif qui vient contrebalancer dans la sphère occidental cette alliance de fête entre Israël et l'ensemble des pays occidentaux je dis alliance de fait mais c'est une alliance nommée puisque de plus en plus il est dit que le soutien à Israël et la condition de survie de la civilisation occidentale quand la Chambre des représentants a voté l'aide militaire à Israël ces derniers jours nataniaou a dit mais c'est très bien ça défend ainsi la civilisation occidentale ceci est mise en péril par quoi bah par pas mal de doutes pas mal de questionnements qui viennent d'un peu partout mais qui viennent de plus en plus des campus universitaires et ça c'est quelque chose qui est d'autant plus remarquable aux États-Unis que c'est convergant avec d'autres sources profondes de mutation de la société américaine dont on a déjà parlé ici notamment cette méfiance à l'égard de la mondialisation dont Trump c'est profiter hein par ailleurs là c'est quelque chose de tout à fait nouveau original qui touche un autre secteur de la société américaine qui la qui est la jeunesse et la jeunesse une jeunesse plutôt proondialisation en fait JEE pas proc mondialisation justement et c'est ça qui est intéressant parce que si les classes moyennes américaines se crispent dans le trumpisme contre la mondialisation on voit que la jeunesse elle est dans le monde et elle ne supporte pas les souffrances du monde et le le le cri qui part des campus américains c'est comment peut-on tolérer 5000 morts à Gaza sans ne rien dire sauf envoyer des aides militaires supplémentaires à l'État d'Israël donc ça c'est un paradoxe insupportable pour cette jeunesse qui est une jeunesse très transnationalisée très cosmopolitisée de par ses origin de par sa propre mobilité de par sa visibilité son appartenance à des réseaux sociaux qui la met en contact permanent du monde et on voit ce phénomène arriver en France alors dernier prre petite chose qui est intéressante c'est que on a vu ça avec le Vietnam on a vu ça aussi au moment où George d'bellu Bush avait lancé sa guerre d'irac en 2003 faut pas oublier que le 15 février 2003 il y a eu dans la rue dans les rues du monde 15 millions de manifestants pour protester contre la guerre alors tu me diras la guerre a quand même eu lieu oui mais elle a été immédiatement délégitimée c'est-à-dire que immédiatement cette guerre on a a compris qu'elle se faisait contre l'opinion publique et ce que et puis WikiLeaks et cetera ont fait le reste du travail mais exactement mais ce que vraiment je voudrais dire redire et merci d'avoir cité le livre dans lequel j'exosais cette cette idée c'est que maintenant la puissance militaire ne fait plus la décision finale en matière de relation internationale elle peut conduire à gagner quelques guerres très peu d'ailleurs par le jeu de la force mais maintenant on voit bien que ce qui est déterminant dans le jeu des relations internationales c'est l'énergie sociale et donc que l'énergie social viennent à se déplacer et le faible aura à ce moment-là raison du fort et c'est la raison pour laquel ces mouvements étudiants surprennent dérangent inquiètent certains et c'est la raison pour laquelle il faut aussi aller plus loin et la vraie question qu'il convient de se poser à propos du conflit israelllo-palestinien c'est comment l'opinion publique mondiale va évoluer est-ce qu'elle va soutenir ou pas la cause palestinienne ou est-ce qu'au contraire elle va s'en désintéresser ce qui est intéressant c'est que le mouvement étudiant est un peu un aiguillon dans cette affaire pourquoi parce que un mouvement syndical ouvrier c'est codifié c'est ça se prévoit on peut négocier avec un mouvement étudiant par définition défie tous les codes c'est-à-dire dérange des aBIL crée de l'incertitude de la peur dans ceux qui tiennent le pouvoir politique à tous les niveaux et c'est la raison pour laquelle Biden est si inquiet et c'est la raison pour laquelle aussi s'aperçoit que sa rhtorique de la nuance sur le conflit israëlo-palestinien et doublement défié défié par cette opposition étudiantine puis défié aussi par le cours des événements qui l'amène régulièrement à déployer une pratique qui est le contraire de son discours c'està-dire à soutenir inconditionnellement Israël le vote de la Chambre des Représentants est quand même assez étonnant parce que les États-Unis vont en même temps payer les armes qui permettent de contribuer à la destruction de Gaza et payer l'assistance humanitair contre les dégâts provoqués à Gaza c'est vraiment pure felie alors de manière quasiment parallèle les étudiants de Sciences pour Paris semble vouloir entrer dans la danse science pour Paris où tu es enseignant jusqu'en Australie on observe des répliques de ce séisme on peut dire l'Occident il est ébranlé par sa jeunesse est-ce que c'est le concept d'Occident même c'est-à-dire une appartenance exclusive et excluante peut-être d'ailleurs qui est en crise aujourd'hui dans ces grandes universités euh des pays riches non je crois que cette jeunesse j'ai eu la chance de vivre avec elle pendant 40 ans c'estàd pendant 40 ans j'ai j'ai pu continuer à avoir 20 ans qu en quelque sorte cette jeunesse elle est probablement en partie il y a pas d'unanimité hein sur un triple point de rupture le premier point de rupture c'est que nous assistons dans les universités actuellement à l'apparition de la première génération réellement cosmopolite c'est-à-dire qui se sent citoyen du monde piéton de la mondialisation ce que gatari en son temps appelait la cité subjective c'est-à-dire celle à laquelle on sent appartenir avec le progrès des réseaux sociaux de la visibilité du monde de plus en plus cette jeunesse se sent dans le monde ça c'est un premier élément de rupture qui je crois explique cette appropriation sociale et cette appropriation par les jeunes de l'international le deuxième élément c'est que la jeunesse est très sensible à la souffrance et ça moi pendant toutes mes années mes décennies d'enseignement j'ai pu voir à quel point les étudiants comprenaient que le véritable enjeu des relations internationales c'était la souffrance sociale et on ne peut pas expliquer à un jeune que l'on peut faire 35000 morts et probablement hélas beaucoup plus à Gaza dans l'indifférence ça c'est quelque chose que la génération d'aujourd'hui ne parvient pas à comprendre et cette espèce je dirais de radicalité de l'indifférence que nous nous observons depuis octobre dernier cette radicalité de l'indifférence elle ne passe pas dans la jeunesseant plus que c'est 30 ans quasiment jour pour jour après le génocide au Rwanda et en fait cette jeunesse également a été éduquée ben au souvenir du génocide des Juifs d'Europe et en fait a l'impression d'être d'être complice de ce qui apparaît comme le retour d'un mal effroyable c'est aussi ça c'està-dire c'est peut-être le fait qu'elle soit éduquée qu'on l' éduqué justement à au danger de répéter l'inomable qui euh qui joue mais c'est tout à fait ça avec en plus cette révolte contre l'indifférence moi j'ai eu l'occasion de parler bien entendu de de par mon mon rôle social je dirais à beaucoup de ces jeunes j'ai encore je fais des conférences à auit de deux trois fois par semaine un peu partout en France et et aussi ailleurs et euh ce qui bute c'est la politique de l'indifférence c'est-à-dire cette politique qui ne veut pas voir et qui par cette indifférence banalisée évidemment fait jaillir le deux poids de mesure un jeune ne comprend pas le deux poids de mesure un jeune c'est un candidat à entrer dans la vie sociale active donc il sait que sa chance d'entrer de plein pied dans la vie sociale active c'est le droit égal à tous et le fait donc qu'il y ait cette diplomatie jusqu'à la caricature du de poids de mesure cette cette politique qui va jusqu'à convoquer à la police des gens qui tiennent sur la politique au au ProcheOrient des points de vue différents du point de vue officiel c'est insupportable et donc je pense que le pouvoir politique n'a pas mesuré à quel point ses excès dans l' différence et dans le de poid de mesure a provoqué un éveil des consciences chez les jeunes qui n'auraiit peut-être pas eu lieu si la gestion diplomatique de cette crise avait été plus équilibrée ça c'est le deuxième paramètre et puis il y a je crois un troisième paramètre auquel il faut être attentif c'est que notre monde est ainsi fait que il vient valoriser l'identification c'est-à-dire que je ce qui devient le principe actif du jeu international c'est à quoi vais-je m'identifier comme je suis dans le monde et que défile devant moi des images de toute une série d'enjeux gigantesques comment moi je me situe je me pose je me définis c'était la question banale du temps où naissait l'espace public dont parlait à bermas c'est-à-dire dès le 18e siècle mais encore une fois c'était limité aux questions nationales maintenant je dois m'identifier donc ce que l'on ne veut pas voir et c'est la stupidité de la géopolitique c'est que au-delà des prises de position cartographiable il y a un énorme mouvement de milliards puisqu'il y a 8 milliards d'humains sur terre de milliards d'identifications cette nanosociologie internationale c'est ce qui fait véritablement le ordre international de demain ça va plus vite que le rythme des chancelleries et donc ça peut rebattre les carte à une très grande vitesse alors en France il y a aussi une une hystérie du politique par rapport au mouvement étudiant relatif à la Palestine on peut imaginer qu'il va poursuivre qui va se développer mais comment tu comparerais la réaction du du du gouvernement de Joe Biden à la réaction du gouvernement d'Emmanuel Macron face à cette à ce sursaut étudiant alors l'échelle n'est pas la même hein il faut comprendre d'abord parce que le mouvement des campus américains il commence à à à dater c'est-à-dire que il s'est constitué pratiquement dès octobre he et donc ça fait maintenant 5 mois 6 mois qu'il est en marche donc qu' il devient un paramètre durable du jeu politique et donc diplomatique américain tandis qu'en France ce phénomène est apparu il y a quelques jours il ne prend véritablement de consistance que depuis quelques jours la deuxième différence mais il il aussi tardé parce que très rapidement il y a eu des accusations de Wismes des interdictions des menaces on se rappelle de Gabriel hatal qui évoquait déjà sur il y a quelques mois pour en expliquant que c'était un repère de de wokiste et d'islamogauchiste peut-être que aussi une prise en main plus forte du pouvoir politique sur l'université française mais c'est évident euh souvent ce sont les maladresses du politique ses excès ses abus son incompréhension qui est le principal ressort de ce genre de mouvement et ça c'est très clair euh il reste que l'échelle des mouvements aux États-Unis en France n'est pas du tout la même peut-être que les deux phénomènes vont se rejoindre dans une intensité comparable pour l'instant ce n'est pas véritablement le cas et puis y a un deuxième élément quand même c'est que les États-Unis le président des États-Unis et le seul décideur véritablement décisif qui engage réellement là où les autres ne sont que des observateurs passifs et parlants il faut comprendre que ce drame israélo-palestinien euh n'a de solution que dans la capacité des États-Unis de bloquer un certain nombre d'abus et d'excès ce que la France n'a pas donc quand on s'adresse à Biden c'est pas la même chose que quand on s'adresse à Emmanuel Macron de ce point de vu là ou à tout autre Richi sunac ou je ne sais qui donc ce qui est important finalement derrière tout ça c'est encore une autre face qui est l'hégémonie contestée l'égémonie américaine contesté dans le monde c'est l'histoire je dirais presque des décennies qui nous précède mais de plus en plus l'hégémonie américaine contestée à l'intérieur de la société américaine c'est-à-dire que le grand crédau américain qui étent les États-Unis doté d'une mission spéciale qui est la destinée manifeste voilà exactement de notre concept th th oui oui oui mais qui avait été élaboré par un de tes confrères du 19e siècle monsieur solivan et ça ça ne fait plus je dirais le crédau unanime des États-Unis et de ce point de vue-là il faut suivre les États-Unis il faut les suivre dans les années dans les décennies qui vont venir je pense que l'hégémonie américaine au moment où elle pensait être enfin arrivé à ses fin c'estàd avec la chute du mur et la victoire des États-Unis dans la guerre froide sur l'URSS les États-Unis imprudemment considérant que 2-1 faisait 1 ils étaient le leader unipolaire du monde c'était la fin de l'histoire et tout ce que l'on connaît bien et là on voit un retour brutal de bâton qui s'est fait en deux temps qui s'est fait à partir d'une contestation de plus en plus forte des états et notamment des États du Sud et parmi les États du Sud de ceux qui étaient les relais des États-Unis je pense à l'Arabie saoudite à la Turquie et et à bien d'autres encore mais maintenant on passe à une nouvelle phase c'est l'idée même de ce messianisme américain qui est remise en cause à l'intérieur de la société américaine et par les deux extrêmes par une extrême droite trumpienne qui la remet en cause au nom de l'égoïsme national de l'America first et occupons-nous de nos affaires tout pour nous et rien pour les autres que de l'extrême gauche ou de la gauche qui dit mais celle-ci est finalement mortifère conduit à des désastres comme le Vietnam avait été un désastre et comme aujourd'hui Gaza est un désastre alors c'est on est au cœur des intersocialités que tu décrivais dans dans dont dont on parlait que tu décrivais dans un de tes livres mais ces intersocialités qui se déploient devant nos yeux PE peuvent-elles déboucher sur des solutions politiques réelles c'est-à-dire est-ce que les campus américains ont une clé de quelque chose aujourd'hui alors elles ont la clé je pense de bloquer la diplomatie et la ligne politique des États-Unis du gouvernement américain pourquoi parce que il risque et il va le terme risque est mal choisi peut-être se pass c'est ce que l'on a vu au moment du Vietnam c'estàdire au moment du Vietnam Nixon a compris que même si on gagnait militairement sur le terrain ce qui était l'offensif du tête avait plutôt tourné en faveur des États-Unis on était en train de provoquer une défaite sur le dossier vietnamien à l'intérieur de la société américaine que ceci était dangereux et désastreux non seulement sur le plan électoral mais sur le plan même de la stabilité sociale ce qui va bien au-delà de gagner ou perdre une élection et c'est ainsi que Nixon a donné procuration à Kissinger pour fermer le dossier vietnamien si cette pression dure ce qui reste encore à démontrer si à forciorie elle venait à se renforcer je pense qu'on peut considérer surtout dans une année électorale que Biden prendrait des initiatives pour montrer ou amorcer en tous les cas une distanciation par rapport à Israël et par rapport à cette politique de puissance ce fameux power politics qui continue à vouloir s'imposer dans le contexte proche- oriental donc ce que font les campus et ce qui la menace qui est liée à cette ébullition des campus peut effectivement faire plier l'administration de Washington ça ne veut pas dire qu'elle est porteuse de solution parce que ce qui est intéressant dans l'intersocialité c'est que l'intersocialité vient brouiller les jeux du stratège le principal effet de l'intersocialité c'est la mise au chômage du stratège on peut être stratège face à un autre stratège on peut pas être stratège face à des millions d'interactions sociales ce n'est pas possible parce qu'on peut pas les maîtriser ni les dominer et donc la force de l'intersocialité c'est ça c'est-à-dire cette espèce de nouveau pouvoirs de vetau et qui est intéressant de ce point de vue-là ça peut aller au-delà ça peut aller au-delà l'intersocialité elle peut créer de nouvelles sociabilités c'est-à-dire de nouveaux liens de nouvelles passerelle de montrer par exemple que l'on peut être palestinien on peut être arabe on peut être musulmanans et être en relation d'amitié avec des juifs américains il y a beaucoup de d'ailleurs il il y a des comment dire la mise en en scène politique je veux dire de de prières juives chrétiennees et musulmanes sur le campus de Colombia au moment où nous parlons voilà et de plus en plus des jeunes juifs qui rejoignent ce mouvement par solidarité humaniste en quelque sorte et l'invention de cette nouvelle sociabilité c'est la solution pour demain parce que qu'est-ce que c'est si ça marche parce que effectivement il y a la caravane de l'extrême droite qui avance et celle-là qui avance mais on sait pas qui va arriver le premier Théophile il y a une leçon de l'histoire je crois que jeai déjà dit à ce micro mais j'y tiens beaucoup qui est de dire que tous ceux qui se battent pour leur émancipation finissent toujours par gagner l'incertitude c'est pas qui gagnera c'est le temps qu'il faudra gagner et le prix qu'il faudra payer parce que pendant que tout cela se fait on continue à mourir à Gaza et là dans le plus strict anonymat et il n'y a que la puanteur dégagé par des cadavres en décomposition qui rappelleent cette cruelle réalité donc ce qui m'effraie c'est ce décalage qu'il y a entre la mort immédiate et la sociabilité qui rque de mettre des années pour se construire mais c'est pas parce que quelque chose est long à se faire qu'il faut le repousser au contraire c'est une raison de plus pour commencer tout de suite évoquons désormais ce qui est peut-être une inflexion préoccupante des relations internationales le Royaume-Uni a réussi à faire passer une loi qui lui permettra d'externaliser au Rwanda en Afrique des Grands Lacs dans l'Afrique des grands lacs ses demandeur d'asile le ministère de l'Intérieur britannique n'a pas attendu que la loi soit adté par le Parlement pour envoyer sa lettre à Hamza il y a quelques semaines cet iranien de 34 ans a été prévenu il fera sans doute partie des premiers demandeurs d'asile expulsé vers le Rwanda je suis très stressé je ne sais pas quoi faire je ne pense qu'à cette lettre et je ne pense qu'au Rwanda parmi les migrants pris en charge par cette association dans le centre du pays d'autres ont reçu le même courrier si avant que je vien ici il m'avait dit qu'il m'enverrait au Randa je ne serais jamais venu j'ai fui mon pays pour être en sécurité ici sinon j'aurais été tué par les talibans ça vous fait quoi d'être peut-être envoyé au Rwanda c'est injuste surtout pour quelqu'un qui vient d'Afghanistan pensez-vous que cela empêchera d'autres personnes de venir maintenant oui je dis à tous les demandeurs d'asile ne venez pas au RoyaumeUni on l'a entendu je dis à tous les demandeurs d'asile ne venez pas au RoyaumeUni c'est un demandeur d'asile qui sera peut-être contraint d'aller au Rwanda qui le dit c'est sans doute le but recherché par le gouvernement britannique rendre moins moins attrayante la Grande-Bretagne mais à quoi correspond ce désir d'externaliser ces migrants c'est chers ce n'est pas vraiment conforme aux conventions internationales c'est cynique et ça nous dit quelque chose à la fois du Royaume-Uni et du Rwanda oui tout à fait moi lorsque j'ai appris cette loi il a un moment parce qu'on en parle depuisi elle é bloquée notamment par la Cour suprême je crois oui exactement Tribunal suprême et là maintenant effectivement elle est passée ils sont pressés parce qu'il y a des gens qui sont déjà qui ont déjà appris qu'il devaient partir ils sont pressés de la mettre en œuvre c'est l'archétype de la décision idiote et et et c'est ça que je crois qu'il faut d'abord retenir c'estàd se poser la question pourquoi verse-t-on dans la stupidité et dans l'irrationnel de façon consciente et déterminée c'est comme ça qu'il faut poser le problème et on voit très bien on voit très bien la réponse à cela c'est stupide c'est irrationnel pour toutes les raisons que tu as dit c'est-à-dire que cette entreprise va coûter beaucoup plus cher que si le gouvernement de Monsieur Richi sunac avait offert une une suite dans un 4re étoiles à Londres au candidats à à l'immigration c'est stupide parce que ça va à l'encontre de tous les principes du droit international et des droits humains et on pourrait ainsi continuer euh pourquoi la stupidité gagne et d'ailleurs ne nous moquons pas trop des des Britanniques quand on pense à l'Union européenne aux milliards qu'elle investit dans son budget prévisionnel pour soutenir l'action de Fr contexte on retrouve les mêmes absurdités l'explication fondamentale c'est que l'effet d'image est roi c'est-à-dire que on ne prend plus en compte maintenant dans l'action publique et dans la décision la rationalité de la chose c'est-à-dire le plus court moyen pour obtenir l'objectif maximal au moindre prix ce que l'on veut à tout prix c'est créer l'effet d'image c'est c'est-à-dire l'effet dissuasif ou persuasif de l'image on est de plus en plus dans cette gouvernance par l'image or l'image est quelque chose d' extrêmement dangereux parce que l'image n'est pas la projection d'un choix rationnel c'est la projection je dirais de l'affect de la mentalité profonde de l'opinion que l'on veut conquérir et là on arrive au comble de l'absurdité absurdité réhaussé par le fait que ce n'est pas n'importe quel pays africain qui a été choisi le Rwanda est gouverné par un Poutine africain c'est-à-dire un homme qui a qui se distingue par une politique intérieure extrêmement répressive un régime ultraautoritaire et à l'extérieur par des projets de conquête c'est-à-dire l'ucraine de Monsieur Kagamé c'est le nord-est du Congo c'est le kivou c'est toute cette région qui est dans le sang depuis maintenant 1998 faut pas l'oublier donc on est au comble de l'Absurde il y a aussi derrière tout cela je dirais une erreur de calcul même à travers les faits d'image pourquoi parce que on ne compte plus les dizaines de milliers humains nos frères nos sœurs qui sont morts au fond de la Méditerranée dans le plus total anonymat et on constate de semaine en semaine que le phénomène se banalise dans la Manche également et ailleurs aussi bien entendu autour des Canaris enfin il y a beaucoup d'autres endroits et que constate-t-on c'est que ça ne dissoide en rien le candidat à la migration c'estàdire que on ne sait pas à nouveau que derrière la migration il y a tout simplement la projection d'un imaginaire qui chez chacun y compris dans les lieux les plus désolé de l'Afrique se mondialise c'est-à-dire que quand on pense son avenir ou celui de ses enfants on le pense plus dans son village on le pense dans le monde et que s'il y a des tempêtes à traverser pour réaliser comme dit cette belle chanson ce rêve de trouver un jardin sous la pluie j'aime beaucoup cette formule euh et bien c'est pas ce genre de gesticulation profondément ridicule qui dissuadera quiconque donc on est même dans l'effet contraire à l'effet recherchés et en parlant d'effet d'image peut-être que l'effet d'image n'est pas terrible pour le Rwanda le Rwanda qui investit malgré sa pauvreté et qui a investi sur son image notamment parce que c'est quand même un pays qui s'est relevé courageusement du génocide destoussi en 1994 c'est un pays qui euh il a visite Rwanda sur les t-shirts sur les maillots de footballeurs du football européen c'est un beau pays touristique et mais c'est aussi le pays qui est considéré comme euh finalement l'intermédiaire du système international mafieux pour piller le Congo con et on voit que désormais le Congo euh fatigué peut-être d'accuser le Rwanda tire directement sur Apple et en expliquant que bah Apple exporte les minorets du Congo via le Rwanda donc des minerets du sang exprès ça c'est un vrai danger pour la multinationale Apple bien plus que des gouvernements occidentaux qu'on nommerait sans trop de précision et finalement ce pays donc qui serait l'intermédi des occidentaux dans le pillage du Congo deviendrait encore aussi l'intermédiaire des occidentaux dans leur politique migratoire cynique ça devient beaucoup pour un tout petit pays tout à fait mais pour introduire un élément de comparaison avec ce dont nous parlions dans le chapitre précédent le double malheur du Congo c'est qu'il vit un martyre qui de bien des points de vue est comparable au martyre ukrainien ou au martyre palestinien mais il le vit dans l'anonymat et je dirais dans l'occultation la plus complète et ça c'est probablement la chance de tous ceux dont tu décris justement le jeu cynique et mafieux que ils peuvent fonctionner dans l'obscurité un système mafieux est à son optimum quand il fonctionne dans l'obscurité et personne ne veut allumer la lumière sur ce qui change les choses c'est justement que euh euh en Europe dans des pays comme la Belgique et la France même si les Congolais demeurent une minorité parmi les minorités c'est une minorité créative et les les rappeurs francophones sont Congolais d'origine pour beaucoup et au sein de la Francophonie montre quand même le le la complainte du Congo beaucoup plus qu'il a 10 ans ou 20 ans c'est vrai mais il suffit de regarder les journaux télévisés qui souvent sont très chiches en matière internationale mais quand parle-t-il du Congo quand est-ce que le le problème congolais devient un objet de débat dans l'espace public en France ou ailleurs dans le monde il y a bien sûr une diaspora congolaise qui est très active tu as tout à fait raison mais quel est l'impact final au sein de l'espace public européen c'est ça qui permet effectivement aux état européens de déployer une diplomatie cynique qu'il risque d'avoir de moins en moins la possibilité de déployer dans le contexte israélo palestinien parce que là on a allumé les lumières hein on parlait des campus tout à l'heure les campus allument la lumière et qui allume la lumière concernant le Rwanda concernant le Congo concernant la plupart des conflits africains faut quand même pas l'oublier non plus ça monte je crois alors on imagine que d'autres pays européens vont suivre le chemin de la Grande-Bretagne avec les accords de Frontex après les accords de Frontex avec des pays comme la Libye la Tunisie le Niger même avant le coup d'État d'ailleurs peut-être que c'est aussi des choses comme ça qui participent à délégitimer le politique et à permettre des coups d'État d'autres accords pourraient se multiplier pour parquer les migrants en quelque sorte orors de l'Union européenne les faire retourner disons les faire refluer même si c'est pas retourné dans leur pays et on peut penser qu'un cap a été euh euh franchi dans la gestion autoritaire des flux migratoires avec cette affaire euh anglo-randaise sur peut dire oui mais c'est tout à fait vrai et on va voir ce qui va en sortir je suis-être que la France aura son Rwanda oui je suis pas très optimiste à très court terme parce que je pense que ces logiques d'occultation continuent à faire leur œuvre et parce que on sait parler à l'opinion publique un langage qui sur l'immigration la la lui à cette sourde indifférence cette même indifférence que je dénonçais tout à l'heure et qui fait tellement de mal je crois que le vrai problème Théophile de l'immigration c'est que on n toujours pas compris aujourd'hui qu'on avait changé de monde l'immigration s'était considéré comme quelque chose de dramatique d'anormal au sens étimmologique du terme d'ailleurs quand elle finissait bien on parlait de naturalisation de l'immigré ça veut dire il redevient normal en quelque sorte donc ce temps de l'anomalie migratoire c'était une parenthèse dans l'histoire du monde lié à la création de l'étanation au culte du principe de territorialité au culte des frontières à la toute souveraineté toute puissance de la souveraineté étatique euh avant ça n'existait pas et les populations se déplaçaient et dans d'autres lieux qui n'ont pas été marqués par cette culture vesphalienne la migration n'a jamais cessé je pense à l'Afrique qui est une grande terre de migration interne au continent bon et bien cette par et qui a une tolérance quand même un peu plus grande pour l'immigration qui avait parce que en Afrique du Nord et malheureusement aussi un peu en Afrique de l'Ouest il naiss naissent des mouvements mimétiques d'extrême droite hein faut savoir mais c'était pas traditionnellement le mais euh ceux-là sont en retard de de métro parce que en entretemps euh ce cette logique qu'ils imit est dépassé nous sommes dans un monde à nouveau l'intersocialité où l'ordre mondial est gouverné par des imaginaires sociaux mondialisés c'est-à-dire l'être humain y compris celui que j'observais tristement dans le bidonville de makoco àgos il est connecté il voit le monde et voyant le monde il voit son destin dans le monde et donc la migration elle est inscrite dans les dynamiques intersociales normales la norme sociale a dépassé une norme politique agonisante cette norme politique de de fermeture et dramatisation de la migration elle est contraire à tous les intérêts d'un pays moderne et je dirais post-moderne contraire à son intérêt économique parce qu'elle a besoin de main d'œuvre parce qu'elle a besoin besoin de rééquilibrer sa démographie parce qu'elle a besoin de créer des connexions des ponts des passerelles entre cultures qui se mondialise de plus en plus et bien c'est ça qu'il faut penser moi ce qui me choque c'est que on dépense des milliards pour penser la répression pas un centime pour penser l'innovation merci Bertrand nous voici arrivés à la fin de cet épisode du monde n'a pas de centre la chronique internationale de Bertrand Badi votre engagement et votre notre fidélité nous sont précieux si vous avez apprécié cette émission et que vous souhaitez soutenir notre travail nous vous encourageons à sauter le pas devenez sociétaire ou abonnés du média merci d'être à nos côtés dans notre mission d'information et d'engagement gardez votre télécommande bloquée sur le canal 350 de la free box pour ceux qui sont 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