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InterviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 7 janvier 2026 20 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationSolidarités & familleNumérique

Face à Face : Alexandre Bompard - 07/01

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que la neige a des conséquences sur l'approvisionnement ?

  • 1:20RelanceRéponse directe

    Ça veut dire que c'est éventuellement demain ou après-demain qu'il pourrait y avoir quelques conséquences ?

  • 1:34FerméeRéponse directe

    Il n'y a pas de pénurie ce matin ?

  • 2:26OuverteRéponse directe

    On va parler du Mercosur. Mercosur, pour vous, c'est bien ou pas bien ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous prenez cet engagement de ne pas acheter de produits issus du traité du Mercosur ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez des produits de fruits et légumes qui pourraient présenter des résidus de pesticides ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:14PrésentateurFait
    « Vous êtes à la tête de Carrefour depuis 2017. »
  • 0:17PrésentateurFait
    « On va évidemment parler pouvoir d'achat ce matin. »
  • 2:26PrésentateurFait
    « On est vraiment dans le moment. On sent bien que c'est cette semaine que ça se joue. »
  • 3:10InvitéChiffre
    « 100% de la volaille, c'est français. »
  • 3:12InvitéChiffre
    « 97% du bœuf, c'est français. »
  • 3:14InvitéChiffre
    « 100% du porc, c'est français. »
  • 3:34InvitéFait
    « il faut négocier, il faut négocier encore, il y a des clauses de sauvegarde importantes à négocier »
  • 5:25InvitéChiffre
    « À 99,90% d'ores et déjà, avant l'arrêté, il n'y avait pas de trace de résidus. »
  • 5:32InvitéPromesse
    « Ça sera 100% après l'arrêté. »
  • 9:03InvitéFait
    « j'avais parlé de tsunami de déconsommation. »
  • 9:12InvitéChiffre
    « l'hyperinflation était passée par là, 25% d'augmentation générale »
  • 9:14InvitéChiffre
    « une épargne qui a explosé et qui est à 20% »
  • 9:17InvitéChiffre
    « 20 millions de Français, c'est-à-dire un tiers des Français, qui ont du mal à boucler les fins de mois. »
  • 14:45InvitéChiffre
    « l'année dernière, on a fait 8 milliards de surtaxes. »
  • 15:01InvitéChiffre
    « La moyenne mondiale du taux d'impôt sur les sociétés, c'est 25%. »
  • 15:06InvitéChiffre
    « Si on reconduit, on sera à 35%. »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. Il est 8h29 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Alexandre Bompard. Bonjour. Vous êtes le président, directeur général de Carrefour. Vous êtes à la tête de Carrefour depuis 2017. C'est 14 000 magasins et c'est dans plus de 40 pays. On va évidemment parler pouvoir d'achat ce matin. Mais je voudrais commencer par savoir si la neige a des conséquences sur l'approvisionnement. On sait qu'il y a de nombreux poids lourds qui, au moment où on se parle, sont encore coincés à l'arrêt. Elles n'ont même pas le droit de prendre certaines routes. Est-ce que ces épisodes et ces intempéries ont commencé à avoir des conséquences sur les approvisionnements de vos magasins ?

0:37
Invité

C'est une journée difficile. D'abord pour tous les citoyens français qui sont en galère dans les transports. C'est une journée difficile pour les agents qui assurent la sécurité. Les agents de services publics qui assurent la sécurité. Et puis c'est une journée difficile pour le commerce parce que les flux logistiques sont très contrariés, parce que les approvisionnements sont difficiles. Il y a des routes qui sont coupées, la 8 aujourd'hui. Il y a des arrêtés d'interdiction de circulation. Notre travail à nous, c'est d'être très en anticipation. On avait quand même des informations que la neige allait tomber. C'est d'être très mobilisé quand la circulation est possible.

Donc on met plus de camions sur les routes. Aujourd'hui, l'approvisionnement des magasins est assuré. La journée d'aujourd'hui, elle va être compliquée.

1:20
Présentateur

Ça veut dire que c'est éventuellement demain ou après-demain qu'il pourrait y avoir quelques conséquences ?

1:23
Invité

Oui, il peut y avoir des conséquences un peu demain sur des produits frais qui viendraient de l'ouest. Donc il peut y avoir quelques difficultés. Mais à ce jour, les magasins sont approvisionnés totalement normalement.

1:34
Présentateur

Il n'y a pas de pénurie ce matin. Vous ne nous dites pas qu'il y a des rayons vides.

1:37
Invité

Il n'y a pas de pénurie ce matin. Ça fonctionne. Mais bien sûr, on est dans un épisode très particulier avec des achats particuliers. Aujourd'hui, les clients achètent des pelets de bois, des chauffages électriques. Vous le voyez ça sur les ventes ? Oui, bien sûr. On a une orientation vers le froid. Des liquides pour essayer de dégivrer le paroisse, etc. C'est tout ce qu'on a aujourd'hui. On a des flux de trafic de clients qui sont variables. Il y a de l'anticipation avant. Et puis aujourd'hui, évidemment, ça sera probablement très calme. Et puis, en effet, on a un approvisionnement qui est un peu contrarié. Mais aujourd'hui, les magasins sont approvisionnés.

La journée de demain devrait être un peu plus délicate. Parce qu'aujourd'hui, il y a des interdictions. Mais globalement, ça tient.

2:18
Présentateur

Globalement, ça tient. On peut trouver de tout. Et Alexandre Bompard, on reviendra aussi sur la question des oeufs. Parce que ça, on a constaté dans certaines régions qu'il y avait un début de pénurie. Mais je voudrais vous interroger aussi sur le Mercosur. On est vraiment dans le moment. On sent bien que c'est cette semaine que ça se joue. Où le Mercosur pourrait, et certains pays s'en réjouissent, être adopté. La France, elle pleure. Et vous ? C'est-à-dire du point de vue du commerce. Et là, pour le coup, je parle aux commerçants, aux patrons des magasins. Mercosur, pour vous, c'est bien ou c'est pas bien ?

2:45
Invité

Si je vous parle en tant que patron de Carrefour. Pour le patron de Carrefour, l'adoption du Mercosur. Ou pas. L'impact est assez limité. Pourquoi ? Parce que quel que soit le texte qui soit adopté. Qu'il soit adopté ou qu'il ne soit pas adopté. La décision du groupe Carrefour, et d'ailleurs de mes confrères, c'est de s'approvisionner quasi exclusivement, voire exclusivement selon les filières, en produits français. 100% de la volaille, c'est français. 97% du bœuf, c'est français. 100% du porc, c'est français. On est approvisionné de manière locale. Moi, vous savez, je suis aussi au Brésil. Au Brésil, je suis approvisionné...

3:22
Présentateur

Vous avez des magasins au Brésil, vous avez des magasins en Argentine, vous avez des magasins dans l'Amérique.

3:25
Invité

Dans ces pays-là, je suis également approvisionné en produits locaux. Donc, pour mon activité, comme je m'approvisionne localement, il n'y a pas de grand changement. Ce qu'il faut faire en revanche, parce que c'est important, et ça, ça dépasse le commerce en Carrefour, il faut négocier, il faut négocier encore, il y a des clauses de sauvegarde importantes à négocier, il y a des clauses de réciprocité sur les normes qui sont très importantes pour les agriculteurs, mais pour la conséquence pour nous, dès lors que le choix qu'on fait dans nos métiers, c'est de s'approvisionner en produits locaux, la conséquence est relativement limitée.

3:54
Présentateur

Là, vous parlez notamment de la viande, Dominique Schellcher, à ce même micro, qui est lui le patron des magasins U, avait affirmé et avait pris l'engagement de ne pas acheter de produits issus du traité du Mercosur. Est-ce que vous prenez ce même engagement ?

4:09
Invité

Sur les produits qu'on a, qui sont des produits à marque, ce qu'on fait, je n'ai pas besoin de prendre l'engagement puisque je le fais. Encore une fois, mon objectif, c'est d'être à 100%. C'est toujours ça l'objectif que j'ai. Mais au Brésil, mon objectif, c'est à 100% de produits brésiliens aussi. Ça, c'est la philosophie générale. C'est ce qu'on essaye de faire. Donc, il n'y aura pas de changement.

4:29
Présentateur

Il n'y aura pas de changement là-dessus, mais vous avez entendu aussi la ministre de l'Agriculture qui a annoncé l'interdiction des importations de produits d'Amérique du Sud qui ne respecteraient pas nos propres normes. Et là, elle ne parle pas de la viande. Elle parle des fruits et légumes. Elle parle des avocats, des mangues, des goyaves, des raisins, des pommes de terre qui viendraient de ces pays-là et qui auraient des résidus, notamment de pesticides, qui sont interdits en France. Est-ce que vous avez des produits de cela qui pourraient présenter aussi des résidus ? Et comment est-ce que vous pouvez vous assurer qu'il n'y en ait pas ?

5:02
Invité

De deux manières. D'abord, de quels produits on parle, au fond ? Est-ce qu'on veut des mangues en France de janvier-avril ? On a des clients qui veulent des mangues de janvier-avril. Elles viennent d'où ? D'Amérique du Sud. Est-ce qu'on veut des avocats de janvier-avril ? Elles viennent d'où ? D'Amérique du Sud. Est-ce qu'on veut des raisins de janvier-avril ? Elles viennent d'où ? D'Amérique du Sud. On parle de ces produits-là. Qu'est-ce qu'on fait d'ores et déjà avant l'arrêté ? On contrôle l'existence ou non de ces résidus. Et à 99,90% d'ores et déjà, avant l'arrêté, il n'y avait pas de trace de résidus. Ça sera 100% après l'arrêté. Donc, on parle d'un sujet...

5:35
Présentateur

Et les contrôles, vous allez les faire tout seul ? Vous allez les faire vous-même ?

5:37
Invité

Il y a des contrôles qui sont faits par les autorités sanitaires. Et puis, il y a des contrôles qu'on fait nous-mêmes. On a des contrôles qualité permanents qu'on va continuer, qu'on va intensifier dans les prochaines semaines.

5:46
Présentateur

Vous en faisiez quoi là ? Des 0,01% ? Vous les vendiez quand même ?

5:50
Invité

Non, on appelait les fournisseurs, on leur disait qu'il y a un problème sur votre produit, ce produit, on vous le renvoie ou on le jette, on obtient un dédommagement et le produit arrivait sans le... Donc, au fond, il n'y aura pas beaucoup d'impact à cet arrêté.

6:01
Présentateur

Quand je vous écoute, ça veut dire effectivement que l'arrêté d'Annie Gennevard, il est surtout pour faire plaisir aux agriculteurs, mais dans les faits, il n'y a pas un énorme impact.

6:08
Invité

Je ne crois pas que l'impact sera majeur.

6:09
Présentateur

Oui, voilà, on a bien compris.

6:11
Invité

C'est assez marginal.

6:12
Présentateur

Oui, un impact surtout psychologique pour essayer de calmer la colère des agriculteurs. Alors, la colère des agriculteurs, d'ailleurs, jusqu'à présent, un certain nombre de ces colères, et notamment il y a un an et demi, elle s'était tournée aussi vers vous, c'est-à-dire vers la grande distribution, avec des blocages de certains dépôts. Est-ce que c'est le cas aujourd'hui ? Est-ce que vous vous sentez menacé ?

6:31
Invité

Non, d'abord, la relation avec le monde agricole est meilleure qu'il y a quelques années. Vous le disiez, ça fait quelques années que je suis en fonction. La relation est meilleure. Il y a plus de compréhension de ce qu'on fait les uns les autres. Nous, on est le premier partenaire du monde agricole, le groupe Carrefour. On a 35 000 producteurs, éleveurs, qui sont dans des filières Carrefour. Donc, c'est un monde avec lequel on travaille en permanence. La relation s'est beaucoup améliorée. On se comprend mieux, on se parle mieux, on s'explique mieux. Donc, au global, la discussion est très positive. Après, il peut y avoir des points de tension.

On est un élément, évidemment, assez facile d'accès quand on veut bloquer quelque chose. On sait où vous trouvez. On sait où nous trouver. Mais, au global, je trouve que la relation s'est apaisée. Il y a plus de compréhension. Il y a plus de co-construction qu'auparavant.

7:16
Présentateur

Donc, vous êtes plutôt confiant, y compris sur les journées de blocage de jeudi, de vendredi. Vous ne vous sentez pas dans le collimateur, quoi ?

7:22
Invité

Non, je ne pense pas que le sujet central aujourd'hui sur la grande distribution, on les connaît, les sujets. Mercosur est un sujet. La DNC, qui est un sujet d'inquiétude et de souffrance des éleveurs, évidemment, est très importante. L'adoption de la réforme de la PAC, ces sujets-là sont au cœur des préoccupations des agriculteurs.

7:39
Présentateur

À la croisée des questions agriculteurs et consommation, il y a les œufs. Les œufs qui manquent dans un certain nombre de rayons, qui sont visiblement en tension. Mes confrères, par exemple, de Nord Littoral hier ou de Nord Éclair ce matin, parlent de pénurie d'œufs chez de nombreux distributeurs du Calaisie. Et leur explication, c'est de dire la demande en protéines moins chères que la viande ne cesse de progresser. Mais dans le même temps, semble-t-il, on ne produit pas assez d'œufs sur le territoire. Est-ce qu'il y a effectivement une tension sur les œufs ?

8:09
Invité

D'abord, c'est un sujet intéressant. Demande de protéines moins chères. On est exactement dans la transformation de la consommation liée à la paupérisation actuelle. Et l'œuf en est finalement un révélateur. Donc, il y a une demande très forte. Après, on s'approvisionne quasi exclusivement en produits français. Il y a eu des crises dans la filière, vous savez, grippe aviaire, etc. qui font que c'est une filière sous tension. Donc, il peut y avoir, on n'a pas ça chez nous en ce moment, ça peut arriver dans un magasin, mais on n'a pas ça chez nous en ce moment de pénurie. Mais en effet, c'est une filière sous tension parce qu'il y a une demande très forte.

8:42
Présentateur

Vous disiez transformation de la consommation. Vous aviez parlé il y a quelques temps de déconsommation de la part des Français. Est-ce que c'est derrière nous ? On vient de traverser la période de Noël. Qu'est-ce que vous avez constaté ? Est-ce que les Français consomment toujours en faisant extrêmement attention ou est-ce qu'ils ont pu se faire plaisir ?

9:00
Invité

En septembre 2023, j'avais été le premier, on me l'avait un peu reproché, j'avais parlé de tsunami de déconsommation. Pourquoi ? Parce que l'hyperinflation était passée par là, 25% d'augmentation générale, une épargne qui a explosé et qui est à 20%, et 20 millions de Français, c'est-à-dire un tiers des Français, qui ont du mal à boucler les fins de mois. C'est ça qu'on a devant nous. Et donc, ça a modifié en profondeur la consommation des Français, à la fois en quantité et en qualité. Les fêtes de Noël. Carrefour a bien travaillé, on a bien travaillé pendant ces fêtes, mais on a vu une tension sur la consommation qui a perduré. Au fond, il n'y a pas eu d'inflexion à Noël.

Les Français ont continué à arbitrer, ont continué à essayer d'avoir des stratégies d'achat qui prennent en compte leurs difficultés de pouvoir d'achat.

9:43
Présentateur

Donc, vous ne parleriez plus forcément d'un tsunami de déconsommation, mais d'une sorte de stabilisation quand même à la baisse.

9:50
Invité

Oui, je parlerais aujourd'hui d'une stabilisation de la consommation à des niveaux qui sont des niveaux sous contraintes, sous pression. Le consommateur, il arbitre en permanence. Prenons Noël, c'est intéressant. Qu'est-ce qu'on voit à Noël ? Les clients vont chercher à se faire plaisir. On a envie de se faire plaisir à Noël. Mais au fond, on a changé la manière dont on se fait plaisir parce qu'on n'a pas les moyens d'acheter les produits d'avant. Le foie gras, le saumon, le champagne, les cadeaux de Noël onéreux, c'est derrière nous. En tout cas, ça baisse. Ça baisse. Et c'est substitué par quoi ? La raclette qui est le produit phare de Noël. Avant, c'était le 31.

Maintenant, c'est le 31 et le 24. La crème de marron remplace le chocolat. La truite remplace le saumon. Le crément remplace le champagne. Vous voyez, ces éléments-là, ça signifie que les Français ont envie de se faire plaisir. C'est Noël, on a envie de se faire plaisir d'acheter des cadeaux. Mais on réduit le budget des produits onéreux au bénéfice de produits qui le sont moins et qui font quand même plaisir. Et donc, on voit bien qu'il y a eu un changement très profond dans la consommation des Français.

10:50
Présentateur

Et puis, il y a la question aussi des hyper, des méga grands magasins. Vous, vous êtes un peu en transition. C'est-à-dire qu'on a quand même l'impression que Carrefour est à la croisée des chemins. Vous avez d'ailleurs un modèle qui est fragile aujourd'hui. Quand vous regardez que Casino est mort, que Auchan est quand même fragile et est obligé de reconstituer un peu son organisation, qu'est-ce qui vous permet d'espérer avec Carrefour ne pas subir le même sort ?

11:18
Invité

D'abord, j'ai dépassé le stade de l'espérance parce que Carrefour va bien. Pourquoi Carrefour va bien ? Parce que Carrefour se transforme. Depuis quelques années, on mène une transformation tambour battant. Transformation internationale, forte. Transformation de nos hypermarchés. Parce que moi, je ne crois pas que l'hypermarché est mort. Mais il doit s'adapter. Le grand hypermarché à l'ancienne, c'est fini. Mais un hypermarché avec une offre locale bien construite, avec la bonne taille, reliée à nos offres digitales, ça, ça fonctionne.

11:43
Présentateur

Je précise d'ailleurs que le groupe propriétaire de BFM TV et RMC, CMACGM, est aussi actionnaire de Carrefour depuis peu de temps à hauteur de 5%. Et nous nous en félicitons. Oui, j'imagine. Mais cela dit, vous dites justement que ça, c'est derrière vous, que vous vous êtes adapté. Concrètement, c'est quoi le pitch ? C'est-à-dire que je reçois ici de très nombreux patrons dans la grande distribution et ils ont chacun, je dirais, leur identité. Alors Leclerc, il va vous dire, même dans ses pubs, qu'il est toujours le moins cher. Intermarché, il a maintenant son loup gentil et une sorte d'idée que ça va être la qualité, la bonne bouffe. Pourquoi aller chez Carrefour ?

C'est quoi le pitch de Carrefour ?

12:20
Invité

D'abord nous, on a tous les formats. Hypermarché, je vous en parlais. Proximité, on est le leader en France de la proximité. On a une marque qui est aujourd'hui construite autour des programmes Act for Food et du bio, puisqu'on est le leader, vous le savez, en Europe, sur le bio. On a une transformation digitale qui est beaucoup plus puissante que les autres acteurs. On est leader du e-commerce. Ça marche le bio ? Le bio, ça remarche. Il y a eu des années difficiles qui vont de pair avec ce que je vous disais sur l'évolution de la consommation. Mais on voit le bio qui repart à la fois dans les magasins spécialistes et dans les hypermarchés.

Donc cette transformation-là très profonde autour d'Act for Food, autour de magasins de proximité, autour du digital, elle fonctionne, elle marche, elle délivre. Mais c'est un combat très fort. On est dans un secteur...

13:07
Présentateur

Il y a quand même à nouveau une guerre des prix. Il y a à nouveau une guerre entre vous. Vous faites tout ce genre. Vous êtes sympa les uns avec les autres.

13:13
Invité

Je sais qu'on adore dire que c'est le retour de la guerre des prix, etc. Moi, je suis là depuis quelques années. Comme vous dites, la guerre des prix, elle est constante. Pourquoi il y a une... En fait, elle ne s'est jamais arrêtée. Elle ne s'est jamais arrêtée. Elle est permanente. Notre métier, c'est d'offrir aux clients du pouvoir d'achat. Et on est en concurrence les uns avec les autres. Et moi, je suis confronté à la concurrence d'acteurs indépendants en permanence avec d'autres acteurs intégrés dont vous avez parlé.

13:33
Présentateur

Quand vous dites acteurs intégrés, c'est parce que vous, vous êtes coté en bourse et que les autres, c'est effectivement un autre fonctionnement plus en franchise. Vous êtes en train d'aller vers la franchise.

13:41
Invité

Il y a deux modes de fonctionnement en France. Il y a les acteurs indépendants, mutualistes. Vous les avez cités. Et puis, il y a les grands groupes intégrés que vous avez cités. Moi, je suis un grand groupe intégré. C'est-à-dire que je dirige des magasins que j'exploite moi-même. Mais j'ai aussi beaucoup développé ces dernières années la franchise, à la fois pour la proximité. On ouvre 500 magasins en France chaque année en proximité. mais aussi pour gérer des hypermarchés, parfois en difficulté, par des franchisés. Donc, on est un groupe mixte entre l'indépendant et l'intégré.

14:09
Présentateur

Alexandre Bompard, vous êtes plutôt du côté des patrons qui râlent ou des patrons qui serrent les dents en cette période de budget. Vous y comprenez quelque chose ? Quel avenir pour l'entrepreneur français dans ce contexte ? Les impôts, on a senti que le MEDEF était extrêmement en pression vis-à-vis du gouvernement. Quelle est votre position à vous ?

14:28
Invité

Ma position, elle est très simple. Tout ce qui va dans le sens d'un affaiblissement de la compétitivité des entreprises françaises est négatif pour la France. Quand j'entends que la seule solution qu'on a aujourd'hui, c'est d'augmenter le taux d'impôt sur les sociétés, vous savez, l'année dernière, on a fait 8 milliards de surtaxes. On avait dit qu'elle était temporaire. Le Code général des impôts est rempli d'impôts dont on a dit qu'ils étaient temporaires. Cette année, on dit la seule manière éventuelle de trouver un accord sur le budget, c'est de reconduire une surtaxe d'IS. Qu'est-ce que ça a pour conséquence ? La moyenne mondiale du taux d'impôt sur les sociétés, c'est 25%.

Si on reconduit, on sera à 35%. On peut se dire que ce n'est pas grave, c'est les 400 plus grandes entreprises dont Carrefour évidemment est, elles se débrouillent. Mais ce n'est pas comme ça que ça marche. Quand vous augmentez un taux d'impôt comme ça, ça veut dire que vous perdez de la compétitivité, ça veut dire que vous investissez moins, ça veut dire que vous créez moins d'emplois, que vous innovez moins. Et même que vous faites peser une pression sur les petites entreprises parce que vous êtes en relation permanente avec elles. Donc l'idée que quand on augmente le taux sur les grandes sociétés, ça n'a pas d'impact, c'est totalement faux.

15:36
Présentateur

Ça veut dire que vous dites aux députés, parce que ça se joue aujourd'hui, ça se joue cette semaine, on le sent bien. Ce que disait ici même lundi la porte-parole du gouvernement, c'est que le point de tension, c'est cette question de la surtaxe d'impôt sur les sociétés. Les socialistes en veulent, la droite n'en veut pas, mais le gouvernement au milieu est plutôt du côté des socialistes. Elle va passer cette surtaxe.

15:57
Invité

Pardon, mais si après six mois de débat budgétaire, les seules solutions qu'on a trouvées, c'est abandonner la réforme des retraites, dont on sait tous quand même qu'elle est indispensable pour notre pays. Est-ce qu'on a le choix de travailler moins que les autres ? Non. Et augmenter le taux d'impôt sur les sociétés et donc perdre de la compétitivité, on a un problème collectif vraiment important.

16:17
Présentateur

Si, si, ça passe,

16:18
Invité

vous faites quoi ? Madame la ministre, le citoyen, je vais payer la surtaxe d'impôt comme je l'ai payé l'année dernière. Mais ayons tous en tête qu'à chaque fois qu'on fait ça, on détruit de l'emploi, de l'investissement, de l'innovation en France. Ce n'est jamais neutre. Donc l'idée que tout ça soit intégré facilement par les entreprises, ce n'est pas vrai. Ça a un impact très fort pour la France dans son ensemble, pas seulement pour les entreprises françaises.

16:41
Présentateur

Alexandre Montpard, vous parlez avec les partis extrêmes. La question a été posée à Patrick Pouyannet qui lui est le patron de Total par mes confrères de la tribune dimanche. Il demandait est-ce que vous discutez avec les représentants des partis comme le RN ou LFI ? Il répond oui. Il dit je pense qu'il faut engager ce dialogue au sein des instances collectives patronales. Est-ce que vous êtes d'accord ?

16:59
Invité

Moi, je ne discute pas à titre personnel avec les représentants des partis que vous avez évoqués. En revanche, l'élection présidentielle arrive. il est de la responsabilité des instances collectives patronales, toutes les instances collectives patronales, d'interroger tous les partis et tous ceux qui seront candidats, ne serait-ce que pour faire entendre nos arguments, expliquer ce qu'est l'économie, ce qu'est l'entreprise, quelles sont les conséquences de mesure, quelles qu'elles soient. Et donc, vous le voyez, il y aura un dialogue naturel dans les instances collectives patronales.

17:29
Présentateur

Collectives, ça veut dire que vous ne parlez pas de manière individuelle. Vous, si le RN vous appelle ou LFI vous appelle en vous disant voilà, on aimerait avoir des échanges avec vous, vous dites non.

17:39
Invité

Je parlerai dans les instances collectives patronales si j'en suis.

17:42
Présentateur

Mais dans ces cas-là, avec tout le monde, vous ne sélectionneriez pas.

17:45
Invité

Avec tout le monde.

17:46
Présentateur

Je disais tout à l'heure et je ne voudrais pas finir sans vous parler de TikTok parce que je disais tout à l'heure que le intermarché avait désormais son loup gentil. Vous, vous avez TikTok et je voudrais quand même mentionner cette caissière du carrefour de Laval, Léonie. Vous avez même été vous-même, on le voit sur les images, pour ceux qui sont sur BFM TV, participer à ces TikTok. Ça a un vrai impact ça, y compris sur les ventes. Comment elle va Léonie d'ailleurs ?

18:12
Invité

C'est un formidable impact. Forcément sur les ventes, mais sur l'image de la grande distribution. On a une mobilisation de tous nos magasins autour aujourd'hui de TikTok, de ce qu'on peut faire dans un magasin de différents. Ça a été lancé à Laval avec Léonie et toute son équipe parce que c'est une petite équipe. C'est repris partout. Il y a une émulation très collective, une compétition entre les magasins. J'y ai très modestement participé. C'est formidable parce que ça donne une autre image de la grande distribution. Ça montre que ce sont des femmes et des hommes qui travaillent. Ça nous donne un accès à une jeunesse qu'on a un peu moins naturellement en lien. Et donc, c'est très positif.

Et moi, je suis très fier de ce qu'elle fait. J'étais aussi fier de ce qu'a fait mon confrère Thierry Cotillard avec le loup parce que c'était formidable. Chaque fois qu'il y a une initiative...

18:58
Présentateur

Là, c'est le moment où vous vous faites genre que vous êtes sympa les uns avec les autres. Non, mais moi,

19:01
Invité

je suis président de la Fédération du Commerce et de la Distribution. Il y a quelques années, on disait, ce truc, c'est ringard, le commerce, c'est le monde d'hier, etc. On est en transformation surtout. Le digital, l'environnement, le climat, les petits magasins, des initiatives marketing

19:20
Présentateur

seront ravis mais inquiets tout de même de ce budget et de cette sur-taxe sur l'impôt sur les sociétés. Alexandre Bompard, président, directeur général de Carrefour. Merci d'avoir répondu à mes questions. Il est 8h48. Merci.

Face à Face : Alexandre Bompard - 07/01 · Pourquijevote