La Russie est "un prédateur, un ogre à nos portes", met en garde Emmanuel Macron sur TF1-LCI
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 58 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
Quel engagement précis les puissances peuvent-elles prendre pour dire "Tu es allé jusque là mais cette fois tu n'iras pas plus loin" ?
- 2:00RelanceRéponse partielle
Est-ce que la garantie suprême de sécurité, c'est-à-dire "si vous attaquez à nouveau après un armistice, nous vous faisons la guerre", est-ce que vous êtes prêt à la donner ?
- 4:00RelanceRéponse partielle
Traduisez : "signalement stratégique", est-ce que ça veut dire que si les Russes attaquent à nouveau, c'est la guerre ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Est-ce que cette paix ne peut pas être une capitulation de l'Ukraine ?
- 8:00OuverteÉludée
La dissuasion nucléaire française a-t-elle une dimension européenne qui s'étend à l'Ukraine ?
- 10:00OuverteRéponse partielle
Poutine est-il dans une forme de paranoïa au-delà du simple calcul rationnel ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Emmanuel MacronFait
« Il n'y a qu'un agresseur dans cette guerre, c'est la Russie. »
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Monsieur le président, bonsoir. Bonsoir. Une accélération de l'histoire a lieu cette semaine ici à Washington.
Vous êtes venu défendre les intérêts de l'Europe face à Vladimir Poutine. D'abord, quel est l'engagement précis que les puissances peuvent prendre pour dire "Tu es allé jusque là mais cette fois tu n'iras pas plus loin ?" C'est tout l'enjeu.
C'est tout l'enjeu au fond depuis le début d'année. C'est-à-dire que le président Trump veut la paix. C'est une bonne chose et c'est ce qui nous unit à lui.
On veut tous la paix. On la veut depuis le début. Je rappelle qu'il n'y a qu'un agresseur dans cette guerre, c'est la Russie.
Nous, notre crainte dès février de cette année, c'était de dire "Faut pas que cette paix soit précipitée, qu'elle n'est pas des garanties profondes, sinon on repart à la case départ." C'est un peu ce qu'on a vécu à Minsk. C'està dire que cette paix ne serait pas respectée le jour d'après par la Russie et elle réattaquerait.
Et donc le cœur de notre travail, nous européens, c'est ce qu'on appelle les garanties de sécurité. c'est de dire nous devons être sûr que quel que soit l'accord obtenu, quel que soit ce que l'Ukraine concédera ou pas, le reste de son territoire puisse continuer de vivre, ne pas subir de nouvelles agressions russes et que le reste de l'Europe vive en paix parce qu'en fait c'est l'avant-poste de la sécurité européenne. Et monsieur le président, est-ce que la garantie suprême de sécurité qui est de dire vous les Russes, si vous attaquez de nouveau après un armisti c'est s'il faut une paix, nous vous faisons la guerre, est-ce que cette garantie de paix de là vous êtes prêt à la donner ?
La première garantie de sécurité sur laquelle nous travaillons et qui est la plus importante, c'est une armée ukrainienne robuste. Et ça c'est sont pas des paroles en l'air. Pour l'instant, ça n'a pas marché.
Non, je dirais pas du tout ça. Faisons l'analyse du conflit. Bon bah, faisons l'analyse du conflit.
Février 2022 parce que nous n'avions pas de garantie de sécurité depuis 2014. La Russie lance une opération massive. Elle prend près d'un/4 du territoire à l'époque même un peu plus.
Elle arrive aux portes de Kief parce que à ce moment-là, l'armée ukrainienne se mobilise, fait preuve d'une très grande bravoure et d'une grande intelligence tactique. Mais parce que le soutien aussi international se mobilise, une seconde phase de contreoffensive repousse l'armée russe. Et depuis novembre 2022 jusqu'à aujourd'hui, c'est-à-dire plus de 1000 jours de conflit depuis que l'armée ukrainienne s'est organisé et que nous la soutenons, les Russes ont pris moins de 1 % du territoire.
Est-ce que ça veut dire monsieur le président une chose dans une victoire relative ? C'est-à-dire vous avez raison de le rappeler, vous avez raison de le rappeler parce que tout le monde dit ils sont en train de perdre non moins d'un % du territoire en 1000 jours. Mais ils occupent presque à peu près 20 % du territoire. 1è du territoire de l'Ukraine.
Exactement. C'est pour ça qu'il faut pas prendre ça à la légère et qu'il faut pas faire des concessions à la légère. Mais ce que je veux dire par là, c'est que on a fait la démonstration pendant les 1000 derniers jours que s'il y avait une armée ukrainienne forte, bien équipée, l'armée russe n'arrivit pas à pénétrer.
Bon et donc qu'est-ce que c'est là ? On est dans quelle hypothèse ? On arrive à trouver un accord.
Les concessions territoriales, c'est à l'Ukraine de les faire. Il y en a. C'est pas à moi de le dire.
Moi en tout cas ce que je dis c'est que faisons très attention quand on parle d'une reconnaissance de droit parce que n'actons pas des reconnaissances de droit, c'est-à-dire en quelque sorte qu'on puisse que des pays gars de l'ordre international puissent dire on peut prendre des territoires par force parce qu'on ouvre une boîte de pandore. Mais l'Ukraine fera les concessions qu'elle qu'elle estime juste et bonne. Nous Européens on doit être en situation d'apporter ces garanties de sécurité pour l'Ukraine et pour nous.
Et donc la première garantie de sécurité c'est une armée ukrainienne forte. c'estàdire de plusieurs de centaines de milliers d'hommes bien équipés avec des systèmes de défense, des de meilleurs standards et cetera. La deuxième, c'est dans le sens de votre question, c'est d'avoir ce qu'on appelle des forces de réassurance et de dire que les Britanniques, les Français, les Allemands, les Turcs et d'autres sont prêts à mener des opérations pas sur la ligne de front, pas de manière provoquante, mais des opérations de réassurance dans les airs, en mer, sur terre pour montrer un signalement stratégique et dire la paix en Ukraine durable, c'est aussi notre sujet.
Mais traduisez s'il vous plaît, signalement stratégique, c'est c'est la langue disons rassurante, mais pour être très concret, est-ce que ça veut dire que si les Russes attaquent à nouveau ensuite, c'est la guerre ? C'est-à-dire que les soldats français, anglais et cetera seront forcés de se battre. C'est l'objectif de ces de ces de ces ces garanties de sécurité.
L'objectif de ces garanties de sécurité, c'est de les dissuader par une armée ukrainienne forte. c'est de dire cette armée pourra résister et si vous allez trop loin sur des places qu'on aura définies et là tout le travail a été planifié par nos chefs d'étatmajor mais c'est ce que nous sommes en train de finaliser. Si la Russie prenait après un accord de paix la responsabilité de revenir au confin de l'Europe provoqué, à ce moment-là, il y aurait une réaction.
La France ailleurs, je voudrais rappeler ici que c'est ce que en particulier américain britannique et après nous ne l'avions agréé s'était engagé à faire avec les accords de Budapest et qui n'a pas été tenu. La France empêche que Trump cède trop à Moscou. de ce point de vue- là, on en est témoins.
Vous jouez ce rôle mais Trump a le rôle moteur contrebalancé par vous. Tout ce qui se passe là, ces journées incroyables qu'on vit depuis depuis lundi, est-ce que vous lui reconnaissez cela ? Si à l'arrivée, il y a la grande tablée avec la signature Trump, Zelenski, les Européens, Poutine, est-ce qu'il aura mérité ce prix Nobel de la paix dont il rêve ?
Il aura en tout cas joué un rôle et c'est important, c'est pour ça que je suis là aussi. Il rêve de ce prix Nobel, ça n'est pas du tout une une fantaisie. Il le dit oui mais je ne suis pas membre du jury et donc je ne peux usi rien dire.
Je pense qu'en tout cas il peut pas y avoir de reconnaissance d'un travail de paix s'il y a pas tout ce qu'on est en train de faire. Mais ce que je veux dire par là c'est qu'il y a la volonté j'ai commencé mon propos par ce point président Trump veut la paix en Ukraine. C'est une très bonne chose pour nous et il veut il est prêt à y mettre son énergie son engagement.
Ça c'est une bonne chose. Simplement et c'est là où vous voyez que la ligne de crète pour nous tous est extrêmement complexe, sensible. C'est que si cette paix devait être une capitulation de l'Ukraine, elle serait dramatique parce qu'elle serait dramatique pour les Ukrainien et l'Ukraine, mais elle serait dramatique pour les Européens parce que ça veut dire que se rapprocherait de nos frontières une puissance dotée de l'arme nucléaire dont l'armée est composée d'aujourd'hui 1300000 hommes au moins qui dépense 40 % de son budget dans la défense.
La Russie, c'est ça la Russie aujourd'hui qui continuerait d'avancer. Donc c'est une menace pour notre sécurité. Et enfin, ce serait l'effondrement de l'ordre international que nous avons construit depuis 70 ans.
Donc la paix, oui, mais parfois il y a eu des ambigués. Donc nous, on dit cette paix ne peut pas être une capitulation de l'Ukraine et cette paix ne peut pas signifier de brader les intérêts ukrainiens et européens. Et je pense que ce qui s'est passé depuis que nous avons mis en place cette coalition des volontaires et par la réunion d'aujourd'hui, c'est d'abord que les États-Unis d'Amérique voi que les Européens et d'autres alliés, parce que je veux saluer le Canada, le Japon, l'Australie, Nouvelle-Zélande, qui sont avec nous sont prêts à prendre leur responsabilité et à apporter ses garanties de sécurité.
Et la deuxième chose, c'est qu'il voit que c'est vraiment notre sécurité qui est en jeu. Et je veux insister sur le un des éléments clés de la journée qui s'est tenue aujourd'hui, c'est que nous avons décidé d'avoir un rendez-vous bilatéral entre les deux présidents, d'avoir ensuite une trilatérale puis un rendez-vous multilatéral où les Européens va être à la table, mais c'est que nous avons surtout acté pour la première fois que nous lançions le processus de travail sur les garanties de sécurité. Quelle est la suite précisément puisqu'il y aura très vraisemblablement cette rencontre entre les présidents Zelenski et Poutine euh avec le président Trump avec les Européens.
Se peut-il qu'elle ait lieu en Europe ? Oui, ça c'est une plus qu'une hypothèse, c'est même la volonté collective. Maintenant, pour que les choses soient très claires, dès demain, nous réunissons avec le premier ministre Starmer la coalition des volontaires, les 30 pays qui travaillent sur les garanties de sécurité pour les tenir au courant demain midi heure française pour les tenir au courant de tout ce qui a été décidé aujourd'hui.
Dès demain dans la foulée, on lance le travail qu'on crée avec les Américains. Et donc dès demain, nos conseillers diplomatiques, ministres, chef d'état-major lancent le travail pour voir qui est prêt à faire quoi et donc qu'est-ce que c'est exactement ? Mais pardon sur ce point précis par cette rencontre c'est quand même quelque chose de tellement vertigineux, c'est-à-dire le fait que pardon le fait quand même que Poutine est-ce que c'est possible par exemple en France est-ce que vous imaginez c'est vous qui aviez réussi ça en 2019 mais nous l'avons fait dans un cadre en 2019 la seule rencontre qu'il y a eu entre les deux présidents, vous avez raison de le rappeler, c à Paris en décembre 2019 mais là nous sommes dans une autre phase, ça n'est plus possible parce que ce sera un pays neutre qui sera et nous-même nous le souhaitons.
Et donc peut-être la Suisse, je plaide pour Genève ou un autre pays. La dernière fois qu'il y a eu des discussions bilatérales, c'était à Istanbul en printemps 2022. C'est quand même un paradoxe terrible.
Vous savez bien, il est sous il est visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale et ça veut dire qu'on ferait une exception. il serait il pourrait venir par exemple à Rome à Genève dans des pays qui ont signé le traité de Rome. Je pense qu'il faut le faire dans ces cas-là parce que c'est le travail de la justice peut venir doit venir et nous sommes nous même signataires de ces traités et soucieux de cela.
Mais d'abord, il est président en exercice, donc il a une principe d'immunité et il faut que la paix avance. Donc il faut trouver un lieu bien sûr. Emmanuel Mafon pour la suite de vos prédis je voudrais juste que les gens aient clairement en tête un peu le le dérouler.
Demain, c'est réunion. On lance ce travail sur les garanties de sécurité demain. Ce travail est un peu impréalable à tous les rendez-vous dans les jours ou peut-être petites semaines qui viennent, on va tout faire pour qu'il y ait cette réunion à deux.
Ensuite, l'idée c'est que vraiment d'ici à début septembre, il puisse y avoir ce sommilatéral. Mais il y a tout le travail avant qui doit être fait sur les garanties de sécurité. Donc les 15 jours qui viennent sont absolument critiques.
Nous pour finaliser le travail avec les Américains pour mettre de la substance sur les garanties de sécurité, très important. Mais surtout, on va lever les ambiguïtés. Est-ce que le président Poutin veut vraiment la paix ?
On le sail fait cette réunion à de puis à 3, c'est qu'il le veut. Vous avez dans la lignée déjà du général de Gaulle, des présidents successifs dit il y a une dimension européenne de la dissuasion nucléaire et bien que c'est la protection suprême. Cette dimension européenne, la dissuasion nucléaire française, est-ce qu'elle s'étend à l'Ukraine ?
Le principe de la dissuasion nucléaire, c'est qu'elle est définie par le président de la République dans le cadre d'une doctrine dont chaque mot est pesé et dont la clarté et l'imprévisibilité emporte l'efficacité. Donc je ne répondrai pas clairement à votre question. Vous aviez déjà relativisé cela puisque vous aviez dit il y a une dimension européenne.
Oui. Et pas seulement française. Oui.
Mais comme l'ont dit comme le dit le général de Gaul d'ailleurs dès 62 h beaucoup de gens l'ont oublié. Il parle explicitement d'ailleurs du Luxembourg et de l'Allemagne, enfin pardon du Bénéxe et de l'Allemagne à ce moment-là. Mais et le président Mitteran l'a élargi et mes deux prédécesseurs également.
Euh enfin tous les tous mes prédécesseurs, vous l'avez rappelé. Donc là, il y a un travail en tout cas que nous sommes en train de mener, mais au fond, qu'est-ce qu'on est en train de faire ? et et pour moi c'est le pour notre pays le plus important stratégiquement.
Il y a un réveil stratégique européen. Notre Europe, il faut pardon de ce j'élargi l'angle un petit peu y compris historique mais l'Europe ne s'est jamais pensé comme une puissance militaire et stratégique pour une raison simple c'est que l'Europe c'est une histoire de guerre civile. Donc en 45 quand on sort de la guerre on a qu'une obsession.
On veut plus entendre parler de puissance militaire puisque quand on parlait de puissance militaire, c'était pour les Européens se détruire eux-mêmes. Et donc nous avons impuissant les Européens. Alors pas nous la France parce que nous étions les victimes, si je puis dire de ce régime nazi qui nous avait occupé pendant 4 ans.
Le général de Gaulle a eu les bonnes intuitions et décisions et la France est un modèle très singulier. Nous avons un modèle d'armée complet, on ne dépend pas du tout des Américains et nous avons la dissuasion nucléaire de manière autonome. On est les seuls.
Les Britanniques ont une dissuasion nucléaire. Il dépendent beaucoup plus des Américains et puis les autres pays d'Europe, ceux qui étaient à l'ouest du rideau de fer étaient très dépendants des Américains, en particulier les Allemands. Et on a tout fait pour qu'il n'it pas une force militaire.
Et ceux qui étaient de l'autre côté étaient d'abord dépendants des Russes et ensuite se sont retournés vers les Américains et pas vers les autres Européens. Et au fond, depuis 90, vous aviez des pays de l'Est, de l'Europe, du Nord qui n'avaient pas confiance dans l'Europe pour sa sécurité. Il n'avait confiance que dans les Américains.
Il y a eu deux chocs profonds ces dernières années. Le premier, le risque russe revient. Et donc cette menace existentielle pour les Européens, elle est là.
Jusqu'où monsieur le président ? C'est la dernière question ? Non mais je je veux finir pour que ce soit clair pour tout le monde, pardon mais c'est très important stratégiquement.
Et la deuxième chose, il y a un doute sur le soutien américain parce que le Groenland, parce que le doute sur l'Ukraine et donc nous assistons les bales et donc nous assistons à un réveil géopolitique militaire des Européens. Qu'est-ce que ça veut dire ? Enfin, comme je l'ai demandé depuis plusieurs années, on construit ce pilier européen de l'OTAN.
On est en train de dépenser davantage, de construire des capacités. Maintenant, qu'est-ce qu'on va devoir faire ? construire une culture stratégique commune.
Ce qu'on avait un peu lancé dès 2017 avec l'initiative européenne d'intervention et en fait on est en train de bâtir une forme d'Europe de la défense. Cette Europe de la défense c'est pas contre l'OTAN. Certains pays sont membres, d'autres non.
Mais elle va nous permettre nous de nous saisir de notre propre sécurité. Et en fait, les Européens sont en train de sortir d'un état de minorité géopolitique. Et quand j'entends beaucoup de gens dire "Vous étiez pas tel rendez-vous, tel meeting vous européen." Mais ne vous trompez pas, nous n'étions à aucun des rendez-vous internationaux qui pendant la guerre froide ont structuré l'espace de sécurité européenne.
C'est ça qui est en train de changer et c'est ça qui se joue en Ukraine. Monsieur le président, merci. Merci à vous pour votre temps et donc on continue.
Vous l'avez compris, ça n'est qu'une étape d'un processus qui va je pense encore durer. Mais la en faisant tout cela, nous nous soutenons évidemment l'Ukraine, ce qui est notre devoir mais nous protégeons la France. Une question encore puisque vous êtes l'homme qui a le plus parlé à Vladimir Poutine à Bregançon, à Paris, à Versailles et Caes heures au téléphone euh euh le patron de la DGSO était notre invité il y a quelques semaines, il disait attention, il y a une forme de paranoï en quoi il croit vraiment.
C'est ça qui est terrible. Est-ce qu'elle a un danger particulier ? Ce peut-il que Poutine soit dans une sorte de d'ubrice qui soit au-delà du simple calcul rationnel ?
Je je me permettrai pas de faire des qualifications comme ça la position qui est la mienne dans le moment que nous vivons parce que j'ai toujours du respect pour mes collègues, mes interlocuteurs. Mais je sais une chose, c'est que depuis au fond 2007-2008, le président Poutine a rarement tenu ses engagements. Il a constamment été une puissance de déstabilisation et il a cherché à revoir les frontières pour étendre son pouvoir.
Et je pense que quand un système politique qui a le la culture profonde quand même de la Russie héritée du régime soviétique s'inscrit aussi durablement faisant autant de sacrifice dans cette logique, il est très dur de revenir en arrière. Et donc je pense que la Russie est devenue durablement une puissance de déstabilisation et une menace potentielle pour beaucoup d'entre nous et que le niveau de d'investissement qu'elle a consenti ces dernières années ne passe pas de 100 à zéro du jour au lendemain. Et donc un pays qui investit 40 % de son budget dans de tels équipements, qui a mobilisé une armée de plus d'un 1300000 hommes, il ne reviendra pas à un état de paix et un système démocratique ouvert du jour au lendemain.
Ne soyons pas naïfs. Et donc, y compris pour sa propre survie, il a besoin de continuer de manger. Voilà.
Et donc c'est un prédateur, c'est un ogre à nos portes et je dis pas que dès demain c'est la France qui sera attaquée mais enfin c'est une menace pour les Européens, faut pas être naïf. Et je le dis avec un immense respect pour la le peuple russe euh ce pays, sa grande histoire, sa tradition et ses dirigeants, mais nous en sommes là. Il faut pas être naïf.
Monsieur le président, merci beaucoup. Merci à vous. Voilà les mots extrêmement forts d'Emmanuel Macron pour qualifier le le régime de Vladimir Poutine.
Interview accordée au cours de la nuit à Darius Rochemain qui a fait spécialement le déplacement à Washington pour avoir le bilan du chef de l'État français. Analyse peut-être de ce qui vient de dit par Emmanuel Macron. Ce qui est assez étonnant, c'est que la rencontre a été faite à Washington à l'initiative de Donald Trump et quand on écoute Emmanuel Macron, il n'y a que des ons, le nous européen, on lance le travail, on va tout faire pour que la rencontre a lieu, on va lever les ambiguïtés.
C'est ça que vous retenez d'abord de son interview ou pas ? Bah, ça aurait été difficile qu'il dise "On n'y est pour rien, on s'est raccroché au wagon, on est arrivé par effraction, on voulait pas de nous au début." Ça semble compliqué.
On connaît le président de la République, il a cette capacité à s'approprier les choses, y compris celles qu'il a pas forcément lui-même voulu. Moi, je trouve que son son discours en tout cas c'est cette interview est forte, qu'effectivement elle dit les choses. Je pense que il veut prendre une forme de de leadership d'un réveil européen géostratégique et et d'une capacité à à apporter sans l'aide garantie des Américains.
Je pense c'est très important. Il l'a d'ailleurs justement analysé dans dans les éléments disant aujourd'hui euh bah la Russie se réveille, c'est pas récent mais enfin euh ça ça devient violent euh et très violent et deuxièmement euh l'Amérique est incertaine euh et euh on n'est plus sûr de compter sur le grand oncle américain comme c'était le cas depuis la deuxième guerre mondiale. La conclusion, c'est peut-être pas dit assez clairement, mais c'est au fond.
Qu'est-ce qu'attend l'Europe pour se réorganiser, se réarmer, se réindustrialiser, se retrouver de la force souveraine pour être capable bah de défendre ses frontières et pour être capable de résister dans un bras de fer éventuel avec l'ours russe. C'est ça le on est en train de bâtir l'Europe de la défense. C'est ce qu'il dit.
C'est en cours finalement. Oui, enfin ça fait ça fait 40 ans qu'on nous parle de l'Europe de la défense. C'est c'est moi j'entends bien que c'est en cours depuis tellement longtemps.
Euh il y a des chiffres alignés, il y a des engagements pris, il y a effectivement les fameux 5 % qui ont été évoqués avec l'OTAN. Enfin tout ça est tout ça est à la fois vrai mais manque à mon sens. En tout cas, c'est le regard politique je peux avoir de lisibilité pour les opinions publiques, d'incarnation pour les opinions publiques sur ce sujet.
L'Europe de la défense, vous allez dans la rue devant LCI, les gens vous disent "Ça fait 30 ans qu'on en parle, on la voit pas venir." C'est pas concret. Juste encore un mot de vous deux pour le le bilan de cette interview, le bilan justement de de ce sommet.
On est loin du discours triomphant de Donald Trump quand même dans la tonalité. Oui, il y a une il y a une modulation du côté de Donald Trump et et c'est intéressant qu'il y a une dynamique. Le président de la République a bien décrit les étapes qui vont permettre de savoir si cette dynamique sera fructueuse ou pas avec les échanges à un niveau plus technique. cette cette bilatérale qui doit être tenue entre les Ukrainiens et les Russes pour pouvoir parler aussi de la dimension territoriale du sujet, trilatéral pour éventuellement consacrer un accord de paix et enfin une réunion avec les Européens.
Et c'est important que cette chronologie soit bien fixée parce que à chaque étape, il faut qu'on soit en mesure de vérifier si la partie russe s'engage réellement. C'est d'autant plus important qu'il n'y a pas eu de cesser le feu préalable à une négociation sur un accord de paix. Ça veut dire que pendant que toutes ces conversations ont lieu, les canons continuent de tirer, les Ukrainiens continuent de de de subir des pertes.
Et il est important de voir que tout ça débouche à un moment crucial. On va arriver au moment du 80e anniversaire des Nations- Unies en septembre. Ouais, l'assemblée générale des naies doit être le moment auquel on est capable de dire au monde les yeux dans les yeux regardez Poutine nous balade tous autant qu'on est ou alors il s'est réellement engagé et on demande au monde d'être garant aussi de cette de cette paix qui aura été négociée.
Oui. De rappeler sur les questions de rarement d'ailleurs, c'est une frustration en Ukraine parce que la la ligne de défense de l'Europe en ce moment c'est l'armée ukrainienne. La meilleure défense de l'Europe, c'est armer l'Ukraine.
La sécurité de toute façon et ça c'est un point de vue qui est quand même assez partagé euh des pays nordiques. balte en Ukraine bien évidemment la sécurité viendra si de façon absolue si la Russie est battue d'une façon ou Yeah.
Emmanuel Macron