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DébatC dans l'air (sur YouTube)· 27 janvier 2024 63 minContradictoireMixteAgriculture & alimentationÉconomie & entreprisesEurope & internationalEnvironnement & énergie

Agriculteurs : premier test pour Attal - #cdanslair du 26.01.2024

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 35 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:28OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui, c'est quand même le baptême du feu pour Gabriel Attal ?

  • 2:37RelanceRéponse directe

    Son autorité, Audrey Goutard, on a quand même un gouvernement qui marche sur des œufs et qui laisse faire.

  • 4:58OuverteRéponse directe

    Très compliqué de circuler aujourd'hui en France. D'ailleurs, les rues de Paris sont vides, parce que c'est très difficile de rentrer dans Paris.

  • 5:14OuverteRéponse directe

    Mardi dernier, à l'Assemblée nationale, il y a ce député PS de Meurthe-et-Moselle qui, au détour de son discours, lâche cette phrase, un peu improvisée et saisie par l'émotion.

  • 8:05OuverteRéponse directe

    Je parlais peut-être de la culpabilité qu'on ressent tous au fond de nous-mêmes face à cette situation des agriculteurs.

  • 10:32OuverteRéponse directe

    Oui, témoigne de la difficulté à changer de modèle.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:54PrésentateurChiffre
    « Un poulet sur deux qui sont importés, un tiers des légumes qui sont importés et deux tiers des fruits qui sont importés. »
  • 14:08InvitéChiffre
    « La taxe qu'ils nous redonnent, c'est à peu près 5-6 000 euros à l'année. »
  • 27:03PrésentateurChiffre
    « On a 10 milliards de balances excédentaires sur l'agriculture. »
  • 30:09PrésentateurChiffre
    « On impose aux agriculteurs de ne pas cultiver 4% de leur parcelle chaque année pour que la terre repose. »
  • 35:49InvitéFait
    « on n'arrive pas à s'en sortir, on travaille 80 heures par semaine »
  • 36:45InvitéFait
    « verser des milliards, verser de l'eau dans un puits, ça ne servira à rien »
  • 49:52InvitéPromesse
    « 50 articles dont les 26 articles du gouvernement, jamais la république n'aura une loi aussi dure contre les étrangers délinquants »

Temps de parole

  • Présentateur91 %
  • Invité3 %

0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

Bonsoir à toutes et à toutes. Routes et autoroutes bloquées, grandes surfaces et préfectures attaquées, la colère des agriculteurs ne faiblit pas et le mouvement bénéficie du soutien de 9 Français sur 10 au point que l'exécutif laisse faire. Pas question d'intervenir pour lever les barrages. Reste à savoir maintenant si les propositions de Gabriel Attal apporteront une réponse au malaise des agriculteurs qui se disent assommés par des normes et une concurrence déloyale qui les empêche de vivre décemment. C'est dire si ce sujet est brûlant. Nous sommes tous des paysans. A lancé mardi à l'Assemblée nationale le député PS de Meurthe-et-Moselle sous les applaudissements de tout l'hémicycle.

C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air intitulé ce soir « Agriculteurs, premier test pour Attal ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Thomas Porcher. Vous êtes économiste, membre des économistes atterrés, professeur à la Paris School of Business. Votre dernier ouvrage, mon dictionnaire d'économie, c'est aux éditions Fayard. Audrey Goutard, grand reporter, spécialiste des faits de société à France Télévisions. Aurore Gorius, vous êtes journaliste indépendante, spécialiste du lobbying et de l'influence. A lire votre dernier livre « À l'oreille des politiques ». C'est une coproduction « Les jours » et « La revue dessinée ».

Et enfin, Jérôme Jaffray, vous êtes politologue et chercheur associé au CIVIPOF. Merci de participer à cette émission en direct. Jérôme Jaffray, est-ce qu'on peut dire qu'aujourd'hui, c'est quand même le baptême du feu pour Gabriel Attal, qui, pour reprendre l'expression de Dominique Bussereau, l'ancien ministre de l'agriculture, dit « Gabriel Attal, c'est plus un rat des villes qu'un rat des champs ». Ah, c'est sûr que l'enfant des beaux quartiers parisiens et l'élu des Hauts-de-Seine, bon, eh bien, il plonge dans le bain de la France rurale, de la France agricole. Donc, pour lui, c'est un test décisif.

On pensait que ce serait la déclaration de politique générale, qui soit dit en passant, a d'ailleurs beaucoup, beaucoup attendu, puisqu'elle n'aura lieu que le mardi 30 janvier, trois semaines après sa nomination. C'est considérable comme écart, mais en vérité, c'est aujourd'hui la capacité de parler aux agriculteurs, de montrer à la fois qu'ils comprennent leurs problèmes et qu'ils essayent d'y répondre, et qu'en même temps, ils ne cèdent pas sur tous les sujets de la politique environnementale, de la politique économique, ni des objectifs que l'agriculture française doit se donner.

Donc, c'est un exercice où il faut non seulement séduire, communiquer, mais aussi marquer son autorité et des limites. Alors, son autorité, Audrey Goutard, on a quand même un gouvernement qui marche sur des oeufs et qui laisse faire. On a vu quand même des images assez violentes, un sanglier ventré, on a vu un Leclerc à côté d'Agin, dont le toit s'est écroulé parce que les agriculteurs ont jeté du lisier, et on a face à cela un ministre de l'Intérieur qui nous dit « Je laisse faire à la demande du président de la République. » Attention, pas de touche, ce sont des agriculteurs fragiles. Oui, en fait, c'est la grande histoire entre les gouvernements et les agriculteurs.

C'est-à-dire que les agriculteurs, effectivement, sont capables d'avoir des actions extrêmement violentes, mais en même temps, ce sont des agriculteurs, contrairement par exemple aux Gilets jaunes, ce sont des citoyens qui ont l'habitude de discuter avec le préfet, il y a des maires avec lesquels ils sont d'ailleurs sur les points de manifestation. Bref, il y a tout un réseau, tout un faisceau qui fait que… Et puis ils sont ultra-syndiqués, donc ils sont raisonnables tant qu'on les tient, effectivement, et pour le moment, le gouvernement assure qu'ils sont tenus par leur syndicat.

Donc effectivement, il y a une marge de négociation, on a l'impression en fait qu'il y a un scénario, depuis que Gabriel Attal a reçu les syndicats à Matignon en début de semaine, effectivement, on a l'impression qu'il y a un scénario assez bien rodé entre « bon, on vous laisse manifester, on vous laisse exprimer votre colère, on la comprend, on est dans le temps de la négociation, on verra ensuite, mais n'allez pas trop loin ». Et d'ailleurs, les syndicats font en sorte qu'effectivement, ça n'aille pas trop loin. Ils sont révoltés plus que révolutionnaires, c'est en ce sens qu'ils ne font pas peur, ou moins peur que les Gilets jaunes ou d'autres types de manifestants. Oui, tout à fait.

Et d'ailleurs, c'est pour ça que les citoyens, finalement, les aiment beaucoup et qu'on retrouve de très bons sondages, même au moment où, effectivement, on voit les images que nous voyons là à l'antenne. C'est-à-dire que, en fait, les agriculteurs, lorsqu'ils manifestent, ils ne manifestent pas pour des raisons politiques, ils ne manifestent pas pour renverser la table ou pour prendre le pouvoir. Ils manifestent la manifestation, ou même ces actes très violents que l'on voit là, c'est l'expression et c'est un moyen pour eux, en tout cas, d'obtenir ce qu'ils veulent. Donc, c'est catégoriel. C'est par rapport à « on veut un résultat, on veut quelque chose ».

Ça n'est pas pour renverser le gouvernement, ce qui est assez rassurant pour un Gérald Darmanin et un gouvernement. Alors, il n'empêche, Thomas Porcher, très compliqué de circuler aujourd'hui en France. D'ailleurs, les rues de Paris sont vides, parce que c'est très difficile de rentrer dans Paris. Et les Français soutiennent massivement 9 Français sur 10. Et puis même, on a l'impression qu'on met de côté des clivages politiques. Mardi dernier, à l'Assemblée nationale, il y a ce député PS de Meurthe-et-Moselle qui, au détour de son discours, lâche cette phrase, un peu improvisée et saisie par l'émotion. Il dit « nous sommes tous des paysans » et tout le monde se lève. On va regarder la scène.

5:28
Invité

L'émotion est vive. Aujourd'hui, même si j'ai des pudeurs à le dire, je veux redire mon attachement. Je voudrais vous dire simplement que je suis paysan. Mais que nous pouvons dire aujourd'hui que nous sommes tous paysans.

5:58
Présentateur

Baigner dans autant de difficultés. Écoutez, oui, je pense que la conjoncture actuelle est très difficile pour un bon nombre de Français. Et on se rend compte que ce que nous disent les agriculteurs, c'est qu'ils n'arrivent pas à vivre dignement de leur profession. Et ils travaillent. Et ils travaillent beaucoup. Et la deuxième chose, et c'est là qu'il y a un point commun avec les Gilets jaunes dans les revendications, dans les raisons, c'est le sentiment d'injustice qu'il y a. Ils disent, alors les Gilets jaunes c'est une injustice fiscale, parce qu'ils trouvaient qu'ils avaient une taxe alors qu'il y avait eu des baisses de fiscalité, par ailleurs, sur les plus riches, sur les entreprises.

Et là, sur les agriculteurs, c'est cette idée de dire, voilà, vous nous mettez des normes, des législations, et en même temps, vous signez des traités de libre-échange avec des pays qui ont des normes sociales et environnementales qui ne sont pas du tout les mêmes que les nôtres. Donc il y a une forme d'injustice. Donc on n'arrive pas à vivre de notre travail, alors qu'on produit un bien particulier, qui sont des aliments, ce n'est pas du textile. Et en même temps, il y a une injustice parce que vous nous imposez des normes et ça devient très compliqué. Donc moi j'arrive à comprendre que, bon, c'est l'agriculture, c'est particulier, que les Français y soient attachés.

Et après, ce qui est assez marrant, et là on peut le comparer avec le mouvement des Gilets jaunes, c'est que ça se passe 6 à 7 mois avant les européennes, comme la dernière fois. Les européennes, c'est souvent un moment, la campagne des européennes, dangereux. Là, la campagne des européennes a l'air d'être beaucoup plus importante que la dernière fois, d'un point de vue politique. Emmanuel Macron n'a pas envie de laisser ce scrutin au Rassemblement national. À gauche, on ne sait pas qui encore va y aller complètement. Alors il y a Raphaël Glucksmann qui est parti, mais il n'a pas encore été adoubé complètement par le PS. Au niveau de la LFI, on ne sait pas vraiment qui va être là.

Donc on se rend compte que pour la NUPES, pour le Rassemblement national, mais aussi pour Emmanuel Macron, c'est un scrutin qui est important. Donc je comprends que dès qu'il y a un mouvement comme ça, tout le monde essaye finalement un peu de s'approprier le mouvement, même si les raisons de base sont des raisons que tout le monde est obligé de partager. Ce n'est pas normal qu'un agriculteur n'arrive pas à vivre de son travail. Et ce n'est pas normal qu'il y ait une telle injustice. Et qu'aujourd'hui, on se retrouve avec un poulet sur deux qui sont importés, un tiers des légumes qui sont importés et deux tiers des fruits qui sont importés.

Et Aurore Gorius, je parlais peut-être de la culpabilité qu'on ressent tous au fond de nous-mêmes face à cette situation des agriculteurs. Parce que quand on fait nos courses, il faut le dire, on achète le moins cher. Et en plus, on veut du sanglifosate. C'est-à-dire qu'on est les premiers, pour nos enfants, à vouloir et à exiger des raisins sans pesticides. C'est toute la difficulté, toute la contradiction d'essayer de mettre en place une transition écologique, vers une agriculture plus saine et plus verte, dans un contexte où, ça vient d'être très bien rappelé, les agriculteurs ne gagnent pas leur vie et ou très mal leur vie quand ils travaillent.

Donc c'est une équation extrêmement compliquée. La FNSEA tient le mouvement, mais il faut aussi dire que la FNSEA est très contradictoire là-dessus. C'est-à-dire qu'ils sont les premiers au niveau européen à lutter contre le verdissement de la PAC. La PAC qui assure quand même... Elle défend les pesticides, pour faire simple. Beaucoup. Elle défend l'agriculture intensive. Elle s'oppose en grande partie très régulièrement à cette transition verte qui est nécessaire, qui est demandée par les consommateurs, mais qui est aussi le modèle de demain, et qui fait prendre du retard aussi avec l'agriculture française.

Donc on est dans une contradiction de la FNSEA, qui d'ailleurs là a récupéré le mouvement, parce que ça n'avait pas démarré avec les syndicats. Les premiers mouvements sur l'A64 entre Bayonne et Toulouse n'étaient pas des mouvements qui venaient de la FNSEA ou des jeunes agriculteurs. C'était beaucoup plus spontané, contre une taxe d'ailleurs, un peu comme le mouvement des Gilets jaunes, contre le GNR et la fin de la nuit fiscale du GNR, le gasoil non routier qui permet aux agriculteurs de faire tourner leurs tracteurs, et aussi les engins de chantier, mais les agriculteurs c'est les tracteurs.

Et donc là aussi on est sur un mouvement qui a démarré sur une taxe plus verte, mais il faut rappeler que le GNR, la suppression de la nuit fiscale, elle était prévue, elle a été négociée avec la FNSEA, elle est prévue jusqu'en 2030. Donc c'est quelque chose qui a été étalé, annoncé.

Donc voilà, c'est ce jeu de la FNSEA qui sent bien que parfois il faut lâcher des choses en termes de durabilité, de verdissement, et en même temps qui est sur un modèle d'agriculture intensive, ses propres adhérents sont beaucoup là-dessus aussi, et qui du coup n'organise pas, alors qu'elle a quand même 200 000 adhérents, qu'elle représente une grande partie du monde agricole, qu'elle représente quand même plus de 50% des élus dans les chambres d'agriculture, donc elle a une responsabilité vis-à-vis du secteur agricole, et elle s'oppose assez largement à cette évolution. Oui, témoigne de la difficulté à changer de modèle.

Difficulté à changer de modèle, et elle ne va pas forcément dans ce sens-là, et elle n'accompagne pas forcément les agriculteurs dans ce sens-là. Alors, Gabriel Attal a donc fait le déplacement en Haute-Garonne cet après-midi pour faire des annonces. Au même moment, des convois d'agriculteurs convergent vers Paris afin de mettre toujours plus de pression sur le gouvernement. Les propositions du Premier ministre suffiront-elles à calmer la grogne ? Élément de réponse avec Romain Bessnenou, Emmanuel Bach et Juliette Perrault. Il a le sourire un peu crispé des déplacements scrutés de près.

Gabriel Attal dans une ferme de Haute-Garonne pour tenter de répondre à la colère et au ressentiment du monde paysan. Des mesures très attendues, alors que partout en France, la pression monte ces dernières heures.

11:22
Invité

Cet après-midi à 30 km de Paris,

11:25
Présentateur

ces agriculteurs franciliens s'organisent sur l'autoroute A6. Donc l'idée, c'est pas de tout bloquer. L'idée, c'est pas de... À Paris, c'est déjà la merde sans qu'il y ait un tracteur sur l'autoroute. Donc en fait, si vous mettez... Et qu'on se met à tout bloquer, si vous voulez, en fait, ça va être congestionné. Et le risque, c'est qu'en fait, on soit... Qu'on perde de la crédibilité dans notre mouvement. Des précautions pour que le message soit le plus audible possible. Si vous voulez, il y a un sentiment de déclassement, un sentiment de perte de dignité dans le métier, une perte de sens.

Les agriculteurs, quels qu'ils soient, du sud, du nord, de l'ouest, en fait, ne savent plus ce qu'on attend d'eux. Et le problème, le malaise, il est celui-là aujourd'hui en France. Un malaise exprimé au grand jour depuis une semaine, partout sur les routes de France. Ce matin encore, les autoroutes A7 et A9 étaient bloquées sur 400 km entre Valence et Perpignan. Du jamais vu, selon la société Vinci. Cet après-midi, l'étau se resserre autour de Paris. Sur l'A6, mais aussi l'A13, la National 14, l'A16 et au niveau du péage de Saint-Arnoux. Des blocages, mais aussi des actions coup de poing. Hier dans les Raux, le parking de ce supermarché a été labouré. Le goudron a été retourné.

La grande distribution dans le viseur des agriculteurs, accusée de ne pas respecter la loi EGalim et de s'enrichir sur leur dos. Une colère entendue, assure Bruno Le Maire. Le ministre de l'Economie annonce ce matin un doublement des contrôles et de nouvelles sanctions pour ceux qui ne respectent pas les règles. Dès la semaine prochaine, j'enverrai à tous les industriels et à tous les distributeurs qui sont en infraction des injonctions de se conformer à la loi. Faute de quoi, ils seront sanctionnés à hauteur de 2% de leur chiffre d'affaires. Je serai intraitable sur le respect strict, plein et entier de toutes les dispositions

13:20
Invité

de la loi EGalim.

13:22
Présentateur

Au même moment, les organisations syndicales, elles, continuent de faire pression.

13:27
Invité

La mobilisation agricole est sans précédent avec un niveau de détermination que pour ma part, je n'ai jamais vu. Voilà, donc ça oblige tous les responsables à être au niveau. On a encore une fois fait notre travail. Tout le monde est sur la brèche. Tout le monde est tendu. Tout le monde est fatigué. Tout le monde n'attend qu'une chose, c'est de repartir dans son exploitation. Mais pour ça, il y a un préalable, c'est la réponse.

13:46
Présentateur

Le gouvernement devrait en tout cas revenir sur la hausse de la taxe du GNR, le gazole non routier. Pour beaucoup d'agriculteurs comme Kevin Brouillard, cette augmentation le 1er janvier dernier a été catastrophique. Moi, j'ai une exploitation,

14:01
Invité

j'ai 290 hectares.

14:03
Présentateur

La taxe qu'ils nous redonnent, c'est à peu près 5-6 000 euros à l'année.

14:08
Invité

Donc c'est pas négligeable. Surtout avec les conditions actuelles où les prix sont ont vachement baissé. Ils nous retirent encore du chiffre d'affaires. Donc au bout d'un moment, non, ça va mal se passer.

14:21
Présentateur

La réponse du gouvernement sera-t-elle à la hauteur des attentes ? Une crainte, que le mouvement de contestation finisse par échapper au syndicat. Cet après-midi, le bâtiment de la Mutuelle Santé Agricole à Narbonne a été incendié. Certains représentants reconnaissent être parfois dépassés.

14:37
Invité

malheureusement, on a aussi des agriculteurs à l'heure actuelle qui sont désespérés. Et vous savez, tout comme moi, que quand vous avez des gens désespérés qui arrivent sur des manifestations, c'est aussi difficile pour nos responsables de les contrôler.

14:50
Présentateur

Une séquence politique aux multiples enjeux pour Gabriel Attal et son nouveau gouvernement. La FNSEA communiquera sur la suite de la mobilisation ce soir à 20h. Thomas Porcher, question de Bruno. Si les agriculteurs n'avaient pas bougé, qui se serait inquiété de leur sort ? C'est vrai que la campagne là où les noms des villes étaient retournés, bon, on a regardé ça d'un air amusé. Et finalement, on a commencé à écouter les agriculteurs dès lors qu'ils ont bloqué les autoroutes. Oui, mais ce n'est pas un problème qui date d'hier. C'est un problème récurrent. Moi, je me souviens, en 2014, les prix du lait avaient chuté très fortement de 40%.

Et là, il y avait des agriculteurs aussi qui avaient manifesté. C'est quand même un problème récurrent parce que ça fait des années qu'il faut revoir ce modèle agricole. Il faut vraiment comprendre qu'à l'après-guerre, nous avions des prix garantis, nous avions des quotas en Europe. Les prix garantis ont permis aux agriculteurs d'investir, de se développer, de se développer à l'export. Ça a très bien fonctionné. Ils ont été exportés dans les pays de l'Est, en Afrique, dans les pays du Golfe. C'est très bien. Mais aujourd'hui, vous avez des pays émergents qui sont très puissants comme le Brésil. Et en fait, la mondialisation nous est revenue en pleine tête.

Vous avez la mondialisation qui, dans un premier temps, a été bénéficiaire aux agriculteurs. Maintenant, elle revient en concurrente et loyale. Ne l'est plus du tout. Ne l'est plus du tout. Et qu'est-ce qu'on demande aux agriculteurs ? D'être de plus en plus compétitifs avec des normes à respecter, avec des réglementations à respecter. Pour être productifs, ils font des investissements. Et ce qui est assez paradoxal, c'est qu'ils ont joué le jeu de la productivité, de la compétitivité, mais ils sont devenus de plus en plus pauvres. Parce que vous savez, quand vous produisez des aliments, encore une fois, ce n'est pas comme du textile.

Ce n'est pas parce que les pommes sont deux fois moins chères qu'on va en consommer deux fois plus. Vous voyez ? Donc, l'élasticité n'est pas parfaite. Donc, les prix baissent et le surcroît de consommation n'est pas là. Et puis après, il y a eu, à partir des années 2000, quelque chose qui a encore compliqué la vie des agriculteurs, c'est la financiarisation des matières premières. Avant, une matière première agricole, il fallait connaître... Mais il y avait un tarif. Mais voilà, il y avait une offre, une demande, des fondamentaux à connaître, un risque géopolitique, un risque avec la météo. Sauf qu'aujourd'hui, les matières premières sont un produit financier.

Et quand vous avez des produits financiers comme le Goldman Sachs Commodity Index qui prend 24 produits, du pétrole, du gaz, des métaux précieux, mais aussi des matières premières agricoles, ça devient un produit financier avec une très forte volatilité qui va se connecter, par exemple, à la politique monétaire américaine, donc qui est complètement déconnectée de la réalité. Et donc, quand vous êtes un producteur, vous êtes dans une forte instabilité. Vous avez la concurrence internationale, les prix qui sont extrêmement volatiles et vous avez aussi... Donc, on commence sa saison, on ne sait pas à quel prix on vendra son blé.

Il peut y avoir très bonnes années ou des années où vous allez brader votre production. Tout à fait. Votre blé, votre lait et vous devez faire des investissements de long terme qui vont être rentables sur le long terme avec une forte volatilité. Et à cela, si vous ajoutez l'instabilité réglementaire, ça devient catastrophique. Jérôme Jaffray, pour revenir sur la question de Bruno, sur si les agriculteurs n'avaient pas bougé, qui se serait inquiété de leur soeur ?

Est-ce qu'il y a un moment quand même où Gérald Darmanin, qui est quand même responsable de la libre circulation des Français, va s'inquiéter de ce que les autoroutes sont bloquées ou de ce que les préfectures, celles d'Agen ont quand même été attaquées ? Enfin, c'est la puissance publique là. Vous avez raison. On arrive à un point limite. D'abord, la question de Bruno est juste. C'est-à-dire qu'en France, nous ne sommes pas capables de négocier avant la crise. Il faut l'explosion pour qu'ensuite, on cède un certain nombre de choses faute d'avoir des procédures correctes de négociation avant. Le problème agricole, les uns et les autres, vous venez de le souligner, il n'est pas d'aujourd'hui.

Il n'a pas... Voilà. Donc, on est dans une situation et on l'a vu avec les Gilets jaunes. Effectivement, la différence, Audrey l'a souligné, ce n'est pas un mouvement politique, c'est un mouvement professionnel. et on n'a pas, si vous voulez, les Gilets jaunes, c'était contre Macron, le référendum d'initiative citoyenne et c'était une révolte politique extrêmement forte, extrêmement... Là, nous sommes dans une révolte professionnelle et les agriculteurs ne demandent pas que les autres syndicats ouvriers viennent les aider, surtout pas, il ne faut pas mélanger les choses.

Vous ne croyez pas à la convergence des luttes que cherche à organiser la CGT quand elle dit les pêcheurs, les travailleurs du bâtiment, les salariés doivent se joindre à cette colère agricole ? Alors, la CGT montre sa combativité, sa présence comme syndicat de référence, mais n'a pas vraiment les moyens de mettre en œuvre ce qu'elle dit. Là où vous avez raison, c'est qu'on atteint quand même un point limite. Les agriculteurs, leur mouvement est formidablement populaire. Cette popularité, leur permet d'obtenir enfin un certain nombre de choses qu'ils réclamaient et que, très probablement, Gabriel Attal va annoncer un certain nombre de choses attendues.

Vous avez parlé du carburant, du GNR, évidemment, c'est le genre de choses qui est sur la table, incontestablement. Mais il faut que la popularité demeure. Et donc, le blocage du pays, c'est quelque chose qui ferait perdre très vite aux agriculteurs leur popularité. Cette façon de tourner autour de Paris sans jamais vouloir rentrer dans Paris est vraiment amusante à cet égard. Symboliquement, je trouve d'ailleurs qu'il devrait y avoir un certain nombre de tracteurs autorisés à aller sur les Champs-Élysées pour montrer que la ville n'est pas interdite. Sinon, il n'y a que la province qui déguste et Paris serait complètement à l'abri.

Et vous avez raison, Gérald Darmanin, il pousse le bouchon très loin en disant que face à la souffrance, on n'envoie pas les CRS. Oui, enfin, il y a pas mal de cas où on a envoyé les CRS, y compris face à la souffrance. C'est ce qu'a dit Yannick Jadot. Si ça avait été des écologistes, aujourd'hui, ils seraient en prison. Alors, Gérald Darmanin a répondu d'avance dans son intervention à la télévision hier que les incueleurs n'envoyaient pas des boules de pétanque à la tête des policiers, etc. Mais on voit bien que ça n'est pas tenable longtemps que le ministre de l'Intérieur dise vous semez le désordre dans tout le pays, tout va bien, continuez, c'est pas un problème.

André Goutard, vous qui êtes habituée à mettre de l'ordre. Oui, alors là, les syndicats, on voit qu'il y a un train de mesure qui a été annoncé et qui répond quand même pour l'essentiel. Alors justement, voilà, allons sur la réponse du gouvernement. Alors d'abord, Gabriel Attal, sur la forme, on l'a vu arriver donc de Paris à la rencontre des agriculteurs et sur le fond, quels sont les enseignements qu'on peut tirer de la méthode Attal et des propositions Attal ? Déjà, sur la forme, ce qui est intéressant, c'est de voir qu'il agit finalement de façon assez similaire à son action au ministère de l'Éducation nationale.

En fait, là, dans le discours qu'il vient de faire avec ses annonces, il a tout de suite pris sa part et la part de l'État. C'est-à-dire qu'il dit oui, effectivement, vous avez raison d'être en colère. Et c'est ce qu'il avait fait, souvenez-vous, pour le harcèlement scolaire lorsqu'il avait dit on a fauté. Là, pareil, il dit la vérité m'oblige. Il épouse la cause. Pour chaque article, pour chaque proposition qu'il fait, il démarre par la vérité m'oblige à vous dire que depuis plusieurs années, les agriculteurs sont abandonnés, etc. Et par exemple, pour le GNR dont on parlait dans votre reportage, il y avait le témoignage d'un agriculteur, il renonce au GNR.

Il renonce à la taxation du gazole la moudier. Voilà, cette taxation. Et d'ailleurs, la phrase qu'il utilise est intéressante. Il dit on a construit un truc où on prend d'une main aux agriculteurs 70 millions et on leur rend par un mécanisme que personne n'a compris. Donc là, de nouveau, il assume l'erreur de l'État, n'a compris c'est même 70 millions. Donc il dit voilà, on a raté notre truc tout en soulignant quand même que ça avait été négocié avec la FNSEA. Mais bon, on a raté notre truc. Par exemple, sur la... Là, il annonce également par exemple le fait qu'on va simplifier trop de décrets, trop de décrets préfectoraux qui polluent la vie des agriculteurs.

D'ailleurs, il dit un agriculteur doit être dans les champs et pas devant son écran. Eh bien, là aussi, tout de suite, il explique et c'est assez similaire avec sa stratégie au ministère de l'Éducation nationale. Il dit ben voilà, j'ai tout de suite parlé avec le préfet du coin et on a déjà supprimé quatre décrets. Quatre décrets trop compliqués et on va le faire dans toutes les préfectures. Donc c'est vraiment une stratégie offensive de terrain et j'allais dire où il s'adresse au bon sens paysan en disant voilà, on vous a entendu, c'est pas si compliqué à faire et on a déjà je crois sept ou huit mesures qui vont être mises en œuvre dit-il dans les jours à venir.

Bror Gorius, est-ce que ça veut pas dire quelque part qu'on renonce ? On renonce à taxer les hydrocarbures, on renonce à introduire des normes environnementales. Au fond, on est face au mur de la transition écologique et on s'aperçoit que la barrière est trop haute et qu'on n'y arrive pas et donc où le cheval tombe ou on enlève la barrière. Le contexte économique n'aide pas à faire une transition, à implémenter des mesures qui demandent en plus alors c'est vrai que c'est pas facile à court terme de taxer plus ou d'alléger une liste fiscale pour une profession qui a du mal à gagner sa vie. C'est vrai aussi que ce sont des transitions qui normalement prennent du temps.

Donc c'est pour ça que... Est-ce qu'on peut dire que les agriculteurs sont les premiers à passer comme ça au défi de la transition écologique et que derrière d'autres secteurs devront réaliser la même transition et on leur souhaite bien du courage ? Évidemment, il y a d'autres secteurs qui vont devoir le faire. Le transport maritime y est déjà engagé dans plein d'évolutions. Dans l'immobilier, on sait tous que le bassoir énergétique pose un grand problème à plein de personnes qui sont propriétaires d'appartements. Il y a plein de secteurs qui sont concernés.

Mais c'est aussi pour dire que politiquement, c'est une équation compliquée de faire avancer la cause écologique tout en respectant économiquement et en s'adaptant aux difficultés des secteurs concernés. Et c'est là où finalement, aujourd'hui, on est confronté, enfin, le gouvernement est confronté à une équation compliquée à un moment quand même, on l'a un peu dit, mais c'est vrai, où le gouvernement est quand même en campagne. C'est-à-dire qu'il y a les élections européennes au mois de juin, la liste de renaissance, en tout cas, les intentions de vote à l'égard de la majorité ne sont pas bonnes du tout.

Avoir un conflit long, dur avec les agriculteurs sur une question qui est en grande partie européenne, c'est un très mauvais signe. Donc, Gabriel Attal, qui en plus vient d'arriver à la tête du gouvernement, est un peu obligé là de lâcher des choses avec en plus cette empathie dont on a parlé, l'empathie de l'opinion pour une situation de précarité extrême, de problème de revenus, vu le contexte. Et donc, voilà, il faut aujourd'hui lâcher des choses. Et c'est dans cette dynamique-là que Gabriel Attal, visiblement, va plus faire preuve de conciliation avec les agriculteurs que d'autorité, même si, pour ses débuts au gouvernement, il en aurait besoin.

Thomas Porcher, la porte-parole du gouvernement, dit, en fait, on est passé de la norme à la surnorme. Est-ce que derrière aussi la critique des agriculteurs, il y a les normes de Bruxelles et en France, on éprouve un malin plaisir à faire laver plus blanc que blanc, par exemple, à interdire les nicotinoïdes avant l'Espagne, avant l'Allemagne. Ce qui fait que les Français disent, nous, on ne peut pas être les seuls à respecter des normes qui seraient draconiennes. C'est exactement ce que vous dites. Et on ne peut pas être les seuls. En fait, le problème, c'est que l'agriculture est ouverte à la concurrence internationale.

Aussi en Europe, parce qu'on est en concurrence avec les Pays-Bas pour le lait, avec la Roumanie, avec l'Espagne, avec tous ces pays-là. Et aussi en dehors de l'Europe, avec les traités de libre-échange, par exemple, la Nouvelle-Zélande a une agriculture, elle utilise des produits qui sont interdits chez nous. Donc c'est très difficile. Si demain, la transition énergétique, par exemple, sur les bâtiments, il n'y a pas de concurrence internationale. Il n'y a pas d'importation de bâtiments. Sur l'agriculture, c'est autre chose.

Donc il va falloir à un moment que les gens comprennent qu'on ne pourra pas imposer un certain nombre de normes tout en ouvrant nos industries ou notre agriculture au vent de la mondialisation. Je veux dire, c'était dans les années 80, c'était encore possible. Et encore, à cette époque, nous étions plutôt en position de force. Rappelons-le, y compris sur l'industrie. Aujourd'hui, ça va être différent. Si on fait la transition et qu'il y a la mondialisation, ça va être compliqué. Parce qu'on risque... Même si cette mondialisation, on en profite quand même encore un petit peu. On a 10 milliards de balances excédentaires sur l'agriculture.

Oui, qui est lié aussi parfois à la hausse de certains prix des matières premières qui ont augmenté notamment en même temps que les prix pétroliers parce qu'il y a, comme je vous l'ai dit, ces produits financiers qui font qu'il y a des autocorrélations entre les prix, par exemple, du pétrole et les prix de certaines matières premières. Mais la réalité, c'est que si à un moment on veut engager tous ces acteurs dans la transition, il va falloir aussi les protéger. C'est ça que je veux dire. Et ces débats-là traversent aussi même l'Union européenne.

Mais est-ce qu'on les protège de l'extérieur ou on doit aussi se protéger de l'intérieur et revenir à ce qu'on avait fait à une époque, c'est-à-dire des quotas par pays ? Mais c'est des choses, c'est des pistes sur lesquelles il faut réfléchir. En fait, il faut être très administré si on veut réussir la transition écologique. Juste, Bruno, dans le Val-de-Marne, Jérôme Jaffray qui pose la question suivante. Pourquoi le silence assourdissant d'Emmanuel Macron qui pourtant s'est exprimé sur la loi immigration ? Est-ce que la Macronie est à l'aise avec ces sujets de la ruralité ? Ah, écoutez, j'ai vu cette déclaration forte. Emmanuel Macron suit de très près l'actualité des agriculteurs.

Voilà, mais il y a eu cette formule employée par l'Elysée. Il suit de très près. Ça nous rassure d'ailleurs parce qu'effectivement, on pouvait se demander s'il l'a su. Il l'a su à la fois de très loin de l'Inde et de très près comme sujet. Non, c'est pour Gabriel Attal le dossier. C'est le test et sur Gabriel Attal. C'est une démonstration. Parce que, d'abord, Attal a un atout fondamental, c'est qu'il y a une bienveillance du pays à son égard. Il vient d'arriver. Il représente une tête nouvelle dans un monde politique qui n'est pas aimé. Donc ça, c'est quelque chose, la jeunesse, l'énergie. On considère donc, voilà.

Et on ne peut pas le maltraiter comme on maltraiterait un politique qui est là depuis des années dans le circuit qui arrive. Là, il faut lui laisser sa chance. Donc ça, c'est ça. Et puis, Emmanuel Macron, la démonstration de Gabriel Attal est capable de faire face à une crise de ce type, le renforcerait d'une certaine façon en démontrant que son choix a été un bon choix de Premier ministre.

Mais si Gabriel Attal rate cette affaire, évidemment, du coup, Emmanuel Macron, en tout cas, reste dans la position classique de la Ve République, celui qui peut intervenir à un moment donné le président pour rattraper la situation si elle devait, voilà, retour d'Inde, si les choses tournent mal ou bien donner la consigne à Gérald Darmanin publiquement par Emmanuel Macron que les blocages doivent maintenant cesser et les choses doivent revenir dans l'ordre.

J'attends cela en fonction de l'accueil réservé aux déclarations de Gabriel Attal et le fait de dire bon, écoutez, la FNSA peut dire nous avons obtenu beaucoup de choses et la lutte continue mais maintenant rentrons dans nos exploitations et Emmanuel Macron fera dire à Gérald Darmanin qu'on ne peut pas continuer à laisser bloquer le pays. C'est comme ça qu'on peut imaginer les choses. Audrey Goutard. Dans son expression à l'instant, Gabriel Attal a précisé, donc il évoquait la PAC, il a précisé que le président s'engagerait la semaine prochaine sur la dérogation jachère, donc cette fameuse dérogation...

Parce qu'on impose aux agriculteurs de ne pas cultiver 4% de leur parcelle chaque année pour que la terre repose. Donc on en déduit effectivement une expression du président de la République la semaine prochaine puisqu'il s'engagera sur cette dérogation et Gabriel Attal explique qu'il a demandé à son ministre d'aller à Bruxelles pour trouver des alliés et demander à ce que l'on simplifie effectivement la PAC et surtout, il a redit que le Mercosur et bien c'était un... pardon...

Il était contre l'accord du Mercosur contre l'accord du Mercosur c'est tellement complexe effectivement contre l'accord du Mercosur et donc il a redit que la France était opposée totalement à l'accord du Mercosur Alors le Mercosur c'est l'idée d'un accord de libre-échange avec l'Amérique du Sud Brésil, l'Argentine pour importer massivement du bœuf, etc. en échange de la possibilité pour les Européens d'exporter des médicaments des automobiles ou des choses comme ça. Et les agriculteurs sont très vent debout sur cet accord parce qu'effectivement l'Amérique du Sud n'a pas du tout les mêmes normes notamment sanitaires et environnementales que celles imposées aux agriculteurs français.

Aurore Gorius un mot quand même pourquoi les agriculteurs à Agen s'en sont-ils pris au centre Leclerc ? On a beaucoup entendu les grands distributeurs dire au combien ils menaient un combat pour le pouvoir d'achat des Français mais est-ce qu'ils ne le mènent pas parfois au détriment malgré leur démenti au détriment des agriculteurs ?

C'est aussi une des difficultés de la période c'est-à-dire qu'en ce moment la grande distribution essaye d'avoir les prix les moins chers possibles parce que les consommateurs sont confrontés à l'inflation et donc on a vu que ce mouvement d'ailleurs avait aussi démarré en Normandie du côté des producteurs de lait qui réclament une hausse de l'achat de leur lait par Lactalis notamment un prix qui n'a pas évolué depuis 4 ans alors que les coûts de production des producteurs laitiers ont augmenté donc la grande distribution promet les prix les plus bas possibles et donc essaye de tirer vers le bas un certain nombre de ces prix d'achat sachant qu'aujourd'hui c'est encadré par une loi la loi EGalim mais qui est très mal très mal appliquée il n'y a pas de sanctions si on ne le respecte pas d'où aussi les annonces de contrôle supplémentaires par Bruno Le Maire mais en tout cas c'est un des enjeux forts là de cette crise et pour rebondir aussi sur ce qu'on disait sur la transition énergétique et ce pouvoir qui n'est pas forcément toujours très proche du monde agricole il faut se souvenir qu'Emmanuel Macron quand il arrive à l'Elysée dit on va supprimer le glyphosate dans les 5 ans et finalement il a dû revenir en arrière là-dessus parce qu'il s'est pris évidemment un tir de barrage de la part du secteur agricole donc en ce moment cette crise on est écolo à Bruxelles et proche de ses citoyens à Paris ça peut être ça et puis on voit à quel point il y a une succession de difficultés autour des agriculteurs la transition énergétique le problème des prix de l'inflation et c'est ça que révèle aussi cette crise en ce moment Alors ils ont été parmi les premiers agriculteurs à avoir exprimé leur colère en bloquant les autoroutes du pays les bonnets jaunes de la coordination rurale font partie de la branche la plus radicale des syndicats agricoles Léo Seux et Dominique Lemarchand sont allés à la rencontre de 3 de leurs membres pour comprendre les raisons de leur colère vous voyez ce reportage c'est avec un récit de Constance Meyer Dans la nuit la fumée les bras zéros et des bonnets jaunes par dizaines ce soir là plus de 400 agriculteurs bloquent l'autoroute à 62 parmi eux Raphaël issu d'une famille d'ouvriers agricoles à 27 ans il ne se fait plus d'illusions sur l'avenir de sa profession

33:50
Invité

mon rêve ça a toujours été le même depuis enfance et essayer un jour de faire ma propre exploitation mais au jour d'aujourd'hui c'est pas possible il y a certains agriculteurs quand il faut arriver à la fin du mois pour payer quelque chose ils sont obligés de payer de leur propre poche ça veut dire de supprimer leur salaire pour pouvoir le payer et ils se retrouvent avec un frigo vide

34:12
Présentateur

Dans la foule il y a aussi les anciens comme Jean-Michel Ruchot habitués des manifestations

34:18
Invité

Tout à l'heure Pascal parlait de nos épopées de 1992 et tu te souviens aussi que quand on s'est approché du château à Paris ça a changé de gamme sérieusement le président est tout à fait brillant il a plein d'idées mais en même temps en même temps l'eau et le feu pardon mais non pas en même temps l'eau et le feu il dit une chose il parle énormément il dit une chose il dit au contraire ses ministres disent le contraire non à un moment donné il faut un peu de courage

34:45
Présentateur

Lutter nuit et jour le lendemain rendez-vous à la préfecture d'Agent à la manœuvre la coordination rurale le syndicat professionnel majoritaire dans le département souvent remarqué et pour sa radicalité la réunion avec le préfet s'est mal passée

35:01
Invité

est arrosée de lisier

35:25
Présentateur

les barricades de pneus et de paille incendiées toute la semaine les actions vont se multiplier blocage de supermarché barrage au rond-point et à la gare d'Agent coupure d'axe ferroviaire rendre la colère visible pour obtenir des solutions concrètes et rapides c'est l'espoir de Pascale Commandu éleveuse

35:47
Invité

on n'arrive pas à s'en sortir on travaille 80 heures par semaine

35:51
Présentateur

qui le ferait aujourd'hui de travailler 80 heures par semaine voilà demandez à tout le monde autour voilà aujourd'hui on en a marre comme les autres elle alterne entre la lutte et la traite de ses vaches

36:05
Invité

elles me connaissent elles connaissent ma voix

36:10
Présentateur

Pascal produit du lait depuis une trentaine d'années mais à l'heure de faire ses comptes pour se dégager un salaire c'est très compliqué c'était très compliqué parce que les matières premières augmentent le soja le prix du soja c'est triste parce que il n'y a bien peut-être le déleveur c'est aussi dans son exploitation que l'on retrouve Jean-Michel Ruchot lui cultive des fruits et légumes et redoute une chose que les annonces du gouvernement ne soient qu'un pansement sur une jambe de bois

36:44
Invité

verser des milliards verser de l'eau dans un puits ça ne servira à rien d'abord le payer des argentés et je crois que le fond n'est pas là et c'est sûrement le plus difficile le fond c'est de changer de logique c'est pas une question d'argent c'est une question de vocation comment pouvez-vous vous supporter dès que vous sortez n'importe où vous allez vous faites quoi je suis agriculteur ah les subventions ah l'eau ah les pesticides ah les subventions c'est insupportable c'est insupportable

37:12
Présentateur

ce matin encore Jean-Michel s'est levé tôt pour ravitailler le front des oranges pour les estomacs et du bois pour le feu de quoi prolonger la bataille alors question téléspectateurs Jérôme Jaffray qui sont les bonnets jaunes sont-ils de droite et plus généralement quelle est la sociologie est-ce qu'il y a un vote agricole il y a toujours un vote agricole il y a toujours eu un vote agricole même si aujourd'hui les agriculteurs représentent environ 1% du corps électoral c'est vraiment très peu mais évidemment ils ont une influence plus grande sur le monde rural plus globalement les agriculteurs sont à droite globalement dans leur vote ils le demeurent et ils ne sont pas à l'extrême droite voilà c'est ça qui est aussi un des enjeux de ces élections européennes d'ailleurs je note que le premier ministre je me suis amusé à regarder comment a voté Montastruc où il est venu aujourd'hui Gabriel Attal faire ses propositions c'est une commune de 219 habitants en Haute-Garonne où le premier ministre est venu faire ses propositions alors au premier tour dans cette commune Mélenchon a été en tête suivi de Macron suivi de Jean Lassalle qui n'est pas très très loin et enfin de Marine Le Pen ça n'est pas vraiment donc un fief le péniste et au second tour Emmanuel Macron a battu Marine Le Pen dans cette petite commune 69% là où il a fait 58% au plan national où sont les LR parce qu'on imaginait moi je m'attendais à ce que ce soit la droite républicaine qui arrive en tête dans le monde agricole oui avec les 4,8% même Pécresse je pense que même chez les agriculteurs ça n'est pas possible il y a eu un déplacement vers Emmanuel Macron et jusqu'à une date très récente en réalité et c'est à vérifier pour le mois de juin prochain les agriculteurs restent très attachés à l'Europe à l'Union Européenne les 9 milliards d'euros que la PAC rend aux agriculteurs français au bout du compte alors avec des contrôles interminables des choses qu'il faut remplir etc on l'a dit et tous les reportages l'ont montré mais enfin c'est une chose fondamentale l'Europe a sauvé très largement l'agriculture française et lui a permis de se développer et ça les agriculteurs ils restent dans cet état d'esprit alors bonnet jaune ce que vous dites quand même pardon on ne l'entend pas beaucoup on a plus l'impression aujourd'hui que l'Europe est en train de couler l'agriculture française et vous nous dites le contraire alors sur le je raisonne à plus longue distance le bilan de l'Europe est assez positif pour les agriculteurs maintenant c'est vrai qu'ils ont un peu le sentiment d'être étranglés par l'ensemble des normes le fameux green deal voilà le green deal l'ensemble des choses le sentiment d'être étranglé et de ne pas y arriver sur la question propre des bonnets jaunes d'abord un grand mouvement social il doit avoir un élément identificateur voilà les gilets jaunes voilà le bonnet jaune est fait pour rester dans l'histoire du mouvement agricole et d'être immédiatement identifié et dans tout ce que vous ferez sur la télévision ça permettra tout de suite de faire la référence au mouvement maintenant l'Otégaronne c'est la coordination rurale car il y a une bataille syndicale dans tout cela une très forte bataille syndicale car début 2025 il va y avoir les élections aux chambres d'agriculture où du coup la FNSEA alliée au CNJA vont-ils garder leur position d'extrême force et la coordination rurale est considérée comme beaucoup plus proche du rassemblement national donc vous avez des zones ponctuelles où alors c'est comme à jeun ces derniers jours où on voit une violence dans les affrontements qui reste quand même dans des proportions limitées mais qui est très différente de ce qu'on voit dans le reste du pays le rassemblement national il pousse il pousse vers les élections européennes sur le thème c'est l'Europe qui nous gêne et qui nous ennuie et qui nous pose tous des problèmes c'est la thématique et du coup les macronistes et l'attaque du RN contre les macronistes elle est assez forte c'est à dire à Bruxelles vous votez tous les textes qui embêtent les agriculteurs et maintenant vous envoyez le Premier ministre pour détricoter ce que vous avez finalement il faut faire le contraire Audrey Goutard sociologiquement il faut voir que le mouvement les agriculteurs ce ne sont pas des prolétaires ce sont des petits chefs d'entreprise que vous ayez deux vaches ou que vous ayez la FNSEA ce n'est pas la CGT c'est les responsables de leur production ce sont des patrons ce sont des patrons qui sont en difficulté débordés mais comme souvent les patrons de PME aujourd'hui c'est exactement les mêmes problématiques débordés par l'administratif débordés et ils ne sont pas contre l'Europe il faut rappeler par exemple les céréaliers la France est la cinquième puissance exportatrice en matière de céréales même ceux qui ont des difficultés aujourd'hui sont dynamiques c'est à dire que 3 milliards d'excédents à l'export les céréales par exemple voilà exactement et donc effectivement vous avez affaire le gouvernement négocie là actuellement avec des gens qui sont maîtres de leur production qui sont à la tête d'une petite entreprise et c'est effectivement la complexité pour ces agriculteurs de maintenir la pression par le biais de manifestations parce qu'il y a un moment il va falloir retourner travailler il y a les bêtes dont on s'occupe les céréales etc donc effectivement eux ils ont besoin de retourner bosser donc là on voit bien ils se relaient etc mais je me souviens à l'époque des bonnets rouges de la précédente grosse manifestation et bien sur les ronds-points à un moment donné le mouvement s'est soufflé parce que tout le monde repartait bosser il y a l'entreprise la PME à faire tourner Aurore Gourius question de Jacqueline dans les Pyrénées-Atlantiques pourquoi les paysans critiquent-ils l'Union Européenne alors qu'ils dépendent de ces subventions c'est vrai qu'on a vu samedi dernier Jordan Bardella sur une exploitation agricole dire vous êtes victime de l'Europe et de ces normes et de l'Europe de Macron et on a vu qu'aux Pays-Bas les agriculteurs sont vent debout contre les normes de réduction d'azote qui font que le parti qui est arrivé en tête aux dernières élections législatives c'est l'extrême droite peut-être en partie avec le vote des agriculteurs alors ça vient d'être dit c'est à dire que je crois que les agriculteurs sont très très conscients de tout ce qu'a apporté l'Europe et tout ce qu'a voilà c'est beaucoup beaucoup de milliards qui sont reversés tous les ans c'est quand même 30% du budget européen c'est la PAC la France est le premier pays qui en bénéficie tout ça les agriculteurs le savent après il y a les normes ça a été dit et puis il y a la volonté aussi de faire en sorte que la production agricole soit un peu plus verte un peu plus écologique et ça rajoute des contraintes alors ils en veulent à l'Europe ils en veulent à l'Europe et ils les transforment en jardiniers et il y a l'impression de subir aussi de subir des normes des injonctions qui viennent d'en haut qui sont difficilement applicables et dans une situation en plus où beaucoup beaucoup d'agriculteurs ne sont pas maîtres de leur destin les décisions viennent d'en haut donc il y a cette impression de subir c'est ce qui ressort de beaucoup de discours subir la relation avec la grande distribution comme on l'a dit subir les injonctions ou les décisions européennes les décisions gouvernementales l'EGNR c'est pas l'Europe l'EGNR c'est une décision française devoir faire cette transition vers des choses plus vertes parce que c'est l'avenir et mais en même temps il n'y a pas les solutions à court terme et ça va prendre du temps toutes ces injonctions là viennent sur le dos des agriculteurs qui assez spontanément sont descendus et se sont manifestés là depuis le début de l'année et maintenant le mouvement s'est amplifié et donc le RN a raison et ça peut fonctionner son moissonnage chez les agriculteurs il y a sans doute un terreau sur la colère le RN fleurit souvent sur la colère des uns et des autres mais ce qui a été dit aussi et très vrai ça a déjà été dit c'est que ce sont des chefs d'entreprise qui par ailleurs ont un dialogue avec les institutions et savent que dans ce dialogue avec les institutions avec le préfet avec la mairie avec l'état et avec l'Europe tout ça est nécessaire à leur activité donc je pense que c'est une logique un peu différente du vote ouvrier qui a viré vers le RN ces dernières années je pense qu'on n'en est pas encore là il faut se rappeler aussi que pendant très longtemps la FNSEA a co-construit à co-gérer le ministère de l'agriculture le ministère de l'agriculture et c'est encore un peu le cas maintenant avec l'UDF avec le RPR maintenant il y a eu Julien Denormandie ministre de l'agriculture maintenant il y a Marc Fénaud ministre de l'agriculture qui est très à l'écoute du secteur agricole qui prend en compte beaucoup beaucoup de choses et la Macronie a réussi comme ça à retisser des liens avec l'agriculture donc en fait ce dialogue il existe en fait à vous écouter la FNSEA est beaucoup plus on devrait la comparer à la CPME plutôt qu'à la CGT c'est pas la CGT du tout et c'est pour beaucoup de gros producteurs agricoles et puis c'est même le MEDEF c'est un peu le MEDEF aussi Thomas Porcher il y a une forme d'ambivalence c'est vrai que la majorité des exploitations sont subventionnées et là les trois quarts du revenu des agriculteurs viennent d'aide mais bien sûr donc là effectivement l'Europe heureusement qu'elle est là et puis en même temps on voit aussi des propos par exemple sur l'adhésion de l'Ukraine là les céréaliers je pense que ça ne leur fait pas plaisir qu'un producteur de blé puisse bénéficier du marché unique aussi facilement avec encore une fois on l'a dit des normes qui ne sont pas les mêmes que chez nous donc il y a toujours cette espèce d'ambivalence qui est assez caractéristique de la France peut-être d'autres pays mais en tous les cas en France c'est aussi la faute de l'Europe mais c'est aussi parfois grâce à l'Europe et là il y a un peu ça on le voit aussi moi je trouve chez les agriculteurs alors c'est l'autre oui pardon en poursuivant effectivement le RN par exemple Jordan Bardella a été sur une exploitation pour essayer d'attirer par son discours le monde agricole et il a parlé il a proposé une exception agricole à l'instar de l'exception culturelle donc un espèce de protectionnisme qui isolerait l'agriculture et ça a été très mal vu en fait ce terme qui se voulait qui était fait pour être repris n'a pas du tout été repris par les agriculteurs et nos reporters qui étaient sur place voyaient effectivement les agriculteurs qui assistaient à la réunion et qui étaient plutôt ouverts au départ se refermaient parce qu'ils sont pour le libre-échange ils sont complètement eux-mêmes dans l'échange et pour pouvoir vendre au maximum et le plus loin possible leur production ce sont des marchands des petits patrons de PME comme vous le disiez d'un mot et toujours pour poursuivre le Rassemblement National c'est pas le monde agricole qui vise dans cette affaire il ne l'aura pas c'est la musique anti-européenne qui peut faire monter en vue des élections européennes en prenant l'exemple de l'agriculture et de la douleur des agriculteurs pour dire voyez l'Europe ce qu'elle nous fait alors c'est l'autre actualité chaude du gouvernement cette semaine le Conseil constitutionnel a largement retoqué comme on dit hier le projet de loi immigration voté en décembre dernier le ministre de l'Intérieur se dit satisfait de cette décision des sages la droite et l'extrême droite elle crie à la censure politique et accuse le pouvoir de les avoir roulés dans la farine sujet de Laura Radeau et Aurélie Sanner

48:25
Invité

il est environ 16h30 hier quand le coup près tombe

48:33
Présentateur

les sages viennent de rendre leur décision la loi immigration imputée de plus d'un tiers par le Conseil constitutionnel

48:42
Invité

et donc à la une le Conseil constitutionnel qui censure largement la loi immigration 35 articles sur les 86 que compte la loi votée par le Parlement en décembre sont jugés partiellement ou totalement inconstitutionnels soulagement

48:57
Présentateur

des associations opposées au texte 32 articles censurés tant mieux mais il y en a 85 qui n'avaient pas leur place ce projet de loi est un projet de loi unique et nous continuerons nous associations et organisations syndicales à mener la bataille notamment contre les décrets des articles retoqués

49:20
Invité

pour la plupart car sans lien avec le projet de loi initial parmi eux le durcissement des conditions d'accès aux prestations sociales les restrictions au regroupement familial ou encore la caution retour pour les étudiants étrangers reste une loi amputée à 40% mais dont l'exécutif Gérald Darmanin en tête se prétend satisfait on voit bien que là le conseil constitutionnel a validé le travail qu'a fait le gouvernement pour protéger les français c'est tout ce qui m'intéresse c'est quand même 50 articles dont les 26 articles du gouvernement jamais la république n'aura une loi aussi dure contre les étrangers délinquants finit les protections pour ceux qui sont arrivés sur notre sol il y a longtemps mais qui commettent des crimes et des délits et jamais le gouvernement n'aura eu autant de moyens pour intégrer les personnes des aveux ou victoire la décision n'est en tout cas pas une surprise Emmanuel Macron conscient de l'irrégularité de certaines dispositions avait lui-même choisi

50:16
Présentateur

de saisir la haute juridiction après l'adoption de la loi à droite c'est une autre histoire la censure concerne

50:23
Invité

ces mesures à la une du Parisien ce matin la violente charge de Laurent Wauquiez contre les juges constitutionnels qui l'accusent de commettre un coup d'état de droit c'est le dévoiement de notre démocratie ce n'est pas l'état de droit qui est à l'oeuvre mais une idéologie qui consiste à abattre toutes les formes d'autorité celle de l'état en premier lieu des critiques virulentes auxquelles le président du conseil constitutionnel répond ce matin donc voyez comment ça fonctionne le conseil est là non pas pour rendre des services politiques mais pour rendre une décision juridique ce n'est pas un choix que nous faisons nous avons obligation de regarder si oui ou non il y a un lien entre l'amendement et le texte initial et quand il n'y a pas de lien et bien nous sommes obligés de dire c'est inconstitutionnel pour celle qui s'était targuée de remporter une victoire idéologique en décembre la censure des juges

51:17
Présentateur

n'est que la preuve dit-elle de l'amateurisme et de la mystification du gouvernement la solution pour l'extrême droite un référendum constitutionnel on voit bien qu'on est totalement dans une dérive un abus de droit du conseil constitutionnel mais sur la longue durée que l'on savait Marine Le Pen Jordan Bardella

51:35
Invité

avait prévenu les français donc maintenant on est face au mur la réalité c'est qu'il faut consulter les français par référendum pour qu'ils puissent réaffirmer leur volonté et leur souveraineté par rapport au pouvoir des juges par rapport au traité européen N'en déplaise aux oppositions les mesures validées par les sages pourraient être promulguées dans les prochaines heures peut-être même depuis l'Inde où Emmanuel Macron a débuté hier une visite d'Etat

51:58
Présentateur

Alors Audrey Goutard question téléspectateur c'est Alain après le verdict du conseil constitutionnel la loi immigration existe-t-elle encore ?

On sait que la droite est vent debout il y avait le député du Pas-de-Calais hier soir qui disait dans un langage fleuri nous sommes cocus Alors c'est lui qui le dit c'est lui qui le dit dans l'entourage de Gérald Darmanin en tout cas on dit c'est eux qui ont proposé ces textes de loi et ils savaient très bien que ça serait retoqué par le conseil constitutionnel tant pis pour eux nous l'essentiel de la loi est là et le président nous a demandé de mettre cette loi en action le plus vite possible dans les jours à venir c'est Gérald Darmanin qui le dit dans les jours à venir la loi sera appliquée donc pour eux leur loi elle tient sur deux jambes d'un côté l'immigration choisie avec de travail et puis de l'autre côté effectivement la possibilité de faire c'est ce qui était dit dans votre sujet d'expulser plus facilement notamment des délinquants sans papier donc voilà cette partie-là de la loi elle va selon Gérald Darmanin et selon ce que le ministère de l'Intérieur a annoncé être mise en place tout de suite là maintenant alors Aurore Gorius diriez-vous finalement que le gouvernement a bien manœuvré parce qu'il a fait adopter sa loi avec le concours des LR mais sans les ajouts du LR victoire tactique peut-être victoire tactique contre LR mais qui n'est sans doute pas une victoire politique parce que du coup LR est remontée on a vu les propos de Laurent Wauquiez on a vu la réaction il se vend debout contre le conseil constitutionnel d'ailleurs en disant c'est un hold-up politique et Laurent Wauquiez parle d'un coup d'état de droit oui mais c'est bien joué aussi de la part d'Emmanuel Macron c'est-à-dire qu'il a présenté l'exécutif a présenté un texte de loi avec des mesures LR qui finalement tout le monde savait qu'elles allaient être censurées donc à la fin LR se sent quand même un peu trahi et on va voir quelle sera la relation entre LR et la majorité toute relative dans les jours et dans les semaines à venir mais le dialogue risque d'être compliqué et les consensus et les compromis risquent d'être compliqués à trouver donc victoire tactique politique sans doute pas et on peut se poser la question quand même de ce qu'a engendré ce débat parce que finalement ça a mis sur le tapis ça a mis sur la table beaucoup beaucoup de thématiques du rassemblement national et dans le débat public et dans le texte de loi lui-même même si après ça a été censuré donc finalement d'un point de vue moral en tout cas on avait il y avait hier soir un tweet de l'ancien ministre de la santé qui a démissionné Aurélien Rousseau Aurélien Rousseau suite à la loi immigration qui disait l'honneur est sauf mais les coups de butoir ne vont cesser maintenant et c'est ça la problématique à venir sans doute c'est vrai que Jérôme Jaffray cette loi immigration elle était soutenue par les trois quarts des français qui ce matin se réveillent en disant cette loi que vous appréciez on ne va pas la faire à cause du conseil constitutionnel qui dit bah non c'est pas possible c'est très difficile à comprendre effectivement pour les français tout simplement cette histoire de lien qu'il y a entre les amendements et le texte constitutionnel qui fait que on a considéré comme pour le conseil a considéré que la plupart des articles ajoutés étaient hors du texte c'est très difficile à comprendre mais il faut que c'est par rapport au projet de loi que ça se juge le projet de loi il faisait 27 articles à l'arrivée on a adopté une loi de 86 articles en d'autres termes les républicains ont mis une autre loi dans la loi du gouvernement c'est ça qu'on n'a pas le droit de faire et c'est ça qu'on n'a pas le droit de faire l'amendement il doit porter par rapport aux articles du projet de loi et non pas rajouter si vous voulez une tonne de propositions dans la même chose et donc LR est allé trop loin tout simplement parce qu'on a commencé par adopter le texte au Sénat l'erreur de la gauche a été qu'il n'y a pas eu débat à l'Assemblée nationale à cause de la motion de rejet préalable que la gauche a voté ce qui fait du coup que ses propres propositions ne sont pas venues en débat mais donc il y a ce problème de lien il est très complexe deuxièmement Marine Le Pen parle de l'amateurisme du gouvernement moi je parlerais d'un extraordinaire professionnalisme et même d'un véritable cynisme on a fait voter une loi on a mêlé dans la majorité ses voix non seulement aux républicains mais au rassemblement national pour prendre des mesures et des articles après on explique on était à fond contre mais on les a votés et donc ça ça aussi en termes de bilan politique c'est une tâche c'est une tâche sur le pouvoir et puis ça aboutit à transformer la bataille politique gigantesque qu'on a eu au mois de décembre sur la loi immigration à une gigantesque bataille sur les institutions la place du conseil constitutionnel or si par exemple prenons l'hypothèse où il y a une grande alternance en 2027 par exemple vers une candidate qui se présenterait pour la quatrième fois on a compris et qui serait élue le rôle du conseil constitutionnel par rapport à la façon dont elle exercerait le pouvoir serait une question décisive on voit bien dans cette affaire que la mise en cause du conseil constitutionnel déséquilibre l'ensemble des institutions de la cinquième parce que le conseil il est chargé lui de dire si la loi respecte la constitution et si les libertés fondamentales et l'état de droit sont respectées si vous mettez ça en cause effectivement on aboutit à une situation où c'est tout l'architecture de la cinquième république qui peut être mis à bas Thomas Porcher en criant haro sur le conseil constitutionnel Xavier Bertrand qui est LR dénonce une dérive trumpiste de ses copains républicains je trouve qu'il n'a pas tout à fait tort je pense que en politique on le voit avec ce qui se passe aux Etats-Unis en Argentine c'est un peu la mode de remettre en cause des institutions et plutôt que d'aller sur un débat technique qui pourrait avoir lieu pourquoi pas moi je ne suis pas un spécialiste mais on peut aller sur un débat technique et dire voilà sur tel point tel point nous ne sommes pas d'accord pour telle ou telle raison mais là le but c'est vraiment de s'en prendre au conseil constitutionnel et de s'en prendre aux institutions on voit bien parce qu'on se dit que ça va être plus simple d'être vent debout contre une institution ou de trouver un coupable tout de suite idéal plutôt que d'aller sur le fond en fait Audrey Goutard vous vouliez ajouter non ce que je voulais ajouter c'est qu'on ne peut pas on ne peut pas remettre en question une décision du conseil constitutionnel en revanche on voit bien que dans les décisions les mesures censurées les mesures qui ont été censurées ont été pour la majorité censurées sur la forme libre ensuite à un parti politique de représenter un texte de loi de reprendre les mesures des LR de refaire une vraie loi bien chapitrée chapitrée voilà chapitrée et de ce donc le conseil constitutionnel oui on ne peut pas on ne peut pas le remettre en question sa décision mais néanmoins à part trois il y a trois mesures qui sont sur le fond remises en question totalement mais sur la forme il y en a 32 qui sont tout à fait disponibles libres aux députés de reproposer une loi alors la situation sera la suivante d'abord Gérald Darmanin a d'ores et déjà dire que le gouvernement n'avait pas du tout l'intention de redéposer un projet de loi il y aurait donc que les républicains et le rassemblement national pour voter ces mesures ça ne fait pas une majorité deuxièmement le conseil constitutionnel quand il dit que ce sont des cavaliers législatifs il ne juge pas sur le fond si donc une loi était votée avec les mesures par exemple sur les prestations sociales sur l'ensemble le regroupement familial voilà le conseil constitutionnel à ce moment là jugerait sur le fond si c'est conforme à la constitution c'est à dire que nous remettrions une pièce dans la machine et donc à mon avis personne n'en a envie actuellement allez tout de suite on revient à vos questions alors la passivité assumée à l'égard des excès des agriculteurs ne risque-t-elle pas d'être perçue comme une faiblesse de l'état Audrey Goutard pour le moment je dirais que non parce que pour le moment dans une période de négociation et où effectivement les agriculteurs ont toute la sympathie de la population il aurait été compliqué d'envoyer les CRS et c'est plutôt un signe d'ouverture que de faiblesse après si maintenant qu'une partie en tout cas des mesures ont été annoncées par le gouvernement et que Gabriel Attal tend la main en tout cas c'est ce qu'il annonce aujourd'hui tend la main pour réfléchir à d'autres mesures possibles effectivement la chanson va peut-être être différente Thomas Porcher question de Jean-Pierre dans Le Barin le gouvernement a-t-il également des propositions pour les pêcheurs et tous les métiers qui dépendent d'eux peut-être que ça va venir après mais ce n'est pas le risque d'ailleurs on a vu qu'en Bretagne les pêcheurs disent nous on est comme les agriculteurs et on a même vu les travailleurs du BTP disent nous aussi le GNR on a besoin qu'il ne soit pas taxé je pense qu'il y a eu un traumatisme avec ce mouvement des gilets jaunes et il y a eu une réponse vraiment c'est la seule fois où Emmanuel Macron a mis quand même des 10 milliards sur la table et qu'il a calmé à un moment les réformes et là tout le monde a compris qu'avec la crise du Covid avec l'inflation la société était assez fragile il y a eu la grève des retraites l'année dernière il y a eu des agriculteurs et je pense que tout le monde essaie de manier ça avec beaucoup de délicatesse parce qu'ils ont peur qu'il y ait un effet un effet domino et c'est vrai que si là les agriculteurs ont gain de cause sur un certain nombre de mesures demain les pêcheurs vont y aller également et peut-être après et donc voilà Jean-Pierre dans le Loiret qu'arriverait-il si chaque pays d'Europe refusait les produits des autres pour protéger les siens si on revenait au protectionnisme alors avec des si on mettrait Paris en bouteille comme on dit oui parce que je pense que c'est totalement impossible dans le cadre de l'Union Européenne au niveau européen au moins de refuser ces accords de libre-échange Mercosur qui a été remis sur la table tout récemment par le commissaire européen par ailleurs il y a une absurdité aussi écologique au Mercosur d'importer d'aussi loin des produits agricoles qui vont arriver avec un coût pourquoi la France était la seule à s'y opposer quasiment et pourquoi nos voisins européens ils n'ont pas la même conscience écologique que nous sur ce terrain là il y a une il y a probablement si mais il y a une il y a une culture du libre-échange très très très forte à Bruxelles et il y a une demande de protection supplémentaire mais pour l'instant sur ce dossier là les choses n'avancent pas beaucoup et pourtant les critiques sont là depuis des années déjà de la part de la France de la part de la France oui et puis pour le Mercosur il y a l'Espagne et l'Allemagne qui sont qui sont qui sont moteurs qui poussent au Mercosur les Allemands pour vendre leurs voitures voilà et l'Espagne parce qu'il y a une tradition évidemment avec l'Amérique du Sud aussi vous voyez c'est à dire que chacun il trouve son intérêt à un moment donné et malheureusement on voit qu'en Europe même si l'Allemagne ne peut pas être taxée de ne pas être pro-européenne et bien son intérêt l'intérêt de son pays l'emporte visiblement sur l'intérêt de l'ensemble Henri dans la Gironde Thomas Porcher comment la loi EGalim est-elle contournée par la grande distribution ils ont des centrales d'achat européennes oui exactement et puis après il y a l'absence de contrôle parce que là il va y avoir un renforcement des contrôles ce qu'a dit Bruno Le Maire mais il y avait un rapport du Sénat qui avait déjà dit qu'EGalim ne permettait pas de protéger les agriculteurs et il y a eu trois versions du texte EGalim 1 EGalim 2 et donc c'est l'une des réponses ce soir apportées par Gabriel Attal qui le dit des sanctions très lourdes contre plusieurs entreprises de la loi EGalim merci d'avoir participé de nous avoir aidé à mieux comprendre les ressorts de cette crise agricole vous restez sur France 5 à suivre c'est à vous avec Anne-Elisabeth Lemoyne merci d'avoir regardé cette vidéo !

Agriculteurs : premier test pour Attal - #cdanslair du 26.01.2024 · Pourquijevote