Santé : "40 % des Français ont des symptômes respiratoires", selon Bruno Crestani, président de la Fondation du Souffle
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« 10 millions de personnes souffrent de maladies respiratoires en France. »
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« Les jeunes enfants sont plus fragiles. »
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« L'environnement finalement est partagé. »
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« Il y a une moindre connaissance des autres risques, notamment la cigarette électronique et tout ce qui est aérosol, bougie, encens qu'on aime bien mettre dans la maison pour que ça sente bon. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Les femmes sont plus sensibles. »
- 2:53PrésentateurChiffre
« Et ils sont tous mauvais, quelle que soit la marque, quelle que soit la façon de les fabriquer, même de manière artisanale. »
- 4:24PrésentateurPromesse
« L'air intérieur est 5 à 6 fois plus pollué que l'extérieur. »
- 5:01PrésentateurChiffre
« Il y a encore un gros déficit de connaissances sur le sujet. »
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Il est 6h21, on le fait sans y penser, ça tient du réflexe et c'est pourtant vital, respirer. Une action tout sauf anodine et bien souvent d'ailleurs nous ne sommes pas conscients des risques qui y sont liés. 10 millions de personnes souffrent de maladies respiratoires en France. C'est ce qu'on lit dans le baromètre réalisé par la Fondation du Souffle et que France Inter vous dévoile ce matin. Bonjour Bruno Crestani, président de la Fondation du Souffle et chef du service pneumologie à l'hôpital Bichat à Paris. Donc 10 millions de personnes qui souffrent de maladies respiratoires en France et à l'échelle de la planète dans 25 ans.
C'est la moitié de la population mondiale qui sera atteinte de maladies respiratoires selon l'OMS. Pourquoi autant de personnes touchées ?
Parce qu'il y a des agresseurs du souffle. On en est parfois conscient, parfois inconscient. Certains on est capable de les contrôler, d'autres c'est impossible. Celui que je peux contrôler c'est le tabac à l'évidence. Je peux faire quelque chose, il faut que j'arrête de fumer si je fume. Et par contre l'air que je respire, souvent j'ai aucune prise sur elle. Et ça c'est un problème, c'est la pollution atmosphérique dans les villes ou en dehors des villes.
Et est-ce qu'il y a des personnes qui sont naturellement plus fragiles ou c'est surtout l'environnement qui est déterminant ?
Les deux sont très importants. Il y a une susceptibilité individuelle. Je nais avec des gènes et ça me rend plus ou moins fragile. Le fait d'être plus jeune, les jeunes enfants sont plus fragiles. Les personnes âgées sont également plus sensibles aux agressions venues de l'extérieur. Mais l'environnement finalement est partagé. Et c'est l'interaction entre les deux qui va conditionner l'apparition des maladies respiratoires.
Vous avez cité les deux risques les plus connus, le tabac et la pollution. Et dans votre étude, ce que vous montrez aussi, c'est que finalement, il y a une moindre connaissance des autres risques. Notamment la cigarette électronique et tout ce qui est aérosol, bougie, encens qu'on aime bien mettre dans la maison pour que ça sente bon, pour parfumer. Ça, poubelle.
Oui, alors c'est ce qu'on a l'habitude de dire. Si quand vous rentrez à la maison ou dans un environnement, ça sent bon, c'est louche. C'est bizarre.
Sauf si c'est le poulet dans le four.
Oui, alors ça d'accord, si ça sent bon, si ça vous ouvre l'appétit. C'est parfait. Non, mais effectivement, sans plaisanter, quand on utilise dans un environnement clos des particules type encens que vous faites brûler, des aérosols qui désodorisent, en fait, vous mettez dans l'air des particules que vous allez respirer qui vont être irritantes, potentiellement allergisantes. Ça veut favoriser l'apparition de maladies ou ça peut déclencher des crises chez quelqu'un qui a une maladie, typiquement les asthmatiques. Et encore une fois, les personnes âgées, les jeunes enfants vont être plus sensibles. Les femmes aussi, les femmes sont plus sensibles.
Or, encore en France, c'est toujours elles qui sont un peu plus dans la cuisine que les autres et qui vont être exposées potentiellement à des substances inhalées, potentiellement toxiques.
Et ils sont tous mauvais, quelle que soit la marque, quelle que soit la façon de les fabriquer, même de manière artisanale.
Vous pouvez trouver, si vous allez chez votre libraire, des revues sur le sujet qui ont fait des comparaisons. Et donc, il y en a qui sont plus ou moins toxiques en fonction des produits qu'elles contiennent. Mais globalement, ce n'est pas bien d'avoir dans son environnement des particules. Et donc, le simple fait, si vous en utilisez, au moins faites une chose, c'est aérez. Ouvrez les fenêtres, au moins 10 minutes, vous avez le droit de faire sentir bon chez vous, mais ensuite vous aérez de façon à limiter ce que vous allez respirer dans votre quotidien.
Oui, parce que ça peut être contre-intuitif. Mais ce que vous nous dites, c'est que finalement, l'air est de meilleure qualité dehors que dedans.
Alors oui, c'est un contre-intuitif. Et c'est pour ça qu'on dit des choses aussi simples qu'aérer votre environnement. Parce qu'effectivement, si vous habitez au bord d'un autoroute, à l'air, à l'extérieur, il y a des particules. Mais à l'intérieur, il y a d'autres particules. Il y a celles qui sont dégagées par votre environnement. Il y a ce que vous faites brûler. Il y a les gaz de combustion de votre cuisinière. Donc, l'ensemble va être potentiellement délétère et va avoir des effets indésirables. Enfin, vous savez bien qu'on veut faire des économies d'énergie. C'est très, très bien. Pour ça, je colmate toutes les issues de mon appartement. Je ferme toutes les sources d'aération.
Et donc, c'est humide. Et donc, il y a des moisissures. Et les moisissures, ça entraîne des maladies. Des maladies aussi banales que l'asthme. Et c'est du quotidien aujourd'hui. Il ne faut pas se dire que c'est exceptionnel. C'est ce que je vois tous les jours dans ma consultation à Paris et dans le reste de la France.
Et donc, l'air intérieur est 5 à 6 fois plus pollué que l'extérieur. C'est de cet ordre-là ?
Et c'est des chiffres qu'on peut mesurer dans certaines conditions, en effet.
Quel que soit l'endroit où on habite. A la ville, à la campagne, à la montagne, en bord de mer.
Oui, ça ne va pas être les mêmes polluants. Et ça ne va pas être les mêmes substances. Mais globalement, le message général qui est de dire qu'il faut aérer, c'est un message très important. Si vous habitez à la montagne, au-delà de 800 mètres, vous allez avoir moins d'acariens chez vous et donc moins de substances qui peuvent être allergisantes à la maison. Mais vous pouvez avoir plus d'empoussiérage, par exemple, parce que comme il fait froid dehors, vous n'aérez pas. Et donc, vous allez respirer d'autres choses.
Dans votre baromètre, vous constatez qu'il y a un gros déficit, il y a encore un gros déficit de connaissances sur le sujet. Comment vous l'expliquez ?
Alors, en fait, ce n'est pas exactement ça. On se rend compte que les...
Il y a du mieux, mais il y a encore...
Nos concitoyens, les Français, sont conscients du fait que l'air qu'ils respirent, c'est potentiellement toxique. Ils savent que le tabac, c'est potentiellement toxique. Mais enfin, quand on regarde ce qu'ils vont faire tous les jours, il reste encore une frange de la population assez importante. Un quart, voire un tiers, qui sait qu'il faut faire de l'exercice physique, mais qui n'en fait pas pour préserver son souffle. Qui sait que le tabac, c'est mauvais, mais qui continue à fumer. Et là-dessus, il y a une inégalité sociale. Et donc, il y a des populations qui sont un peu plus vulnérables, qu'il faut qu'on aille chercher.
Notamment, celles qui sont moins favorisées socialement, qui habitent dans des zones moins pourvues en système de santé. Et cette hétérogénéité, on la retrouve dans notre enquête.
Et d'ailleurs, à quel moment il faut consulter ? Comment on repère qu'il y a un problème ?
Alors, quand on interroge les Français, on se rend compte que 40% des Français, à un moment donné, ont des symptômes respiratoires. Toussé, ce n'est pas normal. Être essoufflé, ce n'est pas normal. Et surtout, quand ça persiste, quand c'est plus de trois semaines. Et donc, ça, ça veut dire qu'on va voir son médecin. Toussé, quand on fume, ça n'est pas normal. Et pourtant, vous avez l'impression, oui, ils toussent parce qu'ils fument, ça n'est pas normal. Essoufflé, quand on fume, ce n'est pas normal.
Et d'ailleurs, il y a un petit quiz sur le site de votre fondation, je crois.
Oui, allez sur le souffle test. Vous allez sur lesouffle.org, c'est le site de la fondation. Vous faites le souffle test, et vous répondez à des questions très simples en quelques minutes. Et vous avez une idée de votre santé respiratoire.
Les Français, face à leur santé respiratoire, c'est le titre de votre baromètre, un deuxième baromètre que vous réalisez. Bruno Crestani, président de la fondation du souffle et chef du service pneumologie à l'hôpital Bichat à Paris. Merci d'être venu dans le studio du 5-7 ce matin. Merci d'avoir regardé cette vidéo !