Guerre économique : comment contrer le droit américain ? | Les débats de Débatdoc
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La bataille d'Airbus, tel était donc le titre de ce documentaire où comment l'extraterritorialité du droit américain devient le bras armé de la guerre économique que nous livrent les États-Unis. Quelle leçon a-t-on tiré de ce type d'affaires ? Nous allons y revenir maintenant avec nos invités présents aujourd'hui sur ce plateau de débadoc.
Le corréalisateur de ce film est tout d'abord avec nous. Bienvenue à vous Alexandre Lorette. Vous êtes dessinateur et analyste en intelligence économique.
C'est tout simplement de l'espionnage économique, hein, d'ailleurs l'intelligence économique. Vous avez donc coréaliser hein ce film avec votre compère David Jendreot avec qui vous aviez déjà commis un autre documentaire. Il s'intitulait guerre fantôme, la vandalstom général électrique.
Il en a été assez fortement question dans ce film puisqueil touchait au même thème en réalité, on va y revenir et nous avions eu le plaisir d'ailleurs hein de présenter en exclusivité euh votre film dans cette même émission à l'époque qui avait déclenché la commission la commission parlementaire sur l'affaire Alstom d'Olivier Marlex. Absolument. Une commission d'enquête avait été déclenchée comme vous venez de le dire après la diffusion de ce film dans cette émission.
Claude Revel est également avec nous. Bienvenue. Euh vous êtes une ancienne haute fonctionnaire, spécialiste de l'intelligence stratégique internationale et de l'influence.
Vous étiez délégué interministériel à l'intelligence économique auprès du premier ministre entre 2013 et 2015. Autrement dit, d'abord avec Jean-Marcot à Matignon, puis ensuite avec Manuel Vals et le tout sous la présidence bien sûr de François Hollande et puis enfin Ali Laidi est avec nous. Bienvenue à vous.
Euh vous êtes journaliste, chercheur spécialisé dans la guerre économique. On vous a vu témoigner, hein, dans ce film à l'instant. Euh [grognement] vous êtes l'auteur de Le droit, nouvelle arme de la guerre économique.
Comment les États-Unis déstabilisent les entreprises européennes ? C'est un ouvrage qui est disponible chez Acte Sud et nous sommes évidemment pile poil dans le sujet dont nous avons décidé de parler après votre film. L'extraterritorialité euh du droit américain, c'est vraiment au centre, hein.
C'est au cœur, c'était déjà au cœur de du documentaire que vous aviez à propos d'Alstom, hein. Et c'est à cause de ce droit que la branche énergie d'Alstom était passée sous drapeau américain. D'ailleurs, hein, c'est ce que vous nous racontez aussi dans dans ce film.
Il faut peut-être que vous venez l'expliquer très concrètement, très simplement, hein, ce droit américain en la matière. Oui. Alors, c'est ce qu'on appelle l'extraterritorialité du droit américain.
En deux mots, quel est ce concept un peu barbare ? C'est lorsqu'un pays décide de faire appliquer ses lois, ces lois normalement qui s'appliquent à ses propres citoyens et à les appliquer en dehors de ses frontières. C'est comme si les lois françaises tout à coup pouvaient s'appliquer à des je sais pas des individus ou des entreprises japonaises.
Bien, ce serait de l'extraterritorialité. h le problème de enfin qui est posé en terme de guerre économique et de conflit économique par ce finalement ce détournement du droit parce que ça pose beaucoup de questions en terme de droit international. On peut tout à fait parler certains y compris [grognement] des députés par le passé ont parlé d'impérialisme juridique parce que quand vous commencez à déborder de vos frontières pour appliquer vos lois aux autres, ça ressemble un petit peu à de l'impérialisme.
On peut parler d'ingérence étrangère également. euh les ami de voir les choses. Effectivement, c'est une manière voilà mais qui est de y compris par la classe politique qui a fait du chemin sur ce sujet et qui partage de plus en plus ce diagnostic.
Et donc bah cette extraterritorialité, elle pose problème parce que les Américains on ont usé et abusé pendant toute la décennie 2010 euh pour instrumentaliser des conflits juridiques contre des entreprises françaises et souvent les déstabiliser, les affaiblir et dans le cas d'Alstom carrément les racheter ou les absorber, ce qui pose plein de problèmes de souveraineté par la suite pour la et très concrètement quiconque paye en dollar aujourd'hui paye en dollar peut tomber sous le coup de cette loi. Mais ça va plus loin hein. C'est pas seulement payer en dollars.
C'est ce qu'on appelle le nexus pour relier le cas à l'administration et au droit américain. Si vous utilisez une plateforme de mail qui appartient des Américains, que vous envoyez un mail sur une plateforme américaine, vous pouvez être tombé dans l'escarcel du de cette extraterritorialité. Ça va loin.
On mesure Ça va loin comme vous dites. On mesure la la puissance he de de de ce droit. Qu'est-ce que vous pouvez en dire vous ?
Mais c'est vrai qu' un lien tenu suffit à déclencher euh la loi américaine. Euh ce que je veux dire aussi c'est que euh il y a pas que font je vais pas les défendre hein, mais il y a pas que font de l'extraterritorialité. Nous, notre RGPD européen, il est extraterritorial aussi.
C'était une parenthèse. Ouais. J'ai lu ici ou que finalement les Européens avaient réagi très tardivement euh face à à au phénomène observé à travers le Cerbus he dans dans ce film.
On a bien compris qu'il y a des entreprises françaises qui sont passées sous drapeau américain tout simplement avec l'exercice de ce droit avec des des des peines, des indemnités très fortes à payer qui affaiblissent les entreprises et du coup bien ce sont souvent des entreprises américaines qui rachètent ces ces entreprises affaibli. Vous avez raison, il y a plusieurs conséquences de cette extraterritualité. ce que vous dites, les amendes souvent très fortes qui effectivement pénalisent les entreprises, il y a l'accès à l'information puisque en mettant en place qu'on appellera des moniteurs, on y reviendra peut-être, c'est-à-dire des gens qui rapportent à l'exécutif américain et au juges euh tout ce qu'ils peuvent trouver comme information.
Bon bref, donc accès à des informations potentiellement très sensibles de l'entreprise. Troisièmement déstabilisation potentielle et quatrièmement une conséquence un peu plus collective, c'est-à-dire que ça va avoir une influence sur notre droit. La loi, la fameuse loi sapin, c'est une un peu enfin utilise un peu des formules du droit américain.
Donc on a été influencé par la même par le droit américain. Vous voyez beaucoup de conséquences de cette extraterritorialité. Oui.
Ben moi je je vais pas rajouter grand-chose sur la définition. Simplement je vais essayer de de dater pourquoi les Américain tout à coup se sont mis à sanctionner les entreprises étrangères et en particul apparemment qui a activé ce droit le Non, c'est pas Bill Clinton. Non, ce qui est important c'est que la loi qui a frappé Airbus c'est le FCP une loi qui lutte contre la corruption.
Elle date de 77. Les lois contre les embargot c'est les lois de 1996. sur Cuba et également d'un autre côté euh sur la la Syrie et l'Iran.
Et ces deux lois date de 96. Bill Clinton était contre notamment sur euh la la loi concernant l'embargo sur Cuba. Qu'est-ce qui se passe ?
Pourquoi les premières sanctions arrivent en 2002 ? Parce que en 2001, il y a eu les attaques contre les New York, les Tour et Washington. Et à ce moment-là, les Américains se disent pour lutter contre le terrorisme, il faut lutter contre l'argent sale.
Or, où va l'argent sale ? Par où elle passe cet argent ? Par la violation des embargot et par la corruption.
Et donc tout à coup, ils se disent "Mais on a les instruments administratifs pour agir." Et donc ils vont utiliser ces ces ces instruments, ces outils administratifs pour agir contre les entreprises. Mais l'objectif final, c'est pas de les taxer.
C'est vrai qu'il y a eu BNP à 9 milliards, c'est énorme, mais pas sur la corruption. BNP, c'est sur un autre volet. Et bien l'objectif c'est d'obtenir de l'information stratégique économique.
Alors c'est le deuxième volet qu'on qu'on découvre hein dans ce documentaire. C'est ce que moi j'appelle l'espionnage économique hein et vous venez de le de le dire tout à l'heure, c'est vrai que ça permet hein à priori hein de de récolter un certain nombre d'informations économiques et ça c'est tout de même le le volet qui pose le plus de problèmes et qui inquiète le plus les services de renseignement par exemple hein. Oui bien sûr.
Et puis ce qui est un petit peu génial d'une certaine manière que c'est c'est que ça s'habille sous les oripos du droit de la procédure. souscouvert de lutte contre la corruption comm plus personne personne ne va ne va s'opposer à lutter contre la corruption. C'est évidemment une cause extrêmement défendable mais le problème c'est que la façon dont fonctionne la procédure d'enquête des Américains en elle-même, elle est extrêmement intrusive.
C'est une forme d'autoaccusation. C'est un petit peu un engrenage. Et si les Américains viennent vous voir en vous expliquant qu'ils ont des soupçons de corruption pour votre entreprise, vous avez deux solutions.
Soit vous ne coopérez pas, vous leur dites "Ça ne vous regarde pas, vous êtes américain, vous n'avez rien à voir avec la choue, c'est une affaire franco-française. Mais à ce moment-là, vous finissez comme Alstom parce qu'Alstom a refusé de coopérer. Là, vous avez des cadres qui se font arrêter.
Euh vous devez faire un PL découpable. Vous avez une amende qui déstabilise tellement votre groupe que il y a des risques carrément de vous faire racheter et puis au final vous il y a une partie d'Alstom qui sera récupéré par les Américains. Mais il y a des informations concernant Alstom qui sont passées très clairement du côté américain sur la branche nucléaire civile par exemple.
Et c'est ça le problème, c'est que toutes ces entreprises Alstom, BNP, société générale et cetera ont violé la loi française. Il y a une loi française que les Américains ont baptisé la loi de blocage 68 révision en 80 qui interdit aux entreprises françaises de livrer des informations sans passer par le cadal du ministère des affaires étrangères, donc de la diplomatie et du ministère de la justice. dans ces affairesl Airbus, Alstom et cetera, des milliers d'informations sont allées directement aux Américain et personne dans l'appareil d'État n'a soulevé ce fameux article 40.
Lorsqu'il y a une violation de la loi, tout fonctionnaire se doit soulever l'article 40 et personne n'a poursuivi ces entreprises. Les inter que vous avez rencontré dans votre film concernant Airbus certifique qu'aucune information sensible n'a été transmise aux Américains durant toute la procédure qu'on a suivi de très près dans ce film. Vous y croyez pas.
Alors, l'autorité judiciaire française, le parquet national financier qui a mené l'enquête euh contre Airbus mais qui était là aussi en fait pour protéger un petit peu Airbus face aux Américains. C'est la fameuse muraille euh qu'on voit dans dans le film. Eux nous certifiquent effectivement ils ont filtré jusqu'à 80 millions de documents à eux seuls. 80 millions de documents.
Bon effectivement on peut émettre quelques doutes raisonnables, sachant qu'il devait être trois ou quatre personnes et encore pas à pleinttemps sur le dossier. Donc effectivement on se permet d'en douter surtout qu'il y a eu toutes ces équivoques avec tous ces avocats américains qui sont restés à l'intérieur d'Airbus pendant des années. Il y a des profils nous-mêmes qui nous ont interpellé qu'on a pas mis dans le film où on s'est posé la question effectivement ouvertement [raclement de gorge] de de l'espionnage quand il y en a qui sont domicilia quantico en face du siège du FBI.
Bon, on peut se poser la question vous avez sans doute raison. Ouais, mais il y a quand même eu ce travail des autorités françaises d'essayer de filtrer, de faire appliquer cette fameuse loi de blocage. Désormais à partir de l'affaire Arbus, la position officielle c'est de dire on l'a appliqué.
Mais dans les faits, c'est les gens chez Arbus qui l'ont fait appliquer, c'est-à-dire des gens qui travaillent dans la sécurité. Et c'était c'était assez rentant de ce qu'on alors vous vous avez évcu un monitoring c'est comme ça hein je crois qu'on appelle les choses. C'est c'est l'arrivée de ce fameux moniteur qu'on voit dans ce documentaire.
Ah ouais, parce je l'ai vu dans plusieurs entreprises ou qui opère en réalité pour le compte souvent euh le cabinet d'évocat et et non, il opère pour le compte du département de la justice américaine. Oui, enfin un cabinet d'avocat qui est envoyé par le département de la justice américain et souvent ce sont des cabinets d'avocat. Vous chez Alcaten Luen vous avez eu à à supporter à observer en tout cas ce qui était le travailleur de de ces moniteurs ça a été de longue avec avec beaucoup de difficultés. réussi à faire que en sorte que des informations sensibles ne passent pas du tout ouvert hein.
C'était très difficile d'avoir accès mais bon, j'ai réussi et c'est effectivement j'ai vu une partie de ce rapport du moniteur et je dois dire que j'ai été assez effaré par la confidentialité des informations que j'avais vu dedans et que j'ai demandé moi que elle soit enlouée. Enfin, j'avais voilà après j'avais le droit que de les regarder mais pas de prendre de notes. C'était pas par mail.
Enfin bon, vous voyez c'était très très secret. Bon et alors je ne sais pas si ça a été fait ou non mais clairement ce sont des informations très très confidentielles. Souvent pas toujours, mais je veux dire en plus il a droit le moniteur a accès à tout.
On peut pas lui refuser puisqu'il est là. Il faut savoir pourquoi il est là ce moniteur. Il est là pour rétablir.
Il est là pendant 3 ans et pendant il fait un rapport chaque année et pendant ces 3 ans, il doit veiller à ce que les erreurs passées ne soient pas reproduites. Donc des que la compliance soit enfin respectée. Donc voilà.
Donc pour ça il doit avoir accès à tout. Mais je dois dire aussi que les Américains quand ils se saisent de ce genre de cas, ils vous disent jusqu'à la loi ça pas, mais ils vous disent c'est parce que vous faites pas le travail et que nous on avait des entreprises américaines qui étaient elles sujet au fameux FCP, loi anticorruption et que vous les Européens, les Japonais, tout ça, vous échappez à toute loi. Donc c'est normal que nous on vous applique notre loi et notre loi telle qu'elle est aux États-Unis, le moniteur tout.
Voilà. Et là où vous avez raison Alexandre le rêtre, c'est euh aussi c'est que euh on est dans le droit américain. C'est pas qu'ils sont méchants particulièrement, c'est que le droit américain, on est dans la discovery.
C'est-à-dire vous ils vous ils ont accès à tout ce qu'ils veulent. Les avocats ne sont pas là pour vous aider. Ils doivent surtout rien cacher.
Ils doivent au contraire dénoncer entre guillemets, c'est pas le terme, mais ils doivent dire s'ils voient des choses qui ne sont pas bien. Voilà. Euh et euh c'est à vous ensuite d'aller prouver que c'est pas vrai si vous voulez de ce en quoi on vous accuse.
Et après vous faites un si vous êtes n'avez pas envie d'aller en justice jusqu'au bout, vous faites un deal of justice qui a été transposé donc en France et c'està dire vous signez c'est pas un accord donc c'est quasiment un accord commercial si vous voulez c'est on n plus dans la justice qui cherche la vérité entre guillemets. Il a pas il y a pas de code pénale pén cherche pas à savoir la vérité à la fin on fait un accord tout le monde est content c'est de la négociation et puis voilà mais en réalité les informations elles sont déjà parties du côté américain en l'occurrence hein américainement là il y a quand même un vrai un vrai risque. ou mais c'est tellement vrai que sous l'administration Biden, donc ça c'est récent et je pense que sous cette administration l'idée court encore de créer le 18e agence de renseignement américaine qui serait exclusivement consacrée aux affaires économiques.
Donc évidemment, ils ont besoin d'être nourris dans cette mondialisation des informations économiques parce que il y a eu un traumatisme très fort avec 2001. Donc ils doivent suivre l'argent et puis en plus ils doivent maintenir en effet leur suprématie sur un certain nombre de questions. Là, l'affaire Airbus est terminée, sauf que ça rebondit encore le en mars dernier le on va revivre l'affaire Airbus parce que vous êtes en train de Non, mais il y a un signal faible quand même qu'il faut absolument regarder, c'est qu'en mars dernier, John Molnard qui est donc sénateur qui appartient à la commission qui surveille les activités économiques chinoises a alerté son propre gouvernement, donc le gouvernement de Trump en disant "Ce n'est pas normal, ni Airbus ni Safran ne nous donne accès à des informations stratégiques concernant leur business en Chine.
Donc il y a une pression très forte qui s'exerce en ce moment sur Safran et Airbus pour qu'il livre des informations. Donc ce n'est pas terminé cette affaire là. Il faut encore suivre toutes ces questions.
On a mis du temps, on a même eu beaucoup de retard hein, à réagir face euh à cette extra territorialité euh du droit américain, ses conséquences. Euh néanmoins, euh il y a eu cette fameuse loi Sapin 2, hein, vous en avez parlé, Sapin 2, on a américanisé notre dispositif. Il est comparable à ce qui est en place aux États-Unis ou on peut dire les choses comme ça ?
Convention, je dis tout à fait. Ouais, c'est même quasiment un décalque en fait. Euh, ils ont repris euh on a vu Michel Sapin qui est parti aux États-Unis, aller au renseignement dans ce film qui s'est entendu dire bah nous on fait le boulot.
Bah ou que vous faites pas, on fait votre boulot en réalité. C'est ça. Mais c'est ce que disait Claude Revel, c'est que pendant longtemps, ils avaient c'était un bon argument.
Après tout, c'est vrai qu'on luttait pas vraiment pas bien contre la corruption internationale en France, enfin de nos entreprises, faut être honnête là-dessus. Et toutes ces entreprises ont versé beaucoup de pot de vin. C'est pas uniquement un prétexte, il y a un vrai sujet.
Donc les Américains avaient beau jeu de dire bah écoutez vous ne luttez pas efficacement contre la corruption, on va le faire à votre place. La loi Sapin 2, ça consiste à dire bah écoutez on va faire exactement les mêmes lois que vous et on va se les appliquer à nous-même. Comme ça vous n'aurez plus de raison a priori de venir nous nous embêter.
Bon ça a pas empêché les Américains de quand même rentrer dans le dossier Airbus. Donc oui, ça fonctionne. Mais des lois extraterritoriales, il y en a tellement que de toute façon s'ils utilisent pas la corruption, ils peuvent utiliser l'exportation d'armement.
C'est ce qu'on a vu dans l'affaire Airbus en fait, c'est que c'est aussi une boîte d'armement Airbus. Donc c'est pas des affaires de corruption mais il peut aussi avoir des choses incohérentes sur d'autres dossiers. Donc il y a toujours une loi en fait pour On l' vu à la fin du film ça aussi.
Ouais, exactement. Donc la loi Sapin 2, bah c'est c'est une manière de dire euh on va faire la même chose que vous, mais on va le faire en France. Comme ça, ben les amendes euh elles seront payé au trésor public français, les procureurs ils seront français, le moniteur il sera français.
L'idée c'est vraiment de ramener le centre de gravité de ces affaires en France pour essayer de limiter l'hémorragie de d'information stratégique. Est-ce qu'on peut dire qu'il y a eu un avant et après l'ain de autrement dit s'il y a encore des des affaires de ce type qui peuvent émerger ou alors que on y a mis un terme grâce en partie peut-être tout en partie grâce à cette loi SP 2 a été vraiment une bonne chose. C'est clair.
C'est clair. Euh mais je voulais dire autre chose ça n effectivement du point de vue des lois extraterritorial je pense que c'est une bonne chose. Après ce qu'on disait de d'accès à l'information par les États-Unis pris des informations chères, il y a pas que les sanctions territoriales.
Je sors du sujet mais c'est pas du tout, je n'en sors pas en fait puisqu'on a dit que c'était pour avoir de l'information. Vous avez des lois qui s'appellent les lois FISA qui datent de 2008 et qui ont été sans arrêt élargis et rénovés plus le cloud fameux cloud. Bon, je mélange les deux. par les deux, vous pouvez vous, c'est-à-dire les agences américaines, même pas le juge, l'administration américaine peut demander aux entreprises américaines d'avoir accès aux informations étrangères sur des individus ou sur des entreprises qu'elles pourraient posséder et sans sans passer par le juge peuvent leur demander et elles sont obligées d'obtempérer et et de plus elles sont obligées de ne pas le dire si jamais on le leur a demandé.
Donc juste ça me faisait bien rire, j'entendais le président d'une entreprise bonbon qui disait euh américaine en France là euh filiale qui disait "Bon non mais moi on m'a jamais rien demandé euh les le l'administration américaine, oui ça existe mais moi on m'a jamais rien demandé sur euh des informations sur mes clients enfin sauf qu'il peut pas dire le contraire puisque si jamais par la loi FISA s'il avoue qu'on lui a demandé des informations, il est hyper sanctionné, il va en prison. Voilà pour vous dire que les moyens d'accès aux informations, elles sont toujours ils sont toujours là et même je dirais bien plus larges que les sanctions extraterritoriales puisqu'en fait on a un système global, un cadre global si vous voulez qui est organisé. Voilà, on a mis aussi en France du côté de Bercy en place un le 6 la loi de blocage dont parlait Ali tout à l'heure effectivement elle a été rénové avec l'après le rapport GOVA et maintenant on a le 6 qui le 6 qui est on va rappeler ce que c'est hein le 6 c'est le service de l'information stratégique et de la sécurité économique. 60 personnes quelque part ce grand bâtiment à Ber mais qui a l'air très efficace pour lutter justement sur ces sur la protection hein de de nos entreprises c'estàd que ce qu'on disait maintenant elles sont obligées d'aller quand quand une administration étrangère leur demande des informations économiques, elles sont obligées d'aller au 6 et de dire voilà ce qu'on va demander et le 6 va donner un avis ou bien c'est pas important ou bien oui c'est important et on entre dans ce qu'on appelle l'entraide judiciaire internationale.
Bon, la fin de ce documentaire, on a on nous dit aussi euh la loi 5.2, ça vaut pour la France. Euh est-ce qu'à l'échelle de l'Union européenne euh on est en train de voir émerger euh là aussi euh une juridiction qui pourrait être semblable à celle exercée du côté des États-Unis euh en matière d'extrat territorialité du droit et puis en Chine, en Chine, on nous dit que ça y est, les Chinois veulent reposter eux aussi.
Alors, je pense pas que ce soit des questions de loi. Le problème, c'est d'appliquer les lois. Oui, on l'applique sur un certain nombre de choses, mais elle nous autorise à faire la même chose et on l'a jamais fait.
Or, on est dans un rapport de force. 1996, l'Union européenne vote un règlement qui s'appelle le règlement de 96 qui interdit aux entreprises européennes de se soumettre au droits américains. Elles l'ont toute fait.
Donc là encore, on a un règlement donc une loi européenne pour non il a été rénové en 2018 et ça a été et ça a été violé pendant toute cette partie. Donc il y a eu un réveil quand même de la Commission européenne sur ces questionsl à partir non pas de ses affaires forcément prise de conscience he réveil pour l'instant je sais pas ou parce que je sais pas jusqu'où ça va aboutir mais c'est vrai que les derniers événements internationaux ont été très forts. Le Brexit, le premier mandat de Trump le Covid 22 l'invasion du de l'Ukraine par la Russie.
Donc ça a un petit peu réveillé les gens à Bruxelles. Donc on revoit des mots qui étaient tombés dans l'oubliette de l'histoire comme relocalisation, réindustrialisation, sous souveraineté économique et cetera. Faut savoir que l'Union européenne a attendu 2016 pour rénover des outils de défense commerciale qui dataient de 1992.
La Chine est entrée dans l'OMC en 2001. Donc voyez le retard dans la la le concept de sécurité économique de l'Union européenne. Ils se sont réveillés.
C'est vrai qu'il y a un certain nombre de textes depuis ces dernières années qui existent. Le problème encore une fois, ils ne sont pas appliqués. Et la Chine parce que 44 % des échanges commerciaux aujourd'hui dans le monde se font en dollars.
Donc on comprend bien la puissance dont bénéficient les Américains avec le roi dollar. Euh bon, la monnaie chinoise, elle peut pas prétendre avoir la même puissance. Que font les Chinois pour réagir, rétorquer et préparer pour l'avenir et la guerre économique qui vont se livrer entre les Ils ont regardé, observé et appliqué la réciprocité.
Ils ont regardé observé pendant toutes ces dernières années et à partir de 2018, ils ont voté des lois miroirs, vraiment des copiers collés. Ils sont allés prendre les les lois américaines, ils les ont copiercollé sur un certain nombre de secteurs. Le contrôle export, euh les euh les les lois anticoercition contre les sanctions, les euh le fait de placer des individus ou des entreprises sur liste noire et cetera.
Donc ils ont réagi et ils ont appliqué la réciprocité. Résultat, nos entreprises européennes sont prises en étu entre l'extraterritorialité de l'Ouest américain et l'extraterritorialité demain qui va peut-être s'appliquer de manière assez brutale par la Chine. Il s'est passé du temps depuis la réalisation de ce film.
Aujourd'hui, tout ça est du passé. Néanmoins, il y a plus d'entreprise française en Mis peut-être Airbus he où les signes faibles évoqués tout à l'heure du côté de cette table ont été con. À ma connaissance, il y a pas de nouvelles procédures anticorruption américaine contre des entreprises françaises.
Surtout que Trump, la première chose qu'il a faite en revenant aux affaires, c'est de suspendre pendant à peu près 6 mois cette fameuse loi anticorruption. Alors, les mauvaises langues disent que c'est parce que lui-même a dû la subir il y a une dizaine d'années vis-à-vis de son empire immobilier. Mais en tout cas, lui considère que euh ça crée beaucoup de méfiance entre les entreprises, que ça alourdit le commerce.
Lui, il a une vision vraiment c'est pas bon pour le business. C'est pas bon pour le business. Il a expliqué à son à la procureur générale Pam Bondi de d'appliquer cette loi uniquement contre le narcotrafic.
En gros, ce qui est cohérent avec ce qu'on a vu au Venezuela et l'enlèvement de Maduro qu'on peut espérer entre guillemets qu'on ait une espèce d'acalmie pendant le monde à Trump. Je pense pas. Euh en plus, c'est presque trop sophistiqué, moi je trouve ce genre au vu de la diplomatie trumpienne, c'est je vous mets 200 % de droits de douane.
Je vais pas enfin bon, je pense pas qu'on ait une affaire là immédiatement qui ressurgisse. Et là, c'est une affaire de concurrence économique he les droits de douane, c'est pas forcément à mettre sur le même plan hein. Ce dont on a parlé, c'est vraiment la guerre économique et je crois que vous êtes bien sûr.
Mais quand on parle de guerre économique, Trump est en guerre économique avec la Chine et il est beaucoup plus je dirais frontal sur ces sujets. Je pense pas qu'on aurait peut-être quelque chose d'aussi sophistiqué qu'Alstom ou Airbus dans son mandat immédiat. Après, il y aura d'autres administrations à l'avenir.
Ils créeront d'autres lois extraterritoriales. Faut garder à l'idée que la logique à mon avis elle va persister avec le temps. Moi, je suis pas sûr.
Je suis pas sûr parce que en mars dernier, il en décembre 2025, ils ont voté une loi qui permet la surveillance des investissements sortant, donc non plus rentrant aux États-Unis. Et cette cette loi va être de niveau extraterritorial parce qu'elle va s'appliquer aux filiales des entreprises américaines et même elle va s'appliquer aux Américains qui appartiennent à des à des entreprises européennes qui n'auront pas le droit d'investir en Chine sur des technologies aussi puissantes que le quantique. Li le la microélectronique et l'hypersonique.
Vous voulez rajouter quelque chose ? C'est vraiment le mot de la fin là. Je voulais dire que sa guerre économique il va la faire en essentiellement sur l'IA. euh avec la Chine, avec nous aussi, mais certainement puisque il a dit et Biden n'avait dit avant lui que ils veulent une dominance totale sur l'IA.
Voilà. Et donc ça va se porter sincèrement là-dessus. Et là, on n'est plus dans les choses extraterritoriales, on est dans les standards, on est dans les coups fouré, on est dans les négociations et euh et on est plus intelligence artificielle, ça va être c'est le prochain combat parce qu'elle est partout en fait, ça va peut-être toucher des arbus et tout parce qu'elle est partout, mais ça sera le prochain combat de la guerre économique, c'est certain.
Ça sera vraiment le mot de la fin, hein. Merci, un grand merci à tous les trois à vous tout spécialement avec David Gendre bien entendu pour ce film qu'on a pu voir aujourd'hui, la bataille d'Airbus, hein. Bien sûr.
Vos réactions, ça sera sur hashtag desbadoc bien entendu. Merci aussi à féliciter Gavalda qui s'est beaucoup investi sur ce dossier aujourd'hui pour préparer cette émission à mes côtés. Emeric Olanier t'a remercié également et puis je vous donne tout simplement rendez-vous pour un prochain débadoc. passera bien entendu avec son documentaire et son débat.
À très bientôt. [musique] [musique]