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Podcast / conversationLe Média (sur YouTube)· 25 juillet 2019 12 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

CETA ADOPTÉ, LA MACRONIE SE FOUT DE LA PLANÈTE | RUGY REVIENT PAR LA FENÊTRE

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Marie LebecFait
    « Non c'est plutôt mieux que ce qu'on avait prévu… »
  • 4:00Emmanuelle WargonFait
    « Le CETA est aussi une tentative de mettre le climat et la biodiversité dans les accords commerciaux. »
  • 5:00Brune PoirsonFait
    « Sur la question du CETA, nous avons hérité du CETA. Ça fait des années, presque 8 ans maintenant que le CETA était discuté. »
  • 6:00Philippe GosselinFait
    « Un gouvernement est souverain. Un gouvernement a la capacité à renégocier s'il le souhaite. »
  • 7:00Olivier FaureFait
    « Sur la question du véto climatique, on est en pleine fable. »
  • 8:00François de RugyFait
    « Je me présente devant vous ce soir en homme blanchi. »
  • 9:00Michel MoreauChiffre
    « En net je gagne 17 300 euros par mois. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

L'histoire vous jugera. – Nous avons hérité du CETA. – On est en pleine fable. – Ça se joue à pas grand chose. – La majorité a mauvaise conscience. – Ça n'est pas une fronde. – Les entreprises, les politiques, font semblant d'agir. – Un gouvernement est souverain – Je me présente devant vous en homme blanchi. – C'est pas les homards qu'il mange, il les mangeait avant. – La visite en France de Greta Thunberg, le vote du CETA qui fracture la majorité présidentielle et le retour médiatique de François de Rugy On en parle tout de suite dans le numéro 43 du P’tit coup de Bourbon.

Il s’en est fallu de peu. 27 voix très exactement. Voilà ce qu’il a manqué aux députés hostiles au CETA pour que la France ne ratifie pas cet accord de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada. 27 voix qui étaient à portée de la main. 52 députés de La République en marche se sont en effet abstenus quand ils auraient pu voter contre, comme 9 de leurs collègues du même groupe qui en ont eu le courage. – Voici le résultat du scrutin : Votants 553, exprimés 479, majorité 240, pour 266, contre 213.

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi. Oui, la majorité présidentielle a senti le vent du boulet. À vrai dire, elle s’attendait à bien pire.

Écoutez attentivement cette confidence involontaire de la députée LaRem Marie Lebec. Attention, c’est très rapide. – Non c'est plutôt mieux que ce qu'on avait prévu… – Le patron du groupe des marcheurs, Gilles Le Gendre, s’est empressé de jouer les pompiers.

Ça n'est pas une fronde, en aucun cas. C'est des sensibilités ou des perceptions qui peuvent être différentes à l'image des français. Du côté des opposants au CETA, on rageait d’avoir échoué si près du but. – Cela veut dire que la majorité a mauvaise conscience.

On ne peut pas inviter Greta le matin, et voter le CETA le soir. Moi je suis impressionné par cette première fissure. Malheureusement le CETA est voté mais cela veut dire qu'on peut gagner la prochaine bataille qui est celle du Mercosur.

Ça se joue à pas grand chose. C'est historique. Moi je pensais que ce matin l'intervention de Greta Thunberg, le fait qu'elle ait lieu précisément ce matin aurait apporté quelque chose.

Ça veut dire quoi ? Que vraisemblablement ce matin, beaucoup sont allés laver leur conscience en l'écoutant, en l'applaudissant, et en écoutant la parole des scientifiques qui leur disent précisément : "On ne peut pas remettre tout ça dans les mains du marché, du libre marché. Et eux font tout l'inverse.

C'est parfois un peu désespérant mais on va continuer le combat. – 52 abstentions dans les rangs de LaREM. Soit les 2 tiers des députés qui se sont abstenus.

La présence, le matin même, dans les murs de l’Assemblée de la jeune Greta Thunberg, n’est pas étrangère à cette émancipation des députés de la majorité. Cette militante suédoise du climat, âgée de 16 ans à peine, est mondialement connue pour être l’initiatrice de grèves étudiantes contre le réchauffement climatique. On s’est bousculé pour l’entendre.

Certaines des envolées de l’adolescente ont pris une curieuse résonance en cette journée où l’Assemblée nationale était appelée à se prononcer sur le traité entre l’Union Européenne et le Canada. – Je suis convaincue que le plus grand danger ce n'est pas le fait d'être inactif. Le plus grand danger c'est lorsque les entreprises, les politiques, font semblant d'agir alors que rien n'est fait.

Sauf évidemment de belles campagnes de presse et de belles campagnes de communication. – Un double langage des politiques qui s’est manifesté dès la fin de la réunion. D’abord, par la bouche d’Emmanuelle Wargon, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire.

La question qui nous est posée c'est : Comment construire un monde de demain avec une économie qui produit différemment, des échanges internationaux qui sont différents. Le CETA est aussi une tentative de mettre le climat et la biodiversité dans les accords commerciaux. – Le CETA ramené à une tentative d’imposer la question du climat dans les accords commerciaux.

Il fallait oser proférer cette énormité. Mais on l’a compris, Emmanuelle Wargon, ancienne lobbyiste du groupe Danone, est rompue à la triangulation. Vous savez, cette technique qui consiste à reprendre les arguments de ses contradicteurs pour les retourner contre eux.

Puis ce fut au tour de Brune Poirson, elle aussi secrétaire d’État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire. – Sur la question du CETA, nous avons hérité du CETA. Ça fait des années, presque 8 ans maintenant que le CETA était discuté.

Il a été discuté sous Nicolas Sarkozy, négocié sous François Hollande. Et aujourd'hui nous en héritons. Nous en héritons et moi, à la demande de Nicolas Hulot lorsqu'il était encore au gouvernement, et bien j'ai travaillé avec Jean-Baptiste Lemoine, nous avons travaillé sur un plan d'action de façon à aller au maximum et à renforcer les clauses environnementales et sanitaires du CETA. – Cet argument du CETA, héritage des quinquennats passés, a fait bondir le député LR Philippe Gosselin, qui a voté contre le traité. – Un gouvernement est souverain.

Un gouvernement a la capacité à renégocier s'il le souhaite. C'est vrai que ce n'est pas le Président Macron ou la majorité actuelle qui a négocié, mais rien n'empêche, et on l'a vu sur d'autres sujets, le gouvernement de pouvoir et vouloir remettre l'ouvrage sur le métier. On l'a vu dans d'autres parties.

Donc justement, si le gouvernement cherche des arguments pour pouvoir renégocier, eh bien qu'il écoute la voix de la représentation nationale. Qu'il laisse la majorité s'exprimer comme elle le souhaite et il verra qu'il y aura une majorité contre, contre ce traité et donc à ce moment-là les moyens de le renégocier. – Quant au renforcement des clauses environnementales et sanitaires, Olivier Faure, le premier secrétaire du parti socialiste, y voit une jolie fable. – Sur la question du véto climatique, on est en pleine fable.

Il n'y a pas de véto climatique, il y a simplement une possibilité d'un comité mixte entre Canadiens et Français qui peut se réunir, à titre consultatif. – En séance, Mathilde Panot, sous les yeux de Greta Thunberg installée en tribune, a tenté une dernière fois de réveiller les consciences. Comment osez-vous applaudir les jeunes pour le climat et le même jour voter cet accord de libre-échange avec le Canada ?

La réalité est que nous ne sommes pas obligés de faire venir de l'autre bout du monde des marchandises dont nous n'avons pas besoin. Surtout pas des marchandises gavées de pesticides, de farines animales, d'antibiotiques et autre pétrole de schiste. Entendez que dans ce modèle où tous doivent consommer n'importe quoi pour l'accumulation de quelques uns, se trouvent la source de tous nos maux présents et à venir.

Combien de temps allez-vous continuer à vous voiler la face et à duper les français ? La seule écologie possible est l'écologie qui reprend le contrôle de l'économie. Entre le CETA et Greta il faut choisir.

Alors chers collègues, choisissez maintenant. Les générations futures vous regardent, et si vous votez pour le CETA, l'histoire vous jugera. – Le CETA s’applique à titre provisoire depuis 2017, à l’exception des dispositions sur les tribunaux d’arbitrage.

Celles qui permettent aux multinationales de faire des procès aux États au nom de la libre concurrence. Après l’Assemblée, ce sera au tour du Sénat de se prononcer. On pourrait assister à la naissance d’un nouveau front commun entre la gauche et les Républicains.

Comme celui qui a présidé au lancement du référendum d’initiative partagée sur ADP. Mais, comme le veulent nos institutions, l’Assemblée Nationale conservera le dernier mot. Pour l’heure, 13 États sur les 28 que compte l’Union Européenne ont déjà ratifié l'accord.

Il faut insister sur ce point : si un seul État ne ratifie pas le texte, le CETA devient caduc. Il ne s’applique plus. Justement il se pourrait bien que l’Italie joue ce rôle de trublion.

Tout espoir n’est donc pas perdu de bloquer le grand déménagement du monde. – À peine parti et déjà de retour. François de Rugy était mardi soir l’invité du journal de 20 heures sur France 2 Je me présente devant vous ce soir en homme blanchi.

Je me présente devant vous et devant les français qui nous regardent, en honnête homme. Aujourd’hui, les rapports qui ont été publiés par le secrétariat général du gouvernement qui a confié cette mission à une haut-fonctionnaire, contrôleur générale des armées. Ou le rapport de l’Assemblée nationale, confié au secrétaire général de la présidence.

Quelqu’un qui a été nommé avant que je sois président de l’Assemblée nationale et qui est resté en poste après. Et bien tout cela me blanchit. – Blanchi.

Sur le papier, a-t-on envie de dire. Certes, du côté de l’Assemblée, on a relevé trois dîners litigieux. Dîners que l’ancien ministre de l’écologie s’est engagé à rembourser.

Environ 6 000 euros. Mais le choix des blanchisseurs appelle quelques remarques. Prenons les services de Matignon.

Par définition, leur subordination au pouvoir est totale. Comment être certain que ce qu’ils rapportent st exempt de considérations politiques ? Du côté de l’Assemblée nationale, l’enquête a été menée par le secrétaire général de l’Assemblée et de la présidence, Michel Moreau.

Il a été nommé par l’ancienne majorité socialiste en février 2016. Au quotidien, ce fonctionnaire travaillait en étroite relation avec François de Rugy. C’était sa mission.

Autrement dit, on a demandé à un subordonné de juger le patron. Ce lien seul suffirait à disqualifier l'enquête. Mais passons.

Et postulons que Michel Moreau a rempli sa mission avec la rigueur requise. Surgit alors un autre problème : sa perception du train de vie de l’ancien président de l’Assemblée nationale. Vous allez comprendre pourquoi en regardant cet extrait du magazine Capital diffusé sur M6 en janvier 2018.

Michel Moreau s’y exprimait sur son salaire. La seule interview qu’il ait jamais accordée. – D’un mois sur l’autre je sais ce que je gagne, je peux vous le dire si ça vous intéresse. – Ah bah volontiers !

Écoutez, en net je gagne 17 300 euros par mois. – C’est un salaire confortable. – Oui.

Oui je ne le nie pas. – Oui, cet homme perçoit près de 5 000 euros de plus que le président de la République. Il dispose en outre d’un appartement de 182 mètres carrés et d’un majordome, lui-même logé dans un appartement de 49 mètres carrés.

On est ici au cœur de l’entre-soi. Ce qui choque la majorité des Français a peu de chances de scandaliser Michel Moreau. Bref, ce n’était vraiment pas la personne indiquée pour dissiper les doutes de l’opinion, quand bien même l’intégrité de l’homme n’est pas en cause.

Quant à la déontologue, Agnès Roblot-Troizier, elle doit son poste à François de Rugy comme l’atteste ce communiqué. On est loin de la transparence revendiquée par Rugy et l’exécutif. Assurément, il y a encore des progrès à faire pour vérifier le train de vie des élus et du gouvernement.

Reste une question : On ne démissionne pas pour trois repas litigieux. Surtout lorsqu’on a sa conscience pour soi comme l’affirme l’ancien ministre. – Je vais vous dire je n’ai jamais douté un instant que je réussirais à prouver mon honnêteté. – Alors y-a-t-il encore quelque chose à découvrir ?

Du côté de la majorité, en tout cas, la joie était contenue. Écoutez Gilles Le Gendre. – Je lis ces rapports.

Je comprends juste que dans ces matières il faut se garder d’aller trop vite, de juger trop vite, d’affirmer trop tôt. – Et pour Alexis Corbière, il y a plus important que les homards servis à l’hôtel de Lassay. Le scandale c’est que ce ministre de l’écologie ne défend pas l’écologie.

Le problème de ce gouvernement ce n’est pas les homards qu’ils mangent, ils les mangeaient avant. C’est la politique qu’ils mènent. C’est là dessus, c’est pour ça qu’on a du mal à comprendre.

On a l’impression qu’on peut appauvrir les gens, baisser les APL, faciliter les licenciements, tout le monde s’en fout. Et il y a un ministre qui fait un peu moins que ce qu’a fait Macron, ça devient un scandale. Le député de la France insoumise fait référence aux dîners, parfois deux par soirée, qu’organisait Emmanuel Macron à Bercy, à l’époque où ministre des Finances, il lançait La République en marche.

On attend toujours qu’une institution de la République s’intéresse à ces agapes… Le petit Bourbon ferme ses portes pour les vacances. On se retrouve pour la rentrée parlementaire fin septembre, d'ici là, portez vous bien et profitez de vos congés Les mois qui viennent n'auront rien d'un long fleuve tranquille [bruit de vague au bord de la mer ! ]