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Podcast / conversationLe Figaro (sur YouTube)· 19 avril 2023 20 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleTravail & emploiRetraites

Allocution de Macron: 100 jours, est-ce suffisant ?

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 50 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteÉludée

    Pourquoi s'être enfermé dans ce temps, historiquement, court et long à la fois ?

  • 3:20ComplaisanteRéponse directe

    Certains observateurs nuancent, en effet, en disant qu'il a su se relever.

  • 4:17OuverteRéponse directe

    Et puis, il y a cette figure des 100 jours qu'il a réhabilité hier,

  • 5:24OuverteRéponse directe

    Dans quelle mesure, Jean-Philippe de Rosier, il a parlé là, ok, et puis, la Première Ministre, c'est elle qui gouverne maintenant,

  • 11:23FerméeRéponse directe

    Donc, il ne se passera rien d'ici au 1er mai, d'après vous, dans le dialogue ?

  • 18:13OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous voyez, Anne, le président de la République est arrivé au 14 juillet en disant, bon ben voilà, tout est bloqué ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:13InvitéChiffre
    « il y avait quelques 35 millions, je crois, de personnes au mieux qui l'ont regardé. »
  • 3:20InvitéChiffre
    « Et là, il y en a eu 15 millions. »
  • 3:33PrésentateurChiffre
    « pas moins qu'il reste très affaibli, en deçà de 30% d'opinion favorable dans les enquêtes d'opinion. »

Temps de parole

  • Invité24 %
  • Présentateur21 %
  • Invité 219 %
  • Invité 318 %
  • Invité 418 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

Alors la première question, sans jour, sans jour pour quoi faire, sans jour pour convaincre, pourquoi s'être enfermé dans ce temps, historiquement, court et long à la fois ? Si on interrogait un psychologue ou un psychanalyste, ça serait intéressant, parce qu'effectivement faire référence au sans jour, alors ou c'est un communicant un peu inculte, ou enfin c'est assez étrange comme formule. Si il vous entend, il va être content le communicant. Bon, qu'importe, mais c'est vrai que c'est étonnant en tout cas.

Bon, alors, on sent bien que c'est une formule, on sent bien que c'est une manière d'effectuer une transition après ces trois mois qui ont été quand même extrêmement rudes pour le pouvoir, et qui, d'ailleurs la parenthèse n'est pas complètement refermée. Pas du tout. Alors, ce qui est embêtant, on voit bien les 100 jours, c'est une manière de fixer un cap avec des mesures qu'il avait déjà énoncées, mais c'est quelque chose de quantitatif. Or, le problème, je trouve, qui se pose après cette intervention, il est plus qualitatif en réalité. Et c'est un problème d'autorité, tout simplement.

C'est-à-dire qu'en fait, et c'est un vrai problème, quelle que soit l'affection ou l'estime qu'on porte au président de la République, sa parole ne porte plus. D'accord. Et je trouve qu'hier, ça a été une démonstration flagrante du fait que sa parole ne porte plus. Il y a de façon générale une méfiance, une défiance envers le pouvoir politique qui l'incarne au plus haut point, et c'est le signe d'une vraie crise démocratique. Ou il est usé ? En tout cas, on le sent. Parce que là, vous dites, crise démocratique, ça veut peut-être dire aussi que les institutions sont usées. Mais est-ce que l'homme, la personnalité d'Emmanuel Macron, le président Macron, est usé ?

Ce qui est certain, c'est qu'il est dans une situation politique très difficile dans laquelle il n'a jamais été. On sait depuis maintenant plusieurs mois qu'il est en majorité relative, donc en minorité, à l'Assemblée nationale. On sent depuis plusieurs semaines que ça manque de carburant, ça manque de peps, ça manque d'envie. Et on constate encore plus depuis hier soir que ça manque de nouvelles idées, ça manque de nouveaux souffles. Et finalement, on attendait pendant cette crise politique, notamment dans sa majorité et même dans son gouvernement, une espèce de nouveau souffle.

Et hier soir, on a plus vu un exercice de communication politique finalement un peu inutile pour dire, voilà, le président de la République a pris acte en quelque sorte de la colère populaire, donne 100 jours, en quelque sorte, une sorte de sursis à sa première ministre pour tenter de trouver une coalition dont il sait que finalement, il va être très difficile d'accoucher de quelque chose. Et donc, on sent finalement que l'impasse est en train de se refermer. D'accord. Loris, pourtant, il a surbondi. La crise sanitaire, après les gilets jaunes, il n'était quand même pas bien flambard, on va dire. Et il y a eu cette crise sanitaire qui était quand même compliquée à gérer.

Et il avait une parole qu'il portait. Alors évidemment, tout le monde était calfeutré chez soi. Donc, il y avait quelques 35 millions, je crois, de personnes au mieux qui l'ont regardé. Et là, il y en a eu 15 millions. C'est moins bien qu'un grand match de football.

3:23
Présentateur

Certains observateurs nuancent, en effet, en disant qu'il a su se relever. Il ne faut pas, évidemment, tourner la page de l'ère Macron trop tôt, bien sûr. D'abord, pas moins qu'il reste très affaibli, en deçà de 30% d'opinion favorable dans les enquêtes d'opinion. Et y compris même dans ça. Alors, ses opposants disent qu'il est carbonisé. Ses soutiens sont évidemment plus modérés, mais reconnaissent toutefois qu'il y a un problème d'une voix qui ne porte plus assez. Si bien que certains disent, maintenant, tout ce qu'il touche devient sujet à polémique.

Et veille à ce que cette personnalisation du pouvoir soit un peu corrigée dans les mois à venir, pour ne pas qu'il concentre à lui seul la foudre et la colère des Français. Donc, il y a ce point-là qu'on observe très clairement. Et puis, il y a cette figure des 100 jours qu'il a réhabilité hier, qui est souvent utilisée par les communicants pour dire en campagne électorale, voilà ce que je ferai dans les 100 premiers jours de mon mandat pour impulser une dynamique. Là, il est à peine à moins d'un an après sa réélection.

Et il est contraint par un communicant à puiser à nouveau dans ce registre-là des 100 jours pour essayer de rebondir et en disant, je charge ma Première Ministre de trouver à nouveau une solution. Donc, ils avaient de bornes à sauver sa tête pour au moins quelques semaines pour le moment. Souvenez-vous, fin mars, sur TF1 France 2, il disait, j'espère qu'elle parviendra à élargir la majorité en fixant un délai de quelques semaines. Et là, à nouveau, il fixe un nouvel horizon qui est celui du 14 juillet, en disant peut-être qu'il y a encore un moyen de trouver des coalitions, des alliances politiques possibles. Ça paraît très compliqué.

La Première Ministre, elle-même, samedi dernier, lors d'un discours devant la majorité, devant le parti Renaissance, disait, l'heure des coalitions n'est pas, celui-ci n'est pas venu. Donc, on voit qu'il y a une différence là entre les deux têtes de l'exécutif.

5:24
Invité

Et pour être tout à fait honnête, il a dû se rendre compte un peu que les 100 jours, d'abord, ça se terminait souvent à Waterloo. Et puis, deuxièmement, aujourd'hui, il a reçu les partenaires sociaux, le patronat, et il a allongé, je dirais, les 100 jours. Et maintenant, c'est à la fin de l'année, en tous les cas, pour ce qui est de toutes les dispositions autour du travail. Dans quelle mesure, Jean-Philippe de Rosier, il a parlé là, ok, et puis, la Première Ministre, c'est elle qui gouverne maintenant, et il allait se faire, comment ça se passe ? C'est toujours l'apparence de cela. La Première Ministre dirige l'action du gouvernement, lequel détermine et conduit la politique de la nation.

Ce sont les articles 20 et 21 de la Constitution qu'ils disent. Maintenant, nous sommes dans un régime, la Ve République, où ce n'est ni un mystère, ni un problème, parce que ça a été voulu comme tel, où c'est le Président de la République qui est investi d'une mission, celle de conduire le pays, et donc de définir la politique de la nation. Et les rapports entre Président de la République et Premier Ministre nourrissent généralement beaucoup d'encre, de journalistes, de constitutionnalistes. Je crois qu'il n'y a que deux personnes qui savent ce que sont véritablement ces rapports, c'est le Président de la République et la Première Ministre.

Et actuellement, effectivement, je pense que d'une part, le Président est un petit peu enfermé parce qu'il ne peut pas la virer, il ne peut pas la limoger, parce que, premièrement, elle a mené la réforme à son terme, elle lui a permis de la promulguer. Si la décision de vendredi dernier avait été une censure, là peut-être que les choses seraient un petit peu différentes. Mais en tout cas, elle a rempli sa mission, premièrement. Et puis, deuxièmement, il y a une dimension symbolique importante qui est que c'est la deuxième femme Première Ministre de l'Histoire de la Ve République.

Elle a effectivement une longévité désormais un peu plus grande que celle de sa prédécesseur qui était Edith Cresson. Mais si ce « un peu plus grand » n'est qu'un peu plus grand à la marche, c'est-à-dire quelques semaines, vous imaginez le symbole et les conséquences politiques pour celui qui la renverrait. Donc, ces deux éléments-là font que, sur le symbole et sur la politique, il n'y a pas de raison de renvoyer Elisabeth Borne, qui, effectivement, va essayer de mener la tâche que lui a confiée le Président de la République, au moins jusqu'à l'été et peut-être même jusqu'à la fin de l'année, parce qu'après, il y aura ce nouveau tunnel budgétaire qu'il faudra bien boucler.

– Deux ou trois points de droit, Jean-Philippe de Rosier. Le premier, on dit « il a promulgué en pleine nuit ». Faux, il n'a pas promulgué en pleine nuit, « il a promulgué vendredi soir ». – Encore plutôt, oui. – Est-ce que c'est une pratique courante de promulguer juste après, comme ça ? – Alors, c'est assez exceptionnel. – Ah, quand même ? – C'est assez exceptionnel que la promulgation ait lieu si rapidement. Ce n'est pas unique, ce n'est pas inédit, parce que lorsque la loi doit être promulguée très vite, je pense notamment aux lois d'urgence lors de la crise sanitaire ou lors de l'état d'urgence en 2015, effectivement, là, la promulgation pouvait être très rapide.

Là, il n'y avait pas véritablement d'urgence. D'ailleurs, ça avait été un argument qui avait été porté devant le Conseil constitutionnel. Et pourtant, il a voulu la promulguer immédiatement, sans doute pour tourner la page. Et donc, ce n'est pas, encore une fois, inédit, mais c'est quand même assez exceptionnel. – Et quand on dit « publication en pleine nuit », c'est parce qu'évidemment, Emmanuel Macron, ça ne nous regarde pas, mais il dormait sans doute, c'est parce que le journal officiel… – Parce que le journal officiel paraît toujours en pleine nuit. – Voilà.

– Et il faut bien distinguer la promulgation, qui est un acte juridique, qui est véritablement, la sanction, la validation par le Président de la République de l'achèvement du processus législatif, et la publication qui n'est pas un acte juridique, qui est simplement le fait de porter à la connaissance de tous la loi et donc le droit, puisque nul n'est censé ignorer la loi. – Ce n'est pas plus mal de le dire, parce qu'il y a pas mal de bêtises qui ont été dites autour de ça. Anne, quand M. Berger, par exemple, M. Laurent Berger, le patron de la CFDT, nous dit « il faudrait un délai de décence », mais ça veut dire quoi, ça, un délai de décence, avant qu'on envisage l'avenir ?

– Il va un petit peu dans le sens d'Elisabeth Borne, d'ailleurs, qui parlait de convalescence. – Oui, c'est vrai. – On a un petit peu rejoint de ça, et d'ailleurs, je rejoins ce qui a été dit sur Elisabeth Borne, finalement, elle n'a pas démérité, alors on peut la trouver raide, on peut trouver que c'est un clone technocrate, etc., mais elle n'a pas démérité, on ne peut pas… bon, elle n'a pas su mettre les angles, c'est ça le problème.

Alors, le délai de décence, c'est que, évidemment, Berger et les autres syndicalistes ont de la mémoire, ils ont été rayés de la carte, ils ont été mis de côté, d'ailleurs, c'est quelque chose qui a été presque théorisé par Macron au début, c'est-à-dire qu'il voulait passer au-delà des corps intermédiaires, alors là, il l'a fait, mais il s'est pris le retour de bâton, donc, ce n'est pas étonnant qu'après la façon dont ont été menées les négociations pendant la réforme des retraites, les syndicalistes disent, non, on ne va pas aller demain matin, maintenant, se rendre à l'Elysée en France-Unis.

Alors, concernant l'image, à nouveau, dans le climat électrique, qui est celui qu'on constate aujourd'hui, où on voit, c'est certes des minorités, mais des personnes qui vont envahir le siège de LVMH, des violences, mais qui visent le capital, recevoir... Vous alliez dire le grand capital. Oui, le grand capital, mais recevoir juste les syndicats patronaux, dans un premier temps, même s'il y a aussi ceux des PME, ce n'est pas un effet d'affichage génial non plus, même si, évidemment, il doit faire partie des négociations. 100 jours, Loris, on a l'impression aussi d'être au début du deuxième quinquennat, finalement.

11:05
Présentateur

Exactement, avec ce nouveau délai qui est donné, 100 jours, mais dont deux semaines, qui sont dans un entre-deux avec les organisations syndicales qui disent, nous, on veut un raz-de-marée le jour du 1er mai, impossible de renouer le dialogue.

11:23
Invité

Donc, il ne se passera rien d'ici au 1er mai, d'après vous, dans le dialogue ?

11:26
Présentateur

Autour d'Emmanuel Macron, effectivement, on ne parie pas sur un retour du dialogue, dans les deux semaines à venir, jusqu'au 1er mai, et certains disent même jusqu'au 3 mai, puisqu'on en reparlera peut-être, le 3 mai, c'est la décision du Conseil constitutionnel sur le deuxième référendum, sur la deuxième demande pour un référendum d'initiative partagée, déposée par la gauche. Et donc, il y a encore à nouveau un temps suspendu, avec une attente autour de ces dates-là. Un président de la République qui essaye de donner des gages, et de dire, je veux redonner un élan, on repart à nouveau au service des Français.

Mais malgré tout, ces deux semaines à venir, qui seront encore des semaines de suspension, ce sera difficile de renouer avec les syndicats, puisque c'est l'un des capes et l'un des objectifs que s'est donné le pouvoir, renouer au moins avec le syndicat réformiste, la CFDT, pour construire l'après.

12:18
Invité

Wally ? Ce qui est intéressant dans ces 100 jours, c'est là où ils nous mènent. Ils nous mènent en juillet, Laurice le disait tout à l'heure. Juillet, c'est aussi la date du dernier remaniement gouvernemental, juste après les élections législatives, où Emmanuel Macron avait changé une grande partie de son gouvernement. Et ça fait déjà plusieurs semaines, depuis que cette réforme a eu du plomb dans l'aile, que certains députés avaient coché la date de juillet en disant, si remaniement il y a, ce sera à ce moment-là, parce que c'est juste avant les vacances. Et puis après, on arrive en septembre avec le budget, etc., avec un nouveau Premier ministre, un nouveau gouvernement, etc.

Donc finalement, ces 3 mois, ces 100 jours-là, c'est un petit peu 100 jours donnés à Elisabeth Borne pour essayer de trouver quelque chose, essayer de trouver une idée. C'est d'élargir cette fameuse majorité ? C'est d'élargir cette majorité, ou plutôt essayer de trouver des projets de loi peu clivants, peut-être, qui permettent d'aller chercher quelques écologistes, quelques socialistes, quelques LR. On a vu que les LR étaient plutôt ouverts pendant la réforme des retraites. Mais pas tous. Mais ce qu'il y a, c'est que pour l'instant, le calendrier de l'Assemblée nationale est quasiment vide. Il ne s'est rien passé depuis la réforme des retraites, quasiment.

Il y a eu une niche écologiste où il ne s'est rien passé. Il y a eu quelques petits textes de loi sur les Jeux olympiques, notamment où il n'y a quasiment aucune substance politique. Est-ce qu'il va y avoir une loi travail pendant cette période-là ? Est-ce qu'il va y avoir une loi qui est susceptible de susciter un peu de débat ? Ça va être la principale question. Est-ce qu'en juillet, on va arriver avec une Assemblée nationale ? Oui, il ne s'est absolument rien passé. Si c'est le cas, je donne quand même peu cher de la tête d'Elisabeth Borne à ce moment-là. Et de toute manière, il va falloir changer peut-être quelques têtes dans le gouvernement, non ?

Avec certaines d'entre elles qui ont des petits problèmes actuellement, notamment je pense à Marlène Schiappa. Marlène Schiappa, il y en a d'autres qui n'ont pas imprimé également. On pense aux ministres de l'Éducation nationale. On pense à d'autres ministres qui ont eu du mal à percer au cours de ces derniers mois. Puis il y a énormément de secrétaires d'État. C'est un gouvernement très élargi. On a entendu plusieurs fois la petite musique d'un gouvernement resserré. Et c'est ce qui pourrait arriver en cas de remaniement. Alors, Jean-Philippe de Rosier, effectivement, l'ORIS l'évoquait. Il y a le référendum d'initiative partagée. La première tentative a été retoquée.

Il y a une deuxième tentative qui est arrivée sur le bureau du Conseil constitutionnel avec un article 2, davantage financier d'ailleurs, en disant qu'il faut peut-être aller chercher un peu d'argent dans le grand capital pour essayer d'équilibrer les choses. Est-ce que ce deuxième texte a des chances d'être accepté par le Conseil constitutionnel ? Alors, le premier a été retoqué parce que le Conseil constitutionnel, dans le prolongement de ce qu'il avait pu dire jusqu'à présent, ça ne constitue pas véritablement une surprise, a considéré que ce n'était pas une réforme. Pour une raison simple qu'on peut expliquer très brièvement, le Conseil constitutionnel se situe au moment où il est saisi.

Et au moment où cette première initiative lui a été transmise, la loi, le droit disait « la retraite, c'est 62 ans ». Et cette proposition de loi disait « la retraite est à 62 ans ». Donc, il a considéré qu'évidemment, ce n'était pas une réforme. Il a été saisi de ce deuxième texte le 13 avril. Le 13 avril, le droit disait toujours « la retraite, c'est 62 ans » et la deuxième initiative dit encore « la retraite est à 62 ans ». Mais cette deuxième initiative ajoute un deuxième élément, vous l'avez dit, qui vient apporter du financement supplémentaire aux caisses des retraites en augmentant le taux de CSG sur les revenus du grand capital.

Et donc, là encore, dans le prolongement de la jurisprudence du Conseil constitutionnel, je pense qu'il y a davantage, en tout cas matière, à considérer que là, il s'agit bien d'une réforme de la politique sociale, puisque ça concerne effectivement les retraites et le financement des retraites. Et par conséquent, sur ce point-là, ça pourrait être mieux accueilli par le Conseil constitutionnel. Maintenant, il faut voir s'il n'y a pas d'autres éléments qui feraient que ça ne passerait pas. Je n'aime pas anticiper les décisions du Conseil constitutionnel, donc je ne le ferai pas.

Mais disons qu'au regard de la première décision, celle-ci permettrait de dépasser le reproche qui avait été fait à cette première proposition. – Et le risque, la proposition de loi du Parti socialiste pour abroger la réforme qui vient d'être votée, elle, elle n'a aucune chance d'aboutir.

16:47
Présentateur

– Vous parlez de la proposition de loi référendaire, justement, qui est le… – Non, non, non, non, la proposition de loi du Parti socialiste

16:54
Invité

qui veut revoter pour abroger le…

16:56
Présentateur

– Oui, oui, et celle-ci, en l'occurrence, a peu de chances d'être adoptée compte tenu de l'équilibre des forces. En revanche, sur ce deuxième RIP, c'est identifié là plus concrètement comme une menace, notamment par la majorité, qui a peur de l'effet du compteur de collecte de signatures. Je rappelle qu'il faut 10% du corps électoral pour espérer aboutir à un référendum… – 4,8 millions. – …initiative partagée, donc 4,8 millions d'électeurs. Et donc, ça court pendant… sur 9 mois, ce délai de recueil de signatures. – Oui.

– Et donc, il y a un risque d'alimenter la petite musique chaque jour du nombre de signatures avec un compteur qui se mettrait en route et qui est vu d'ores et déjà comme le risque d'un poison lent pour la majorité et le camp présidentiel pendant 9 mois.

17:44
Invité

– Et sur la proposition de loi des socialistes, c'est plus un élément de communication qu'autre chose, étant donné qu'elle n'a pour l'instant aucune chance d'être mis au vote, étant donné que les socialistes n'ont qu'une journée par an où ils peuvent mettre en débat des lois, et ils l'ont déjà fait il y a quelques semaines. Donc, en fait, cette proposition de loi n'a aucune chance ces prochaines semaines, ces prochains mois d'atterrir, sauf si elle est reprise par un autre camp politique. – D'accord. Est-ce que vous voyez, Anne, le président de la République est arrivé au 14 juillet en disant, bon ben voilà, tout est bloqué ? – Dissolution. – Je dissous.

– Voilà, le nouvel élan, comme avait dit Jacques Chirac à l'époque, 1997. – Voilà, que vous avez bien connu. – J'ai bien connu. Écoutez, évidemment c'est difficile de faire de la politique fiction, mais si effectivement tout est bloqué, qu'aucun texte n'est passé à l'Assemblée, si les violences continuent dans la rue, des manifestations aussi importantes, il faudra bien qu'il prenne une option politique, un choix politique, et effectivement, il n'y en a pas 50 qui s'offrent à lui. Donc il y a notamment la dissolution, il y a éventuellement un référendum sur un choix, enfin ça dépend du choix du sujet, mais il faut qu'il y ait un choix politique, parce que, si on…

enfin c'est difficile de comparer à 68, ce qui s'est passé, mais c'était une crise quand même. – C'est une crise heureuse 68 quand même. – Voilà, parce que c'est une crise qui s'est résolue de façon politique. C'est-à-dire après, il y a eu la dissolution. – Et d'ailleurs, il y a eu une majorité énorme après. – Oui, mais c'était un acte politique, oui, il y a eu une majorité énorme, c'était un acte politique. Puis après, il y a eu un référendum sur les institutions qui a abouti au départ de De Gaulle. – Ils sont versatiles les Français. – Voilà. Donc, ben oui, je ne sais pas, il peut peut-être s'inspirer de De Gaulle, puisqu'il y avait son portrait derrière lui, lors de l'intervention.

– Mais il ne soudra pas un 14 juillet. – Mais il ne soudra pas un 14 juillet. – Il ne soudra pas un 14 juillet, parce que les élections législatives ont lieu à peu près un mois après la dissolution, et des élections législatives le 15 août sont quand même assez ambitieuses. – C'est assez ambitieux. – Merci.