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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 13 décembre 2016 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalImmigration & asile

Vincent Peillon : "On ne peut pas gouverner un pays comme le nôtre avec une base politique étroite"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01OuverteRéponse directe

    D'où vient votre candidature ?

  • 0:10OuverteRéponse partielle

    Par quel chemin un homme retiré du débat national depuis près de trois ans en vient à ressurgir pour briguer la fonction suprême ?

  • 0:49RelanceRéponse directe

    Entre ne pas parler tous les jours et observer un silence de près de trois ans, il y a...

  • 1:18FerméeRéponse directe

    Et semble-t-il à tourner la page de la politique active, vous aviez dit que vous ne brigueriez pas de nouveaux mandats électifs.

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Vous y allez, Vincent Payon, par devoir ou par envie ?

  • 2:41ComplaisanteRéponse directe

    on n'avait pas le sentiment que vous aviez plaisir à retrouver la lumière des caméras, à être là sur un plateau de télévision.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueFait
    « Il me semblait, après mon départ du gouvernement, chose assez naturelle, que la décence voulait, la décence, ne pas commenter jour après jour l'action de ceux qui poursuivaient leur travail sur les différents sujets. »
  • 0:54Invité politiqueFait
    « J'étais numéro trois du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. J'avais eu des responsabilités importantes. »
  • 1:52Invité politiquePromesse
    « Je veux que la gauche gagne, on va y venir. Je pense qu'elle peut gagner face à François Fillon et à l'extrême droite. »
  • 2:15Invité politiqueFait
    « Il faut protéger la France. Il faut lui tracer un chemin. Et en même temps, je veux que nous soyons capables de remettre un peu de vérité dans l'action politique et de nous sortir par le haut de la situation à laquelle nous sommes. »
  • 3:40Invité politiqueFait
    « Si la primaire a une vertu, c'est bien qu'à l'issue, il y aura un candidat désigné. »
  • 3:57Invité politiqueFait
    « Pour la gauche, ça a permis à François Hollande sa victoire. »
  • 5:14Invité politiqueFait
    « Et dans les projets de la droite, il y a la suppression des aides médicales pour ces enfants qui sont en très grande difficulté. »
  • 5:44Invité politiqueChiffre
    « L'Europe a dit 160 000 relocalisations. Vous savez à combien on est ? 6 000. »
  • 7:50Invité politiqueFait
    « On ne peut pas gouverner un pays comme le nôtre avec une base politique aussi étroite. »
  • 8:02Invité politiqueFait
    « Première erreur. »
  • 8:34Invité politiqueFait
    « Le 49-3, ça n'est pas dans la culture politique de la gauche. »
  • 8:56Invité politiqueFait
    « Nous avons agi sur la santé. Les Français ne le savent pas toujours. »
  • 9:00Invité politiqueFait
    « Nous avons fait un certain nombre de choses sur l'environnement. »
  • 9:37Invité politiqueFait
    « Le pacte de responsabilité, il n'aurait pas été totalement stupide d'être un peu plus ferme sur les contreparties. »

Temps de parole

  • Vincent Peillon82 %
  • Présentateur18 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Vincent Payon. Bonjour Patrick Cohen. On va commencer par le début. D'où vient votre candidature ? Par quel chemin un homme retiré du débat national depuis près de trois ans, échappé dans le monde des idées ou du roman, député européen peu assidu, refusant toute interview, toute prise de parole, en vient à ressurgir pour briller la fonction suprême ?

0:24
Vincent Peillon

Il me semblait, après mon départ du gouvernement, chose assez naturelle, que la décence voulait, la décence, ne pas commenter jour après jour l'action de ceux qui poursuivaient leur travail sur les différents sujets. Il y a quand même quelque chose de curieux à voir les uns ou les autres participer à des gouvernements et dès le lendemain continuer à faire des petites phrases tous les jours contre les politiques qu'ils ont contribué à mener.

0:49
Présentateur

Entre ne pas parler tous les jours et observer un silence de près de trois ans, il y a...

0:54
Vincent Peillon

Vous avez raison, vous avez raison. Mais enfin, c'était trois ans qu'il restait pour l'action législative. J'étais numéro trois du gouvernement de Jean-Marc Ayrault. J'avais eu des responsabilités importantes. Et vis-à-vis de la politique, c'est un sujet majeur pour nos concitoyens. Il me semblait qu'il n'était pas inutile non plus que je prenne un peu de distance pour chercher, vous l'avez dit, à lire, à enseigner, à écrire, à m'occuper exclusivement de questions internationales au Parlement européen.

1:18
Présentateur

Et semble-t-il à tourner la page de la politique active, vous aviez dit que vous ne brigueriez pas de nouveaux mandats électifs.

1:24
Vincent Peillon

C'est exact, c'est ce que je ferai, à part ce combat. Vous savez, je suis... Oui, j'ai été député depuis 1997. J'ai été le seul d'ailleurs à m'appliquer, avec Bertrand Delanoë, le mandat unique. Donc, je fais ce que je dis. Je ne demanderai plus de mandat, c'était la question qui m'était posée à ce moment-là, parlementaire. Et j'ajoutais dans la même phrase. J'ajoutais, mais les choses publiques continuent de me concerner éminemment. Et donc, je participerai au débat public. Aujourd'hui, je ne le mets pas sur le même plan. Je veux que la gauche gagne, on va y venir. Je pense qu'elle peut gagner face à François Fillon et à l'extrême droite.

Et je veux me consacrer entièrement à cette tâche pour la gauche, pour ma famille. Je suis socialiste. Mais aussi, plus largement, pour mon pays, on vient d'évoquer des sujets internationaux. Nous vivons dans un monde en très grande difficulté. Il faut protéger la France. Il faut lui tracer un chemin. Et en même temps, je veux que nous soyons capables de remettre un peu de vérité dans l'action politique et de nous sortir par le haut de la situation à laquelle nous sommes.

2:23
Présentateur

Vous y allez, Vincent Payon, par devoir ou par envie ? Parce qu'en observant votre annonce dimanche soir à la télévision chez Laurent Delahousse, on n'avait pas le sentiment que vous aviez plaisir à retrouver la lumière des caméras, à être là sur un plateau de télévision.

2:41
Vincent Peillon

La question de la télévision, des caméras, des micros ne m'a jamais... Chacun le sait, ce n'est pas ma préoccupation majeure. Pour moi, devoir et plaisir, vieille affaire scolaire, ne se posent pas totalement. Mais, et donc, le pouvoir en lui-même n'est pas un projet. Sa personne n'est pas un projet. Il faut avoir un projet pour la France. Il faut savoir ce que l'on veut faire. Non, je reviens avec beaucoup d'envie. Il me semblait que c'était à François Hollande, je l'ai dit, de défendre son bilan après 5 ans d'exercice. Il ne le veut pas et il ne le peut pas. S'ouvre une nouvelle page politique et donc un grand débat pour la gauche et pour le pays.

Je veux en être et incarner dans ce débat ce que je crois être le chemin juste et pour ma famille politique et pour le pays.

3:25
Présentateur

Vous avez parlé de rassemblement. Avec vous, ça fait 5 candidats issus du Parti Socialiste, dont le Premier ministre sortant, Manuel Valls, et 3 anciens ministres du quinquennat finissants, dont vous, Vincent Péillon. Votre candidature, est-ce qu'elle ne contribue pas davantage à la fragmentation qu'au rassemblement ?

3:40
Vincent Peillon

D'abord, je ne le crois pas du tout. Si la primaire a une vertu, c'est bien qu'à l'issue, il y aura un candidat désigné. Il n'y a pas de candidat naturel. Et donc, on offre un choix. Mais ce choix, il y a des règles du jeu. Donc, à l'issue, au contraire, c'est une machine à produire de l'unité. On l'a vu en 2012. Pour la gauche, ça a permis à François Hollande sa victoire. Les affrontements, vous vous en souvenez, étaient quand même un peu rudes entre François Hollande et Martine Aubry. Et avant, dans le premier tour. La droite vient de le montrer. Et regardez la droite.

C'était un ancien président de la République, 2 anciens premiers ministres, plusieurs ministres avec des rangs de 3ème, de 4ème, 3 chefs de parti. Là, il n'y a pas un ancien premier secrétaire. Donc, toujours pareil. Ce qui est bon pour les autres, la gauche, elle devrait porter ce couvrir de sang. Non ! La droite est en bien meilleur état que la gauche, Vincent Péillon, aujourd'hui. Écoutez, c'est vous qui dites. Elle est dans l'opposition, en tout cas. On va parler de leur contenu. Pour l'instant, elle est dans l'opposition. Et donc, il va y avoir un débat. Si vous voulez faire l'élection avant et penser que la gauche est déjà éliminée, je ne le crois pas. La gauche a une fierté.

Elle a agi. La plupart des grandes réformes, je voyais encore ce matin, vous l'avez commenté, les propositions de M. Fillon. À part déconstruire ce que l'on a fait, dire, il y a trop de bureaucratie, mais je vais inventer une agence. Personne ne le remarque ce matin. C'est quand même amusant de se contredire soi-même dans le même texte. Ce qu'il garde d'essentiel, c'est-à-dire ces maisons où on réunit plusieurs professionnels de santé. C'est encore une invention de la gauche. Alors, vous savez, que ce soit nos temps de travail, que ce soit nos retraites, que ce soit nos couvertures maladie. J'étais hier dans un centre pour des enfants en très grande difficulté. Qui agit là encore ?

C'est la gauche. À la fois la gauche locale et la gauche nationale. Et dans les projets de la droite, il y a la suppression des aides médicales pour ces enfants qui sont en très grande difficulté. On ne fait pas le lien entre ce qu'on dit sur Alep. Ces enfants qui sont poignardés, bombardés, ils vont venir. Et tant mieux, on les accueille. Mais alors, qu'est-ce qu'on fait ? Nous, aujourd'hui, on n'a pas la solution militaire depuis que les Américains ne sont pas allés. On a des difficultés avec la solution humanitaire là-bas et les corridors. Mais on voit bien que c'est Syriens qui ne peuvent pas aller ailleurs. Ce n'est pas des migrations économiques.

Ce sont des familles qui sont dans la désolation. Nous avons quelque chose à faire. L'Europe a dit 160 000 relocalisations. Vous savez à combien on est ? 6 000. Alors, nous tous, si on veut faire quelque chose, vous parliez de devoir, se relever les manches, eh bien, c'est les accueillir. Et c'est pour ça que j'ai commencé ma campagne dans ce centre. Pour dire, et là, vraiment, je le dis, on a voulu, y compris à gauche, animer les débats de l'identité, de la peur, montrer la France la plus vilaine. Mais dans notre pays, il y a des milliers, des millions de Français, des travailleurs sociaux, des professeurs, des infirmières, des journalistes, des journalistes, des...

rien du tout, qui n'ont pas ce cœur-là, dans lequel bat le cœur de la République, et qui s'occupent de ces gamins. Ils ne vont pas les chercher dans les écoles. Ils les accueillent. Ils les ramènent chez eux. Ils les retrouvent des activités.

6:24
Présentateur

Les débats identitaires, y compris à gauche, ça, ça vise Manuel Valls. Vincent Péon, on a compris que vous voulez être le premier défenseur du bilan de François Hollande. Comment on peut défendre ce bilan ? Et dans le même mouvement, critiquer celui de Manuel Valls, qui a été son premier ministre.

6:39
Vincent Peillon

Je ne crois pas du tout. Et j'aimerais, et je vais imposer dans ce débat, avant les mesures, une exigence de vérité. Je l'ai dit, et j'incite tout le monde à aller voir la longue lettre que j'ai écrite sur mon site. Une exigence de vérité, ça veut dire quoi ? Est-ce que vous pensez vraiment qu'il faut dire avoir moins de décrocheurs, que les jeunes filles puissent être... avoir une contraception gratuite ? Ce ne sont pas des avancées. Ce sont des avancées. Vous êtes contre le mariage pour tous ? Moi, non, je suis pour. Donc, je trouve que la gauche a mené des bagarres. Il y a des gens qui ont commencé... Ma génération, je suis né en 60, qui ont commencé à travailler tôt.

Ils peuvent partir plus tôt avec leur retraite. La gauche l'a fait. Elle l'a fait dans une période difficile. Et si on est objectif... J'ai passé deux ans, comme vous l'avez rappelé, loin d'ici, mais à travailler toujours en Europe. C'est le seul pays européen qui a gardé sa protection sociale, fait quelques avancées, certains peuvent les trouver modestes, mais quand même, sans remettre en cause, en baissant ses déficits publics et ses déficits sociaux. Donc, il faut le dire. Et c'est quand on est crédible, quand on dit les choses, qu'après, on peut critiquer.

7:39
Présentateur

Ça, c'est pour la défense du quinquennat. Bien sûr. Pour la critique, pour la partie critique, qu'est-ce que c'est ? C'est la... Trois choses. Vous êtes trois choses très clairement. La laïcité, une laïcité dévoyée ? Non, non.

7:48
Vincent Peillon

Trois choses très clairement. Première chose, on ne peut pas gouverner un pays comme le nôtre avec une base politique aussi étroite. François Béroud avait voté pour la gauche. C'était un fait historique majeur dans la vie politique française. Il a tendu une main. Elle a été refugée. Première erreur. Mais c'est la même posture qui conduit à faire qu'on n'a pas la gauche du Parti Socialiste dès le début. Je vous rappelle que Lionel Jospin l'avait de 97 à 2002 et qu'avant, l'avait gouverné avec cette gauche. Ça amène à quoi ? Au bout de deux ans, ce sont les Verts qui s'en vont.

Ils s'en vont en même temps que le numéro 3 et le numéro 5 du gouvernement, c'est moi-même et l'actuel commissaire européen et les amis de Martine Aubry. Et à la fin, on se retrouve en plus sans Montebourg et Amon. C'est-à-dire, on ne peut pas gouverner sur une base aussi étroite. J'ajoute à ça qu'il y a des méthodes qui ne vont pas. On les a vues. Le 49-3, ça n'est pas dans la culture politique de la gauche. D'ailleurs, Jospin ne l'avait pas utilisé de 97 à 2002. Ça n'est pas une bonne méthode. Ça n'est pas une bonne méthode non plus de ne pas se concerter suffisamment avec les syndicats. Donc, c'est une première chose. François Hollande

8:47
Présentateur

n'a aucune responsabilité dans tout cela ?

8:48
Vincent Peillon

C'est une erreur de stratégie politique. La deuxième chose, elle est idéologique. J'ai écouté Fillon à juste titre dire qu'il faut gagner les batailles idéologiques. Mais, nous avons agi sur la santé. Les Français ne le savent pas toujours. Je crois que nous avons agi sur l'école et que ça ne sera pas remis en cause. Les Français ne le savent pas toujours. Nous avons fait un certain nombre de choses sur l'environnement. Mais, venu de nos rangs, le débat a été mis très tôt sur les Roms, pour finir sur le Burkini, c'est-à-dire sur des questions identitaires. Je n'ai pas peur de l'identité, mais j'ai une identité. Elle est républicaine, démocratique, sociale et laïque.

Et ça, ce ne sont pas des débats qui visent toujours à stigmatiser des catégories de la population. Ce sont des débats qui visent à faire vivre ensemble tous les Français dans la liberté, le respect de chacun et le premier respect pour un républicain, c'est celui des minorités. Troisièmement, il y a eu des problèmes de contenu et si vous voulez, on peut entrer dedans. Mais par exemple, le pacte de responsabilité, il n'aurait pas été totalement stupide d'être un peu plus ferme sur les contreparties. Était-il vraiment utile d'inverser la hiérarchie des normes alors que chacun le sait, il y a beaucoup, beaucoup d'accords dans l'entreprise, dans notre pays ? C'est un bilan critique alors,

9:52
Présentateur

on va le dire comme ça. Vincent Péillon, invité de France Inter, on vous retrouve dans quelques minutes avec les appels des auditeurs de France Inter et dans 50 secondes la revue de presse.