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interviewLe Média (sur YouTube)· 18 juillet 2025 29 min

HANDALA : DEUX DÉPUTÉES INSOUMISES VEULENT BRISER LE BLOCUS DE GAZA. #FreedomFlotilla

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Média TV et le Média 247, et d'activer la cloche. C'est un départ très attendu et porteur de sens. Leandala s'apprête à lever l'encre depuis l'Italie, direction Gaza.

À son bord, des activistes venus de plusieurs pays déterminés à briser le blocus israélien qui asphyxie et tue la population Gazaoui. Parmi eux, des humanitaires, des journalistes, mais aussi deux élus françaises, Gabriel Catala et Emma Fouro. Landala, membre de la flottie de la liberté marche dans les pas du Madeline, parti il y a quelques semaines pour la même mission.

Ce précédent bateau avait été intercepté par l'armée israélienne. Ses passagers arrêtés puis emprisonnés avant d'être finalement relâché. À l'heure où la communauté internationale détourne les yeux, où les gouvernements européens persistent dans l'inaction, Emmafouro et Gabriel Catala vont prendre la mer avec la flottie de la liberté pour rappeler à la France, à l'Europe et au monde leur responsabilité face à l'horreur.

Elles sont avec nous entretien. [Musique] Emma Fouro et Gabriel Catala. Bonjour.

Merci d'être avec nous. Bonjour. Bonjour.

Alors Emma Fourau, je vais commencer par vous. Vous êtes actuellement en Italie. Vous allez partir bientôt sur un des bateaux de la flottie de la liberté.

Je l'ai dit pour briser le blocus humanitaire imposé à Gaza et on sait ce qui est arrivé à Rima Hassan ou à d'autres parties eux aussi sur un bateau de la flottie de la liberté. Ils ont été interceptés par l'armée israélienne, arrêté, emprisonné. Arrivez-vous malgré tout cela à rester sereine ?

Bien sûr, déjà parce qu'on est extrêmement bien préparé, mais surtout on relativise quand on regarde la situation à Gaza où le danger est beaucoup plus imminent, permanent sur les enfants notamment et y compris si on parle de la question des prisonniers notamment en 6 Jordanie, on sait que eux subissent des traitements extrêmement dégradants de la torture, ce qui n'est pas le cas jusqu'ici des personnes qui se sont fait arrêter illégalement dans au sein des équipages. Donc il faut aussi rappeler que nous nous respectons le droit international que livrer de l'aide humanitaire est parfaitement légal, naviguer en eau internationale est parfaitement légal et évidemment contester un blocus qui lui est illégal, c'est légal. Donc nous on a le droit et la légitimité de notre côté.

Donc s'il nous arrive quelque chose, ce sera évidemment de la responsabilité à la fois de Netaniaou mais aussi des États qui sont censés nous protéger. Gabriel Catal, j'imagine que vous avez parlé aux personnes qui avaient pris part au départ de la précédente flottie. Que vous ont dit ?

Quel conseil vous ont-ils donné ? Bien sûr, on a pu discuter avec notre camarade Rima Hassan, euro député insoumise. On a pu discuter avec Revitant écologiste français qui était aussi sur le bateau.

Il nous ont donné de précieux conseils pareil pour qu'il rejoignent les formations qu'on a fait ici finalement sur le stress, les différents scénarios qui pourraient qui pourraient arriver et des conseils de de vie tous les jours. Mais je crois que c'est pas le plus important. Nous, on veut pas que notre la mission ce soit centrée sur les personnes qui sont à bord du bateau.

On veut que ce soit centré sur le but, c'est-à-dire briser le blocus humanitaire et ma camarade vient de le dire, sur les enfants puisque c'est une mission qui a un un but particulier. On fait ça pour les enfants de Gaza. C'est pour ça que dans l'aide symbolique qu'on transporte, il y a du lait infantile, des couches, des produits d'hygiène, de l'aide alimentaire pour les enfants.

On transporte également un certain nombre de jouets, de peluches et notre bateau s'appelle le andala du nom du petit garçon palestinien, du dessin qui symbolise ce jeune garçon qui se retournera que lorsque la Palestine sera libre. Et donc c'est ça le sens de notre mission. Alors avant de parler vraiment de de la mission, je sais que c'est le plus important mais on sait comment Rima Hassan militante pour la paix à Gaza la fin du du génocide, elle a été après son départ en bateau critiquée, elle a été salie hein par les médias français, même par nos politiques.

Emma Fouro, est-ce que vous êtes préparé à tout cela ? Bah, il faut quand même rappeler l'ironie de la situation, c'est que on avait euh des militants d'extrême droite qui à chaque fois qu'on parlait de Gaza nous disaient "Mais allez-y à Gaza, on vous regarde et quand on veut aller à Gaza, on nous en empêche et ils vont nous dire qu'on fait euh le selfie boat où justement on se prend en photo, on se met en scène sur un bateau." Alors que il faut rappeler la raison de pourquoi on communique sur ces traversées, c'est tout simplement parce que le bateau qui a précédé le Madeline n'avait pas communiqué du tout sur cette traversée et a été attaqué par des drones israéliens. et c'est passé sous les radars parce que justement personne n'était au courant de la traversée de ce bateau vers Gaza.

Et c'est pour ça qu'on insiste sur le fait que on doit communiquer sur ce bateau parce que c'est notre garantie de protection parce que ça permet de mettre de la pression sur Netaniau. Et on rappelle quand même que s'il y a bien une armée dans le monde qui pratique le selfie en permanence, c'est l'armée génocidaire israélienne qui va se filmer avec les sous-vêtements des femmes palestiniennes dans les maisons dans lesquelles ils entrent évidemment illégalement. C'est toutes ces vidéos qu'on voit immoral où on voit par exemple des soldats ouvrir un robinet d'eau et dire "Les Palestiniens, c'est quoi ça ?

Les autres ne dites rien." Donc pour se moquer du manque d'eau à Gaza et cetera. Donc c'est quand même cette armée là qui se met en scène de manière absolument ridicule et c'est pas les équipages des bateaux qui partent pour Gaza pour briser un blocus illégal en solidarité avec le peuple palestinien.

Gabriel Catala pour répondre. Oui. Allez-y, allez-y Mafour, allez-y.

Terminez. Non non mais juste donc pour répondre concrètement à la question, nous on sait pourquoi on y va. on sait pourquoi on le fait.

Donc toutes les attaques en fait ne nous touchent pas parce qu'on sait qu'elles sont infondées et qu'elles viennent d'un camp politique précis qui quoi qu'il arrive soutiendra le génocide en Palestine. Donc ce sont des critiques qui pour nous ne sont pas fondées et donc ne nous touchent pas du tout. Gabriel Catal, on se souvient de ce qui est arrivé au précédent bateau, le Madeline, comment vous expliquez le silence, même la complaisance hein de nombreux gouvernements européens face à ces actes de piraterie en mer contre des navires ?

Je rappelle des navires humanitaires ? Bien, c'est la même complaisance qu'avec le régime israélien en général sur le génocide qui est en cours. On a eu encore une illustration mardi avec l'absenal de sanctions prise à l'encontre d'Israël par l'Union européenne ou par les pays qui en sont membres puisque mardi les ministres des affaires étrangères des 27 pays de l'Union européenne ont décidé de ne prendre aucune sanction contre Israël.

Donc pas de suspension de l'accord d'association, pas d'embargo sur les armes, pas de suspension de de programmes universitaire et donc la le silence de qui a été incapable de dire que c'était une arrestation illégale dans des eaux internationales puis de une détention arbitraire et illégale et c'était d'ailleurs la première fois qu'une députée européenne était détenue par une puissance étrangère sans que la France n'en touche un mot. Et bien là, j'imagine que la même chose pourrait se passer, mais il faut toujours se dire que ce que nous faisons est populaire et que le le le message, les la pensée et les communiqués de presse fait par nos dirigeants ne représentent pas le peuple français. Parce que quand on regarde dans les sondages, les Français soutenaient la flotti de la liberté.

Une majorité de Français sont pour la reconnaissance de l'État palestinien. Une majorité de Français sont pour la mise en place de sanctions à l'égard d'Israël. Et donc nous nous représentons les peuples qui se soulèvent, qui manifestent.

Il y avait aussi ces ces grandes marches qui voulaient partir vers Gaza depuis les pays du Maghreb et qui malheureusement n'ont pas pu arriver vers Rafa. Et donc c'est lorsque les peuples se mettent se mettent en mouvement qu'on peut changer les choses. Et c'est par ce genre d'action pacifique, non violente, politique qu'on montre finalement que Israël est du mauvais côté du droit et du mauvais côté de l'histoire et que c'est nous qui sommes dans qui avons raison.

Emma Fourau, vous êtes heureux député, vous participez donc hein à la vie politique de notre pays. Manifestement, ce n'est pas suffisant parce que vous avez fait ce choix de partir en mer. Expliquez-nous pourquoi.

Bah effectivement, ça fait presque 2 ans qu'on observe le génocide à distance en se sentant impuissant, recevant énormément de vidéos extrêmement traumatisantes. Évidemment, c'est rien par rapport au vécu des Palestiniens eux-mêmes, mais du coup évidemment, on se mobilise sur les réseaux sociaux, on participe au rassemblement, on participe au débats au niveau européen en proposant justement des débats, en proposant des résolutions qui évidemment ne sont jamais acceptées parce que on a un depoid de mesure criant y compris au Parlement européen où on ne peut pas toucher à Israël. Et donc c'est face à à ce sentiment de de d'impuissance que quand on m'a proposé de monter à bord de ce bateau, j'ai évidemment aussitôt accepté parce que on voit bien que c'est un moyen politique efficace parce que quand le Madeline est parti, ça a permis de parler et de recentrer le débat politique sur la question du génocide à Gaza.

Et on rappelle quand même que il y a il y a rien de pire au monde qu'un génocide. Et donc c'est pas acceptable de de d'arrêter d'en parler ou de considérer que bon on passe à autre chose alors que évidemment c'est toujours en cours et là en plus on est dans une période particulière où c'est les vacances pour beaucoup de personnes donc on peut aussi en plus avoir tendance à les oublier plus facilement. Donc c'est important de partir y compris cet été, de continuer à en parler, d'en faire un sujet politique.

Évidemment, nous on espère arriver à Gaza, mais on sait que ce sera déjà une victoire si on arrive à mobiliser les citoyens, les médias sur la question de Gaza. Gabriel Catala, vous le disiez tout à l'heure, vous partez pour les enfants, pour les enfants Gazaouis. Rappelez-nous la proportion d'enfants tués par Israël pendant ce génocide.

Et bien d'après les Nations- Unies, ce ne sont pas les chiffres du Hamas, 70 % des personnes qui ont été assassinées par Israël sont des femmes et des enfants. L'année dernière, on avait ce rapport, c'était il y a un an déjà, qui montrait qu'en 4 mois, plus d'enfants avaient été assassinés à Gaza qu'en 4 ans dans le resque des conflits mondiaux. On a ensuite encore eu la semaine dernière ce rapport d'F qui a fait un une étude sur ses propres salariés, sur ses propres volontaires puisque même si MSF il y a en raison du blocus humanitaire ne peut pas opérer directement depuis l'étranger, il y a toujours des Palestiniens qui travaillent pour MSF directement sur place et bien ils se sont rendus compte que quand on regarde leurs salariés et leurs familles autour 50 % des personnes tuées sont des enfants.

Et la population Gazaoui est très jeune. 2 millions de personnes qui sont en situation de famille de famille et parmi ces 2 millions de personnes et ben il y a 1 million d'enfants. Et je voudrais rappeler au-delà des enfants la situation des femmes et des des jeunes filles en général puisque c'est toujours assez troublant de toutes ces personnes qui se qui se postent qui se qui s'identifient en tant que féministe en France et en Europe mais qui ne disent rien quand on femme sort un rapport selon lequel toutes les heures une femme ou une jeune fille est assassinée par l'armée génocidaire israélienne.

Et donc c'est pour ces enfants qui pour l'instant sont privés de futur. C'est pour aussi pour ça qu'on parle de futuride puisque le génocide à Gaza a finalement fait émerger de nombreux de nombreux mots de nombre de nouveaux vocabulaires. Le futuride, les ducides pour dire que les écoles n'existent plus aussi pour ces enfants.

Et donc c'est pour tous ces enfants-là que nous partons avec le bateau briser le blocus. Et d'ailleurs, je j'ai je veux pas qu'on qu'on intériorise que nous allons pas y arriver, que nous allons être arrêtés puisqu'il faut rappeler que dans les années 2006, dans les 2010 pardon, un bateau a réussi à arriver jusqu'à Gaza où il était attendu au port par des centaines de Palestiniens très émus de voir arriver ce bateau. Ce bateau qui a réussi à briser un blocus qui qui n'a pas commencé en octobre 2023, qui a commencé en 2007.

Emma Fourau, vous parliez tout à l'heure du traitement d'Israël au niveau du Parlement européen, mais il faut le rappeler, l'Europe a une marge de manœuvre. Elle a les moyens d'agir contre le gouvernement de Benjamin Netaniaou, mais elle le fait pas parce qu'elle ne le veut pas. Effectivement, parce qu'on a vraiment une géopolitique au niveau européen à deux à deux vitesses.

Et donc dès qu'il s'agit de sanctionner Israël, et bien on se cache, on n'ose pas. Et donc il y a ce fameux accord d'association entre l'Union européenne et Israël qui est le premier accord d'association pour Israël. Et donc on finance indirectement le génocide puisqu'on permet aux produits israéliens de rentrer de manière facilitée sur le marché européen.

Et dans cet accord d'association, on a une clause, c'est l'article 2 de respect des droits de l'homme. Et donc si les droits de l'homme ne sont pas respectés par Israël, alors cet accord doit être immédiatement suspendu. Et on a justement, ça a été dit par Gabriel, les ministres des affaires étrangères qui se sont réunis, qui ont dit qu'il y avait bien violation des droits de l'homme mais qui n'en tirent aucune conclusion et qui donc ne suspendent toujours pas cet accord d'association.

Donc c'est une honte absolue. Déjà le fait de reconnaître une violation des droits de l'homme que maintenant alors que ça fait quasiment 2 ans qu'on a un génocide, c'est déjà une première insulte pour le peuple palestinien. Mais ensuite dire "Oui, les droits de l'homme sont violés mais on en a rien à et on continue à soutenir Israël." C'est vraiment une folie pure.

Sachant qu'ensuite au sein euh des États membres de l'Union européenne, on a des États et notamment la France qui livrent soit des armes à Israël, soit des parties qui servent ensuite à armer l'armée israélienne. Donc on a une complicité qui est directe, qui est quasiment assumée avec Emmanuel Macron qui qui est complice et qui nous envoie balader en disant "Je vais reconnaître l'État de Palestine mais en fait non, j'attends que l'Union que le Royaume-Uni fasse la même chose et en fait on va pas faire enfin c'est c'est se moquer du monde, c'est insulter le peuple palestinien alors que reconnaître l'État palestinien c'est la la première chose à faire. C'est quelque chose de symbolique qui est très facile à faire.

Il y a de nombreux États en Europe qui l'ont déjà fait. La Suit fait très longtemps qu'elle reconnaît par exemple l'État palestinien. On a eu l'Espagne plus récemment.

Donc c'est quelque chose qui est facile à faire, qui est accessible et qui n'est pas suffisant. Mais rien que ça, Macron n'est même pas capable de le faire. Donc c'est dire la honte dans laquelle Macron et l'Union européenne nous plonge tous les jours.

Et c'est aussi pour ça que en tant qu'élu, c'est important pour nous de partir sur ce bateau pour dire qu'il y a des femmes politiques et des hommes politiques qui eux sont du côté des peuples, sont du côté du peuple palestinien et on honte tout pareil que la population quand on entend Emmanuel Macron, quand on le voit agir de la sorte. Donc c'est important de dire queil y a des élus qui sont du côté du peuple palestinien qui se battront jusqu'au bout à leur côté. Gabriel Catala vous voyez acquiessé en tant que que député en française cette inaction de l'État français c'est insupportable.

Oui, c'est insupportable surtout quand on regarde tout ce que pourrait faire la France. Au-delà de porter au niveau européen la rupture de l'accord d'association comme l'a fait l'Espagne, la France pourrait décréter un embargo sur les armes. C'est grâce à des syndicalistes à fausse surmer dans différents ports français que des cargaisons ont pu être bloquées et ne pas être livré à Israël pour être utilisé ensuite pour massacrer le peuple palestinien.

La France, elle est membre permanent du Conseil de sécurité l'ONU, donc elle pourrait mettre à l'ordre du jour des résolutions pour des sanctions à l'égard d'Israël. Elle ne le fait pas. La France, elle pourrait sans l'Union européenne prendre toute seule des sanctions diplomatiques et des sanctions économiques.

Elle pourrait convoquer l'ambassadeur israélien à chaque fois qu'il y a un massacre pour lui demander des explications, voir même envisager de l'exclure parce que moi, il me semble par exemple qu'actuellement on n'a pas d'ambassadeur russe à Paris. Donc je ne vois pas pourquoi nous aurons nous aurions nous avons toujours un ambassadeur israélien. Elle pourrait décider bien sûr de respecter la liberté d'expression quand certaines personnes manifestent et font part de d'un désaccord et elle ne le fait pas à la place.

Elle engage des des des poursuites pour apologie du terrorisme et elle souhaite le ministre Retaillot veut envisage toujours de dissoudre urgence palestine. Elle pourrait bien sûr reconnaître l'État palestinien et là il faut pareil se rappeler que nous sommes isolés sur ce sur ce sujet-là puisque 148 pays dans le monde le font déjà. Donc les pays occidentaux qui décident de de continuer à être complice d'Israël et des États-Unis parce que tout cela est aussi une question d'impérialisme américain avant tout.

Euh la France est isolée sur le plan international là-dessus et donc il y a un certain nombre de choses qu'elle pourrait faire qu'elle ne fait absolument pas et elle est finalement euh silencieuse. Et c'est triste à voir de de se dire que la dernière fois que la France a parlé au monde, c'était en 2003, donc c'était il y a plus de 20 ans quand elle a dit non à la guerre en Irak et que depuis elle a été totalement reléguée sur le plan diplomatique en un pays secondaire qui n'a qui n'a finalement pas grande utilité. Je voudrais ajouter aussi une dernière chose sur la le respect de la Cour pénale internationale puisque euh le premier ministre Netaniau et son ancien ministre de la défense Johav Galan, on font l'objet d'un mandat d'arrêt international de la CPI.

Et là encore, la France a inventé une immunité qui n'existe pas en droit international. Elle a autorisé Netaniaahu à survoler trois fois euh son espace aérien, ce qui en vertu du statut de Rome est totalement interdit et tout cela affaiblit tout le système international finalement et et montre que le système international ne sert qu'à l'Occident quand cela va à son avantage. Mais lorsque ce sont des peuples qui ne sont pas des peuples occidentaux, finalement le droit international ne s'applique pas à eux.

Emma Fourau, tout à l'heure vous parliez des des médias, vous disiez que les médias ne traitaient pas assez le génocide à Gaza. J'ai envie même d'aller plus loin. Il le traite très mal.

Bien sûr, même dans des articles, dans des médias extrêmement partagés, on va encore voir le terme et guerre à Gaza ou pire justement on va avoir des médias qui relaient sans aucun fact checking la propagande de l'armée israélienne et notamment quand on a eu l'interception du Madeline, donc le kidnapping totalement illégal de l'équipage, le la confiscation illégale du bateau et la mise ensuite en prison toujours illégale de l'équipage. On avait des médias français, y compris sur le service public. qui disait "Non mais vous inquiétez pas, l'armée israélienne a dit que ils allaient récupérer l'aide humanitaire du bateau pour l'envoyer à Gaza." Donc c'est quand même une folie de voir des médias français reprendre mot pour mot la propagande israélienne alors même que on voit aujourd'hui à quoi ressemble une distribution alimentaire à Gaza où ce sont en fait des pièges mortels où on va euh organiser en fait des des distributions qui sont faites pour que ça se passe extrêmement mal avec des soldats qui vont tirer des balles dans la tête des pères de famille qui vont chercher des sacs de farine pour leurs enfants parce que leur enfant pleurent littéralement de faim et donc c'est un sadisme absolu et on a des médias français qui vont cacher ces cffet là ou qui vont relayer la propagande.

Donc c'est extrêmement important d'avoir des médias indépendants qui relaient ce qui se passe véritablement à Gaza. Et c'est aussi pour ça que on appelle la population, les gens qui soutiennent le peuple palestinien à relayer eux aussi les informations qu'on voit très peu pour pouvoir partager ce qui s'y passe vraiment. Et on parle quand même d'un génocide euh qui est filmé.

Donc en fait, on peut pas nous mentir comme ça. On voit les images et les images qui sortent sont évidemment une infime partie de ce qui se passe réellement. Mais personne aujourd'hui peut prétendre que tout se passe bien à Gaza, que l'armée israélienne, que Netaniaahou respecte le droit international.

On peut pas gobert, on a des médias français qui s'acharnent à continuer à la relayer. Donc et en toute honte, quoi. Donc c'est important de de d'avoir ce contrediscours permanent pour vraiment parler de la situation réelle des Palestiniens sur place.

Sachant que euh on a aussi beaucoup de Palestiniens qui partagent leur quotidien avec leurs famillees, leurs pertes, leurs douleurs sur les réseaux sociaux. Donc on peut aussi directement suivre les Palestiniens, les journalistes Palestiniens qui eux nous parlent véritablement de de leur quotidien à Gaza et de toutes les exactions, de toutes les violations des droits de l'homme qu'ils subissent tous les jours. Alors, vous parliez justement pour de ces fondations, je mets les guillemets he humanitaire qui distribuent de de l'aide alimentaire au Gazaoui, des fondations dirigées par Israël.

Supervisé par les Américains, vous dites ce sont des pièges mortels en fait. C'est juste une manière de concentrer les gazaouis à famille au même endroit pour les humilier ou pire leur tuer une leur tirer une balle dans la tête. Gabriel Catala, que répondez-vous donc à ceux qui est que l'aide humanitaire ne peut passer que par des canaux officiels et que les initiatives citoyennes comme celle-ci sont trop risquées ?

Ben quand on regarde euh les canaux, selon eux, ce que ce qu'est un canau officiel, déjà on peut que s'interroger. La Gaza Humanitarian Foundation, elle a été créée en Suisse pour faire disparaître les Nations- Unies du territoire Gazaï, c'est-à-dire pour éviter que les Nations- Unies, leurs agents et puissent relayer et surtout documenter les crimes de guerre. Ils ont créé cette fondation de toute pièce qui selon les Nations- Unies est constituée un crime de guerre puisque les la population est déplacée sur à peine 15 % du territoire puis elle a accès sur un un espace très réduit à ces distributions qui conduisent à des à des assassinats.

Aujourd'hui, on est à 800 morts et plus de 5000 blessés des personnes qui venaient récupérer de l'aide humanitaire. Et surtout l'aide humanitaire, elle est nettement insuffisante quand on regarde le nombre de choses qui entrent sur le territoire pour le nombre de personnes et leurs besoins euh à Gaza. On il y a de quand même 2 millions d'habitants qui vivent un génocide depuis 21 mois.

L'humanitaire, c'est pas que de l'aide alimentaire basique imangeable. L'humanitaire c'est répondre à tous les besoins d'une population aussi en terme d'hygiène, de santé, d'éducation et cetera. Donc cette fondation là qui se substitue au canaux officiel des Nations- Unies, elle ne permet absolument pas au Gazaoui de vivre dans la dignité.

D'ailleurs, on ne devrait pas se réjouir, même si l'aide humanitaire entrait avec les Nations Unies et qu'elle était suffisante, on doit pas se réjouir qu'un pays dépende de l'aide humanitaire. C'est c'est un c'est intolérable parce qu'avant le 7 octobre déjà 80 % de la population palestinienne dépendait de l'UNRWA et des Nations- Unies. Pourquoi ? parce que le blocus qui date de 2007 faisait en sorte qu'un certain nombre de quotas de camions rentent par jour.

Maintenant, les gazoui dans la malnutrition avec un nombre de calories qui était calculé en maintenant en faisant en sorte que les écoles ne fonctionnent pas normalement, que les le système de santé ne fonctionne pas normalement non plus. Et alors que Gaza, si les droits des Palestiniens étaient respectés, déjà, ils auraient le droit de pêcher comme ils le veulent pour subvenir à leurs propres besoins par la mer. Ensuite, il y a un certain nombre de terres agricoles qui devraient leur permettre de de subvenir à leurs propres besoins et surtout comme n'importe quel peuple, il devrai être libre de traverser les frontières et de répondre eux-mêmes à tous leurs besoins en important et en exportant tout ce qu'ils souhaitent.

Et donc lorsque l'aide humanitaire sera rétablie via le canal des Nations Unies, le combat premier, c'est ensuite que les le peuple palestinien puisse s'auto déterminer et qu'il ne dépend pas du système onusien, de l'Occident et des Nations Unies en général. Euh alors la société civile, elle semble parfois euh impuissante, hein, face à l'ampleur du drame à Gaza. Justement, quel levier de mobilisation reste-t-il à la société euh civile pour peser réellement sur la politique française, européenne ou étrangère et Mafouro ?

Déjà, il faut pas sous-estimer la mobilisation parce que si les peuples n'avaient pas bougé, on peut être sûr que la situation serait pire et qu'il n'y aurait aucune initiative pris par les États. Déjà, le fait que l'Union européenne annonce euh examiner l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël pour justement voir s'il y a des violations des droits de l'homme ou pas, ça c'est déjà quelque chose qui a été obtenu par les mobilisations, par le fait qu'il y ait des rassemblements toutes les semaines, partout en France, partout en Europe, partout dans le monde. fait aussi enfin dû au fait aussi qu'il y a eu les les jeunes notamment qui se sont beaucoup mobilisés y compris très jeunes en bloquant leur lycée en soutien au peuple palestinien en bloquant les universités en avec le peuple palestinien.

Donc je évidemment ce sera jamais assez ça n'ira jamais assez vite parce que un génocide il faut l'arrêter du jour au lendemain. Point. Donc évidemment que ce sera toujours insuffisant à nos yeux, toujours douloureux.

Pour autant, si on ne se mobilisait pas, la situation serait bien pire et y compris en terme de de soutien moral avec le peuple palestinien. Moi, je reçois beaucoup de messages même sur Instagram de Palestiniens qui me font des vocaux depuis Gaza pour me dire à quel point ils sont fiers euh de voir que on est en solidarité avec eux, de voir qu'on envoie des bateaux, de voir qu'on se mobilise sur les réseaux sociaux. Évidemment que ça n'empêchera pas les bombes de tomber.

Évidemment que ça ne n'amènera pas directement de la nourriture, mais c'est aussi important qu'ils ne se sentent pas isolés et qu'il euh voi que leur combat retentit dans le monde entier, qu'on les soutient, qu'on les regarde, qu'on ne les lâche pas. Donc c'est aussi important, y compris moralement pour eux, de leur témoigner cet amour, cette affection également de participer aux cagnotes en ligne qu'il le mettent pour protéger leur famille pour pouvoir pour ceux qui le souhaitent et bien fuir euh Gaza pour essayer de se reconstruire plus loin, même si évidemment même si euh toutes les personnes qui ont réussi à fuir Gaza sont toujours plongées dans une douleur terrible parce que certes, il y a la sécurité physique mais la sécurité psychique n'est jamais assurée quand on a sa famille qui est restée à Gaza. Donc voilà, il faut aussi relayer les histoires de ces familles parce que c'est ce qu'elles nous demande de toujours parler de leurs histoires, de parler de leur vécu et continuer à mettre la pression sur les États parce que à un moment les États vont commencer à voir que le vent tourne, que l'opinion publique est majoritairement du côté du peuple palestinien.

C'est ça qu'il faut faire comprendre et que les soutiens du génocide sont isolés, que Macron ne doit pas écouter leur voix à eux, la voix du sang, mais au contraire écouter la voix de la paix, du droit international. Donc c'est un combat qui est difficile, qui est lourd, mais qu'il ne faut pas lâcher. Et ma Fouro, avant de vous laisser vous vous reposer, avant de prendre la mer, peut-être un un dernier mot.

Quel est le message que vous voulez faire passer ? D'abord Emma et puis après vous, Gabriel Catala ou comme vous voulez. Vas-y, vas-y.

Bah le message pour moi, il est très simple, c'est qu'on sera toujours du côté du peuple palestinien que sa résistance est héroïque et qu'il faut réussir à à relayer leur mobilisation et continuer à condamner évidemment nos États qui sont complices du génocide aujourd'hui et montrer que les peuples eux sont du côté du peuple palestinien et pas du côté de la voie génocidaire empruntée par la plupart des chefs d'état aujourd'hui. Alors, vous êtes eurodéputé et euh députée française, on le sait, vous n'allez peut-être pas, enfin certainement pas être invité sur nos grands médias, les médias mainstream et je sais pertinemment ce qu'ils vont vous demander. Gabriel Catala, cette question euh c'est pour vous.

Qu'est-ce que vous leur répondriez s'il vous demandait que cette flottit finalement ce bateau, c'est juste de la provocation ? Mais ce qui est de la provocation, c'est surtout de ne rien faire et de ne pas respecter le droit international quand on prétend l'avoir écrit et quand on aime qu'il soit respecté pour soi-même. Il me semble que la France, lorsqu'elle est attaquée, invoque toujours le droit international, les principes des Nations- Unies.

Elle rappelle toujours qu'elle est un pays puissant parce qu'elle est membre du Conseil de sécurité. Mais lorsqu'il faut le prendre des mesures concrètes, elle ne le fait pas. Donc nous, on sait très bien qu'on va subir un certain nombre d'attaques comme la flotille précédente, c'est-à-dire la croisière TikTok, la croisière Instagram, le bateau du Hamas.

Euh ce sont des gens qui ne font rien, ils sont en vacances. En réalité, ma camarade et moi, on n'est pas du tout en vacances. D'ailleurs, on les a annulé.

Euh, on a on est là pour vraiment pas pour notre petite personne, mais pour la cause en général. Tout le monde ici doit s'effacer au profit d'une cause plus grande que nous qui est portée par ce bateau qui symbolise la liberté des peuples, le la liberté des le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et surtout le respect de la justice et du droit international. Nous, on est là parce qu'on y croit.

On croit à ces principes et on est là pour les porter. Comme toutes les personnes qui sont avec nous sur ce bateau qui viennent d'horizons différents. On a par exemple sur ce bateau un franco-américain qui s'appelle Franck Romero qui est un avocat qui porte la voix du peuple palestinien à la Cour pénale internationale.

C'est lui l'avocat de la Palestine à la CPI. On a un syndicaliste Chris euh Small qui est le la première personne à avoir créé un syndicat Amazon et avoir porté la lutte des travailleurs Amazon aux États-Unis où un syndicat Amazon n'existait pas parce que la lutte pour le peuple palestinien, c'est aussi une lutte anticapitaliste. C'est l'économie de guerre qui est portée par Israël et par les États-Unis.

C'est ce que le capitalisme peut faire de pire. D'ailleurs, il y a un très beau livre de Andreas Malm qui s'appelle pour la Palestine comme pour la terre et qui joint l'écocy, le génocide et la lutte anticapitaliste. Puisque tant que la Palestine brûlera, la terre continuera à brûler.

Sur euh ces mots, je vais vous quitter Gabriel Catala et Emmafouro. Gabriel Catala, député française LFI et Mafouro, euro député LFI. Vous êtes euh toutes les deux au départ de Gaza sur le Indala, un bateau, un chalutier, un ancien chalutier de la flottie de de la liberté.

Vous allez bientôt partir pour Gaza sur ce bateau. 18 personnes euh des couches pour les bébés, du lait infantile parce que vous l'avez dit, cette mission c'est pour les enfants Gazaoui, mais ceci pour mettre la pression sur les institutions. Merci à vous mesdames.

Merci beaucoup. Merci et merci à vous de nous avoir suivi. Excellente suite des programmes sur le média. [Musique]