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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 avril 2026 26 min

Crise du carburant : Faut-il taxer les superprofits pétroliers ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement hebbdo, l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine au Parlement. Et comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, Éric Cocrel, président de la commission des [musique] finances de l'Assemblée nationale et député la France insoumise de SC Saint-Denis.

Bonjour. Bonjour. Et face à vous Olivier Cadic.

Bonjour. Bonjour, vous êtes vice-président de la commission des affaires étrangères de la [musique] défense et des forces armées du Sénat et sénateur centristanç établi hors de France. Et vous débatterez tous les deux de la crise du prix du carburant lié à la guerre au Moyen-Orient.

Le gouvernement a-t-il bien géré la situation en optant pour des aides ciblées et que doit-il faire pour que les prix de l'essence baissent rapidement à la suite du CC le feu en Iran ? Dans ce contexte mondial tendu, l'exécutif a présenté cette semaine une hausse de 36 milliards d'euros du budget des armées d'ici à 2030. [musique] Des moyens supplémentaires qui vise notamment à augmenter notre stock de munition.

Et on commence avec la crise énergétique. Regardez ce sujet de Clément Guillono. Le gouvernement peut comprendre qu'il y ait 3 ou 4 jours de délai entre le début de se cesser le feu et la répercussion à la pompe autant qu'il est évident que les effets devront se voir à la pompe à partir de la fin du weekend début de semaine prochaine.

Des prix à la pompe en baisse avant la fin du weekend. C'est ce que réclamait Sébastien Lecornu devant les sénateurs mercredi. Il a également promis une fois de plus de nouvelles aides sectorielles, notamment pour les agriculteurs.

Dans le même temps, le ministre de l'économie, Roland l'escurit auditionné par la commission des finances du Sénat. Il s'est voulu rassurant sur les conséquences en France de la crise des prix du pétrole. On est entré dans cette crise, il faut le savoir, avec une croissance plutôt résiliente et une inflation particulièrement faible.

Donc la France est affectée par cette crise, elle est mieux préparée et moins exposée. En 60 ans, nous avons réduit notre dépendance aux énergies fossile de 90 % à 60 % du mix énergétique. Une politique volontariste fondé nucléaire et plus récemment sur les énergies renouvelables.

Interpellé à plusieurs reprises par les sénateurs sur une éventuelle taxation des super profits des compagnies pétrolières et raffineries à l'avenir. Roland l'escur s'est montré très prudent. Et donc la question se posera et nous on va regarder ça de très près sur le fait de savoir s'ils en ont gagné entre guillemets trop ou pas trop compte tenu des circonstances.

Mais n'oublions pas que l'enjeu majeur de souveraineté du côté de l'essence, il est lié au fait qu'effectivement on a des raffineries qui ont fermé partout en Europe et que du coup on importe plus notre produit raffiné qu'on l'importait auparavant. ce qui nous met effectivement dans les maines internationales. Mais je dis ça pour une raison très simple, c'est qu'avant d'envisager de taxer les surprofits, va falloir quand même avoir ça en tête.

Pour le ministre de l'économie, la crise actuelle doit avant tout permettre d'accélérer la sortie des hydrocarbures par une intensification de l'électrification. Éric Cocrel, faut-il de nouvelles aides alors qu'un CC le feu a été annoncé et que les prix devraient baisser dans les prochains jours ? Non, faut pas des aides, faut bloquer les prix.

Nous, on continue à le dire. Là, ça a été les annonces aujourd'h monsieur Trump de sur le CC le feu. La conséquence, c'est que là aujourd'hui, on est quand même encore à 2,35 € le litre au niveau du gazol.

Je vous rappelle qu'il coûtait 1,70 au moment de avant que la crise déclenche. Donc c'est 65 centimes de plus. C'est des augmentations [grognement][raclement de gorge] qui sont de 16 à 26 % selon le carburant qu'on prend.

En 90, quand on avait appliqué le blocage des prix lors de la première guerre du golf, c'était seulement + 8 %. Donc l'urgence est de bloquer les prix et de bloquer les marges des raffineurs, c'est-à-dire très clairement total qui vient de faire 1 milliard de bénéfices en un mois parce qu'il joue avec du trading sur la crise avec des spéculations et de façon à ce que c'est la seule solution parce que tout le reste sinon c'est soit la collectivité qui paye l'état soit les consommateurs et nous on pense que c'est pas nécessaire. Le gouvernement dit que le blocage des prix ça risque d'entraîner des pénuries et que ça coûte cher à l'état.

Mais c'est faux. D'abord en 90 quand il y a eu le blocage des prix, il y a pas eu de pénurie. Bon, d'abord pour pour simplement la la raison, c'est que Total va pas abandonner un marché comme ça parce que à un moment donné, on va lui demander un effort.

Mais en plus de ça, figurez-vous, on a fait une audition. Euh, d' Total avait bloqué ses prix pendant cette crise. Oui.

Non, on lui avait on avait bloqué les prix. Le gouvernement avait appliqué le code du commerce qui permet de bloquer les prix. Il avait bloqué les prix à 2 €.

Mais là, 77. Laissez-moi terminer. On a fait une audition l'autre jour, vous le savez, de la société qui est en plus liée au au pétrol aux entreprises pétrolières qui fait les qui gère les les stocks stratégiques et figurez-vous, on a 130 jours d'autonomie de stocks stratégiques.

Donc cette histoire de pénurie, elle tient pas la route. Olivier Cadi, est-ce qu'il faut forcer le secteur pétrolier à bloquer les prix, à baisser les prix ou est-ce qu'il faut faire confiance au marché pour que les prix diminuent ? Moi, je remonterai pas en 1990, hein.

Je vois qu'en Slovénie, c'est le modèle qu'ils ont adopté et qu'on a vu qu'il y avait une pénuerie justement qui était euh constaté. Donc euh donc effectivement, si vous bloquez euh le prix, n'oubliez pas que il faut aller acheter le pétrole. On va l'acheter sur les marchés, le prix est à 100 dollars le baril.

Si vous vous considérez que il est trop cher, vous l'achetez pas, pas de problème. D'autres l'achèteront et il y a un moment, bah vous n'avez plus de pétrole. Donc euh évidemment euh faut prendre en compte le fait qu'on est dans un [raclement de gorge] environnement globalisé.

C'est vrai que quand on est premier ministre, est compliqué de dire voilà et je voudrais que le prix baisse mais on est tous dépendants des prix du marché donc il faut s'adapter au marché, apporter des solutions souples, dire qu'on va taxer les entreprises. Bah ça serait l'année prochaine, il faudra attendre la fin de l'année. Donc ce sera une analyse globale.

Ça ne répond en rien à la problématique immédiate. Il faut effectivement se préoccuper des gens qui sont impactés, voir effectivement on a vu que si on avait pas une si on avait une approche globale, ça nous coûtait très cher. Et là, on a eu l'expérience 2021-2022 qui nous a coûté quand mêmeque du chè voilà qui nous a coûté quand même 80 milliards d'euros. on n'est plus en capacité de faire des choses comme ça.

Donc il faut avoir des mesures ciblées. Effectivement, il y a des gens qui qu'il faut aider à passer ce cap sous avec différentes mesures comme comment dire un accompagnement sur les charges sociales, un accompagnement ciblé. C'est le choix qui a été fait de plutôt que de mettre de mettre une aide globale, d'être de mettre des aides chirurgicales parce qu'il faut prendre en compte le fait que nous sommes dans une situation budgétaire, je dirais qui nous met d'eau au mur.

Vous en parliez tout à l'heure, une l'idée d'une taxe sur les super profits des entreprises pétrolières. Le Roland l'Escur, le ministre de l'économie s'est montré assez prudent. Est-ce qu'on peut vraiment les taxer sachant que Total Ennergie réalise la majeure partie de ses profits à l'étranger ?

Oui, mais je voudrais dire d'abord que la comparaison avec la Slovénie, ça tient pas. Voilà, on est la deuxè puissance économique en Europe. Pourquoi ça tient pas ? parce que la Slovénie n'a par exle pas une entreprise comme Total qui est une entre une des plus importantes entreprises pétrolières du monde n'a pas les l'équivalent de ce que nous avons en stock stratégique.

Je l'ai dit tout à l'heure. Donc si on tient ce que dit le gouvernement, c'est si on est dans un moment où on peut espérer une décrue du fait du cesser le feu, on sait que c'est très fragile mais admettons dans ces cas-là donc on voit bien que on aurait pas besoin de tenir des semaines et des mois. Donc en situation d'urgence, je [grognement] le répète pour les raisons d'ailleurs qui ont été expliquées, c'est-à-dire que ni les consommateurs n'ont les moyens quelque part de payer esprit à la à la euh du carburant tout simplement parce que ils vont moins consommer ailleurs, ça va faire moins de rentrée de TVA, moins de rentrée fiscale et donc ça va aggraver euh les déficits et l'État n'a pas non plus les moyens de le faire.

Donc de il faut savoir qui paye. Et là dans dans moi ce que j'observe c'est que Total l'an dernier a fait des bénéfices de plus de de près de 13 milliards. C'est la deuxième entre 40.

Je viens de leur dire, ils viennent de faire des bénéfices d'un milliard là sur sur la crise pétrolière. Mais comment on fait pour les taxer ? C'est la plus taxer bien je vous dis là je je reviens sur ce que j'ai dit d'abord.

D'abord, bloquons les prix et bloquons les marges. Ça va être une forme de taxe quelque part puisque euh c'est sur le le le bénéfic que va se faire ces taxes et ils en ont largement fait sur la taxation des entreprises. Ça c'est un autre sujet, c'est-à-dire au moment où nécessairement à mon avis le le euh le le ministre l'Escure annonce que le coût de la crise pourrait être de 4,8 milliards d'euros.

Donc je pense qu'on va se diriger vers un projet un projet de loi de finance rectificative. Je vois pas comment on va faire autrement. Et dans ce cadre-là, on va pouvoir discuter.

Certains vont nous dire il faut baisser les dépenses. Euh discours habituel, là on va pouvoir mettre sur la table le fait d'augmenter les recettes et notamment d'augmenter les recettes en allant chercher du côté de la taxation des super profits. Parce que figurez-vous quand il y a des crises comme ça, il y a des profiteurs de crise, on le constate à chaque fois.

Et d'ailleurs, il y a cinq pays européens Olivier Cadic qui demandent une taxation sur les super profits des entreprises énergétiques. Il y a l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, pas la France. Pourquoi vous seriez-vous défavorable à cette taxation ?

Encore une fois, je crois qu'il faut dépasser le côté émotionnel. On est si vous voulez taxer une fois pour aider à passer un cap, pourquoi pas ? Mais si vous taxez en permanence, le risque aussi que vous prenez, c'est que l'entreprise s'adapte et donc éventuellement se déplace ou déplace la matière profitable.

Et moi ce que je veux pas, c'est que nos entreprises fassent fuir les entreprises parce que euh vous savez, je suis français de l'étranger et donc on a un modèle, c'est le Venezuela, un pays qui produisait du pétrole et qui à la fin on en ait à importé de d'Iran alors que c'était un des plus grands pays producteurs de pétrole. Donc à force, vous faites fuir les entreprises quand vous les taxez de façon insupportable. Donc Total énergie pourrait quitter définitivement la France.

Le la question c'est que Total c'est une multinationale qui se développe à l'international, qui fait ses profits au niveau international effectivement qui est une entreprise française qui reste avec un esprit français et qui est un outil d'ailleurs pour nous pour appuyer parce que quand Total se développe, elle entraîne avec elle d'autres entreprises. J'ai un exemple en Ouganda par exemple où le fait que Total arrive en Ouganda, ça a ouvert des marchés à de nombreuses entreprises françaises. On a même maintenant une chambre de commerce France Ouanda.

Donc tout est lié en réalité. Vouloir diaboliser une entreprise en disant que elle fait des super profit, c'est faut faire très attention avec ça. Je suis d'accord qu'on évalue, il faut que ça ait du sens pour tout le monde mais il faut pas commencer à chercher tout de suite un responsable, quelqu'un qui serait celui qui porterait la responsabilité ou qui retirait tous les avantages.

C'est pas sérieux. total est interconnecté avec toute notre industrie, avec des tas d'entreprises françaises à l'étranger, au développement. Et donc je je dis toujours, faites très attention quand vous pensez que une entreprise peut euh être taxée indéfiniment sur taxée parce que au bout d'un moment, elle va s'adapter de toute façon et quand vous ferez le bilan, ben finalement vous n'aurez pas un grand gain.

Je rappelle qu'on parle d'une entreprise qui en 2020, 2021, 2022 n'a pas payé d'impôt sur les sociétés en France. Zéro. que la sur le surtaxe, on a un peu de marge.

Elle l'a fait parce que elle joue avec des prix de transfert en tant qu'entreprise multinationale en faisant en sorte de déclarer des bénéfices dans des pays à fiscalité réduite. Voilà, c'est ça la situation. Donc euh j'allais dire que la marge, si on regarde les bénéfices de total et les dividendes, c'est-à-dire euh euh la part des bénéfices qui n'est même pas euh réinvesti dans dans l'emploi, dans le dans l'investissement et autres, il y a de la il y a il y a il y a de largement du grain à moudre à mon avis pour faire en sorte que ça soit pas la collectivité qui paye les euh le coût d'une crise qui encore une fois notamment est fait en lien avec le pétrole.

Et pour l'instant, les entreprises dans le monde qui profitent de cette crise, pas que total, mais total en profite, ce sont les entreprises pétrolifaires. Donc moi, je je refuse que ça soit les Français, je refuse même que ça soit l'État français qui paye la note de cette crise qui a été déclenchée par cette guerre irresponsable et illégale, mais qui en plus bénéficie à des entreprises de manière évidente, quoi. Voilà.

Donc, on va faire la la solution c'est de faire un procès total. Voyez, c'est c'est ça a l'air d'être facile. Bah si, c'est un mauvais argument.

Moi, je je diabolise pas, je je regarde, vous le dites vous-même, il y a besoin d'argent. Donc, il faut aller voir où est l'argent. Et l'argent de part justement à la fois une fiscalité réduite sur les multinationales qui a été eff qui a été de plus en plus développée depuis 2017 et puis la manière dont les dont les don dont ces entreprises à un moment donné gèrent par exemple la spéculation, vous savez total le milliard qu'il a fait de bénéfice le mois dernier, c'est pas euh il l'a fait sur des opérations de trading en Suisse qui ont été effectuées là-dessus.

Donc moi, je regarde où est l'argent, il faut, vous l'avez dit vous-même, il en faut. Bah, je préfère que ça soit les poches de total et des actionnaires de total qui payent, dont les fonds américains qui sont à 30 % propriétaires des actions de total plutôt que vous et moi et les Français en général. Olivier CAD, comment on finance le coût de cette crise énergétique qui va coûter à l'État, aux finances publiques ?

Roland Lescur parle d'un coût de 4,8 milliards d'euros. Il faut financer ça par de nouvelles économies, de nouvelles restrictions de dépenses sur certaines missions budgétaires. Mais il faut s'adapter en permanence.

C'est pas notre choix. Mais où est-ce qu'on coupe ? Non, mais c'est encore une fois, c'est un travail que l'on fait de façon collective au niveau budgétaire, au niveau parlementaire.

Ça veut dire qu'il faut s'adapter. On peut pas indéfiniment creuser le trou. Déjà, on est dans une situation euh je dirais qui est la pire en Europe.

Donc il y a un moment, faut que les choses s'arrêtent, faut qu'on soit tous responsable, coresponsable. Il faut arrêter de dire "C'est facile faire payer les super riches, le super total et ainsi de suite parce que on a besoin de tout le monde. On a besoin de tout le monde.

Donc c'est aujourd'hui c'est trouver des solutions de façon collective. Effectivement, on a une crise, les Français à l'étranger doivent bien s'adapter. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que le billet d'avion et ben il augmente parce que les compagnies aériennes augmentent leur leur prix de billet d'avion. Donc on est-même, on doit s'orienter, on doit faire des choix différents. Il faut s'adapter.

Il faut encore une fois arrêter de dire que quand il y a une dépense nouvelle, il suffit d'aller chercher quelqu'un d'autre pour payer sa dépense à sa place. On est tous liés. Vous dites s'adapter, vous expliquez que vous estimez qu'il faut un projet de loi de finance rectificative.

Est-ce il va êt il va être inévitable inévitable je pense. Oui. Pourtant dans une assemblée sans majorité ça va être compliqué pour le gouvernement.

Question mais vous savez qu'il y a des obligations si c'est plus de 1 % de de du on est obligé de passer en PFR et à mon avis on va le dépasser. On verra bien. On sera le 21 avril.

Il y a un comité d'alerte. D'accord. Si le gouvernement gèle des plus d'un % des crédits du budget, c'est ça, il faut aller et moi je suis pour un pour un jour de finance réicative parce que l'assemblée peut à ce momentl être souveraine sur la manière justement entre guillemets de combler le trou parce qu'il y a deux manières.

Il y a soit on fait on baisse les dépenses. Je rappelle que les dépenses depuis 2017 contrairement à ce qui est dit, les dépenses publiques n'ont pas augmenté, elles ont même légèrement baissé. Ce qui a beaucoup baissé, c'est les recettes 100 milliards à peu près par an et notamment de cadeaux fiscaux qui ont été faits aux ultra riches détenteurs du capital.

Il y a une commission d'enquête en ce moment, vous le savez, à l'Assemblée avec Charles Decourson qui opère sur cette question et également les grosses entreprises comme total puisque euh en taux effectif d'imposition aujourd'hui, les multinationales payent 14 % d'impôts quand les PME payent 22 % d'impôts. Donc il y a il y a cette question qui va pas et qui coûte beaucoup d'argent à l'État depuis des années. Donc c'est peut-être là-dessus qu'il faut dans cette situation de crise aller chercher de l'argent.

Donc on comprend qu'il y aura un débat intense ici à l'Assemblée s'il y a un projet de loi de finance rectificatif. Coïncidence du calendrier mercredi quelques heures après l'annonce par Donald Trump d'un cesser le feu avec l'Iran, le gouvernement présentait une loi pour donner plus de moyens à l'armée française. Les détails avec Clément Perot.

Une rallonge substantielle pour le [musique] budget des armées. Mercredi en conseil des ministres, le gouvernement a présenté une actualisation de la loi de programmation militaire qui sanctuarise le budget des armées jusqu'en 2030. Concrètement, 36 milliards supplémentaires sont prévus. 6,5 milliards en 2027, 8 milliards en 2028 puis 9 milliards en 2029 et 2030.

Dans le détail, le plus gros poste de dépenses concerne les munitions avec 8,5 milliards d'euros. Les drones de tout type feront aussi l'objet d'un effort de 2 milliards. Le spatial de défense obtiendra une rallonge de 3,9 milliards.

Auditionné mercredi [musique] par les députés de la commission défense, la ministre des armées justifie ce nouvel effort par la multiplication des menaces. Nous avons l'ente obligation d'accélérer. La France doit se préparer à affronter avec ses alliés des crises d'une part simultanée, d'autre part durable, de haute intensité. y compris en Europe, tout en gérant sur son propre territoire des actions hybrides de grande ampleur.

Auditionné le lendemain, le chef d'état-major des armées a lui identifié la menace principale, la Russie, la permanence d'une menace russe sur notre continent avec une guerre ouverte qui reste ma préoccupation première en terme de préparation des armées, c'est sur notre continent. Cette actualisation de la loi de programmation militaire doit être examinée en séance publique à l'Assemblée le 4 mai. Olivier Cadick, est-ce que vous êtes satisfait par cette nouvelle hausse budgétaire pour nos armées et aussi par l'orientation stratégique à savoir des moyens supplémentaires qui vont servir à acheter des munitions, des drones mais pas forcément à augmenter la la capacité des armées françaises ?

Oui, le en fait euh on va s'orienter vers à peu près 2,5 % du PIB pour euh vers la défense. Euh dans les années 80, on était à peu près au double euh et on était avec euh cette dimension de guerre froide. Euh aujourd'hui, on se rapproche à nouveau de plus en plus de cette situation et euh simplement si on veut éviter la guerre, faut la préparer.

C'est tout le travail dans lequel nous sommes collectivement engagés. Euh c'est vrai que si vous voulez, il y a toujours deux façons de regarder le verre à moitié vide, à moitié plein. C'est vrai que je me satisfais de cet effort.

Est-ce qu'il est suffisant ? Et ben je vais vous dire euh malheureusement si on regarde ce qui vient d'être annoncé euh av par un tropic avec euh Mythos avec un modèle d'IA qui permet des cyberat voilà des cyberattaques à très grand volume. C'est le c'est le nucléaire de du cyber qui apparaît aujourd'hui.

On voit que la marche encore va être très haute avanté. Donc on voit qu'on est enclenché dans une escalade et si on rentre pas sur ce chemin-là, alors effectivement nous serons démunis. Et à ce moment-là, je vais vous dire en tant que français de l'étranger, ceux qui vivent et qui savent ce que c'est que d'entendre les missile tomber, que ce soit en Iran, que ce soit au Liban, que ce soit en Israël, et bien la [raclement de gorge] l'art de vivre n'est plus le même.

Donc on a d'autres priorités à ce moment-là qui apparaissent et tout le travail qui doit nous engager collectivement, c'est d'éviter à ce que notre pays se retrouve dans cette situation. Éric Cocrel, les insoumis avaient voté contre la loi de programmation militaire 2024-2030. Est-ce que là, avec la multiplication des menaces dans le monde, vous pourriez voter aussi contre son actualisation ?

Il y a il y a deux questions. La question c'est de savoir à pour à quoi ça sert. Bon euh nous qu'on est que la France et les moyens de sa défense et de son indépendance, nous sommes totalement pour.

Et par exemple, nous pointons que aujourd'hui, nous sommes plus inquiets euh de ce qui se passe puisque c'est le la prochaine dimension en terme de défense au niveau de l'espace où euh il y a un volet spatial dans le volet spisal qu'on est en train de partager avec les Allemands et je suis très dubitatif là-dessus. Bon, donc la question n'est pas tant la masse qu'on met dessus, mais à quoi ça sert ? Par exemple, je ne suis pas d'accord avec le général Mandon, si je me trompe pas de son nom qui annonce une fois de plus que la menace principale pour la France c'est la Russie.

Pourquoi ? Parce que à partir de là, ça induit certaines choses. Bien au moment où Donald Trump ne cesse de dire que nous ne sommes plus des alliés, déclenche une guerre illégale et où un pays ami comme le nôtre qui est le Liban se fait bombarder, je doute que nous ayons sur terre un seul adversaire qui menacerait les frontières françaises.

Donc par exemple, cette question là, elle devrait être posée. On n'a pas eu ce débat stratégique de pourquoi on se réarme, à quoi ça sert, dans quel objectif et cetera. Ça c'est une première question.

La deuxième question après c'est euh euh là où on met l'argent justement. Bon euh là encore une fois c'est pas nous nous on pose pas la question en disant c'est trop ou pas assez et cetera, mais où on la met ? Je vous ai posé la question spatiale.

Je pense que là-dessus on est on est on est dans une situation qui n'est pas bonne par rapport à ce qui va se passer. Donc ça c'est un deuxième débat. Et puis 3è débat euh c'est que il est hors de question qu'il y ait une loi de programmation militaire qui prennent sur toutes les autres dépenses, par exemple une tout aussi urgente qui est celle de la transition écologique puisque si on ne fait rien et là actuellement depuis 2 ans la situation se dégrade les le le les CO2 CO2 les gaz à effet de ser vont augmenter et donc on va se retrouver avec des millions de personnes sur la planète qui vont avoir de plus en plus de difficultés pour vivre.

Donc ça c'est une autre une autre base où on va trouver la don vous voterez contre. J'ai je Est-ce que je vous ai dit ça ? Je vous repose la question.

Je vous donne les critères sur lesquels nous allons juger. Et de ce point de vue-là notamment on a auditionné le HCFP au commissariat des finances jour. Nous sommes très inquiets pour l'instant de la manière dont on compte financer cette loi de programmation militaire qui est en augmentation par rapport à ce qui était prévu.

Olivier Kad une réaction à ce que disait Éric Cocrel sur l'état de la menace. Ricel qui finalement dit que Donald Trump est aussi dangereux que Vladimir Poutine pour nous européens. C'est grave.

C'est grave parce que si vous voulez, je crois que monsieur Poutine, on voit on voit le résultat des élections à l'avance. [raclement de gorge] Côté États-Unis, on attend tous des mister termes, le résultat des mister termes pour voir justement quelle sera la quelles seront les marges de manœuvre de Donald Trump à partir de l'année prochaine. Vous voyez, ça fait une grande différence.

Les États-Unis d'Amérique, ça n'est pas la Russie. C'est très différent. C'est pas le même modèle.

Et donc ce qu'il faut voir, c'est effectivement que nous sommes des alliés, nous sommes engagés avec les États-Unis. On peut ne pas être d'accord, mais allié ne veut pas dire alignement. Et donc, je crois que la politique de la France le démontre au quotidien.

Et donc effectivement, la menace principale, c'est aujourd'hui la Russie. Une guerre avec la Russie dans 3 ans, c'est c'est probable. le fait que euh vous savez, j'étais en Estonie euh et donc on a euh là-bas euh des forces qui sont stationner avec des Britanniques, avec des Américains.

On est à quelques euh kilomètres de la frontière russe. Euh les menaces, euh on les touche du doigt quand on est là-bas. On voit ce qu'ils sont en train de préparer en terme, on a des photos satellites.

J'ai pas l'impression que c'est un camp Disneyland qui sont en train de préparer. De l'autre côté, au niveau des baraquements, tout ce qu'ils sont en train de de mettre en place. Donc effectivement, on a cette menace qui nous est que l'on voit la question effectivement quand on parle, c'est de se préparer pour 2030 euh en sachant que ça peut commencer plus tôt.

Donc il faut être prêt parce que vous voyez dès lors que les choses démarrent, on se retourne tout de suite vers le politique. Les Russes est-ce que vous pensez que les Russes vont venir envahir la France ? Moi je vous c'est une question je vous pose làz 2 semaines avant que les Russes envahissent l'Ukraine ?

Non mais j'ai une question. Non mais je vous dis 2 semaines 2 semaines avant 2 semaines avant que les Russes envahissent l'Ukraine, l'OTAN des personne de l'OTAN était à la radar et les députés ukrainiens leur disaient très exactement ça. Mais vous croyez quand même pas que Poutine va envahir euh va envahir l'Ukraine ?

Alors le problème pour nous le problème le problème pour nous n'est pas de savoir si la Russie peut envahir la France aujourd'hui. Est-ce que la Russie peut envahir l'Estonie ? Est-ce que la Russievo la Lituanie ?

Est-ce que la Russie peut investir peut rentrer en Pologne ? Oui, effectivement, tout le monde s'y prépare parce qu'on le sait. Est-ce que nous on doit être dans le casre de l'OTAN, dans le casre de l'Union européenne, prêt à aider les pays partenaires de l'Union européenne ?

Oui, on doit être prêt. On l'a montré avec Chypre dès lors que Chypre a été menacé par le par le Esbola et envoyé a commencé à tirer vers le vers Chypre. Donc nous devons être prêts, nous devons être prêts à aider la Roumanie qui est en ligne directe parce que quand l'Ukraine a été envahie par la Russie ce jour-là, l'ambassadeur de Roumanie était au Sénat avec devant notre groupe d'amitié et on avait pratiquement l'impression que c'est il il sentait la menace que la Russie pouvait continuer et voilà et on doit se préparer à ça, à aider les pays d'Europe de pour conclure rapidement Éric Cocrel, est-ce qu'on doit se préparer à la guerre ?

Et préparer se préparer à la guerre, on doit se préparer à la paix si vous voulez. Et dans c'est pour se préparer à la paix, il faut effectivement des moyens de défense qui nous assurent notre indépendance. Se préparer à la guerre en général, c'est la guerre et contre la Russie, ça serait une guerre nucléaire.

Faire attention à ce qu'on dit et je suis très étonné de du sous-essai du danger américain actuellement dans le monde parce que les guerres illégales, c'est plutôt et c'est la fin de ce débat. Merci à tous les deux d'y avoir participé. Merci à tous de l'avoir suivi et à la semaine prochaine.

Bonne journée.

Crise du carburant : Faut-il taxer les superprofits pétroliers ? — Éric Coquerel · Pourquijevote