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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 11 janvier 2022 25 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEurope & internationalInstitutions & électionsSolidarités & famille

La candidature d'Éric Zemmour à la présidentielle, l'état de la gauche en vue de l'élection de 2022... Le 8h30 franceinfo de Manuel Valls

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Quel sens ça a de dire ça à trois mois de l'élection présidentielle ?

  • 0:52RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire en creux que le bilan d'Emmanuel Macron sur la sécurité est un échec ?

  • 2:17OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous, vous êtes d'accord avec l'expression « France orange mécanique » ?

  • 3:58ComplaisanteRéponse partielle

    D'abord, je condamne absolument, catégoriquement et fermement, toutes ces violences...

  • 4:33OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron, pyromanes, avec sa phrase sur les non-vaccinés ?

  • 5:13RelanceRéponse directe

    Sur la deuxième partie de la phrase de Mme Pécresse.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:13PrésentateurChiffre
    « Il dit qu'il faut 15 milliards de plus pour la sécurité dans le prochain quinquennat, qu'il faut doubler le nombre de policiers sur le terrain. »
  • 0:43Invité politiqueFait
    « les violences sur les personnes, le passage à l'acte, n'ont cessé d'augmenter au cours de ces dernières années. »
  • 1:57Invité politiqueFait
    « une police municipale qui s'appuie à la fois sur une grande formation, sur l'armement, sur la vidéoprotection. »
  • 2:50Invité politiqueFait
    « la pandémie accélère aussi, ou les conséquences de la pandémie accélèrent ce type de phénomène qui n'est pas propre à la France. »
  • 3:26Invité politiqueFait
    « les Français décryptent très bien, et ce qu'ils attendent, eux, c'est qu'on donne des moyens à la police et à la gendarmerie, et aux police municipales, pour les protéger. »
  • 4:37Invité politiqueFait
    « nos sociétés souffrent d'une crise de l'autorité. »
  • 5:02Invité politiqueFait
    « la gauche devait incarner l'autorité, parce que c'est une valeur et parce que l'autorité protège les plus faibles et les plus fragiles dans notre société. »
  • 6:02Invité politiqueFait
    « je suis totalement d'accord avec sa stratégie vaccinale, c'est-à-dire à la fois convaincre et contraindre, et il le faut. »
  • 7:43Invité politiqueFait
    « Ils sont évidemment citoyens. »
  • 11:04Invité politiqueFait
    « ses mensonges, sa manipulation de l'histoire, et notamment de l'histoire moderne française, depuis l'affaire Dreyfus en passant par la collaboration, visent à s'affranchir de ce qui était la digue, la frontière, qui séparait la droite et l'extrême droite depuis la libération. »
  • 11:30Invité politiqueFait
    « ses idées sur le grand remplacement, qui est une thèse qu'on a retrouvée d'ailleurs portée par des terroristes d'extrême droite, notamment celui qui a tué 80 fidèles dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, c'est une thèse particulièrement dangereuse. »
  • 11:50Invité politiqueFait
    « l'idée que la France n'est faite que d'une race blanche, lui aussi utilise ce mot « race » qui a d'ailleurs été utilisé également par l'extrême droite ou par, parfois, et c'est plus étonnant, l'extrême gauche. »
  • 13:13Invité politiqueFait
    « une partie de la gauche a abandonné depuis des années la République, la Nation, le drapeau, l'hymne. »
  • 16:52Invité politiqueFait
    « le Conseil constitutionnel émet la recommandation de la publication des noms par un souci d'équité et de transparence démocratique. »

Temps de parole

  • Invité politique74 %
  • Invité9 %
  • Présentateur8 %
  • Invité 25 %
  • Invité 32 %

2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Manuel Valls. Bonjour. Vous publiez demain un manifeste contre Éric Zemmour, on va en parler si vous voulez bien, dans quelques minutes. Avant cela, question à l'ancien ministre de l'Intérieur, puisqu'Emmanuel Macron, en déplacement hier à Nice, a annoncé des mesures pour la sécurité. Il dit qu'il faut 15 milliards de plus pour la sécurité dans le prochain quinquennat, qu'il faut doubler le nombre de policiers sur le terrain. Quel sens ça a de dire ça à trois mois de l'élection présidentielle ?

0:23
Invité politique

Le sens que vous venez de dire, il y a une part qui est évidemment liée, ne l'yons pas, soyons transparents et honnêtes, qui est liée à l'élection présidentielle. Mais c'est aussi, et ça reste une préoccupation permanente des Français, les violences sur les personnes, la violence dans la société d'une manière générale, mais les violences sur les personnes, le passage à l'acte, n'ont cessé d'augmenter au cours de ces dernières années. Ce n'est pas un phénomène nouveau et lié à ce quinquennat. Ça veut dire en creux que le bilan d'Emmanuel Macron sur la sécurité est un échec ?

Non, moi je ne rentre pas dans ces considérations, c'est l'avantage de ne plus être directement dans une formation politique ou un acteur de la vie politique. Je le suis d'une manière ou d'une autre, mais avec un peu de recul, un peu d'expérience. L'idée que tout est une réussite, ou que rien n'a été fait avant, ou que tout est fait aujourd'hui, ça ne me paraît pas juste, mais dire que c'est un échec total, qu'il n'y a pas de réussite sur ce sujet-là, n'aurait aucun sens.

Mais la nécessité d'améliorer les dispositifs de sécurité, de faire en sorte qu'il y ait plus de policiers et de gendarmes sur le terrain, qu'il y ait une amélioration, une meilleure coopération avec les polices municipales, c'est le sens d'ailleurs de la visite d'Emmanuel Macron à Nice, puisqu'il s'agissait d'inaugurer un hôtel de police commun à la police nationale et à la police municipale de Nice, qui est une des plus performantes de notre pays, on la comparait souvent avec celle d'Evry, donc ça me dit évidemment quelque chose. C'est dire. Non, mais une police municipale qui s'appuie à la fois sur une grande formation, sur l'armement, sur la vidéoprotection.

Donc oui, il faut améliorer et surtout faire en sorte que les policiers et les gendarmes soient déchargés de toute une série de tâches administratives, que leur temps de travail soit aussi revu, ça c'est un sujet complexe au sein du ministère de l'Intérieur, pour gagner en efficacité, pour protéger les Français.

2:10
Invité

Ce que vous dites va dans le sens des annonces du président de la République. Vous dites que ce n'est pas forcément un échec, en tout cas vous ne voulez pas le prononcer, le mot échec, pourtant la droite parle d'une France orange mécanique. Est-ce que vous, vous êtes d'accord avec cette expression-là ?

2:23
Invité politique

Non. L'orange mécanique, ça renvoie à un film des années 70 de Stanley Kubrick, qui était d'une très grande violence pour l'époque, ou à un livre qui est sorti quelques années après. Non, il y a de la violence dans la société. On voit la violence au sein des familles, la violence sur les femmes, le passage à l'acte, on le voit évidemment sur tous les dépositaires de leur public, policiers, gendarmes, ceux qui portent un uniforme, les sapeurs-pompiers, les élus, bien évidemment. On sent bien qu'il y a quelque chose qui, peut-être que d'ailleurs la pandémie accélère aussi, ou les conséquences de la pandémie accélèrent ce type de phénomène qui n'est pas propre à la France.

Donc c'est assez inquiétant, ce sont des phénomènes de société lourds. Peut-être qu'au début du quinquennat, le président de la République ne portait pas suffisamment ses sujets, lui-même d'ailleurs l'a reconnu, mais que lui, président de la République, à la fin du quinquennat, sans doute candidat de nouveau, cherche à incarner la question de l'ordre républicain, de l'autorité, de la sécurité, face à une droite qui veut aussi, Valérie Pécresse a des propositions fortes sur ce sujet-là. Ma foi, c'est naturel.

Je pense que les Français décryptent très bien, et ce qu'ils attendent, eux, c'est qu'on donne des moyens à la police et à la gendarmerie, et aux police municipales, pour les protéger, et pour lutter notamment contre la délinquance du quotidien, qui pourrit la vie encore aujourd'hui de millions de personnes.

3:43
Présentateur

Vous parliez, Manuel Valls, il y a quelques instants, de la violence contre les élus, avant-t-il encore un député de la majorité à Saint-Pierre-et-Miquelon a été agressé devant chez lui par des opposants au pass vaccinal. Écoutez ce qu'en disait sur ce plateau la candidate des Républicains, Valérie Pécresse, hier matin.

3:58
Invité

D'abord, je condamne absolument, catégoriquement et fermement, toutes ces violences, et je pense que rien ne justifie jamais la violence pour exprimer ses convictions. Mais ça me fait réfléchir quand même sur le type de présidence dont nous avons besoin en 2022. Il ne faut pas entretenir aujourd'hui, cliver, il ne faut pas blesser, il ne faut pas être condescendant avec les Français. Et je crois que le Président de la République a été, dans son discours la semaine dernière, pyromanes.

4:29
Présentateur

Emmanuel Macron, pyromanes, avec sa phrase sur les non-vaccinés qu'il veut emmerder.

4:33
Invité politique

D'abord, en effet, rien ne justifie les violences. Et je pense que nos sociétés souffrent d'une crise de l'autorité. Et je le disais il y a un instant, quand le professeur, quand le maire, quand le policier, quand le gardien de la paix, quand le sapeur-pompier, parce qu'ils portent l'uniforme, parce qu'ils incarnent le service public, parce qu'ils incarnent l'État et donc l'autorité, sont mis en cause, c'est quelque chose qui est plus profond qu'il ne va pas. C'est quelque chose sur lequel j'ai eu l'occasion de m'exprimer depuis des années.

Et je considérais, par exemple, que la gauche devait incarner l'autorité, parce que c'est une valeur et parce que l'autorité protège les plus faibles et les plus fragiles dans notre société.

5:11
Présentateur

Sur la deuxième partie de la phrase de Mme Pécresse.

5:13
Invité politique

Je vais dire les choses à ma manière. Je pense que la société française a besoin, en effet, d'apaisement. Ça vaut pour le chef de l'État ? Ça vaut d'abord, bien évidemment, pour le chef de l'État. S'il y a un échec, j'évite le titre AFP, mais s'il y a un échec d'Emmanuel Macron, et Dieu sait que c'est difficile, c'est de ne pas avoir réconcilié les Français avec eux-mêmes, avec les institutions. C'est un sujet qui vient de loin, c'est difficile, bien évidemment. Donc, il me semble que tous les responsables publics doivent participer de cet apaisement. dans l'action, parce qu'il faut d'abord trouver des solutions, chômage, sécurité, risques climatiques, problèmes de santé.

5:53
Invité

Mais lui, en parlant comme ça, est-ce qu'il met de l'huile sur le feu ?

5:55
Invité politique

Ah, mais je pense que, autant je suis totalement d'accord avec sa stratégie vaccinale, c'est-à-dire à la fois convaincre et contraindre, et il le faut. Je suis d'accord, bien évidemment, avec le fait qu'on dise quand même à ceux qui ne sont pas vaccinés ou qui ne veulent pas se vacciner qu'ils portent une sacrée responsabilité dans cette affaire. J'étais hier sur un autre plateau de télévision, aux côtés de Guillaume Durand, France 5, c'est à vous, pour ne pas le citer. Un de vos confrères, qui vient de souffrir d'un cancer, mais qui a eu aussi le Covid, qui disait, vous vous rendez compte, je veux dire, si mon opération a été déprogrammée, quelles en auraient été les conséquences ?

Donc, je pense que c'est témoignage de gens connus ou d'anonymes, mais, évidemment, des mots, la manière de s'exprimer, ça compte aussi. Donc, vous ne me posez pas la question, je n'aurais pas, moi, utilisé les mots qui ont été ceux du président. Vous n'auriez pas dit ça ? Non, parce qu'ils sont tout de suite pris, pour ce qu'ils ne sont peut-être pas, mais comme une volonté de tendre les relations.

6:53
Présentateur

Vous ne pensez pas qu'il y a une volonté de tendre les relations, de cliver en disant ça ? Interview, faite face à des lecteurs, et relu par l'Elysée ensuite.

6:59
Invité politique

Oui, mais répondant aussi aux témoignages, si on veut être juste, d'une infirmière, qui dit clairement dans quelle situation elle est, et les tensions. Et d'ailleurs, on parlait des violences physiques ou verbales à l'égard des élus, mais les directeurs de CHU, regardez ce qui s'est passé en Guadeloupe, c'était inacceptable. Les médecins, les infirmières subissent aussi ces pressions ou ces violences. Donc, il me semble que c'est très important d'apaiser, je sais que c'est difficile dans une société tendue avec beaucoup de problèmes, mais il faut apaiser et réconcilier les Français avec eux-mêmes.

7:31
Invité

La question de la responsabilité des non-vaccinés, de ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, est-ce que ça vaut la phrase qu'a prononcée Emmanuel Macron, à savoir, les irresponsables ne méritent pas d'être citoyens ? Ce ne sont pas des citoyens, ces gens-là ?

7:43
Invité politique

Ils sont évidemment citoyens.

7:46
Présentateur

Donc, on fait le rapprochement avec un projet qui a été sous le quinquennat précédent, celui de François Hollande, la déchéance de nationalité. Si on n'est pas citoyen, c'est qu'on ne mérite plus la citoyenneté.

7:56
Invité politique

Ça n'a rien à voir. D'abord, la déchéance de nationalité existe dans notre droit pour les binationaux. Il essaie de constitutionnaliser ce droit pour des terroristes binationaux condamnés. Donc, ça n'a rien à voir. La dernière fois qu'on avait évoqué le fait des non-citoyens, c'était là. On enlevait en effet la nationalité, on peut le faire, on l'a fait d'ailleurs, y compris au cours de ces quinquennats, à l'égard de binationaux condamnés pour terrorisme ou atteinte aux intérêts supérieurs de l'État. Ça n'a rien à voir.

8:31
Invité

Là, pour les non-vaccinés, il n'y a pas lieu d'être.

8:32
Invité politique

Ce sont des citoyens. Mais c'est vrai qu'après, d'ailleurs, ce gouvernement, cet exécutif, avait hésité au début, vu le nombre de Français qui étaient contre le vaccin, en tout cas, qui doutaient. Aujourd'hui, personne ne peut ignorer que le vaccin protège en grande partie des effets et personne ne peut ignorer la situation dans les hôpitaux. Donc, chacun doit prendre ses responsabilités. Chaque citoyen, il y a des droits, des devoirs, le Président de la République l'a rappelé, une responsabilité. Donc, il faut signaler cette responsabilité. Là aussi, tout est une question de dosage et de langage.

Peut-être que le Président de la République a voulu dire plus clairement les choses pour créer les conditions du débat. J'ai l'impression qu'il a atteint, en tout cas, son objectif.

9:14
Présentateur

Oui, de ce point de vue-là, effectivement, on peut le dire. 8h42, le Filinfo, Lisa Guyenne. Et on vous retrouve dans un instant. Manuel Valls.

9:21
Invité

Le gouvernement n'a pas de leçons à donner en matière d'emploi du temps. Les mots de Gérard Larcher, ce matin, sur France Inter. Le Président du Sénat répond aux critiques sur la lenteur de l'examen du pass vaccinal qui a lieu cette semaine au Palais du Luxembourg. Parmi les changements à noter, les sénateurs veulent rester au pass sanitaire pour les moins de 18 ans. Les parents d'élèves, main dans la main avec les profs, deux jours avant la grève nationale contre le protocole sanitaire à l'école. Le nouvel allègement annoncé hier soir par Jean Castex ne convainc pas. Sur France Info, la présidente de la FCPE dénonce des mesurettes pas sérieuses et affirme se tenir aux côtés des enseignants.

La justice examine ce matin la troisième demande de remise en liberté de Cédric Jubilard. Toujours accusé du meurtre de sa compagne Delphine, disparue il y a plus d'un an. Cédric Jubilard continue de clamer son innocence. Un espoir pour tous les malades en attente de transplantation. Pour la première fois, les médecins américains annoncent avoir réussi une grève de cœur venant d'un port génétiquement modifié. Une grève qui semble avoir pris quatre jours après l'opération de ce patient de 57 ans. France Info

10:29
Présentateur

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

10:34
Invité

Toujours avec l'ancien Premier ministre Manuel Valls. Demain, vous publiez Zemmour, l'anti-républicain aux éditions de l'Observatoire. Un essai de 140 pages dans lequel vous essayez de démonter le discours du candidat Zemmour. Pourquoi lui consacrer un livre à trois mois de la présidentielle ?

10:49
Invité politique

Mais parce que c'est un des acteurs importants, déjà depuis plusieurs semaines, depuis plusieurs mois de cette élection présidentielle. Parce que ses mensonges, sa manipulation de l'histoire, et notamment de l'histoire moderne française, depuis l'affaire Dreyfus en passant par la collaboration, visent à s'affranchir de ce qui était la digue, la frontière, qui séparait la droite et l'extrême droite depuis la libération. C'est un projet politique. On manipule l'histoire au service d'un projet pour aujourd'hui, pour réunir ce qu'il appelle les droites. Et cela me paraît particulièrement dangereux.

Et ensuite, parce que ses idées sur le grand remplacement, qui est une thèse qu'on a retrouvée d'ailleurs portée par des terroristes d'extrême droite, notamment celui qui a tué 80 fidèles dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, c'est une thèse particulièrement dangereuse, qui explique au fond qu'il y a une manipulation, qu'on veut remplacer les populations en Europe. Parce que l'idée que la France n'est faite que d'une race blanche, lui aussi utilise ce mot « race » qui a d'ailleurs été utilisé également par l'extrême droite ou par, parfois, et c'est plus étonnant, l'extrême gauche, où la confusion entre islam et terrorisme crée les conditions d'une tension.

Donc, il faut débattre dans ce vieux pays, ce vieux peuple épris de culture et d'histoire. Il ne faut pas laisser passer ces éléments. Donc, ça, c'est la première raison de ce livre. La deuxième étant qu'il faut, nous, républicains, renouer avec un discours qui redonne la fierté de la République de la France, mais avec des valeurs d'ouverture, de générosité, qui me semblent indispensables et qui correspondent à ce qu'est notre pays.

12:30
Présentateur

Vous écrivez, Manuel Valls, « Éric Zemmour est d'autant plus écouté que l'extrême gauche remet en cause notre histoire. Ça vise qui et quoi ? »

12:38
Invité politique

C'est en effet, au cours de ces dernières années, de ces dernières décennies, ce n'est pas un phénomène propre à la France, il y a eu une remise en cause, une volonté de rupture de ce qu'était la continuité de notre histoire. On retrouve ça dans ce qu'on appelle le hockisme, la cancel culture, les mouvements indigénistes.

12:56
Présentateur

Vous pensez que c'est parce qu'il y a ces mouvements, aujourd'hui, qu'Éric Zemmour est à 10 points dans les sondages ? Non ! Ah ! Éric Zemmour, d'une certaine... Il est d'autant plus écouté que l'extrême gauche remet en cause notre histoire.

13:06
Invité politique

Oui, il se nourrit, et pas qu'à cause de l'extrême gauche, je le dis aussi dans le livre, des faiblesses, des lâchetés, du fait qu'une partie de la gauche a abandonné depuis des années la République, la Nation, le drapeau, l'hymne, c'était quand même la Révolution française, vient d'un courant très profond qu'on pourrait, à ce moment-là, situer à gauche, en tout cas tout au long du XIe siècle, parce qu'on a abandonné cela à la droite extrême ou à l'extrême droite. Oui, cela a donné évidemment des ailes à ce courant politique.

Et dans le livre que j'avais publié il y a quelques mois, et je le rappelle dans celui-ci, la tenaille identitaire, cette réflexion qui a inspiré Gilles Claverolle et le regretté Laurent Bouvet, cette tenaille identitaire... C'est le printemps républicain, c'est l'aile ? Non, ce n'est pas le printemps républicain, c'est un intellectuel, Laurent Bouvet, c'est un intellectuel... Je sous-titre, pardon pour les auditeurs et les téléspectateurs,

13:53
Présentateur

ce sont les laïcars purs et durs.

13:56
Invité politique

Je ne sais pas si vous allez accepter cette... Non, le mot laïcars a été utilisé par l'extrême droite au début du XXe siècle. Ils ont une définition stricte de la laïcité. Non, non, non. La laïcité, il n'y a pas besoin qu'elle soit stricte, il n'y a pas besoin qu'elle ait un prénom, elle fait partie de nos valeurs, c'est la liberté de conscience, c'est la possibilité de croire ou de ne pas croire, c'est la séparation de l'État et des religions. Mais ce n'était pas votre question. J'avais évoqué cette tenaille identitaire, cette tenaille à la fois qui est celle de l'extrême gauche, j'avais évoqué la figure d'Assad Traoré, et de l'autre côté, celle de l'extrême droite.

Et les deux se nourrissent, ce sont des radicalités qui se nourrissent, et on retrouve d'ailleurs dans toutes les grandes démocraties occidentales à peu près le même débat. Et j'ai considéré qu'à l'occasion de cette élection présidentielle, vu son influence et vu sa volonté de recomposition des droites, il fallait, comme le fait d'ailleurs aussi l'historien, Laurent Joly, il fallait répondre point par point aux manipulations des mensonges.

14:53
Invité

Donc il faut débattre avec Jean-Luc Mélenchon, si vous parliez en sous-titre de Jean-Luc Mélenchon. Est-ce qu'Éric Zemmour rend Marine Le Pen plus fréquentable selon vous ?

15:03
Invité politique

C'est l'un des paradoxes que j'évoque dans le livre, c'est qu'Éric Zemmour pense que Marine Le Pen, à cause du nom de son père, de l'histoire du Front National, des origines collaborationnistes, vichistes de l'extrême droite française, ne peut pas réussir cette fusion des droites, cet affranchissement des frontières. Et là, il y a tout le paradoxe, c'est qu'Éric Zemmour pense pouvoir le faire avec un discours assumé, xénophobe, raciste, et évidemment, Marine Le Pen fuit de ce discours. Et donc tout le paradoxe, c'est qu'en effet, il pourrait rendre Marine Le Pen plus modérée.

Et ma réflexion, c'est que peu importe le score d'Éric Zemmour aujourd'hui, sa présence au second tour ou non, de toute façon, le mal, si vous me permettez cette expression, est faite. Et donc on voit bien que son objectif, c'est la recomposition des droites sur les débris du Front National et du Parti des Républicains.

16:04
Présentateur

D'un mot, est-ce qu'Éric Zemmour doit, d'un point de vue démocratique, d'un point de vue constitutionnel, avoir ses 500 signatures ?

16:12
Invité politique

Je crois honnêtement, pour le débat public, Éric Zemmour, Marine Le Pen, et bien sûr aussi Jean-Luc Mélenchon, doivent pouvoir concourir, parce qu'ils représentent des courants politiques, de penser, je pense qu'ils auront ces 500 signatures. Parce qu'ils disent aujourd'hui, ils disent qu'ils ont beaucoup de difficultés. Il y a des règles du jeu qui existent depuis de nombreuses années.

16:33
Invité

Des règles que vous avez changées lorsque vous étiez Premier ministre, le fait d'avoir rendu les parrainages publics, c'était une erreur ?

16:41
Invité politique

Non, pas du tout. J'ai vu qu'Éric Zemmour, d'ailleurs, vous accusait François Hollande, et moi, il raconte quand même sur ce sujet, comme sur d'autres, n'importe quoi. dès 1974, le Conseil constitutionnel émet la recommandation de la publication des noms par un souci d'équité et de transparence démocratique. C'était d'ailleurs le cas, puisqu'on en publiait 500 uniquement après le... À partir de 1976, Giscard d'Estaing, donc ni François Hollande, ni Manuel Valls, j'étais très jeune à ce moment-là, adopte une loi suivant ses recommandations pour qu'on publie au moins 500 signatures.

Et d'ailleurs, ce qu'on appelle les petits candidats, à tort ou à raison, quand ils étaient à 500 et quelques, au fond, tout leur soutien était publié. Et le Conseil constitutionnel n'a eu de cesse de faire cette recommandation. Et en 2015, Jean-Jacques Hurvoise, président de la Commission des lois, décide de présenter une proposition de loi organique suivant les recommandations du Conseil constitutionnel, du CSA, pour ce qui concerne les temps de parole, et de la Commission nationale des comptes de financement des partis et des campagnes concernant les questions de financement. Et cette loi est adoptée par l'Assemblée nationale en avril 2016.

Et moi, de ce point de vue-là, je le revendique et je l'assume, je pense qu'il est normal qu'on publie, pas 500 seulement tirés au sort, mais l'ensemble des signataires. Mais ce n'est pas pour faire pression sur les élus, comme le dit Jean-Luc Mélenchon. Non, en plus, vous savez, il y a 42 000 élus qui peuvent signer et il y en a, grosso modo, à chaque élection, un tiers qui signe, les autres non. Et d'ailleurs, ça ne fait pas baisser le nombre de candidats. Pourquoi les candidats des partis trotskistes arrivent à voir, eux, leurs signataires et pas des courants politiques qui, en tout cas, dans les enquêtes d'opinion, feraient des scores plus importants.

qu'ils travaillent, qu'ils convainquent, je pense qu'ils y arriveront. Mais alors, changer les règles du jeu en plein milieu de la campagne, de mon avis, ça serait relativement étonnant. Et sinon, qu'on change les choses, mais dès le début d'un quinquennat. Nous, nous l'avions fait plus d'un an avant l'élection présidentielle.

18:45
Présentateur

Manuel Valls, c'est l'invité de France Info, 8h51, le fil info avec Lisa Guyenne et on poursuit juste après.

18:51
Invité

Les enseignants maintiennent leur grève nationale prévue après-demain, pas convaincus par le nouvel allègement du protocole que Jean Castex a détaillé hier soir pour les élèves cas contact. Trois autotests suffisent désormais au lieu d'un PCR ou d'un antigénique. Les parents peuvent désormais attendre la fin des cours au lieu de venir les chercher tout de suite à l'école. Il doit être voté d'ici demain soir. Le pass vaccinal arrive au Sénat cet après-midi avec des modifications votées hier en commission. Les sénateurs veulent appliquer ce pass vaccinal à partir de 18 ans seulement et le suspendre automatiquement si la France repasse sous la barre des 10 000 malades hospitalisés pour Covid.

Des malades qui sont pour l'instant près de 23 000 en France, l'hôpital toujours sous tension. Dans ce contexte, une journée d'action est prévue aujourd'hui. Des dizaines de rassemblements partout dans le pays pour réclamer davantage de moyens, plus d'embauches et de meilleurs salaires. Six ans après le Dieselgate de Volkswagen, une action collective déposée contre le groupe Renault-Nissan-Dacia mise en cause pour un défaut de moteur essence utilisée de 2012 à 2018. Plusieurs milliers de Clio, de Mégane et de Dacia Docker seraient concernés. France Info

20:00
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

20:05
Invité

Toujours avec Manuel Valls, l'ancien Premier ministre. Vous vous considérez toujours de gauche, Manuel Valls ?

20:11
Invité politique

Oui, bien sûr. De gauche, républicain. Et je reprends cette belle formule d'Albert Camus, je mourrais de gauche malgré elle et malgré moi. ensuite cette gauche elle a changé, elle a évolué. Je considère que le mot socialisme est un mot mort, dépassé. Je pense que la gauche...

20:28
Invité

Vous savez qu'il y a une bonne partie de la gauche qui ne veut plus de vous. Est-ce que ça vous blesse ?

20:31
Invité politique

Non mais vous avez eu dans quel état elle est ? À force d'exclusion, d'étiquette, de procès en sorcellerie. C'est le problème, c'est que quand on ne réfléchit plus au grand sujet de société, quand on passe à côté des conséquences de la chute du mur de Berlin, des conséquences financières de la globalisation, du fait identitaire, 21 siècles s'est ouvert avec le 11 septembre 2001, qu'une partie de cette gauche sombre dans le communautarisme ou que l'autre, ou parfois les mêmes, ne veulent plus gouverner, eh bien à la fin, on n'est plus utile et on disparaît, on risque même d'être totalement hors jeu à l'occasion de cette élection présidentielle.

Vous dites je suis un homme de gauche mais est-ce que vous votez à gauche ? Ça dépend. Est-ce que par exemple,

21:14
Présentateur

vous pouvez nous dire, vous savez d'ailleurs, pour qui vous voterez dans trois mois ?

21:17
Invité politique

Non, mais ça je le dirai au moment venu si c'est nécessaire. J'ai par exemple voté pour Valérie Pécresse, je devance votre question. C'est pas très de la gauche. C'est moyennement la gauche. Non, oui, aux élections régionales, mais précisément. Alors qu'elle avait, face à elle,

21:32
Présentateur

une liste écologique, je suis socialiste et insoumis.

21:34
Invité politique

Oui, exactement. L'union de la gauche. Mais parce que moi, j'ai théorisé et revendiqué les gauches irréconciliables en 2000... Mais quand elles se réconcilient, vous votez contre. En 2015, elle ne peut pas se réconcilier. Là, elles étaient réconciliées, mais précisément, quand ce sont uniquement des accords électoraux, alors qu'il y a de tels désaccords sur le fonds, sur le nucléaire, sur la vision de la société, sur les questions de sécurité, sur les questions globales, sur l'Europe, il ne peut pas y avoir d'accord. Et donc, je suis cohérent, toujours, avec l'idée que j'ai défendue il y a un instant sur cette tenaille identitaire.

22:09
Invité

Ça veut dire que même pour cette présidentielle, vous ne croyez absolument pas à l'union de la gauche ?

22:14
Invité politique

Les appels se multiplient. Si on revient il y a quelques années, la dynamique de l'union de la gauche était créée par le fait qu'il y avait un parti dominant qui était crédible pour pouvoir gouverner, qui entraînait les électeurs de gauche et au-delà. C'était le cas avec, évidemment, le Parti Socialiste, c'était le cas avec François Hollande et avant, évidemment, François Mitterrand.

22:36
Présentateur

Ce n'est pas les écologistes aujourd'hui ?

22:38
Invité politique

Ce parti de gauche qui veut gouverner ? Ce qui est terrible et les Français le comprennent parfaitement, c'est qu'aujourd'hui, la gauche ne lutte pas pour influencer le pays, ne lutte pas pour gagner l'élection présidentielle ou être présente au second tour. Elle lutte pour savoir qui de quel candidat sera devant à moins ou plus ou moins autour de 10%. Donc, elle ne peut pas être utile. Ce que les Français attendent de la gauche qu'ils attendaient avant, c'est une utilité sur le plan économique, sur le plan social, sur les questions de changement climatique. Donc, ça veut dire

23:10
Invité

qu'en termes d'incarnation, pour vous, Christiane Taubira, qui est la nouvelle venue dans la course, qui devrait peut-être annoncer sa candidature prochainement,

23:19
Invité politique

ce n'est pas la solution ? Il y a un côté. Ce ne sont pas les personnes qui sont en cause. Elle a été ma collègue du gouvernement. Ça a parfois été tendu entre vous ? Oui, mais on peut avoir aussi une relation correcte, amicale, chaleureuse. Femme intelligente, cultivée, attachante. Et ensuite, on peut avoir de vrais désaccords sur le fond. Mais ce n'est pas là le problème. De toute façon, tout ça est pathétique. Les appels à l'union, à la participation d'une primaire. Moi, je conseille qu'on lise les statuts de cette primaire populaire, un référendum pour l'écriture inclusive, la fin du nucléaire. Je vous arrête un instant.

23:59
Présentateur

Ce que vous nous dites, ce n'est pas le moment de vous dire pour qui je vais voter. On a compris que ce ne sera pas pour Jean-Luc Mélenchon. On a compris que ce ne sera pas pour Christiane Taubira. On a compris que ce ne sera probablement pas pour Anne Hidalgo ni pour Yannick Jadot. Vous avez bien compris. Donc, vous ne voterez pas à gauche.

24:10
Invité politique

Il y a eu des millions d'électeurs de gauche en 2017. Des responsables politiques dont j'étais qui ont voté dès le premier tour pour Emmanuel Macron à l'époque. Mais vous considérez

24:25
Présentateur

qu'il est de gauche Emmanuel Macron ?

24:26
Invité politique

Avec toutes les valeurs que vous... Mais à l'époque, il s'agissait d'éviter un deuxième tour Fillon-Le Pen. Il y a ce que je pense moi, il y a ce que pensent les électeurs. Il y a l'offre politique qui peut être insuffisante. C'est comme ça que ça se passe. Ce n'est pas uniquement nos propres désirs. C'est un vote utile. Je pourrais arrêter que la gauche républicaine telle qu'elle peut être incarnée avec la référence à Clémenceau, celle de la République et de la laïcité, mais aussi de l'égalité, de la lutte contre les inégalités, la précarité, parce que c'est une réalité dans notre pays. Celle qui défend l'école ne soit pas présente. C'est une réalité. Mais il y a une offre politique.

Il faudra faire des choix. Et dans ce choix, de toute façon, je considère que l'Union nationale, l'Union sacrée, le compromis pour régler un certain nombre de sujets de fond de la société française entre les forces politiques, mais pas seulement, avec la société, au nom de l'apaisement que j'évoquais, ce compromis sera indispensable.

25:19
Présentateur

Zemmour, l'anti-républicain, c'est le titre du livre que vous publiez, Manuel Valls, aux éditions de l'Observatoire. Ça sort demain. Merci beaucoup d'être venu ce matin sur le plateau de France Info.