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InterviewRadio France (sur Site radio)· 22 juillet 2026 7 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueSantéSolidarités & famille

"L'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans est surtout symbolique", estime ce pédiatre en Dordogne

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    C'est une bonne chose cette interdiction ?

  • 0:50RelanceRéponse directe

    Vous dites que c'est symbolique, ça veut dire que concrètement ça ne peut pas marcher ?

  • 1:18OuverteRéponse directe

    Vous en voyez beaucoup, vous, des jeunes qui ont des problèmes à cause des réseaux sociaux ?

  • 2:13RelanceRéponse directe

    Ce que vous dites, c'est que les réseaux sociaux ne sont pas forcément l'unique cause du mal-être, mais c'est un accélérateur ?

  • 2:52OuverteRéponse directe

    C'est quoi le plus gros problème des réseaux sociaux ?

  • 4:14OuverteRéponse partielle

    Si ça pouvait être appliqué sans problème, ça irait mieux dans vos services ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:16InvitéFait
    « C'est une bonne chose, oui c'est une bonne chose globalement, c'est-à-dire que c'est aussi assez symbolique »
  • 0:22InvitéFait
    « et c'est renforcé le message que les réseaux sociaux ont des effets délétères qu'on connaît bien maintenant »
  • 1:07PrésentateurChiffre
    « Oui c'est 85% des adolescents de moins de 16 ans en Australie qui continuent de pouvoir utiliser les réseaux sociaux »
  • 1:24InvitéFait
    « Alors, c'est global, on voit beaucoup, c'est vrai que ça a beaucoup augmenté les adolescents et les jeunes enfants »
  • 1:44InvitéFait
    « Et sans doute que là, souvent ils évoquent le fameux harcèlement scolaire »
  • 3:18InvitéFait
    « C'est-à-dire qu'il y a des effets cumulés, ça crée quand même des troubles anxio-dépressifs »
  • 3:30InvitéFait
    « Les réseaux sociaux, souvent les enfants les consultent beaucoup, ils ont des troubles du sommeil, ils dorment peu »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur29 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Instagram, Facebook interdit aux moins de 15 ans, le Parlement français a adopté hier l'interdiction des réseaux sociaux pour les plus jeunes. Pour en parler, on reçoit Laurent Prado, le chef du service pédiatrie à l'hôpital de Perigueux, Louis de Bergevin. Bonjour docteur Prado.

0:13
Invité

Bonjour.

0:14
Présentateur

C'est une bonne chose cette interdiction ?

0:16
Invité

Alors c'est une bonne chose, oui c'est une bonne chose globalement, c'est-à-dire que c'est aussi assez symbolique, et c'est renforcé le message que les réseaux sociaux ont des effets délétères qu'on connaît bien maintenant. Et donc c'est bien, il ne faut pas que ça masque, alors on parle beaucoup du malaise des adolescents, il ne faut pas que ça masque le malaise des adolescents, globalement il n'est pas du co-réseux sociaux, donc il ne faut pas non plus fixer uniquement sur ça. C'est bien sur la symbolique, après je pense que tout le monde s'interroge un peu comment c'est applicable.

0:50
Présentateur

Mais c'est ça, vous dites que c'est symbolique, ça veut dire que concrètement ça ne peut pas marcher ?

0:55
Invité

Je ne suis pas bien, de ce que j'ai lu un petit peu en préparant, on a vu que c'était en Australie, ils avaient montré, ils ont essayé de faire ça, il y a eu des résultats quand même, mais bon...

1:07
Présentateur

Oui c'est 85% des adolescents de moins de 16 ans en Australie qui continuent de pouvoir utiliser les réseaux sociaux.

1:14
Invité

Voilà, donc on a mis une interdiction, mais elle est difficilement applicable.

1:18
Présentateur

Vous en voyez beaucoup, vous, des jeunes qui ont des problèmes à cause des réseaux sociaux ?

1:24
Invité

Alors, c'est global, on voit beaucoup, c'est vrai que ça a beaucoup augmenté les adolescents et les jeunes enfants. L'âge du malaise social, la crise d'adolescence, on a l'impression qu'il s'est abaissé, c'est-à-dire qu'avant c'était les adolescents, 14, 15, 16 ans, et maintenant on a quand même des petits 9, 10 ans qui ont un malaise. Et sans doute que là, souvent ils évoquent le fameux harcèlement scolaire, les réseaux sociaux, ce qui est terrible, c'est une caisse de résonance, une simple chamaillerie ou dispute ou même des propos un petit peu graves qui ont toujours lieu entre jeunes collégiens.

Tout de suite, ils vont être rapportés sur des réseaux sociaux et c'est un effet amplificateur qui est effectivement majeur, majeur, de façon très importante, le malaise.

2:13
Présentateur

Donc, ce que vous dites, c'est que les réseaux sociaux ne sont pas forcément l'unique cause du mal-être, mais c'est un accélérateur ?

2:22
Invité

Ben voilà, oui, parce qu'en fait, il y a un malaise social, il y a des inquiétudes sociales, au niveau mondial, il y a des inquiétudes. Les enfants, les adultes sont inquiets quand même des situations internationales, de plein de choses. On nous envahit la tête avec le climat, le réchauffement climatique, l'écologie. Tous ces sujets sont très importants, mais ils sont toujours posés de façon extrêmement dramatique, je trouve. Et les petits le vivent aussi très douloureusement.

2:52
Présentateur

C'est quoi le plus gros problème, docteur Laurent Prado, des réseaux sociaux ? Vous parliez du harcèlement entre jeunes, vous parlez aussi des informations dramatiques qui arrivent en boucle. On sait que les réseaux sociaux mettent en avant d'ailleurs les informations qui sont le plus susceptibles de nous faire réagir. C'est quoi le plus gros problème pour nos jeunes ? Vous parliez d'enfants de 9 ans qui parfois ont des problèmes à cause de ça ?

3:18
Invité

C'est-à-dire qu'il y a des effets cumulés, ça crée quand même des troubles anxio-dépressifs. Ils n'ont pas de réponse, on leur envoie des nouvelles comme ça et ils n'ont pas de réponse. Il y a des troubles du... Les réseaux sociaux, souvent les enfants les consultent beaucoup, ils ont des troubles du sommeil, ils dorment peu. Et on sait que de toute façon, chez tout le monde, le manque de sommeil va majorer les problèmes de santé mentale. il y a le cyberharcèlement, la cyberviolence qui est exposée comme ça et qui fait mal et là aussi qui n'est pas accompagnée.

Enfin, qui n'est pas accompagnée, c'est difficile à accompagner, mais les enfants ne vont pas bien et c'est comme ça qu'on les a dans les services avec une multitude de difficultés qui sont... Le fond, c'est quand même des problèmes d'anxiété qui sont mal absorbés et qui leur font mal.

4:14
Présentateur

On parle, effectivement, il y a ces difficultés d'application pour l'interdiction des réseaux sociaux. Si ça pouvait être appliqué sans problème, c'est-à-dire que 100% des jeunes de moins de 15 ans ne pouvaient pas avoir accès aux réseaux sociaux, ça irait mieux dans vos services, notamment ?

4:29
Invité

Je pense que c'est quand même multifactoriel. C'est ce que vous dites, mais si on supprimait les réseaux sociaux,

4:36
Présentateur

aujourd'hui, vous verriez une différence ?

4:40
Invité

Il y aurait sans doute une différence, mais il n'y a pas que ça. C'est-à-dire que l'école, les enfants, il y a beaucoup d'enfants qui sont mal intégrés, qui ont des difficultés scolaires, il y a des problèmes dans les familles, il y a beaucoup de séparation parentale, il y a beaucoup d'instabilité affective quand même. Et donc ça, ce n'est pas que des problèmes de réseaux sociaux, c'est un problème sociétal de croyance dans l'avenir, de vouloir construire sa vie, d'avoir des idées positives, plutôt que de toujours être dans des idées extrêmement négatives.

5:17
Présentateur

Et malgré ça, vous dites que ça va quand même dans le bon sens, au moins pour ce symbole de dire que les réseaux sociaux ont un impact négatif, cette interdiction ?

5:28
Invité

Oui, ça interroge quand même. Alors après, tout n'est pas négatif non plus, mais ça peut être l'occasion, bien sûr, de se poser la question. Les parents doivent intervenir, les parents doivent donner le bon exemple quand même, c'est-à-dire qu'on est surpris quand on arrive en salle d'attente, les adolescents devant leur téléphone, les parents qui sont devant leur téléphone, et personne ne parle. Donc c'est aussi apprendre à parler, c'est aussi développer son...

Je pense qu'il faudrait faire plus d'éducatif, c'est bien interdire, mais c'est surtout, comme on ne va pas pouvoir lutter de toute façon contre les réseaux sociaux, il faut quand même discuter avec nos jeunes et entre adultes d'ailleurs, pour limiter le temps, développer l'esprit critique, encourager les échanges sur des choses que l'on voit, enfin tout n'est pas d'une grande intelligence sur les réseaux sociaux, donc ça peut être aussi, de façon positive, l'occasion de discuter, de critiquer, de s'interroger et de discuter entre nous.

C'est surtout ça qui manque, donc c'est cet échange comme ça, face à face, où on peut quand même défendre ses idées, échanger avec des pairs, et je pense que ça c'est important, et que les réseaux sociaux, ce qu'on dit, et c'est quand même vrai, c'est que les gens s'isolent devant leur écran, et c'est dans leur tête, et ça ne sort pas, et donc il y a du malaise, je pense.

6:46
Présentateur

Et donc on entend ce matin que vous dites aussi aux parents d'eux aussi un peu quitter les réseaux sociaux, merci beaucoup Laurent Prado d'avoir été notre invité ce matin, après donc cette interdiction de s'inscrire sur les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans qui a été adopté hier au Parlement. Merci d'être venu ce matin sur l'antenne d'ici Périgord, je rappelle que vous êtes chef du service pédiatrie à l'hôpital de Périgueux.

7:09
Invité

Merci à vous.