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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 2 juin 2026 23 min

Alain Cadec : « J’étais en Chine pour voir leurs véhicules électriques, je suis revenu terrifié »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La voiture électrique française qui connaît un coût d'accélérateur grâce à la hausse du prix de l'essence. Les chiffres sont assez impressionnants. Les ventes de véhicules neufs électriques sont en hausse de 48 % sur les premiers mois de l'année 2026 avec 185 000 immatriculations à la voiture électrique booste notre industrie automobile qui était plutôt à l'arrêt ces derniers temps.

Pour en parler, j'accueille Alain Kadek. Bonjour. Bonjour.

Vous êtes sénateur Les Républicains des Côtes d'Armor et auteur d'un rapport publié à la fin de l'année dernière sur l'avenir de la filière automobile française. Alors quand vous voyez ces chiffres sur les ventes de véhicules électriques neufs depuis le début de l'année, est-ce que vous dites que la voiture électrique va rebooster l'industrie automobile ? Je ne sais pas sûre qu'elle rebooste l'industrie automobile française.

Elle va rebooster l'industrie automobile en général et notamment l'industrie automobile asiatique et chinoise en particulier. On voit bien ce qui se passe actuellement puisque les fabricants chinois sont en train de s'installer en Europe, de s'installer même en France. Puisque dans mon secteur, à Rennes, à l'Union de la Jeannet, chez Stéantis, on va On va fabriquer des véhicules Dongfeng, par exemple.

On va en parler. Par ailleurs, vous avez évoqué tout de suite le boom un peu du véhicule électrique. Je pense qu'il est en partie conjoncturel, puisque aujourd Aujourd'hui, avec les problèmes au Moyen-Orient et notamment le blocage des droits d'Ormouse, évidemment il y a des problèmes d'approvisionnement de carburant et de prix de carburant.

Donc je pense que c'est ça. Par ailleurs, les mesures incitatives que vous avez évoquées du gouvernement s'adressent notamment aux entreprises et aux flottes, c'est déductibilité totale du prix d'achat, c'est exonération de la taxe annuelle incitative, c'est déductibilité totale du prix d'achat, c'est exonération de la taxe annuelle C'est abattement sur les avantages en nature. Donc ça veut dire que c'est des véhicules qui coûtent beaucoup moins cher que ce qu'ils devraient coûter pour les entreprises.

Et les flottes, évidemment, ça représente beaucoup de choses. L'augmentation de vente des véhicules électriques, ce n'est pas chez les particulier aujourd'hui. On parlera de toutes ces mesures incitatives.

Ah pardonnez-moi, je...

Voilà, vous faites un peu le menu de notre entretien, mais très bien. Je ne suis pas une journaliste, je ne suis que moi justement l'auteur, pardonnez-moi. Juste d'abord sur ces chiffres de vente de véhicule neuf électrique, il ne cache pas quand même une réalité qui est plus terne pour l'automobile français avec une chute de la production et des pertes financières ces derniers temps.

Totalement. Aujourd'hui, l'industrie automobile française est en grand danger. Européenne même, ça va plus loin, mais là on va parler du français est en grand danger.

Et donc, en effet, cette poussée de l'électrique va plutôt vers les marques étrangères. Et et nos grandes entreprises qui étaient des fleurons de notre industrie. Je pense à Stellantis, donc c'est un peu Peugeot, Citroën, des choses comme ça, c'est Stellantis ou Renault, ont évidemment de grandes difficultés à s'adapter au marché.

On a beaucoup de retard sur l'industrie chinoise. Et alors, pour quelles raisons ce déclin de l'automobile française ? C'est des fautes, des erreurs stratégiques de la part de ces groupes industriels français ?

Comment expliquer ce retard avec les Chinois ? C'est sans doute la conjonction d'un certain nombre de de facteurs, mais sûrement des erreurs stratégiques à certains moments, oui, certainement. Par ailleurs, il y a la décision de l'Union européenne d'arrêter la vente des moteurs thermique en 2035, qui est en train d'évoluer puisqu'il y a une clause de revoyure.

Mais on n'a pas su s'adapter à tout ça, je pense. Et pendant ce temps-là, pendant tout ce temps-là, les Chinois, eux, ont avancé de manière exponentielle, très rapide, très importante. Je suis allé en Chine.

J'ai été voir les fabriquants chinois il y a un an à peu près avec la commission des affaires économiques du Sénat. Je suis revenu terrifié. – Pourquoi ? – Terrifié parce parce qu'ils ont 15 ans d'avance sur nous, en termes de technologie, en termes d'ingénieurs, pour fabriquer des véhicules désormais de très grande qualité.

Auparavant on disait c'est chinois, c'est pas bien, c'est mal fait, c'est mal fini. Aujourd'hui quand on voit les véhicules chinois ce sont des véhicules qui sont remarquablement faits. Par ailleurs il faut quand même le dire c'est quand même extrêmement important dans ce problème, dans cette conjoncture.

Je parlais des problèmes du détro-dormeaux mais dans le même temps les batteries qui donc alimentent les véhicules électriques elles sont fabriquées en Chine, au moins les cellules, toutes. On va parler de cette concurrence chinoise qui peut parfois se transformer en partenaire. On va aller dans votre région à l'Incadec, on va aller à Rennes retrouver nos partenaires de la chaîne tvr avec stéphane beignet bonjour bonjour alexandre stéphane vous êtes le directeur de l'information de tv rennes et la nouvelle est tombée au milieu du mois de mai l'usine à stellantis de rennes-la Janais va produire bientôt au moins un modèle fabriqué par le groupe chinois Dongfeng et qui est destiné au marché européen.

Et c'est plutôt une nouvelle qui a été bien accueillie sur place. Oui, parce qu'il faut dire, et le sénateur Alain Kadec connaît parfaitement cette usine Stellantis de Rennes-la-Janet qui a ouvert ses portes en avril 61 et qui a été dans les années 60-70 le premier employeur de Bretagne avec 14 000 salariés contre 3 000 aujourd'hui et bien ce site lit une nouvelle phase stratégique vous l'avez dit avec l'arrivée annoncée d'un véhicule du groupe chinois Dongfeng en plus de la Citroën C5 Aircross déjà produite sur le site alors le véhicule chinois concerné serait de la marque premium Voya avec une motorisation électrique ou hybride selon les premières informations alors pour la Jeannet c'est un signal de de charge industrielle supplémentaire dans un site qui a connu de vives inquiétudes sur son avenir et des épisodes de sous-activité par le passé Stellantis présente donc un projet comme levier de visibilité industrielle et de conciliation du site rennais en revanche les syndicats demandent des garanties solides pour l'emploi la sous-traitance et la pérennité du site. Toujours est-il que cette ouverture de Dangfang relance le débat sur la dépendance de l'industrie automobile européenne à des partenaires extra-européens.

Sénateur Alain Kadek, j'ai une question à vous poser, vous qui avez alerté au Sénat sur les risques de crash de cette filière automobile française. L'arrivée d'un véhicule d'Angfengarenne, la Jeannet, est-elle pour vous une chance de sauver l'emploi ou alors le signe d'une dépendance industrielle accrue ? Les deux, les deux.

C'est une bouffée d'oxygène pour le site de la Jeannet, bien sûr, comme vous l'avez dit, puisque vous le connaissez bien. Vous est donc la janet a été un fleuron de l'industrie bretonne pendant de nombreuses années ça avait diminué le nombre de salariés grâce à dong feng ça va se maintenir voire augmenter, donc c'est une bouffée d'oxygène sur le plan de l'emploi, mais c'est aussi l'arrivée des Chinois sur le territoire français. Et ça, c'est beaucoup plus inquiétant par rapport à l'industrie automobiles dites françaises ça le problème c'est à dire qu'il ya 30 ans c'était citroën qui partait conquérir la chine maintenant c'est l'averse ce sont les chinois qui viennent les usines européennes dans la chine s'éveillera le monde tremblera pas de moi donc on va être de plus en plus dépendants ?

Je pense que oui, c'est l'exemple type de l'accord de Stellantis. Stellantis a d'ailleurs déjà passé des accords avec les Chinois, puisque Stellantis distribue la marque Lippmotor, à travers ses concessions Citroën ou Peugeot en général Citroën. Et donc c'est un pas de plus en fait vers le fait que les Chinois prennent pied sur le territoire industriel automobile européen.

Merci beaucoup Stéphane Beignet pour votre intervention, je rappelle que vous êtes directeur de l'information de notre partenaire TVREN. Justement Alain Cadec sur ce retard technologique avec la Chine, comment ça se fait qu'il y a un tel retard ? Les voitures sont meilleures que les nôtres ?

Quand la Chine sort 10 000 ingénieurs par an, la France en sort 1000. Il y a un problème de formation. Alors vous savez, ça pose un problème.

Évidemment ils sont beaucoup plus efficaces, ils sont beaucoup plus forts. En plus c'est une économie administrée. Ça ne vous a pas échappé.

Donc c'est plus facile de prendre les décisions en Chine. Ça va beaucoup plus vite que dans les pays occidentaux, en Union européenne et en France en particulier. Donc tous ces éléments mis bout à bout font qu'il y a des moyens financiers considérables de la part...

Des subventions d'État massives ? Oui, il y a des subventions massives de la part de l'État puisque tout est administré, tout est organisé. Donc je vous dis que les décisions sont extrêmement rapides.

Donc ils ont vu qu'il y avait un marché à conquérir et ils se sont dit « on fonce dedans quoi, on y va ». Et là aujourd'hui le phénomène d'Onteng chez Stellantis à la Jané à Rennes, il y a d'autres sites en Europe mais dont celui-là, il n'y a pas qu'il n'y a pas que Rennes, il y a quatre sites en Europe, est évidemment inquiétant pour l'industrie automobile française. Évidemment.

Alors oui ça va maintenir l'emploi au début donc ça tant mieux pour l'emploi, tant mieux pour les salariés mais l'indépendance on la perd petit à petit, c'est plus nous qui allons créer les automobiles, c'est les autres. C'est une forme de cheval de Troie cet exemple de Dong Feng qui arrive à Rennes ? Oui tout à fait oui ça correspond à peu près à ça mais on s'y attendait.

Alors, évidemment, on souhaite que les Chinois, notamment, investissent en Europe, en Union européenne et en France. Mais pas en venant s'installer dans des usines existantes déjà et en disant maintenant on va fabriquer des automobiles chinoises en France, ils vont les distribuer en France. Donc ça veut dire que ce sera en concurrence directe avec les véhicules européens et comme ils Ils ont des méthodes de travail qui leur permettent de diminuer les coûts.

Ces voitures-là sont toujours moins chères que les véhicules françaises. Alors l'Europe reste quand même une industrie automobile forte. Quelle doit être la réponse européenne pour essayer de rattraper des parts de marché façades cette concurrence chinoise sur la voiture électrique ? – Je vous invite à lire avec intérêt le rapport qui a été fait au Sénat par deux de mes collègues et moi-même.

Non, non, nous proposons un certain nombre de solutions, enfin en tous les cas de choses qui permettraient de limiter cet impact. – Alors on ne va pas lire le rapport sur le plateau, mais pour résumer, il faut aller vers une forme de protectionnisme face aux voitures chinoises ? – Alors déjà, il faut faire preuve d'un petit peu de protectionnisme, c'est-à dire qu'il faut installer des droits de douane, alors évidemment les Chinois sont extrêmement malins, on leur dit il faut que ce soit fabriqué en Europe, ne bougez pas, on arrive, on vit en Europe et on va les fabriquer en Europe, et là ça rentrera dans les clous, et là il y aura les subventions européennes, et là on pourra vous aider.

Donc les solutions elles sont compliquées à trouver en fait, elles sont compliquées à trouver, je vous dis on a pris un tel retard parce que inéluctablement, il faut bien le dire, il faut bien le dire, on va venir petit à petit aux véhicules électriques, aux véhicules hybrides d'abord, aux véhicules électriques ensuite. On y viendra petit à petit. Même si, il n'y a rien quand même, c'est qu'on vit dans des secteurs où il y a beaucoup de ruralité.

Et en ruralité, c'est compliqué. Il faut avoir des véhicules qui ont une certaine autonomie parce qu'il n'y a pas des bornes partout. D'ailleurs, en Chine même, pour y être allé, pour avoir A Shanghai, il n'y a que des véhicules électriques.

Mais dès que vous sortez de Shanghai, dans la campagne chinoise, ils sont encore au thermique. Il ne faut pas rêver. Dernière question sur cette concurrence chinoise, quelle serait la solution ?

C'est vraiment de fermer les usines européennes aux Chinois ? J'ai du mal à trouver la solution parce qu'on voit bien que on peut toujours détourner les règlements, on peut toujours les détourner. Quand il y a une volonté politique, économique farouche, on y arrive toujours.

On ne peut rien y faire. C'est compliqué, c'est très compliqué. Moi je suis très inquiet pour le devenir de notre industrie automobile telle qu'on l'a connu et telle qu'on l imagine alors en tout cas le gouvernement peut essayer d'inciter les français à prendre le virage de la voiture électrique on va en parler avec vous stéphane dugay avec cet objectif du gouvernement, c'est d'électrifier les transports pour réduire un peu plus la part des énergies fossiles dans la consommation finale.

Oui, c'est ça, parce qu'il faut le rappeler, Alexandre, le secteur des transports dépend très largement du pétrole et donc dans son plan d'électrification présenté le 23 avril. Le gouvernement a insisté sur la voiture électrique. La première mesure qui est proposée s'adresse aux ménages les plus modestes avec une nouvelle campagne de leasing social, la location sociale de véhicules électriques, ça existe déjà et les chiffres du gouvernement nous indiquent que le dispositif a permis à 100 000 foyers modestes de rouler en électrique jusqu'ici.

L'objectif est d'augmenter le Le nombre de véhicules en circulation à 50 000. Vous le voyez d'ici la fin de l'année 2026. Alors, à qui s'adresse ce dispositif ?

Aux ménages qui ont un revenu fiscal de référence de moins de 16 300 euros. Et ça permet de louer une voiture électrique auprès d'un concessionnaire pour moins de 200 euros par mois avec des offres qui peuvent même passer sous la barre des 100 euros par mois. Cette nouvelle phase de location sociale de voitures électriques doit ouvrir au mois de juillet.

Et pour les particuliers, il existe aussi des aides destinées aux grands rouleurs. Une aide qui s'adresse à ceux qui roulent plus de 12 000 km par an et qui ne peuvent pas prétendre à l'allocation sociale sous dispositif. Et par contre, là aussi, conditionnés à votre revenu.

Et ça ne marche que que si vous achetez une voiture avec un bon éco-score et une batterie fabriquée en Europe, le montant de l'aide à l'achat peut aller jusqu'à 7 700 euros. Alain Kadek, une des critiques qu'on fait à la voiture électrique, c'est qu'elle est trop chère. Est-ce que ces dispositifs, ces Ces dispositifs peuvent permettre d'élargir le public cible, le public qui peut acheter une voiture électrique.

Alors, oui, brutalement comme ça, oui, bien entendu, puisque si on incite par des mesures financières à acheter des véhicules, on peut imaginer qu'on en achèterait davantage. Cependant déjà, le budget de la France étant ce qu'il est, il va falloir trouver de l'argent pour aider ça. Ça ne va pas être simple.

Ce n'est pas simple du tout. Par ailleurs, le leasing social qui avait déjà été tenté une fois, ça n'avait pas été une grande réussite, s'adresse à très peu de population. La tranche de population concernée est infinitésimale.

Et ensuite, c'est ce que je disais tout à l'heure, la plupart des aides qui sont proposées, sont des aides qui sont proposées aux entreprises et aux flottes, qui les incitent à acheter des véhicules électriques. Alors, acheter des véhicules électriques, pourquoi pas ? Mais encore faut-il qu'il y ait des infrastructures autour.

Le président de la République nous a dit qu'on allait avoir des bornes un peu partout où je veux bien. On va venir à – Je ne demande que ça, mais vous savez, ça fait dix ans que le président de la République nous fait des annonces. La première sur les bornes, il y en a une dans d'autres domaines, on l'attend toujours, la concrétisation de ces annonces.

Donc moi je m'inquiète quand même beaucoup, sur la viabilité de ces véhicules électriques dans nos campagnes, notamment dans nos parties rurales. Pour revenir sur les conditions de ces aides, elles sont conditions à ce que la batterie de la voiture électrique soit fabriquée en Europe. Est-ce que c'est une forme de réponse à ce que vous disiez tout à l'heure sur les entreprises chinoises qui viennent fabriquer en France ? – Mais je vous rassure, pardonnez-moi, dans ce qu'on a appelé pompeusement les Les gigafactories, qui sont toujours des mini-factories par rapport à ce qui se fait en Chine.

Les batteries qui sont fabriquées là, je ne citerai pas de fabricants, mais je les ai visitées. Les batteries qui sont fabriquées là, sont des batteries qui sont fabriquées avec des cellules qui viennent de Chine. Nous, on ne fabrique pas les cellules.

On les assemble. On les achète aux Chinois. Par ailleurs, les métaux rares qui composent ces batteries sont des métaux rares qui sont traités en Chine, qui sont d'abord récoltés en Chine et traités en Chine.

Encore une dépendance totale, y compris sur les batteries. Alors quand les Chinois fabriquent 1000 batteries, nous, on en fabrique 10 en C'est l'antiste depuis longtemps sur les véhicules électriques, les équipes de batteries chinoises. Ce n'est pas une obsession sur la Chine, mais c'est un constat.

C'est factuel. Alors Stéphane, on a parlé à des incitations pour les particuliers à acheter des voitures électriques mais ces aides s'adressent aussi à d'autres types de véhicules. Oui, dans ce plan d'électrification, le gouvernement va revaloriser les aides pour l'achat de véhicules utilitaires électriques jusqu'à 9500 euros d'aide.

Même chose pour les poids lourds électriques, les entreprises de transport peuvent bénéficier d'un financement jusqu'à 100 000 euros. L'objectif est d'augmenter la part de véhicules électriques dans les voitures particulières, dans les camionnettes, dans les poids lourds. Voilà ce visuel publié par l'Elysée.

Il existe aussi des dispositifs dans cette stratégie d'électrification pour encourager le passage à l'électrique d'engins de chantier ou d'engins agricoles. Mais ça, ça reste assez embryonnaire. Est-ce que ça ne va quand même pas dans le bon sens d'encourager à la fois les particuliers mais aussi les professionnels à passer à l'électrique, notamment sur le transport routier de poids lourd ?

Il n'y avait que 2 % de poids lourd électrique neuf dans les ventes en 2025. D'abord par rapport aux ventes, une petite remarque. Les ventes globales de voitures neuves ont diminué considérablement, y compris dans ces chiffres.

Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'en valeur absolue, tout ça, ça a diminué. Donc évidemment, la part peut-être plus importante de l'électrique aujourd'hui est toujours une part qui est trop basse.

C'est la première chose. C'est un trop basse, en tous les cas par rapport aux objectifs que se sont fixés le casse fixé du gouvernement, par exemple. Alors, s'agissant des incitations, en effet, pour les poids lourds, moi j'ai du mal à y croire.

J'ai du mal à y croire aujourd'hui, les poids lourds, c'est très compliqué, ça consomme beaucoup de gasoil puisque c'est évidemment des diesels. C'est très compliqué de les électrifier et en tous les cas, les batteries sont énormes sur les gros véhicules. Donc ça me paraît être une niche un peu quelque part.

Alors autant on peut imaginer ça sur des flottes de véhicules de transport en commun dans les villes par exemple, comme ça existe déjà, l'hydrogène où électrique, parce qu'ils peuvent recharger facilement, ça pourquoi pas. Mais le poids lourd qu'il fait d'international, ça me paraît extrêmement compliqué. – Alors Stéphane on a parlé des véhicules mais pour que tout cela fonctionne, il faut des bornes de recharge.

C'est ce que vous disiez Alain Kadek et Emmanuel Macron, on en a parlé la semaine dernière quand il a réuni autour de lui ce qu'il a appelé l'équipe de France de l'électrification avec 240 000 bornes en plus de celles qui existent Déjà, écoutez le président. Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030. Et je veux vraiment remercier tous les acteurs, dans la diversité que je viens d'évoquer, qui participent à cet effort collectif.

Le gouvernement s'est doté d'un schéma directeur de déploiement de ces infrastructures de recherche, vous le disiez tout à l Pour vous, ce n'est pas suffisant ? Ça ne résoudra pas les problèmes de maillage de bornes sur le territoire ? Si on arrive à l'objectif fixé par le Président de la République, on fera du progrès, évidemment.

Mais je doute qu'on y arrive. Encore une fois, comme beaucoup d'annonces, il me semble rester au stade d'annonce. Parce qu'il faut que tout le monde s'y mette, il faut que les industriels s'y mettent, il faut que les collectivités s'y mettent.

Tout ça, c'est un coût, c'est un prix et aujourd'hui, notre pays, comme vous le savez, a des grosses difficultés financières. Donc tout ça, c'est lié en fait. Tout ça, c'est lié.

Mais ce problème, On la retrouve aussi en Allemagne, on la retrouve aussi en Espagne, on la retrouve aussi dans les pays de la Pologne. Tous ces pays-là ont le même problème. Les Allemands, ça va être aussi douloureux que les Français, les Allemands.

Pour l'instant, ça va parce qu'ils font des premiums chez BMW ou chez Mercedes, mais Volkswagen actuellement est en très grande difficulté à cause de ce...

J'en reviens au chinois, pardonnez-moi, mais c'est pas la multiplication des bornes en zone urbaine, d'ailleurs, entre parenthèses, qui va régler le problème. Et juste, en quelques secondes, est-ce que l'État a raison de s'appuyer sur les opérateurs privés, comme le fait Emmanuel Macron, à défaut de lancer un grand plan d'investissement national, où vous le disiez, le budget est contraint. Et est-ce que ce n'est pas ça qui manque finalement ?

C'est un choix politique. Puis il y a Total Energy aussi qui va investir dans des bornes. Qui investit déjà.

Qui investit déjà Voilà, Total Énergie. Mais oui, je pense qu'il faudrait...

Vous savez, je suis un vieux gaulliste au canal historique. Donc l'intervention de la puissance publique dans l'économie, ce n'est pas un tabou. Donc pourquoi pas de temps en temps ?

Pourquoi donner ça uniquement au privé, je pense qu'il faut planifier sans doute. Alain Cadec, on va finir cet entretien en regardant ce qu'il y a aujourd'hui dans la presse régionale. On a sélectionné pour vous trois unes de la PQR d'abord, la Il y a une du Courrier de l'Ouest qui parle finalement du sujet de notre conversation avec ce méga projet du groupe Scania, le groupe suédois de transport de poids lourd pour passer ses camions à l'électrique. 70 millions d'euros d investissements annoncés sur son site Angevin à la une du progrès de Lyon face à la hausse du prix de l'essence.

Ces Français qui laissent leur voiture au garage et qui réduisent leurs déplacements pour faire des économies. Et puis à la une, le journal Nord éclaire à Roubaix, le dispositif renforcé pour lutter contre les rodéos urbains. Sur quelle une vous souhaitez réagir ?

Sur les trois, rapidement. Mais le projet de ce Scania, d'abord Scania, il faut rappeler que c'est suédois, qu'il y a des capitaux chinois dans Scania. Les Chinois ont racheté Volvo.

Volvo appartient au groupe Jelly aujourd'hui, alors que c'était un fleuron de l'industrie suédoise. Et donc, est-ce que ce sont vraiment des véhicules européens en tant que tels ? Je n'en suis pas sûr.

Par ailleurs, il y a le mot projet dans le titre et je suis toujours inquiet maintenant quand je vois le mot projet. Crétisation, ça me va, mais projet, c'est plus compliqué. Alors ça, c'est la première chose.

La deuxième E1, oui, je vous en prie. Et rapidement sur la deuxième E1 qui parle de la hausse du prix de l'essence, de ces Français qui – Oui, les Français, pour certains, encore une fois en zone rurale notamment, ils ne peuvent plus utiliser leur véhicule. Donc ils font du covoiturage, ils font un certain nombre de choses.

Ils essayent de se débrouiller, ils trouvent des solutions. Ils ne les ont pas toujours. Il n'y a pas toujours les transports en commun qui permettent de se déplacer, donc c'est vrai que c'est un gros problème pour les Français et le pouvoir d'achat à la hausse du prix de l'essence. – Merci beaucoup Alain Kadek d'avoir été notre invité aujourd'hui, merci Stéphane, on se retrouve dans 20 minutes justement