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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 23 février 2012 12 minContradictoirePortrait personnelInstitutions & électionsImmigration & asileÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

François Hollande

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 40 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:24OuverteRéponse directe

    Quelle ambition ou prétention de changer le destin de la France ?

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Un chef d'État peut encore influer sur le destin de son pays aujourd'hui ?

  • 1:52OuverteRéponse directe

    Difficile signifie-t-il des résistances aux réformes ?

  • 3:07OuverteRéponse directe

    Les fruits des réformes ne seront visibles qu'à la fin du quinquennat ?

  • 3:38OuverteRéponse directe

    Vous parlez de la République et de ceux tentés par l'extrémisme ?

  • 4:08OuverteRéponse directe

    Y a-t-il un seuil de tolérance aux immigrés comme l'a dit Mitterrand ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41Invité politiqueFait
    « Mais c'est une élection présidentielle, c'est un choix de société pour 5 ans peut-être davantage »
  • 2:37Invité politiqueChiffre
    « Je dis que l'allocation de rentrée scolaire va augmenter de 25% pour le mois de septembre »
  • 2:56Invité politiquePromesse
    « J'engagerai, dès le départ, les réformes de structure, réformes fiscales, réformes de l'État, réformes territoriales, réformes de la justice »
  • 4:15Invité politiqueFait
    « Non, je ne pense pas qu'il y ait des seuils, mais il y a des situations »
  • 7:59Invité politiqueChiffre
    « qu'ils vont avoir 1000 euros à la fin de l'année si Nicolas Sarkozy est élu »
  • 10:41Invité politiqueFait
    « monsieur Proglio, président d'EDF, vient de toucher sa retraite chapeau »

Temps de parole

  • François Hollande79 %
  • Présentateur21 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Inter, le 7-9 de Patrick Cohen. Bonjour François Hollande. Bonjour. Dans les librairies ce matin, un livre de 160 pages écrit à la première personne où vous retracez votre itinéraire politique et personnel, résumez votre projet, vous expliquez ce que sont vos valeurs qui fondent votre amour de la France et de la République et pourquoi vous souhaitez, c'est le titre du livre, « Changer le destin de la France ».

Et on se dit, mais quelle ambition ou quelle prétention, pas plus que François Mitterrand a changé la vie des Français, c'était pourtant son slogan de 81, quel autre chef d'État hors période de guerre a pu jamais prétendre dans l'histoire récente avoir changé le destin de la France et des Français ?

0:39
François Hollande

Mais c'est une élection présidentielle, c'est un choix de société pour 5 ans peut-être davantage, c'est un moment où les Français vont décider de leur avenir, pas simplement de leur avenir personnel, mais du sort de leur nation, de la place de la République, des valeurs qui sont essentielles. Nous sommes en plus dans une période de crise, une Europe qui cherche à trouver un nouvel équilibre et qui n'y parvient pas, et donc je veux me mettre à la hauteur de la situation.

1:09
Présentateur

Un chef d'État peut encore infléchir le destin de son pays dans le monde tel qu'il est aujourd'hui ? Mais si je ne le pensais pas,

1:15
François Hollande

je ne serais pas candidat à l'élection présidentielle, je ferais autre chose, je considérerais que mon avenir est local, je suis un responsable d'exécutifs en Corrèze, je peux changer ce que je peux modifier au plan de mes responsabilités à l'échelle d'un département. Là, je me présente pour la République française. Oui, nous pouvons changer le destin du pays, parce que nous ne sommes pas n'importe quelle nation. Nous sommes la France, y compris sur des questions de politique internationale. Nous sommes un pays qui peut prendre l'initiative.

Nous sommes un pays qui est attendu, d'ailleurs, et c'est aussi bien en Europe que sur la planète, pour des positions qui seront différentes de celles qui ont été jusque la conduite.

1:52
Présentateur

Mais juste après avoir promis de changer le destin de la France, vous dites, attention, la situation est trop grave. Pour que nous puissions nous payer de mots, nous ne pouvons pas tout promettre, nous ne pourrons pas tout faire, le début sera difficile. Difficile, ça veut dire, dur à supporter ou troublé avec des résistances aux réformes que vous voulez imposer ?

2:10
François Hollande

Ça, je ne sais pas s'il y aura des résistances, j'imagine. Quand on s'en prend à la finance, quand on s'en prend à un certain nombre de hauts revenus et de gros patrimoines, il y a toujours des frondes qui sont organisées, qui ne sont pas d'ailleurs sans impact. Mais je pense que ça sera difficile, surtout par rapport à la situation qui nous est laissée. Je pourrais, moi aussi, promettre des augmentations de salaire. Qui me croirait aujourd'hui ? Je pourrais dire que des prestations vont augmenter. Je dis que l'allocation de rentrée scolaire va augmenter de 25% pour le mois de septembre.

Mais en même temps, je ne peux pas dire à tous les Français qui m'entendent et qui pourtant vivent l'urgence que d'un seul coup, parce que je serai élu, la vie va immédiatement être modifiée. Et en même temps, j'engagerai, dès le départ, les réformes de structure, réformes fiscales, réformes de l'État, réformes territoriales, réformes de la justice, réformes aussi de ce qui est l'essentiel, c'est-à-dire les droits de chacun.

3:07
Présentateur

Dont on ne verra les fruits qu'à la fin du quinquennat. C'est ça l'idée ?

3:10
François Hollande

On verra les fruits au milieu du quinquennat, je l'espère. Parce que sur la recherche, sur la connaissance, sur l'école, sur la priorité que je veux offrir à l'éducation nationale, il y aura déjà, pour la prochaine rentrée, heureusement, des premières décisions qui changeront ces suppressions de postes qui ont été annoncées. Mais en même temps, il faudra du temps. Parce que pour redresser la croissance, redresser l'industrie, redresser la production, ça ne se fait pas simplement en quelques semaines ou en quelques mois.

3:38
Présentateur

Dans ce livre, vous parlez, François Hollande, de la République, de cette communauté de destin qui fonde notre pays et qui parfois se délite. J'ai été frappé par la façon dont vous vous adressez à plusieurs reprises à ceux que vous appelez les électeurs tentés par l'extrémisme. Je vous entends et je vous tends la main, écrivez-vous. Et à propos de l'immigration, vous revenez sur une phrase prononcée par l'actuel ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, on ne se sent plus chez nous en France. Et vous écrivez, je déplore cette facilité de langage car elle vient d'en haut, mais j'entends aussi la plainte de ceux qui sont restés dans des quartiers qu'ils ne reconnaissent plus.

Comment les blâmer ? Il y a donc, à vos yeux, un seuil de tolérance aux immigrés, comme l'avait dit un jour François Mitterrand ?

4:15
François Hollande

Non, je ne pense pas qu'il y ait des seuils, mais il y a des situations. Ce sont toujours les mêmes qui sont finalement confrontés aux plus dures réalités. Toujours les mêmes qui accèdent difficilement à l'emploi, au logement, à une école de qualité. Et ce sont dans les quartiers où il y a déjà beaucoup d'enfants d'immigrés qu'on remet des familles qui sont arrivées depuis peu sur notre territoire. C'est toujours vers les mêmes villes que l'on fait porter l'essentiel des sacrifices et des efforts. Pourquoi ? Pourquoi cette fatalité ?

Je m'adresse effectivement à ces électeurs qui ont le sentiment, ils me l'ont dit, d'être abandonnés, relégués, oubliés, et qui se disent je ne sais plus à qui confier justement mon destin. Je n'y crois plus. Et vous croyez que je vais rester là les bras ballants en disant mais non, je vais vous faire la morale ? Je considère que cela, je voudrais leur dire écoutez, la France, elle s'est déjà remise d'un certain nombre d'épreuves. Vous devez relever la tête. Nous devons relever la tête. Ensemble. Et considérer que les valeurs de la République, celles d'égalité et de dignité humaine sont les valeurs à partir desquelles nous allons nous reconstituer et nous redresser.

C'est un point très important. Je veux que tous ceux qui vivent et qui m'écoutent peut-être dans cette situation d'urgence, de difficulté puissent trouver une perspective que je ne les abandonne pas que je ne suis pas simplement candidat pour ceux qui vont un peu mieux que les autres. Non, je suis candidat aussi pour ceux qui vont plus mal que les autres.

5:40
Présentateur

Mais je reviens à la question François Hollande ce malaise-là il est lié il est d'ordre social ou il est lié à l'immigration ? Non, il est d'ordre social mais aussi

5:46
François Hollande

parce que c'est là que se cumulent un certain nombre de difficultés parce que ceux qui ne peuvent pas partir de ces quartiers parce que finalement ils y sont relégués qui n'accèdent jamais à la propriété qui ne peuvent pas changer de logement qui même quand ils sont en situation de trouver un emploi ne peuvent pas l'accepter ou peuvent l'accepter mais au prix de coucher dans leur voiture ou d'être dans des campings parce que c'était hélas une situation que l'on rencontre donc je veux qu'il y ait de la mobilité de la fluidité de la promotion je veux que personne se sente finalement relégué dans la République je veux que chacun soit fier d'être français

6:22
Présentateur

et vous approuvez dans votre livre la phrase de Michel Rocard la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde à condition de la cité en entier mais elle doit en prendre sa part

6:30
François Hollande

ben oui bien sûr nous avons d'abord une immigration qui est celle venue de génération en génération aujourd'hui cette immigration ce sont des citoyens français les enfants les petits-enfants sont des citoyens français et ils ont droit à la promesse républicaine rien ne serait pire que de les considérer comme des français de second niveau de seconde zone j'ai entendu des propos qui ont pu les blesser les heurter et quand en plus parce que j'ai entendu aussi ces enfants de nos quartiers me dire moi je suis citoyen français mais je ne me considère pas comme français je leur ai dit à ce moment là vous renoncez à ce qui est finalement votre existence votre identité ce qui devrait faire votre fierté donc je conçois que la promesse républicaine n'est pas toujours tenue et donc je dois faire en sorte par l'école par le logement par l'emploi par l'insertion que chacun dans notre pays quelle que soit son origine puisse trouver sa place

7:24
Présentateur

on va revenir dans quelques minutes sur d'autres aspects de votre livre on a aussi des précisions de programme à vous demander sur divers aspects la fiscalité le nucléaire la fin de vie je voudrais connaître d'abord ce que vous pensez des propositions de Nicolas Sarkozy qu'il a formulé hier soir à la télévision allègement des cotisations sur les bas salaires en supprimant la prime pour l'emploi notamment

7:42
François Hollande

nous sommes dans une campagne électorale les promesses peuvent se faire elles ne peuvent pas être des tours de passe-passe ou des mystifications et hier c'était une mystification c'était de dire à des salariés qui gagnent entre 1000 1200 1400 euros qu'ils vont avoir 1000 euros à la fin de l'année si Nicolas Sarkozy est élu 1000 euros en plus vous entendez ces propos vous êtes salarié vous dites voilà je vais avoir 1000 euros et ce qui n'est pas dit et c'est là qu'il y a la mystification et le tour de passe-passe c'est que ces mêmes salariés vont perdre la prime pour l'emploi c'est à dire qu'on va leur accorder 1000 euros de baisse de charge mais en même temps on va leur reprendre 1000 euros de prime qui leur étaient accordées donc j'ai fait les calculs 3 euros vont avoir les salariés concernés 3 euros par mois en plus 3 euros c'est votre calcul c'est une moyenne ?

c'est une moyenne bien sûr mais vous vous rendez compte on enlève la prime pour l'emploi et on transforme finalement la fin de la prime pour l'emploi en baisse de cotisation sociale les bénéficiaires

8:43
Présentateur

ne sont pas exactement les mêmes

8:44
François Hollande

et en plus ce ne sont pas les mêmes et vous avez raison qui vont être les perdants de cette affaire ?

les familles puisque la prime pour l'emploi est une prime calculée par rapport à la famille puisque ce sont les revenus de la famille qui sont considérés alors que la baisse de cotisation est une baisse individuelle c'est une mesure en plus contre les familles mais c'est surtout une forme de mensonge de candidat je ne parle pas de mensonge d'état déjà les mensonges mais écoutez de dire ils l'ont tous entendu de dire ça va être 1000 euros de plus quand il y a le retrait de la prime pour l'emploi donc je considère qu'il ne peut pas y avoir de promesses qui puissent ainsi tromper et notamment dans une campagne vous savez les français ça fait quand même 5 ans qu'ils connaissent Nicolas Sarkozy comme président de la république ils ont entendu les promesses qui étaient faites en 2007 et donc ils savent ce qu'il faut en garder mais là je peux faire la démonstration fin de la prime pour l'emploi baisse des cotisations sociales aucun avantage pour les salariés mais pire même ces salariés vont payer eux plein pot si je puis dire la hausse de la TVA ça représente 300 euros dans l'année

9:51
Présentateur

mais par principe vous ramènerez toujours Nicolas Sarkozy à son bilan tout ce qu'il pourra proposer dans cette campagne sera nul et non avenu à vos yeux c'est pas son bilan là c'est une promesse fallacieuse vous venez de parler de son bilan et de ses promesses de 2007

10:01
François Hollande

l'expérience de 5 ans permet de savoir ce qu'il faut garder des promesses du candidat sur temps donc quand il promet l'interdiction des retraites

10:10
Présentateur

chapeaux

10:10
François Hollande

et des parachutes dorés alors là aussi on croit rêver on se pince c'est-à-dire pendant 5 ans les retraites chapeaux ont augmenté ont été distribués les parachutes dorés ont pu se laisser là entraîner à accorder aux plus riches des dirigeants français des avantages considérables et là en fin de mandat il viendrait nous dire oh quand même ce n'est pas juste je vais subir ça mais pour le prochain je vais juste prendre un exemple monsieur Proglio président d'EDF vient de toucher sa retraite chapeau qu'a dit le président de la république il l'a emmené dans son avion lui a-t-il dit quoi que ce soit sur sa retraite chapeau mais on est dans quelle campagne électorale de double langage si vous êtes élu Henri Proglio ne sera plus à la tête d'EDF je ne dis pas cela je ne suis pas là pour non mais je pose la question je ne suis pas pour stigmatiser les personnes je dis simplement il y a un fait qui a été révélé de retraite chapeau et puis ensuite Nicolas Sarkozy nous dit qu'il va faire débattre par l'Assemblée Générale d'Actionnaires les rémunérations des plus hauts dirigeants oui c'est pas une bonne mesure ça écoutez franchement j'ai dit qu'il fallait que les salariés soient dans les comités de rémunération et que tout soit publié tout soit transparent vous verrez les conséquences

11:23
Présentateur

un mot sur les regrets exprimés sur la soirée du Fouquet

11:25
François Hollande

oui ça m'a touché j'ai trouvé qu'il y avait un côté petit garçon qui vient de dire qu'il ne retournerait plus au Fouquet la fois prochaine il a même balbutié bafouillé il y avait quelque chose d'émouvant quand même de celui qui était allé au Fouquet il y a 5 ans et qui promettait de ne plus y revenir et bien il n'aura pas besoin d'y revenir puisque j'espère qu'il ne sera plus président au Fouquet

11:47
Locuteur

au Fouquet