Face à Macron, la censure populaire
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Locuteur 1Fait
« nous avons vu hier le chef de l'État jouer la stratégie de la paralysie de la provocation et du chaos »
- 0:30Locuteur 1Fait
« il a copieusement arrosé tout le monde de mépris les gens qui sont au RSA les syndicalistes etc »
- 3:00Locuteur 1Fait
« on ne peut pas vivre dans un pays où l'on a la liberté de participer à des rassemblements sauf si il y a une arrestation préventive »
- 4:30Locuteur 1Fait
« il n'y a pas de violence dans les mouvements que nous sommes en train de vivre »
- 6:00Locuteur 1Fait
« quatre ou cinq poubelles qui brûlent n'est rien du tout à côté de ce qu'on a vu dans le passé »
- 7:30Locuteur 1Fait
« le Syndicat de la magistrature le Syndicat des Avocats de France le la Défenseur des droits ainsi que le rapporteur spécial de l'ONU mettent en cause les méthodes qui sont utilisées en France contre les libertés élémentaires »
- 9:00Locuteur 1Promesse
« il ne céderont pas il s'agit de deux ans de leur liberté que vous voulez leur confisquer »
- 10:30Locuteur 1Chiffre
« en mai 1968 tout le monde croit que ça a duré 2 mois pas du tout ça a duré 17 jours la gamme générale et en 17 jours on a obtenu 30 % d'augmentation du SMIC »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
il faut prendre la mesure de l'importance de ce jour clairement nous avons vu hier le chef de l'État jouer la stratégie de la paralysie de la provocation et du chaos il a fait une intervention pour ne rien dire mais il a copieusement arrosé tout le monde de mépris les gens qui sont au RSA les syndicalistes etc par conséquent la première consigne si je peux me permettre d'en donner c'est que chacun chacune garde son sang-froid mais ne se laisse intimider d'aucune façon aujourd'hui il faut jeter toutes nos forces dans la bataille il faut absolument que par la grève comme c'est le cas me dit-on dans de nombreuses entreprises privées par la manifestation la force la puissance populaire met à l'ordre du jour cette censure populaire qu'il faut voir s'appliquer contre la loi sur la retraite à 64 ans car je voudrais le rappeler nous ne sommes pas dans une disp ute ou ce serait normal une polémique politique nous sommes en train de défendre le fait qu'on ne vole pas deux ans de vie libre à ceux qui travaillent c'est de cela dont il est question à cet instant puisque le contexte m'y invite je voudrais faire aussi un commentaire à propos des conditions dans lesquelles la démocratie dans notre pays fonctionne il ne peut pas être question que nous vivions dans un état de droit conditionnel et conditionner c'est à dire on a le droit de manifester sauf si quelqu'un vous l'interdit alors même que c'est illégal et que même la participation à une manifestation qui n'a pas été déclarée n'est pas une activité illégale on ne peut pas vivre dans un pays où l'on a la liberté de participer à des rassemblements sauf si il y a une arrestation préventive on ne peut pas être dans un pays où s'applique le droit de grève sauf si le préfet décide de réquisitionner l'État de droit conditionnel n'existe pas le seul État de droit c'est celui des droits constitutionnels à la liberté d'expression liberté de manifestation liberté de formuler son opposition quand on s'oppose à tout moment dans les formes qui sont celles de la démocratie sociale et politique pacifique qui est la nôtre je voudrais dire contre tous ceux qui font des gargarismes sur la violence qu'il n'y a pas de violence dans les mouvements que nous sommes en train de vivre que ceux qui en parlent manifestent qu'ils n'ont aucune expérience de ce qui s'est passé dans le passé dans les grandes mobilisations populaires de notre pays qu'il y a eu ici quatre ou cinq poubelles qui brûlent n'est rien du tout à côté de ce qu'on a vu dans le passé et moi je rends hommage au sang-froid qui anime les jeunes gens autant que les salariés les plus anciens qui sont dans la lutte aujourd'hui et qui se comportent d'une manière si maîtrisée je les invite à continuer à maîtriser les formes de leur action car rien empoisonne davantage le pouvoir que d'être confronté à un peuple intensément mobilisé et franchement radicalisé sur sa position d'opposition à la réforme de la retraite à 64 ans dans les formes dans lesquelles nous le faisons ce soir les syndicats de nouveau se seront réunis et il nous diront comment ils voient la suite de la lutte pour ma part je m'exprimerai de nouveau après eux ce soir de nouveau pour donner le point de vue qui sera le mien à ce moment compte tenu des informations que j'aurais eu je le redis jeter toutes vos forces dans la bataille cette journée vous le verrez on vous annoncera partout le numéro classique du soi-disant et soufflement du mouvement il n'aura pas lieu j'appelle tous ceux qui le peuvent à rallier les grévistes qui dans les raffineries aujourd'hui s'opposent aux réquisitions et où que ce soit s'oppose réquisition la réquisition est un droit extraordinaire que se donner ce pouvoir contre les travailleurs en grève les arrestations préventives sont insupportables je répète qu'à cette heure le Syndicat de la magistrature le Syndicat des Avocats de France le la Défenseur des droits ainsi que le rapporteur spécial de l'ONU mettent en cause les méthodes qui sont utilisées en France contre les libertés élémentaires dans ce type de situation et je demande qu'on prenne au sérieux et que le premier le premier responsable de cette situation c'est-à-dire monsieur Macron comprenne que le moment est venu de retirer sa loi car les gens ne céderont pas monsieur le Président il ne céderont pas il s'agit de deux ans de leur liberté que vous voulez leur confisquer et vous devez comprendre que même si vous leur parlez avec autant d'arrogance il ne baisseront pas le nez pour autant ils s'apprête au contraire à être toujours plus nombreux dans l'action et c'est ce que nous allons faire ceci s'appelle la censure populaire [Musique] moi j'attends de voir ce que les syndicats vont dire ensuite j'aurai moi-même des contacts avec beaucoup de gens aussi bien des syndicalistes que des responsables politiques et nous verrons comment nous allons nous y prendre mais l'essentiel c'est que ce fortifie la mobilisation et que chacun entraîne dans la lutte d'autres gens [Musique] il faut un peu de ténacité que voulez-vous que je vous dise il y a une chose qu'on ne fera pas c'est céder alors que nous reste-t-il lutter voilà vous savez on a vu des plus coriace qui finissent par céder en mai 1968 tout le monde croit que ça a duré 2 mois pas du tout ça a duré 17 jours la gamme générale et en 17 jours on a obtenu 30 % d'augmentation du SMIC le droit de créer des organisations syndicales des entreprises j'en passe et des meilleurs par conséquent monsieur Macron en mettant de l'huile sur le feu il s'expose à deux réactions possibles ou bien les gens prennent peur et ça n'a pas l'air d'être le cas ou bien au contraire il s'en durcisse dans la lutte donc d'une certaine façon on peut dire que Monsieur Macron est un encouragement au combat
Jean-Luc Mélenchon