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AutreLe Média (sur YouTube)· 3 décembre 2020 5 minActualité / polémiqueÉducation & rechercheTravail & emploiSanté

LES PIONS EN LUTTE POUR NE PAS ÊTRE SACRIFIÉS PAR MACRON

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Chiffre
    « On a des contrats sur l’année, sur 12 mois, et qu’on a les vacances de l’éducation nationale, du coup ça fait que pour un temps plein AED, c’est 41 heures par semaine. »
  • 2:00Chiffre
    « Pour un SMIC horaire donc 1200€ et quelques. »
  • 3:00Fait
    « On a des établissements qui ne sont pas très grands surtout en région parisienne. On ne peut pas faire des gros bâtiments donc en fait on a des établissement qui suffisent tout juste à accueillir les élèves en temps normal donc pour respecter les 4m2 par personne, je vous laisse imaginer le bazar. »
  • 4:00Promesse
    « Nous revendiquons donc la titularisation sans condition de tous les personnels, par la création d’un statut d’éducateur scolaire, pour la reconnaissance pleine et entière de notre fonction éducative. »
  • 5:00Promesse
    « L’obtention de la prime REP et REP+ pour tous les personnels travaillant dans l’éducation prioritaire. »
  • 5:30Promesse
    « Une prime COVID enfin, pour compenser les risques sanitaires que nous encourons tous les jours face à la situation dans nos établissements. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Aux environs de midi, on nous a fait remonter une centaine de vies scolaires en grèves, dans tous les départements d’Ile-De-France, dont une cinquantaine en vie scolaire morte. C’est trop cool. On fait grève aujourd’hui pour de meilleures conditions de travail.

Pour une revalorisation de notre statut qui est extrêmement précaire et qui l’est depuis sa création en 2003. Quand on regarde nos fiches de mission, notre première mission c’est d’assurer la sécurité physique, morale et affective des élèves. On est surveillant dans la cours, mais on est assistante sociale dans la vie scolaire, on est infirmière quand il n’y a pas l’infirmière, on est éduc. spé. quand il y a besoin.

Donc en fait c’est très large. Ce que ça veut dire c’est qu’on compte sur nous pour assurer tous les moments de vie scolaire, c'est-à-dire les moments dans les établissements scolaires qui sont hors des cours. Vu qu’on a des contrats sur l’année, sur 12 mois, et qu’on a les vacances de l’éducation nationale, du coup ça fait que pour un temps plein AED, c’est 41 heures par semaine.

Donc 41 heures au contact des élèves en permanence. Pour un SMIC horaire donc 1200€ et quelques. On a aussi des moments où on est particulièrement exposés au virus.

Par exemple le moment où les élèves ont le droit - et c’est normal - de pas porter leur masque, c’est la cantine, et donc pendant la cantine on se balade dans le réfectoire où il y a 60, 100, 130 élèves qui ne portent pas leurs masques et on est au milieu de tout ça. On a des établissements qui ne sont pas très grands surtout en région parisienne. On ne peut pas faire des gros bâtiments donc en fait on a des établissement qui suffisent tout juste à accueillir les élèves en temps normal donc pour respecter les 4m2 par personne, je vous laisse imaginer le bazar.

Nous on peut pas respecter les gestes barrière quand les élèves sont collés dans des couloirs de moins d’1m50 de large, parce que c’est ça la réalité des établissements scolaires. Comme on est AED on gère les absences en fait, et il y a beaucoup d’établissements où les CPE, les principaux, ont demandé aux AED de ne pas signifier les cas de COVID aux autres élèves. Par exemple la semaine dernière on s’est rendu compte dans une classe qu’il y avait trois cas COVID, et à aucun moment il ne fallait prévenir les gens.

Du coup implicitement on sait qu’il ne faut pas le faire. Et le fait qu’on ait des contrats précaires fait que c’est très compliqué pour nous, on peut se faire licencier rapidement, on sait que nos contrats c’est des CDD, donc si on veut être réembauchés l’année prochaine, il faut se tenir à carreau. C’est un salaire plutôt de misère.

Moi je ne suis pas en REP mais ceux qui sont en REP, la prime REP+ qui sont pour tous les autres personnels, les prof et tout, il y a une prime REP+, mais pas pour les AED. Nous, on est en première ligne pour faire appliquer les gestes barrières et dans certains établissements on doit refuser des élèves parce qu’ils n’ont pas leurs masques. On doit leur faire mettre du gel hydroalcoolique.

Ce qui s’ajoute aux missions qu’on a déjà au quotidien et qui rend notre travail d’autant plus difficile. Nous on est équipé de masques en tissu blanc, qui ne sont pas forcément très efficaces comme ont pu le montrer des enquêtes. Des agents qui portent ces masques là ont été considérés comme cas contact après avoir côtoyé des élèves qui ont contracté le COVID, tandis que d’autres agents qui avaient des masques chirurgicaux, typiquement, n’étaient pas considérés comme cas contact.

Donc la protection était vraiment minimale et on est au quotidien à proximité des élèves. Et c’est aussi à nous des fois de devoir gérer l’éviction des élèves qui sont diagnostiqués au Covid. Moi je sais que dans mon établissement il n’y avait pas d’infirmière au début de l’année donc c’était à nous de gérer ce genre de cas aussi.

Nous revendiquons donc la titularisation sans condition de tous les personnels, par la création d’un statut d’éducateur scolaire, pour la reconnaissance pleine et entière de notre fonction éducative. L’augmentation des salaires et la baisse du temps de travail. L’obtention de la prime REP et REP+ pour tous les personnels travaillant dans l’éducation prioritaire.

Une prime COVID enfin, pour compenser les risques sanitaires que nous encourons tous les jours face à la situation dans nos établissements. De l'argent, de l'argent, ou on gère plus vos enfants. Vie scolaire, déter et en colère !