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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 16 janvier 2025 126 minAutoproduitPortrait personnelInstitutions & électionsDéfenseSolidarités & familleImmigration & asile

EN DIRECT | Hommage public à Jean-Marie Le Pen depuis Paris

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:50:38InvitéFait
    « Le 21 avril 2002, il faisait trembler système, éliminant la gauche en restant fidèle à son histoire, ses idées, ses valeurs et ses amis. »
  • 1:53:39InvitéFait
    « Il resta fidèle à cette cause et très ému par leur sacrifice pour la France. »

Temps de parole

  • Invité48 %
  • Invité 221 %
  • Présentateur13 %
  • Invité 37 %
  • Invité 45 %
  • Invité 52 %

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17:20
Invité

ça ne m'étonne pas, ça n'est pas étonnant. J'éclate tellement dans ma création. La charité, dit Dieu, ça ne m'étonne pas, ça n'est pas étonnant. Ces pauvres créatures sont si malheureuses qu'à moins d'avoir un cœur de pierre, comment n'auraient-elles point charité les unes des autres ? Ce qui m'étonne, dit Dieu, c'est l'espérance et je n'en reviens pas. L'espérance est une toute petite fille de rien du tout, qui est venue au monde le jour de Noël de l'année dernière. C'est une petite fille de rien du tout, elle seule, portant les autres, qui traversa les mondes révolus. La foi va de soi, la charité va malheureusement de soi, mais l'espérance ne va pas de soi.

L'espérance ne va pas toute seule. Pour espérer, mon enfant, il faut être bien heureux, il faut avoir obtenu, reçu une grande grâce. La foi voit ce qui est, la charité aime ce qui est. L'espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera. Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera. Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé, sur la route montante, traînée, pendue au bras de ses deux grandes sœurs qui la tiennent par la main, la petite espérance s'avance. Et au milieu de ses deux grandes sœurs, elle a l'air de se laisser traîner, comme une enfant qui n'aurait pas la force de marcher, et qu'on traînerait sur cette route, malgré elle.

Et en réalité, c'est elle qui fait marcher les deux autres, et qui les traînent, et qui fait marcher le monde, et qui le traînent. Car on ne travaille jamais que pour les enfants, et les deux grandes ne marchent que pour la petite.

19:17
Présentateur

Et du Val de Grâce, je vous y souhaite la bienvenue. Cette église est un joyau du XVIIe siècle. Elle a été construite par Anne d'Autriche, en remerciement fait au ciel pour la difficile conception et naissance d'un enfant, le futur Louis XIV. A l'origine, abbaye bénédictine. Le site est désormais militaire, cœur du service de santé des armées. Aujourd'hui, c'est la célébration d'une messe pour le repos de l'âme de M. Jean-Marie Le Pen qui nous rassemble. Afin de faciliter le recueillement, je vous remercie de mettre vos téléphones en mode silencieux.

Pour faciliter le bon déroulement de la célébration, la distribution de la Sainte Communion ne sera proposée qu'à l'issue de la cérémonie, dans la chapelle du Saint-Sacrement, située derrière le bal d'Aquin. L'accès se fera sur votre gauche.

27:05
Invité

Ensemble, entrons dans la prière du Seigneur. J'ai péché en pensée, en parole, par action et par ambition. Oui, j'ai vraiment péché. C'est pourquoi j'ai supplié la bienheureuse Vierge Marie, les anges et tous les saints, et vous aussi, frères et sœurs, de prier pour moi, le Seigneur. Que Dieu Tout-Puissant nous fasse miséricorde, nous pardonne nos péchés et nous conduise à la vie éternelle. Dans ton amour Seigneur, tends l'oreille à nos prières. Accorde à l'âme de ton serviteur, Jean-Marie Le Pen, le pardon de tous ses péchés. Pour qu'il vive au jour de la résurrection, et goûte le repos dans la douceur de ta lumière.

Par Jésus le Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec toi, le Saint-Esprit, Dieu pour les siècles des siècles. Lecture de la seconde épître de Saint Paul apôtre à Timothée Mon bien-aimé, je t'adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts par son avènement et son royaume. Prêche la parole, insiste, attends et à contre-temps, reprends, censures, exhortes, avec une entière patience et souci d'instruction. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs, se donneront une foule de maîtres, l'oreille leur démangeant. Et ils détourneront l'oreille de la vérité pour se tourner vers les fables.

Pour toi, sois sobre en toutes choses, endure la souffrance. Fais œuvre de prédicateur de l'Évangile. Remplis pleinement ton ministère. Quant à moi, je suis déjà offert en sacrifice. Et le moment de mon départ approche. J'ai combattu le bon combat. J'ai achevé la course. J'ai gardé la foi. Désormais m'est réservée la couronne de la justice que m'accordera en ce jour-là le Seigneur, le juste juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront chéri son apparition. Parole du Seigneur En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples,

39:09
Présentateur

« Ne jugez pas pour ne pas être jugé. De la manière dont vous jugez, vous serez jugé. De la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. Quoi ? Tu regardes la paille dans l'œil de ton frère. Et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? » Ou encore, « Comment vas-tu tirer à ton frère, « Laisse-moi enlever la paille de ton œil, alors qu'il y a une poutre dans ton œil à toi ? » Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil, alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l'œil de ton frère. Acclamons la parole de Dieu.

40:30
Invité

Frères et sœurs, chères familles et amis de M. Marie-Jean-Le Pen, Marie-Le Pen, excusez-moi, c'est l'émotion quand même. Nous sommes réunis aujourd'hui à Val-de-Grince pour rendre hommage et dire adieu au cours de cette messe de récuème à M. Jean-Marie-Le Pen. Si j'en suis le prêtre célébrant, c'est que sa famille a fait appel à M. Pexon, un ancien homené militaire et qui plus est de la Légion étrangère. La Légion étrangère est une grande famille. Et M. Le Pen a fait partie. À la Légion étrangère on dit, « Légionnaire un jour, légionnaire toujours. » Je ne connaissais pas M. Le Pen personnellement, mais en tant que Légionnaire, il est mon frère. Cette fraternité doit être notre prière.

Cette fraternité est prière commune au Père commun, un non-jugement pharisien de celui qui porte toute son attention à la paille de son prochain, un non à sa propre poutre. M. Le Pen était breton, français, d'une famille de péchères, dont le Père, en son invire, a perdu la vie en raison d'une mine allemande durant la sombre guerre de 1940. Reste seul orphelin avec sa mère, il est devenu l'opinion de la nation et a pu entreprendre des études, pas toujours faciles du fait de son caractère rebelle. Et les droits étaient son choix universitaire, son premier domaine des responsabilités politiques. Ne mettons pas sur les différents engagements politiques successifs de M.

Le Pen qui ne sont pas de ma compétence, si ce n'est pour dire qu'ils ont toujours été motivés par l'amour de la France. Je me permets seulement d'observer qu'avant de prétendre servir la France, il faut d'abord l'aimer. Cela ne suffit pas, mais c'est nécessaire. J'inviterai donc tous les spécialistes du jugement à regarder s'ils ont des mains. Je m'explique. Le pays aimait à dire à certains intellectuels des services qu'ils certes, ils ont les mains propres, c'est parce qu'en réalité, ils n'ont pas de mains. Avec vous, je souhaite avant tout m'arrêter sur l'engagement militaire. M.

Le Pen, tout jeune député, abandonne le confort de la Chambre des députés et les attraits de l'art oratoire où il fait mouche pour le combat pour la France en Indochine, en Algérie, où il y avait plus de coups à prendre que de gloire à récolter. Et cet engagement militaire s'est réalisé sous l'uniforme de la Légion étrangère, sur les valeurs de fidélité, de courage, d'abnégation. Je n'ai pas l'habitude de parler de moi dans une homélie. Alors aujourd'hui, je ferai une exception. Arrivée de Pologne à l'âge de 20 de vingt, je ne parlais pas un mot de français. Alors vous m'excusez mon accent.

J'ai donc appris cette belle langue et par un concours des circonstances providentielles, je me suis rapidement intégré dans ce pays. Je suis, comme on dit, la première génération d'immigrés, celle qui a souvent du mal à se reconnaître, à trouver sa place, à s'identifier. Celle dont la plupart des cas se revolte, tout en profitant du système. Non seulement je me suis intégré et assimilé, mais je me suis laissé séduire par le charme, la grande ère de la France. J'aime ce pays. Un statut de mon humilitaire a permis, à maintes reprises, de le dire et aussi, en toute humilité, de le prouver.

C'est pour cela qu'aujourd'hui, j'ai pris le Seigneur de nous donner le courage à nous tous, à chacun de nous, de prendre conscience de ce qui se passe en France. J'ai pris le Seigneur de nous donner la foi, car il n'y a que dans la foi que notre service, notre sacrifice pour la France prenne tout leur sens. Comme M. Le Pen, la Légion étrangère a appris un chant intitulé « Les fagnons de la Légion ». Permettez-moi de vous citer le refrain. « Tu as vu les fagnons de la Légion. On nous appelle les fortes têtes. On a mauvaise réputation. Mais on s'en fout comme d'une musette. On est fiers d'être à la Légion, à la Légion.

Et ce qu'ignore le vulgaire, c'est que du soldat au colon, ils ont une âme des mousquetaires, les légionnaires. » « Oui, M. Le Pen, vous étiez une forte tête. Vous avez une mauvaise réputation. Mais vous avez eu aussi une âme des mousquetaires. Mousquetaires, soldats au service de la France. La qualité principale des soldats est le courage. Saint Thomas d'Aquin affirme que le courage est la capacité de regarder la mort en face au moment d'une crise. Supporter, c'est-à-dire se tenir debout dans les dangers, est un acte plus fort que d'affronter les dangers lui-même. Et selon lui, le courage contient la crainte, mais modère l'audace.

incontestablement, les chrétiens, ceux qui croient en Jésus-Christ, sont les disciples d'un homme qui a eu peur au moment de sa mort, mais il ne s'est pas pour autant dérobé à sa mission. Ainsi conçut le courage et dents de l'Esprit-Saint. Sur les drapeaux des régiments de France sont inscrits deux mots, honneur et patrie. En Occident, l'honneur fut d'abord associé au fait d'être bien-né, d'être ainsi capable, dans l'action, d'une grande ère pour en dépasser l'exigence districte et devoir. Qu'est-ce que l'honneur ? C'est la force de l'âme animée ou réveillée par le devoir et qui, quelquefois même, nous porte au-delà de ce qu'il prescrit. Ce sont des paroles de sainte foi.

Les honneurs deviennent ainsi les signes distinctifs du rang de la place occupée dans la hiérarchie sociale. L'hémopatrie désigne étymologiquement les pays des pères. La France était les pays de la noblesse, d'excellence. Il y avait la place pour Dieu, c'était la fille aînée de l'Église. Il y avait la place pour la famille, la justice, la vraie justice, celle qui s'ajuste à la volonté de Dieu. Et à la Légion, on a remplacé les mots patrie par fidélité. Fidélité qui signifie la constance dans les affections, les sentiments, et plus précisément, c'est la qualité d'une personne qui ne manque pas à la parole donnée, à la foi donnée, aux engagements.

La fidélité s'enracine dans une décision qui engage à l'égard de quelqu'un l'attitude de foi, de confiance, confiance qui est au cœur de la fidélité, qui a caractère inconditionnelle. Je te promets fidélité, non pas sous telle ou telle condition, mais parce que c'est toi. Et la fidélité se vit par rapport à la durée, au temps, et l'histoire. Elle s'appuie sur le souvenir, l'espérance, tenons ensemble en quelque sorte les passés, le présent et l'avenir. Chère famille de M. Le Pen, je suis heureux et triste d'être là. Je suis prêtre catholique, je vécuera une paroisse, je crois en Dieu, en la vie éternelle. éternelle.

Je crois que la vie a un sens, la joie a un sens, l'amitié a un sens, l'amour a un sens, la justice a un sens, le progrès a un sens, la liberté a un sens. Ce que j'ai vis avec vous, ce que j'ai vis avec ma famille, avec mes amis, tout ceci a un sens. Tout ceci va être vécu. Je pourrais dire aussi là, l'injustice, la souffrance, la violence, la haine n'ont pas de sens. Ils sont absurdes, incompréhensibles, inadmissibles, révoltants. Et je crois que l'au-delà, c'est l'infini et Dieu. Et Dieu est l'amour sans infini. La Borde Saint-Jean a écrit « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on l'aime.

» Je suis heureux d'être là, de penser que Jean-Marie a rejoint l'amour infini de Dieu. Je suis triste d'être là car je sais qu'il vous manque. C'était votre époux, votre papa, votre daddy. Il vous a aimé comme vous l'avez aimé, comme vous l'aimez encore. Il vous a forgé. prions donc pour lui. Il était catholique, homme comme nous tous, avec ses qualités, avec ses défauts. Son amour pour Saint-Jean-de-Arc témoignait du lien indissociable de la mort de la France de ses racines chrétiennes. Gardons de lui ce courant chrétien récent ou à qui il lui demandait sur quel type de mort se portait son choix. Il a répondu que c'était celle voulue par Dieu.

Il achevait ce entretien par la parole même du Christ « Que votre volonté soit faite, non la mienne. » Jean-Marie, mon frère, repose en paix.

55:34
Locuteur 3

Seigneur, nous vous confions Jean-Marie, fils de Bretagne, terre bénie sous la protection de Saint-Anne et Saint-Yves. Qu'il trouve auprès de vous la paix éternelle portée par la foi de ses ancêtres et l'amour de sa terre natale. Saint-Anne, mère de Marie et patronne de notre région, veillez sur Jean-Marie dans son passage vers la lumière. Vous qui êtes un refuge pour tous les Bretons, guidez-le vers le repos éternel auprès de Dieu.

56:13
Invité

Prions pour les siens, son épouse, ses enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants. Que l'amour qui les unit les aide à supporter cette épreuve et à faire vivre la mémoire de celui qu'ils ont perdu. nous vous prions Seigneur pour ses amis, ses compagnons de route et ses militants dans la peine, ceux qui n'ont pas pu être présents aujourd'hui, afin que l'espérance d'une vie éternelle les console. Nous vous prions pour notre pays, la France.

Vous qui avez miraculeusement suscité Saint-Jean d'Arc pour défendre la foi et la patrie, faites, s'il vous plaît, par son intercession, que les Français sachent choisir pour les gouverner et les guider, des hommes sages et justes qui assureront à votre peuple par le respect de vos saintes lois la tranquillité dans l'ordre et la liberté de votre Église. Qu'elle dise aux hommes l'espérance, qu'elle se fasse proche de ceux qui souffrent et qu'elle marche aux côtés de ceux qui combattent pour un monde plus juste. Nous vous prions, Seigneur, pour que votre Église fasse émerger de saints prêtres qui iront partout et sans peur répandre votre parole et convertir les âmes.

« Sauve tous les hommes et ne veux en perdre aucun. Écoute la prière de ton peuple et donne-lui la joie d'être exaucé par Jésus le Christ, notre Seigneur. » Par votre offrande, vous contribuez directement à la formation des séminaristes et aujourd'hui, ils seront actifs comme aumôniers militaires. Merci de votre générosité. J'aimerais vous donner offrir le sacrifice de toute l'Église. Dieu éternel et tout-puissant, ton Fils s'est offert à nous comme le pain de la vie et a rependu son sang pour nous à brevets à la coupe du salut. Prends pitié de ton serviteur, Jean-Marie Le Pen, et donne à l'offrande que nous te présentons d'être pour lui cause du salut. Par Jésus le Christ, notre Seigneur.

Amen. Le Seigneur soit avec vous, élevant notre cœur, rendons grâce au Seigneur, notre Dieu. Il est justement pour ta gloire notre salut, de t'offrir notre action de grâce toujours en Dieu. Seigneur, Père très Saint, Dieu éternel et tout-puissant, parle le Christ, notre Seigneur. Il est le salut du monde, il est la vie des hommes et la résurrection des morts. Par lui, les anges adorent ta majesté et se réjouissent en ta présence à jamais. À l'heure hume des louanges, laisse-nous joindre nos voix pour chanter et proclamer.

Il est vraiment Saint, Dieu de l'univers, et il est juste que toute la création proclame ta louange, car c'est toi qui donnes la vie, c'est toi qui sanctifie toutes choses par ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, avec la puissance de l'Esprit Saint, et tu ne cesses de rassembler ton peuple afin que du levant, au couchant du soleil, une offrande pure soit présente à ton nom. C'est pour quoi nous te supplions, Seigneur, de consacrer toi-même les offrandes que nous appartons. sanctifie-les par ton Esprit pour qu'elles deviennent le corps et le sang de ton Fils, Jésus-Christ, notre Seigneur, qui nous a dit de célébrer ce mystère. La nuit même où il fit livrer, il prit le pain.

En te rendant grâce, il dit la bénédiction, il remplit le pain et le donna à ses disciples en disant « Prenez et mangez-en tous, ceci est mon corps livré pour vous. » Mais même après le repas, il prit la coupe. En te rendant grâce, il dit la bénédiction et donna la coupe à ses disciples en disant « Prenez et vivez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'Alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et pour la multitude en rémission de péché. Vous ferez cela en mémoire de moi.

» Il est grand les mystères de la foi, en faisant ici mémoire de la mort et de la résurrection de ton Fils, de sa glorieuse résurrection, son ascension dans le ciel, alors que nous attendons son dernier avènement. Nous t'offrons, Seigneur, en action de grâce, ce sacrifice vivant et saint. Regarde, nous t'en prions l'oblation de ton Église et de nous reconnaître ton Fils qui, selon ta volonté, se offert en sacrifice pour nous réconcilier avec toi, qu'on nous sera nourris de son corps et de son sang et remplis de l'Esprit Saint. Accorde-nous d'être un seul corps, un seul esprit dans le Christ.

1:09:57
Présentateur

Esprit Saint, fasse de nous une éternelle offrande à ta gloire pour que nous obtenions un jour l'héritage promis avec tes élus, en premier lieu la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, avec Saint Joseph, son époux, les bienheureux apôtres, les glorieux martyrs, Saint Jean et tous les saints qui ne cessent d'intercéder auprès de toi et nous assurent de ton secours. Et maintenant, nous te supplions, Seigneur, par le sacrifice qui nous réconcilie avec toi, étends au monde entier le salut et la paix.

Affermis ton église en pèlerinage sur la terre dans la foi et la charité, en union avec ton serviteur, notre pape François et notre évêque Antoine, l'ensemble des évêques, les prêtres, les diacres et tout le peuple que tu as racheté. Et souviens-toi de Jean-Marie, celui qui a quitté ce monde et que tu appelles auprès de toi. Puisqu'il a été uni à la mort de ton Fils, donne-lui de participer à sa résurrection, le jour où le Christ ressuscitera dans la chair ceux qui sont morts et transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux. Souviens-toi aussi de nos frères et sœurs défunts, souviens-toi de tous ceux qui ont quitté ce monde et trouvent grâce devant toi.

En ta bienveillance, reçois-les dans ton royaume où nous espérons être comblés de ta gloire tous ensemble et pour l'éternité, quand tu essuieras toutes larmes de nos yeux en te voyant, toi notre Dieu tel que tu es, nous te serons semblables éternellement et sans fin nous chanterons ta louange par le Christ notre Seigneur, par qui tu donnes le monde toutes grâces et tout bien.

1:12:02
Invité

Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu et le Père tout puissant, dans l'unité du Saint-Esprit, tout en air et toutes tes gloires pour les siècles et des siècles. Nous avons appris d'y sauver et s'élançant comme on demande, nous allons chanter ensemble. Et donne-le après un autre temps, soutenue par ta miséricorde. Nous serons libérés de tous péchés à l'abri de toutes épreuves, nous qui attendons que se réalise cette bienheureuse espérance, l'avènement de Jésus-Christ, notre Sauvère. Quoi qu'à partir. Seigneur Jésus-Christ, il y a dit à tes apôtres, je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ne regarde pas nos péchés, mais la foi de ton Église pour que ta volonté s'accomplisse.

Donne-lui toujours cette paix et conduis-la vers l'unité parfaite, toi qui vis et règne pour les siècles des siècles. Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous. Que la paix du Seigneur soit toujours avec vous. voici l'agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Seigneur, je ne suis pas digne des terrasseaux, mais dis-le-moi. Le Christ nous garde pour la vie éternelle. de la vie éternelle. Nous t'implorons humblement, Seigneur. Nous t'implorons pour l'âme de ton serviteur, Jean-Marie de Pen, qu'elle soit dégagée des liens de la mort et puisse réjoindre la communauté des rachetés par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

que Dieu est tout-puissant, vous bénisse, le Père, le Fils, le Saint-Esprit. Allez dans la paix du Christ. Jean-Marie de Pen n'était pas un être simple, pas plus qu'un père comme les autres. C'était un breton, un caractère, un tempérament, une âme bien trempée, une personnalité hors normes. L'histoire personnelle de notre père, c'est celle d'un enfant de la guerre dont la facétieuse insouciance fut fracassée par la mort tragique à 42 ans de son père, notre grand-père Jean-Le Pen, qui sauta avec son bateau sur une mine allemande.

C'est ainsi que l'adolescent qu'il était fut propulsé dans la terrible réalité de la vie, devenant à 14 ans un chef, le chef de famille, une famille pauvre mais digne, une famille qui se réduisait à sa mère. Par la suite, peut-être parce qu'il fut fils unique, il sera toujours chef de bande, avec ses copains à la Corpo de droit, à l'armée, en politique. La frustration d'être refusé au maquis de Saint-Marcel et conduit parce que trop jeune l'empêcha de faire son deuil, un deuil qu'il porta dans un silence intérieur douloureux toute sa vie durant.

Et si extraverti dans la vie, il ne l'était plus lorsque cela concernait les sentiments et ne s'épanchait pas sur ses souvenirs d'enfance, même avec nous, ses filles. Son histoire, c'est celle d'un fils de marin-pêcheur brillant et déjà cultivé qui monte à Paris faire ses études avec son énergie et son enthousiasme, ses rêves et ses illusions. Peut-être parce qu'il n'a pas tous les codes ou n'entre pas dans les cadres, on lui fait sentir qu'il n'est pas de ce monde, pas de leur monde. Il passera de l'autre côté de la barrière, du côté qu'il considère être celui de la justice, de la vérité et du bien.

Il aurait pu être un avocat brillant, mais il choisit de défendre une seule cause, la France. On ne reste jamais longtemps avocat dans notre famille. Ses blessures d'enfance et de jeunesse n'en feront pas un accablé mais un révolté. Un révolté qui n'aura alors de cesse que de mettre son énergie farouche et son tempérament de dur breton au service de ses rêves de dépassement, de ses rêves d'aventure, mais aussi et surtout pour ce patriote indomptable de ses rêves de grandeur pour la France. Même s'il fut révolté, il resta toute sa vie un démocrate respectueux des institutions de son pays qu'il servit comme militaire et parlementaire durant sept décennies.

C'est autour de ses grands rêves qu'il concevra sa vie, en se jetant un corps perdu dans le tourbillon des événements, des campagnes militaires aux campagnes électorales, dédiant son amitié à ses compagnons qu'il avait l'habitude de saluer par un joyeux salut et fraternité. Il n'était pas un papa poule. Ce n'était pas vraiment la tradition dans les familles de marins, mais il a toujours été là pour nous, ses filles, dans les coups durs de la vie de manière indéfectible. Il a toujours été aussi là pour ses amis et ses compagnons qui pouvaient toujours compter sur lui. Il prenait sa part et souvent plus que sa part, par amitié et par loyauté.

Cette vertu rare des cœurs sincères et des âmes droites. Malgré les épreuves nombreuses de son existence, il garda jusqu'à son ultime souffle un formidable instinct de vie. Cette vie qu'il appelait au combat et l'obligeait à la résilience pour, disait-il, en reprenant une chanson qu'il aimait tant, faire du temps passé, du temps qu'on se rappelle. Comme tous les hommes d'action, il était habité de la croyance entêtante que ce temps qui file était le plus précieux des dons du ciel et surtout que le temps qui reste est plus important que le temps passé.

C'est pourquoi, profondément respectueux du temps accompli et de la mémoire des faits et des hommes, il refusait la nostalgie, celle qui paralyse, cette maladie fréquente dans le milieu qui interdit d'innover, d'imaginer la suite, d'aller de l'avant. Ce fut dans ses combats le moteur de sa créativité, de sa faculté à être toujours un précurseur, d'être celui qui ouvre les voies nouvelles. Et c'est une chose que Jean-Marie Le Pen aura léguée à notre famille, mais aussi à sa famille politique, parfois austère et souvent pessimiste.

C'est cette foi inébranlable dans l'avenir, le recul assuré et parfois ironique, face à l'adversité, cette capacité supérieure de détachement pour vivre pleinement dans l'instant. Ainsi, il enseignait le bonheur d'être ensemble, celui d'échanger, de partager ou de faire vivre une idée, de souder les énergies pour mener avec panache et esprit fraternel l'aventure de la vie. C'est ce stoïcisme qu'il mettait en pratique avec un principe simple, c'est une bonne école de la vie, un précepte plutôt inconfortable quand, petite fille, nous étions persécutés pour le nom que nous portions. Ce nom dont nous sommes aujourd'hui si fiers.

Mais en nous inculquant cette sage indifférence ou la certitude de pouvoir agir malgré tout, il nous a donné les capacités de résistance aux attaques les plus viles. Oui, nous avons été un peu éduqués comme des garçons. Mais il s'appliquait les règles qu'il nous donnait. On ne se plaint pas. Et jusqu'à son dernier souffle, il ne se plaignit pas une fois. « Tu pourrais être pieds nus dans la neige pendant la guerre. » Cette phrase mythique dans la famille dont on sourit entre nous était sa réponse à toute tentative de récrimination. Le message est bien passé aussi à ses petits-enfants et ses arrières-petits-enfants.

Il avait l'idée ancrée en lui que malgré les coups du sort, malgré les obstacles du quotidien, malgré les vicissitudes des jours, la vie était une formidable chance qu'on ne vivait pas de regrets mais de projets, pas d'intentions mais d'actions, pas d'espoir mais d'espérance. C'est lui qui nous a appris que même dans les moments les plus critiques, il fallait garder persévérance et joie, recul et dérision, sans froid et sens de la fête. les chansons pour la maison, les chants pour le combat.

Lorsque la vie se fait hymne à la liberté, liberté de penser, liberté de parole, liberté d'engagement, liberté de servir mais aussi de subir, celle de ne pas accepter, c'est-à-dire pour cet esprit frondeur et quasiment libertaire, la liberté de vivre, tout simplement. Avec lui, avec sa bonne étoile, nous ayons toujours la certitude d'être protégés. Quand nous nous faisions du souci pour lui, pour sa sécurité, pour sa vie, il nous disait « Nous sommes dans la main de Dieu ». Maintenant, Jean-Marie Le Pen est auprès de Dieu. Adieu, papa. Cher Dadi, cher Jean-Marie, tu es mort un 7 janvier.

Tu es mort comme tu as vécu, sans plainte, sans lamentation, fière, digne, drapée dans nos couleurs nationales que tu chéris ces temps, entre ton t-shirt bleu, ton drap blanc et ta couverture rouge, comme un clin d'œil de la Providence. Je ne te l'apprends pas, le 7 janvier est le jour de Noël dans l'Église orthodoxe. Et si l'Église romaine n'a pas perpétué cette tradition, permets-moi quand même d'y voir le signe d'une vie qui s'achève dans ce qui la mue, l'espérance. Non, définitivement, tu ne laissais aucune place au désespoir, ce poids mort de l'histoire. Aucun répit au fatalisme, aucune trêve au renoncement.

Dans cette vie qui s'écoule comme le sable entre les doigts des enfants, tu ne trouvais de sens et de valeur qu'en une seule chose, le combat. Tu ne respectais l'adversaire que s'il était un battant. Et tu t'inclinais bien davantage devant le plus petit des soldats que devant le plus puissant des planquiers. Une vie sans combat était pour toi une vie de mort vivant, de tiède, d'indifférent. Et tu haïssais les indifférents. Se battre. Se battre, chacun, chaque jour et malgré tout. Se battre pour ce qu'on aime, pour ce qui nous est cher, pour sa patrie, pour ce qui restera. Pour l'esprit, plus encore que pour la matière. Pour l'honneur, plus que pour la gloire.

Pour la mémoire, plus que pour le confort. Voilà ce en quoi tu croyais. Voilà ce en quoi tu as enjoint les Français durant soixante longues années. Écoutez le souffle encore vivant de Jeanne d'Arc, nous disais-tu. Bataillez, et Dieu vous donnera la victoire. Dieu ne t'a pas donné la victoire, mais il t'a offert autre chose. Il t'a offert une destinée. Une destinée à partir de rien, depuis ton humble naissance bretonne et paysanne. Il t'a donné les tripes, il t'a donné l'intelligence et le cœur pour faire naître dans ton sillage des millions d'hommes debout, prêts à enrayer le déclin du courage. Et Dadi, regarde, tu as réussi.

Ton armée des sans voix et des sans grattes s'est levée sur ton mot d'ordre. Soyez fiers d'être français. De discours en discours, de plateau en plateau, ils ont fini par se souvenir qu'ils avaient quelque chose en eux et chez eux à aimer et à défendre. On n'arrête pas un peuple en marche. On n'arrête pas une idée vraie. On n'arrête pas un exemple juste. Cet exemple, il n'a eu de cesse d'inspirer tout au long de ma vie et même encore aujourd'hui après ta mort, une foule immense de jeunes Français. Ils sont nombreux aujourd'hui, serrés dans cette église, forcément trop petite pour l'homme que tu étais.

Tu as toujours apprécié la compagnie de la jeunesse et tu lui as toujours laissé une place de choix dans ton mouvement. C'était là l'expression de ta générosité. Tu n'avais pas le savoir ou l'expérience égoïste. Tu étais trop conscient de la finitude de tout homme, tout comme de l'éternité de la lutte pour ne pas avoir le souci de nourrir la flamme et de passer le flambeau dans l'obscurité. Comme un dernier enseignement, tes mots simples à une journaliste te demandant il y a quelques années de dresser le bilan de ton action. Tu as dit « J'ai fait ce que j'ai pu ».

Quand viendra le crépuscule, puissions-nous, nous aussi, nous prévaloir de la conscience tranquille et ne pas rester muet devant la question fatidique de la parabole évangélique. Qu'as-tu fait de ton talent ? Alors bien sûr, tu n'étais pas parfait, tu n'étais pas un saint, mais qui, ici, dehors ou parmi les résistants de Salon, pourrait te jeter la première pierre ? Ton esprit libre, ta mémoire phénoménale et ta tête dure de breton ne souffraient pas la moindre injonction ou intimidation. C'était ta force et c'était aussi ta faiblesse. Tu disposais en revanche d'une vertu admirable et peu commune, le pardon. Oui, tu savais pardonner.

Tu aimais trop la vie, respirer son parfum, goûter ses fruits pour risquer de la gâter par l'aigreur de la rancune. Tu connaissais trop le cœur des hommes pour t'en laisser compter. Là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie, soufflais-tu désabusé devant les déceptions, les trahisons, les lâchetés et les abandons. Mais surtout, en pleine conscience de la situation, tu aspirais trop au rassemblement pour entretenir les veines amertumes. « Paie mes brebis, paie mes agneaux » était l'une de ces phrases que tu dégainais comme une caresse devant les disputes et devant les conflits. « Pardonnez et vous serez pardonnés » rapporte Saint-Marc dans les Évangiles.

Nul doute que le magnanime que tu étais ait pu, à son tour, gagner son pardon. À choisir, je le sais, tu aurais préféré t'éteindre à 30 ans. Lâche pour mourir en héros, aimais-tu répéter, ou bien trépasser sur scène comme Molière. Finalement, tu succomberas en vénérable patriarche. Acta est fabula. Mais la pièce n'est pas encore tout à fait jouée. Tu vois tous ces médiocres et ces infâmes danser sur ta tombe et tu t'en amuses, c'est certain. Je sais que de là-haut tu leur réponds tel Cyrano de Bergerac dans une ultime bravade. « Oui, vous m'arrachez tout, le laurier et la rose. » Il y a malgré vous quelque chose que j'emporte.

Et ce soir, quand j'entrerai chez Dieu, mon salut balayera largement le seuil bleu. Quelque chose que sans un pli, sans une tâche, j'emporte malgré vous et c'est mon panache. Cher Jean-Marie, pour ton dernier voyage, bon vent et bonne mer. Tous les matins, quand tu arrivais à la Serpe, tu prononçais ces mots avec l'énergie et la force qui t'ont toujours caractérisé. C'était en 1973 et nous avions fêté, il y a deux ans, nos noces d'or de l'affection. Je me souviens des soirées Villa Poirier, de tes discussions passionnées avec mon père. Tu comprenais sa douleur d'être séparée de sa famille, enfermée derrière le rideau de fer. Bien des années plus tard, nous sommes allés en Roumanie.

Jamais je n'aurais pu penser que nous visiterions ensemble le palais indécent de Ceausescu. En ce temps-là, la vie était malgré tout si belle, bohème un peu, exaltante toujours. À la suite d'un petit souci de santé, tu m'avais envoyée en convalescence avec ma mère dans ta maison de la Trinité. Le sol y était encore en terre battue et j'y ai entreaperçu ce qu'avait dû être ton enfance que tu décriras plus tard, des années plus tard dans tes mémoires. Tu as toujours été la toile de fond du décor de ma vie dans ses souffrances comme dans ses grandes joies, mon étoile du berger.

Comme à tant d'autres, tu m'as appris à ne pas baisser les bras, à croire toujours en la providence que tu invoquais si souvent. J'ai parcouru à tes côtés tant de coins de France et j'étais émerveillée de voir à chaque fois l'amour que tu avais pour les militants, les compagnons. Ils n'étaient pas fins. Tu te souvenais de la vie de chacun. Tu demandais des nouvelles de leur famille. Tu leur étais profondément reconnaissant de leur dévouement. Ton intérêt pour les autres était aussi réel dans ta vie politique que dans ta vie personnelle. Tu savais mettre le soleil là où il y avait des tempêtes.

Tu as été le parrain de ma petite Anne-Laure et je voyais son visage s'illuminer quand tu la prenais dans tes bras et son handicap semblait disparaître à la lumière de tes douze paroles. Elle t'attendait au paradis. Vous voilà réunis. Sans ta présence, sans celle de ma famille, mes amis au soutien indéfectible, je n'aurais peut-être pas supporté de voir avec respect avec... Je n'aurais peut-être pas supporté pardon de voir mon enfant souffrir pendant 33 ans. Pour cela aussi, merci Jean-Marie. L'amour que tu portais à tes filles a toujours été inconditionnel. Nous en parlions souvent. Parfois en plaisantant bien sûr, je te disais tu ne veux pas m'adopter pour m'aimer autant. ça t'amusait.

Tu les aimais, tu en étais très fière, tout comme de tes petits-enfants et arrière-petits-enfants et c'était très émouvant de t'entendre parler d'eux. Certains étaient parfois excédés et me disaient « Oui, mais quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent, tu lui donneras toujours raison. » Oui, c'était vrai et pourtant nous avons eu des discussions tous les deux très animées. Je n'ai jamais hésité à te dire ce que je pensais vraiment, toujours avec respect mais avec fermeté. Ça te mettait en colère parfois mais ça ne durait jamais très longtemps.

Lorsque je trouvais que tu pardonnais apparemment bien facilement à ceux qui t'avaient malmené, critiqué et que je te disais ne pas comprendre, tu avais cette phrase « Ne te fais pas plus le peine que le peine. » Je n'avais pas ta grandeur d'âme ni ta faculté de savoir prendre du recul sur des faits ou des paroles qui avaient somme toute bien peu d'importance. Là encore, tu avais raison. Je ne sais pas si tout au long de ces années j'ai vraiment connu l'homme que tu étais et si tu as mis tant de temps pour commencer à écrire tes mémoires, c'est parce que tu étais infiniment pudique.

Il y avait en toi le tribun que tout le monde connaissait et puis l'homme qui avait tant de mal à parler de lui. J'ai rédigé avec toi les tout premiers chapitres et c'était un soir tard à mon retour. Nous n'étions que tous les deux et lorsqu'il s'est agi de parler de ton père, tu t'es tu pendant de longues minutes et une larme a coulé sur ta joue. Ce fut un moment d'émotion partagée. Il y a quelques mois, nous étions assis dans ton jardin à Rueil. Tu ne parlais plus beaucoup. Tu as pris ma main et l'as serré dans la tienne. Tu t'es penchée vers moi. Tu as regardé le ciel et tout doucement tu m'as dit « Tu crois qu'on se retrouvera ? » Oui, Jean-Marie, on se retrouvera. Salut et fraternité.

C'est un jour de communion puisque nous rendons hommage au président Jean-Marie Le Pen, figure qui a profondément marqué notre histoire et nos vies. Jean-Marie Le Pen était un pur produit de la méritocratie républicaine, de cette France qui avait parfaitement intégré la fameuse formule lancée par Louis XVIII aux élèves de Saint-Cyr « Tous soldats portent dans sa giberne un bâton de maréchal. » D'un milieu social très modeste éprouvé par la vie avec un père trop tôt disparu pendant la guerre en charge de famille pupille de la nation et adopté par elle, il devenait dans la douleur un fils de France.

Il n'eut alors de cesse que de vouloir s'en rendre digne et la défendre en toutes circonstances. De sa volonté de rejoindre le maquis de la résistance à la Corpo de droit, de son engagement en Indochine à celui de Poujade, de sa démission de l'Assemblée à la bataille d'Alger, il aura traversé la 4e et la 5e républiques dans la douleur des abandons et les trahisons de la parole donnée. Le 21 avril 2002, il faisait trembler système, éliminant la gauche en restant fidèle à son histoire, ses idées, ses valeurs et ses amis. Jean-Marie Le Pen était bien plus qu'un homme politique ou une personnalité publique.

Il était d'abord un patriote, fidèle, sincère, un homme de conviction, animé par un amour inconditionnel pour sa patrie et ses idéaux, un homme généreux, bienveillant, un caractère granitique taillé dans les alignements de Carnac, fidèle au serment de Cameroun, aller jusqu'au bout. Me vient à l'oreille en parlant de lui cette chanson, pardon, de Serge Lama, mon ami, mon maître. J'ai essayé à 100 reprises de vous parler de mon ami, mais comment parler d'une église dont l'accès vous est interdit ? Car l'homme était pudique, secret, gardant pour lui des sentiments, des souvenirs, dépensés, des images qui couvraient en fait une grande délicatesse.

Il n'a jamais oublié les hommes avec qui il a partagé ses épreuves de la vie, ses épreuves du feu, ses joutes politiques, intellectuelles ou même physiques. J'ai une pensée pour ses compagnons de route les plus anciens qui sont encore avec nous, Alain Jamais, Jacques Perra, Jean-Pierre Revault.

Il va revoindre aujourd'hui son vieux camarade, Loulou Martin, le capitaine Souêtre, Georges Bidot, le capitaine Sergent, Jean-Maurice de Marquet, le commandant Guillaume, Pierre Clostermann, Roger Olyndre, Jean-Baptiste Biadji, Michel de Camaret, Roland de Birgy, dit Bérébleu, le colonel Thomasot, Pierre Lagayarde, Alain Lacoste-Larémondie, Pierre Durand, Dominique Chabosche ou Jean Bourdieu, et tous les autres. Sa vie fut tellement riche en événements comme en amis. Parmi ces hommes, il y a des combats plus importants que d'autres et celui de la défense des harkis aura marqué sa vie. Ces soldats français-musulmans, abandonnés par les gouvernements de l'époque, a une destinée tragique.

Il a été un défasseur acharné, constant, intransigeant de cette mémoire. Il portait ce combat avec émotion et une profonde reconnaissance pour ses frères d'armes qui portaient l'amour de la France, la loyauté, le courage, la fidélité et l'honneur comme valeur cardinale de son combat. Je salue d'ailleurs la présence du porte-drapeau des harkis dans cette église. Qu'il s'agisse du Bachaga Bolem, de son copain Ahmed Gébourg ou de son vieux complice Mourad Kawa, premier responsable du Front National à Perpignan, il resta fidèle à cette cause et très ému par leur sacrifice pour la France. Jean-Marie Le Pen était un homme entier, doté d'un esprit vif et d'une parole forte, d'un charisme envoûtant.

Il aimait le débat, la confrontation d'idées, mais savait aussi écouter, comprendre et s'adapter, quelquefois avec mauvaise foi, chaleureux, accueillant et attentif aux personnes qu'il aimait. Il aimait les gens et sa convivialité était contagieuse. Je garderai en mémoire des conversations passionnées, des éclats de rire, des anecdotes, des coups de gueule aussi, des incompréhensions, mais toujours accompagnés de chansons, de poèmes, de musiques, d'opéras et de textes liturgiques en latin qu'il connaissait par cœur.

Je me souviens d'un voyage en Ariège, à Montjoie en Couseran, là où reposent Mme Lambert et son fils Hubert, qui lui avaient permis d'être un homme libre, qui ne devraient rien à personne et ne seraient tenus par personne. Durant le tranger à voiture, des chansons, beaucoup de chansons, des chants militaires, des chants de corps de garde, des chansons plus grivoises, de la Corpo de droit, ou carrément de troisième mi-temps de rugby, il fut un ancien joueur du PUC, ne l'oublions pas. L'homme aimait manifestement le contact et ne rechignait pas l'occasion des explications viriles, mais c'était une autre époque.

Aujourd'hui, les militants que nous sommes lui disent adieu et se souviendront toujours de cet homme de cœur, cet époux, ce père, ce grand-père, cet ami. Il nous laisse un héritage conséquent, celui d'avoir avant tous les autres perçu les dangers qui menacent aujourd'hui la France. Je me souviens avec émotion de ces fidèles compagnons qui, à l'Assemblée nationale, défendaient nos idées avec brio et courage et dont beaucoup sont ici à cet hommage. Les Golnich, Martinez, Maigret, Wagner, Olyndre, Descaves, Sergent, Peyron, Revaud, Rostolan, Estirbois, j'en oublie, furent pour beaucoup d'entre nous des aiguillons des premiers pas de nos engagements politiques.

Jean-Marie Le Pen va pouvoir enfin reposer en paix. Nous avions un camarade, de meilleur il n'en est pas et nous prions ce jour le Dieu des cavalcades de le placer à la droite de Jésus. En n'en pas douter, il veillera sur nous. Lieutenant Le Pen, député Le Pen, président Le Pen, merci, le combat continue.

1:56:30
Présentateur

Avant la prière à Sainte Jeanne d'Arc qui l'aimait tant, qui l'admirait tant et à qui il ne manquait jamais de rendre hommage, à cet instant, je voudrais simplement dire deux mots simples. Merci, président. Prière à Jeanne d'Arc, à la bienheureuse Jeanne d'Arc. Salut à toi, Vierge Lorraine, fille de Dieu, fille au grand cœur. Autrefois, tu fus à la peine, Jeanne aujourd'hui, sois à l'honneur. À genoux, ton peuple te prie, fais qu'il reste fidèle à tous ses grands amours, soldats de Jésus-Christ, serviteurs de Marie, catholiques et français, toujours. Tu fis graver sur ta bannière le nom béni du Dieu Sauveur et celui de la Vierge Mère. Mets ces deux noms dans notre cœur.

Les voix du ciel dans ton enfance te disaient d'aimer ton pays. Là-haut, parle encore de la France à tes frères du paradis. Nous comptons plus sur tes prières que sur nos efforts impuissants. Autrefois, tu sauvas nos pères, aujourd'hui, sauve leurs enfants. Réveille en nos cœurs l'espérance, la foi qui remplissait le tien et fais que le peuple de France soit toujours un peuple chrétien. Sous-titrage Société Radio-Canada