Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewyoutube.com 82 min

Juan Branco face à Alexander Douguine, le penseur de l'eurasisme

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour à tous, Je viens d'avoir un échange avec celui qui est souvent qualifié à tort d'idéologue du Kremlin, Alexandre Douguine, qui est cependant une des figures intellectuelles les plus influentes en Russie. Donc on est dans. Une situation où on. s'est lancés dans une aventure politique qui peut paraître un peu folle à certains, mais qui nous a permis en quelques semaines d'engranger plus de dix zéro zéro zéro soutien et militants sur l'ensemble du territoire, avec une vingtaine de.

Réunions. Hebdomadaires de ce qu'on appelle des ruches que l'on a créées à cette fin. Et donc, évidemment, on doit se préparer à être en mesure, au lendemain de l'élection, de négocier avec Donald Trump, avec Vladimir Poutine, avec Monsieur Modi, et ainsi de suite.

Et donc, dans ces circonstances là, il y a tout un travail préparatoire à mettre en œuvre et on a cette chance d'avoir une assise intellectuelle et politique suffisamment importante pour que ces gens là nous ouvrent les portes et que Cerise accepte qu'on en partage les fruits. Et donc on a décidé de vous mettre en libre accès cet entretien avec cette figure qui a parfois des idées qui sont à l'opposé complète des nôtres, mais qui aujourd'hui déterminent en grande partie la vision du monde qui domine au sein des élites russes. Et il m'apparaît fondamental, à un moment Où nos élites à nous cherchent à nous mener à la guerre et nous mettent dans une situation de fragilité et de vulnérabilité croissante.

Et évidemment, de pouvoir mieux comprendre quelle est mieux entendre la perception et le regard sur le monde que portent des personnes que l'on considère aujourd'hui comme des adversaires, mais avec lesquels on devra demain composer. Voilà donc je vous partage cette vidéo et j'espère que vous saurez en profiter. N'hésitez pas à réagir et à me partager votre sentiment en retour.

A très bientôt. Très bien. Bonjour !

Enchanté. Bonjour. Je vais peut être vous dire un mot sur sur pourquoi ce qui se passe n'est pas forcément anodin.

La dernière fois qu'un de mes clients a été arrêté par les services secrets français, la DGSI, l'une des questions qui lui a été posée avait trait à sa rencontre ou ses rencontres avec vous et son rapport à votre philosophie. J'ai trouvé ça très intéressant parce qu'avec, évidemment, la situation dramatique que vous avez connu individuellement, ça m'a beaucoup fait réfléchir sur le statut des idées et de l'intellectualité aujourd'hui dans nos sociétés et la peur qu'elles suscitent. Ce qui m'a beaucoup fasciné, c'était l'idée qu'un policier, quelqu'un qui n'a pas nécessairement - qui peut l'avoir - mais qui n'a pas nécessairement la formation pour juger des idées, de leur importance, de leur absence d'importance, de leur valeur. interroge un intellectuel sur sur ces questions.

J'imagine qu'on a connu ça à l'ère soviétique, moins France. Ça faisait plus longtemps en tout cas qu'on ne vivait pas des des événements comme celui ci. D'accord.

Hum. Je crois que c'est tout à fait tout à fait compréhensible parce que les idées sont dangereuses et le monde toujours, toujours a compris ça dans tous les systèmes politiques, religieux ou disons idéologiques. Toujours.

Les idées sont extrêmement dangereuses et maintenant, à mon avis, pour tous, tout les façades sont tombées. comme autrefois, on voit ça de nouveau, donc il ne faut pas être étonné à mon avis. Donc la prétention de la démocratie d'accepter tous les toutes les idées est tout à fait fausse.

Ça, on a fini avec ça. Les libéraux, ils tuent pour les idées qui sont illibérales, ils font tout, tortures, extermination.. il faut accepter ça comme les lois des de notre existence.

Et dans le camp des illibéraux, du côté de la Russie, de l'Afrique, de Kémi Séba, de l'Islam, des Etats-Unis, Trump qui y ressemblent fort. Il y le crime d’opinion. ça c'est ce quelque chose comme ça.

Et en même temps, il y a toujours un scrupule. En tout cas dans le monde que l'on dit occidental, à l'idée de frapper le corps de celui qui n'a eu, qui n'a tenu que des paroles. Par exemple, en France, jusqu'à récemment, il y avait des règles très restrictives qui faisaient que vous ne pouviez pas emprisonner quelqu'un du fait de propos, y compris si c'était diffamatoire ou injurieux.

Vous ne pouvez que le frapper symboliquement. Donc soit des peines de prison qui n'étaient pas exécutées, soit à travers l'argent des peines d'amende. Et on a commencé ces dernières années à évoluer et on a adopté des lois, notamment sur le cyber harcèlement.

On a commencé à contourner avec l'apologie du terrorisme, sur toute une série de dispositifs juridiques qui avaient pour vocation à permettre d'emprisonner à nouveau, comme à l'époque des lettres de cachet. J'ai de plus en plus d'affaires comme celles ci. Et là, évidemment, je ne parle que de la répression directe.

Je ne parle pas de de la répression politique et sociale que j'ai eu à connaître pour ma part, en exposant notamment le système oligarchique français. J'aimerais beaucoup, peut être qu'on parle des comparaisons entre nos systèmes oligarchiques, quelque part de leurs différences et de leurs de leurs similitudes. Parce que dans dans ce livre Crépuscule que j'ai fait paraître en 2019, qui racontait comment Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, j'avais cette phrase où je disais, en France, on n'a pas besoin d'assassiner des journalistes, il suffit de les acheter.

Et je décrivais comment il y avait un système d'oligarques, c'est à dire d'hommes d'affaires qui achetaient des journalistes pour acheter de l'influence auprès des politiques pour obtenir la protection et les promouvoir à leur tour. Ce système circulaire s'était mis en place alors même que jusqu'alors on décrivait la Russie seulement comme un système oligarchique. Je ne sais pas quelle est votre perception, comment vous le voyez de votre côté, à la fois en Russie et ce que vous voyez de la France, de ce que vous en savez évidemment.

Je crois que je suis tout à fait d'accord, mais il y a disons, beaucoup de niveaux, des niveaux différents pour l'analyse de ce système occidental, le système russe, ce système américain. Tout d'abord, il faut prendre en considération, disons, la méta-idéologie, non pas l'idéologie, disons de l'État, les propos officiels, mais l’idéologie, la méta-idéologie occidentale actuelle. C'est la fin de l'histoire, c'est le libéralisme globaliste avec les axiomes, les axiomes non seulement idéologiques, les axiomes judiciaires, les axiomes de la loi légale qui font un ensemble qui fait système. de la société, de la loi, de la politique, de la culture, des mass media où il y a un certain algorithme ou paradigme, on peut dire.

Le plus grand et plus profond des paradigmes, c'est le paradigme libéral. Donc ce n'est pas dit, ce n'est pas, ce n'est pas déclaré ouvertement, mais c'est toujours sous entendu. Pour être normal, vous devez à accepter le paradigme libéral.

Donc si vous refusez le faire, vous êtes illibéral. Être illibéral vous met au même niveu que les nazis ou communistes. Et le communiste est encore acceptable, pas le nazi.

Si vous êtes communiste, illibéral, vous quand même pouvez vous défendre en disant que je suis quand même libéral. Pas maintenant, mais pour le futur. Je suis en quelque sorte le libéral en retard, en délai, je serai libéral après le communisme.

En même temps, je suis un peu libéral pour certains moments, mais c'est le processus. [C’est pour ça que le communiste est plus acceptable que le nazi dans le régime libéral]. Je deviendrai libéral quand il y aura la dictature du prolétariat, le système de la révolution du prolétariat mondial.

Mais je suis international, je suis, je prends mes racines dans les lumières, je partage votre agenda. Alors en Europe, est vous pouvez être accepté parce que, étant actuellement illibéral, vos promesses promettent que vous deviendrez libéral un peu plus tard. Et il y a les nazis qui refusaient d'être libéraux.

Ils sont les illibéraux, radicalement. Mais si vous êtes un illibéral, vous représentez le danger pour le système, pour les gens, pour la sécurité, la société, la culture, la politique. Et même si vous êtes...

Vous êtes, disons... un nombre écrasant, même si vous êtes la majorité, vous êtes criminel.

Il faut vous opposer dans le présent, au delà des processus politiques, vous criminaliser, démonise. Vous êtes réduit à un nazi simplement parce que vous ne promettez pas de devenir comme le libéral dans le futur donc on en fini avec vous, vous êtes cancelled. Je pense que cette grille de lecture...

Je vais vous donner l'exemple du parcours qu'on suit en France. Moi je viens d'une famille idéologique qui est d'une gauche qui qui s'est beaucoup inspirée du néo marxisme porté par des personnes comme Pierre Bourdieu et ainsi de suite. Tous ces travaux sur la méritocratie qui sont en fait une forme de dérivatif du marxisme, avec une dimension quand même antilibérale.

Si on refuse, si on se raccroche à la pensée de Marx sur la Déclaration des droits de l'homme et sur la sous jacents anti-Lumières qu'on peut en tirer et qui du coup, on en fait ce se traduit chez Bourdieu sur cette idée que l'individualité n'existe pas, que les effets de système produit par l'institution scolaire, et ainsi de suite et par l'État de façon générale, vont écraser l'hypothèse de destins individuels. Vous voyez ? Donc, en fait, il y a une sorte de renoncement un peu étrange à l'individualisme très très, très particulier, parce que, contrairement aux idéologies souverainistes de droite, il ne va pas, il ne va pas dessiner d'horizon du tout.

Ce n'est pas qu'il ne va pas dessiner un horizon libéral ou libéral, c'est qu'il ne va pas proposer d'horizon. Il va juste détruire la structure. Ça s'inscrit un peu dans toute la théorie de la déconstruction de la French Theory qui a été détournée par les États-Unis et qui probablement génère une forme de crise de sens d'être une structure sans en proposer une alternative.

Mais donc, de ce point de vue, enfin, moi j'ai été très nourri de tout ça au début et peu à peu je rentre dans une confrontation directe avec les forces oligarchiques en présence, c'est à dire avec les propriétaires de médias, ces milliardaires comme Bernard Arnault, LVMH et ainsi de suite, qui ont un poids structurel immense sur la fécondation du politique en France. C'est dire qui vont porter les forces politiques et orienter leur appréciation dans l'espace public et en conséquence, influencer le vote de telle façon que ce pouvoir souverain ne devienne qu'un pouvoir d'apparence, ce qui est en fait ce qui est, ce qui est, ce qui fait de la France quelque part, un régime illibérale qui à la fois dans dans son présent mais aussi dans son devenir, même s'il y a tout un discours faux consistant à dire oui, mais à l'intérieur de ça, vous pouvez avoir toutes les libertés du monde, sauf quelques unes, mais de moins en moins. Mais, mais, mais, on reste dans cette idée là.

Et. Ma structuration idéologique d'un point de vue très très simple, c'est à dire vraiment en termes d'offre politique, pas en termes philosophiques ou quoi que ce soit, consiste à offrir un horizon libéral. Ca a été très compliqué de générer cette dialectique parce qu'on voit bien que ça peut être potentiellement paradoxal, mais en tout cas, l'idée c'est de dire on va libérer, on va se libérer de ces forces oligarchiques, on va rendre le contrôle sur l'espace public au peuple.

Voyez vous, que ce soit sur la question algorithmique, soit sur les questions sur réseaux sociaux, que ce soit avec de la transparence, que ce soit sur les questions de propriété, de médias, de dépendance des médias à des flux financiers, ainsi de suite. Donc, quelque part à travers un vecteur autoritaire, parce que l'idée c'est de se débarrasser de tous ces gens là, y compris en les envoyant aux îles Kerguelen, ce qui sera un peu notre notre goulag à nous. Sauf que pour nous, ce sera quelques dizaines de personnes et pas pas plusieurs dizaines de milliers.

Donc à travers cette verticale autoritaire derrière, essayer de redistribuer le pouvoir de façon plus horizontale mais avec un état quand même très fort qui empêche ces forces oligarchiques et financières de revenir prendre le pouvoir. Et par exemple, j'ai vu qu’alors que vous étiez donc, pour contextualiser, on est le jour de l'élection en Allemagne, alors que vous étiez très en soutien de l'AFD en Allemagne, j'ai vu aussi que la dirigeante, au delà de son histoire personnelle sur la question des mœurs et du genre, avait commencé sa carrière chez Goldman Sachs, dans la finance, et portait en fait un discours très ambigu sur les institutions européennes. Est ce que vous n'avez pas l'impression qu’il ne s'agit pas en fait pour vous d'un faux compagnon idéologique qui va finir par faire comme Meloni et devenir un soutien de l'OTAN ?

Devenir, vous voyez, construire cette trahison que mettent régulièrement en place ces forces politiques ? Et la question sous jacente qui arrive là dessus, et je finis là dessus, c'est est ce que vous soutenez à ce moment là l'AFD pour les Allemands ou en tant que Russes ? J'ai été très curieux en vous lisant de savoir est ce que c'était dans la défense des intérêts de votre peuple tel que vous le voyez, ou avec une vision plus holistique ou voir cosmopolitique quelque part, paradoxalement ?

Oui, Je soutiens aussi Sahra Wagenknecht Ah, je n'’avais pas vu ça...

Totalement différente pour la gauche. Je vais essayer de définir plus précisément mes positions. Je voudrais dire que je suis anti-libéral.

Donc je crois que cette oligarchie libérale, ce nouvel ordre mondial géré par l'élite internationaliste libérale, à mon avis, c'est le royaume de l'Antéchrist, c'est le pire qu'on peut imaginer. Le libéralisme, le grand capital international sont en quelque sorte, le stade, la phase ultime, disons, de la destruction du sacré. Le capitalisme est en quelque sorte la destruction de l'Ordre sacral, l’ordre sacré qui arrive au point de proposer quelque anti sacralité.

C'est non non seulement non sacré mais anti sacré. C’est le Royaume rebours, le règne au rebours qui maintenant correspond au projet mondialiste globaliste des libéraux. C’est mon principe de départ et dans ce cas là, je suis.

Dans l'harmonie avec mon église orthodoxe orthodoxe et avec la philosophie traditionaliste de René Guénon et de certains de ses disciples. C'est donc pour moi, disons, le mal absolu. C'est la modernité occidentale libérale Et donc en suivant l'histoire, je m’interroge: comment cette modernité s'est installée, je peux voir dans le globalisme libéral la figure de Soros, de Macron, de Biden comme disons la forme plus parfaite en quelque sorte de cette idée de détruire, de détruire l'homme de tout, toutes les structures sacrées, toute les verticalités possibles donc, et c'est en quelque sorte le Grand remplacement des hommes par le post-homme, par les entités post-humaiens et c’est moins point de départ, un point de départ.

Pour combattre ça, j'ai élaboré la quatrième théorie politique qui devra, à mon avis, être l'opposition radicale par rapport au libéralisme, mais dépasser les limites de la droite et la gauche. Donc je suis antilibéral, antifasciste et anticommuniste en même temps, et je suis absolument sincère En disant ça. Mais je crois que quand même, la gauche illibérale et la droite illibérale représentent tous les deux comme l'antichambre de cette quatrième théorie politique.

Donc s'il y a la gauche qui critique le libéralisme, le capitalisme, l’oligarchie plus qu’elle est antifasciste, et s’il y a là l'extrême droite, la droite illibérale qui est plutôt contre les oligarchies globaliste, qui est anticommuniste je les supporte en tant que je puis non pas comme russe, mais à cause de principes. Pour moi, il n'y a aucune différence entre la gauche illibérale et la droite illibérale. Je suis partisan de tous les deux parce que je ne suis partisan ni de la gauche extrême ni de l'extrême droite.

Je suis partisan de la quatrième théorie politique qui devra être fondée au delà de la modernité occidentale. politique, c’est plus ou moins comme ça. Et du coup, est ce que vous considérez la République française dans son modèle de troisième République, c'est à dire d'abord coloniale, puis post-coloniale - Parce que le colonialisme en France est né de la troisième République et de la gauche - notamment de sa dimension laïque.

Est ce que vous considérez ce modèle là comme un ennemi idéologique ou potentiellement comme un rempart à ces forces que vous que vous décrivez ? Parce qu'il y a une forme de paradoxe où d'un côté il y a une contradiction idéologique avec ce que vous décrivez et de l'autre, le fait que ça ait pu créer un appareil d'Etat suffisamment fort qui, notamment, disons sous de Gaulle ou à quelques périodes, a pu maintenir une forme d'indépendance et d'autonomie, y compris stratégique et géopolitique de la France, et en servir de contrepoids à ce que vous décrivez comme des puissances maritimes et anglo saxonnes. Oui, je suis dans cette situation où je suis plutôt gaulliste.

Alors on peut dire je suis pour la France souveraine, le moins libérale que possible. Mais je ne suis pas antieuropéen. Je crois que l’idée de joindre la France gaulliste et l'Allemagne post-guerre dans une démarche continentalistepourrait créer le cœur de l'Europe continentale qui pourrait devenir peu à peu, pas à pas, quelque chose d'autre qui est juste le rempart du libéralisme.

Le système libéral globaliste, c'est quelque chose d'autre. Non pas nécessairement en faveur de la Russie. Dans ce cas, je suis le partisan de principe et non pas de nos intérêts national et immédiats.

Je suis en faveur de l'Europe continentale franco allemande, mais post-libérale, illibérale, en quelque sorte que ce soit de gauche ou de droite, centre ne m’importe pas. Si c’était des gens de gauche qui qui feront l'Europe continentale, indépendants avec une social démocratie souverainiste par exemple, je serai absolument content si ça se faisait. Si la même europe était faite par les populistes de droite, je serai content et heureux aussi.

Pour moi, c'est le résultat qui est plus important aujourd'hui. Ni la droite, ni la gauche. Je ne suis pas l'adversaire de l'idéologie de la gauche et de la droite.

Je suis anti-nationaliste, et suis pas communiste parce que je ne suis pas progressiste. Je ne crois pas dans le progrès je crois en des identités civilisationnelles, des peuples et des cibles et des idées, des empires, des religions, des entités profondes. Je crois en entités profondes, géopolitiques qui ne peuvent pas être exterminées, écrasées totalement.

Donc comme Huntington a dit les civilisations vivent malgré tout et même après cette époque des états nations qui modèlent les combat idéologiques. Tout ça, ça passe. Mais les identités profondes, elles restent.

C’est mon avis. Et elles peuvent être, disons le continuum, consittuer les colonnes de la recréation des grands espaces, des grands empires, des grands pôles, d’un monde multipolaire. Je suis le partisan de l'Europe, de l'Europe franco allemande, forte, indépendante, avec de l'harmonie, avec ses principes, ses bases, ses idées.

C'est son héritage, héritage gréco romain qui est le sujet. Une Europe qui retourne à ses racines. De gauche et de droite, ça ne m’importe pas.

Dans le cas de l'AFD, je suis ami de l’ex mari ou mari de Sarah Wagenknecht. Donc je supporte tous ceux qui sont antilibéraux et la même chose avec disons l'Italie. Je suis en faveur de populistes de droite, ses alliés, de Diego Fusaro et des communistes et surtout des gramscistes.

Je suis gramsciste moi même parce que je crois que la culture vaut plus que aux l'économie. Je suis gramisciste non pas de gauche ou de droite, mais de théorie politique. C'est plus ou moins ça.

Ça me fait réfléchir, parce que je comprends d'où vient votre pensée sur la question de la régénération de quelque part de puissance impériale, dans le sens où je comprends que de la perspective russe qui quelque part a réussi à construire une structure identitaire impériale avec des situations extraordinairement traumatiques, comme l'a été la guerre en Tchétchénie, ou maintenant avec La guerre avec avec le pouvoir ukrainien, mais qui n'a pas connu cette violence intérieure, et cela est dérivé du fait d'avoir une structure impériale par nature expansionniste dans son environnement immédiat cherchant à créer une sorte d'espace qui lui appartienne. Et cette expansion n'a jamais, et si je me trompe vous allez me le dire, généré de crise identitaire. Or la France est parfaitement traumatisée par sa dernière aventure impériale qui était colonisatrice.

C'est à dire que cette vision des choses tout à fait entendable et partagée en France de ce que vous décrivez se structure à partir de la Révolution française, sous Napoléon, quelque part encore sous deuxième Empire et la troisième république. Malgré les échecs de plus en plus importants et des ambivalences de la guerre en Crimée, et ainsi de suite. Mais, on se retrouve à partir de l'édifice colonial, pour moi, en une sorte d'expansion de cette dynamique et de ce réflexe, au delà de cet espace initial là, en une combinaison avec d'autres facteurs qui va vriller.

On se retrouve dans une situation où ça va générer une crise identitaire majeure, parce que la question de la légitimité du geste est contestée non seulement par les populations qui sont assujetties, mais aussi par les populations d'origine. C'est tout le paradoxe de De Gaulle qui à la fois proposait aux anciennes colonies, au moment des indépendances, de rester rattachées à la France et qui en privé disait il est hors de question que ces gens deviennent des Français, ils ne le seront jamais. Vous voyez, il y avait une sorte d'impossibilité de répondre et de satisfaire à la promesse républicaine qui, théoriquement postulait l'égalité absolue entre tous les êtres, cet horizon libéral des Lumières, justement.

Et on s'en est pas remis. Et aujourd'hui, le clivage qui confine à la guerre civile en France à partir de questions encore irrésolues, 60 ans plus tard, comme la guerre d'Algérie et ainsi de suite, génère non seulement une crise identitaire interne, mais une impossibilité de repenser la France comme entité géopolitique vers l'avenir. C'est toute une question qui consiste à s'interroger sur le sens d'avoir encore des territoires d'outre mer dans les Antilles, dans l'océan Indien, dans le Pacifique, et des contestations toujours plus véhémentes de la part des populations locales.

J'ai eu à défendre beaucoup d'entre eux face à la répression d'Etat qui porte des coups, déporte les militants politiques à 7000 kilomètres de chez eux pour essayer de bloquer ces ces contestations mais n'arrivent pas à offrir un horizon alternatif. Et ce qu'on connaît avec avec la question de l'islam dans notre pays, sur laquelle je crois avoir compris que vous aviez une position un peu différente et pas en accord forcément avec la droite populiste ou d'extrême droite, qu'importe comment on la qualifie. Pour moi et avant tout nous connaissons une crise identitaire, une crise d'offre identitaire.

Quelque part, c'est notre incapacité à proposer un modèle spirituel et pas seulement économique et productiviste, qui permette de séduire ces populations là, qui proviennent des espaces que l'on sait. Je ne sais pas comment vous voyez cette chose là, mais moi c'est en tout cas un point d'opposition fondamental que j'ai avec avec les forces idéologiques de droite et d'extrême droite de mon pays qui par ailleurs aime bien faire de la question confessionnelle un instrument de guerre civile interne pour essayer d'accéder plus rapidement au pouvoir. Je les vois comme comme sur une posture purement défensive, alors que la France a eu une richesse et un rayonnement spirituel tellement importants que théoriquement, ça ne devrait pas être une problématique.

Si nous renouons avec celle ci. Donc je crois que par exemple, comment on a ce problème, là, se résout théoriquement, non pas en tactique. En Russie, il y a, disons le mieux, le noyau non orthodoxe chrétien, ce sont les Russes.

Mais pour être la force d'attraction pour les autres peuples, il faut avoir ce noyau vivant actif, disons dynamique, en développement et très intensif. Quand on a a suivi à l'époque communiste l'exemple occidental, on a détruit, on a détruit cette identité chrétienne orthodoxe des Russes et on a justifié les autres. Ça a donné l'accès, disons à l'attaque de ce qui était la profondeur russe.

On avait la Russie par la langue, par les coutumes, mais la destruction de l'axe spirituel de l'identité russe. Et par cela on a détruit les Russes et non russes et on a eu une Russie qui n'était pas un Russe. C’est le grand dommage que les communistes on provoqué dans notre pays.

Mais malgré ça, quand on est revenu de cette crise, de cette période soviétique, on a réussi quelque peu à rétablir, rétablir le noyau russe, et intégrer certains éléments, musulmans, autour de ce noyau. C'est donc l’image. Qu'est ce qu'on doit faire ?

Si vous avez une identité forte, mais sans religion, sans la tradition, sans les racines, vous n’allez pas y arriver. La République n’est pas suffisante. La République, la Nation et les valeurs séculières ne sont pas suffisantes pour créer un noyeau stable et faire que les autres peuvent s’assimiler, s’intégrer, à la République française.

Aujourd'hui, c'est le problème que vous avez évoqué du Général de Gaulle. On veut contrôler les autres sans leur donner l'accès de devenir vous-même parce que vous n'êtes plus le vous même. C'est le problème.

Vous n'êtes plus vous-même. Vous n'êtes plus français. Vous avez perdu comme nous - et ce n'est pas l'accusation, mais disnon plutôt un constat des problèmes communs.

Donc, vous avez perdu de votre identité. Et c’est pourquoi vous êtes dans une situation irrémédiable. Parce que aujourd'hui, il y a les autres qui viennent mais vous n'êtes plus vous même.

Donc il y a quelque chose qui vous sépare et ça devient de plus en plus fort. Mais finalement il n’y a aucune solution, sauf retourner à l'Eurasie. Mais même Marine Le Pen et les autres populistes, ils ne sont pas français profondément.

Ils sont séculaires et sont superficiels. Ou ils cherchent à mener des guerres confessionnelles comme Eric Zemmour, probablement à cause de questions identitaires aussi, qui sont plus enracinées. En l'occurrence lui, dans sa culture juive.

Et avec cette concurrence avec l'Islam et cette sorte de reconstruction, qui pour moi est artificielle, d'une civilisation judéo-chrétienne qui se construise en opposition à une autre culture et non pas comme une entité. Et c'est ce que je réponds toujours à ces adversaires idéologiques, c'est que tout ce qu'ils font est construit sur un rapport d'agressivité mutuel et donc évidemment de stimulation de l'adversaire et de l’ennemi qui se voient surconsidérés par leur perspective et qui du coup se voient renforcés. Et cette confrontationnalité dans un pays qui de toutes façons a pris des décisions historiques qui font qu'il aura, comme en Russie, une importante minorité qui aura une confession différente, qu'il ne s'agit pas de soit convertir à marche forcée, soit de transformer en ennemi héréditaire et avec lequel il faut.

Et donc cette idée en effet, de noyau qui me fait penser à - parce que j'avais eu une pensée par rapport à une de vos réflexions où à partir des guerres et de sa pensée sur la technique, vous essayez de réfléchir sur la perte de capacité à se saisir du sens de sa propre vie, à être homme au sens profond du terme. Et être en rapport avec “l’Être” justement, et pas “l’Étant”. Je m'étais dit qu'en fait il était quelque part illusoire de vouloir généraliser une accoutumance et une connexion profonde avec ce à quoi la technique sert.

Parce qu'une grande partie des civilisations, malheureusement, y compris dans des modèles qui ont aboli l'esclavage, ainsi de suite, va avoir des fonctions de servitude. Alors, ça ne va pas être comme des serfs ou comme des esclaves, ou ainsi de suite, ça va être à travers le salariat, ça va être à travers tout. Etj'avais pensé que justement qu’une résolution partielle de cette aporie consistait à faire ce travail de conscientisation et d'enracinement dans le rapport à l'être au moins d'un noyau, d'un noyau qui ensuite soit capable d'une connexion profonde avec ce à quoi la technique sert.

Parce qu'une grande partie des populations malheureusement, y compris dans des modèles qui ont aboli l'esclavage et autre, va avoir des fonctions de servitude, non comme des serfs ou comme des esclaves, ou ainsi de suite, mais par exemple à travers le salariat. Et j'avais pensé que justement d'une résolution partielle de cette aporie consistait à faire ce travail de conscientisation et d'enracinement dans le rapport à l'être au moins d'un noyau, d'un noyau qui ensuite soit capable lui même, avec cette spiritualité acquise, de pouvoir guider, guider une autre partie de la population et maintenir les portes ouvertes dans ce rapport existentiel. Et je me pose la question de l'importance de la religiosité au sens du rite tel qu'il existe aujourd'hui, ou de la possibilité de passer outre et de quelque part, avoir une forme de politique de la philosophie, c'est à dire de faire revenir, par exemple des notions fondamentales, des concepts réfléchis comme le désir comme étant quelque part des entités spirituelles à part entière, à partager avec les populations, sans avoir nécessairement à passer par par les rituels qui ont qui ont existé ces dernières, ces derniers siècles.

Mais là où je vous rejoins en tout cas sur ce point, même si ce n'est pas tout à fait la même pensée, j'ai compris que ce n'est pas tant la laïcité à mon sens, le problème, c'est le fait qu'on ait confondu la séparation de l'Église et de l'État avec le déracinement à l'égard des origines de notre société et des textes fondateurs, c'est à dire en deux générations, on est passé d'un peuple qui s'était structuré en terme de valeurs, en terme de principes autour des textes fondamentaux de l'Évangile. à un peuple dont les petits enfants n'avaient jamais. lu l'Évangile.

Vous voyez, on est passé d'accorder un rôle politique fondamental à ces textes immédiats, à tout simplement les faire disparaître. Et donc je pense qu'il y a une crise identitaire qui en est Née. Ce qui ne veut pas dire qu'il est impossible de séparer l'Église et l'État.

Vous, c'est votre position. Moi, je ne suis pas arrivé jusque là - en tout cas le spirituel et le politique, ce qui reviendrait peut être à considérer l’Eglise l'État comme comme déclinaison du spirituel et du politique comme concepts. C'est plutôt que si jamais cette séparation intervient, elle ne peut pas se faire à travers aussi un déracinement entre guillemets culturel.

Donc il faut continuer à aller en terme de connaissance et de savoir. On ne peut pas ne pas connaître les textes qui ont structuré pendant 1500 ans notre société, non pas renoncer à leur donner un rôle directeur dans le comportement des uns des autres, dans les législations, ainsi de suite, mais accompagner ce déracinement d’un déracinement pour le coup idéologique et en termes de savoir. Et je pense que c’est la grande erreur française qu'on a mis du temps à payer et qu'on commence à payer seulement maintenant, en tout cas seulement depuis qu'on a été confronté à l'arrivée de populations qui avaient une autre culture.

A partir de ces mouvements de migration de masse qui ont commencé les années 70, c'est à ce moment là seulement qu'on a commencé à peut être pas encore à conscientiser, mais en tout cas à payer les conséquences de cette rupture anthropologique à mon avis. En tout cas, c'est le regard que je porte sur cela, sur la crise identitaire profonde que connaît, que connaît mon peuple et qui du coup génère soit une logique interne de création de bouc émissaire des fixations obsessionnelles sur la figure de l'étranger, du terroriste et ainsi de suite. Ça, ça a été très utilisé par par nos dirigeants pour se maintenir et arriver au pouvoir.

Et une fois qu'on a épuisé cette dynamique là et que les forces libérales que vous décriviez, “mondialistes”, voient que ce petit monopole leur échappe au profit de forces populistes d'extrême droite, la seule alternative devient la génération de bouc émissaire extérieur et c'est là, on rentre dans ces dynamiques, va t en guerre à l'égard de la Russie qui est extraordinairement dangereuse, même si j'ai l'impression qu'elle n'a pas pris au sein de la population française, seulement au sein d'une minorité plutôt bourgeoise libérale qui s'est formée à travers les médias oligarchiques. Je pense que le reste de la population a surtout eu peur. Mais on est dans des structures de pouvoir suffisamment verticales pour qu'un pouvoir comme celui de Macron en fin de régime soit en mesure et décide de nous lancer dans une aventure folle.

Et je pense honnêtement que c'est ce qui se serait passé si Kamala Harris avait été élue. Je pense vraiment qu'en fait on était sur le point de rentrer dans une bascule qui aurait été catastrophique et catastrophique pour tous les peuples en fait. Pas et pas seulement pour le mien.

Je ne sais pas comment en Russie on perçoit cette sorte d'agressivité latente. Et c'est quelqu'un qui s'est lourdement opposé aux régimes politiques russe pendant la guerre en Tchétchénie et jusqu'à la guerre en Syrie qui vous le dit. Certes, j'avais une sorte de répulsion à l'égard de l'usage de cette violence qui m'apparaissait indiscriminée, qui m'est restée.

Mais pour moi, la guerre en Ukraine a paradoxalement été une sorte de bascule, parce que j'ai vu qu'en fait nous mêmes pouvions basculer dans cette dynamique de violence et de guerre à l'égard d'une entité. Et quand. Macron dit comme récemment il y a quelques jours, que la Russie présente une menace existentielle pour l'Europe, ce qui est déjà n'a aucun sens parce qu'elle fait partie de l'Europe, je sens ce danger et qui me fait qui me fait plutôt me dire il faut justement voilà, échanger avec des personnes et des forces sociales en Russie, qui quelque part ont une patience divine à notre égard.

Parce que l'investissement extraordinaire de la France dans ce conflit aurait pu aussi créer des dynamiques de rupture beaucoup plus importantes. Je ne sais pas quel est l'état de la perception de la France aujourd'hui en Russie. Là où vous en êtes, vous avez raison à propos par exemple, au sujet de Kamaa Harris.

Ah si elle avait été élue présidente aujourd'hui, ça signifiait ça aurait signifié la guerre nucléaire entre nous. Donc il y aurait eu deux humanités un l'humanité russe contre l'humanité occidentale, et nous étions presque prêts à accepter cela et reconnaître l'Occident comme l'ennemi existentiel, comme la menace existentielle et comme le royaume de l’antéchrist avec l'idéologie de genre, etc, etc. Pour nous, c'est cette aide à interpréter comment la dégénérations- et le déclin absolu du seront de la part de l'humanité ex chrétienne.

Et on aurait dû combattre à tout prix, à tout prix. Et finalement la mobilisation libérale et globaliste de votre côté était au même niveau à mon avis. Donc on était à peu très proche de l'abîme, l'abîme était extrêmement proche il y a un mois, là, à mon avis, et nous, les Russes, nous n’aurions pas fait la différence entre les États-Unis, Kamala Harris, France, Macron, etc.

On pourrait envoyer les missiles directement à Paris, à Londres, etc etc. Donc on était en, disons au bord de l'abîme. Et Macron ?

Macron était là dans ce scénario suicidaire, disons. Macron est dans l'algorithme, totalement totalement inscrit dans cette logique, mais maintenant, il ne faut pas dire que la Russie représente la menace existentielle pour l'Europe parce que la Russie ne veut pas occuper l'Europe, attaquer l'Europe, faire la guerre à l'Europe ? Même chez elle, la personne la plus antieuropéenne qu'on ne peut l’imaginer, même chez eux.

Personne en Russie. Parce que c'est une aberration. Et puis historiquement, ça n'est jamais arrivé.

Enfin je veux dire...

ET moins que jamais. Mais c’était l’idée des libéraux qui. Vous avez absolument raison.

Vous avez absolument raison pour dire qu'il s'agit de l'extériorisation des problèmes intérierus Et il y a les problèmes intérieurs de la perte de l'identité de la part des Européens, des Français et ses idéologies libérales, individualistes et l'afflux. Croissant des émigrés produit la grande crise du pouvoir, de la légitimité, des relations sociales et pour en sortir, il faut avoir les ennemis extérieurs et la Russie illibérale a servi juste jusqu'à aujourd'hui à cette figure là. Donc on a démonisé.

Moi on m’a démonisé, on a démonisé Poutine, on a démonisé la Russie sans aucune raison. Mais, mais, et il s'agit de l’ethnocentrisme ici la France, l'Europe voulait résoudre ses propres problèmes. On a fait tous que demain, disons les mécanismes intérieurs de projection projection de la figure un, la figure du mal pour consolider la société en collapse.

Qui s'effondre. Et moi, je suis sidéré parce que, en fait, mon opposition idéologique au régime politique russe actuel ne m'a pas empêché de voir. Et vraiment, c'était une opposition ferme et radicale et très très libérale.

C'est à dire que moi j'ai été abreuvé parce que comme j'ai cru, j'ai grandi dans un milieu plutôt favorisé, très cultivé, où on lisait toute la presse un peu, pas seulement française, si internationale, et ainsi de suite. Et donc, par exemple, je me souviens parfaitement des campagnes de glorification et de martyrisées de Monsieur Khodorkovski, et je me souviens d'avoir ressenti à cet âge là, au moment où il est où il est emprisonné, je devais avoir quinze, seize, ans, une vraie admiration et un sentiment d'injustice à l'égard de son sort, parce que les choses étaient présentées de telle façon qu'à aucun moment le fait que cet homme avait pillé les ressources du peuple russe de façon massive et était un escroc patenté, etc n'était mis en avant d'une quelconque façon par ces forces libérales, de sorte que postérieurement, des années plus tard, j'ai compris qu'on avait été dans la fabrique. D'un point de contradiction qui cherche, puisqu'il n'y a pas de raison réelle d'être en inimitié, si ce n'est des questions d'intérêts, à diaboliser, démoniser à travers l'excès.

Et j'ai Appris à déconstruire peu à peu ces mécanismes. Quand j'ai commencé à défendre Julian Assange de Wikileaks comme avocat, et ça m'a amené aussi à m'interroger sur la véhémence avec laquelle vous êtes traités dans l'espace occidental libéral, mais aussi à m'interroger...

J'aimerais peut être vous poser cette question si vous êtes prêt à y répondre, parce que les Ukrainiens sont bien plus conscients des subtilités que notre société des subtilités de la Russie, des pensées qu'ils nourrissent et ainsi de suite. Et qu'est ce qui fait que malgré cela, ils ont cherché à vous cibler directement à travers, à travers cet attentat ? À votre avis, alors même que eux ont une conscience beaucoup plus fine a priori que peuvent la voir en français ou ainsi de suite, qui regardent ça avec beaucoup plus de distance ?

Et l'appareil sécuritaire français a fortiori, Est ce que c'est simplement que ce n'est pas eux qui n'ont agi que comme un proxy des États-Unis ? Est ce que. Comment est ce que vous l'interprétez ?

Cet élément ? Et je suis d'accord, ils sont les Ukrainiens et sont comme notre miroir en quelque sorte. Ils sont, disons le, les simulacres des Russes.

Mais il y a un noyau, ultra nationaliste ukrainien qui a toujours été minorité absolue. C'est un tout petit groupe de des Ukrainiens qui pensaient jadis que les Ukrainiens sont le seul peuple, et non la branche d’un grand peuple russe avec beaucoup de variations. Mais des ukrainians n’est jamais séparé de la Russie, parce que, en se considérant comme ils sont une des branches, comme les Biélorusses et les autres.

Donc c’était le grand monde russe où il y avait les variations, des variétés entre les uns et les autres, des groupes différents linguistiques et culturels. Mais il y avait le noyau des nationalistes proprement dits politiques anti russe qui prônaient l’identité propre, l’identité séparée. Ce qui historiquement n'est pas, n'est pas.

Réaliste, c'est juste comme beaucoup de nationalisme, c'était l'imagination. C'est donc, disons, une communauté imaginaire, mais qui étaient très actifs. Mais le problème était que, après la révolution, l’Etat ukrainien n’existait pas, c’était juste le territoire administratif de l'Empire russe, de l'Union Soviétique.

Et finalement, après le collapse, l'effondrement de de l'Union soviétique, on a donné à ces districts juste territoriaux, administratif, le statut de nations, d’Etats qui n’avaient jamais, existé jamais dans l'histoire et dans ce cas, cette petite minorité, cette minorité absolue des nationalistes ukrainiens au centre, arrivé non pas au pouvoir mais au pouvoir médiatico et ils ont usurpé, approprié le discours plutôt que le pouvoir. Le pouvoir était une grande oligarchie comme en Russie et les hommes, les gardes russes et les oligarques ukrainiens représentaient le même classe, la même, absolument le même, et orientée sur le camps occidental. Ils voulaient tous les deux, les Kodhorkovski aussi, les autres.

Ils voulaient seulement être partie, devenir partie du monde occidental. Ils étaient libéraux, globalistes comme Soros. Aucune, aucune différence.

Ou comme Macron, mais et c'était comme ça. Mais finalement c'était le guide de l’OTAN, des États-Unis, de Soros deux un de séparer, finalement de séparer cet état ukrainienne qui en était le prolongement, c'était quelque que sur là même le rempart, disons le deux de la Russie libérale et le camps occidental oligarchique qui voulait devenir occidental. Ils ont commencé à donner le pouvoir à cette petite minorité d’ultranationalistes totalement rejetée par la majorité des Ukrainiens ont donné plus d’importance aux faux opposants, les ont laissé au centre, et finalement ils ont imaginé l'Ukraine, ils ont imaginé le crime russe avant d'être accompli parce que on a déclaré après le Maïdan qu'il faut pendre les Russes.

Les Russes doivent être pendus. Pourquoi ? Parce qu'ils sont les agresseurs.

Mais nous n’étions pas agresseurs C'est à ce moment là agresseur Nous sommes devenus agresseurs. Nous avons annexé, écrémé les autres parties après. Mais l'idée était avant c'était, de programmer la société pour haïr les Russes parce qu'ils sont agresseurs.

Mais jamais, jamais dans l'histoire, nous n’avions pas les agresseurs contre les Ukrainiens parce que les Ukrainiens n'existaient jamais. Donc tout cette toute cette histoire était totalement, totalement imaginée, artificiellement, artificiellement créée et imposée à dans la société. Ça n'a rien à voir avec l'histoire, avec les identités.

Les oligarques étaient juste et juste les mêmes, les absolument le même ukrainiennes et les Russes et et ils étaient là et ils faisaient partie du même domaine, de la même classe libérale occidentale. Mais finalement les stratégistes de l'OTAN et globalistes de Soros ont créé les situations artificielles de l'hostilité et on a comme aux EU, ils ont plus de provoquer assez de conflit. Je le sais, c'est tout à fait artificiel.

Rien. Il n'y a aucune fondation de cette cette lutte. Nous ne haïssons pas les Ukrainiens.

Les Ukrainiens normaaux, jamais, ne haissaient pas les Russes. Nous sommes comme les l'Alsacien, les Français, les Bretons. Les gens d’Oc, du pays d’Oc.

Ily a les différences, il y a les patois différents et il y a le genre de ceux de Nord est dans l'ouest et ils sont pareils mais différents et la même situation existe pour nous avec les ukrainiens. Mais c'est tout à fait dès le début, dès le début. C'était en quelque sorte la provocation, opération psychologique à des globalistes libérales qui voulaient écraser et la Russie et Macron faisaient partie de ce projet là et ils n'ont agit pas en faveur de la France parce que la France n'obtient rien, absolument rien, dans cette guerre à la France peut être détruite totalement au cours du développement, mais maintenant avec Trump, c'est fini de la part des États-Unis.

On a détruit USAID etc qui était au centre. On a commencé à détruire les réseaux de Soros. On peut en tirer de l'espoir.

Celui qu’ils en finiront avec la partie américaine de ce complot globaliste. Mais la seule chose qui reste à faire à mon avis c’est d’en finir avec le globalistes européen donc avec la droite sans la droite, avec la gauche sans la gauche. Nous devons en finir avec la même stratégie parce que c'est cette stratégie là n'est pas plus appuyée par les Américains qui étaient au centre, au centre et aux origines de cette provocation.

Oui, moi, moi, moi, je vois. Venir derrière et c'est là où mon inquiétude est forte pour mon pays, c'est à dire ? En fait, mon inquiétude est forte de façon générale, parce que la cohérence du mouvement de guerre.

Beaucoup de personnes ont interprété en France l'échec de la prise de Kiev comme un symptôme de faiblesse organique de la Russie, là où moi et du coup sont montrés dans un discours aux va t en guerre. Très très vraiment dans cette dynamique que vous décrivez d'écraser une fois pour toutes ces régimes avec qui par ailleurs en effet, on avait pas mal de confrontations indirectes en Afrique et ainsi de suite. Il y avait une sorte de lutte de puissance classique dans un système multipolaire.

Et donc il y a eu cette sorte d'aveuglement là où j'ai tout de suite, moi, ce qui a tout de suite généré chez moi une inquiétude et du coup un détachement très fort à l'égard de ce mouvement qui consistait à dire attention ! Poutine nous a montré ce qu'il était capable de faire en Syrie, en Tchétchénie, etc. Donc si ce n'est pas arrivé à Kiev, ce n'est pas par impuissance, c'est par choix lié probablement aux facteurs que vous décrivez sur sur la proximité de ces deux peuples qui faisait qu'il n'y avait pas d'hypothèse, en plus, avec tout le rôle historique qu'a pu jouer cette ville et de façon générale et donc ça a été interprété comme comme une faiblesse par ignorance je pense.

Au lieu d'y Voir la possibilité d'une résolution après une tentative réussie ou ratée de... moi, j'avais vu ça presque comme une tentative de reprendre Regime Change.

Vous voyez, l'objectif principal me semblait être celui là, avec une intimidation forte pour arriver à cette fin là. Peut être des reconfigurations territoriales forcées, des reconfigurations territoriales négociées et des questions d'appartenance à l'OTAN, et ainsi de suite. D'accord, mais le cœur de l'enjeu m'avait semblé.

Et la question, et c'est là où je suis inquiet pour l'avenir, c'est que j'ai l'impression et j’ai l’impression, en vous ayant lu, que quelque part vous partagez cette perspective, que dès lors qu'il y a eu cet échec et dès lors que c'est devenu une guerre territoriale quelque part de conquête, contre conquête ou d'annexion, et ainsi de suite, le Mieux qui puisse Intervenir à court terme, j'ai l'impression, c'est juste un gel, mais non pas une résolution de cette conflictualité latente qui est devenue excessivement importante, avec toutes les conséquences que ça peut avoir indirectement. Ça, c'est pour mon inquiétude sur cette zone là, y compris avec le changement de paradigme de la part des puissances libérales anglo saxonnes, et ainsi de suite. Et en ce qui concerne la France et plus généralement l'Europe occidentale, je vois une sorte d'ingérence alternative très importante de la part de Trump et d'autres dans l'Union européenne que ces réseaux d'influence différents de ceux que vous décriviez, qui étaient plutôt de gauche, libérale, mondialiste et ainsi de suite.

Ce sont en train de se mettre en place de telle sorte que je vois tous les politiciens de mon pays se comporter comme de laquais, à commencer par ceux de droite qui se prétendent souverainiste, mais qui sont juste illibérale à mon sens. Se comporter donc comme des guignols excités à l'idée de prêter allégeance à la nouvelle puissance américaine, mais sans du coup à aucun moment proposer un changement fondamental dans le rapport d'autonomisation et d'indépendance de mon pays qui est le seul à même de faire contrepoids à des pulsions...

Vous avez une forme d'ontologie des civilisations sur la question, les puissances maritimes, ainsi de suite, qui vont avoir vocation à se comporter de telle façon aussi. Moi je regarde ça d'une perspective moins... pas si essentialisante, en tout cas moins moi, moins cohésive.

Je cherche moins la systématisation dans mon analyse des des facteurs profonds qui affectent les situations. Mais je vois bien, d'un point de vue purement pragmatique, géopolitique, immédiat, la nécessité non seulement pour mon peuple, mais de façon plus générale pour l'Europe, de ré inaugurer avec une France comme puissance d'équilibre qui rompe avec avec ces dynamiques. Et je sais qu'avec la Russie sous Chirac notamment, cette possibilité d'intermédiation et d'échange à égalité, alors que le pouvoir russe à l'époque était était faible par rapport à ce qui est devenu aujourd'hui, s'est perdu.

Et dans cette absence de dialogue, vous savez, pour rentrer dans quelque prospective un peu plus large à un sujet dont personne ne parle, c'est que l'effondrement tant souhaité du pouvoir de Monsieur Poutine en Russie au sein des élites occidentales, pour moi, générerait un risque existentiel pour nous dans le sens d'une fracturation potentielle de ce pays, mais surtout une prise d'influence croissante de la part de la partie asiatique, de la civilisation russe et des puissances asiatiques qui ont un intérêt à peser sur le destin de la Russie et qui aujourd'hui n'ont pas cette importance à Moscou et à fortiori à Saint-Pétersbourg, qu'elles pourraient avoir demain. Et la menace que cela impliquerait là, là, deviendrait une menace existentielle pour pour l'Europe et la France, si jamais ces acteurs chinois, et ainsi de suite, décidaient de s'impliquer du fait d'une vacance de pouvoir en Russie dans une situation de toute façon, on voit mal d'alternative exister au jour d'aujourd'hui au pouvoir existant. Je ne sais pas si c'est quelque chose que vous intégrez à votre réflexion qui existe comme comme réflexion ou qui ou qui au contraire vous apparaît complètement déconnectée de la réalité du fonctionnement de la Russie aujourd'hui à tout.

Tout d'abord, je. Crois que. C'est l'idée quatre, l'idée que France que la France pourrait un jour jouer, jouer un rôle important dans la balance entre l'Occident, la Russie, les Etats-Unis, c'est tout à fait juste.

Je suis Tout à fait d'accord avec ça. Au temps de Chirac, c'était en quelque sorte de la réalité et à mon avis Macron et même Sarkozy tous les deux ils ont perdu et ont abandonné cette possibilité. Mais à mon avis, la France sans ce rôle destinée à se dissoudre, à être détruite.

Donc à la France aujourd'hui entre les plus grandes puissances chinoise, américaine, indienne et avec la démographie tout à fait réduisante avec l'Afrique, avec le monde musulman à un démographie croissante... la France est finie.

La France devra trouver sa place dans la structure d'un monde multipolaire. Et Macron a fait tout le contraire. Il ne cherche rien, il abandon et toutes les possibilités disons de de jouer ce rôle de balance là, de contre balancer les pouvoirs, de renforcer le souveraineté de la France.

Et il fait tout le contraire en suivant certains logiques qui ne sont pas françaises du tout à mon avis. Et dans ce cas, je crois que la Russie, qu’elle soit asiatique européenne, peut importe, nous sommes Eurasiatiques, donc nous croyons que la Russie est semi européenne, semi asiatique, c'est disons certains assemblages originels qu'il faut comprendre comme l’état des faits et faire avec. C'est une civilisation particulière,à demi européenne, à demi asiatique, mais ça ne représente pas... la Russie ne représente pas la vraie menace existentielle pour l'Europe et plus que ça à la Russie en tant que telle à présent, est une chance pour l'Europe, la chance de ré s'interesser, se ré établir, de trouver la place dans la distribution de rôles dans le monde.

Et à mon avis il y a France avec l'Allemagne, l'Allemagne et rien d'autre, rien d'autre. Ni l'Italie, ni l'Espagne, ni l'Angleterre ne peuvent pas accomplir ce rôle. Seulement la France et l'Allemagne.

Et la France a beaucoup plus de chance de faire ça. Et Macron a délibérément. détruit cette possibilité.

A mon avis c'est c'est irréaliste, c'est totalement contre productif en quelque sorte. Vous ne pouvez pas, même tous ensemble détruire la Russie. Vous pouvez nous affaiblir.

Vous pouvez nous donner beaucoup de problèmes, vous pouvez ajouter, disons, les problèmes aux problèmes que nous avons. Mais la perte de la guerre contre l’Europe, pas sans l’appui des Etats-Unis, seulement de l'Europe et la Russie, ça sera voué à l'échec. Quand bien même, quand bien même on pourrait, on n'aurait aucun intérêt.

C'est ça, c'est ça, c'est ça surtout pour moi l'enjeu. C'est à dire qu'en fait, ne serait ce que d'un point de vue civilisationnel, et c'est d'ailleurs pour ça, en fait, la menace existentielle dont je parlais en ce qui concerne russe, ce serait en cas d'effondrement du système mixte qui existe aujourd'hui en Russie et qui est une prise de pouvoir par une puissance étrangère comme la Chine qui viendrait remplir le vide. C'est ça qui m'inquiète en fait, potentiellement.

Et c'est là où du coup, j'ai un désaccord fondamental, malgré les divergences idéologiques que je peux avoir sur l'importance de la liberté individuelle et des libertés politiques avec le régime politique russe, je ne comprends pas l'aveuglement de mes dirigeants politiques et des dirigeants politiques ou occidentaux qui ne voient pas à quel point le monde change vite et à quel point, en fait, nous avons besoin de structurer des alliances avec des peuples qui en fait, ce sont avec lesquels on s'est nourri mutuellement. Là, ils sont en train de sortir au cinéma, une œuvre importante dans un des plus importants réalisateur de cinéma du XXᵉ siècle en France, même s’il n’est pas très connue, qui s'appelle Robert Bresson, qui n’avait jamais été jamais été diffusé au cinéma, qui est une adaptation d'une nouvelle de Dostoïevski. C'est un exemple parce que je suis tombé dessus hier, mais toute notre civilisation est construite sur ce sur ce lien intime en termes populationnels et culturels.

Et du coup idéologique. Quoi qu'on pense des divergences actuelles sur la question des droits des minorités et ainsi de suite. Et il y a une sorte d'excroissance de ces points de divergence qui me semble délirante par rapport au socle qui est complètement oublié.

Et je pense que Monsieur Macron fait partie de ces nouvelles élites des acculturés. Il n'y a pas, il n'y a. Pas d'agenda, il y a quelque chose de réflexif et d'instinctif, stupide, très technocratique aussi, ce côté il y a fait une école, la haute école d'administration, l'ENA, que vous connaissez peut être, qui avait fait de l'Union européenne comme structure bureaucratique un horizon idéologique, ce qui est déjà en soi une sorte de perversion assez, assez étrange et qui, du coup, s'est investi corps et âme dans cette idée d'une Europe qui pouvait être une Europe des nations jusqu'à Maastricht à peu près, parce que ne serait ce qu'en termes de nombre de pays impliqués, mais qui à 27 28, devient une sorte de Kominterm aberrant et sans aucune, sans aucune perspective commune.

Donc, vous l'avez vu avec la guerre en Irak en 2003 et la crise que ça avait généré avec justement Jacques Chirac à l'époque, qui avait été furieux que les pays des nouveaux pays de l'Union européenne de l'Est soutiennent la perspective atlantiste et et déséquilibre. En fait notre continent. Et on peut y trouver quelque part la jachère, à mon avis, de ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui.

Bref, tout ça m'inquiète, m'inquiète, m'inquiète profondément et et je suis heureux qu'on ait ait cet échange. Je pense que je vous enverrai un texte plutôt qui était un commentaire sur votre sens. De.

Votre Philosophy of Politics, mais qui est beaucoup plus conceptuelle sur une approche différente, divergente sur la question du platonisme, etc. Parce que parce que j'ai été très intéressé, pas par la structure profonde en fait, ce qui nourrit vos idées géopolitiques et vos idéologies. Et je pense que c'est important aussi qu'on ait des discussions sur sur les sur des fondements, quelque part de ce qui est de ces dérivés, des dérivatifs dont on parle aujourd'hui.

Et j'aurais peut être aimé juste peut être vous poser une dernière question si vous en avez le temps. C'est la question de votre place en Russie aujourd'hui, d'un point de vue idéologique, comment est ce que vous vous sentez ? Est ce que ce dont on parle est une perspective dominante, notamment au sein des gouvernants et ou de la population ?

Est ce que vous sentez qu'il y a une sorte de contradiction entre plusieurs blocs ? Si, si, c'est quelques éléments pour être très enrichissants pour moi, pour pour mieux comprendre en fait des dynamiques actuelles sur place aujourd'hui à. Merci en Russie.

Et il y a ce qu'on peut appeler révolution conservatrice, quelque chose très similaire au Choc produit se produit aux États-Unis, mais disons à une vitesse tout à fait différente à ce que Trump a fait. Il a fait en trois semaines, ce qu’on a fait pendant 25 années. On a remplacé la l'idéologie libérale par une logique patriotique, disons eurasiste géopolitique.

Maintenant je me sens, je me sens comme, disons le, au centre de tous les processus, à partir, disons, de la place tout à fait marginale par rapport au système il y a 25 années. Mais je n'ai pas pu remarquer le moment où mes idées qui étaient considérées, même en Russie, même en Russie, marginales, sont devenues, disons, centrales ou banales, ou totalement répandues ou évidentes. C'était tellement prolongé c'était tellement en retard...

ça c’est emballé. Je n'ai pas pu. Je ne peux pas identifier le moment.

Mais aux États-Unis, c'est en trois semaines. Donc il y avait une réalité il y avait l'autre réalité. Et nous avions le même processus de changement du libéralisme vers un illibéralisme conservateur, traditionnaliste, etc, etc.

Je puis juste témoigner que maintenant je me sens être au centre de tous les processus idéologiques et idéologiques, non pas au niveau de l'administration, mais ce n'était pas le cas il y a trois ans. Ce n'était pas le cas il y a dix ans, quinze ans. Mais pourquoi je parle de moi ?

Parce que je représente certaines tendances, certains lignes qui étaient au début. Dans les années 90, j’étais considéré comme la marginalité extrémiste, disons radicale et révolutionnaire de l'opposition. Avec Poutine, c'était au moins autant reconnu et rejeté.

Et maintenant c'est totalement accepté, mais avec les nuances, avec les personnages qui pensent un peu différemment mais ça ne change pas le tout. Et donc je pu dire que maintenant on se retrouvedans une situation tout à fait différente, non seulement par rapport à Eltsine, même par rapport à l'époque de Poutine, de cette époque, parce que finalement, avec le commencement de l'épuration spéciale militaire, nous sommes arrivés, disons, au centre, au noyau de l'idéologie de Dostoïevski, de l'empire de la religion orthodoxe et disons et de Dieu, un russo centrisme en quelque sorte, et avons réussi à réinventer cette centralité. Donc on commence de penser non pas à partir de l'Occident comme un certain universalisme, mais à partir d’un centre qui se trouve en Russie.

C'est précisément le mot multipolarité dont tous les acteurs mondiaux sont son propre centre. Donc il y a les États-Unis qui ont leur centre aux États-Unis et agissent et font tout autour tout ce qu'ils font à partir de ses intérêts et ses valeurs. La même chose pour la Russie, la même chose pour les Chinois.

Et je crois que c'est vraiment très, très important, cette désoccidentalisation qui devient de plus en plus accentuée, de plus en plus concrète, de plus en plus et de plus en plus élaborée avec les détails. C'est donc même nous qui avons introduit un certain temps ce ce que nous appelons. Nous appelons westernologie, occidentologie.

Ca veut dire que toutes les déclarations de la science ou des humanités, tout, même les sciences naturelles, doit être réduit, déconstruit et réduit au contexte historique, culturel. Par exemple, si vous dites qu’il y a un fait naturel dans la physique, il faut avant de faire le recherche. Qui a dit ça ?

Dans quelle situation ? Et cela a été dit. Quand on parle.

De production du savoir, du savoir scientifique. Vouloir en quelque sorte une multipolarité scientifique. C’est intéressant.

Nous, nous utilisons beaucoup des procédures des postmodernistes de Bruno Latour et des autres, mais on cherche à. Catégoriser. Catégoriser et réduire dans le contexte, Dans le contexte historique, quand toute l'affirmation soi disant scientifique.

Et on découvre immédiatement que tout ça est colonial parce ce que quand les anglo saxons découvrent quelque chose, ils utilisent cette découverte pour leurs intérêts. Donc c'est il y a toujours le rapport de forces. Historiquement, on va utiliser épistémologie de Foucault, de Michel Foucault a aidé beaucoup a accepter et simuler, disons les, les instruments philosophiques français postmoderne pour les déconstruire, en Russie.

Vous faites la déconstruction de la déconstruction. Exactement ce c'est pas mal. Merci, merci, C'était extrêmement intéressant.

Je suis à votre disposition avec grand plaisir. Je vous mets donc ce petit mot et est très heureux d'avoir échangé avec vous et bon courage pour la suite. On reste en contact.

Alors bientôt, au revoir.