GEORGES SALINAS : EX-BRI, CHEF DE LA SÉCURITÉ DE L'ÉLYSÉE ET DU PRÉSIDENT
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 14 %Défensif 78 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Bonjour Georges Salinas. Vous êtes chef de la sécurité de l'Elysée et du président de la République actuellement.
- 1:07FerméeRéponse directe
Aujourd'hui, tu as combien d'hommes au GSPR sous tes ordres ?
- 1:22FerméeRéponse directe
En quelle année, à quel moment tu es arrivé à la présidence ?
- 2:29FerméeRéponse directe
Tu as remplacé Alexandre Benalla ?
- 2:47OuverteRéponse partielle
C'est quoi le voyage le plus dangereux en tant que chef de la sécurité que tu aies vécu avec le président ?
- 3:19FerméeRéponse directe
Vous êtes allé voir le président Zelensky, c'est ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10InvitéChiffre
« Alors au GSPR, j'en ai plus de 80. Au total, la sécurité de l'Elysée, c'est plus de 300. »
- 1:37InvitéFait
« Et j'ai quitté en 2018, finalement, la BRI. »
- 8:21InvitéChiffre
« Il y avait un tueur en série qui s'appelait Thierry Paulin, qui tuait des petites mamies. Il en avait tué, de mémoire, je crois, presque une vingtaine. »
- 9:45InvitéChiffre
« Et on avait retrouvé 244, qui était en Casamance, donc en frontière Guinée-Bissau-Sénégal. »
- 20:38InvitéChiffre
« Moi, je suis allé en mission au Venezuela. Ah oui, le Venezuela, c'était à peu près 20 000 morts par an. »
- 22:41InvitéChiffre
« Il y avait à peu près, je crois, la moyenne, c'était une dizaine d'enlèvements par jour à Caracas. »
- 30:56InvitéFait
« Donc, tout notre travail, il est là. C'est-à-dire qu'on sait qu'on n'est pas invincible et on sait qu'on n'est pas invincible même quand on est équipé dans les gilets pare-balles. »
- 31:14InvitéFait
« Non, jamais. C'est toujours lui qui décide. »
- 36:17InvitéFait
« Il en avait. »
- 38:03InvitéFait
« toute personne qui est dans un rayon d'à peu près 50 mètres et se retrouve poussiéreux ou réduit à l'état de poussière. »
- 39:31InvitéChiffre
« Il y a eu quatre blessés. »
- 40:59InvitéChiffre
« j'ai mis 22 minutes pour faire 63 kilomètres. »
- 41:12InvitéFait
« ma femme m'a dit « Mais tu sais, tu roules à plus de 200. » »
- 42:15InvitéFait
« ça se passe au Bataclan, maintenant. »
- 42:20InvitéFait
« j'ai amené le camion blindé. »
- 42:31InvitéFait
« qui a pris une balle dans le bras, dans la main. »
- 43:10InvitéChiffre
« je pense qu'on est au moins sur la centaine. »
- 43:51InvitéFait
« on ne peut pas donner un assaut alors qu'il y a des gens blessés. »
- 46:09InvitéFait
« on a fait le choix de casser ces deux locaux techniques où on savait d'un côté qu'il y avait deux terroristes au moins. »
- 47:14InvitéFait
« ça a stoppé les tirs des terroristes. »
- 55:56InvitéFait
« ma femme, mes enfants qui ont dû tous tenir et supporter ce que j'ai fait une fois à l'hypercachère et après au Bataclan. »
Temps de parole
- Invité79 %
- Présentateur21 %
≈ 2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Moi, la seule chose que je peux dire sur cette histoire, c'est que j'ai vu beaucoup de choses horribles. Et je n'oublie pas et je ne pardonne pas.
Bonjour tout le monde, bienvenue. Bonjour, Georges Salinas. Bonjour. Vous êtes chef de la sécurité de l'Elysée et du président de la République actuellement. Effectivement, actuellement, je m'occupe de ça. Vous êtes le patron de la sécurité de l'Elysée. Je m'occupe de toute la sécurité. Du président de l'Elysée, de la famille du président.
Quand on parle de sécurité de l'Elysée, c'est effectivement, on prend tous les aspects, c'est-à-dire le président, bien évidemment, mais aussi son entourage et puis toutes les emprises.
Vous êtes ancien chef opérationnel de la BRI. On peut se tutoyer parce qu'on se tutoie dans la vraie vie. Alors sinon, je n'aime pas. Moi, ça ne fait pas comme dans la vraie vie. J'aime bien vraiment qu'on parle normalement. C'est toi qui as géré l'assaut du Bataclan, notamment de manière opérationnelle. C'est toi qui as dû prendre les décisions dans les colonnes, etc. Tu nous en reparleras tout à l'heure. Et tu es aussi romancier. Voilà, ça s'appelle Le murmure des âmes perdues de Georges Salinas, qui est actuellement le chef de la sécu de l'Elysée, si vous voulez aller lire ça. C'est un roman dans lequel il y a plein d'histoires. On va y revenir.
J'ai choisi plusieurs anecdotes dont on va parler après, si tu veux bien. Bien sûr. Aujourd'hui, tu as combien d'hommes au GSPR sous tes ordres ?
Alors au GSPR, j'en ai plus de 80. Au total, la sécurité de l'Elysée, c'est plus de 300. Ok. Donc ça fait beaucoup de personnes qui s'occupent de tous les aspects de la sécurité.
Et tu es passé de la BRI avant au GSPR. En quelle année, à quel moment tu es arrivé à la présidence ? Quand j'ai quitté la BRI, c'était bien après les attentats,
puisque j'étais resté quelques temps de plus à la BRI pour pouvoir réorganiser ce service, puisqu'il a subi une profonde transformation. On a doublé quasiment le volume. Et j'ai quitté en 2018, finalement, la BRI.
C'est eux qui t'ont appelé ?
Je n'ai pas été appelé de suite. En fait, j'ai été appelé d'abord au SDLP, le service de la protection. Des personnalités ? Exactement. Et on m'a demandé si j'étais intéressé. Et comme ça faisait un petit moment, ça faisait 6 ans que j'étais à la BRI. Donc, j'avais envie un peu de changer. Oui, un peu d'affaires. Voilà, de voir un autre aspect. Surtout, c'est un aspect que je ne connaissais pas, puisque quand on est à la BRI, moi, j'ai fait beaucoup de police judiciaire. C'est un peu le thème des livres, d'ailleurs. Mais la police judiciaire, on est plutôt chasseurs. Quand on est au service de la protection, c'est l'inverse. On est chassé. Donc, c'est une autre facette du boulot.
C'est vrai, c'est vrai, c'est bien vu. Exactement. Et donc, il faut éviter. Et donc, je suis arrivé, j'ai passé quelques mois au SDLP, où je m'occupais de la protection du gouvernement, notamment, et des personnes menacées, style Charlie Hebdo, ce genre de choses. D'accord. Et puis, après, au bout de quelques mois, j'ai été appelé à la présidence. On cherchait un profil un peu spécialisé de quelqu'un qui avait fait de l'intervention. Tu as remplacé Alexandre Benalla ? Non, jamais. Non, jamais. Non, Alexandre Benalla, d'abord, il ne faisait pas le même boulot que moi. Non, Alexandre Benalla, il y avait eu un problème au niveau de la sécurité.
Et donc, on a préféré voir avec d'autres personnes.
Et donc, c'est comme ça que je suis arrivé. C'est quoi le voyage le plus dangereux en tant que chef de la sécurité que tu aies vécu avec le président ? Je dirais que tous les voyages peuvent être dangereux.
On peut avoir des risques, parfois, qu'on n'a pas... Il faut considérer que c'est un déplacement qui a l'air assez facile, assez bénin. On serait tenté de baisser la garde. Et en fait, parfois, on a des incidents, justement...
Le danger, il y en a toujours de l'air où on ne l'attend pas.
Voilà, exactement. Alors que quand on est sur des déplacements qui nous paraissent très compliqués, je pense, par exemple, à un déplacement qu'on a fait en Ukraine, qui n'était pas en zone de guerre.
Ah oui, vous êtes allé voir le président Zelensky, c'est ça ? Exactement. Avec Emmanuel Macron. Exactement. Je t'ai vu descendre, d'ailleurs, du train. T'étais juste derrière sur le quai, forcément. T'es toujours pas très loin.
Oui.
C'est un joli périple. Et là, c'était un voyage particulier ?
Les circonstances ont fait qu'il a fallu qu'on prenne un train. Et on n'était pas tout seuls dans le train, puisqu'il y avait une délégation allemande. Et il y avait une délégation italienne aussi. Ce qui était amusant, d'ailleurs, c'est qu'on était tous dans le même train. Ah oui, avec les autres présidents. Ce qui rend aussi dangereux, encore plus l'autre... On avait quand même pris des mesures de protection, mais il est évident qu'on n'est pas parti comme ça à la fleurophysie. Et on avait aussi un dispositif italien, d'ailleurs, et un dispositif allemand qui s'est calqué sur notre dispositif.
Ah, c'est vous qui avez donné le là et après...
C'est-à-dire qu'ils voulaient savoir ce qu'on faisait. Moi, je leur ai dit ce qu'on faisait. Et à partir du moment où on a expliqué comment on voyait la protection de ce train, ils se sont adaptés. On a pu travailler ensemble très correctement. Après, ce qui n'est pas évident, c'est qu'on est dans un train. Le train, nous, en protection, on ne prend jamais. Donc là, on n'avait pas le choix. Vous ne prenez jamais le train ? Non, jamais. Pourquoi ? Il y a d'abord une première raison, c'est la sécurité. Et la sécurité telle qu'on doit la déployer, parfois, peut même coûter beaucoup plus cher que si on y allait en voiture ou en avion. Voilà, tout simplement.
Donc, il y a tout un côté économique aussi qui est important. Le train, nous, n'est pas satisfaisant pour la sécurité parce que quand vous prenez un train,
il y a beaucoup de protection sur tout le parcours. C'est-à-dire que là, quand tu es allé en Ukraine, c'était très particulier parce que vous ne le preniez jamais. Du coup, le président est avec vous. Il est dans des wagons à part. Comment ça s'est passé là ?
Bien évidemment, il avait un wagon pour lui. Mais il s'est adapté puisque tous les autres, après, on était tous répartis dans des trains couchettes. Bon, voilà. Pas des wagons VIP. Ce n'était pas des wagons VIP. Et donc, on se croisait. On croisait des gens. Bon, un chef d'État qui venait voir le président. Bien évidemment, il faut qu'il passe par les couloirs. Par vous. Il y a des couchettes, donc on se croise. On a un gars en train de se laver les dents. Bon, voilà. Il y a de la publicité avec le président Macron à ce moment-là ? Tu vis quelque chose de plus détendu, on va dire, qu'à l'Élysée ? Je crois que de toute façon, le président, on sait comment il est.
Et j'ai toujours vu un président qui s'adaptait à toutes ces circonstances. Donc, je pense que si on le fait coucher dans un train couchette, parce que c'est l'obligation, il dormira dans un train couchette. On le voit quand il va au contact du public ou des gens, il y va. Tu as une anecdote un peu sympa dans le train avec le président ? Ce que j'ai trouvé intéressant là-dedans, c'est de voir cette promiscuité entre tous les groupes d'intervention spécialisés de protection qu'il y avait dans ce train. C'est-à-dire qu'on avait des Italiens, on avait des Allemands, il y avait des Français.
Tout le monde se croisait, on croisait des ministres, que bien évidemment, on voit passer des gens avec des armes, des...
Et le président qui passe, machin. Mais tu ne le vois pas se brosser les dents non plus ? Non, on a vu tout ça. Oui, c'est ça, il y a quand même un peu une salle de bain, machin. Non, mais c'est vrai, on se pose la question parce qu'on n'imagine pas de l'extérieur.
Le président, il a une intimité sur laquelle nous, on n'a aucun droit de regard. On est derrière, on n'approche pas, c'est normal.
Il y a eu l'entamement d'Elisabeth II. Là, on a vu qu'il y avait le président qui est allé, comme tous les chefs d'État, de la plupart des pays dans le monde. Là, tu y allais aussi ? Oui, j'étais à l'enferment. Et alors du coup, toi, ça doit te faire vivre aussi quelque part des... Enfin, tu dois te dire, tiens, je suis un peu dans l'œil du cyclone, je suis vraiment au centre des événements mondiaux, de ce qui se passe. Comment tu l'as vécu, la famille royale ? La royauté, moi, je l'ai rencontrée avant qu'il soit roi.
Charles III ? Exactement. Pendant cette période-là, c'était très compliqué. D'abord parce qu'ils avaient une gestion très difficile, il y avait énormément de délégations. Donc, en fait, c'est assez compliqué parce qu'on est une délégation parmi tant d'autres. Tout le monde veut être sur cet événement. Il y avait énormément de personnes, de gens. Les Anglais ont une habitude de travail aussi qui est différente. Ils laissent beaucoup vivre la foule. Alors la foule, elle n'est pas agressive aussi, donc ce qui permet de la laisser vivre. Nous, on a eu des problèmes parfois de foule compliqués et c'est pour ça qu'on est obligé de... Mettre un peu de distance. De distance, tout simplement.
Cette distance, on peut l'enlever à partir du moment où on sait qu'il n'y aura pas d'agressivité.
Il y a une particularité que le service de sécurité anglais, par exemple, vous, quand vous êtes en présence des princes, du roi actuel, est-ce qu'il y a des choses différentes d'ailleurs ? Les Anglais sont toujours différents.
C'est bien un peu leur caractéristique. Et donc, peut-être que la garde s'entend à Dior depuis 1000 ans. Ils ne sont pas faciles, c'est clair. Mais ce sont des grands professionnels. On ne peut pas leur reprocher ça. Ce qui est compliqué, c'est que nous, on arrive avec des demandes, parfois, et ça peut être un peu plus compliqué avec les Anglais, parce qu'ils ont des chartes, notamment. Ils interdisent toute arme sur le territoire anglais. Mais non. Oui. Même pour vous, par exemple ? Oui, et donc, il faut obtenir beaucoup de dérogations qui sont parfois très compliquées à obtenir, parce que ce sont les Anglais.
Et toi, tu as quelle formation, en fait, en gros ?
Moi, j'ai commencé comme ce qu'on appelait avant un inspecteur, et qu'ils sont devenus après des officiers. Donc, j'étais dans un commissariat dans le 8e arrondissement qui a disparu depuis. Et puis, je suis parti à la brigade criminelle. OK. Et donc, là, j'ai connu des très grandes affaires, notamment des tueurs en série. C'était les années où il y avait un tueur en série qui s'appelait Thierry Paulin, qui tuait des petites mamies. Il en avait tué, de mémoire, je crois, presque une vingtaine. Donc, c'est là que j'ai appris vraiment le travail et le métier et la rigueur.
Alors, pour citer un page 155 de ton livre, je l'ai noté en bleu, là. Il y a une scène en Guinée-Bissau, tu dis, où l'on retrouve Shadia. Elle fit signe au chauffeur de s'arrêter. Elle prit son arme, un revolver américain, qu'un dignitaire libanais chiite l'avait donnée au Liban. Cette arme garde-la et sertant pour défendre ton pays à l'appartenir à un soldat américain que j'ai tué.
Ce genre d'anecdote, là, c'est du vécu. Là, on parle de terrorisme libanais. Donc, il y a eu un terrorisme libanais très important qui continue, d'ailleurs. Puisqu'on a des groupes qui sont considérés comme terroristes, encore, au Liban. On a, pour ne pas les citer, mais le Westbola, on a aussi Daesh, encore, qui est là, sans compter aussi beaucoup de factions qui s'affrontent. Donc, moi, j'ai rencontré des gens comme ça. Quand je suis allé en Guinée-Bissau, en fait, j'ai formé des gens, là-bas. C'était dans un contexte un peu spécial, puisque je suis parti pour former un groupe d'intervention et qui est devenu après, plus tard, un groupe de protection du président.
Donc, c'était assez amusant. Et donc, là, j'avais été appelé par l'ambassadeur, puisque je l'ai formé sur plusieurs semaines. Durant le week-end, on avait des Français qui avaient disparu. C'est une affaire qui était passée dans les médias, d'ailleurs. Et on avait retrouvé 244, qui était en Casamance, donc en frontière Guinée-Bissau-Sénégal. Et ils m'avaient dit, on ne sait pas où ils sont. On a eu quelques renseignements. Est-ce que vous pouvez aller faire un tour là-bas ? Donc, on est partis là-bas. Et en fin d'après-midi, début de soirée, on s'est arrêtés dans un village. Et là, il a fallu que j'aille voir un chef pour lui demander l'autorisation de dormir dans son village.
Et donc, c'était amusant parce qu'il dormait. Il s'est réveillé. Il m'a dit, vas-y, installe-toi là-bas. Donc, on a commencé à bivouaquer, à préparer notre bivouac. Et puis, il est revenu un quart d'heure après. Il avait un beau pantalon blanc. Il était torse nu, il était très musclé. Et il a vu que nous avions des armes. Et effectivement, j'avais des Smith & Wesson, pour ne pas les citer, que nous avions en étui extérieur, de cuisse. Et avec un créi, donc, on était identifié comme un personnel soit militaire, soit policier armé. Et quand il a eu l'arme, il m'a dit, moi, je connais les armes. Moi, j'ai combattu les Portugais pour l'indépendance.
Et je lui ai dit, est-ce que tu connais cette arme ? Cette arme américaine. Il me dit, non, je ne connais que les armes russes. Parce qu'à ce moment-là, ils étaient surtout financés par les Russes. Et c'était surtout la Kalachnikov qui était l'arme de base. Donc, je lui ai dit, si tu veux, je te fais tirer pour pouvoir avoir de bonnes relations avec lui. Et à ce moment-là, il m'a dit, attends, quelques secondes. Et il a parlé à un gamin. Et le gamin est allé chercher tout le village. Et donc, on s'est retrouvé à 200 devant lui. Je lui ai passé mon arme, il a tiré sur un arbre. Et là, à chaque fois que chaque tir, tout le monde applaudissait. Et donc, c'était hyper amusant. C'est drôle.
Et à la fin, quand il m'a rendu mon arme, il m'a dit, écoute, je te remercie. Viens manger ce soir avec nous. Et donc, ils nous ont invités à manger. Donc, nous, on a amené la boisson. Parce qu'il faut toujours amener quelque chose en Afrique. Et on a passé la soirée à manger, à boire. Ils ont dansé devant nous. C'était extraordinaire. J'avais l'impression de vivre 50 ans ou 100 ans en arrière.
Ah oui, trop bien. Une scène de film un peu...
Oui, c'était vraiment sympa.
Parfois, on parle d'échecs aussi. Dans l'émission, je demande à tout le monde, est-ce que tu as eu un échec professionnel ? Est-ce que tu en as eu au GSPR actuellement ?
Au GSPR, on a parfois des situations d'échecs qu'on essaie de rattraper, bien évidemment. Donc, des situations d'échecs, c'est quand on a eu un incident pendant un déplacement. C'est clair qu'à partir du moment où on a un incident, ça veut dire qu'on n'a pas su gérer le concevoir avant pour ne pas l'avoir. La règle d'un déplacement, c'est de prévoir tout. Et à partir du moment... Alors, ce n'est pas une règle exacte, mais il est clair que s'il y a un moment, quelque chose qui s'est passé dans le déplacement... D'imprévu ? D'imprévu et qu'on a été surpris et que ça touche directement le président, il est clair qu'on considère que c'est quand même un échec.
Par exemple, on a vu à la télé tous le président qui se pointe gifle par un gars sur la gauche. Là, on voit toute cette image. Ça, c'est un échec pour vous ? C'était une erreur de... Comment ça s'est passé de l'intérieur ? Parce qu'il y a toujours la version journalistique qui ne va que critiquer des trucs sans savoir ce qui s'est passé. Mais qu'est-ce qui s'est passé, toi, qui l'as vu que l'intérieur ?
Sur cette... Bon, c'est difficile. Bon, on ne peut pas en parler maintenant. Mais ce qui est clair, c'est qu'on a une situation, normalement, qu'on doit gérer, et notamment des situations de foule. Là, il a décidé d'aller à un endroit qui était, en fait, qui venait d'être levé de surveillance parce qu'on pensait que le président partait. Le seul problème, c'est qu'on a eu ce temps où on a eu, donc, pas de gens en protection à cet endroit-là, ou peu. Ah oui, tu t'es fait prendre deux coups, en gros. En fait, on a toujours une protection devant, derrière. Et là, cette protection derrière, elle n'était pas encore mise en place. Elle était en train de se mettre en place.
Et le malheur, c'est qu'il tombe directement, qu'il va directement sur l'individu qui va lui mettre la gifle. Alors après, on a dit beaucoup de bêtises sur cette histoire, c'est-à-dire qu'il aurait pu être armé, etc. Il y a quand même un filtre. Ah oui, c'est-à-dire que les gens ont été fouillés. Voilà. Et donc, il y a des palpations, il y a des choses comme ça. Les gens qui sont là ont été quand même filtrés. Donc après, s'il met une gifle, malheureusement, c'est ce que j'ai déjà dit plusieurs fois, je ne peux pas faire entrer que des manchots.
Donc, je ne pouvais pas savoir que cet individu allait mettre une gifle. Il se passe un truc comme ça. Est-ce que tu as un débrief avec le président ? Est-ce qu'il peut te dire, t'as Georges, je ne sais pas bien, ou est-ce que c'est toi qui dois dire au président, attention, monsieur le président, quand vous sortez, laissez-moi 5 secondes que je sois là. Comment ça se passe, ça ?
On débriefe, bien évidemment, à notre niveau déjà, et puis après au niveau des autorités. Et puis nous, à notre niveau, il faut qu'on sache exactement qu'est-ce qui a été raté, qu'est-ce qui n'était pas bon.
Mais il a compris que c'était aussi pas de ta faute, entre guillemets. Je t'espère. T'es encore là. En fait, sur Internet, il y a beaucoup de rumeurs sur l'Elysée. On s'est amusé à répertorier 10 rumeurs qui se sont affichées un peu partout. Tu vas nous dire si c'est vrai, si c'est faux, ou je ne peux pas répondre. D'accord ? On rajoute une case et une proposée. Je pense que je vais dire souvent que je ne peux pas répondre. Alors, sur les 10 rumeurs de l'Elysée, il y aurait un tunnel secret qui relierait l'Elysée à la Seine où se trouverait un mini sous-marin qui a d'attaques ou d'énormes manifestations qui puissent s'enfuir.
Alors... Tu ne peux pas répondre ? Il y a un vrai tunnel secret, qui conduit aussi d'ailleurs à une plateforme où il y a une fusée pour partir sur la Lune. Il n'y a pas de sous-marin ? Non, je crois qu'il n'y a pas de sous-marin.
Il y aurait un bouclier antiaérien au-dessus de l'Elysée ?
Alors, il y a un bouclier antiaérien. C'est au-dessus de la France. Donc là, on a une armée de l'air qui couvre tout le pays avec des alertes d'avions qui sont prêts à intercepter ce qu'il faut. Donc, toutes les mesures sont prises, y compris les plus petites, c'est-à-dire au niveau des drones, par exemple. L'armée de l'air, d'ailleurs, c'est de l'armée de l'air et de l'espace, maintenant, qui s'occupent de tout ça, qui gèrent ça. Après, au niveau local, il y a toutes les emprises qui sont considérées comme sensibles ont des dispositifs particuliers de protection aérien.
Un membre du personnel doit goûter tous les plats du président avant qu'il les mange. Est-ce qu'il y a un goûteur pour Emmanuel Macron
qui goûte à ça ? La cuisine, elle est préparée par un chef cuistot, spécialement pour lui, qui est un chef cuistot renommé, puisqu'on a eu... C'était Guillaume Gomez avant ? Exactement. Maintenant, c'est à nouveau ? Oui, exactement. Et donc, cette cuisine, elle est préparée...
Même en déplacement, c'est lui, c'est ça ? Toujours ? Oui.
Donc, il y a tout cet aspect-là qui est géré par l'intendance. Ah oui, d'accord. Et en fait, on mange très très bien à l'Elysée et le seul risque qu'on puisse avoir, c'est pas de se faire empoisonner, c'est plutôt de prendre des kilos.
Emmanuel Macron possède une voiture blindée dont il a dessiné lui-même les plans.
Nous, on a un président qui aime bien un type de voiture. On roule français, d'ailleurs. On a la première voiture blindée hybride, d'ailleurs, au monde. OK.
C'est une voiture française. Alors, il y a un truc qui est très récurrent et vraiment qui est partout. C'est les services de sécurité utiliseraient les sosies d'Emmanuel Macron lors de certaines sorties. Tu l'as vu ça sur Internet déjà ? Avec des grains de beauté, ils disent, regardez, il n'a pas ça, il n'a pas ça.
Je crois qu'il est inimitable. Donc, ça serait difficile de lui donner un sosie.
Donc, ça, c'est pas vrai, évidemment.
Tu les as déjà vus, ces articles, ou pas, non ? Oui, on en voit beaucoup. C'est ça, c'est ça.
Depuis la création des réseaux sociaux, on voit vraiment beaucoup de choses. Et tout et n'importe quoi. Tout et n'importe quoi. Il y a une équipe cynophile, donc une équipe d'assaut, mais avec des chiens aussi à l'Elysée. Et tous les chiens porteraient les noms d'anciens présidents.
Alors, je n'ai pas leur nom. Ils pourraient. Oui, c'est possible. Mais pour le moment, non. Ce que je peux confirmer, c'est qu'effectivement, on se sert de chiens pour la détection d'explosifs. C'est vraiment très efficace. Et après, leur petit nom, c'est un peu la charge de celui qui le guide.
Il paraît qu'il y aurait, l'Elysée organiserait des tournois de pétanque pour les employés. Il y aurait même un terrain au fond du jardin à côté de la fontaine. On pourrait. Ça non plus, non ?
Non, je ne pense pas. En tout cas, je n'ai jamais vu jouer pétanque. Tu n'as jamais vu jouer ?
Mais c'est dommage parce qu'il y a des endroits où on pourrait jouer. Ça n'empêcherait pas, après tout, de bien travailler pour les employés de ceux qui se retournent, etc. Quand tu étais à la police, avant, à la police criminelle et à la police judiciaire, tu as déjà été choqué par des scènes de crime. C'est quelque chose qui t'a... Parce qu'on parle de choses que tu vis, mais il y a des choses que tu vois, que tu as vues. Est-ce qu'il y a des choses qui te marquent encore aujourd'hui ? La chose qui marque un policier,
c'est le contact avec la mort, tout simplement. Je pense que quand on rentre dans la police, il faut être prêt à affronter ça et à affronter des scènes qui sont parfois très macabres. Moi, je me souviens, j'étais tout jeune policier, c'était mon premier jour de policier. Et j'étais encore stagiaire. Et on m'a appelé, et ce n'était pas une affaire de crime, c'était un type qui s'était suicidé, une personne qui s'était jetée d'en haut d'un immeuble de 12 étages. Donc, on imagine dans quelle état elle était, au sol.
Et je me souviens, c'était mes premières constatations que je faisais en tant que policier, où il fallait donc fouiller un corps, voir fouiller un corps qui est démembré, qui est explosé, parce que bien évidemment... Fouiller, c'est-à-dire les poches, tout ça ? Voilà, pour trouver des papiers, pour savoir qui c'est, etc. Donc, il faut faire abstraction de tout ça. Et il faut enlever toutes ces images-là après. C'est quelque chose qui est compliqué. Et dans notre métier, on constate constamment... Moi, j'étais à la brigade criminelle, j'ai vu des scènes de crime assez souvent. Il faut être prêt à affronter la scène. Il y a la vue, il y a l'odeur aussi. C'est ça le problème.
Et parfois, c'est même l'odeur qui est le plus dur. Parce que ça vous reste dans les narines et on a l'impression, quand on rentre à la maison, on a l'impression qu'on a encore cette odeur qui est coincée dans le nez. Donc, c'est très compliqué. Et puis, les scènes de crime les plus horribles que j'ai pu voir, c'est les scènes d'attentat. Le Bataclan, c'était quelque chose.
Il y en a beaucoup, les scènes de crime, je ne te parle pas d'attentat, mais de scènes de crime, comme on peut l'imaginer un peu dans les séries policières américaines ou françaises, ça arrive souvent ou c'est quelque chose qui est assez rare en vrai ? Ça arrive souvent
par rapport à d'autres pays, non. On a... Je n'ai pas le taux exact de criminalité, enfin, de domicile volontaire en France. Mais ce qui est clair, c'est qu'on a quand même un pays qui est beaucoup plus pacifié, même s'il y a beaucoup de choses qui s'y passent. Moi, je suis allé en mission au Venezuela. Ah oui, le Venezuela, c'était à peu près 20 000 morts par an. Ah, waouh.
Je suprime une ville, comme Millau. C'est comme Narbonne. 25 000 morts. C'est n'importe quoi. Après, le Venezuela, c'est un des pays les plus dangereux au monde, avec le Salvador. C'est tout le triangle
un peu chaud. C'est un pays très dangereux où j'ai fait aussi des bêtes de formation là-bas. Ah, tu as formé des gens ? Oui, j'ai formé des gens là-bas.
Et alors ? Est-ce que tu as une anecdote avec des Vénézuéliens ?
Ce qui est amusant avec les Vénézuéliens, c'est que justement, comme le rapport avec l'arme, ils en ont tous. Ils en ont tous. Il y avait des policiers qui ont été torturés parce qu'ils étaient policiers, tout simplement, sur un braquage où ils se faisaient braquer chez eux, par exemple. Et puis, on tombait sur leurs armes, sur leurs plaques. On savait que c'était des policiers et là, ils les torturaient. Ils sont très, très violents. Tu parlais de le rapport avec l'arme, tu vas dans un restaurant, tu as plein de restaurants où tu as des boîtiers à l'entrée et il y a des gens en France, tu déposes plutôt ton parapluie. Eux, c'est leur arme. Donc, on met l'arme dans un truc.
Il y a des affiches. D'ailleurs, j'en avais ramené une. Dans ton bureau ? Dans mon bureau. Oui, il y a marqué ici, les armes sont interdites et donc, on doit déposer son arme et puis, après, on va manger. Donc, c'est vraiment... C'est très habituel, en fait, entre guillemets. Les policiers que j'ai formés, c'était des policiers de la police judiciaire. Il faut savoir que la police au Venezuela est très compliquée et qu'il y a quand même une partie qui est... Des deux côtés ? Oui, oui. Voilà. Donc, c'est clair. Pour l'avoir vécu, quand j'ai travaillé au STUP, j'ai vu arriver un peu de tout sous couverture de la police, de ce pays-là.
Ce qui est sûr, c'est que les policiers qu'on avait, nous, ils avaient été triés sur le volet et donc, on considérait qu'on avait des gens qui étaient du bon côté. Et le premier jour, quand je les rencontre, je leur demande, je leur dis est-ce que quelqu'un a déjà ouvert le feu ? Ils ont tous levé la main. Mais non. Et je leur ai dit est-ce que vous avez déjà abattu quelqu'un ? Et il y en a les trois quarts qui ont levé la main. Et c'était des policiers donc qui ont considéré travailler en légitime défense. Il y avait énormément d'enlèvements. Donc, il y avait à peu près, je crois, la moyenne, c'était une dizaine d'enlèvements par jour à Caracas.
Et donc, nous, on leur a expliqué comment nous, on travaillait sur les enlèvements. Je leur ai expliqué qu'en fait, la règle, c'était plutôt d'essayer d'attraper les gens pour récupérer après les voyous et puis récupérer la personne qui avait été enlevée. Alors que eux, la règle, c'était on voit les voyous, on tire. Donc, il a fallu travailler sur cette assure-là. Comment ne pas tuer ? Voilà. Donc, c'était drôle
parce que j'étais allé là-bas pour leur expliquer comment ne pas tirer. Et toi, quand tu arrives à l'aéroport, tu es armé là-bas ? Oui. Dans un pays qui est dangereux quand même ? Tu ne pars pas non plus d'affaires refusées ? Oui, on demande des autorisations.
Bon, déjà, dans mon boulot actuel, à chaque fois que je pars, je suis armé. Et dans toutes les formations que j'ai faites, je suis toujours parti armé. D'abord, parce qu'on ne va pas dans des pays qui sont faciles. quand on va aux Etats-Unis, c'est moins compliqué. Donc là, effectivement, on peut se permettre de ne pas être armé. Mais quand on va dans des pays comme le Venezuela ou quand on part en Afrique, on a quand même une violence
qui peut être plus présente. Et donc, il vaut mieux partir armé. Dans ton livre, page 74, tu dis « Un des voyous de la deuxième voiture sortit en poussant avec le pied sa portière et se tourna vers François. Il l'arrosa copieusement avec son arme automatique. Il n'eut que le temps de se coucher sous le tableau de bord et parvint à s'arrêter. En se relevant, il vit le voyou se diriger vers lui d'un pas décidé. Il ne lui laisserait pas l'occasion d'aller plus loin. » Ce genre d'anecdote face à des braqueurs, etc., on parle justement, tu dis, de la rapport avec la mort dans des pays un peu parfois qui peuvent craindre pour la sécurité.
Est-ce que toi, tu as déjà dû, et c'est un vrai truc difficile, mais est-ce que tu as déjà dû abattre quelqu'un parce que tu n'as pas eu le choix ?
C'est difficile de répondre à ce genre de questions. Ce qui est sûr, c'est que j'ai connu quelques fusillades, fusillades importantes, et j'ai été amené à tirer sur des adversaires parce que je n'avais pas d'autre choix. Donc, en fait, quand je raconte ce genre de choses, c'est un condensé un peu d'opérations que j'ai menées avec, je ne sais pas, tout seul, on était toujours en groupe. J'ai connu ce genre d'opérations, notamment à la BRI, où on a eu des fusillades et où on est amené à tirer sur quelqu'un.
Je pense notamment à une opération sur un braquage qui avait eu lieu en grande banlieue dans le 77, et à la limite, et ils avaient des voyous qui avaient attaqué un fourgon et donc avaient tiré sur les convoyeurs qui ensuite avaient pris l'argent et les caissettes, ils en avaient pris. Ils avaient tué les convoyeurs ? Ils ne les avaient pas tués, mais ils auraient tiré dessus. Il y avait des policiers qui étaient arrivés en renfort du commissariat parce qu'on leur disait qu'il y avait des coups de feu. Ces policiers avaient été accueillis par des tirs de Kalachnikov. Là, tu sais que ça ne rigole pas. Voilà.
Et nous, on travaillait sur ces voyous parce qu'on savait où ils allaient revenir parce que ces voyous, en général, ont des voitures relais, ce qu'on appelle. C'est-à-dire qu'ils ont des voitures de guerre, ils attaquent avec ces voitures et ensuite, ils vont aller les jeter, ils vont les brûler et ils vont monter dans d'autres voitures pour pouvoir filer. Se faire filer, ok. Et nous, notre travail a été d'identifier l'endroit de repli. On ne savait pas trop où ils allaient les braquer et on n'a pas pu le savoir. Et on l'a découvert parce que c'était sur les ondes radio police qu'on entendait qu'il y avait eu ce braquage.
Et quand on a eu les signalements des voitures qu'ils avaient attaqués, on a compris que c'était les nôtres. Et je me souviendrai toujours parce que ces voitures sont arrivées, se sont posées dans la rue et nous, on était en surveillance et on attendait qu'ils montent dans leur voiture de relais pour pouvoir après les reprendre en filature et les interpeller parce que du coup, ils étaient plus calmes. Ils auraient pu même poser leurs armes et on aurait pu faire une interpellation dans de bonnes conditions. Et en fait, ces gens-là, on s'est rendu compte que les caissettes qu'ils avaient prises, elles avaient explosé. Il y avait de l'encre, un délit bille. Ah oui,
il y a un peu qu'un système anti-vol pour les billets
qui les détruis. on voyait entre eux que ça parlait qu'ils étaient assez mécontents de l'histoire. Alors, même si on sait que maintenant, les billets, ça peut se laver aussi. Mais bon, ils ont posé ça dans un box qu'ils avaient juste à côté et là, on les a vus remonter dans les voitures équipées avec des gilets, des armes prêtes à repartir et en fait, ils repartaient à l'assaut d'autres choses. Et donc, là, quand on a entendu quand j'ai su ça, moi, j'ai dit il ne faut pas les laisser partir, il faut les arrêter. Et donc, là, on est monté sur eux, on les a bloqués et eux, ils n'ont pas voulu se laisser prendre.
Donc, il y a eu des tirs dans tous les sens et moi, j'ai été amené à tirer sur quelqu'un qui avait une Kalachnikov et qui était prêt à engager ce qu'on appelle un collègue à moi. Donc, du coup, on est obligé de tirer. Après, vous savez, on n'est pas très fiers. Non, bien sûr, mais ce qui est sûr, c'est que moi, ça ne m'empêche pas de dormir parce que c'est mon travail qui m'a amené à faire ça. J'étais obligé de le faire.
Je pense que tout le monde comprend que tu as quelqu'un qui est à la Kalachnikov qui est tiré sur la police et à un moment donné, il visite ton collègue, c'est évident. En tout cas,
c'est compliqué, mais moi, je l'ai toujours bien vécu d'abord parce que j'ai une famille derrière et que la famille, elle te fait redescendre. Ce jour-là, enfin, le lendemain, c'est assez amusant, le lendemain, j'avais mon gamin qui faisait un spectacle de théâtre à l'école. Et je me souviendrai toujours parce que quand je suis rentré à la maison, ma femme m'a dit « bon, je viens de me faire tirer dessus, j'ai tiré sur quelqu'un, bon, elle m'a dit « ouais, mais c'est embêtant parce que du coup, demain, tu ne vas pas pouvoir aller au spectacle. Donc, ton gamin, elle me dit mais je comprends. » Mais toi, psychologiquement, comment ça va le soir ? Sur le moment, je suis assez...
Parce que tu dis que tu as changé des tirs mais il est décédé. Mais je n'ai pas envie d'en parler. C'est un moment où je lui dis « demain, il faudra que je travaille. » Ah, tu lui dis « je ne veux pas en parler. » Oui, en général, je n'aime pas en parler de ce genre de choses. On n'a pas trop envie. Ça vient plus tard. Non, parce que ce n'est pas une fierté. On n'est pas fier d'avoir tiré sur quelqu'un.
Non, mais tu es fier d'avoir sauvé la vie d'un collègue. Tu le vois, tu peux le voir.
J'espère que je lui ai sauvé la vie en tirant sur ce type. Il n'y a pas que moi je suis parti comme on a ouvert le feu. Il y a toujours une enquête de l'inspection générale des services qui doivent s'occuper de voir les conditions d'ouverture de feu. Et je me suis débrouillé pour prendre une moto et filer au spectacle de mon gamin. Je suis arrivé à temps. J'ai regardé le spectacle. J'ai bu un petit verre de coca avec lui et puis je suis reparti. Et c'est ça qui fait redescendre sur Terre après. Oui, tu as intérêté dans une famille solide. Voilà. On a besoin d'avoir une famille solide derrière pour pouvoir redescendre et ne pas penser aux choses parfois horribles qu'on est amené de faire.
Et là, quand il se passe un truc comme ça, après, tu es obligé d'expliquer quand tu es flic, quand on ouvre le feu parce que vous, vous le savez parce que vous êtes policier, en général, je parle, mais comment ça se passe ? Et encore plus quand il y a un décès de quelqu'un, tu as dû répondre. Est-ce que tu passes devant une commission ? Tu es obligé d'expliquer chaque tir ? Comment ça se passe ?
Tout est expliqué, tout est écrit. C'est une procédure judiciaire. Tu passes
en une sorte de jury le lendemain mais devant des psychologues ? Ah non, non.
Oui, tu peux éventuellement. Maintenant, c'est beaucoup plus développé que du temps où j'étais sans doute dans ce genre de service. Ça permet un peu parfois de retravailler un petit peu sur toi-même.
Donc là, tu as écrit le murmure des âmes perdues. Il y a un polar chez Marreuil Édition. Si vous voulez aller le chercher, je vous mettrai le lien de façon en dessous de la vidéo. Je voudrais te poser les faits ou pas faits pour que vous puissiez voir si vous lisez le livre aussi, si vous trouvez des concordances. Tu vas me dire si tu as déjà fait ou pas. Est-ce que tu as été déjà touché par une balle ?
Non. Jamais. Et j'espère que ça ne m'arrivera jamais. On s'entraîne pour ça. Tu vois ? Oui, je vais toucher du bois. J'espère que ce n'est pas du faux. Pas sûr. Non, on s'entraîne surtout pour ne pas en prendre. Donc, tout notre travail... Parce que tu as vécu plusieurs fusillades. Bien sûr. Donc, tout notre travail, il est là. C'est-à-dire qu'on sait qu'on n'est pas invincible et on sait qu'on n'est pas invincible même quand on est équipé dans les gilets pare-balles. Donc, notre travail, il est justement
d'éviter de se prendre une balle. Est-ce que tu as dû annuler un déplacement du président pour sa sécurité ?
Non, jamais. C'est toujours lui qui décide. On lui donne tous les éléments et après, c'est lui qui voit. Ah oui, c'est lui qui... Et c'est nous qui nous adaptons. Il n'est pas suicidaire. Il sait très bien que... Si tu lui dis, ça pue. Voilà. C'est bon.
Est-ce que tu as déjà utilisé les tunnels secrets de l'Elysée ? Les mêmes que ceux qui amènent aux sous-marins. Ou à la fusée. Bien sûr. Est-ce que tu as déjà dû lever la voix sur le président pour sa sécurité ? Non, jamais. C'est-à-dire, crier, par exemple, pour lui dire attention ou c'est pas de lever la voix et de lui crier dessus. C'est juste attention.
Non, je n'ai jamais crié sur la...
Parfois, on voit, tu sais, Trump, à l'époque, il y avait eu un truc sur le scène. Il y avait un mec qui l'avait pris un peu même vieux. Tu te rappelles de cette scène ? Oui, bien sûr. Il ne lui demande pas quoi. Il lui met la truc. Est-ce que ça, ça t'est déjà arrivé ?
Non. Moi, pour ma part, non. Et puis, ce n'est pas mon rôle de l'attraper. Toi, tu es chef derrière. Voilà. Moi, je supervise... Tu organises le 4-4-2, entre guillemets, l'organisation des bonhommes. C'est toi qui es là. Je suis un peu le capitaine, plutôt. Pas l'entraîneur. C'est-à-dire que je suis un peu entraîneur et un peu capitaine aussi parce que je suis sur le terrain.
Parce que tu es quand même opérationnel.
Voilà, je suis sur le terrain. Et je prête main forte aux gars.
Tu es un peu le numéro 10. Voilà, c'est un peu ça. Je sais. Et c'est toi qui dit, tiens, par exemple, toi, tu es derrière Emmanuel Macron. Toi, tu es sur le côté. Faites gaffe à la gauche.
Les gens connaissent leur mission.
Et tu as un taquit-walkie ? Bien sûr. On travaille tous avec les radios. Est-ce que vous avez déjà évité une attaque envers le président ? Tu peux me dire, je ne peux pas le dire. Oui. Mais est-ce que ça vous est déjà arrivé, tu vois, de justement... À l'époque, c'était sur Chirac, non ? Il y avait un gars qui avait pris une 22 sur les champs. Oui, tout à fait. Est-ce que ça t'est arrivé, avec ton service de sécurité, de déjouer un truc avant que ça se passe ? Hum hum. Difficile d'en parler, non. Il faudra lire mon prochain roman. Mais en tout cas, il faut toujours rester sur Kiv, ça peut arriver n'importe quand.
De toute façon, ça, c'est la règle.
Tu as vécu, à l'époque de la BRI, tu faisais quoi exactement la BRI ? À la BRI, j'étais patron adjoint,
c'est-à-dire chef de service adjoint. Et je m'occupais plutôt, je dirais, du côté opérationnel du service. Le chef étant, lui, pour driver tout le service, le management de tout le service.
Plus la politique,
il est aussi sur le terrain puisque les chefs de service à la BRI sont toujours sur le terrain. Donc, mon chef de service a toujours été sur le terrain avec moi aussi. Mais moi, j'avais plus en charge l'organisation avec les chefs de groupe puisqu'il y a des groupes sur le terrain.
Et toi, tu as connu l'Hypercacher, tu étais à cette époque. Qu'est-ce que tu as fait sur cet asso ? Comment ça s'est passé de ta vision, toi ?
Moi, la vision d'Hypercacher, c'est que, d'abord, il a fallu arriver à Hypercacher. On était tous en opération les uns les autres, autre part. Et on était tous en train de... Moi, j'étais à Aulnay sur une autre opération en lien avec les frères Kouachi. Et quand on était appelé pour la prise d'otage à Hypercacher, ce qui était drôle, c'est qu'on avait plusieurs colonnes d'assaut qui étaient réparties un peu partout. Et on s'est tous retrouvés pour la porte de Vincennes et on s'est croisés à la porte de Bagnolet.
Et donc, il y a une image qui aurait été extraordinaire à voir, c'était qu'on avait notre fameux gamion blindé Béri, qui passait avec une colonne de voitures sur le pont et sur le périph, on avait les autres voitures de la Béri qui passaient en dessous. Donc, c'était... Vous vous êtes croisés ? On s'est croisés pour se retrouver au même endroit. Après, ce qui a été très compliqué, c'est que le trafic avait été stoppé et il y avait beaucoup de gens qui avaient abandonné leur voiture et à un moment, on a été complètement coincés et on a fini à pied.
Avec votre équipement ?
Exactement. Donc, j'ai dit, j'ai fait passer le message, j'ai dit, tant pis, on abandonne les voitures, on laisse juste les chauffeurs et on part à pied et on est arrivés à pied à Hypercacher. Donc, il y a quelques photos d'ailleurs qu'on voit dans les magazines où on nous voit enjamber le périphérique pour passer sur l'autre voie à pied parce qu'on ne peut plus avancer. Dans un premier temps, j'ai été sur la colonne qui était engagée le long de la sortie périphérique côté Vincennes et puis après, je suis allé au poste de commandement où on a monté un poste de commandement. Ensuite, on a été renforcés par le RAID qui est arrivé pour nous aider.
On savait qu'il y avait l'autre opération qui avait lieu aussi avec l'UGIGN à la Martin-en-Goel. À l'après-midi, à l'Agrèche-en-GFG. Voilà.
Toi, c'était Colibaly qui était dans le...
Là, nous, c'était Colibaly. On a monté un dispositif. Ça a été assez compliqué parce que c'était une affaire hors normes. Et donc, on avait beaucoup d'autorités qui sont venues voir ce qui se passait. Et donc, c'était compliqué parce qu'il fallait... Prendre des décisions vite. Oui. Et puis, il fallait écarter les gens surtout. Et on manquait peut-être encore un peu d'habitude, je dirais, sur les attentats pour faire un vrai périmètre. D'expérience. Voilà. On n'a pas commis la même erreur au Bataclan. T'étais dans les colonnes, toi ? Oui. Alors, nous, on est toujours dans les colonnes.
Et une fois qu'on a décidé du plan d'assaut, en gros, le plan d'assaut, c'était de rentrer par la porte de service, faire sauter la porte. Et la BRI devait rentrer, devait tenter d'éliminer le Koulibaly. Et pendant ce temps, le raid, eux, rentrait par l'autre porte, la porte d'accès magasin, sur laquelle, là, on devait faire sortir tous les otages. Il se trouve que ça ne se passe jamais comme on veut sur le terrain. Mais ce qu'on savait, et ça, c'était quelque chose de compliqué, on savait que Koulibaly avait des explosifs sur lui, dans un sac. Il en avait ? Il en avait. Et les otages pouvaient parler, en fait. Ils pouvaient envoyer des messages. Et à un moment, donc, un des otages...
Il laissait les otages parler ? Oui, il les laissait échanger. Donc, on avait comme ça des gens qui venaient nous voir en disant qu'ils m'ont appelé pour me dire qu'ils étaient là, etc. C'était assez surprenant. Et donc, on apprend qu'il y a ce sac de sport avec des bâtons de dynamite qu'il a à côté de lui. Et donc là, par l'intermédiaire de la personne qui était otage, je prends un dépiégeur d'assaut, ce qu'on appelle chez nous, c'est-à-dire un cas qui s'occupe de l'explosif. Et je lui demande, en gros, d'essayer d'évaluer ce qu'il en est. Et en fait, on apprend que les bâtons de dynamite, il y en a, et qu'il y a des trucs avec des fils, mais qu'on n'a pas l'impression qu'il les a préparés.
Préparés. Tout simplement. Et donc là, on prend la décision finalement de donner l'assaut. Quand tu dis « on prend », c'est toi ? Ben oui. C'est toi le seul. Oui, bien sûr. À plusieurs. Avec le chef, on décide, on va présenter notre plan d'assaut avec le RAID aussi, puisque le RAID était aussi travaillé en main dans la main avec nous. Et donc finalement, cette décision d'ailleurs, elle sera prise à très haut niveau puisque c'est le président qui va autoriser l'assaut. Hollande à l'époque ? Oui, exactement.
Et quand on y va, on a quelques certitudes, mais on a aussi beaucoup d'incertitudes puisque sur les explosifs, moi, je sais que on s'est basé sur ce qu'on a dit, ce qu'on nous a dit, c'est-à-dire qu'en gros, on pense que les explosifs ne sont pas configurés, mais si on s'est trompé, c'est à peu près toute personne qui est dans un rayon d'à peu près 50 mètres et se retrouve poussiéreux ou réduit à l'état de poussière. Donc, on y va. C'est la première fois de ma heure de ma vie que j'ai envoyé un SMS à ma femme en lui disant écoute, on va donner la sou, mais ne t'inquiète pas. Donc, comme ça faisait, je n'avais jamais fait ça, elle a compris que ce n'était pas bien.
Elle m'a dit en 20 ans, tu ne m'as jamais envoyé un SMS, donc je ne vois pas pourquoi. Donc, ça craint. Donc, effectivement, je n'ai pas commis la même erreur après. Et donc, on est allé. Moi, j'ai rejoint la colonne d'assaut avec d'ailleurs mon chef aussi qui s'appelait Christophe Molmy et on a fait sauter cette porte. Donc, c'est les gens du Raid qui ont fait sauter la porte. Mais le problème, c'est qu'il avait mis un tas de caisses pour pouvoir nous empêcher de rentrer. Et quand on a fait sauter la porte, cette porte est ouverte. Mais comme il y avait tout ce tas de caisses, il a fallu les pousser. Donc là, Koulibaly est venu sur nous, nous a engagé, nous a tiré dessus.
Donc, nous, on a répliqué. Et c'est comme ça qu'il s'est dirigé vers l'entrée où se trouvait le Raid qui, entre-temps, avait ouvert cette porte. Ah oui, d'accord, d'accord. Et c'est comme ça qu'il est fait deux, trois allers-retours. Et comme nous, on rentre finalement dans l'hyper-cachère, Koulibaly va se diriger et tout le monde a vu cette scène où Koulibaly tente de sortir et se fait abattre par... Il y en a un qui s'est pris
une balle dans le pied, c'est ça ? Je crois qu'il y a eu très peu de blessés.
Il y a eu quatre blessés. Quatre blessés ? Quatre blessés, tout à fait. Qui sont des balles, on ne sait pas trop si c'est forticide ou pas, mais il y en a quand même... Parce que ça a tiré dans tous les sens, là. Oui, ça a beaucoup tiré. Nous, on n'a pas beaucoup tiré à l'intérieur. Et de l'autre côté, ils ont été amenés à tirer. Parce qu'il est arrivé jusqu'à eux. Voilà.
Et après, tu étais sur le Bataclan aussi. Tu as connu la période difficile du côté de la BRI. Enfin, difficile pour toute la France, mais difficile pour vous qui étiez en face. Quel rôle tu as eu, toi, là, sur le Bataclan ?
Le rôle ? J'avais le même rôle que celui de l'hyper-cachère. Donc là, moi, j'ai été appelé en urgence. J'étais dans ma maison de campagne, pour te dire, en train de regarder le match de foot. Ah oui, où il y avait les boums. Oui. Et puis, comme ça se passait d'abord à Saint-Denis, donc moi, j'ai été appelé par un des piégeurs d'assaut, aussi un des mineurs, qui m'a dit qu'il y avait eu des explosions. Et au départ, on a pensé que c'était des baraques à frites ou quoi qui avaient peut-être explosé parce qu'on sait qu'il y a... Du gaz, des machins. Et puis, quand il y en a eu une deuxième au même endroit, là, ça commençait à puer. Mais on était encore sur...
Comme on était sur Saint-Denis, qui est une zone qui est plus de répartition pour le raid, donc on a simplement... On s'est mis en alerte. Et puis, dans la foulée, on a su qu'il y avait les terrasses. Donc là, on a compris que ça tirait de partout. Et donc là, je suis rentré. Donc j'étais avec mon épouse, on a fermé la maison, on est partis, j'ai mis 22 minutes pour faire 63 kilomètres. Mais non ! D'ailleurs, ma femme m'a dit... D'ailleurs, je les engueulais, les gens, parce qu'ils ne se poussaient pas. Et ma femme m'a dit « Mais tu sais, tu roules à plus de 200. »
Ah, c'est vrai ?
Ah oui. Et donc, pendant ce trajet...
T'as un giro ou non ? Oui, bien sûr. Ah, tu avais un giro à l'époque.
C'était une voie de police. Oui, t'es identifié quand même. Oui, oui, j'avais un giro, j'avais tout. J'avais le pimpon, le neuton qui était en route. La sirène. La sirène, exactement. Mais bon, c'était un téléphone que j'ai gardé où il y avait les messages de la préfecture de police qui m'arrivait sur l'état des gens qui étaient les tirs, le nombre de morts, etc. Et ça, c'était en roulant. Comme on ne savait pas trop où ça se passait, puisque ça tirait un peu dans tout Paris, dans un premier temps, on ne savait pas trop si c'était localisé ou non. Moi, en roulant, j'ai demandé où se trouvaient mes enfants. Ah, c'est vrai ?
Je demandais à ma femme, je dis « appelle les enfants et demande-leur où ils sont. » Donc, heureusement, moi, mon gamin, elle regardait le foot à la télé chez lui. Au chaud. Et la petite, elle faisait du sport dans une salle de sport. Et donc, j'ai dit de ne pas bouger. Et donc, je suis arrivé à la BRI où j'ai récupéré, en fait, il y avait déjà une première équipe qui était partie, ce qu'on appelait la force d'intervention rapide. Donc, et on m'a dit « ça se passe au Bataclan, maintenant. » Donc, moi, j'ai récupéré le reste des effectifs, j'ai amené le fameux bouclier qu'on a pu voir à Rossi. Criblé de balle. Criblé de balle. Ah, c'est toi qui l'a emmené ? J'ai amené le camion blindé.
Je suis parti avec un gars de chez moi qui était un chef de groupe. C'est lui qui a été blessé, qui a pris une balle dans le bras, dans la main. Et on est parti, on est arrivé au Bataclan. Là, je suis rentré au Bataclan. Donc, de suite, on a fait un point. On a monté un poste de commandement dans un café. Et je me souviendrai d'ailleurs toujours d'un de mes collègues, un ami vraiment très sympa que j'adore qui était chef de la crime à ce moment-là et qui avait déjà pris en compte l'affaire du Charlie Hebdo. Et je me souviens que je fais un aller-retour dans ce PC et il me regarde et il me dit « Georges, est-ce que tu sais combien il y a de morts ? » À peu près.
Et je le regarde comme ça et je lui dis « Tu sais, je pense qu'on est au moins sur la centaine. » Et là, je me souviens de son visage. Je pense qu'il ne s'en est pas à un choc pareil. Je me souviens après être rentré, alors bon, les scènes indescriptibles de gens par terre morts.
C'est toi qui décides des colonnes ? Comment ça s'est passé ?
Alors, il y avait déjà une colonne qui était à l'intérieur et moi, j'ai préparé les deuxièmes colonnes. Donc, il y avait une colonne qui était en position aussi en hauteur sur les balcons. Il y avait des gens du raid, une dizaine de gens du raid qui sont arrivés. Donc, j'ai demandé qu'ils prennent en compte le rez-de-chaussée avec les gars de chez moi parce qu'il fallait tenir tout le rez-de-chaussée. On a fait évacuer aussi tous les gens. Mais moi, j'ai décidé, enfin, en tout cas avec mon chef, je lui ai dit on ne peut pas donner un assaut alors qu'il y a des gens blessés. On va avoir une surmortalité parce que de toute façon, ça va tirer dans tous les sens.
Donc, de toute façon, il faut évacuer le maximum de gens qu'on n'ait plus que des morts en fait. Et c'est ce qu'on a fait. Donc, on a fait, on a demandé, j'ai demandé à ce que les évacuations continuent. Et donc, on a tenu des postes et entre temps, on a eu le contact avec les terroristes et on a commencé à entamer des négociations avec eux. Comment vous avez contact avec un terroriste ? En fait, on est arrivé à une porte en avançant puisqu'on continue à fouiller et puis, on est arrivé à une porte qui était coincée et là, on a entendu un otage qui a dit mais on est pris par des terroristes et donc, un des otages a donné son numéro de téléphone pour pouvoir communiquer avec les terroristes.
Et c'est comme ça qu'il y a eu cinq appels. Et c'est toi qui appelles là ? Ah non, c'est là où on a des négociateurs. Ah oui, c'est vraiment le métier ? C'est-à-dire qu'on a des gens qui sont formés pour ça, pour la négociation et qui donc... Mais t'entends ? Oui, on sait ce qu'ils font. On a un travail très particulier. La négociation, elle doit se faire et contrairement à ce qu'on dit, elle doit se faire même dans des situations extrêmes. Parce que là, il n'y a pas vraiment une négo. On sait qu'il y a de fortes chances que ça finisse mal. Mais il faut la tenter quand même. Et puis, la négociation, elle n'est pas que juste pour discuter, savoir ce qu'ils veulent, etc.
La négociation, ça fait gagner du temps. Mais des deux côtés. Des deux côtés. C'est ça le problème. Et nous, on a besoin de monter un assaut. Et on ne peut pas faire un assaut. Il y a l'assaut d'urgence, c'est-à-dire on arrive, ça tire dans tous les sens, on va foncer. Et puis après, quand on est installé, on prépare un assaut. Et là, c'est un assaut élaboré. C'est-à-dire préparé dans tous les sens pour pouvoir donner un assaut comme il faut. Et ça, on a besoin de temps, on a besoin de renseignement. Et donc, dans ces discussions qu'on peut avoir avec les terroristes, on peut obtenir parfois du renseignement, combien ils sont, etc., ce genre de choses.
Et là, ça vous a servi à quelque chose ? Bien sûr. Ça nous a servi à quelque chose pour nous préparer. Et en fait, une fois qu'on a eu ce qu'on voulait, c'est-à-dire le maximum de renseignement qu'on pouvait avoir, le nombre, à peu près, et on ne savait pas exactement le nombre mais on se doutait parce qu'il y avait deux, les balcons, il y en avait deux et il y avait un autre côté qui était fermé mais là, il n'y avait personne qui répondait. Donc, on a fait le choix de casser ces deux locaux techniques où on savait d'un côté qu'il y avait deux terroristes au moins et d'un autre côté où on ne savait pas.
Donc, ce qu'on savait, c'est qu'on a découvert très vite la voiture qui avait été garée en bas, devant le Bataclan puisque quand ils se sont garés, ils sont sortis, ils ont commencé à tirer. Donc, ils ont tué des gens qui étaient déjà devant le Bataclan. Il y avait des gens qui avaient... Ah oui, dans la rue. Ah oui, dans la rue. Ah, ils ont tué dès le début. Et après, ils sont rentrés et ils ont commencé à tirer à l'intérieur.
Et donc, il y en a deux, ils ont commencé à rafaler dans tous les sens et ensuite, il y en a deux qui sont montés à l'étage et un qui est monté qui est allé sur la Seine et là, donc, on a l'intervention d'un commissaire avec son chauffeur de la Bac-Nuit qui arrive et qui lui aura le cran de rentrer et qui va abattre ce terroriste qui est sur la Seine. Donc, le terroriste se fait sauter ensuite.
Ah, parce qu'il ne meurt pas tout de suite. Exactement,
il a le temps de se faire sauter et donc, c'est ça qui va stopper la tuerie, en fait, puisque au moment où cet individu, enfin, le terroriste saute, les tirs ont arrêté. Sinon, pendant tout ce temps-là, ils sont tirés, mais ils ont tiré constamment. Ça a été raconté, il y a eu un procès, mais on sait que les téléphones sonnaient et tiraient, ils tiraient comme ça. Après, on a raconté aussi beaucoup de bêtises, des tortures et tout ça, c'est faux. En fait, ils tiraient, c'est tout.
Ils abattaient des gens comme des animaux. Et c'est un policier qui est rentré tout seul avec son arme de service et qui a fait un tir, je crois, incroyable, parce que c'était à 25 mètres,
le policier de la Bac-Nuit, le commissaire. Et donc, son action a été vraiment très importante puisque ça a stoppé les tirs des terroristes. Et après, il est ressorti ? Alors, il est resté dehors, après, il est ressorti et pendant ce temps, les deux autres ont pris en otage les gens qui étaient à l'étage, qui étaient montés à l'étage et se sont réfugiés et donc ont fait une prise d'otage là. Et c'est à partir de là que nous... Ah,
vous avez décidé d'attendre ? D'accord, d'accord. C'est vous. Quand tu rentres, c'est des images pareilles que tu n'oublieras jamais, j'imagine ? Déjà,
quand tu rentres, au début, tu es un petit peu... Tu es constamment bloqué sur ton travail. C'est-à-dire que tu penses à la mission, à l'opération. Ce que les filles appellent l'effet tunnel. C'est un effet tunnel, mais ce n'est pas vraiment un effet tunnel. C'est-à-dire que je suis conscient de la scène, mais tu es comme le médecin en gros qui opère. C'est-à-dire que tu dois faire ton opération et tu dois occulter le reste. Donc, quelqu'un qui est mort, c'est quelqu'un qui est mort. Tu ne pourras plus faire quelque chose pour lui. Donc, s'il est sur ton passage, tu vas l'enjamber. Tout simplement. Tu ne vas pas te poser de questions parce que tu es en pleine opération.
Alors que tu serais dans la rue, normalement, tu verrais quelqu'un, tu t'arrêterais, tu regarderais. Donc là, tu es en pleine opération. Tu es dans un champ de bataille. Donc, tu fais des choses que tu ne ferais jamais, normalement. Mais parce que tu es pris dedans. Donc, moi, après l'assaut, je me souviens, quand j'ai vu les scènes de gens que j'avais enjambés, je me suis dit « Mais mon Dieu, qu'est-ce que tu as fait ? Tu as marché sur les gens au-dessus des gens sans t'en rendre compte.
Oui, tu regardais à l'horizon. »
J'étais à fond sur l'opération « Comment on va les neutraliser ? » On y pense après. Puis après, il ne faut pas oublier qu'il y a eu l'opération en elle-même quand on a donné l'assaut puisque ça, on s'est fait tirer dessus. Donc, il y a la colonne 1 qui s'est fait tirer dessus. La colonne 2, au début, j'étais avec la colonne 2. Donc, ils sont rentrés et donc, heureusement, il n'y avait que des otages. Et donc, moi, j'ai immédiatement rejoint la colonne 1. Là, la colonne 1 s'est fait tirer dessus avec le fameux bouclier. Et les gars qui étaient devant sont vraiment, ont été hyper courageux. Ils ont fait le boulot, c'est-à-dire qu'ils s'en sont fait tirer dessus.
Ils ont réussi à neutraliser le premier terroriste qui était dans ce couloir. Et ce terroriste, lui, avant de mourir, s'est fait sauter. Et il a blasté le dernier terroriste. Ah, il a tué le deuxième. En fait, il l'a blasté mais il ne l'a pas tué.
Ah, il l'a souhait.
Il l'a juste blasté. C'est-à-dire qu'il était complètement dans un peu dans le gaz. Et en fait, quand on s'est approché sur lui, on a commencé à sortir tous les otages aussi. Donc, il faut savoir que les premiers otages, on les sort sous le feu pendant que ça tire. Et donc, il faut aller les chercher et passer par en dessous. Enfin, c'est un truc de dingue. Et après, à la fin, le dernier terroriste, on arrive sur lui et là, il essaie de se faire sauter au moment où on arrive sur lui. Et donc, on le voit, il est en train d'appuyer sur son nombril parce qu'ils avaient leur bouchon à l'humeur au niveau du nombril. Et donc, ils essaient d'appuyer.
Et en fait, il ne pourra jamais appuyer parce que son gilet explosif a tourné et son bouton à l'humeur, il se trouve sur la gauche. Et en fait, il ne le trouvera jamais. Et nous, évidemment, quand on s'approche, on ne cherche pas à comprendre ce qu'on appelle dans notre jargon policier,
on le neutralise. Ça se met, je crois, il se passe un an. Je crois qu'il y a des gens qui vous remercient. Un an après, il y a des commémorations. Tu as reçu une lettre Oui. C'est ça ? Comment tu l'as reçu ?
On a reçu des courriers, des lettres qui sont arrivées au service. Et on a reçu plein de dessins. D'enfants ? D'enfants. C'était vraiment extraordinaire. Et notamment, on a eu un courrier qui était vraiment hyper amusant parce que c'était une gamine d'une école élémentaire. Je l'ai imprimée. Je vous la montre en plein écran
en même temps, mais est-ce que tu peux la lire ? Oui, si tu veux.
Je trouve ça mignon. C'est fou. C'était hyper mignon. Elle écrit cette petite « Messieurs les policiers, mesdames les policières, merci d'avoir sauvé les gens à Paris et merci de la part de toute la France. » Alors, c'est écrit dans sa petite écriture. « Nous sommes des enfants en CP. Les attentats, ça nous fait mal au cœur parce que les gens sont morts. Nous sommes tristes. Ça nous fait peur, les terroristes. Nous avons peur qu'ils nous tuent, qu'ils tuent nos parents, notre famille et des gens qu'on ne connaît pas. Ça nous fait une boule au cœur. Mais nous savons que nous sommes en sécurité parce que les policiers nous protègent.
Dans la classe, nous pensons que vous êtes des héros parce que vous sauvez des gens même quand c'est risqué et dangereux. Il y a même des enfants qui disent que vous êtes des super héros. Mais il vous manque juste d'avoir plein de couleurs dans votre uniforme. Merci beaucoup.
On embrasse. Si maintenant les plus grandes, du coup, si ces parents nous reconnaissent. Exactement. Et tu as reçu des courriers. Ça t'a montré un peu à quel point vous avez été utile.
Oui. En fait, quand on est dans l'action, on ne se rend pas compte. Surtout que nous, après l'opération du Bataclan, on a continué les opérations. On s'est retrouvé aussi à Saint-Denis sur les opérations. A Baoud. Exactement. Dans le fil novembre, on voit un peu la traque. Donc là, nous, on vient en renfort. C'est le RAID qui essentiellement est intervenu. Mais on n'a pas cette perception. On sait que c'est quelque chose d'énorme, mais on n'a pas cette perception. Et c'est bien plus tard qu'on se rend compte de cet effet. Mais comment les gens en suivent ?
Et le truc le plus dingue que je raconte, c'est souvent, un an après, comme tu disais, les commémorations devant le Bataclan, où moi, je suis en tenue d'intervention et je suis avec mon collègue, le chef. Lui va voir... Toi, tu n'es pas cagoulé ? Je ne suis pas cagoulé. Je suis juste avec ma tenue. Mais il y a marqué BRI anti-commando bien identifié. Et c'est donc un an après. Les cérémonies se terminent. Et là, je reste un petit peu seul parce que mon collègue est allé voir des amis qu'il connaissait, qui ont perdu des gens.
Et là, je vois une femme avec sa fille qui s'approche de moi et qui me disent voilà, moi, je voulais vous dire ma fille était là et je n'ai jamais pu vous remercier et je voulais vous remercier. Et cette fille s'approche de moi, elle me prend dans ses bras. Donc, c'est une gamine, elle doit avoir 20 ans. Donc, sa maman, elle a l'air dans les yeux. Et puis là, tout d'un coup, je vois plein de gens qui s'approchent autour de moi et qui me disent nous aussi, on n'a pas pu vous dire merci, mais vraiment dites à vos gars, c'était extraordinaire ce qu'ils ont fait. Et je les vois tous s'approcher autour de moi et me toucher comme si j'étais une relique. Et c'était un truc de dingue.
J'ai eu une émotion rarement ressentie. C'était vraiment, ça m'a vraiment fait un truc que même quand j'en parle encore, ça me fait encore quelque chose. Ouais, je comprends complètement. C'est le plus beau moment que tu as vécu ? C'est un beau moment, effectivement, parce qu'après toute cette souffrance, voir ce genre de choses, ça remonte le moral. On a gardé des relations avec certains otages. Moi, j'en vois quelques-uns avec qui on échange constamment. On veut savoir ce qu'ils deviennent parce que parfois, c'est difficile. Ah,
tu as gardé contact avec ?
Et puis, c'est difficile aussi de pouvoir apprendre à vivre après avoir vécu un truc comme ça.
Et après, chacun fait son deuil de manière très différente et c'est vrai qu'il y en a qui, c'est vraiment quelque chose qui est très personnel et si quelqu'un a perdu quelqu'un et qu'il a envie de te toucher, il faut le comprendre, faire un câlin, c'est exactement ça.
Et on se rend compte vraiment de cet impact à ce moment-là. Et la seule chose que je voulais dire, c'est qu'il y a des gens qui viennent nous voir, mais on oublie souvent les familles et les familles des policiers. Et moi, je me souviens de ma femme, mes enfants qui ont dû tous tenir et supporter ce que j'ai fait une fois à l'hypercachère et après au Bataclan. donc elle avait quand même un peu l'habitude avec le grand bonitisme et ce n'était pas toujours facile. Et là, il a fallu que la famille encore me soutienne pour ça. Donc c'est pour ça que je le dis encore une fois, on n'est rien. Là, le soir, tu rentres du Bataclan, tu fais quoi ? Je n'ai pas envie de parler.
D'abord, c'était le matin, presque, puisqu'on a fini, on a dû rentrer les 5-6 heures du matin et puis 2 heures, 3 heures après, on était à nouveau sur le terrain. Ah bon ? Oui. Vous avez refait d'autres opérations
dans la nuit ? Oui, bien sûr. Vous n'êtes même pas arrêté là ? Ah oui, on ne s'est pas arrêté. Et juste, le procès, tu y as été ? Au procès ? Non.
Non, tu n'as pas voulu ? Non, ce n'est pas que je n'ai pas voulu. C'est que d'abord, il y avait beaucoup de monde. Il fallait, la plupart du temps, c'était des partis civils ou des témoins importants. Et quand c'était des témoins policiers, on utilisait, c'était souvent le chef de service qui allait témoigner, parce que j'aurais dit la même chose que lui. Donc du coup, ça ne servait à rien. Donc, c'est le chef de service qui y va. Et comme à ce moment-là, ce n'était pas moi le chef de service, c'est parce que j'étais 4 juin,
donc c'est le chef de service qui est allé. Et tu as suivi à distance quand même, tu vois, Salah Abdeslam qui a le droit de se marier en prison, c'est qu'il y a... Enfin...
Moi, la seule chose que je peux dire sur cette histoire, c'est que j'ai vu beaucoup de choses horribles. Et je n'oublie pas et je ne pardonne pas.
Pour terminer, en 30 secondes, est-ce que tu as déjà vu le président dans un déplacement ? Est-ce que tu l'as déjà vu faire un truc un peu étonnant, un peu sympa ? Toi qui es patron du service de sécurité, j'espère, est-ce que tu as assisté à quelque chose ou tu t'es dit tiens, c'est comme tout le monde ? Un truc sympathique, tu vois ?
Le président, il a une vie... Je veux dire, il a une vie privée déjà qui est normale, je présume, en tout cas. Après, dans l'officiel, il fait des choses qui sont sympas parce qu'il aime bien discuter avec les gens. Il ne s'offusque pas de plein de choses. Donc, quand on est allé, par exemple, à Tahiti, on a fait un voyage officiel à Tahiti et on est allé aux Marquises. Donc, c'était assez amusant d'ailleurs parce qu'on avait le fils du maire de l'île où on était qui était très sympa et qui, qui vraiment avait pris à cœur d'organiser vraiment un vrai spectacle et une vraie visite. Mais on avait des problèmes tout simplement logistiques.
On sait bien que dans ce genre d'île, on ne va pas avoir de voiture blindée comme ça. Ah oui, c'est vrai, c'est vrai. Et donc, la chose qu'on a faite, c'est que je suis allé voir le directeur de l'hôtel où on était. C'était le seul hôtel d'ailleurs qui avait un niveau, je dirais, pour accueillir un président. Enfin, ce n'était pas non plus un palace, mais c'était un bel hôtel quand même. et c'était le seul qui avait une voiture, un 4x4 normal. La plupart des véhicules de là-bas, ce sont des pick-ups. Ah oui, compliqué. Voilà, donc compliqué de mettre quelqu'un à l'arrière. En tout cas, un président. Sauf avoir une voiture pas pâle, mais bon. Donc, c'était compliqué.
Et ce directeur m'a dit, ok, vous connaissez ma voiture, je la prête pour le président sans problème. Et donc, il l'a faite un peu nettoyé et donc, il avait mis des superbes housses à fleurs jaunes. Et donc, le président, il montait dans la voiture, il a apprécié les housses et puis, on a fait le déplacement sans problème.
Tu as déjà dû aller dans un endroit où il n'y avait pas d'endroit pour dormir, où il doit dormir avec tout le monde, ça peut arriver ? Bien sûr,
c'est déjà arrivé. Il aime bien le contact. Donc, quand on va notamment voir les militaires, il aime bien être au contact des militaires, donc il aime bien dormir dans le camp où ils sont pour pouvoir discuter avec eux, parler avec eux, avoir un vrai échange avec les gens. Quand on est allé sur le Charles de Gaulle, il aime bien parler avec les soldats, les pilotes, les marins et tous les marins. Il peut dormir
dans une tente avec les autres militaires.
Exactement, en Roumanie, on n'était pas très bien équipés au niveau souture, je dirais, pour logistique dans la base et bon, on a fait de briques et de brocs et il a dormi dans une tente. D'accord, donc tu peux réveiller le président en ronflant
et vice-versa.
Il faut essayer de ne pas ronfler à côté de lui, je pense.
Merci beaucoup en tout cas, Georges Seyas. Donc, ton livre est dispo et ça s'appelle Le murmure des âmes perdues pour ceux qui ont cherché chez Mareuil Édition qui est un polar avec plein d'anecdotes. Tu nous en as expliqué quelques-unes de réelles. Franchement, moi j'adore, c'est typiquement le genre de livre que j'adore. Je me laisse embarquer dedans. Bravo déjà pour ce livre. Merci. Tu veux en écrire d'autres après ?
Je suis le troisième en écriture là. Ah, c'est vrai ?
C'est un vrai plaisir que tu as d'écrire à côté ? Oui, j'adore écrire. C'est pour moi
quelque chose
qui me libère l'esprit. Oui, ça te permet d'exorciser aussi certains trucs que tu as vus sans dire où, sans dire quoi.
J'aime bien le roman parce que ça me permet justement, comme je le disais, d'avoir un peu cette liberté et avec toujours à la base d'un chrétien très très réel ce qui fait que ça je pense que ça se lit assez bien.
Très bien et c'est comme parce que j'imagine que tu es secret défense, habilité à secret défense. Tu ne peux pas tout dire. Oui. C'est pour ça qu'il ne peut pas faire une autobiographie comme tu l'expliquais justement tout à l'heure. donc sous forme de roman on apprend plein de trucs de la crime au 36 il y a plein d'anecdotes. Merci d'être venu d'avoir pris le temps. Je sais que tu as un exercice qui commence à l'Élysée dans 15 minutes. Exactement. Merci d'être venu. Il n'y a pas de problème. Merci à tous d'avoir suivi. Les gars, continuez de vous abonner, de commenter si vous avez des questions aussi. N'hésitez pas à les poser avec plaisir.
Abonnez-vous et puis merci de nous suivre sur tous les réseaux que ce soit TikTok, Instagram, Snapchat, YouTube ou encore Facebook. Merci d'être là. Sous-titrage Société Radio-Canada