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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 mars 2026 11 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Guerre au Moyen-Orient : "Il faut que cette escalade s'arrête", plaide Jean-Noël Barrot

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 45 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez ce lundi matin nous faire un point actualisé sur les rapatriements des Français bloqués ?

  • 1:04OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous avez une idée du nombre de Français qui restent à rapatrier ?

  • 1:39OuverteRéponse partielle

    Est-ce que le gouvernement pourrait revoir sa position si les prix à la pompe continuaient d'augmenter ?

  • 2:27RelanceÉludée

    Est-ce que vous changerez de position sur la fiscalité des carburants ?

  • 3:04OuverteRéponse partielle

    Comment interprétez-vous la désignation du nouveau guide suprême en Iran ?

  • 4:22OuverteRéponse partielle

    Est-ce que la France rate le coche de l'histoire selon Dominique de Villepin ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:17PrésentateurChiffre
    « Samedi, vous aviez donné ce chiffre de 4300 personnes qui avaient pu rentrer en France. »
  • 0:26Invité politiqueChiffre
    « Depuis le début de la guerre, nous avons permis à 900 ressortissants français, les plus vulnérables, de rentrer en France grâce aux 7 vols que nous avons affrétés. »
  • 0:35Invité politiquePromesse
    « Nous préparons à affrêter 7 vols supplémentaires dans les prochains jours. »
  • 0:44Invité politiqueChiffre
    « qui ont permis de faire rentrer en France autour de 15 000 personnes, dont une grande partie de Français. »
  • 1:10Invité politiqueChiffre
    « Nous avons enregistré environ 7 500 demandes d'assistance au rapatriement. »
  • 1:48PrésentateurChiffre
    « On le disait, plus 30% le baril de Bren qui a dépassé les 100 dollars cette nuit. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Il est hors de question que l'on puisse se faire du profit indu sur le dos des Français. »
  • 2:19Invité politiquePromesse
    « le président de la République a annoncé que nous travaillons à former une coalition pour permettre la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz »
  • 8:37Invité politiqueChiffre
    « Nous avons d'ores et déjà débloqué une aide d'urgence de 6 millions d'euros à destination des organisations humanitaires qui agissent sur le terrain »
  • 8:48Invité politiquePromesse
    « un premier envoi de 20 tonnes de médicaments, de couvertures, de tapis, de lampes solaires qui devraient parvenir au Liban dès mardi »

Temps de parole

  • Jean-noël Barrot58 %
  • Présentateur42 %

6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Il est 7h48 sur Inter et Benjamin Duhamel, vous recevez le ministre des Affaires étrangères. Bonjour Jean-Noël Barreau. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter. En ce dixième jour de guerre, on va parler de la situation en Iran alors qu'un nouveau guide suprême a été désigné. Mais d'abord un mot sur la situation des ressortissants français bloqués au Moyen-Orient. Samedi, vous aviez donné ce chiffre de 4300 personnes qui avaient pu rentrer en France. Est-ce que vous pouvez ce lundi matin nous faire un point actualisé ? Où en est-on des rapatriements ?

0:26
Jean-noël Barrot

Depuis le début de la guerre, nous avons permis à 900 ressortissants français, les plus vulnérables, de rentrer en France grâce aux 7 vols que nous avons affrétés. Nous préparons à affrêter 7 vols supplémentaires dans les prochains jours. Et puis par ailleurs, il y a les vols commerciaux, puisque certains espaces aériens restent ouverts dans la région, qui ont permis de faire rentrer en France autour de 15 000 personnes, dont une grande partie de Français.

0:51
Présentateur

Donc ça c'est le chiffre que vous nous donnez, 15 000 personnes par des vols commerciaux et quelques centaines par des vols affrétés directement par le gouvernement.

0:58
Jean-noël Barrot

Et 900 Français, parmi les plus vulnérables, qui ont été rapatriés grâce aux vols que nous avons affrétés.

1:04
Présentateur

Est-ce que vous avez une idée dans les jours qui viennent du nombre de Français qui restent à rapatrier, qui sont en ce moment même bloqués au Proche et Moyen-Orient ?

1:10
Jean-noël Barrot

Nous avons enregistré environ 7 500 demandes d'assistance au rapatriement. Et c'est donc vers ces Françaises et Français que nous apportons les solutions, soit lorsqu'ils sont vulnérables en leur permettant de bénéficier des vols affrétés, soit en encourageant les compagnies aériennes dans la région et au-delà à multiplier les vols à destination de la France.

1:32
Présentateur

Ça c'est pour les conséquences pour les Français qui sont bloqués dans la région. Un mot aussi pour les Français ici, et Dominique en parlait il y a un instant, ceux qui constatent les conséquences directes de ce conflit sur les prix à la pompe. Est-ce que le gouvernement pourrait revoir sa position si les prix continuaient d'augmenter ? On le disait, plus 30% le baril de Bren qui a dépassé les 100 dollars cette nuit. Jusque-là le gouvernement dit, on fait des contrôles mais on ne touche pas à la fiscalité. Est-ce que cette position-là pourrait changer ?

1:58
Jean-noël Barrot

Ce sont les conséquences négatives de cette escalade militaire dangereuse. Il est hors de question que l'on puisse se faire du profit indu sur le dos des Français. C'est pourquoi le Premier ministre a annoncé que 500 contrôles seraient réalisés aux stations essence. Il est hors de question que cela dure. Et c'est la raison pour laquelle le président de la République a annoncé que nous travaillons à former une coalition pour permettre la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz et permettre de détendre la pression sur les prix.

2:27
Présentateur

Mais à court terme, quand le Rassemblement national demande que vous agissiez sur la TICPE, sur la TVA, qui sont la fiscalité sur les sens, ça, il n'en est pas question, vous ne changerez pas de position ?

2:36
Jean-noël Barrot

Nous agissons pour éviter les abus et nous agissons pour détendre la situation en permettant la liberté de navigation dans la région.

2:43
Présentateur

Mais donc rien sur la fiscalité sur les sens ?

2:45
Jean-noël Barrot

Nous agissons pour éviter les abus et pour permettre la liberté de navigation dans le détroit d'Hormuz. C'est, je crois, notre responsabilité avec nos partenaires que de trouver une solution durable à cette crise et non pas des solutions temporaires et coûteuses.

2:59
Présentateur

Voilà, ce qui est une façon de répondre sur la fiscalité. En Iran, un nouveau guide suprême a été désigné. Il s'agit du fils d'Ali Ramenei qui succédera donc à son père, qui est considéré comme le partisan d'une ligne dure, proche des conservateurs. Comment est-ce que vous interprétez ce choix ? Est-ce que c'est celui d'un régime qui, contrairement à ce qu'espéraient Israël et les États-Unis, n'est pas prêt de tomber et demeure dans la continuité d'une ligne dure vis-à-vis des occidentaux ?

3:23
Jean-noël Barrot

La question n'est pas de savoir qui est le nouveau guide suprême. La question est pour le régime de consentir à des concessions majeures et un changement radical de posture, de mettre fin à ces actions déstabilisatrices et dangereuses, à respecter les droits des Iraniens et à leur permettre de construire librement leur avenir.

3:45
Présentateur

Oui, sauf que vous voyez bien que le choix qui a été fait n'est absolument pas le choix ni de l'ouverture, ni de concessions, puisque c'est le fils d'Ali Ramenei qui a été désigné, qui est sur une ligne rigide, dure. Donc vous pouvez considérer qu'il faut des concessions, c'est vraisemblablement pas la ligne que prend le régime iranien.

4:02
Jean-noël Barrot

Ce sont pourtant les actions que nous avons condamnées régulièrement, actions déstabilisatrices et dangereuses, violences d'État tournées contre les manifestants qui sont à l'origine de cette escalade militaire qui porte avec elles le risque d'un embrasement de la région avec des conséquences très concrètes dont on vient de parler.

4:22
Présentateur

Mais plus globalement, on a un peu de mal à comprendre la position de la France, puisque vous avez d'un côté les voix, la vôtre, celle du président de la République qui considère que l'action d'Israël et des États-Unis est contraire au droit international. Dans le même temps, Emmanuel Macron et vous-même, vous avez expliqué que vous ne pleuriez pas la mort des bourreaux. Est-ce qu'il faut que les frappes continuent ? Est-ce qu'il faut que ces frappes s'arrêtent, quitte à ce que cela protège et que ça permette au régime de tenir ?

4:46
Jean-noël Barrot

Non, il faut que le régime consente aux concessions que je viens d'évoquer, mais il faut que cette escalade s'arrête parce qu'elle emporte sans doute plus de risques encore pour la sécurité, la stabilité de la région, qu'elle n'apporte de solution aux problèmes majeurs des actions du régime iranien, s'agissant de la déstabilisation de la région et du traitement réservé à son propre peuple.

5:07
Présentateur

Mais vous parlez de concessions, est-ce que vous voyez le moindre signal que le régime iranien est prêt à des concessions ou est prêt à une négociation ?

5:12
Jean-noël Barrot

J'ai entendu le président de la République islamique d'Iran se dire prêt à l'arrêt des frappes. Et je crois que c'est dans cette direction-là qu'il doit aller.

5:21
Présentateur

Donc on peut négocier avec le régime d'Emola, vous ne dites pas ce matin qu'il faut que le régime tombe ?

5:26
Jean-noël Barrot

Je dis que le régime doit consentir des concessions majeures et un changement radical de posture, mettre fin à ces actions de déstabilisation dangereuses pour la région et pour nous-mêmes, et rendre aux Iraniens les clés de leur avenir.

5:38
Présentateur

Je voudrais vous soumettre, Jean-Noël Barraud, les propos de votre lointain prédécesseur Dominique de Villepin, qui considère que la France est en train de rater le coche, de rater l'histoire, et il regrette notamment que la France ne prenne pas une position aussi claire que l'Espagne, dont le Premier ministre Pedro Sanchez qualifie la guerre d'erreur extraordinaire. Est-ce que vous êtes en train de rater le coche de l'histoire, Jean-Noël Barraud ?

5:56
Jean-noël Barrot

Dominique de Villepin a dit que l'Espagne sauvait l'honneur de l'Europe. Je crois qu'aujourd'hui, c'est la France qui sauve l'honneur de l'Europe, en étant présente en Méditerranée orientale, aux côtés de nos partenaires, y compris des pays européens, comme Chypre, où le président de la République se rendra aujourd'hui, mais aussi aux côtés des pays du Golfe, aux Émirats, au Qatar, où on est très reconnaissant pour l'action de la France en soutien à la défense de ces pays injustement attaqués par l'Iran, alors qu'ils n'y étaient pour rien.

6:26
Présentateur

L'argument de Dominique de Villepin, c'est notamment de constater que quand il s'agissait d'interdire les avions américains de se poser sur des bases européennes, l'Espagne et Pedro Sanchez ont eu des positions claires, pas d'avions américains pour transiter sur des bases espagnoles, là où la France a eu une position différente des avions américains, se sont posés sur des bases françaises, dans le cas d'Espèce à Istres.

6:46
Jean-noël Barrot

Mais qui n'avaient en aucun cas et d'aucune manière des missions les conduisant à contribuer aux opérations américaines en Iran.

6:52
Présentateur

Est-ce qu'ils allaient où les avions américains qui se sont posés à Istres ?

6:55
Jean-noël Barrot

Vous me permettrez de ne pas vous rendre compte de toutes les feuilles de mission que nous avons reçues de la part de l'armée américaine.

7:04
Présentateur

Ils ne retournaient pas aux Etats-Unis les avions américains.

7:06
Jean-noël Barrot

Ils n'avaient pas pour destination les opérations militaires américaines en Iran. Et je le redis, c'est bien la France qui sauve l'honneur de l'Europe aujourd'hui, à Chypre, aux côtés du Qatar et aux côtés des Émirats.

7:17
Présentateur

Sur le sens de ce déplacement à Chypre, où le président de la République se rendra aujourd'hui, est-ce que c'est le signe d'un président de la République qui essaye d'exister dans un conflit où la France pèse peu ? Quel est le sens de ce déplacement à Chypre ?

7:30
Jean-noël Barrot

Ne sous-estimez pas la situation de préoccupation profonde dans laquelle se trouvent nos amis chypriotes, nos amis des Émirats, nos amis du Qatar. Se retrouver à leur côté dans cette période si difficile de leur histoire, c'est évidemment la responsabilité de la France, mais ça énormément de valeur. Et c'est l'objectif premier du déplacement du président qui sera également l'occasion d'aborder la situation du Liban, pays amis et pays frères, qui une nouvelle fois se retrouvent au bord du précipice.

7:58
Présentateur

Donc la France n'est pas impuissante dans la région, dans ce conflit ?

8:02
Jean-noël Barrot

Je vous invite à interroger nos partenaires de la région qui trouvent aujourd'hui en la France le partenaire le plus fiable et le plus solidaire.

8:10
Présentateur

Vous parliez du Liban, Jean-Noël Barraud. Israël hier a frappé un hôtel au centre de Beyrouth qui est abrité selon les autorités israéliennes des gardiens de la révolution iranien. Est-ce que vous considérez que les frappes et l'action de l'armée israélienne au Liban sont disproportionnées ?

8:24
Jean-noël Barrot

Nous avons demandé une réunion extraordinaire du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Liban. Et nous nous préparons, comme le Président l'a annoncé mardi dernier, à apporter tout le soutien nécessaire à la population du Liban. Nous avons d'ores et déjà débloqué une aide d'urgence de 6 millions d'euros à destination des organisations humanitaires qui agissent sur le terrain, pour ne pas perdre une seconde. Et nous nous préparons à acheminer un premier envoi de 20 tonnes de médicaments, de couvertures, de tapis, de lampes solaires qui devraient parvenir au Liban dès mardi.

8:54
Présentateur

Ça c'est pour le soutien au Libanais, mais sur ma question sur la disproportion de l'action de l'armée israélienne. Y a-t-il ou non une disproportion de l'action des Israéliens au Liban ?

9:03
Jean-noël Barrot

J'ajoute que nous ouvrons ce matin, pardonnez-moi, mais je crois que c'est important de le dire, un fonds de concours du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

9:10
Présentateur

Si dans cette interview vous pouviez répondre aux questions que je vous pose, ça aiderait à la pédagogie et à la clarté du questionnement. Y a-t-il ou non une disproportion de l'action de l'armée israélienne au Liban ?

9:19
Jean-noël Barrot

Nous ouvrons donc un fonds de concours ouvert aux collectivités, mais aussi aux entreprises qui le souhaitent, pour qu'avec le centre de crise et de soutien du ministère des Affaires étrangères et en lien avec l'ambassade du Liban, nous puissions faire parvenir le plus d'aide possible.

9:29
Présentateur

Alors je peux reposer une troisième fois la question, y a-t-il ou non une disproportion de l'action de l'armée israélienne au Liban ?

9:34
Jean-noël Barrot

Le Hezbollah doit, c'est ses frappes, lui qui porte une responsabilité écrasante dans la situation que nous vivons aujourd'hui, et Israël doit s'abstenir de toute prolongation de ses opérations militaires au Liban.

9:43
Présentateur

Est-ce que ce sont des actions disproportionnées ?

9:45
Jean-noël Barrot

Les opérations israéliennes doivent s'arrêter, et celles du Hezbollah également, c'est l'objectif d'ailleurs des échanges nombreux.

9:53
Présentateur

Donc l'action d'Israël n'est pas disproportionnée ?

9:54
Jean-noël Barrot

Disproportionnée par rapport à quoi ?

9:56
Présentateur

Par rapport au droit international, et par rapport à ce que vous avez demandé vous et le président de la République, à savoir de cesser les opérations au Sud Liban.

10:02
Jean-noël Barrot

Elles doivent cesser, elles sont en train, pour ce qui concerne les opérations d'Israël, qui répondent à des frappes injustifiées et injustifiables du Hezbollah, elles sont en train de provoquer des déplacements massifs de population, de faire des dizaines de morts, des centaines et bientôt des milliers de blessés. Nous avons connu cette situation en octobre 2024. Les deux parties doivent revenir à la situation précédente, c'est-à-dire au cessez-le-feu que nous avions obtenu, que la France avait obtenu en novembre 2024.

10:29
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Noël Barraud d'être venu ce matin sur France Inter.

10:32
Jean-noël Barrot

Et merci Benjamin Duhamel, on se retrouve tout à l'heure pour le grand entretien, il sera 8h dans 2 minutes.