Budget 2026 : le Premier ministre Sébastien Lecornu s'exprime depuis le perron de Matignon
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- 0:30Sébastien LecornuChiffre
« Nous devons dans le cadre budgétaire global garder une cible de déficit à moins de 5 % du PIB. »
- 6:30Sébastien LecornuFait
« C'est un enjeu majeur. Il n'est pas sans impact sur les finances publiques. »
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Et pardon, je me permets de vous couper. On va écouter le premier ministre Sébastien Lecnu qui s'exprime sur le budget rejeté depuis matin. permettre de m'adresser aux françaises et aux Français à cette mi-temps, à ce mi-parcours en quelque sorte des procédures budgétaires à l'Assemblée nationale et au Sénat me permettre de rendre compte à la nation de là où nous en sommes.
Alors, les recettes pour la sécurité sociale pour 2026 ont été adopté, vous le savez, il y a de cela quelques jours à l'Assemblée nationale. Les recettes, c'estàdire la fiscalité essentiellement pour le budget pour 2026 pour l'État ont été rejetés il y a de cela quelques jours et ça m'amène évidemment à devoir faire un point devant vous de compréhension, d'analyse également de ce que le gouvernement en retient et surtout de proposition en méthode pour avancer et tenter d'éviter un blocage étant entendu que au moment où nous nous parlons, nous sommes dans quelque chose qui est encore sommes toutes relativement normal et au fond. Ça sera mon premier commentaire.
On voit bien qu'il y avait quelque chose d'assez attendu à cette première lecture à l'Assemblée nationale puisque classiquement sur un débat aussi long, aussi politique que la question de la fiscalité avec autant d'amendements. Chacun cherche évidemment à pousser ses propres convictions, à poser en quelque sorte son drapeau idéologique et avec derrière une difficulté de compréhension et de cohérence globale de ce texte. Et évidemment, chacun cherche à se compter dans cet exercice et on le voit bien à un moment donné que cette cohérence nous manque et nous empêche d'avancer mais on la retrouvera dans un instant évidemment dans les deuxièmes lectures à l'Assemblée nationale et au Sénat.
Je pense que cette situation nous amène à des points de vigilance. La première des choses, c'est certains partis politiques, certains candidats à l'élection présidentielle estiment au fond que le compromis n'est pas compatible avec leur propre stratégie électorale et qu'au fond derrière, il y a une forme de cynisme qui est en train de se dégager et qui peut mener à ce que certains herements idéologiques de certains partis politiques bloquent la situation. Et ça pour moi c'est un point de vigilance important.
On l'a vu notamment dans les comportements de la France insoumise et même parfois du Rassemblement national. Cela nous amène à mon avis à plusieurs choses dans les temps qui viendront et à deux convictions. La première, c'est que il y a toujours une majorité à l'Assemblée nationale pour permettre de voter un budget pour l'année prochaine.
Pour la première fois, des députés se sont parlés, ont travaillé ensemble, ont trouvé des chemins de compromis sur certaines thématiques, sur certains objets qui étaient pourtant très difficiles de travailler. Il a de cela maintenant encore quelques semaines. La deuxième des choses, c'est que les parlementaires doivent défendre le parlement.
Et il y a quelque chose d'assez stupéfiant au fond de voir certains parlementaires, certaines forces politiques parler déjà de lois spéciales, d'échec, d'ordonnance au moment où le parlement peut se saisir justement de cette responsabilité historique pour donner un budget à la nation. Et donc au fond, on le voit bien, il faut que celles et ceux qui veulent avancer arrivent à rompre les ponts et à ne pas se laisser contaminer par les forces politiques qui elles promuvent ce blocage. Alors si au fond euh il y a rien de définitif dans tout cela, c'est tout de même une alerte pour la suite.
Et on voit bien certains sujets si on va y arriver, d'autres nécessitent évidemment d'y travailler. Alors en méthode, je vais recevoir l'ensemble des formations politiques représentées à l'Assemblée nationale et au Sénat dans les prochains jours avec dans un instant une réunion exceptionnelle des membres du gouvernement. Ce soir, une réunion des chefs des groupes qui soutiennent l'action du gouvernement.
Et puis euh aussi pour la première fois depuis le mois de septembre, de nouveau un certain nombre de réunions avec les partenaires sociaux représentant les syndicats salariés mais également les représentants du patronat. Et dans ces rendez-vous, dans ces réunions, nous allons poser cinq thèmes de discussion car si ce n'est plus le budget du gouvernement, vous l'avez bien compris, c'est le budget désormais du parlement dans cette navette entre l'Assemblée nationale et le Sénat, il appartient néanmoins au gouvernement d'assurer de la clarté pour nos concitoyens et nos concitoyens, pour le monde économique, mais aussi de la cohérence notamment sur un certain nombre de thèmes qui ne peuvent pas attendre l'échéance présidentielle de 27. Ça m'amène donc à détailler ces cinq thèmes thématiques prioritaires pour la France.
La première évidemment, c'est que nous devons dans le cadre budgétaire global garder une cible de déficit à moins de 5 % du PIB. C'est une priorité absolue. Ça pose la question évidemment des économies notamment des économies de court terme dont malheureusement nous n'avons pas réussi encore suffisamment à parler dans le débat public mais également à l'Assemblée nationale et au Sénat. et en se méfiant là aussi d'une opposition entre parfois des impôts qui n'existent pas et qui ont rendu la copie insincère et invable en quelque sorte à l'Assemblée nationale, mais aussi des mesures d'économie qui pourraient être tout aussi insincères et ne pas exister.
Donc ça va poser cette question aussi d'équilibre entre fiscalité et mesure d'économie réelle réaliste et puis on le voit bien aussi un débat qui dans le secret des alcondit très réduit mais avec beaucoup de fiscalité ou au contraire un déficit un peu plus dégradé avec moins de fiscalité. Ce que propose le gouvernement c'est de revenir tout simplement aussi à une logique de bon sens d'être capable de faire des économies et de permettre justement de réduire cette cy de déficit public. Ça posera aussi la question du train de vie de l'État sur lequel je serai amené à reprendre la parole prochainement.
Ça pose la question évidemment du succès de ce projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales qui est un texte qui a été examiné sur la proposition du gouvernement au Sénat et qui arrivera prochainement à l'Assemblée nationale. La deuxième des thématiques sur lequelles je souhaite que nous puissions avancer avec les formations politiques mais aussi avec les partenaires sociaux euh c'est évidemment la question de la réforme de l'État, de la décentralisation, de la clarification des compétences, de l'exercice d'émission de services publics dans le pays. On pose davantage la question au fond des économies à moyen et long terme, mais il faut traiter certains mots à la racine et on le voit bien que l'enchevêtrement des responsabilités est un énorme enjeu.
Les congrès des maires des régions, des départements de France se sont tenus récemment. Des pistes sont importantes, en tout cas des pistes importantes ont été posées, pardonnez-moi, et ont été mises sur la table. Et donc je tiens à avancer rapidement pour un projet de loi qui pourrait être proposé au conseil du ministre dans les temps à venir.
La troisème des thématique que je souhaite poser dans le débat public rapidement, c'est la question de l'énergie. C'est un enjeu économique, c'est un enjeu de souveraineté, c'est un enjeu industriel, c'est un enjeu écologique, c'est un enjeu d'aménagement du territoire et puis on le sait, c'est aussi un énorme enjeu de pouvoir d'achat pour les Françaises et les Français. va être amené à devoir clarifier la stratégie de la programmation pluréannuelle pour l'énergie pour le pays.
C'est un enjeu majeur. Il n'est pas sans impact sur les finances publiques. Il n'est pas sans impact sur l'avenir de DF de nos filières souveraines en matière de production et énergie renouvelable.
Et euh le moment aussi est venu de considérer euh la stratégie énergétique de nos territoires d'outreem avec beaucoup plus de priorités que nous pu le faire jusqu'à présent sans oublier évidemment la Corse. Donc ça c'est un thème important qui ne peut pas attendre les élections présidentielles de 2027 et qui viennent s'enchevetrer au fond en quelque sorte dans les discussions budgétaires et sur lequel je souhaite pouvoir entendre les différentes formations politiques pour prendre des décisions d'ici à Noël. L'autre thématique, elle est d'actualité, elle est brûlante, elle est essentielle, elle touche aussi à notre souveraineté et à notre modèle productif.
C'est évidemment l'agriculture dans lequel nous savons l'actualité lié à ce traité de libre change qui est le Mercossur mais également et peut-être tout aussi importante la question de la négociation de la future politique agricole commune avec Bruxelles sur lequel nous devons poser les premiers jalons dans les semaines qui vont venir et sur lequel je tiens à ce qu'un consensus le plus large possible puisse se dégager de l'Assemblée nationale et du Sénat. Et là aussi, on ne peut pas détacher la question de la politique agricole commune, l'ensemble des questions agricoles, des questions budgétaires. Et puis enfin, évidemment, la dernière thématique, c'est la question de nos sécurités intérieures et extérieurs.
Intérieur, on le voit bien avec ce fléo qui est le narcotrafic que s'il devait ne pas y avoir de budget pour l'année prochaine, ça serait quelques 1400 créations de postes de policiers. Donc d'ailleurs la moitié sont potentiellement des enquêteurs sur ces questions de narcotrafic. C'est la question des prisons euh de haute sécurité.
Autant de sujets qui seraient retardés euh par euh une défaillance, en tout cas euh un retard dans l'adoption du budget et sur lequel on peut pas dire d'un côté que c'est une priorité majeure et de l'autre côté ne pas donner les moyens à celles et ceux qui luttent efficacement contre le narcotrafic de le faire. et puis la question de la défense, la question évidemment de nos sécurités extérieures qui ont occupé beaucoup les débats ces derniers temps, ces derniers jours sur lequel, vous le savez, l'augmentation de ces moyens est absolument considérable puisque nous proposons le gouvernement propose plus de 6,7 milliards d'euros pour l'année prochaine. C'est-à-dire que s'il y a un budget, ces 6,7 milliards d'euros seront bien au rendez-vous.
Mais s'il n'y a pas de budget, la défense, les armées, notre sécurité collective, les industries de défense seraient en quelque sorte les premières victimes aussi d'un échec de nos discussions. Et donc cette question de la sécurité intérieure comme extérieure est celle qui me préoccupe le plus au moment où nous parlons dans le cadre de ces discussions budgétaires. Et donc au fond de ces thématiques, nous allons essayer d'en tirer un consensus, je ne le pense pas, cela me paraît difficile. en tout cas une majorité des capacités à trouver des compromis.
Et euh au fond, ce que nous allons essayer de faire dans les temps à venir, c'est non pas d'isoler ces débats du reste. On a besoin de parler de toutes les de tous les autres sujets ou thématiques ou politiques publiques dont je n'ai pas pu les évoquer devant vous ce matin, mais je vais demander aux formations politiques de se positionner parce qu'au fond l'échec de ce vote sur les recettes du budget de l'État prive l'Assemblée nationale de discuter d'un certain nombre de ces thématiques, notamment des sujets de sécurité ou de défense, d'agriculture, d'énergie, je ne les recite pas tous, mais qui correspondent tout de même à des priorités qui sont absolues. Et donc de ces discussions, petit à petit, le gouvernement n'exclut pas de les verser à des votes, à des débats spécifiques à l'Assemblée nationale et au Sénat qui pourrai donner lieu à des votes adoc pour permettre justement de créer ce cadre de compromis pour l'avenir.
Et c'est ainsi d'ailleurs que nous allons démarrer avec les questions de sécurité extérieure, les questions militaires, les questions de défense où je saisirai l'Assemblée nationale et le Sénat d'un vote dans les tout prochains jours, sûrement la semaine prochaine, qui va permettre de clarifier aussi ce que le gouvernement propose en matière militaire, mais de permettre aussi aux formations politiques de voter et de dire si oui ou non elles souhaitent s'engager vers un renforcement de nos armées. C'est au fond aussi la suite de cette méthode de cet entenoir budgétaire dans lequel nous nous trouvons, dans lequel les procédures budgétaires vont être tenues sur la sécurité sociale et l'État entre les deux chambres, mais sur lequel le gouvernement souhaite associer les partenaires sociaux et les formations politiques avec une méthode un peu différente en marge qui va nous permettre justement d'avancer et d'y arriver. On va y arriver et je dis dans cette même cour de Matignon il y a de cela quelques semaines.
La réponse est toujours oui. Nous pouvons y arriver à la condition d'y travailler, de sortir aussi de cette situation de blocage politique que certains veulent installer comme étant au fond une toile de fond à la prochaine élection présidentielle. Et au fond, on doit défendre le parlement.
L'Assemblée nationale n'est pas un théâtre. Le budget n'est pas un décor de fond de scène et la France n'est pas à Trempelin. Et donc chacun doit évidemment désormais euh avec responsabilité, sans de l'intérêt général regarder le budget pour 2026 avec euh beaucoup de sérieux, beaucoup d'engagement.
En tout cas, c'est ce que le gouvernement va faire. Ce gouvernement, vous le savez, n'a aucun autre agenda si ce n'est de permettre à la France d'avoir un budget pour l'État et pour la sécurité sociale.
Sébastien Lecornu