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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 avril 2026 57 min

IA, télétravail, nomadisme : comment notre rapport au travail change

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[musique] [musique] Améliorer les revenus des salariés, faire progresser les carrières, [grognement] mieux partager la richesse, améliorer [musique] les conditions de travail, trouver des solutions à l'usure professionnelle, accroître l'emploi des seniors et aider aux reconversions. le télétravail implique forcément euh a des impacts sur euh sur la santé de chacun. Et donc, il est important [musique] de pouvoir analyser ça, de comprendre que euh on ne manage plus un télétravailleur de la même façon qu'on manager quelqu'un euh sur place dans l'entreprise.

Donc, il importe d'évoluer. Le temps de travail en France, vous savez, c'est 1607 heures par an. Et quand on regarde dans l'ensemble de notre pays, euh le temps de travail par habitant, nous travaillons en France 100 he de moins par habitant. qu'en Allemagne.

Et voilà, vous l'avez compris, nous allons parler aujourd'hui de notre rapport au travail avec cette question. Les évolutions récentes dans nos vies professionnelles ont alu un impact sur notre façon de considérer nos métiers. Une étude de l'OP de 2023 [musique] indique que 58 % des Français considèrent leur travail avant tout comme une contrainte nécessaire [musique] pour subvenir à ses à ses besoins.

Pour les autres, c'est donc un moyen pour s'épanouir dans la [musique] vie. Dans ce nouveau numéro de dialogue citoyen, cinq français et françaises vont témoigner sur leur recherche de sens, la précarité, la reconversion subie. Bonjour à tous [musique] les cinq.

Merci d'avoir accepté de participer à cette émission. Avec vous, nous allons faire un Tour de France, également un tour d'horizon, des bouleversement de notre rapport au travail [musique] par les télétravail, déferlement de lien, également des difficultés des jeunes à s'insérer sur le marché du travail. En plateau, trois sénateurs et sénatrices vont pouvoir réagir à vos témoignages.

Bonjour à tous les trois. Vous êtes déjà installés pour un dialogue direct, des réponses concrètes aux questions et interpellations [musique] qui ne manqueront pas. Merci à vous d'avoir accepté cette invitation.

Pour commencer, nous allons à Montpellier dans les ROS pour rencontrer [musique] Eddie Pierre Lara. Bonjour Eddie Pierre. Vous êtes directement impacté par le développement [musique] de l'intelligence artificielle générative car vous êtes traducteur indépendant.

Nous sommes allés à votre [musique] rencontre pour mesurer l'impact de l'éruption de l'IA sur votre activité aussi voir votre attachement à votre métier. Un reportage tourné avec vous par Gaspar Bunel. À Montpellier ce matin, Eddie Pierre Lara s'apprête à commencer sa journée de travail.

Depuis plus de 15 ans, il est traducteur spécialisé en finances durables et passe le plus clair de son temps devant ses écrans. Lopreisspiralen, die schwisch zu durchbrechen sind. Et en français ma traduction, il en résulte ce que l'on appelle une boucle salaire prix dont il est difficile de s'extraire.

Le rythme est intense. Il doit traduire plus de 3000 mots par jour de l'allemand vers le français. Une de concentration, c'est un métier qui demande beaucoup de concentration.

À 39 ans, Eddie Pierre est ce qu'on appelle un passionné. Pour lui, la traduction est bien plus qu'un métier. C'est son identité.

C'est ce qui m'a défini une bonne partie de ma vie les 20 dernières années. Euh j'ai fait mes études dans cette optique là. J'ai été en agence dans cet optique là.

Je suis devenu indépendant dans cette optique là. C'est vraiment viscéral comme comme passion. Mais il y a quelques années, sa vie professionnelle bascule et il doit faire face à un nouveau défi.

En effet, le métier a été euh percuté par une météorite en fait euh qui s'appelle Lia. de de traducteur, en fait, on devient euh post éditeur, c'est-à-dire que on part on part d'un modèle où on traduit nous-même, on réfléchit nous-même à un modèle où c'est la machine qui euh traduit automatiquement et on doit passer derrière pour vérifier s'il y a pas d'erreur. Face à cette nouvelle concurrence, l'entrepreneur de 39 ans a perdu 70 % de ses clients en 1 an et demi.

Conséquence, une baisse de 25 % de son chiffre d'affaires en 2025. Évidemment euh avec des revenus qui sont qui baissent fortement, on doit on doit composer, faire d'autres choix, réduire des dépenses, ça veut dire peut-être moins de vacances ou moins loin, euh des activités pour les enfants. Voilà, c'est beaucoup de choses qui qui se repensent, beaucoup de choses à ajuster, à repenser.

Ça a complètement transformé relation au travailleur. S'il espère encore continuer son activité le plus longtemps possible, il sait d'ors et déjà qu'il devra s'inventer un avenir en dehors de la langue de Guuth. Bonjour Eddie Pierre, merci d'être avec nous.

Dans le reportage, on entend vous parlez d'un métier percuté par une météorite. C'est vraiment des mots très forts. Qu'est-ce qu'on peut dire de votre état d'esprit aujourd'hui ?

Est-ce que vous êtes accablé ? Est-ce que vous diriez que vous êtes résigné, combatif ? Qu'en est-il ?

Euh, bonjour, merci de de de cette intervention. Euh je dirais que je suis très combatif. Euh la la résignation était pas une option et euh être accablé, j'ai la chance d'avoir passé ce stade-là depuis un petit moment.

Euh mais oui, voilà, c'est vraiment dans un esprit combatif que j'ai réorienté l'activité en tout cas pour euh faire que les les compétences de traducteur soient transférées, transférables, qu'elles le sont, vers une activité à plus forte valeur ajoutée et pour retrouver du sens aussi. Et on le voit dans dans le reportage, on parle vraiment d'une baisse de revenu, quelque chose qui est arrivé il y a 2 ans environ. vous y attendiez à cette météorite comme on disait.

Alors météorite non dans dans le secteur où je où j'évolue la la spécialisation qui est la finance et particulièrement la finance durable. Euh non, je pensais que c'était suffisamment pointu et de niche pour euh pour pas échapper, mais en tout cas être moins impacté que des que des secteur euh comme le marketing ou le tourisme et cetera euh où on voit beaucoup plus de il y a beaucoup plus de personnes. Mais après voilà, ça ça s'est fait progressivement par les choix en fait des entreprises et des agences en face, pas de certaines pas de pas de toutes qui ont fait que bah voilà, il y a eu et puis même de la part de la demande des entreprises en elles-mêmes, les les donateurs de Finaux qui ont de leur côté bah une partie de la demande qui a disparu parce qu'il il servent chat GPT ou autre ou autre outil pour faire pour pour faire le leur traduction.

Comment est-ce que vos clients expliquent ne plus avoir besoin de d'avoir recours à vos services ? Euh, il y a pas vraiment d'explication franche et honnête euh si ce n'est que pour les agences sont été mis devant le fait accompli. Voilà, c'est on vous propose de de continuer avec nous mais pour un tarif divisé par de euh donc ça a été non, j'ai j'ai non économiquement c'est pas viable donc j'ai cherché à faire autre chose et les autres clients malheureusement subissent en fait on a euh ils subissent les décisions qui viennent de de du management du top management euh et même quand même ce sont des linguistes, ils peuvent pas résister à la pression euh à la pression sur les coûts euh qui qui est euh qui qui est omniprésente.

Et alors, est-ce qu'il peut y avoir des retours en arrière ? Par exemple, si on réalise que le travail des IA n'est pas assez rigoureux en matière de traduction, est-ce que dans ces cas-là et bien vous pourriez revenir en arrière dans votre secteur ? Vous le croyez ?

Alors, je pense que non, je pense que le secteur faut de mon point de vue passé ne reviendra pas totalement en arrière. Il y a des entreprises qui qui comprennent euh qui sont elles passent par l'IA puis elles reviennent à un traducteur parce que ça leur convient pas et elles ont compris la valeur ajoutée et l'expertise de du traducteur. Mais si vous voulez, c'est comme si on nous demandait c'est comme si on demandait de aux gens d'arrêter d'utiliser internet. on nira pas en arrière qu'il y ait une bulle que que quoi qu'il se passe, on reviendra pas au modèle qu'on a connu euh précédemment avec une traduction totalement humaine.

Alors pour réagir à votre témoignage, je lisais il y a trois sénateurs sénatrices en plateau avec nous. Bonjour Katia Poursopoli, sénatrice communiste du Pas de Calais. également avec nous Olivier sénateur centriste du nord et enfin Emmanuel Capu sénateur les indépendants, le groupe de la droite macroniste élu du Meneloir.

Merci d'être avec nous. Kathy à Poursopoli. Qu'est-ce que vous avez envie de dire à notre premier témoin ?

Il est en quelque sorte une des premières victimes d'une nouvelle révolution technologique comme on l'avait connu dans le monde ouvrier avec les machines. Oui. Moi, il y a il y a des mots qui me viennent tout de suite à l'esprit.

D'abord, bonjour monsieur. Euh vous avez parlé de passion euh d'une véritable passion pour votre métier. Euh vous nous avez expliqué évidemment que vous étiez confronté à un travail difficile. 3000 mots euh par jour à traduire, ce n'est pas rien.

Moi, je pense que on n' pas assez anticipé les choses. Je pense qu'il y a des métiers qui au fur et à mesure et bien vont disparaître et c'est catastrophique parce que monsieur le disait bien, l'IA ne peut pas tout. On le dit he, c'est 5 millions de personnes qui pourraient être impactées directement dans les prochaines années par l'éruption de l'IA.

Est-ce qu'on a assez anticipé ? Qu'est-ce que vous répondez à madame à Poropoli ? Qu'est-ce qu'on peut dire aussi comme ça à notre à notre premier témoin sur cette déferlante de l'IA ?

Ben merci d'abord euh monsieur de votre témoignage et puis de d'aborder euh les choses avec euh avec raison et avec analyse comme vous le faites. Je crois que vous avez eu l'expression juste. C'est une météorite.

Hm hm. Difficile d'anticiper l'arrivée d'une météorite. C'est sûr qu'on peut toujours mieux anticiper, mais c'est un véritable choc.

Mais quand une météorite est tombée, on revient pas à la situation de vie d'avant la météorite. Il faut s'adapter à cette vie nouvelle. Il y a une dimension bouleversante.

Oui. Est-ce que ça veut dire hausse du chômage inéluctable par exemple ? Non.

Non, je ne le crois pas. Moi, il me semble que l'a du point de vue de la créativité, du point de vue de l'humour, du point de vue de la la dimension humaine, euh j'espère je crois que elle sera jamais au rendez-vous. Donc, quels atouts pour vous renvoyer la question.

Quels atouts vous disposez par rapport à Lia euh euh pour faire en sorte que on ait des armes pour faire ce choc de productivité parce que si on adapte bien l'IA, ça peut être un choc de productivité pour tout le pays, je crois. Allez-y, dit Pierre, répondez, on vous écoute. Merci.

Merci monsieur le sénateur. Euh donc, quels atouts on apporte ? J'ai envie de dire tout simplement l'intelligence humaine.

Je vais vous donner un exemple très concret et je reviendrai sur la productivité ensuite. Je traduis une publication macroéconomique tous les mois qui est passé là en ce qu'on appelle en post édition la machine traduit et on passe derrière pour corriger les erreurs. Donc c'est ça qui est payé deux fois moins.

Par contre dans la source en allemand, il y avait marqué Iran Krig. Donc c'était parlait de la guerre en Iran actuellement. Et bien la machine dans ses données d'entraînement n'avait pas cette guerre en Iran.

Donc elle m'a proposé guerre en Irak. Emmanuel Capu, est-ce qu'il faut pas dès aujourd'hui réorganiser certaines filières professionnelles pour mieux intégrer l'IA ? Généraliser aussi donc la formation, ça a été évoqué par madame à Poursoli.

Aussi informer les jeunes que certains métiers ne seront plus les mêmes dans quelques années. Est-ce qu'on a pris la mesure de de l'ampleur de cette révolution ? Je pense qu'on est face à quelque chose qui émerge et auquel on éétait pas forcément préparé.

Mais comme on éétait pas forcément préparé à la révolution de l'informatique ou à la révolution d'Internet, les les parlementaires l'utilisent. Lia, vous l'utilisez. Très très peu, très très peu.

Je je je ne sais pas encore si on a des collègues qui font leur discours avec Lia. Je je m'interroge. Je crois pas. [rires] On voit que chacun a sa patte.

On peut s'en servir mais on pourrait l'imaginer à titre personnel, pas du tout. Euh mais on n jamais vraiment en avance. On s'est mis pas mal au télétravail et à ces choses-là, aux visionférences pendant le Covid, vous souvenez ?

Donc mais Lia va sans doute apparaître. Non mais moi je voudrais saluer quand même le le ce que ce que fait monsieur Eddie Pierre là parce que c'est vrai que lui il est aux avant-postes en fait. Euh il y a quand même des professions, c'est à celles à laquelle on pense.

En premier la traduction, c'est vrai que c'est ce pourquoi même moi qui utilise assez pelia, j'utilise les traducteurs principalement en anglais. Alors en allemand, je ferai plus confiance à monsieur parce que moi je crois qu'il n'est de richesse que d'homme comme disait Jean Baudin. Euh mais on voit bien que ce sont des professionnels qui sont aux premières loges et qui risquent d'être remplacés.

Et on le voit, il nous a déjà dit qu'il s'était réorienté. Son métier a déjà changé, il a déjà évolué. euh perte de 70 % euh de clientèle mais 25 % de chiffres d'affaires.

Ça veut dire que quand même il réussit à retrouver un modèle différent en étant en post production euh et euh en utilisant l'IA à son compte. Et à mon avis euh ça peut fonctionner à certain temps. Ce qui est clair c'est que pour les jeunes euh il va falloir les réorienter.

Là on j'ai pas le temps d'aborder la on peut aborder la question de réorientation mais il y a un énorme travail sur la réorientation vers les travails de demain, vers le le les emplois de demain vis-à-vis des jeunes. Ça je peux en parler après si vous le souhaitez. Dans cette émission, les citoyens témoignent à la ils préparent à l'avance une petite interpellation pour les sénateurs.

Et dit Pierre, est-ce que vous pouvez nous poser la question que vous avez préparé pour les sénateurs ? Il faut sacraliser des domaines comme la santé et la justice par rapport à l'IA parce que prendre des décisions de santé que la l'IA aide la recherche sur le cancer, sur technique d'imagerie et cetera, c'est à mon point de vue c'est c'est général, c'est génial. dans la justice.

Je pense notamment aux interprètes qui déjà sont payés avec des mois et des mois de retard, ce qui est inadmissible. Euh les interprète, voilà comment assurer les droits du justiciables, quelle que soit sa langue au sein de système juridique français et judiciaire, pardon. Est-ce qu'il y en a un qui veut répondre ?

Donc ces domaines sensibles, la santé, la justice qui va falloir comme ça préserver par rapport à ALIA. B sur la justice, moi je veux bien répondre. C'est vrai que c'est un des c'est après la traduction, il y a aussi le problème le le secteur juridique où il prend plein de plein fouet l'intelligence artificielle.

Je pense aux avocats mais je pense aussi au magistrats qui pourrai tenter, c'est le cas aux États-Unis de faire écrire le de faire faire écrire même de faire juger, c'estàdire de faire juger le les cas, de soumettre les cas à l'IA et d'avoir un jugement qui sort. Ça ça arrive. C'est déjà donc ça pour le coup il faut vraiment des gardes de fous parce qu'on il faudra légiférer donc peut-être on n'est pas obligé de légiférer surtout mais il faudra en tous les cas mettre comme garantie le fait que ce soit toujours de l'humain qui tranche.

H Allez on part à la rencontre de notre deuxième citoyen qui témoigne dans cette émission. Bonjour Olivier Lambert, vous avez 40 ans et vous êtes le cfondateur et PDG d'une entreprise spécialisée dans la souveraineté numérique. Et vous et votre centaine de salariés, vous êtes en 100 % télétravail.

Avant de vous entendre, on regarde une petite vidéo que vous avez filmé pour nous. Bonjour, je suis Olivier Lambert, condateur et PDG de la société VATES. Je suis depuis chez moi et c'est normal, le télétravail, c'est notre mode de fonctionnement depuis le premier jour chez nous.

VATES, c'est une société éditrice de logiciels dans le cloud et la tech. On a des équipes qui sont partout en France et à l'international. On a des bureaux à Grenoble, mais c'est plutôt avoir une vocation de rassembler les équipes, pas d'imposer une présence.

Aujourd'hui, Vates, c'est plus de 100 salariés. On est en hypercroissance depuis ces dernières années et le télétravail fonctionne parce que c'est dans notre ADN. Bonjour Olivier, est-ce que vous pouvez nous raconter le point de départ pour vous ?

D'abord une question logistique. Alors le le point de départ c'était une une réflexion dès l'origine de la création de l'entreprise. C'était que le le l'entreprise n'est pas définie par son lieu de travail mais par les contributions de chacun.

Et donc on a tout construit au moment où avec mes associés on s'est lancé pour permettre aux gens de travailler d'où ils le souhaitent. Donc ça a été vraiment dès la conception l'origine de la société, on a mis en place, on va dire, l'outillage et la philosophie pour recruter des gens qui sont capable de travailler dans ces conditions. Quels sont les avantages de cette formule ?

Est-ce que vous le dites, c'est d'abord un facteur de compétitivité pour votre entreprise ? Alors, çaen est un très clairement, çaen est un puisque on est en capacité de recruter des profils parfois qui viennent de de grosses sociétés américaines qui sont en Europe et qui ont fait un petit recul sur le télétravail. Donc ça nous donne un avantage en terme RH à la fois pour aller dénicher des profils très intéressants et en même temps pour avoir un excellent taux de rétention puisque voilà on recrute des profils adaptés mais ensuite qui se trouvent voilà très content de travailler dans la structure et d'y rester par la suite ce qui est super important dans une entreprise aujourd'hui.

Et on le rappelle c'est possible aussi parce que vous travaillez votre entreprise dans le domaine de l'informatique. Est-ce que vous diriez que il y a aussi un bien-être pour les salariés ? Qu'est-ce qu'ils en disent ? [raclement de gorge] Bah alors, c'est vrai que c'est ça fait partie un petit peu du contrat chez nous quand on recrute des gens.

Dès le départ, ils connaissent les conditions et c'est super important nous en tant qu'employeur de bien préciser la fonction dont on la façon dont on fonctionne dès le départ. Et les gens qui viennent chez nous, c'est pas un hasard, c'est des gens qui adhèrent à cette philosophie. Donc aujourd'hui, oui, ils s'en sont contents, mais parce que dès l'origine, ils sont venus chez nous pour cette même raison.

Donc, c'est pour ça qu'il il y a un alignement entre notre philosophie et les gens qu'on recrutent. C'est pour ça encore une fois que le recrutement est essentiel là-dedans et s'assurer que tout le monde soit bien aligné avec les valeurs de l'entreprise dès le départ. Et est-ce qu'il y a des exemples de salariés pour lesquels cette organisation a été même après ce très long processus de recrutement quelque chose qui n'a pas fonctionné ?

Il peut y avoir un petit peu de surprise et j'allais dire là aussi c'est un petit peu dans notre identité, c'est queon recrute des gens qui sont globalement autonomes euh et qui n'ont pas forcément eu cette habitude d'être autonome dans leur façon de travailler précédemment. Donc il s'avère que parfois il y a des ajustements nécessaires et il y a aussi un point sur lequel on est très attentif euh c'est les profils juniors pour qu'il découvre le monde de l'entreprise. On a quand même un quartier général qui est basé à Grenoble là où baser la société qui permet une intégration pendant quelques semaines et de quand même donner les codes de l'entreprise à des juniors pour s'assurer qu'ils puissent quand même s'insérer dans le monde du travail.

Et le deuxième point de vigilance, c'est l'isolement puisque c'est un point très important en terme RH de notre côté, c'est de s'assurer que les gens qui sont situés dans des endroits un petit peu reculés qu'on fait ce choix de vie, ben quand même arrivent à avoir des contacts suffisamment pour pas se retrouver en situation d'isolement. Donc c'est une une autre approche qui nécessite d'avoir un point de vue et une façon de gérer les salariés qui est différente du présentiel. Allez, on va faire réagir les sénateurs en plateau Olivier.

On a vu que certaines entreprises, grandes entreprises ont tenté de revenir en arrière. Par exemple, la société générale au début de l'année qui a tenté de supprimer un jour de télétravail, il y a eu des grèves. On se dit voilà, c'est une évolution maintenant qui est une avancée majeure sur lequelle on ne reviendra plus pour les salariés.

Qu'est-ce que vous en pensez ? Je je ne sais pas si c'est une avancée, mais en manière d'organisation du travail, à condition bien évidemment que tout ça soit concerté, organisé, discuté avec les syndicats. Règle numéro 1, c'est que il y a pas de règle en quelque sorte.

Il y a c'est en fonction de la spécificité de de chaque entreprise et de l'activité. D'abord, je salue monsieur, je le remercie. Il a il a un très beau prénom hein, c'est je crois qu'on peut dire [rires] ça, mais que je m'appelle Olivier moi-même pour détendre l'atmosphère.

Euh euh mais comme tout à l'heure, on disait que la question c'était que l'humain pour l'IA devait avoir le dernier mot, bah là c'est c'est une question de management. Je crois que c'est une question de management et d'adaptation au secteur d'activité, mais bien évidemment, c'est pas possible pour tous les domaines d'activité. On voit quand même la spécificité.

Bien sûr. Et moi, j'avoue que peut-être en étant old school quoi vieille école mais je m'inquiète quand même m'étant intéressé dans une partie de ma vie au management de de du défi que ça doit être de lutter contre l'isolement, l'échange de des informations parce que quand on est en entreprise, il y a quand même l'agrément de prendre un café ensemble, de discuter, d'avoir des corridors aussi, vous savez, des corridors de créativité, le déjeuner, enfin Donc vous êtes circonspect, on voit on voit vos rés. Non, je je comprends la spécificité, mais j'avoue que en terme de management, je ne doute pas de de que ça se passe très bien pour les personnes qui sont euh partantes pour ce type de défi, mais euh je ne pense pas que ça puisse être pour tout le monde parce que il y a toujours la question du projet collectif où qu'on soit et de la rencontre entre c'est là aussi une question d'humanité hein comme tout à l'heure hein.

Comment on gère l'humain dans une telle organisation ? Emmanuel Capu, un gain de productivité euh dit à ce chef d'entreprise, qu'est-ce que ça vous évoque ? Ben si je fais le parallèle avec ce que vient de dire Olivier Eno, effectivement, il y a plus la pause café ni la pause déjeuner.

Euh donc il y a il y a non de de plus sérieusement, c'est vrai qu'on est maintenant à la 3e étape euh du télétravail. Il y a eu la première étape d'apparition, ça apparaît en 2012 dans le code du travail. Premier accord interprofessionnel, c'est 2005.

La deuxième grande étape, on l'a vécu ici, nous c'est le Covid où là ça le télétravail a été imposé et c'est c'est est devenu une évidence et une obligation. Et aujourd'hui, on est à la 3e voir la 4e étape de stabilisation avec ce que vous avez dit Quentin, c'est-à-dire la recherche parfois chez certaines entreprises de revenir à un télétravail partiel mais aujourd'hui on est passé de 9 % de télétravailleurs en 2019 à 26 % en 2023. Donc on voit bien qu'on est dans des c'est quelque chose qui est qui est installé qui est qui est important. qui semble-t-il d'après les études n'atteint pas ne porte pas atteinte à la rentabilité parce que vous gagnez les temps de transport, vous gagnez des temps de concentration, vous avez effectivement pas tous ces échanges avec les collègues, mais c'est ça peut aussi être un gain de temps qui pose d'autres difficultés en revanche, ceux de l'isolement, euh ceux du droit à des connexions, ceux de l'inégalité par rapport à ceux qui peuvent pas télétravailler, hein.

Évidemment, c'est pas ouvert à t à tous les postes. Donc c'est c'est tout un ensemble de d'équilibre à trouver. Je pense qu'on est à ce stade-là aujourd'hui.

Madame à Porceo selon l'INC, c'est bien un/art des Français, j'avais le même chiffre que vous qui télétravaillent régulièrement mais c'est très inégalitaire. Un employé sur 10 contre de tiers des cadres. Est-ce qu'on est pas en train de de créer des des membres du travail en parallèle ?

Euh monsieur le dit fort bien, il est dans le domaine de l'informatique. Bonjour monsieur. D'abord un je pense qu'il y a et ça a été dit par mes collègues, il y a des métiers où finalement on peut télétravailler, d'autres où on ne peut pas.

Donc évidemment ça crée un peu une inégalité. Puis moi, j'aimerais après dire une chose, c'est qu'il faut les moyens de pouvoir télétravailler parce que ce n'est pas la même chose de télétravailler dans un appartement de 30 m² avec un ou deux enfants et travailler dans une maison, on a un jardin. Donc, il y a et les conditions de là où on habite et puis après il y a les conditions du métier que l'on fait.

Mais euh oui, depuis le Covid, d'ailleurs, nous-mêmes avec nos collaborateurs, moi je suis passée au télétravail pour certains pour mes collaborateurs d'ailleurs. Euh alors, ce n'est pas possible tous les jours parce qu'on a des métiers un peu différents où on a besoin d'être en présentiel, de discuter ensemble, de pouvoir Mais donc c'est déjà arrivé au parlement. Ouais.

Mais on le fait maintenant. Moi je le fais par exemple, j'ai du télétravail dans mon équipe. Olivier, vous aviez préparé une question à l'avance pour nos sénateurs.

Est-ce que vous pouvez nous la lire s'il vous plaît ? Oui. Bah la question, elle était un petit peu euh le développement du télétravail dans notre contexte euh on va dire économique euh voire euh sans peut-être dire le mot crise pétrolière, mais on voit qu'il y a quand même un intérêt très intéressant à développer le télétravail euh dans les différents territoires et permettre aux gens ben parfois euh on a conscience des inégalités mais de justement en remettre à égalité puisque on peut aller se loger ailleurs où ça peut être moins cher.

On peut aussi moins utiliser son véhicule et avec le coût de l'énergie aujourd'hui, on peut imaginer que ça peut-être une chance. Et donc qu'en est-il ? par exemple même au niveau de l'État bah de faciliter le télétravail même par exemple de de fonctionnaires pour queon puisse réduire la dépendance au carburant par exemple faire du télétravail un outil durable d'aménagement du territoire Olivier qu'est-ce que ça vous évoque on y pense dans les territoires.

C'est une opportunité hein. Bien sûr euh il y a eu le temps de parisier le désert français, peut-être le temps d'une surmétropolisation qui fait que il y a des endroits où où il y a du logement très cher et et des difficultés pour les personnes de se loger et travailler. Peut-être qu'on va vivre un autre temps et qu'en terme de d'aménagement du territoire, ça peut être une opportunité formidable.

Mais encore une fois, ça n'est pas pour tout le monde et c'est aussi une question de de management qu'il faut pas ignorer. On en reparlera dans cette émission. Prochain numéro consacré à la crise de l'énergie.

On verra que c'est aussi effectivement au cœur de cette problématique. On va rencontrer maintenant notre 3è témoin, c'est Théophile du Château. Vous vous en souvenez peut-être, il faisait partie de ses étudiants [musique] de l'école d'ingénieur agroparitech qui avait à la tribune choisi de renoncer à une carrière dans un grand groupe, refusant, disait-il à l'époque, de participer, je cite, au ravage sociau et écologique en cours.

Bonjour Théophile. [musique] Voilà 4 ans donc que vous avez bifurqué comme on dit. Vous avez maintenant 28 ans, vous êtes ingénieur agronome et vous vivez dans le Tarn dans une ferme collective.

Et pour commencer, on va voir une courte vidéo que vous avez tourné pour nous [musique] justement là où vous travaillez désormais. Bonjour, moi c'est Théophile du Château, je fais partie du groupe des bifurkers et deserters d'Agroupitech. Ici, on est sur une ferme collective que j'ai monté avec des amis.

Sur la ferme, il y a un paysan boulanger, des brasseurs, des maréchés et un transformateur de légumes. Les cultures sont majoritairement arrosé avec l'eau qui est présente dans ce lac là qui n'est pas une méga bassine. On pompe pas dans une préatique.

C'est l'eau qui c'est l'autre flu qui se retrouve dans ce lac là à la fin. Et à travers les arbres là, on a la parcelle de maréchage. Et donc si vous arrivez à voir à travers les arbres, on a des plantations d'arbres en agroforesterie dans le maréchage et donc c'est des arbres qui ont été plantés avec vert.

Et voici l'espace où je travaille. Merci Théophile d'avoir accepté de témoigner dans cette émission. Vous aviez donc fait là une de l'actualité, je le disais, c'était en 2022. 4 ans plus tard, on peut faire un petit point avec vous.

Est-ce que vous assumez toujours ce choix ? Euh oui, oui, tout à fait, hein. Je pense que c'est c'est un c'est un discours qu'on était qu'on était nombreux à porter.

Euh quelque chose qui qui raisonnait avec euh avec ce que ce que je pensais politiquement et ma vision du travail à l'époque et ça n'a absolument pas enfin ça a très très peu changé. Euh je suis toujours d'accord avec ce qui a été dit pendant pendant ce discours-là et c'est toujours quelque chose que j'essaie de porter dans ma vie. Donc qu'est-ce que vous y avez trouvé avec cette bifurcation en devenant bifurqueur ?

C'est c'est une rupture avec un modèle, c'est aussi de trouver davantage de sens. Vous voulez vous vouliez revenir à une forme d'emploi, voilà, plus en rapport avec la Terre ? Euh ben sans sans forcément être dans un emploi avec la Terre, c'était vraiment l'idée de de trouver du sens, enfin de partir du principe que le le travail en terme d'emploi, en terme en terme de salarié. [grognement] Euh c'est pas c'est pas quelque chose c'est quelque chose qui nous a été vendu comme un facteur d'émancipation, comme un facteur de trouver du sens dans sa vie, comme un facteur de euh de bonheur.

Et le fait est que bah ce n'est pas le cas euh sous plein d'aspects. Enfin voilà, je pense qu'on est nombreux à le penser. On parlait des 58 % de personnes qui considéraient que le travail était une contrainte.

Euh c'est quelque chose qu'on est obligé de faire dans un monde capitaliste. On est obligé d'avoir un salaire pour s'en sortir. Euh et c'est pas forcément quelque chose de de souhaitable. le travail n'est pas bon en soi et c'est quelque chose qui est qui est toujours vrai.

Du coup, la question c'était de comment trouver une activité qui qui permet de faire avancer la société dans le bon sens quoi. Comment est-ce qu'on trouve du sens dans ce qu'on fait soit pas forcément un emploi salarié mais qui soit l'activité principale qu'on fait dans dans nos semaines quoi. Et alors donc en renonçant à cette carrière, vous avez vous avez renoncé également à on l'imagine des revenus confortables.

Il y a pas de regret sur cette questionlà ? Bah je pense que j'ai surtout renoncer à un burnout. Euh donc j'avoue que non, très très peu de regrets euh de ce point de vue-là entre euh entre gagner gagner de sa vie de manière très confortable mais participer à la destruction de la de la planète enfin à la crise écologique et à la crise sociale euh et potentiellement se mettre en burnout parce qu'on fera un métier qui ne correspond pas à ses valeurs euh ou avoir certes un peu moins de de confort matériel mais avoir le privilège de de faire un de faire une activité qui permet de d'aller dans le sens de ses valeurs.

Pour moi, c'est enfin le choix est très très vite fait. Et alors, parlez-nous un peu de votre activité actuelle. Comment est-ce que vous diriez que vous réparez et comment est-ce que vous luttez contre cette crise écologique ?

Alors du [grognement] coup, moi dans mon travail, je fais de l'accompagnement d'agriculteurs sur des projets agroforciers au sein d'une association qui s'appelle Envolver qui agit globalement contre la déforestation dans le monde euh donc en Colombie, au Pérou et en France. Et euh et donc c'est intéressant que vous utilisiez le terme de réparer parce qu'on est vraiment là-dessus. En fait, le fait de planter des arbres avec des agriculteurs, c'est quelque chose de très intéressant, quelque chose de très pertinent en terme de biodiversité, en terme de lutte contre les changements climatiques.

On est vraiment sur de l'agriculture d'avenir, même si ça va pas dans le sens de l'acroindustrie classique euh et de plusieurs des positions du gouvernement. Je pense à la loi du plomb notamment. Euh mais effectivement, c'est une réparation, c'est on est en train de de réparer des choses, on est en train de replanter des arbres qui pour la grande enfin la majorité était présent il y a il y a encore quelques décennies.

On a eu énormément d'arrachage de e d'arrachage d'arbre agricole et donc là on fait vraiment on fait un travail de réparation. Le travail que je fais actuellement est intéressant et important, mais on est euh sur un travail qui euh qui ne n'aurait pas besoin d'exister si ces arbres-là n'avaient pas été enlevés à la base. Et donc, on le dit, pour autant, vous ne comptez pas vos heures après votre travail, vous donnez aussi un coup de main à la ferme qu'on a aperçu dans la petite vidéo.

Vous faites une différence entre votre emploi et votre et le travail que vous accomplissez ? Euh oui, parce que enfin il y a il y a c'est c'est le le principe du terme de travail. On pense souvent le travail en terme d'emploi alors que de fait enfin la quantité de travail qu'on accomplit au quotidien et dépasse très très largement son emploi.

Euh moi je fais le choix de de voilà de porter un projet collectif avec des amis et c'est ça demande du travail. C'est un travail qui est que j'essaie de comptabiliser. C'est un travail qui est réel euh et que je que je sors de mon emploi.

J'ai la chance d'avoir un emploi qui me permet quand même de faire quelque chose qui a un rapport avec mes valeurs euh et d'avoir ce travail-là en plus euh au sein de la ferme collective qui est pour le coup non rémunérée. C'est pas c'est pas quelque chose de salarié. Euh et oui donc c'est des choses qui sont importantes pour moi et qui me permettent de de me nourrir.

Allez, on va faire réagir en plateau à votre témoignage KCK pour Sopoli. On le voit, il y a aussi cette génération qui a d'autres critères sur la réussite que par le passé. Est-ce que c'est une bonne ou une mauvaise chose selon vous ?

Écoutez, dans la vie, bonjour monsieur. Dans la vie, je pense qu'on a le droit d'être heureux et qu'on a le droit de de faire ses propres choix. Moi, je salue votre engagement.

Euh je rencontre effectivement de nombreux jeunes aujourd'hui euh qui s'engagent qui quittent leur activité professionnelle parce que euh d'abord euh monsieur travaille hein, il le disait fort bien mais euh il n'accepte plus et bien d'aller de partir à 6h du matin et de rentrer à 22 23h de passer leur vie dans le métro à l'entreprise où sans cesse on leur demande d'en faire plus parce que c'est monsieur la for bien dit on est quand même dans une société capitaliste. Et puis je trouve que c'est bien de donner du sens à sa vie et et donc être heureux et bien participe finalement à avoir une société qui soit bien meilleure. Monsieur Capu, vous allez pas être totalement d'accord, j'ai l'impression avec Katia Popol les grands groupes comme repoussoir, est-ce que voilà ça qu'est-ce que vous évoque ?

C'est un constat. C'est vrai que les jeunes maintenant recherchent de plus de sens au travail qu'ils vont faire aussi parce qu'ils ont la possibilité hein dans une période où on était proche du plein emploi, c'est plus facile de se poser la question du sens de son emploi. Et moi, je suis pas tout à fait d'accord.

Je comprends très bien le choix de de monsieur. Je trouve ça très intéressant. C'est vrai que c'est c'est ça reflète aussi une tendance générationnelle.

En revanche, je suis pas effectivement tout à fait d'accord quand il dit "J'ai noté le travail n'est pas bon en soi." Moi, j'aurais tendance à penser que c'est plutôt loisiveté qui en elle-même est plutôt nuisible à l'être humain et que le travail peut être source de satisfaction à à condition et c'est là je pense où on peut se rejoindre à condition que ce travail soit choisi, que l'emploi soit un emploi choisi et pas subi. Dans cette émission, on propose à nos aux personnes qui nous suivent sur les réseaux sociaux de de commenter le thème de l'émission.

Je voulais vous lire le témoignage de Maude qui nous a écrit via les réseaux sociaux. Elle dit "Pour moi le travail est une composante de ma vie parmi d'autres qui prend certes le pas sur le reste en terme de temps passé mais centrale à mon existence. Mes relations sociales, mon engagement sont plus importants.

J'aime mon métier mais ça reste une activité au service du reste de ma vie." Monsieur Eno, qu'est-ce que ça vous évoque ? Est-ce qu'elle dit mode ?

Ouais, je je je vois bien que c'est une c'est une évolution euh un peu globale. C'est un phénomène qu'on peut appeler de générationnel. Après euh euh ce choix par rapport au travail, cette demande n'est pas non plus euh un un abandon euh du travail.

Moi effectivement, je continue de penser, mais il faut trouver une question d'équilibre, que le travail est une émancipation, qu'il y a aussi une dimension de goût de l'effort dans le travail et que on ne construit pas un grand pays sans avoir des personnes qui se passionnent pour leur travail, mais monsieur est passionné par son travail. Et voyez, j'aime bien toujours cette phrase, mais ça nous concerne tous, hein. On ne vit pas grâce aux efforts des autres, hein.

Donc et on ne construit pas un grand pays sans qu'il y ait des efforts des uns et des autres et une participation citoyenne. Mais maintenant, je respecte parfaitement le le le choix. Je je lui pose juste la question, est-ce que son activité est viable ?

Est-ce qu'il en vit bien ? Comment ça se passe ? Mais c'est c'est quand même la question centrale par rapport à toute activité.

Ben, il va vous répondre parce que c'est une activité économique. Ouais, vous pouvez répondre à ce qui a été dit en plateau. Théophile, on vous laisse le mot de la fin.

On ira voir notre citoyen suivant après. Merci beaucoup. J'ai j'ai beaucoup aimé la phrase de "On ne vit pas de des efforts des autres".

Euh c'est très saturien comme phrase. C'est c'est euh dans ce cas les les milliardaires vivent de quoi ? C'est c'est c'est une vraie question que je me permets de poser.

On est on a 53 milliardaires. Les 53 milliardaires, les plus riches en France, ils sont plus riches que 32 millions de de personnes d'après le dernier rapport d'Oxam qui est sorti en janvier 2026. Du coup, ces personnes vivent de quoi si elles ne vivent pas des efforts des autres personnes ?

Euh il y a quelque chose que que je trouve que je trouve absolument pas logique dans votre argumentaire là. euh le la question de trouver du sens dans son travail du fait de le choisir plutôt que de le subir. Moi, c'est carrément pour monsieur Capu, vous en parler.

Euh mais dans ce cas, est-ce qu'on peut dire que des personnes qui sont obligées de travailler dans enfin dans dans un monde capitalisme ultralibéral dans lequel on vit euh qui font des métiers qui sont pénibles, qui sont des métiers qui sont erintants pour le corps, on est qui peuvent tuer même. On a on a 1287 morts au travail l'année dernière selon le rapport de l'assurance maladie. Euh comment est-ce qu'on peut considérer que le travail n'est pas subi dans ces conditions ?

Monsieur Capu, une réponse est Pon. On va voir notre 4e citoyen. Bah faut faut améliorer les conditions de travail.

C'est évident ça. Je crois que le gouvernement le fait beaucoup. C'était une des priorités.

Il y a deux accidents mortels par jour effectivement. Donc j'arrive pas tout à fait au même au même suivre que monsieur. Ce que je ce que je veux dire là aussi je suis d'accord avec Olivier, c'est que une société ne peut pas ne peut pas exister sans le travail.

Donc et que il faut donc défendre le le qu'il faut donc défendre le travail, toutes les formes de travail et que on ne peut pas euh on peut on peut pas enfin le le pays ne peut pas vivre que euh que queen se renfermant sur soi-même. Monsieur, il est il est autosuffisant, ça j'ai bien compris. Mais il faut aussi nourrir la planète entière, faut nourrir toute la France et euh demain, il faudra travailler davantage.

Dans le dans le petit générique de base, au tout début, vous aviez montré à Médine Monchin qui disait qu'on trava que les Français travaillaient 100 heur de moins que les Allemands. En fait, en moyenne, c'est 664 heures par an. La durée légale du travail, c'est 1607.

Elle le disait, on travaille 664 heures de moins. Donc on ne peut pas, on n'est pas une île. Donc c'est la réalité du du concret à l'idéologie.

Exactement. Monsieur travaille, on est d'accord, monsieur travaille, il a fait un choix de vie différent et ce n'est pas que générationnel parce que moi je connais des gens autour de moi qui étaient aide à domicile, aide soignante, qui travaillaient dans des conditions très difficiles et qui ont choisi aussi aujourd'hui et bien qui ont fait un notre choix de vie euh qui sont aussi dans des associations qui travaillent aussi à participer à à aux questions écologiques et cetera et je pense que c'est un notre choix de vie et et et ce n'est pas ce n'est pas gênant pour personne. Merci Théophile pour votre témoignage.

On va prendre la direction de notre 4e citoyenne, direction la meurtemelle pour aller à la rencontre de Calinour Ventanova. Si certains se posent la question du sens, d'autres cherchent d'abord à décrocher un emploi stable. Calinour, depuis la fin de vos études, vous enchaînez les petits boulots.

C'est des missions d'intérim qui se terminent [musique] pour ensuite en chercher une autre. Depuis la fin de votre BTS en 2021, vous avez ainsi enchaîné l'émission entre 15 jours et 1 an maximum. J'ai une première question pour vous, Calinour. [musique] Comment est-ce que vous expliquez cette difficulté à trouver un emploi stable ?

Bonjour. Donc effectivement, comme vous posez la question, euh comment je retrouve du travail, c'est que ben je me bats avec les agences intérimes, avec le réseau, enfin tout ce que je peux trouver pour trouver un emploi pérenne. Mais lorsqu'on me propose pas quelque chose que je souhaite, ben je prends ce qu'on me donne, c'est-à-dire des remplacements de congé de maternité, remplacement de vacances ou tout ce qu'on peut avoir en fait.

C'est vraiment je prends tout ce qu'on me donne pour ne pas rester à ne rien faire étant donné que je suis j'habite seule. Donc ce qui fait que je dois subvenir à mes besoins mais également payer les factures et je n'ai littéralement pas le choix. Alors Calinour, quel est votre formation euh à l'origine et et qu'est-ce que vous cherchez comme comme métier ?

Dans quelle branche est-ce que vous êtes ? Euh initialement, j'ai invité en gestion gestion de petite et moyen entreprise. Autrement dit, c'est un petit manager.

Euh à l'heure actuelle là au mois de juin, ça ferait 5 ans d'ancienneté que j'ai depuis mon diplôme parce que je n'ai presque pas arrêté que j'ai enfin j'ai toujours réussi à trouver de l'emploi. J'ai maximum de 15 à 3 semaines de coupure entre les contrats parce que parfois bah c'est un petit peu plus compliqué que prévu. Initialement oui, je suis un petit manager.

Et alors lorsque mais je n'ai jamais eu la chance de travailler avec ce diplôme. Lorsque vous avez eu votre diplôme en 2021, est-ce que vous disiez que ça allait être aussi difficile d'entrer sur le marché du travail ? Non, j'ai juste je me suis dit bah c'est un métier que j'aime.

Je suis passionnée de justement faire le le le Oui, c'est ça. Le mixte entre l'humain et le papier parce que c'est ce que j'adore le plus. Et aujourd'hui, je me dis purée, j'ai dû choisir un métier, enfin j'aurais dû choisir un métier beaucoup plus concret que de juste d'être simple manager.

Alors, est-ce que ça s'explique par un manque d'offre ? Qu'est-ce que vous répondent les les entreprises auprès desquelles vous vous démarchez ? Est-ce que est-ce qu'elles vous répondent quelque chose de toujours similaire ?

Ah ben malheureusement oui. Enfin, on me répond toujours une une enfin à ma question, on me dit "Écoute, tu as pas assez d'expérience. Effectivement, en ayant 21 ans, j'ai sorti d'école, j'ai pas pu avoir de l'expérience énormément, à part mon petit stage de quelques semaines que j'ai dû avoir pendant le BTS que je l'ai obtenu pendant la COVID.

La période n'est pas très favorable, on va dire ça comme ça. Donc à l'issue de ça, donc j'ai essayé mais c'est toujours tu as pas d'expérience, prends un peu de recul pour prends un peu d'expérience, reviens. Mais si personne donne l'expérience, comment personne donne la chance de de faire ce temple là, comment je peux avoir l'expérience ?

Et alors, c'est une question assez personnelle, mais euh financièrement, comment est-ce que vous vous en sortez ? Est-ce que vous arrivez à à avoir un petit revenu quand même ? Ah ben, je mets des R dans les carrés, je fais de mon mieux pour m'en sortir.

Je fais des ventes vinta, je fais des brocantes, j'essaie de faire des petits jobs si j'y arrive à garder les enfants des amis ou autres et je m'arrête là. Et vous, vous ne vous cherchez pas à Mais bien évidemment, j'ai un petit chômage qui qui arrive mais c'est pas suffisant pour vivre. Est-ce que vous voulez voulez répondre ?

C'est on voit cette difficulté hein à mettre un premier pied dans dans une entreprise, monsieur Capu, ça concerne des milliers et des milliers de jeunes aujourd'hui he cette entrée dans le marché du travail c'est toujours quelque chose de très concrètement difficile à faire. C'est c'est vraiment l'enjeu majeur à mon avis des années qui viennent, c'est le l'emploi des jeunes parce qu'on a un vrai problème de de travail en France. On parle beaucoup des seigneurs, on parle beaucoup et donc des retraites aussi mais on a aussi un vrai vrai vrai problème du chômage des jeunes qui rentre très difficilement dans le marché du travail.

Alors Kalinour, elle est elle doit avoir 26 ans si j'ai bien compris. Donc elle est pas elle est pas dans les 9 millions de 15 24 ans euh qui sont euh sans emploi. 9 millions à 15 24 ans, c'est les fameux et sur ces 15 millions-là, il y a 1 million de nits, c'est-à-dire sans emploi, sans formation et euh sans sans sans sans sans sans sans travail.

Donc c'est un vrai enjeu. Donc moi j'en vois deux de deux de deux solutions. Un l'orientation d'ailleurs elle le dit elle-même.

Peut-être que j'aurais peut-être pas dû faire le BTS euh de PME parce que c'était peut-être pas un truc où euh où où il y a où c'était peut-être pas assez concret et j'ai du mal à trouver un travail. Et puis et puis l'apprentissage là, il y a un truc qui marche très très bien, qui a très bien marché, c'est la c'est l'alternance en fait en entreprise où les taux de d'embauche sont plus élevés. Et ça répond à la question que que que que que vous que vous posez.

Ça répond au fait bah j'ai pas de j'ai pas d'expérience comme vous avez l'expérience au fur à mesure. C'est ça répond très concrètement à cette difficulté de de du manque d'expérience qu'on nous met dans la figure quand on cherche du travail et qu'on est jeune. Et on va redonner le chiffre.

Vous en avez évoqué un chiffre au 4e trimestre 2025 pour l'INC 21,2 % des moins de 25 ans étaient sans activité. Euh Olivier, on a beaucoup parlé la réforme des retraites hein, effectivement emploi des seniors sorti de l'activité. Euh est-ce qu'on a assez pensé aux jeunes dans ce débat ?

Non mais dans la dans le la difficulté du pays euh et dans le le le la faible croissance et une une création de richesse qui est quand même moindre ce que ce qu'elle devrait être. Il y a bien évidemment le nombre d'heures travaillées qui est inférieur, hein, 100 heures de moins qu'en Allemagne, Emmanuel Capu a dit 300 heures de moins que qu'aux États-Unis. Mais il y a aussi le fait que il y a que quatre français en comptant tout le monde hein sur 10 qui travaillent et parmi ceux qui ont des difficultés à intégrer le marché du travail et la question de l'insertion professionnelle ça a été dit bien évidemment ce sont les jeunes.

Calino, vous pouvez réagir et aussi si vous le voulez bien poser la question que vous aviez préparé pour les sénateurs, s'il vous plaît. Effectivement, je souhaiterais juste réagir par rapport à l'alternance. Effectivement, l'alternance c'est une c'est une très bonne porte pour pouvoir avoir de l'expérience.

Sauf qu'aujourd'hui, comme j'ai évoqué à l'instant, je vis seule. Donc ce qui fait que je dois subvenir à mes factures et à mes besoins. En ayant en ayant été pas en ayant un petit salaire mais également être payé au pourcentage du SMIC en fonction de l'âge.

Je ne peux ne pouvais pas me permettre avoir de l'alternance. Aujourd'hui, le mois prochain, j'ai 26 ans. Effectivement, je pourrais dire que je serais payé à 100 % du SMIC pour pouvoir ne serait-ce que payer mes factures qui sont assez élevé.

Donc je me dis youi, je peux commencer sauf que je suis déjà trop vieille aujourd'hui. C'est c'est le débat qui bien sûr qui creuse dans ma tête actuellement. C'est que je me dis effectivement je peux faire l'alternance aujourd'hui mais les entreprises préfèrent de quelqu'un plus jeune pour pouvoir avoir la même sûrement les mêmes tâes de travail à effectuer mais à moindre coût.

On voulait proposer à notre citoyen qu'on avait plutôt dans l'émission Olivier de de réagir au témoignage de de Calinour. Olivier, qu'est-ce que en tant qu'entre en chef en tant que chef d'entreprise, vous pourriez conseiller à Calinour justement pour rentrer sur le marché du travail ? Est-ce que vous avez envie de lui dire quelque chose de très concret là aujourd'hui ?

Ah, de très concret, très concret, c'est un petit peu compliqué parce qu'on voit bien que la situation euh de se retrouver entre deux eau et puis les exigences des employeurs aussi qui recourent massivement au au CDD. Alors nous encore une fois, on n'est pas on n'est pas représentatif de toutes les entreprises, mais on a une préférence de de d'utiliser beaucoup l'alternance aussi, de pas d'avoir de d'éviter les contrats courts. Donc je sais pas si je serai de bons conseils, mais moi ce que je dirais de mon point de vue peut-être aussi avec mon parcours d'entrepreneur, bah c'est de pas lâcher.

Je vois que vous êtes combative et c'est une très bonne chose. C'est pas une situation simple. Maintenant, je pense que vous arriverez à trouver.

Vous avez rien lâché jusqu'à maintenant. Et si jamais vous souhaitez vous réorienter à un moment, bah n'hésitez pas. Euh et je vous souhaite vraiment bonne chance dans votre recherche parce que effectivement structurellement on est dans un marché qui est moins équilibré qu'il y a encore quelques années et donc qui est qui est assez difficile, il faut le reconnaître.

Allez, on réagir en plateau. Merci à tous les deux hein pour pour cette interaction. On voit que voilà qu'alour sourit et que ça lui fait peut-être du bien d'entendre ses ses ses encouragements.

Madame à Porceau sur l'alternance, est-ce queon n pas fermer la vie cette année notamment dans le budget ? Ce qui fait qu'on a des jeunes aussi voilà qui bah ne peuvent pas avoir recours à à ces formations professionnalisantes. Enfin, il y a quand même un problème.

On nous avait dit qu'il il suffisait de traverser la route pour trouver du travail. Je rappelle euh là en l'occurrence on voit bien que c'est pas le cas et madame est diplômée. Elle a un BTS, elle a fait des études et donc elle a un BTS.

On voit qu'elle elle fait contrat après contrat 8 jours, 15 jours, qu'elle cherche à se débrouiller, à payer ses factures, à pouvoir survivre parce que on ne vit pas on ne vit pas lorsqu'on fait 8 jours de travail ou 15 jours de travail, on survit et encore avec bien des difficultés. Donc vous parlez euh de l'alternance. Oui, madame est diplômée déjà, elle a un BTS.

Enfin, je veux dire demain, oui, elle peut être alternante mais comment va-t-elle faire pour vivre ? Enfin, alternante, ce n'est pas suffisant pour pouvoir vivre. Et moi, j'aimerais rebondir quand même parce qu'on a parlé de la réforme des retraites.

On a allongé la durée de travail pour certaines catégories de personnes pour d'abord pour l'ensemble des catégories de personnes alors qu'il y a des jeunes qui sont diplômés et qui sont sur le marché du travail. Je pense que là, on a fait une erreur en allongeant la durée du travail pour les gens parce que ça ne permet pas à tous ces jeunes et bien finalement de trouver un emploi. Allez, on passe au dernier témoignage dans cette émission. un témoignage heureux des mutations du monde du travail pour finir.

Bonjour Jennifer Terron, merci d'être avec nous. Vous avez 34 ans et vous êtes une digital nomade. En français, on pourrait dire vous faites de l'itinérance numérique.

Vous êtes rédactrice sur internet depuis 2022 et vous avez le statut d'ento-entrepreneuse et vous vivez dans un van aménagé qui se déplace partout en Europe. Avant de vous entendre, on regarde votre bureau donc pardon votre van. Hello, moi c'est Jen et je suis un nomade depuis plus de 10 ans et je travaille depuis mon van depuis 4 ans.

Je suis consultante éditorial dans le tourisme donc je travaille avec les agences au voyage et les offices de tourisme. Et j'ai également créé le Nomade Business Club qui est un accompagnement business pour les entrepreneurs nomades pour les aider à structurer leur business sur la route. Je travaille majoritairement depuis mon van mais il m'arrive également de travailler dehors dans des cafés ou dans des coworking.

Ici, comme vous pouvez le voir, c'est mon setup habituel quand je travaille à l'intérieur du van. Bonjour Jennifer, on le comprend donc il y a pas ce petit rituel de la machine à café lundi matin avec vos collègues pour se raconter son weekend. C'est exact.

Manger quand même le petit rituel avec le café le matin mais dans le van ou dehors en au niveau des paysages où je peux me trouver. Et donc pour vous, le point de départ c'est la crise du Covid. C'est là que vous avez décidé de de passer le pas, de de franchir un cap et et de devenir comme ça un digital nomade.

Alors, pas forcément parce que j'ai toujours aimé beaucoup voyager. J'ai fait des études dans le tourisme. J'ai une licence tourisme et marketing et par la suite, j'ai travaillé dans le tourisme, que ce soit en France ou à l'étranger.

Donc, j'ai toujours aimé le goût du voyage. Mais par contre, j'ai profité de la pause Covid pour aménager un fourgon. et être plus libre, on va dire, géographiquement.

Alors, est-ce que vous diriez que vous travaillez beaucoup ? Quelle est votre journée type ? Un travail solo ?

Est-ce que c'est pas trop dur ? Racontez-nous un petit peu votre quotidien. Euh oui, bien sûr.

Euh forcément qu'il y a des un certain nombre d'heures, il y en a peut-être forcément plus qu' en terme de salarié parce qu'en soit, on a notre cœur de métier, mais on a aussi tout ce qui est bah comptabilité, marketing, vente, prospection. En fait, on fait plusieurs métiers. C'est pas qu'un seul métier.

Euh mais par contre, on fait quelque chose qui nous plaît vraiment. Enfin, moi personnellement, j'ai choisi deux secteurs qui me passionnent. Je suis restée dans le secteur du tourisme mais je me j'aide les offices de tourisme et les agences de voyage à produire des contenus qui réflètent vraiment la réalité du terrain.

Voilà, on le rappelle et c'était écrit sur votre fiche, vous êtes rédactrice web. Parlez-nous un tout petit peu du du statut d'auto-entrepreneur. Est-ce qu'il est pas difficile à gérer ?

Il est moins protecteur en tout cas que le statut de salarié. Oui, il est il est moins protecteur. Euh ça c'est sûr.

Surtout que ben les métiers dans le digital sont euh sont de nouveaux métiers. Donc en fait ils sont considérés comme du libéral alors qu'on ne l'est pas du tout. Donc c'est vrai que il y a une on va dire un secteur assez flou au niveau juridique et légal sur ces nouveaux métiers.

Et alors, est-ce que vous diriez que vous gagnez bien votre vie ou est-ce que l'idée c'est aussi de vivre un peu plus modestement parce que vous êtes en vanne et que la vie au jour le jour coûte peut-être moins cher ? Ça peut être les deux. Moi, j'en vis confortablement parce que j'aime pourvoir profiter avec ma famille, avec mes amis. envoyer par exemple euh par exemple amener mes parents en voyage sur une destination que j'ai découvert euh forcément le coût de la vie est beaucoup moins cher vu que j'habite dans un van donc j'ai pas de loyer à payer.

Hm hm. Euh mais pour moi, le plus important c'est vraiment d'avoir mon business qui est au service en fait de ma vie et pas l'inverse. Le plus important c'est vraiment de pouvoir profiter de de la liberté qu'offre ce mode de vie.

C'est vraiment pour ça que je suis devenue nomade et je tiens à préciser que être digital nomade, c'est un mode de vie et pas un métier parce que c'est vrai que maintenant ce mot veut plus rien dire. Donc c'est vraiment le mode de vie qui est adapté. Après, on a son propre métier et c'est là où ça peut être, on va dire difficile, c'est qu'effectivement on est seul pour construire son business et pour le structurer de A à Z et surtout le développer et qui euh convienne en fait au mode de vie choisi.

Allez, on fait réagir les sénateurs en plateau. Monsieur, vous avez demandé la parole et dans dans le respect hein avec Cathy à Poursopolis, c'est un clivage. Moi, je ne pense pas que le travail se partage parce que le travail a sa spécificité, on le voit bien au travers de de ces témoignages et il s'ajoute, il s'additionne et c'est comme ça qu'on fait un un pays prospère.

Il y a pas de concurrence entre les travailleurs selon vous. spécificité, on le voit bien, mais c'est très intéressant cette émission. Mais tout de même, vous voyez la question que je vais renvoyer, c'est comment ce type de spécificité de type d'organisation du travail s'adapte quand même à un moment donné à la vie familiale ?

Et là, c'est le rapporteur de la Branche Famille qui parle, c'est que comment fait-on quand on fait ce genre de choix de vie pour à un moment donné, il faut quand même quand on choisit de d'avoir des enfants, vous voyez, c'est c'est je comprends d'ailleurs, les gens peuvent faire un autre choix, mais ça me paraît quand même dans tout ce qu'on a vu une un questionnement, c'est qu'à un moment donné comment on rend compatible la la vie familiale et et d'autres choix possibles qui vont arriver pas C'est une question que je lui pose. Ouais. Voilà.

Jennifer, est-ce que c'est un moment dans votre carrière professionnelle ou vous vous posez pas encore la question de la famille et que ça viendra peut-être après ? Enfin, je sais pas, vous pouvez répondre. Pourquoi ça serait pas possible avec des enfants ?

Moi, c'est ma question. Je veux dire, j'ai des amis enfin je connais plein de modes qui sont entrepreneurs, qui sont nomades, qui ont des enfants. Après, être nomade ne veut pas forcément dire bouger tous les jours.

On peut rester posé 1 an, 2 ans à un endroit, 3 mois, enfin tout. En fait, il y a vraiment différents types de nomadisme et on peut pas le, on va dire, le généraliser à un seul mode. Donc pour moi, il y a aucun souci d'avoir ce mode de vie là avec des enfants ou une famille ou enfin tout est possible.

H voilà, on arrive progressivement à la fin de cette émission et et via le témoignage de Jennifer, on le comprend, il y a des nouvelles façons de travailler. Qu'est-ce que ça dit de notre société ? penser comme ça aussi notre rapport au travail.

C'est très intéressant ce que font ces jeunes. Qu'est-ce que ça vous évoque monsieur Capu ? Bah c'est un exemple de plus du fait que les nouvelles génération souhaite plus de liberté.

En plus ça répond à un vrai problème qui est celui de la mobilité des salariés puisqueen fait du coup Jennifer elle va là où il y a le travail et elle reste pas figée là où elle est. Ce qui est un vrai une vraie difficulté aujourd'hui dans les différents bassins d'emploi. Je pense pas que le le modèle soit reproductible à l'infini pour tous les types de situation mais ça ça correspond à cette recherche de sens.

Et du coup, moi ça me pose la question en tant que législateur, on voit bien que le statut d'auto-entrepreneur est particulier, pas très très sécurisé. Donc ça nous pose, je pense, la question de savoir si on doit pas basculer de l'époque du 19e siècle ou du droit du salariat où tout notre droit du travail est fondé sur le salariat euh style grandes fa entreprises, grandes usines du 19e siècle a un droit plus de l'activité qui correspond beaucoup plus à l'activité aujourd'hui de Jennifer. Et c'est ce sera le mot de la fin madame à PS.

Qu'est-ce que ça dit aussi la façon dont et bien les avancés technologiques clairement internet et bien modifié le cadre du travail aussi pour tous ces cas de figure. Madame est digital nomade. Euh donc elle dit sa passion parce qu'elle veut elle change de région, elle change de département, elle visite, elle l'a dit, elle est d'ailleurs très attachée au tourisme donc et puis elle travaille et je pense qu'il faut effectivement sécuriser les auto-entrepreneurs parce que c'est une façon de vivre différente qui est totalement différente.

C'est un mode de vie choisi qu'il faut respecter et donc je pense effectivement qu'il faut sécuriser les auto-entrepreneurs qui choisissent ce mode de vie. Et bien c'est la fin de cette émission. Je voudrais remercier les Français françaises qui ont participé à ce débat qui ont témoigné.

Merci à tous les trois aussi sénateurs présents en plateau d'avoir joué le jeu comme ça des échanges directs. Merci aussi aux équipes techniques et éditorial qui ont permis de réaliser ce dialogue citoyen. Notre émission est à retrouver sur publicsenap.fr également disponible sur les plateformes de podcast.

Vous pouvez le le réécouter comme ça en podcast. N'hésitez pas à nous suivre aussi sur les réseaux sociaux Instagram, [musique] Facebook et X parce que on y partage bientôt notre prochain thème d'émission. Et on pourra ainsi vous proposer de réagir à très vite [musique] sur Public Scenard.

J'ai trouvé ça très chouette. Euh c'était assez fidèle à ce que je pensais. C'était bien d'avoir des gens de d'horizon un [musique] peu différents euh avec des philosophies, des expériences de vie différentes euh puis d'avoir des sénateurs [musique] en face.

C'était c'était une très chouette opportunité. J'ai bien aimé les interventions euh de tout le monde. Donc c'était chouette à [musique] pouvoir partager ça.

Et c'est vrai que j'aurais aimé qu'on ait eu un peu plus de temps quoi. [musique]