Sébastien Chenu : "L’intérêt du pays, c’est de faire tomber ce gouvernement !" (CNEWS)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:21OuverteRéponse directe
Pourquoi ce vote contre le gouvernement de François Bayrou ? Est-il devenu une évidence aux yeux du RN ?
- 1:01RelanceRéponse partielle
Qu'est-ce qui a changé ? Le RN se voulait constructif, responsable, raisonnable.
- 1:53OuverteRéponse directe
Vous le saviez avant hier, avant cette annonce surprise. Qu'avez-vous fait ?
- 2:32OuverteRéponse directe
Vous confirmez que les relations entre Marine Le Pen et François Bayrou sont cordiales ?
- 3:09OuverteRéponse directe
François Bayrou a dit qu'il ne voulait pas durer. Est-ce qu'il sort en héraut ou en suicide politique ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Est-ce un hara qui rit pour sortir par l'euro ? Ou un suicide politique sous forme de courage fuyant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Invité politiqueFait
« Qui peut avoir confiance en François Bayrou, en réalité ? »
- 0:31Invité politiqueFait
« Qui peut avoir confiance dans un bilan qui est celui aussi d'Emmanuel Macron ? »
- 0:41Invité politiqueFait
« Ce sont les mêmes politiques qui sont menées dans notre pays depuis 40 ans, avec des degrés différents. »
- 1:26Invité politiqueFait
« François Bayrou dit d'abord, un mensonge énorme, il dit, la dette, c'est celle de chacun d'entre nous. »
- 1:36Invité politiqueFait
« Non, pas du tout. La dette, elle est due à ceux qui nous gouvernent. »
- 1:47Invité politiqueFait
« C'est que ceux qui nous gouvernent, les Béroux, les Macron, les Attal, les Bornes, sont dans la même logique. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Dans le projet de budget de François Béroux, il y a zéro réforme. »
- 6:33Invité politiqueChiffre
« Le nombre de smicards, de travailleurs au SMIC, est passé de 12 à 17%. »
- 6:45Invité politiqueFait
« Le nombre de défaillances d'entreprises, on le mesure en ce moment. »
- 6:48Invité politiqueFait
« Le nombre d'agressions, on le mesure en ce moment. »
- 10:16Invité politiqueFait
« Le diagnostic, tout le monde partage. »
- 10:23Invité politiqueFait
« Une dette, ça se paye. »
- 12:56Invité politiqueFait
« Moi j'ai trouvé les propos de l'ambassadeur assez déplacés sur l'idée que le président puisse être antisémite. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu73 %
- Présentateur27 %
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Bonjour et bienvenue Sébastien Chenu.
Bonjour madame.
Vous êtes député du Nord, vice-présent du Rassemblement National. C'est votre grande interview ce matin sur CNews Europe 1. Au lendemain, de l'annonce surprise par François Bayrou de solliciter un vote de confiance de l'Assemblée le 8 septembre. Le Premier ministre qui a mis en quelque sorte sa tête sur le bio tant ses chances de demeurer sont faibles. Marine Le Pen ayant déjà affirmé que le RN voterait contre cette confiance. Tout d'abord, Sébastien Chenu, pourquoi ce vote contre ? Est-il devenu, est-il désormais une évidence aux yeux du RN ?
Bien sûr, qui peut avoir confiance en François Bayrou, en réalité ? Qui peut avoir confiance dans un bilan qui est celui aussi d'Emmanuel Macron, mais finalement le bilan de 40 années d'une même politique ? Ce sont les mêmes politiques qui sont menées dans notre pays depuis 40 ans, avec des degrés différents. Mais c'est les mêmes logiques, logique mondialiste, logique européiste, logique de soumission. Et finalement, qui peut encore avoir confiance dans ces politiques-là ? Donc François Bayrou tente une ultime manœuvre, il rencontrera un ultime échec.
Mais qu'est-ce qui a changé ? Pardon, parce qu'au RN, le RN se voulait constructif, le RN se voulait responsable, le RN se voulait raisonnable. Vous-même, ici, l'été et avant l'été, vous ne cessiez de dire qu'il ne s'agit pas de censurer pour le plaisir qu'il fallait discuter avant de censurer ?
Oui, vous avez raison, c'est parce que nous sommes responsables, c'est parce que les électeurs, d'ailleurs, du RN... Mais bien entendu, parce qu'il faut écouter ce qu'a dit François Bayrou. Moi, j'ai repris ce qu'a dit François Bayrou. François Bayrou dit d'abord, un mensonge énorme, il dit, la dette, c'est celle de chacun d'entre nous. Elle est due à chacun d'entre nous, la dette. Non, pas du tout. La dette, elle est due à ceux qui nous gouvernent. Et ensuite, il dit, je continuerai, nous continuerons un projet budgétaire avec la même logique et la même cohérence. Et bien, il est là le nœud du problème.
C'est que ceux qui nous gouvernent, les Béroux, les Macron, les Attal, les Bornes, sont dans la même logique.
Là, vous le saviez avant hier, avant cette annonce surprise.
Mais nous avons fait des propositions. Marine Le Pen a écrit fin juillet, fin juin, pardon, mi-juillet, mi-juillet à François Bayrou avec des propositions. En lui disant, monsieur le Premier ministre, nous sommes une opposition responsable et constructive. Nous considérons qu'il y a des chemins si, par exemple, vous vous attaquez à la contribution de l'Union européenne. Celle-ci a baissé. C'était donc possible. Ça veut donc dire que ce que nous proposons était possible. Nous disons, allez plus loin. Attaquez-vous au tabou de l'immigration. Attaquez-vous aux dépenses toxiques de l'État. Même pas une réponse.
Pourtant, il y a une sorte de ligne directe entre Marine Le Pen et François Bayrou. Vous confirmez que leurs relations sont plutôt cordiales entre les deux ?
Marine Le Pen connaît François Bayrou depuis toujours. C'est un homme politique qui est dans le paysage depuis 50 ou 60 ans. Il est comme un meuble dans le paysage. D'ailleurs, son but était de demeurer.
Ça peut s'appeler l'expérience, sinon.
Oui, enfin là, ça s'appelle une sorte d'immobilisme. D'ailleurs, Jordan Bardella l'a très bien dit. C'est une sorte d'immobilisme satisfait. François Bayrou, c'est l'ibomilisme satisfait. Il est content, il a toujours voulu durer. Et je vous le dis, c'était une ultime manœuvre pour pouvoir gagner du temps, durer, qui rencontrera un ultime échec comme l'échec de leur politique.
Il a dit l'inverse hier, qu'il ne voulait pas durer. Est-ce qu'il sort d'ailleurs, après on va parler de la suite et de la situation politique et budgétaire, est-ce qu'il sort, François Bayrou, lanceur d'alerte, empanaché, mais incompris sur la dette et le budget ? Est-ce qu'en somme, Sébastien Chenu, c'est un hara qui rit pour sortir par l'euro ? Ou c'est un suicide politique sous forme de courage fuyant ?
Non mais je crois qu'il ne sort pas avec panache en disant « personne n'a compris », « j'ai sonné l'alerte » ou « donner l'alarme ». Pas du tout. C'était très longtemps que les Français ont compris. Les Français ont compris qu'on était dans une crise économique, une crise sociale, une crise budgétaire, une crise sécuritaire, une crise migratoire, une crise culturelle. Mais c'est parce que les Français l'ont compris qu'ils ne veulent pas de leur solution. Les Français ont compris que ces politiques, ces logiques-là, elles amenaient à ces crises-là. Et que donc par conséquent, les Français disent non à alimenter un puissant fonds de dépenses toxiques de l'État sans faire aucune réforme.
Car je vous rappelle que dans le projet de budget de François Béroux, il y a zéro réforme. C'est des coups de rabot, c'est serrer la ceinture à ceux qui ont travaillé, à ceux qui travaillent, à ceux qui voudraient travailler, c'est-à-dire à la France du travail, à la France de l'effort. On leur demande sans arrêt de se serrer la ceinture. Rien sur l'immigration et aucune réforme de fonds.
Vous n'avez pas hésité hier. Marine Le Pen n'a pas hésité à avoir sa réaction sur les réseaux sociaux.
Ah non, pas une seconde. Je peux vous dire que Marine Le Pen était déterminée parce qu'elle pense à l'intérêt supérieur du pays.
L'intérêt, c'est de faire tomber le gouvernement. Et maintenant, que va-t-il se passer ?
L'intérêt, c'est une autre politique.
Le 9 septembre.
Eh bien, c'est exactement ce que dit Marine Le Pen, ce qu'elle réclame. C'est que si on veut une autre politique pour le pays, il faut une autre majorité. Enfin, une majorité, car il n'y a pas de majorité. On est quand même le seul pays où ceux qui ont perdu les élections gouvernent. Ça, c'est quand même aussi absolument insensé. Donc, nous disons, retournons vers les zones. C'est désormais possible. Demandons aux Français le choix de la politique qu'ils veulent mener. La politique, ce n'est pas simplement des postures. Ce n'est pas durer dans le temps, comme M. Bérou. Ce sont des choix de société. C'est nous, nos choix, ils sont clairs. C'est s'attaquer à des dépenses incongrues.
C'est s'attaquer à l'immigration. C'est demander à faire baisser la contribution à l'Union européenne. Les choix sont clairs. Eh bien, demandons aux Français ce qu'ils veulent. Nous, nous croyons que les Français veulent une autre politique.
Donc, la solution pour vous, c'est la dissolution, même si le président a promis l'inverse il y a quelques jours. Et si Emmanuel Macron choisit Sébastien Chenu, simplement, de remplacer François Bayrou, notamment par Sébastien Cornu, c'est le Cornu, c'est l'éternel nom qui est cité pour Matignon. Qu'est-ce que vous aurez gagné ? Qu'est-ce qui va changer ?
Oui, mais les histoires ne s'écrivent jamais, comme on les imagine. Emmanuel Macron connaît la situation dramatique du pays, qui est son résultat. Pas lui seul, d'ailleurs, mais le résultat de beaucoup de ses prédécesseurs.
Tout à fait simplement remplacer le Premier ministre.
Oui, mais il n'aura toujours pas de majorité. Et s'il ne rompt pas avec la logique qui est la sienne, c'est-à-dire avec la logique politique, alors il s'exposera à avoir effectivement une censure et avoir une crise. Ce sont eux qui entretiennent, provoquent la crise politique, après avoir provoqué la crise économique, sociale, migratoire, qui provoquent la crise politique. Nous nous disons...
Mais l'instabilité politique et du fait de l'exécutif, selon vous, qui eux-mêmes vous renvoient la patate chaude en vous disant, par ce vote de confiance, vous aggravez la situation.
Non, mais on ne va pas voter la confiance à des gens en qui nous avons zéro confiance. C'est clair, on n'a pas confiance en eux, pas confiance en leur politique. Pour quelles raisons ? Pas sur leur bonne mine. C'est parce que leurs résultats sont pitoyables. Quand vous repensez à ce que Gabriel Attal, quand il avait dit, quand il était Premier ministre, on veut dé-smicardiser la France. Le nombre de smicards, de travailleurs au SMIC, est passé de 12 à 17%. Donc ces gens-là se moquent de nous, racontent n'importe quoi. Enfin, chacun peut mesurer. Le nombre de défaillances d'entreprises, on le mesure en ce moment. Le nombre d'agressions, on le mesure en ce moment.
Enfin, l'état de notre pays, c'est leur œuvre. Mais le problème, c'est qu'ils ne se remettent pas en cause. Ils pensent qu'effectivement, parce qu'ils sont dans le paysage depuis si longtemps, ils vont pouvoir continuer. Ils ont perdu les élections, ils ne se remettent pas en cause.
Se remettre en cause, ça peut aller jusqu'à la piste de la démission du président ? Vous la mettez encore sur la table ? C'est une piste qui est plausible pour vous ?
Je crois que la psychologie, ou la personnalité, on va dire, d'Emmanuel Macron, fait qu'il n'a pas du tout envie de lâcher le manche. Mais je pense que s'il est un président responsable, il se tourne vers les Français. Et puis, il leur demande, il dit sous l'Assemblée nationale, il leur dit « donnez une majorité ».
Et dans ce cas, que va-t-il se passer ? Même s'il y a dissolution et élection anticipée, Sébastien Chenu, il est très probable que la gauche s'unisse, que le Front républicain vous fasse barrage, que le Bloc central préfère faire élire des candidats de gauche, voire d'extrême gauche, et que vous n'obteniez pas une majorité absolue pour faire tout ce dont vous venez de parler.
Moi, je crois que l'histoire ne se répète jamais de la même façon. D'abord, les Français ont vu ce que ça donnait un pays sans majorité. Et nous, on fera campagne, autour de Jordan Bardella, toujours pour aller à Matignon, pour gouverner le pays, non seulement sur un programme, mais sur l'idée de donner une majorité à ce pays. Les Français, il faut savoir ce qu'ils veulent. Je pense qu'ils ont été échaudés des appels de M. Attal, de Mme Borne, à voter pour l'extrême gauche, pour faire barrage au Rassemblement national. Je pense que tout ça ne se reproduira pas.
Qu'il y a des hommes et des femmes sensés dans ce pays, qui, aujourd'hui, considèrent que la stabilité, c'est effectivement donner les clés aux partis politiques qui, aujourd'hui, est en tête dans tous les sondages, mais aussi à chaque élection, c'est-à-dire le Rassemblement national.
Pas un pari risqué que le RN, s'il arrivait au pouvoir en cas d'élection anticipée, arrive au pouvoir si proche du scrutin de l'élection RN, l'élection présidentielle ?
Nous voir à la manœuvre, voir ce que nos idées pèsent, voir les résultats de la politique que nous pourrions mener. On le fait déjà dans nos mairies, et je pense que ce n'est pas un pari risqué.
Donc ce serait un test de grandeur nature.
Tous nos maîtres sont réélus, et souvent dès le premier tour. Donc moi, je dis aux Français, laissez-nous arriver, mener une autre politique, dans un gouvernement mené par Jordan Bardella, dans une situation difficile, car nous, on nous fait confiance quand les choses sont les plus difficiles. Les mairies que nous avons reprises, que ce soit Fréjus, Hénin-Beaumont, Perpignan, C'est une chose de mairie, le pays en est une autre. Oui, d'accord, mais c'est toujours comme ça. On vient nous chercher quand finalement on a essayé tous les autres.
Alors on dit aux Français, nous, nous sommes prêts, nous avons une feuille de route, nous avons des propositions, et la politique que nous mènerons, elle sera fondamentalement différente.
Vous, y compris bien sûr Marine Le Pen, est-ce que vous confirmez ce matin qu'elle pourrait être candidate en cas de dissolution Sébastien Chenu et d'élection anticipée en dépit de l'exécution provisoire, je le rappelle, et de sa peine d'inéligibilité en première instance ?
Il y a peut-être un chemin qui existe pour cela, mais ce n'est pas comme ça que Marine Le Pen a abordé les choses. Marine Le Pen n'aborde pas ce refus de confiance à François Bayrou en se disant, s'il y a une dissolution, je ne pourrais pas être candidate, comment on fait, etc. Marine Le Pen place le destin du pays au-dessus du sien. Mais la question se pose.
Elle pourrait être candidate.
Il y a un chemin de crête. Il faut le regarder, il faut le creuser, mais ce n'est pas pour ces raisons-là en tous les cas que Marine Le Pen fait ce choix. Elle fait un choix qui l'allie, elle pourrait ne pas être candidate, mais en tous les cas, elle pense que pour le pays, il faut une majorité.
Alors parlons de l'intérêt général comme vous dites, et notamment de la situation budgétaire. Regardez déjà ce qui se passe, Sébastien Chenu-le-Thau a 10 ans sur la dette française et désormais au-dessus des dettes espagnoles, portugaises, grecques. Les voyants sont au rouge juif. Est-ce qu'au moins vous êtes d'accord, c'est important quand même, sur le constat qui a été établi hier par le Premier ministre ?
Oui, mais le diagnostic, tout le monde partage. Et d'ailleurs, nous, nous avons toujours considéré, Marine Le Pen, probablement la première femme politique d'opposition à dire, une dette, ça se paye. Parce que si vous ne payez pas votre dette, vous ne pouvez plus emprunter sur les marchés. Et si vous ne pouvez plus emprunter sur les marchés, vous ne pouvez plus investir, vous ne pouvez plus développer de politique nationale. Une dette, ça se paye. Et c'est aussi d'ailleurs ce qui nous différencie de l'irresponsabilité de la gauche, de l'extrême gauche, qui considère toujours qu'un puissant fonds peut être alimenté par les Français, les hausses d'impôts.
Donc nous, on considère qu'il y a un langage de responsabilité à tenir aux Français. Mais ça se paye à travers des économies, ça se paye à travers des choix de fiscalité qui ne sont pas ceux qu'Emmanuel Macron et François Béroud et les autres ont réalisés. D'ailleurs, moi je trouve que François Béroud a été très cruel dans son diagnostic. Car lorsqu'il fait le bilan de l'état économique de notre pays, de cet endettement massif, il fait le bilan des huit années d'Emmanuel Macron en réalité. Ils sont cruels, ils sont en train de nous dire « Nous avons été nuls pendant des années, faites-nous encore confiance ». Bah non.
Encore une question dans ce domaine. Instabilité politique risque malgré tout de faillite, menace de blocage du pays. Vous ne changerez pas votre vote quoi qu'il arrive. Quoi que soit la teneur du débat, quelles que soient les concessions de François Béroud d'ici le 8 septembre ?
Non mais on nous a déjà fait le coup. Et on nous fait le coup finalement à chaque fois, à chaque élection ou à chaque menace de censure. On nous dit « Attention, tout va s'arrêter, le pays va s'écouler ». Enfin, nous ne sommes pas tombés. La France tient debout parce qu'elle a des hommes et des femmes qui tiennent notre économie. Elle a des gens qui travaillent, qui se lèvent le matin. Elle a des ouvriers, elle a des employés, elle a des chefs d'entreprise. Elle a des hommes et des femmes qui font vivre l'économie réelle. Et donc la France tiendra. Ce n'est pas parce qu'on va changer de Premier ministre ou qu'on aura une nouvelle majorité que la France va s'écrouler.
Donc ce n'est pas le vote de confiance ou la chien-lis ?
Ah non mais pas du tout. Mais d'ailleurs je pense que plus personne ne croit en ça. En réalité...
Ce qu'a dit ce matin encore le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barreau.
D'accord, ils l'ont dit toujours des Belges, Jean-Noël Barreau. C'est quand même devenu un spécialiste du grand n'importe quoi. Il ferait mieux d'essayer de libérer Boilem sans salle plutôt que de raconter n'importe quoi. Non, la réalité c'est une autre politique permettra à la France de prendre un autre chemin avec d'autres résultats.
En parlant de Jean-Noël Barreau et du Quai d'Orsay, ce n'est pas l'ambassadeur américain en France, Charles Kushner, qui était convoqué, qui est allé à l'ambassade hier, mais son chargé d'affaires qui a été envoyé. On rappelle en quelques mots ce qui s'est passé, cette lettre, ce brûlot de l'ambassadeur qui accuse Emmanuel Macron d'inaction face à l'antisémitisme. Est-ce qu'il a raison l'ambassadeur sur la forme et sur le fond ?
Bon, d'abord je vois que ce gouvernement va plus vite à convoquer l'ambassadeur des Etats-Unis que l'ambassadeur d'Algérie pour parler du cas de Boilem sans salle, comme je viens de l'évoquer devant vous. Ça en dit long d'ailleurs. Moi j'ai trouvé les propos de l'ambassadeur assez déplacés sur l'idée que le président puisse être antisémite. En revanche, je trouve que c'est aussi désinvolte d'envoyer son chargé d'affaires, mais ça en dit long sur le crédit qu'il porte à notre président. Si Emmanuel Macron n'est pas antisémite, en réalité il ne fait rien pour lutter contre l'antisémitisme.
Il nourrit le feu antisémite ?
À partir du moment où il est passif, à partir du moment où il n'a pas participé à la marche, à partir du moment où il est muet, à partir du moment où il est totalement inactif, et évidemment qu'il laisse...
Pierre Aurore Berger à votre place a dit exactement l'inverse, en énumérant tout ce qui a été fait par l'exécutif
pour protéger les Français. Depuis le 7 octobre, les atteintes antisémites, les délits antisémites, les atteintes à nos compatriotes de compétition juive ont connu une augmentation insensée dans notre pays. Emmanuel Macron est muet, Emmanuel Macron se planque, Emmanuel Macron a peur. Et pourquoi ? Peur de quoi ? Parce qu'il a peur d'une diaspora algérienne, c'est-à-dire d'Algériens ou de Franco-Algériens dans notre pays, dont il imagine qu'ils seraient forcément, qu'ils sont forcément un soutien de la cause palestinienne. Et il a peur que ça bouge dans les banlieues. Eh bien écoutez, moi je pense que la peur est mauvaise conseillère. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'il faut laisser nos compatriotes français quitter notre pays, parce qu'ils ne pourraient plus vivre en France. Ce n'est pas l'histoire de notre pays. On a dans notre pays, depuis des milliers d'années, des compatriotes de confession juive. On y tient, notre France a besoin d'eux. Notre pays a besoin d'eux. Emmanuel Macron ferait bien de réfléchir à ça, plutôt que de se planquer.
Il nous reste une minute pour conclure, Sébastien Chenu, deux ou trois questions rapides qui appellent si possible des réponses courtes, puisque nous parlons de ce sujet. Est-ce que la France doit accueillir, selon vous, des réfugiés à Gazaoui ?
Non, mais n'importe quoi. Enfin, on va accueillir des gens qui sont possiblement hostiles, déterminés, pourquoi pas criminels ou terroristes, sur notre territoire ? On va continuer d'accueillir le monde entier ? Écoutez, non. La réponse, c'est non.
Vous recontre la légalisation de la GPA, comme le souhaite Gabriel Attal, qui parle de GPA éthique ?
Je ne crois pas à la GPA éthique. Moi, je suis très respectueux des envies d'avoir des enfants, des hommes, des femmes, des couples, quels qu'ils soient, homo ou hétéro. Je crois qu'il n'y a pas de problème avec la parentalité, etc. La GPA, ce n'est pas lié à ça. La GPA, ça ouvre une porte sur la marchandisation du corps de la femme qui me heurte. Je comprends l'envie d'avoir un enfant. Je comprends les capacités, sans aucun problème, à les élever. Mais la GPA reste fondamentalement liée à un commerce du corps qui, moi, me heurte.
Et pour conclure, sur le sujet principal, si vous deviez qualifier aujourd'hui, en un mot, les relations entre Marine Le Pen et François Bayreau, quels mots vous choisissez ?
Elles sont républicaines.
Merci, Sébastien Cheneu. C'était votre grand histoire. Merci. Je vous dis à bientôt.
Sébastien Chenu