Le Pen / Philippot : le divorce #cdanslair 21.09.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 58 %Défensif 29 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 14:07RelanceRéponse directe
Si le FN a tant progressé ces dernières années, c'est grâce à Florian Philippot. Comment Marine Le Pen peut-elle l'oublier ?
- 15:16OuverteRéponse directe
François Spressoz, c'est vrai, il est en partie responsable de l'échec de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et responsable aussi de ce débat raté ?
- 16:16OuverteRéponse directe
Pascal Perrineau, est-ce que ce départ de Florian Philippot poussé quand même vers la sortie, c'est l'annonce d'un changement de ligne ?
- 22:13OuverteRéponse directe
Brice Tinturier, l'avenir du Front National et l'avenir de Florian Philippot, les deux sont liés. Est-ce qu'il va y avoir une hémorragie de militants, d'élus ?
- 33:57OuverteRéponse directe
Est-ce que la crise actuelle est comparable au putsch manqué de Bruno Maigret ?
- 38:56OuverteRéponse partielle
L'éviction de Florian Philippot ouvre-t-elle une voie royale à Marion Maréchal-Le Pen ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:11PrésentateurChiffre
« C'est une défaite, oui, parce qu'ils n'ont pas atteint, bien sûr, les 50% des suffrages exprimés, mais 33 à 34% des suffrages exprimés au second tour. »
- 4:20PrésentateurChiffre
« Presque 11 millions d'électeurs. »
- 11:00InvitéFait
« Marine Le Pen retire à Florian Philippot son portefeuille de la stratégie et de la communication. »
- 11:29InvitéFait
« Je ne me réjouis pas, encore une fois, du départ de Florian. »
- 16:59PrésentateurChiffre
« Huit députés seulement. »
- 25:15PrésentateurFait
« On sait bien, depuis d'ailleurs, elle a été absente pendant deux mois, elle est sortie de l'actualité après la présidentielle. »
- 25:44InvitéFait
« Elle a perdu une carte maîtresse. »
- 29:48PrésentateurFait
« 2021 il y aura une sorte de vote interne non pas une primaire mais une ratification interne pour la présidentielle 2022. »
- 34:02PrésentateurFait
« Il n'y a pas eu de volonté de putsch de la part de Florian Philippot. »
- 35:50PrésentateurFait
« Jean-Marie Le Pen dit de sa fille qu'il souhaite qu'elle ne porte pas son nom. »
- 37:10PrésentateurFait
« Moins les dérapages. Vous aurez le positionnement politique du parti tel qu'il était dans les années 80 et 90. »
- 37:27PrésentateurFait
« La justice lui interdit de s'appeler Front National, Mouvement National. Il doit s'appeler Mouvement National Républicain. »
- 37:45PrésentateurFait
« Trois ans après, il est au second tour de la présidentielle. Et Maigret ne pèse plus rien. »
- 44:35InvitéFait
« Je suis contre la loi travail. »
- 44:47PrésentateurFait
« Le plafonnement des indemnités alors qu'ils ne touchent pas aux parachutes dorés, il faut que ça aille dans les deux sens. »
- 46:29PrésentateurChiffre
« Un front syndical morcelé au moment où 53% des Français se disent favorables à la mobilisation contre la réforme du code du travail. »
- 49:44PrésentateurFait
« La loi El Khomri, c'était la fin du quinquennat de François Hollande. »
- 54:22PrésentateurFait
« La sortie de l'euro, c'est notre croix. »
- 55:19PrésentateurFait
« Philippot était le meilleur orateur du FN. »
- 1:03:30PrésentateurChiffre
« 15 000 personnes ou 600 000 personnes ? »
Temps de parole
- Présentateur76 %
- Invité19 %
≈ 0,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Il n'a fallu que 12 heures à Florian Philippot pour claquer la porte du Front National. Sanctionné hier soir par Marine Le Pen, qui lui avait retiré ses délégations, le désormais ex-numéro 2 du FN a annoncé ce matin sur France 2 sa démission. En réalité, la crise couvait depuis des semaines, probablement même depuis la défaite à la présidentielle en mai dernier. Florian Philippot, isolé puis lâché par Marine Le Pen, n'avait sans doute pas d'autre choix. Sa ligne politique souverainiste était devenue minoritaire au sein des cadres du parti. Ce départ plonge le FN dans une crise ouverte.
Le mouvement va-t-il abandonner la sortie de l'euro dans son programme et se recentrer sur ses fondamentaux ? Immigration, identité, sécurité. Est-ce la fin de la dédiabolisation dont on a tant parlé ici même, assez dans l'air ? Marine Le Pen, déjà affaiblie par sa déroute à la présidentielle et sa prestation catastrophique au débat d'entre le Tour, est-elle en danger ? Au sein même du Front National, on en parle ce soir avec nos invités. Christophe Barbier, vous êtes éditorialiste à l'hebdomadaire L'Express, avec à la une de votre magazine cette semaine, Jusqu'où ira Mélenchon ?
Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, spécialiste de la sociologie électorale en France et en Europe. Vous étudiez par ailleurs les mouvements populaires. Votre livre, Cette France de gauche qui vote FN, est aux éditions du Seuil. Françoise Fressoz, vous êtes journaliste et éditorialiste au journal Le Monde. Bristin Turier, vous êtes directeur général délégué de l'institut de sondage Ipsos. Vous enseignez à Sciences Po Paris, votre dernier ouvrage, Plus rien à faire, plus rien à foutre, La vraie crise de la démocratie, est publié chez Robert Laffont. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission en direct.
Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Bon, ce n'est pas vraiment une surprise, ce départ de Florian Philippot, Christophe Barbier, mais c'est quand même brutal. C'est brutal, c'est un événement politique. Ce n'est pas une surprise parce qu'en effet, il était devenu minoritaire. Il l'était sans doute d'ailleurs depuis 2015-2016, c'est-à-dire quand les attentats ont remis la problématique anti-islamisme, anti-immigration sécuritaire au cœur des préoccupations du FN par rapport à la période 2011-2015 où le social avait fait le lit de Florian Philippot. Donc il était minoritaire, mais il occupait la place.
Il a réussi à emmener Marine Le Pen au second tour, mais plus faiblement qu'elle ne l'espérait, et elle s'est écrasée dans ce débat d'entre-deux-tours. Donc ce n'était pas vraiment une surprise, c'est la rançon politique de cet épisode. Ce n'est pas une surprise non plus parce que c'est récurrent au FN. 1986, ils ont un groupe à l'Assemblée nationale quand même, grâce à la proportionnelle. Ils sortent des victoires électorales à Dreux, des bons scores aux Européennes de 1984, et ils se déchirent entre la ligne Stirbois, nationale solidariste, c'était son mouvement d'origine, et la ligne Maigret, libérale identitaire ou libérale païenne.
Il recommence en 1998, des élections régionales formidables où ils prennent en otage la droite en Rhône-Alpes, en Bourgogne, en Picardie, en Franche-Comté, et ils se déchirent à la fin de l'année parce que Maigret ne supporte pas de ne pas être tête de liste aux Européennes de 1999, alors que Jean-Marie Le Pen est empêché par la justice. Ça donne le poupoutch dénoncé par Jean-Marie Le Pen, et Maigret casse le parti en deux, et il ne s'en sortira pas, c'est Jean-Marie Le Pen qui l'emportera. Et encore une fois, 10 millions de voix sur Marine Le Pen au second tour, c'est un échec. Le débat a été une calamité, mais ce n'est pas un désastre non plus, il y a un fonds électoral.
Et ils se déchirent parce qu'ils ont eu un succès sans avoir une victoire. Et un succès sans une victoire au Front National, c'est fatal, ça donne des sécessions et des scissions. Voilà qu'en quelques mois, la tête de fil de la droite du FN, Marion Maréchal Le Pen, et la tête de fil de la gauche du FN, Florian Philippot, sont hors du parti, pour des raisons diverses, des motivations diverses, et que le FN se retrouve rabougri autour d'un chef, une chef, Marine Le Pen, dont tout le monde convient qu'il est maintenant temps de douter de sa capacité à être une vraie présidentielle. Pascal Perrineau, Christophe le rappelait à l'instant, c'est un parti qui a vécu des crises, des divorces.
Ce divorce comptera dans l'histoire du Front National ? Bien sûr, il comptera parce que tout de même, le Front National sort d'une séquence électorale de progression comme il n'en avait jamais connu dans son histoire. C'est une défaite, oui, parce qu'ils n'ont pas atteint, bien sûr, les 50% des suffrages exprimés, mais 33 à 34% des suffrages exprimés au second tour. Presque 11 millions d'électeurs. C'est le double de ce qu'avait fait Jean-Marie Le Pen en 2002, et à l'époque, souvenez-vous, on parlait de tsunami, etc. Donc, il y a une dynamique électorale du Front National extraordinaire.
Et là, tout d'un coup, en effet, une crise extrêmement profonde dans le parti, qui est une crise aussi où la patronne du FN s'en tire, parce qu'elle sait très bien que s'il y a échec, elle y est tout de même pour quelque chose. C'est normal, c'était elle qui était la candidate. En plus de ça, elle a fait ce débat de second tour qui était un débat totalement raté, même les frontistes le reconnaissent. Totalement raté. Donc, elle est pour quelque chose, et sa campagne n'a pas été une campagne extraordinaire. Donc, elle est pour quelque chose dans la défaite. Mais comme souvent, au Front National, c'est la logique du bouc émissaire qui joue.
C'est-à-dire, on va trouver quelqu'un qui, en plus de ça, n'a jamais fait vraiment partie de la famille. Parce que Florian Philippot, contrairement aux autres leaders du Front National, il ne vient pas, j'allais dire, du Front National historique. Tous ceux qui sont là aujourd'hui, et qui comptent dans l'appareil, Nicolas Bay, Florian Philippot, même s'ils ont... Pardon, Louis Alliot, même s'ils ont pu quitter à un moment, c'est le cas de Nicolas Bay, le Front National avec Maigret, ils font partie, ils portent la culture de ce parti. Florian Philippot, il vient de l'extérieur. C'était une conquête. Il venait, au fond, du souverainisme de gauche, du chevénementisme.
Et donc, il n'a jamais été totalement admis dans cette famille. Donc, il a toutes les caractéristiques pour devenir le bouc émissaire de l'échec de 2017. Voilà, on dit, ben voilà, c'est parce qu'il était porteur d'une ligne anti-européenne excessive que nous avons échoué. Le diagnostic est vraiment un peu court, à mon avis. Et la mauvaise campagne de Marine Le Pen est véritablement le facteur majeur. En soit, c'est un événement politique parce que c'était le numéro 2 de ce parti, mais aussi parce qu'il incarnait, on le disait aussi à l'instant, un autre Front National, une autre ligne.
Vous avez tout à fait raison. Et j'insisterai aussi, peut-être, sur les relations personnelles avec Marine Le Pen. Ça a été son conseiller depuis 2009. Ça a été son directeur de campagne. Et elle avait avoué un coup de foudre intellectuel pour lui. Et je ne pense pas que le nid-ni, enfin, ni de droite ni de gauche élargissant, soit complètement de lui. Je pense qu'elle l'avait déjà en tête. Mais il lui a permis d'élargir l'assise du Front National. Et donc, c'est quand même une rupture personnelle, une rupture affective et une rupture aussi stratégique.
Mais moi, ce qui m'avait quand même frappé aussi pendant la campagne électorale, c'est qu'il butait, le Front National, butait quand même sur cette sortie de l'euro. On voyait bien qu'à un moment, ça leur avait permis de dire qu'on est le seul parti à faire une véritable rupture franche avec tous ceux que préconisent les autres. Mais quand on leur demandait comment sortir concrètement de l'euro, comment garantir que le pouvoir d'achat ne va pas baisser, et comment garantir qu'on pourra rembourser nos dettes, il n'arrivait pas à l'exprimer. Donc, cette erreur stratégique, c'est quand même lui qui la porte.
Parce qu'à un moment, elle, elle a essayé, notamment après ses discussions avec Nicolas Dupont-Aignan, de dire « Non, non, on va vers la monnaie commune, on va pas… » Et lui, il se crispait là-dessus. Et on sent bien que stratégiquement, ça a été une impasse pour le Front National. Donc, à la limite, c'est normal qu'aujourd'hui il paye. Et il s'est d'ailleurs mis en faute parce qu'en essayant de faire son mouvement Les Patriotes, alors qu'il était vice-président du Front National en charge de la stratégie, c'était évident que ça ne pouvait pas tenir. Donc, Marine Le Pen l'a mis dehors. Il paye pour l'erreur stratégique de cette sortie de l'euro qui n'a pas pu être faite.
Mais c'est quand même, à mon avis, pour Marine Le Pen, un affaiblissement personnel au sein du parti. Tout cela, Brice Tinturier, se produit à un moment,
on l'a dit, où le Front National est fragilisé, voire en danger. On peut s'interroger sur la réaction de l'opinion des électeurs du Front National face à cette crise. C'est un activateur d'une crise qui a déjà eu lieu en réalité et qui la prolonge. Marine Le Pen, et c'est son paradoxe, Pascal Perrineau le rappelait, a obtenu un score extraordinaire à l'élection présidentielle que jamais le Front National n'avait obtenu et en même temps, elle régresse dans l'opinion. Et ça, c'est l'effet du débat, tout autant que des impasses de la ligne. Du coup, elle a déjà beaucoup régressé dans l'opinion. Elle est à 24% de jugement favorable aujourd'hui.
Elle était à plus de 30% et elle est surtout à 16% chez les sympathisants LR, où elle s'est littéralement effondrée. Et ce qui se produit aujourd'hui ne peut que renforcer le sentiment que cette formation et son leader ne correspondent pas à la situation ni au moment. A fortiori, quand vous avez à droite, justement, une tentative de réorganisation qui se fait plutôt sur le segment le plus à droite, avec une reprise des idées qui pouvaient attirer un certain nombre d'électeurs vers le Front National. Donc, c'est vraiment un moment important, mais il est dans la continuité d'autres éléments.
Et si, justement, c'est grave pour Marine Le Pen, ce n'est pas tant parce qu'elle n'aurait pas voulu incarner la désextrémisation du Front National. Cette ligne, elle a été voulue par le Front National dès 2002. Mais c'est bien, effectivement, Florian Philippot qui, à partir de 2011, l'a incarnée, l'a poussée en plein accord avec Marine Le Pen. Et aujourd'hui, les difficultés de Marine Le Pen et le comportement de Florian Philippot, parce qu'il y a des haines personnelles qu'on voit bien aussi, qui sont là dans la violence des réactions, d'ailleurs, de Denis-Louis Alliot ou d'autres.
Mais tout cela fait que Marine Le Pen pousse et se débarrasse de Florian Philippot tout simplement pour sauver sa peau aussi, parce qu'elle est fragilisée. C'est assez classique dans ce type de parti de préserver une situation quand vous êtes extrêmement fragilisé pour de bonnes et profondes raisons. Le Front National tente aujourd'hui de minimiser l'impact de la démission de Florian Philippot. Ce départ, c'est d'abord l'issue d'une confrontation en interne qui durait depuis des mois avec un parti incapable de se reconstruire. Barbara Steck, Walid Beressoul et Yvan Bastiau.
Écoutez, je n'ai pas le goût du ridicule et je n'ai jamais eu le goût de ne rien faire. Donc, bien sûr, je quitte le Front National.
Ce matin, plus de roses bleues marines à sa boutonnière met une croix de Lorraine symbole du gaullisme. Florian Philippot tourne la page de plus de six ans d'engagement politique au Front National qui perd son porte-parole le plus médiatique.
J'ai vu semaine après semaine, je n'ai peut-être pas voulu le voir tout de suite, c'est vrai, que ça se passait mal. Cette refondation se passait mal et qu'en réalité, elle cachait un retour en arrière terrible. Un retour du Front National. Le Front National rattrapé par ses vieux démons.
Ce départ fait suite à plusieurs mois d'émancipation et de conflits. Point d'orgue hier, Marine Le Pen retire à Florian Philippot son portefeuille de la stratégie et de la communication. Un désaveu, une sanction pour avoir refusé de quitter la tête de son association, les Patriotes. Une boîte à outils lancée au lendemain de l'échec à la présidentielle pour participer, dit-il, à la refondation du FN. Pour Marine Le Pen, cette rupture n'est pas une surprise. Pour autant, la présidente du FN regrette les attaques formulées par son ex-bras droit. Je ne me réjouis pas, encore une fois, du départ de Florian.
Mais je pense qu'encore une fois, quand on a envie d'avoir, quand on a une ambition, quand on a envie d'être à la tête de son propre mouvement, il faut le faire. Mais on n'est pas obligé, pour cela, de tomber dans une critique outrancière et, à mon avis, en partie quand même diffamatoire du mouvement qu'on vient de quitter. le front s'en remettra sans difficulté. Sans difficulté ? Oui, je crois, sans difficulté, car il y a beaucoup de talent. Artisans de la stratégie de dédiabolisation, Florian Philippot, défenseur d'une ligne souverainiste anti-euro, était de plus en plus isolé au sein du parti.
Louis Alliot et Robert Ménard ne cachent pas leur soulagement, presque un plaisir de le voir quitter les rendus FN, et se lâchent sur les réseaux sociaux.
Le FN va enfin connaître l'apaisement face à un extrémiste sectaire, arrogant et vaniteux qui tentait de museler notre liberté de débattre. Bravo Marine Le Pen ! Maintenant,
il ne s'agit pas de faire du Florian Philippot sans Philippot.
Depuis ce matin, Nicolas baie sur tous les plateaux
pour déminer la situation. Le nouvel homme fort du parti tente de minimiser le départ du vice-président.
Bien avant qu'arrive Florian Philippot au Front National, le Front National avait un projet complet et c'était la volonté de Marine Le Pen de donner un maximum de visibilité à tous les aspects de notre projet. Et il n'y a pas du tout de changement de ligne du Front National, mais il y a une réflexion légitime sur tous les aspects de notre action, la ligne, la stratégie, l'organisation.
Officiellement, pas de changement de ligne, mais le parti est en pleine crise idéologique. Depuis la rentrée, c'est retour aux fondamentaux pour le FN, avec ses thèmes de prédilection, immigration et sécurité. C'est la revanche du père. Jean-Marie Le Pen espère bien revenir au premier plan et propose même ses services. Le président d'honneur se verrait bien dans le rôle du médiateur, voire du sauveur.
Je souhaiterais que le comité central, qui n'a pas été réuni depuis des années, soit enfin convoqué. Pas seulement pour mettre sur pied des groupes de travail, mais pour réfléchir ensemble aux échéances et défis à venir.
Je souhaiterais, je réclame. À la première personne du singulier, Jean-Marie Le Pen s'exprime comme un patron de parti. Humilié par sa mise à l'écart, le fondateur du FN compte bien faire oublier les années, Philippot, et participer à la refondation de son parti.
Question SMS. Si le FN a tant progressé ces dernières années, c'est grâce à Florian Philippot. Comment Marine Le Pen peut-elle l'oublier, Christophe Barbier ? Elle ne l'oublie pas, mais elle considère, ou du moins dans son entourage, on l'a convaincu qu'il fallait considérer que Florian Philippot était aussi le responsable de la dernière marche ratée. À cause du débat télévisé d'entre les deux tours manqué, mais aussi à cause de cette stratégie souverainiste, à cause de la sortie de l'euro mise comme un impératif, comme une sorte de principe qui aurait servi de plafond de verre, qui aurait bloqué le transfert vers elle de nombreux électeurs.
Et donc, c'est cela qu'on fait payer à Florian Philippot, au-delà de jalousie personnelle et d'ambition tout autour de Marine Le Pen. Donc, progresser, oui, par l'apport d'une lecture sociale de la vie politique, mais bloquer aussi par une forme d'archaïsme chevènementiste. Voilà ce qu'on reproche du côté des anti-Philippot. Encore une fois, la famille qui a le plus progressé au sein du Front National, c'est quand même la famille identitaire ces derniers temps. Et donc, elle a réclamé les postes, les places qu'elle considère comme étant à la hauteur de sa puissance.
Mais, François Spressoz, c'est vrai, il est en partie responsable de l'échec de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et responsable aussi de ce débat raté ?
C'est lui le possible ? Non, non, je pense qu'il y a deux choses différentes. Je pense qu'il y avait une fragilité sur cette ligne de sortie de l'euro parce que dans les débats, je me souviens très bien à chaque fois qu'on lui posait la question, il n'arrivait pas à expliquer aux Français en quoi la sortie de l'euro allait garantir le pouvoir d'achat et en quoi ça allait leur garantir un avenir meilleur. Et sans arrêt, ils étaient dans l'évocation des Trente Glorieuses alors qu'on est dans une situation radicalement différente. Donc, je pense qu'il y avait une impasse stratégique. Le débat, c'est autre chose.
Le débat, c'est l'effondrement personnel de Marine Le Pen face à un banquier d'affaires qu'elle pensait pouvoir écrabouiller par son, si vous voulez, par une opposition entre l'élite et le peuple et qui finalement la renvoie au fait qu'elle connaît mal ses dossiers et au fait qu'elle est complètement bloquée sur le développement d'un projet qui tienne la route. Donc, il y a deux choses différentes. Il y a Philippe Pau et Le Pen mais ça se rejoint au fond. Elle, elle sauve d'une certaine façon sa peau et elle est maintenant face à un parti sans qu'on sache très bien sur quelle ligne elle peut rebondir.
Et justement, Pascal Perrineau, est-ce que ce départ de Florian Philippe poussé quand même, il faut bien le dire, vers la sortie, c'est l'annonce d'un changement de ligne ? Changement de ligne, non, je ne crois pas. Si vous voulez, on a toujours fait une opposition mais on a trop durci l'opposition entre une ligne qui serait d'un côté souverainiste et sociale, celle de Florian Philippeau et une ligne libérale autoritaire qui serait celle de Marion Maréchal. Quand vous regardez la vie du FN, ce que les électeurs ont en tête, c'est beaucoup plus beaucoup plus nuancé, beaucoup plus compliqué que cela.
Mais on voit bien qu'à la suite de l'échec de la présidentielle et des législatives, l'échec aux législatives a été un échec assez retentissant. Huit députés seulement. Oui, oui, huit députés seulement. On voit bien comment la ligne identitaire, pour parler vite, libérale et autoritaire, retrouve de l'importance. Cependant, cette ligne, aujourd'hui, n'a pas de leader parce qu'elle avait un leader qui était un leader quasi naturel, Marion Maréchal-Le Pen. Marion Maréchal-Le Pen, apparemment, du moins pour l'instant, a d'autres préoccupations que d'animer ce courant libéral-autoritaire.
Donc, il y a un retour sans chef et donc ça donne l'impression un peu d'une régression d'un Front National qui se refondrait en repartant aux origines. C'est-à-dire de revenir un parti préoccupé par trois enjeux, l'identité nationale, l'immigration, l'insécurité. Je veux dire, ça, c'est le Front National des années 80. C'est un Front National qui, ça lui a permis de percer, ça lui a permis d'atteindre au maximum 17% des suffrages exprimés, ce qu'était le score de Jean-Marie Le Pen en 2002.
En revanche, la stratégie qui était une stratégie sociale, souverainiste, ça lui a permis d'élargir énormément, bien au-delà d'ailleurs de la seule droite au plan électoral et ça lui a permis tout de même d'arriver à 10 à 11 millions d'électeurs. Donc ça a été une stratégie quelque part gagnante. Le fait de ne pas passer la barre des 50%, qu'il soit sur la ligne libérale-autoritaire ou sur la ligne sociale-souverainiste, il y a le plafond de verre. Le plafond de verre n'est pas lié à une de ces deux lignes.
C'est lié au fait que le Front National est le Front National et qu'il y a, comment dire, chez les électeurs, une difficulté, quelle que soit la ligne du Front National, à lui confier les clés du pouvoir parce qu'à tort ou à raison, les électeurs considèrent que ce n'est pas un parti de gouvernement. Brice Tinturier. La vraie question, c'est effectivement celle de la capacité à rassembler et donc à élargir. Ce n'est pas tant un changement de ligne, c'est que vous pouvez rester sur vos fondamentaux et c'est ce que le Front National a toujours fait et ce que les électeurs ont toujours compris. Première préoccupation depuis toujours, l'immigration.
En revanche, il faut bien que vous arriviez à capter d'autres électeurs et ça, moi, je crois que c'est l'apport qui a eu le sentiment que ce Front National-là pouvait attirer justement des gens qui n'étaient pas issus, comme le disait Pascal Perrineau, du Front National traditionnel et c'était bien pour le Front National. La désextrémisation, elle n'a jamais été réussie. Les Français ont continué à penser à plus de 60% que c'était un parti extrémiste, dangereux, etc. En revanche, il nous disait de plus en plus qu'il était utile et donc il élargissait son assise et cette capacité à tenir deux sensibilités, c'était la clé du succès.
Donc là, il y a plutôt une rétraction sur ce qu'on appelle les fondamentaux mais qui est en réalité une limitation de la lignée. C'est vrai, Christophe Barbier, alors il était souvent moqué et critiqué pour ça, il était très présent sur les plateaux de télévision, Florian Philippot, il tombait rarement d'ailleurs, nous sommes quelques-uns à l'avoir interviewé autour de cette table, il tombait rarement dans les pièges habituels du Front National d'ailleurs, sur ses questions identitaires, de racisme aussi, il était très loin de tout ça. Ce n'était pas du tout sa culture.
Il n'avait absolument pas cette culture, il venait en effet d'une famille gaulot-chevènementiste donc évidemment, il était aux antipodes de tout cela. Quand il dit d'ailleurs que les vieux démons reviennent, il pense peut-être à ces dérapages-là, notamment les dérapages antisémites, il pense surtout à cette culture groupusculaire de la rente électorale, on fait 10-15 mais on s'en contente parce que ça permet d'avoir des postes et puis de gueuler pour nos combats, il pense surtout à ça.
Et puis il avait aussi une formation d'énarque, c'est quelqu'un qui avait acquis cette culture de gouvernement dans sa formation et de ce côté-là, pas pour le fond, c'est-à-dire des gens qui pensaient pouvoir réunir autour d'eux des élites, des gens bien formés pour accéder aux responsabilités. Et en quittant le Front National, il tire aussi le bilan de son propre échec.
Ce n'est pas tant l'échec d'avoir gagné la présidentielle ou d'avoir gardé la main mise sur le cerveau de Marine Le Pen, c'est l'échec de ne pas avoir attiré à lui des dizaines de petits philippots venus de l'élite française pour former un gouvernement crédible qui fasse penser aux citoyens que si on met ces gens-là au pouvoir, le pays sera tenu. Parce que finalement, au bout du compte, Marine Le Pen ayant réglé le problème des tabous du Front National qui avait créé son père, notamment les dérapages, il lui restait à prouver la crédibilité du programme et de l'équipe.
Ni sur le programme, ni sur l'équipe, elle a réussi à asseoir cette crédibilité, pas plus pour les régionales que pour les élections nationales. – François Stresseuse.
– Une autre chose intéressante à souligner, c'est que la crise, elle tombe à un moment où il y a une interrogation forte sur la pertinence des partis politiques. Et on voit bien, par exemple, que Marion Maréchal Le Pen a décidé de se mettre en retrait du parti avant que Philippot parte parce qu'elle ne se sentait pas à l'aise et en tout cas, elle ne sentait pas qu'elle pouvait progresser dans cet endroit-là. Philippot lui va essayer de lancer son mouvement Les Patriotes. Marine Le Pen, elle fait le pari que la boutique Le Pen, c'est une marque de fabrique qui est exceptionnelle de marques et qu'il faut absolument la travailler.
Donc je pense qu'elle va travailler ses adhérents, elle va essayer de s'imposer à la tête du FN, une nouvelle fois légitimée en évitant de retourner vers le FN de papa, puisque ça, tout de suite, elle l'a marqué en disant pas question, elle va essayer de remarquer. Mais avec le pari qu'un parti politique pour continuer la suite, c'est important et je ne suis pas sûre que sa nièce, par exemple, fasse le même calcul.
Double question, Brice Tintourier, l'avenir du Front National et l'avenir de Florian Philippot, les deux sont liés. Est-ce qu'il va y avoir une hémorragie de militants, d'élus ? On a entendu Sophie Montel qui est une de ses proches. Qu'est-ce qui va se passer ? D'abord, ce qu'on ne dit peut-être pas assez, c'est qu'il y a déjà beaucoup d'élus, notamment d'élus municipaux, d'élus locaux, qui ont été élus sur les listes du FN et qui sont partis. Et on a en réalité une difficulté du FN à sécréter ce qui était un de ses enjeux majeurs, un personnel politique, un peu nouveau et de qualité, derrière lui.
Donc ça, ça ne va pas provoquer une hémorragie, je crois, général tout simplement parce que même si Florian Philippot avait quelques relais dans l'appareil, il était minoritaire dans l'appareil. On l'a vu à chaque congrès ou sur beaucoup de choses. En revanche, ça bloque ce processus qui était un processus encore une fois d'élargissement. Et ça, c'est très important et c'est très grave, je crois, pour le FN. Nous, nous avions travaillé avec une grosse étude qualitative, non pas sur les leviers du vote FN, ça, ça a été beaucoup bien étudié, notamment par Pascal, mais sur les résistances au vote du FN.
Les résistances notamment dans les milieux qui pourraient lui être acquis comme les milieux populaires. Pourquoi je ne vote pas FN ? Pourquoi quand vous avez toute une série de caractéristiques, vous pourriez voter FN et vous ne le faites pas ? C'était très intéressant. Et parmi les freins, on voyait justement ce frein d'un parti perçu comme un peu groupusculaire et n'ayant pas la capacité à faire venir d'autres personnalités, de qualité, avec d'autres profils pour nourrir un programme et une crédibilité de gouvernement. Et cela inquiétait. Et c'est ce travers-là qui est en train d'être réactivé. Donc leurs destins ne sont pas liés.
Le FN va continuer parce qu'il y a une base électorale, il ne va pas s'effondrer, mais il est affaibli, a fortiori, dans un système concurrentiel, parce qu'il faut penser à ce qui se passe aussi à côté, qui ne lui est pas favorable en ce moment. Vous avez non seulement Macron, mais une droite, encore une fois, qui essaye de revenir plus tôt par ce terrain-là, et un Jean-Luc Mélenchon qui, sur le terrain de la radicalité et de la protestation, occupe aussi beaucoup de l'électorat. On va reparler justement du paysage politique, Christophe Barbier ? Si le FN se remet sur une ligne de droite libérale, autoritaire, identitaire, ce n'est pas une bonne nouvelle pour Laurent Wauquiez.
Il va se trouver en confrontation directe et en concurrence. Encore, ce match n'est-il pas terminé ? L'autre interrogation, c'est l'avenir de ceux que Pascal a appelés les gauchos-leupénistes. Ces gens qui, par destination familiale ou par situation sociale, auraient dû voter à gauche, communistes ou socialistes, et ont voté Le Pen. Et longtemps, et de manière enracinée, pourquoi ne sont-ils pas allés vers Mélenchon le 23 avril ? Qu'est-ce qui a manqué à Mélenchon pour décrocher de Marine Le Pen les 400-500 000 voix qui auraient pu lui permettre de passer devant Marine Le Pen ?
Est-ce qu'il va les récupérer aujourd'hui dans son nouveau combat multisocial, je suis l'opposition, où il ne dit plus beaucoup de bien des immigrés, contrairement à 2012, et où il flatte cela ? Quand ce matin, Mélenchon dit « je demande à tous les fâchés qui ne sont pas fâchaux de me rejoindre », il fait une OPA sur la partie philippotienne du Front National. Est-ce que ça marche samedi ? Est-ce que ça marche aux Européennes de 2019, qui est le grand rendez-vous pour Mélenchon et pour l'EFN maintenant ? Ou est-ce que ça marche en 2022 ? Ou est-ce que ça ne marche pas du tout ? Pascal Perrineau, j'insiste quand même sur l'avenir du Front National et sur l'avenir de Marine Le Pen.
On sait bien, depuis d'ailleurs, elle a été absente pendant deux mois, elle est sortie de l'actualité après la présidentielle, elle est revenue discrètement, tout de même, il faut bien le dire, à l'occasion de son discours de Brachet, notamment, et puis d'une ou deux interviews. Est-ce qu'elle reprend vraiment la main sur cette affaire ou est-ce qu'elle perd quand même une carte maîtresse ? Elle a perdu une carte maîtresse. Elle n'est plus le leader incontesté du Front National. Si vous voulez, jusqu'à maintenant, en effet, Marine Le Pen occupait absolument tout le leadership sans être contestée de quelque manière que ce soit. Aujourd'hui, ça n'est plus le cas.
jusqu'au cœur du Front National, il y a des doutes. Il y a des doutes qui s'expriment directement et des doutes qui s'expriment en off. On vous dit, voilà, est-ce que la marque Le Pen est pour l'avenir du Front National une bonne marque ? Et ça, c'est une question tout à fait nouvelle. Les Le Pen, père et fille, jusqu'à maintenant, ont beaucoup servi le Front National. Et il commence à apparaître l'interrogation suivante. Est-ce que la marque Le Pen aujourd'hui ne desserre pas l'avenir du Front National ? Ça, c'est entièrement nouveau. Et d'ailleurs, vous avez vu que dans son discours de Brachet, qui est un discours de rentrée, elle ne s'adresse plus aux électeurs.
Elle s'adresse aux adhérents. Elle s'adresse à l'appareil parce qu'elle sent bien qu'une partie de l'appareil commence à flotter et qu'il faut reprendre cet appareil en main. C'est l'enjeu du prochain congrès en mars 2018 à Lille. Ça peut être anecdotique, mais bon, Louis Alliot, député européen, compagnon, Marine Le Pen, qui ce matin qualifie Florian Philippot qui était encore, il y a 24 heures, numéro 2 du parti, d'extrémiste, de sectaire, d'arrogant et de vaniteux. C'est Françoise Fressot qui fait quand même l'inverse.
Ça, ça reflète ce qu'on disait au début. C'est pas sérieux. Non, c'est pas sérieux, mais je pense que ça reflète ce qu'on disait au début, c'est-à-dire que Philippot a été pour une grande partie du Front National un élément extérieur qui n'a jamais été accepté. Donc, il y avait une haine anti-Philippo au sein du Front National et donc tous ceux qui demandaient sa peau depuis des années, ça y est, ils sont contents. Donc, je pense que c'est ça.
Sur Marine Le Pen, moi, je l'ai vue ce matin, en fait, et ce qui m'a frappée, c'est qu'après cet été complètement flottant où on a vraiment l'impression qu'elle a pris dans la figure, elle était remontée sur son cheval, qu'elle voulait gagner son congrès, que d'une certaine façon... Le congrès, c'est quand ? C'est en mars. Donc, elle va faire, je pense qu'elle ne va faire que de l'interne, c'est-à-dire vers toutes les fédérations pour essayer de se repositionner en leader et d'une certaine façon, elle est aidée par Marion Maréchal Le Pen qui a plutôt pris la tangente et par Philippot qui n'est plus là.
Donc, maintenant, son challenge, c'est essayer de se réimposer à la tête du FN avec la doctrine parce que jusqu'à présent, on disait, tiens, Marine Le Pen, elle suit Philippot. Maintenant, il faut qu'elle dise c'est quoi la ligne Le Pen et est-ce que cette ligne est vraiment majoritaire au sein du FN ?
Ça montre bien l'ampleur, justement, de sa fragilisation parce que si elle en est là, alors qu'elle était il y a encore six mois un leader en pleine expansion, c'est d'une part parce qu'elle a perdu le monopole du populisme qu'elle a incarné pendant très longtemps et qui a été occupée par d'autres et d'autre part parce que son débat, moi je crois que c'est le débat qui a énormément joué, a donné de manière éclatante le sentiment à des pans entiers de Français qu'elle n'était pas au niveau tout simplement et que donc on ne pouvait pas se projeter si l'on partageait un certain nombre de ses idées dans cette incarnation.
Donc elle va bétonner, bunkeriser effectivement l'interne mais ça montre encore une fois sa fragilité et les phrases qu'on a entendues de Nicolas B ou de Louis Alliot rappellent furieusement ce qu'on entendait lors de certains procès stalinien quand vous accusez celui que vous excluez de traître, d'extrémiste, de... Ce qui est quand même tout à fait fascinant et puis l'inversion surtout de la preuve ou de la culpabilité de la preuve. Le poupoutch de Jean-Marie Le Pen lancé à la tête de Bruno Maigret. Marine Le Pen nous a fait croire que le marinisme ça existait.
On s'aperçoit depuis quelques mois que le marinisme c'était l'addition plus ou moins équilibrée de la pensée de Marion Maréchal et de la pensée de Florian Philippot et que Marine Le Pen n'a pas l'air d'avoir un apport personnel très fort à l'idéologie de son propre personnage politique. En plus, ce personnage il a explosé en vol lors du débat télévisé. Qu'est-ce qui fait d'elle une présidentiable alors qu'il y a un congrès délicat idéologiquement à manœuvrer et elle a compris ces derniers temps 2021 il y aura une sorte de vote interne non pas une primaire mais une ratification interne pour la présidentielle 2022.
Ça ne se fera pas simplement parce qu'elle a le nom Le Pen donc elle doit tenir compte aussi de cela à une heure où sa présidentiabilité est vraiment mise en doute. Depuis la création du Front National en 1972 trahison, purge, rupture fracassante, psychodrame ont jalonné l'histoire d'un mouvement tenu par une famille un parti qui n'admet pas l'existence de courants une constance qui a déjà fait de nombreuses victimes. Romain Becker, Christophe Roch. Toute ressemblance avec des faits actuels n'est probablement pas fortuite. En cette fin 1998, l'heure est au règlement de compte violent au Front National.
Face à face, le président du parti Jean-Marie Le Pen et son ambitieux numéro 2 Bruno Maigret.
Le Front National n'appartient à personne. Il appartient aux militants, à tous les militants, quelle que soit leur position dans l'appareil. Il ne s'agit ni d'un putsch, ni d'une opération sédicieuse, mais d'une démarche logique, naturelle et légitime.
Comme Florian Philippot, Bruno Maigret ne s'en cache pas. Il veut le pouvoir et craint que la personnalité et les dérapages de Jean-Marie Le Pen ne l'en éloignent. Le numéro 2 du FN milite même pour des alliances avec d'autres parties de droite. Un crime de lèse-majesté pour le fondateur du FN. Monsieur Maigret nous répète sans arrêt qu'il est avide de puissance, qu'il veut marcher vers le pouvoir et qu'à son avis semble-t-il pour marcher pour le pouvoir, je suppose qu'il faut marcher avec monsieur Pasquois, avec un certain nombre d'autres. Peu adeptes du compromis, Jean-Marie Le Pen exclut Bruno Maigret et ses lieutenants. Le FN est en ruine. Plus de la moitié des cadres quittent le parti.
Mais si le Front National s'en relèvera, Bruno Maigret, lui, tombe peu à peu dans l'anonymat. Début 2011 à Tours, Marine Le Pen succède à son père à la tête du parti et lance l'opération dédiabolisation jusqu'à un nouveau dérapage, celui de trop pour Jean-Marie Le Pen. Ce que j'ai dit correspondait à ma pensée que les chambres à grâces étaient un détail de l'histoire de la guerre à moins d'admettre qu'elle soit la guerre qui soit un détail de les chambres à grâces. Vous maintenez ses propos ? Oui, absolument, je les maintiens. Dans la conquête du pouvoir de Marine Le Pen, son père est devenu un allié encombrant. Chambre !
En 2015, lors du traditionnel défilé du 1er mai du FN, Jean-Marie Le Pen tente de voler la vedette à sa fille en s'invitant sur scène juste avant son discours. Quelques mois plus tard, c'est elle qui l'écarte du parti qui l'avait fondé. Cette fois, le psychodrame du FN est aussi une violente querelle de famille qui se règle par médias interposés. Je pense que c'est une félonie et je dois dire que j'ai honte que la présidente du FN porte mon nom. Et je souhaiterais d'ailleurs qu'elle le perde le plus rapidement possible. Elle peut le faire soit en se mariant avec son concubin, soit peut-être avec M. Philippot ou avec quelqu'un d'autre.
Mais moi, je ne souhaite pas que la présidente du FN s'appelle Le Pen.
J'étais peut-être dans le déni, peut-être qu'effectivement il considère que le FN est sa propriété et qu'il n'est pas question que le FN lui survive ou survit. Ce serait ça le fond de l'affaire. Je le crains.
Plus de 15 ans après le putsch de Bruno Maigret, le départ fracassant de Jean-Marie Le Pen provoque une nouvelle purge. Parmi les militants, comme chez les têtes d'affiches, plusieurs proches du fondateur comme Bruno Golnich sont mis à l'écart d'un parti qui n'a jamais supporté les voix dissidentes. C'était il y a presque 20 ans, 19 ans, on a revu ces images d'archives. Est-ce que la crise actuelle est comparable au putsch manqué de Bruno Maigret ? Il n'y a pas eu de volonté de putsch de la part de Florian Philippot. Florian Philippot n'a pas fait le travail de pénétration de l'appareil qu'avait fait Bruno Maigret. Quand Bruno Maigret part, attendez, il emmène la majorité de l'appareil.
On le voit très bien, Florian Philippot n'emmènera pas du tout la majorité de l'appareil du Front National. Donc il s'agit de quelque chose d'assez différent. Ce qui est en revanche permanent, c'est la très faible culture du débat qu'il y a dans ce type de parti. C'est-à-dire que c'est un parti qui est beaucoup plus encombré que d'autres partis pour organiser ce qui est de plus en plus la vie intérieure des partis, c'est-à-dire un débat plus ou moins démocratique entre sensibilités diverses. Ça, le Front National a un mal fou et il a un mal fou depuis le début, depuis les origines. On l'a vu d'ailleurs, regardez le destin des numéros 2. Il ne fait pas bon être numéro 2 au Front National.
Vous avez deux numéros 2. Vous donnez au futur numéro 2. Voilà, vous avez deux numéros 2 qui ont disparu, M. Stierbois et M. Duprat et vous avez deux numéros 2. On leur a montré la porte de sortie. C'était le cas en effet pour Bruno Maigret et M. Golnich a été, voilà, maintenant est aujourd'hui dans une minorité. On le garde au chaud, mais voilà, il a connu lui aussi une humiliation qui était une humiliation assez forte. Et là, on voit encore un destin d'un numéro 2 qui n'est pas très enviable, c'est-à-dire la seule solution, le débat ne peut pas s'organiser en interne, eh bien, on vous montre la porte de sortie.
C'est vrai, Brice Tintouillé, pour parler un peu familièrement, c'est un drôle de parti. Oui, c'est vrai, c'est quand on voit toutes ces images et qu'on voit ce qui se passe aujourd'hui. Vous avez repassé un moment qui est extraordinaire, celui où Jean-Marie Le Pen dit de sa fille qu'il souhaite qu'elle ne porte pas son nom. Et je trouve que c'est la quintessence de quelque chose qui s'exprime dans le Fonds national qui est cette incapacité à vouloir négocier, à accepter des compromis, à accepter des différences. Et la préférence nationale, ça porte ça en germe. Ça veut dire qu'on ne passe pas des contrats et donc qu'on n'est pas dans une culture du compromis.
Et le fil conducteur, malgré les différences qui ont été soulignées dans les deux crises par Pascal Perrineau à l'instant, le fil conducteur, c'est cela. Et c'est bien ce que relèvent les Français. Que si ce parti est perçu comme extrémiste, moi je ne dis pas de la diabolisation, parce que ce n'est pas le diable et que les Français ne sont pas des enfants qui ont peur du diable. Mais s'il a toujours été perçu comme un parti violent et extrémiste, c'est parce qu'il porte cette forme de violence par le refus du compromis de la négociation et que cela scande l'avis du Front National.
Et ce qu'on a eu aujourd'hui est une scansion supplémentaire par rapport à une histoire qui correspond à quelque chose de très substantiel, je crois, au sein du Front National. Le départ de Florian Philippot annonce-t-il le retour de Jean-Marie Le Pen ? Je souris en posant la question parce que ça paraît fou. Elle fera tout pour l'éviter. Mais il a déjà réagi, évidemment.
Elle fera tout pour l'éviter. Pour Marine Le Pen, c'est le cauchemar, le retour du père. Donc elle fera tout pour l'éviter. Mais on peut avoir, si vous voulez,
du Jean-Marie Le Penisme sans Jean-Marie Le Pen. C'est-à-dire ? C'est-à-dire, si le parti revient aux fondamentaux identités, immigration, insécurité... Moins les dérapages. Voilà. Moins les dérapages. Vous aurez le positionnement politique du parti tel qu'il était dans les années 80 et 90. C'est très important, ça, parce que qu'est-ce qu'on est en train de dire ? Que la force du FN, c'est moins les idées et l'appareil que la marque Le Pen. Bruno Maigret part avec la moitié de l'appareil. Qu'est-ce qui se passe un mois après ? La justice lui interdit de s'appeler Front National, Mouvement National. Il doit s'appeler Mouvement National Républicain. Le FN, c'est les Le Pen.
Six mois après, les Européennes, Le Pen fait un mauvais score, mais Maigret un score encore pire. Le Nouvel Obs titre en une Le Pen, c'est fini, où on voit un dessin où Jean-Marie Le Pen se noie dans de l'eau. Trois ans après, il est au second tour de la présidentielle. Et Maigret ne pèse plus rien. Et Maigret retourne à la vie civile. Donc la force de la marque à travers la force de la famille et de ses personnalités semble à travers l'histoire beaucoup plus puissante que le nombre d'élus, de cadres, de militants ou d'électeurs que vous entraînez. Or, devant nous, nous avons plusieurs années sans élection et un rendez-vous qui est une élection européenne.
Donc on verra, l'ordre de vérité sera à ce moment-là. Mais avoir le nom Le Pen, c'est fondamental. Il y en a deux, Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen.
C'est tout à fait juste. Moi, le paradoxe, c'est ça. C'est 99, on a l'impression que le FN est mort, que Maigret a tout emporté. Et trois ans plus tard, c'est Jean-Marie Le Pen qui accède au deuxième tour de la présidentielle. C'est pour dire aussi que le FN, c'est une boutique qui se nourrit de tout ce qu'il y a autour. C'est-à-dire que si les éléments sont là pour qu'il prospère, il peut prospérer même en restant une petite boutique au départ. Et quand on regarde les grands thèmes qui vont animer les prochaines années, il y a quand même la crise migratoire qui reste quand même un puissant moteur.
Donc elle peut toujours se dire de garder la boutique, de la verrouiller, de garder la marque comme une opposition fondamentale à cette crise, mais enfin à l'arrivée des migrants, ça peut peut-être être porteur politiquement. Je pense que c'est un peu le calcul qu'elle fait aujourd'hui.
Question SMS. L'éviction de Florian Philippot ouvre-t-elle une voie royale à Marion Maréchal-Le Pen ? On s'interroge beaucoup chez les téléspectateurs qui nous regardent ce soir sur l'avenir de Marion Maréchal-Le Pen. Elle revient ? Elle ne revient pas ? Elle reviendra. Mais ça ne suffit pas. Il ne faut pas seulement la chute de Philippot, son adversaire historique qui a dégagé le terrain. Il faut que Marine Le Pen faiblir pour qu'à un moment donné une bonne partie de l'appareil se dise si on veut la force de la marque Le Pen sans les boulets que transporte Marine Le Pen, il faut qu'on aille chercher Marion Maréchal. Et puis il y a aussi un autre acteur là-dedans, c'est Laurent Wauquiez.
Elle a fait un appel d'offres auprès de Laurent Wauquiez, Marion Maréchal-Le Pen. Laurent Wauquiez s'installe dans une ligne droitière où il parle beaucoup d'identité, beaucoup de lutte contre l'islamisation, beaucoup de racines. Et donc il va y avoir une compétition sur un territoire très mince. Et puis il y a un dernier acteur quand même. Si Macron réussit, que le chômage baisse, que tout va mieux, ou si Macron échoue, que la colère sociale est là, que le chômage augmente, ce n'est pas la même donne. – Brice Tinturier, est-ce que ce départ au fond redistribue les cartes non seulement à l'extrême droite mais aussi à droite ?
– Oui, mais là encore, les cartes avaient déjà été rebattues avant. Je pense que dans ce que fait Laurent Wauquiez et a fortiori s'il devient le prochain président des LR, il y a déjà cette idée qu'il faut reconquérir une partie de l'électorat qui est partie vers le Front National. Et encore une fois, les porosités les plus fortes, c'était entre les LR et le Front National. Dans ce qu'on avait vu jusqu'à un certain niveau, c'était là que ça se faisait. Et ces porosités-là, elles ont formidablement, fantastiquement régressé aujourd'hui. Et a fortiori, avec un Laurent Wauquiez qui joue le positionnement qu'il souhaite jouer, ça sera plus difficile pour le Front National.
– Il y a une chose qu'on n'a pas forcément encore dite, c'est Pascal Perrineau, est-ce que cet événement politique, ce départ de Florian Philippot, ce n'est pas au fond une ultime secousse, une ultime réplique de l'élection d'Emmanuel Macron et de cette recomposition totale du paysage politique ? – Oui, on s'aperçoit qu'au-delà, en effet, du caractère très disruptif du phénomène Macron, la disruption atteint tous les appareils. Mais regardez, de la gauche de la gauche à la droite de la droite, en effet, tous les appareils sont en crise, en recomposition.
À la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon affronte le Parti communiste, au Front National ça éclate, le PS n'a plus de cap, les Républicains n'ont plus. Donc on voit bien que la disruption, en effet, se répand dans tous les appareils. C'est-à-dire qu'avant une recomposition, il y a toujours le temps de la décomposition. Et nous sommes en pleine décomposition jusqu'au cœur du Front National. – Robert Ménard a réagi en disant, c'est le maire de Béziers, bien sûr, en disant, en gros, bon débarras, il dit, il était temps, reste maintenant à changer de ligne. Il dit aussi, c'est plus énigmatique, Philippot, c'est un Mélenchon de droite. Qu'est-ce qu'il veut dire en disant ça ?
– Il y a de Mélenchon tout le combat contre la mondialisation capitaliste et l'Europe. Et il y a de droite le fait de vouloir incarner quelque chose de sécuritaire, d'autoritaire, de frontière. Mais je trouve que Mélenchon est plus venu sur le terrain du populisme modèle maritaliste, Marine Le Pen, à travers une manière de s'adresser aux classes populaires beaucoup plus vindicatives qu'avant. Je pense à son discours contre l'Allemagne, son livre, je pense à ses propos sur les immigrés et les migrants cette année par rapport à 2012, plutôt que l'inverse. Maintenant, Ménard, il ne fait pas partie du Front National. – Non.
– Donc, il fait partie de ces satellites qui ont nourri cette guerre picro-colline, qui ont participé aux querelles internes sans venir se mêler de ces affaires-là. – À propos de Jean-Luc Mélenchon, c'est lui qui, aujourd'hui, François Spressoz, occupe vraiment la première place, Marine Le Pen, redevenir la première opposante à Emmanuel Macron. Elle peut déloger Jean-Luc Mélenchon ?
– Ça va être compliqué parce que Mélenchon, il est à la fois implanté à l'Assemblée nationale, il a un groupe, il se fait entendre, on voit bien que depuis l'été, c'est lui qui attire l'attention et elle, elle n'a pas réussi à constituer un groupe et elle a beaucoup de difficultés à exister. Deuxièmement, moi j'ai été très intéressée par l'interview de Mélenchon à Marianne où il essaye de capter sur son nom tout ce qu'il y a d'antilibéral en France. C'est-à-dire qu'il a vraiment fait le combat contre Macron au nom de l'antilibéralisme et au nom de la tradition française qui jamais n'acceptera un Thatcher ou un Blair en France.
Et je pense qu'à partir de là, il peut canaliser une partie de l'électorat déçu de Macron et qu'il peut aller au-delà de ce qu'il incarnait jusqu'à présent. Et Marine Le Pen, elle est déstabilisée parce que quand on l'a interrogée par exemple sur pourquoi vous n'êtes pas dans la rue contre les ordonnances, elle ne sait pas trop répondre, elle dit oui oui on est contre les ordonnances et en même temps il y a une partie du FN qui approuve les ordonnances parce que c'est une libération des avantages des petits patrons. Donc on sent qu'elle est en difficulté sur les sujets d'actualité aujourd'hui.
Alors justement, sans réelle opposition politique, le gouvernement doit faire face surtout à la rue. Deuxième journée de mobilisation contre la réforme du Code du Travail, une participation qui semble en légère baisse d'après les premiers chiffres, tout cela à la veille de la signature des ordonnances par Emmanuel Macron. Myriam Zéard et Julien Lonnais. Comme la semaine dernière, les opposants à la réforme du Code du Travail ont sorti porte-voix et banderoles. Une deuxième manche dans la rue à l'appel de la CGT avec des revendications allant cette fois-ci bien au-delà des ordonnances.
Des prud'hommes à la sèche et jusqu'au régime spéciaux dans le but de mobiliser autant que le 12 septembre dernier. La manifestation avait réuni entre 220 000 et 500 000 personnes en France.
Je suis contre la loi travail. Pour moi, le mission c'est un CDD.
Il faut arrêter
avec leur connerie de leur travail. Pourquoi ? Parce que le plafonnement des indemnités alors qu'ils ne touchent pas aux parachutes dorés, il faut que ça aille dans les deux sens. Retrait ! Retrait ! Retrait des ordonnances ! Des revendications nombreuses et en tête de cortège, un cordon de responsables syndicaux qui, comme pour la première manifestation, doit se passer des représentants des grosses centrales comme FO ou la CFDT. Pour Philippe Martinez, les salariés viendront par eux-mêmes grossir les rangs des manifestants.
On va élargir le nombre de salariés qui se mobilisent dans la rue, mais il n'y a pas que dans la rue, dans les entreprises parce qu'en général c'est là où il y en a le plus des salariés et c'est là qu'il faut faire grève, c'est là qu'il faut faire des assemblées générales et puis on se déploie aussi dans des entreprises où il n'y a pas de syndicat. Les salariés sont intéressés, ils nous appellent d'ailleurs pour venir leur expliquer.
Le patron de la CGT peut en tout cas compter sur la base
des syndicats absents car si leur chef refuse pour l'instant de manifester, certains militants, eux, ont décidé de braver les consignes.
On a un message, vraiment j'ai un message à passer à Laurent, donne-nous ta position rapidement, on sait que tu es déçu mais nous il nous en faut plus quoi, dis-toi que les bases dans les entreprises c'est compliqué pour les délégués, pour les militants d'avoir des questions et de ne pas avoir les réponses.
Un message à Laurent Berger,
le patron de la CFDT qui aujourd'hui se tenait d'ailleurs loin du broix parisien au bureau national de son syndicat dans l'Essonne. Lui qui il y a quelques jours excluait la contestation dans la rue. La CFDT, elle ne répond pas à une convocation d'une autre organisation syndicale. Je le dis, alors c'est pas... C'est juste un problème
de formule ?
Non, c'est aussi parce que c'est aussi une question de stratégie. La CFDT, elle va continuer de se mobiliser, elle est la plus présente aujourd'hui dans les entreprises. Un front syndical morcelé au moment où 53% des Français se disent favorables à la mobilisation contre la réforme du code du travail. C'est plus que lors de la loi El Khomri il y a un peu plus d'un an. Une contestation à laquelle Emmanuel Macron a répondu de New York mardi dans une interview donnée à CNN.
Je crois en démocratie et la démocratie n'est pas dans les routes. Ils votent.
Message reçu par Jean-Luc Mélenchon, lui aussi dans le cortège cet après-midi. Comme un tour de chauffe avant sa manifestation de samedi.
Nous samedi, on fait une manifestation qui s'adresse à tout le monde et ceux qui peuvent se regrouper. Ça serait une belle marche. On va bien,
ça monte dans le pays. Il y a le 23 qui est là. Et puis il y aura d'autres initiatives après. J'ai vu de manière assez positive qu'il y a des fédérations de transport, des organisations syndicales qui appellent à des journées d'action le 27. On a vu que les routiers s'étaient mobilisés. Bon, la température monte et la protestation contre le gouvernement pour le retrait de cette loi est en train de se généraliser dans le pays. Avant le rendez-vous lancé par les Insoumis samedi, le gouvernement doit aussi faire face à une grogne inattendue. Celle des CRS. Faute de droit de grève, plus de 2000 d'entre eux se sont fait porter pâle aujourd'hui pour protester contre une réforme salariale.
Un signal de contestation de plus à la veille de la signature des ordonnances par Emmanuel Macron. On va attendre les chiffres définitifs sur la mobilisation d'aujourd'hui. Mais au fond, Christophe Barbier, est-ce que le vrai test, ce n'est pas samedi, le 23 septembre, la mobilisation de la France Insoumise ? Si on voit bien que la mobilisation purement sociale a du mal à prendre, elle a du mal à coaguler les différentes colères. Les ordonnances passent en Conseil des ministres demain, elles sont au journal officiel lundi et ça rentre en vigueur. Il n'y a plus de débats parlementaires, ce n'est pas la loi travail et le commerie avec une capacité à la bloquer pendant qu'elle est discutée.
Et on ne voit pas des catégories de salariés identifier des points précis qui effondrent leurs droits sociaux. Il y a des difficultés, il y a en effet des droits des salariés qui régressent. Mais on ne voit pas le grand mécontentement national se préoccuper. Avec une réserve, les étudiants. Je ne sais pas ce que vont faire les étudiants lors de la rentrée universitaire, mais ça pourrait être ce ciment que cherchent vainement les manifestants d'aujourd'hui. En revanche, on a une opposition politique samedi. Samedi, c'est Mélenchon appuyé sur les déclarations de Macron, la démocratie n'est pas dans la rue, les fainéants, etc.
Mélenchon qui veut apparaître comme la seule et unique opposition à Macron. D'ailleurs, ça arrange Macron d'avoir une sorte de duopole lui et moi entre Mélenchon et Macron. Il n'y a rien comme dans les années 60, il n'y avait rien entre les communistes et les gaullistes. Ça arrange ces deux factions, l'un au pouvoir, l'autre dans le monopole de l'opposition. Est-ce qu'on aura ça samedi ? Il faut beaucoup de monde et il faut que Mélenchon derrière en fasse un mouvement politique. Le lendemain, il y a les sénatoriales et là, ça ne sera pas bon pour Mélenchon parce qu'il n'a pas une structure de mouvement propice à avoir des élus au sénatorial. – Brice Tampurier.
– Je crois qu'il y a deux différences majeures par rapport à ce qui s'était passé au moment de l'avant-projet de l'Ouel Khomri et de l'Ouel Khomri. Première différence, c'est qu'on avait eu à ce moment-là un face-à-face Martinez contre le pouvoir. Aujourd'hui, on a un face-à-face Mélenchon contre Macron et ça montre bien la difficulté qu'a le mouvement social proprement dit à embrayer. C'est en réalité une faiblesse qui apparaît plutôt du syndicalisme. Deuxième différence et les choses sont liées. La loi El Khomri, c'était la fin du quinquennat de François Hollande. Il avait peu de ressources politiques, une légitimité faible.
Là, on est au début du quinquennat d'Emmanuel Macron et c'est ce qui fait que les oppositions ont aussi du mal à prendre et peut-être, y compris, une opposition politique comme celle de Jean-Luc Mélenchon. – Le Front National, c'est une question SMS, le Front National a-t-il perdu son rôle de porte-voix des mécontents au profit de Jean-Luc Mélenchon ? – Il est en train de le perdre. Il est en train de le perdre et on le voit dans la gêne de la patronne du Front National à descendre dans la rue. On le voit de manière claire.
C'est l'affirmation en effet d'une hostilité à la réforme du Code du travail mais sans que l'on voit la mobilisation du Front National derrière qui, en plus de ça, est tout à ses délices de conflits internes. Donc, il y a bien un véritable problème et on voit comment le Front National, qui avait connu une dynamique électorale phénoménale par une stratégie qui était une stratégie où on allait gagner au peuple. Regardez la poussée dans des régions populaires comme les Hauts-de-France, le Nord de la France, l'Est. C'était là où ça bougeait.
Et ce peuple, c'est un peuple en colère sur des thématiques économiques et sociales, pas uniquement sur le terrain de l'immigration et de l'insécurité, sur des thématiques économiques et sociales. Et bien là, le Front National, tel qu'il évolue, est en train de se fragiliser dans ces milieux. Il est en train de perdre en influence au profit de qui ? Et on l'a vu dès la campagne électorale. Vous savez, je crois que, véritablement, sans la dynamique de dernière période de Jean-Luc Mélenchon au premier tour, où il a atteint presque les 20%, et bien Marine Le Pen aurait été véritablement roue dans roue avec Emmanuel Macron. Elle aurait peut-être été au premier tour devant Emmanuel Macron.
Et la dynamique de Mélenchon qui a beaucoup joué sur ce terrain de « je vais gagner au peuple, j'organise politiquement les fâchés », comme il dit dans son... les gens, comme il dit dans son vocabulaire, et bien ça a coûté 2-3 points à Marine Le Pen. Donc la concurrence entre les deux pour exprimer les protestations populaires, elle a commencé déjà il y a 6 mois. Christophe Barbier disait à l'instant que Jean-Luc Mélenchon était au fond un adversaire idéal pour Emmanuel Macron. Ce n'est pas le cas de Marine Le Pen, ce n'est pas une adversaire...
Je lancerai quand même le propos de mon camarade parce que c'est vrai qu'on ne voit pas une majorité de Français aujourd'hui se mettre derrière Mélenchon pour renverser Macron. Mais je trouve que le travail qu'il fait sur ce que c'est que la nature de Macron, c'est un libéral, un blériste, un tachérien, je trouve que ça empêche, ça place quand même sur la défensive Le Pouvoir qui était parti sur une grande interview. Souvenez-vous d'une interview au point d'Emmanuel Macron, c'était le pari de l'optimisme, le pari du mouvement, le pari de on va changer et le peuple va se... Enfin, on va mobiliser les acteurs sociaux et les citoyens vers une...
Ce discours-là, il a singulièrement baissé de niveau pendant le mois de septembre, d'abord parce que Emmanuel Macron a chuté et parce que je pense qu'il y a ce travail aussi de sable de Mélenchon qui en fait agit sur un ressort qui est très puissant en France qui reste quand même l'antilibéralisme et je trouve que de ce point de vue-là, il gêne quand même Macron plus que ce que pouvait le penser Macron.
Voici maintenant vos questions à SMS et Internet. De quel côté Nicolas Dupont-Aignan va-t-il pencher Florian Philippot ou Marine Le Pen ? Est-ce qu'il peut y avoir un rapprochement ? Oui, Philippot et Dupont-Aignan communiquent depuis longtemps, ils se parlent. Ils ont évidemment des terrains d'accord vis-à-vis de l'Europe même si leurs stratégies ne sont pas exactement les mêmes.
Nicolas Dupont-Aignan considère que son ralliement à Marine Le Pen dans un premier temps lui a coûté très cher, fraction de son propre parti dégringolade dans l'opinion, mais qu'ensuite le fait d'avoir rallié Marine Le Pen a catalysé la crise interne au FN et surtout lui vaut à lui Dupont-Aignan l'arrivée de gens du FN qui se disent tiens une passerelle a été jetée, si on doit quitter le FN c'est peut-être pour aller vers lui. Donc évidemment il va profiter de cet affaiblissement pour dire lui aussi au Philippot-tiens vous n'êtes plus bien chez Marine Le Pen venez chez moi sur ces thématiques de souverainisme gaulliste.
C'est pour ça que Philippot avait aussi la croix de Lorraine c'était pour éviter de se faire vampiriser de ce côté-là. Si les deux arrivent à s'entendre ça a un petit côté l'aveugle et le paralytique quand même. Et c'est pour ça que Marine Le Pen a déjeuné avec
Nicolas Dupont-Aignan hier parce qu'elle a senti le danger. Donc il va se retrouver un peu charnière
dans cet enjeu. Philippot parti quelle va être la position du FN concernant l'euro ? C'est fini ? Ils vont arrêter ? La sortie de l'euro ? La sortie de l'euro, oui. Nicolas Bay disait hors plateau avant la présidentielle la sortie de l'euro c'est notre croix. Il est maintenant l'homme puissant ou l'un des hommes puissants au parti donc on va aménager une renonciation à la sortie de l'euro. Et ça va ça peut convaincre certains électeurs ? Non, moi je crois que ça va rassurer une partie des électorats âgés qui justement voyaient dans la sortie de l'euro quelque chose d'extrêmement inquiétant mais qu'en revanche ça limite encore une fois l'élargissement du Front National.
Parce que ce qu'avait apporté Florian Philippot c'était cela c'était cette capacité à sortir de la stricte chapelle qui joue depuis très longtemps sur trois leviers le déclin le peuple et l'immigration. Et donc on va revenir au déclin au peuple et à l'immigration sauf que le peuple il y en a d'autres qui se sont emparés de la thématique que le déclin les français sont moins déclinistes aujourd'hui qu'il y a 8 mois et que sur l'immigration c'est certes le fondement du Front National mais encore une fois les LR reviennent aussi sur cette thématique. Philippot était le meilleur orateur du FN Marine Le Pen va beaucoup y perdre ne croyez-vous pas ?
On le voyait beaucoup il occupait le terrain médiatique meilleur orateur je ne sais pas mais en tout cas il portait la parole Oui ça n'a pas été un tribun populaire mais il était très adapté j'allais dire au discours à la télévision dans les médias et il faut reconnaître que c'était un des orateurs les plus charpentés du Front National en plus ça on le prenait assez rarement il avait toujours une connaissance technique des dossiers c'est un énarque ça sert un peu à quelque chose du moins à maîtriser des dossiers et il y avait cette culture à laquelle on n'était pas habitué en écoutant des leaders du FN et là aussi il avait fait bouger les lignes il avait fait bouger l'image du parti et son départ au fond c'est le retour aux militants à ceux qui sont porteurs de cette culture militante du Front National depuis les années 70 et sur les médias avec Chenu avec Racheline avec Bay il y a un second rideau qui va pouvoir monter en puissance sur l'occupation du terrain médiatique ça je pense que de ce côté là la nature aura horreur pourquoi Philippot a-t-il cru bon de créer son propre mouvement
je pense qu'il a tout à fait senti qu'il avait perdu la bataille sur l'euro et que je pense qu'il est assez honnête dans ce qu'il croit je pense que depuis qu'il a suivi Chevènement il était sur cette ligne là donc il s'est dit je suis battu là dessus je monte un mouvement pour essayer d'exister de continuer à exister par là et puis le débat
je crois qu'il a été lui-même effondré par la prestation de Marine Le Pen au moment du débat et qu'il s'est dit que jamais il ne parviendrait en réalité à dépasser ce qu'il fallait dépasser pour pouvoir un jour être président il peut disparaître pardon de poser la question un peu brutalement comme Bruno Maigret il part avec disparu du paysage politique quel va être son financement il ne profitera pas du financement officiel des partis politiques donc il faut tenir quand même quelle est sa capacité à présenter des candidats aux prochaines élections faire une liste aux européennes avec les grandes régions c'est beaucoup de monde à trouver et le score au soir des européennes sera son premier test personnel ensuite il y a les municipales il faut en trouver les candidats pour avoir ne serait-ce que 1000 ou 1500 candidats dans les villes qui comptent donc en effet il y a devant lui un Himalaya escaladé il peut disparaître il n'est pas populaire pardon de rajouter juste ça c'est pas quelqu'un qui est enraciné dans l'opinion pas du tout il a un succès effectivement médiatique il donnait une vitrine et une coloration différentes au Front National et elle était importante pour le Front National mais lui-même n'a pas un enracinement fort il n'a pas un club de fans important chez les électeurs chez les français il est contesté y compris dans sa région par ses propres troupes il trouve que justement il est un peu trop dans les médias qui était un peu trop dans les médias parisiens donc il a peu de ressources personnelles y a-t-il des pros Philippot au sein des quelques députés FN élus à l'Assemblée et que vont-ils faire alors ils sont 8 on l'a dit tout à l'heure non lui-même n'est pas député non à part Sophie Montel Sophie Montel qui en effet qui l'a suivi mais qui a déjà été débarqué au conseil régional dont le conjoint vient d'être débarqué à la tête de la fédération le Front National c'est un appareil et en amont ils ont préparé avant les législatives ils ont fait en sorte qu'il y ait le moins de Philippotistes investis et donc parmi les députés ça m'étonnerait qu'il y ait une fuite derrière Philippot Philippot peut-il rejoindre Laurent Wauquiez et sa droite dure ?
Non non la droite de Laurent Wauquiez est tout sauf souverainiste obtuse donc Laurent Wauquiez est dans une bataille de territoire plutôt avec Marion Maréchal Le Pen sur l'identitaire l'enracinement pas sur le côté souverainiste c'est plutôt Dupont-Aignan Mélenchon et Philippot qui vont se disputer ou s'entendre comme Pasqua Seguin-Chevènement avait un territoire commun Marine Le Pen va-t-elle se réconcilier avec son père suite au départ de Florian Philippot vous ne croyez pas Françoise Ressose
je ne crois pas non mais parce que d'abord il y a une marque donc un nom donc ils ne vont pas encore se repartager le nom et deuxièmement je pense que redonner de la puissance à son père c'est retourner vers la vieille boutique c'est fini à ce moment-là elle a perdu la bataille Le FN c'est les Atrides plus Shakespeare
en vie Quelle ligne Marine Le Pen veut-elle développer à l'avenir pour le FN le sait-elle elle-même La question je crois met le doigt sur un élément très réel et très profond C'est moi qui ai rajouté le sait-elle elle-même Mais quelle est réellement la ligne politique de Marine Le Pen pas la ligne politique de Jean-Marie Le Pen de Florian Philippot de Marine Le Pen Le marinisme Voilà Est-ce que ça existe est-ce qu'il y a une ligne intellectuellement fondée qui lui appartient elle a été très en phase en réalité avec Florian Philippot sur cette question de la désextrémisation et de l'élargissement mais on a du mal à cerner ce qui serait véritablement ses leviers propres ses convictions fondamentales à elle et pas ses convictions héritées ou apportées par d'autres Un changement de nom suffirait-il à changer l'image du Front National ?
On a oublié ça c'est vrai ? Ça a été annoncé officiellement ? Oui oui oui C'est annoncé de manière récurrente Le changement de nom Le changement de nom ne suffira pas Si derrière le changement de nom il y a toujours les mêmes têtes toujours le même type de discours etc.
Les électeurs resteront dans cette perception à tort ou à raison qui est une perception négative du Front National comme étant un parti tout à fait susceptible d'organiser la protestation d'être proche des gens d'être le vecteur de certaines de leurs inquiétudes et de leurs colères mais incapable de gouverner que ce soit au plan national ou au plan régional parce qu'il ne faut pas oublier qu'avant de leur dire avant que les français disent au Front National vous ne pouvez pas accéder au pouvoir national ils avaient dit la même chose dans les régions et dans les départements donc le signal est un signal fort et là on sent bien que le Front National est très désarçonné Et sur la sécurité et l'immigration il reste quand même en capacité de porter quelque chose Or ces thèmes sont sous le boisson en ce moment parce qu'on ne parle que d'économique et sociale il ne faudrait pas grand chose dans l'actualité pour qu'au printemps prochain avec un débat sur la PMA des problèmes d'immigration de sécurité ce fonds idéologique ultra-droitier reviennent sur le devant de la scène En lui retirant cette délégation c'était hier soir Marine Le Pen savait très bien que Florian Philippot démissionnerait pourquoi tant d'hypocrisie
à passer de la vie des partis Ça c'est le jeu politique et dans la séquence ce qui était important pour elle c'est de ne pas paraître trop violente et finalement de lui laisser la responsabilité d'avoir créé ce mouvement et de s'être mis hors jeu en fait
Beaucoup de questions sur Marion Maréchal Le Pen celle-ci pourrait-elle revenir en politique après le départ de Florian Philippot ?
Pas maintenant Elle entame une carrière dans le privé elle a pris du retrait mais elle fait de la politique par les voies détournées Je pense qu'elle n'a pas perdu ses objectifs Son appel quand même dans Valeurs Actuelles juste après son retrait vers Laurent Wauquiez vers une certaine droite montrait bien qu'elle rêve quand même d'une reconstitution ou d'une constitution d'une grande droite nationale pour battre la majorité sociale-démocrate Elle porte ça encore donc ça reviendra à ça Et elle est très jeune C'est une chose qu'on n'a pas dit d'ailleurs sur Florian Philippot aux 35 ans Il a le temps de partir de revenir de disparaître de réapparaître Mais pour Marion Maréchal Le Pen il faut bien aussi prendre conscience qu'elle a vu les conflits dans la famille Le Pen et qu'elle n'a peut-être pas envie de redonner dans ce type de conflit redoutable parce que imposer sa ligne politique ça veut dire rentrer en conflit avec sa tante pour le leadership du Front National De ce côté-là il y a un événement qui dans les années qui viennent va advenir c'est la mort de Jean-Marie Lopez Il est en 1928 il va avoir 90 ans il peut vivre 120 ans mais c'est peu probable donc ça ça sera un moment très important Le départ de Florian Philippot risque-t-il d'amplifier le grand bouleversement politique à droite ou est-ce que ça n'a pas d'impact ?
C'est un élément parmi d'autres mais ce qui est très intéressant aussi c'est de savoir ce qui va se passer chez les républicains c'est-à-dire est-ce que Wauquiez prend la tête d'un parti complètement rétréci ou est-ce qu'il arrive à faire grossir son assise justement parce que le Front National est en difficulté
D'un mot l'appel de Jean-Luc Mélenchon fait aux électeurs du FN pourrait-il être entendu ? Oui bien sûr mais est-ce que c'est 15 000 personnes ou 600 000 personnes ?
La réponse est chez Pascal et chez Ebris dans les études Majoritairement ce n'est pas le même électorat ce ne sont pas les mêmes valeurs ce ne sont pas les mêmes leviers alors il y a des passerelles sur un segment mais la majeure n'est quand même pas commune entre l'électorat de Mélenchon et l'électorat Il faut savoir qu'au second tour 19% des électeurs de Mélenchon avaient choisi Marine Le Pen et il n'a pas donné consigne de vote au soir du premier tour c'était déjà un signe Merci beaucoup à tous les quatre merci à l'équipe qui a préparé cette émission Dans un instant Anne-Elisabeth Lemoyne pour C'est à vous Ce soir la redif est à 22h20 une très bonne soirée sur France 5
Florian Philippot