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InterviewRadio France (sur Site radio)· 9 juin 2026 6 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSécurité

"Demander de traiter 70.000 plaintes en un mois, c'est indécent" réagit le Syndicat de la magistrature en Normandie

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Ce drame de l'affaire Liana qui crée une onde de choc en France, ce drame aurait-il pu être évité ?

  • 0:45RelanceRéponse directe

    Quand vous avez entendu le président de la République dire que ce n'était pas une question de moyens, vous en avez pensé quoi ?

  • 1:31FerméeRéponse directe

    Il y a eu des recrutements de magistrats ces dernières années ? Est-ce qu'ils sont suffisants ?

  • 3:28OuverteRéponse directe

    Quand l'accent est mis sur ces violences et que Gérald Darmanin annonce la revue de 70 000 plaintes d'ici le 14 juillet, concrètement, c'est faisable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:36Invité politiqueFait
    « Alors, en l'état actuel, des moyens qui sont donnés à la police judiciaire, aux gendarmeries et à la justice elle-même, non. »
  • 1:48Invité politiqueChiffre
    « on a quatre fois moins de magistrats du parquet pour 100 000 habitants et deux ou trois fois moins de juges du siège nécessaires. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Ça fait des années que sont réclamés effectivement des renforts de moyens humains, de moyens humains aussi, pas seulement des magistrats, mais de l'équipe autour du magistrat qui est à 1,2 pour 100 000 habitants à l'heure actuelle »
  • 2:36Invité politiqueChiffre
    « Pour répondre plus précisément à votre question, effectivement, il a été annoncé sur une période de 2024 à 2027 une création de 1 500 postes de magistrats »
  • 2:54Invité politiqueChiffre
    « C'est absolument pas suffisant, d'autant que la balance des départs à la retraite fait qu'en réalité, il n'y a que 1 000 magistrats supplémentaires à la fin de la période. »
  • 3:41Invité politiqueFait
    « Comment est-ce qu'on peut imaginer que 4 000 procureurs, sachant qu'évidemment, il n'y a pas que les violences sexuelles et sexistes dans leurs fonctions, peuvent passer en revue 70 000 plaintes en un mois ? »
  • 4:11Invité politiqueFait
    « Cette solution, cette pensée magique, elle dénote tout simplement un manque de vision depuis des années de ces gouvernements qui se succèdent avec exactement la même considération pour la justice. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Les lois sans moyens, on en a eu des dizaines. »

Temps de parole

  • Invité politique76 %
  • Présentateur19 %
  • Présentateur 25 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On m'en dit, le réveil 100% local, ici matin. On nous en a parlé dans l'info d'ici à 7h30, les rassemblements partout en France et dans la région autour de l'affaire Liana, petite fille de 11 ans tuée dans le Gers. Le suspect a été visé par 6 plaintes, 2 signalements et 1 sanction disciplinaire. Ce drame aurait-il pu être évité ? C'est la question qu'on se pose ce matin. On en parle avec notre invitée Nelouane Lejeune. Lucie Robin, le sage, déléguée régionale adjointe du syndicat de la magistrature et juge au tribunal judiciaire de Caen. Bonjour. Bonjour. Ce drame de l'affaire Liana qui crée une onde de choc en France, ce drame aurait-il pu être évité ?

0:36
Invité politique

Alors, en l'état actuel, des moyens qui sont donnés à la police judiciaire, aux gendarmeries et à la justice elle-même, non.

0:45
Présentateur

Alors, quand vous avez entendu le président de la République, Emmanuel Macron, dire au lendemain de la découverte du corps de Liana que ce n'était pas une question de moyens, vous en avez pensé quoi ?

0:56
Invité politique

Annoncer d'entrée de jeu qu'on refuse d'entendre la question des moyens alors que c'est ce que les organisations syndicales, les services eux-mêmes, les services eux-mêmes, le terrain, donc les dialogues sociaux et également les associations de terrain de victimes et aussi les associations féministes et celles qui s'occupent des droits des enfants depuis des décennies. C'est extrêmement décevant parce que ça donne à voir le responsable de l'indépendance d'une justice qui refuse délibérément de voir la réalité en face.

1:31
Présentateur

Il y a eu des recrutements de magistrats ces dernières années ? Absolument. Est-ce qu'ils sont suffisants ?

1:36
Invité politique

Pas du tout. Quand on compare, on a pu entendre les chiffres sur divers médias, des spécialistes sont présentés pour donner à voir que, par exemple, par rapport à la moyenne européenne, on a quatre fois moins de magistrats du parquet pour 100 000 habitants et deux ou trois fois moins de juges du siège nécessaires. Ça fait des années que sont réclamés effectivement des renforts de moyens humains, de moyens humains aussi, pas seulement des magistrats, mais de l'équipe autour du magistrat qui est à 1,2 pour 100 000 habitants à l'heure actuelle, alors que la moyenne des pays européens, donc c'est plutôt une dizaine de personnel autour des magistrats pour prendre les décisions.

Plus donc les réformes qui ont été faites dans la police judiciaire pour réorganiser en fait la hiérarchie et qui a en quelque sorte atomisé l'organisation et l'indépendance de la police judiciaire telle qu'elle existait auparavant. Pour répondre plus précisément à votre question, effectivement, il a été annoncé sur une période de 2024 à 2027 une création de 1 500 postes de magistrats, pour ne parler que des magistrats, parce qu'il a été aussi abondé. Ça, c'est pas suffisant. C'est absolument pas suffisant, d'autant que la balance des départs à la retraite fait qu'en réalité, il n'y a que 1 000 magistrats supplémentaires à la fin de la période.

Sachant que toutes les juridictions sont en sous-effectif, c'est un travail à flux constant, c'est épuisant et les piles s'entassent aussi bien sur les bureaux des magistrats, notamment du parquet, que sur ceux des enquêteurs.

3:21
Présentateur

Avec nous ce matin, Lucie Robin, le sage délégué régional adjointe du syndicat de la magistrature juge au tribunal judiciaire de Caen. Alors, quand l'accent est mis aujourd'hui sur toutes ces violences et que Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, annonce la revue de 70 000 plaintes d'ici le 14 juillet concernant des mineurs, concrètement, c'est faisable ?

3:41
Invité politique

Mon collègue a eu cette formule hier, c'est une blague. Comment est-ce qu'on peut imaginer que 4 000 procureurs, sachant qu'évidemment, il n'y a pas que les violences sexuelles et sexistes dans leurs fonctions, peuvent passer en revue 70 000 plaintes en un mois ? Qui peut faire ça ? Et qu'est-ce qu'on fait des nouvelles plaintes et des nouvelles affaires pendant ce temps-là ? On les met à la file ? C'est indécent. Cette solution, cette pensée magique, elle dénote tout simplement un manque de vision depuis des années de ces gouvernements qui se succèdent avec exactement la même considération pour la justice.

Je rappelle que l'IANA, on lui doit justice, que toutes les victimes, on leur doit justice, tous les citoyens, on leur doit justice. Ce n'est pas juste qu'on va ponctuellement faire un procès exemplaire qui va passer dans la presse, etc. Non, chaque dossier doit être traité. Et est-ce qu'on doit faire une nouvelle loi, comme c'est réclamé par certains ? Les lois sans moyens, on en a eu des dizaines. C'est toujours bien de se réformer, c'est toujours bien d'améliorer les process, c'est toujours bien de se moderniser.

On a pu voir quand même ces dix dernières années une amélioration des traitements sur la qualité des procédures, sauf que sans moyens, ces procédures ne sont pas de qualité puisque tous les actes ne sont pas faits. Sans expert, on ne peut pas procéder à tous les actes qu'on veut faire. Sans temps matériel, sans temps d'enquêteur, sans temps de magistrat, on ne peut pas se pencher sur les dossiers puisque là, en gros, l'injonction qui nous est faite à moyen constant, c'est d'aller plus vite. Plus vite que quoi ? Puisqu'on ne peut pas traiter magiquement tout à coup les procédures qui s'entassent depuis des mois, des années, dans nos bureaux. Voire dans... Enfin voilà, c'est impossible.

5:54
Présentateur

Merci beaucoup Lucie Robin-Le Sage. On l'a bien compris, une question de moyens pour résoudre tout ce qui se passe aujourd'hui. Le problème notamment de l'affaire Liana. Magistrate à Caen, Lucie Robin-Le Sage, déléguée régionale adjointe du syndicat de la magistrature. Merci d'avoir été notre invitée sur ICI Normandie.

6:12
Invité politique

Merci à vous.