Que reste-t-il des 35 heures ?
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Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
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- 8:30ÉricFait
« Les petites entreprises de service ont eu beaucoup plus de mal à se réorganiser. »
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[musique] Bonjour à tous et bienvenue dans notre droit de suite consacrée [musique] au bilan des 35 heures. En 1997, le premier ministre d'alors Lionel Jospin, y voit une grande réforme sociale portée [musique] par Martin Aubri, sa ministre du travail. Oui, mais voilà.
Aujourd'hui, les Français travaillent en moyenne 38 heures par semaine et les lois n'ont eu de cesse de contourner ce texte par souci de compétitivité ou de pouvoir d'achat. Nous voici aujourd'hui à la bourse [musique] du travail au lieu du combat syndical et je reçois d'endroit de suite des acteurs et des observateurs de ce texte. Retour d'abord sur ces lois Aubri 1 et Ombri 2 qui instaurent à l'époque les 35 heures comme durée légale du travail Cécile Sixou.
C'était au programme de François Mitteran en 1981. C'est finalement Lionel Jospin qui dès son arrivée à Matignon en 1997 lance le chantier des 35h. Dans un contexte de chômage massif, le socialiste compte créer de l'emploi par un meilleur partage du travail en passant de 39 à 35h.
Il espère alors créer entre 700000 et 1 million d'emplois. Il charge Martin Aubri, sa ministre du travail d'alors de porter la loi. Martin était pas très pour en fait, je me souviens, elle avait été un congrès de la CFDT comme Martin est arrivé, je sais ce que vous allez me dire, demander et cetera mais moi je suis pas très pour et cetera.
Bon bref, toujours est-il que en bon soldat, elle a quand même fait le elle fait le job. Martine Arive a présenté deux lois. La première votée en 1998 fixe le calendrier de la réforme.
La seconde votée en 1999 rend obligatoire les 35 heures. Dès l'année 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, dès 2002 pour les autres plus petites. Au parlement, la droite ne croit pas au bienfait de cette loi.
Non, madame le ministre, ce ne sont pas les lois, les règlements qui créent des emplois. Ce sont les entreprises qui seuls en ont la capacité. Une fois appliqué, la loi crée des emplois mais pas autant qu'espérer.
Selon l'INC, 350000 emplois ont été créés entre 1998 et 2002. Côté entreprise, la réduction du temps de travail s'est accompagné d'une baisse des charges. Certaines, les grosses sociétés se sont adaptées sans difficulté.
Pour les plus petites, en revanche, le bilan est plutôt négatif. Les Français enfin découvrent les fameuses RTT pour réduction du temps de travail et profitent des temps de loisirs. Ça représente enfin selon les secteurs, bah 15 17 jours de congé supplémentaire, ce qui est appréciable forcément.
Qu'est-ce que vous en faites de vos jours de congé généralement ? Bah généralement on part en congé avec nos enfants. En 25 ans, aucun gouvernement n'a jamais abrogé la loi, même si la droite s'est toujours montré contre.
Très bien. La gauche a voté les 35 heures imposées par tout et pour tous de la même façon, créant notamment un carcan. Un carcan dont aujourd'hui le monde du travail souhaite pouvoir sortir.
Une fois au pouvoir, la droite l'assouplit à coup de décret et de lois dérogatoire. Aujourd'hui encore, les LR propose de changer la loi aujourd'hui. Alors B Bruno Rota dit, il faudra passer à 36h.
Si un jour un gouvernement de droite arrive à à déboulonner les 35 he ça sera un totem que la droite pourra pourra agiter. Pas sûr que les Français apprécient, ils restent très attachés à cette mesure emblématique qui a changé leur rapport au travail. Et d'endroit de suite pour nous guider sur ce bilan des 35 heures, j'accueille Éric, économiste et directeur du département analyse et prédiction à l'OFCE.
Bonjour Éric. Bonjour. L'idée initiale de cette réforme, c'était de partager le travail et lutter contre le chômage.
À cet égard, cette loi a-t-elle été réussie ? Il y a pas eu une réduction du temps de travail aussi forte qu'anticipée. C'est pas vraiment été 39h euh passage à 35h.
Quand on voit dans les statistiques, il y a plutôt une baisse de 2h donc de 5 % pas de 11 % euh comme le 39 35 aurait pu l'indiquer. Et puis il faut pas oublier que était attaché à cette réduction de temps de travail des baisses de cotisation et c'est aussi ces baisses de cotisation qui ont permis de créer 350000 emplois. Donc vous voyez, c'est qu'une petite partie euh qui a été permis par cette réduction du temps de travail.
Euh si on devait analyser les grands gagnants euh et les perdants de cette réforme des 35 heur grands gagnants, vous diriez qui ailler ? Alors, du côté des entreprises, les grandes entreprises notamment industrielles, parce qu'elles ont gagné de la flexibilité, c'est-à-dire qu'elles ont eu l'annualisation du temps de travail, elles ont eu euh en en gros globalement aussi des gels de salaires pendant un certain nombre de euh d'années, 18 mois et euh par ailleurs, elles ont pu faire travailler un peu plus leurs équipements. En revanche, les petites entreprises de service ont eu beaucoup plus de mal à se réorganiser chez les salariés. cette loi était plutôt pour les salariés du bas de la distribution.
On voit que eux les salariés du bas de la distribution ont perdu les heures supplémentaires et les gagnants peut-être les cadres parce qu'ils ont gagné effectivement en jour de RTT mais on leur a demandé quand même de faire le même travail dans un temps plus finalement réduit et donc il y a une intensification du travail chez les cadres. Il y a eu pas mal d'écueil hein. Rapidement, on a assoupli le dispositif d'ailleurs.
C'est venu assez vite. Oui. Alors, dans un premier temps, ce qu'il faut ce qu'il faut dire, c'est que les 35 heur c'est un terme très générique mais tout le monde n'est pas à 35h.
Ce qu'on a fait au moment des lois Aubris, c'est qu'on a permis d'annualiser le temps de travail. Donc les heures supplémentaires commençai à la 1608 he vous ne deviez plus 35 he hebdomadaires à votre entreprise mais 1607 he dans l'année et les heures supplémentaires commençaient après. Et donc là les entreprises ont gagné parce que elles pouvaient vous faire travailler 42 heures une semaine sans vous payer des heures supplémentaires à partir du moment où vous étiez en dessous des 1607.
Bon, ensuite quand la droite revient au pouvoir en 2003 là déjà Fillon et ben permet aux entreprises qui ne souhaitent pas passer à 35h d'avoir le contingent d'heures supplémentaire nécessaire pour maintenir son salarié à 39h. Donc on avait légalement le droit de faire travailler 39 heures par semaine sans salarié. Alors certes, il y avait une surmajoration des heures supplémentaires, mais là aussi François Fillon, ministre du travail, les a passé de 25 à 10 % et puisqu'il touchait des aides de l'autre côté, globalement c'était un coût inchangé pour les entreprises.
Finalement, qu'est-ce qu'il reste aujourd'hui de ce texte initial ? Pensé, on l'évoquait par Lionel Jospin comme la grande réforme sociale des années 2000. Ah, peut-être que si on se compare aux autres pays, on on voit que tout le monde a réduit son temps de travail dans tous les pays et même au cours de cette période-là, depuis les années 2000, c'est plutôt l'Allemagne ou les Pays-Bas qui ont plus réduit le temps de travail que la France.
Vous voyez, c'est pas une idée originale, sauf que nous, on l'a fait par la durée légale. C'est-à-dire qu'on a fait un choc pour toutes les entreprises au même moment, pour tous les salariés au même moment. Dans les autres pays, ils ont réduit le temps de travail non pas par la durée légale mais par l'incitation au temps partiel.
Alors, justement, en contrat, ça ce qui s'est fait dans les pays européens, on craignait à l'époque euh que cette loi ne favorise loisiveté. Chez les Français, qu'en est-il pour vous finalement ? Ce rapport au travail justement, la valeur travail ?
La valeur travail est restée encore très élevée en France. C'estàd si on pose des questions au français où est-ce que tu mets la valeur de travail pour toi, pour tes enfants dans dans l'éducation de tes enfants, on est au-dessus de tous les pays européens. En revanche, aux question "Est-ce que tu t'épanouis au travail ?
Est-ce que tu te sens bien au travail Là, on est quasiment dernier. L'épanouissement au travail a fortement chuté et puis il y a quand même l'institution qui a payé le coût le plus fort de ces 35 heures, c'est l'hôpital. Alors ça on peut pas illuder le sujet et on va y venir dans notre reportage.
Ça c'est la grosse lacune de ces 35 heures sans doute. Éric Oui. Alors c'est ce qui est très étonnant c'est que lorsque Martin Aubri et ça a été rappelé dans votre reportage prend l'idée des 35 heur elle a bien conscience que ça va mettre du temps et que ça va être un choc très dur pour les entreprises.
Donc elle laisse jusqu'à 2000 et 2002 pour les petites entreprises. pour la fonction publique, aucune anticipation. C'est-à-dire que c'est arrivé en 2000 comme pour tout le monde et ça ça a désorganisé notamment les hôpitaux.
On n pas réfléchi à la création d'emplois, on n' pas réfléchi à à aux réorganisations possibles. Donc ça c'était vraiment le drame. Ça a coûté cher à ces finances publiques et notamment à la fonction publique hospitalière.
Merci beaucoup Éric. Merci de cet éclairage comme économiste. Alors que 25 ans après, l'hôpital gère toujours ce sujet du temps de travail pour ses différents salariés, pour ses médecin, pour tous les professionnels paramédicaux, les aides soignants, les infirmiers.
Cécile SSU est allé pour droit de suite enquêter au CHE de Dijon. [musique] À l'hôpital de Dijon, les internes peuvent enfin compter leurs heures. Depuis novembre 2025, Louis, apprenti neurologue a la possibilité de rentrer sur un logiciel son temps de travail et déclarer ses heures supplémentaires.
Si je me mets sur le le mardi 14 avril, j'ai une possibilité hop en type d'activité dépassement horaire interne et puis de mettre l'heure de début et l'ors de fin. Mais jusqu'à présent, cet interne en médecine ne l'a pas fait. Je suis conscient que ce serait bien de les reporter juste pour avoir un ordre d'idée.
Même moi en fait, je serais pas dire quel est mon temps de travail réel. En théorie, les 35 heures s'appliquent à l'ensemble des personnels. En réalité, comme practicien hospitalier, Louis est au 48 he par semaine.
Mais entre les gardes, les astreintes de weekend, en plus du travail quotidien, il dépasse amplement les horaires légaux. C'est compliqué de rester dans les clous de la loi dans tous les cas en respectant son taux horaire et les les ce qui est imposé par la pratique réelle et puis le le service. C'est vraiment propre à chacun.
Il y a des personnes qui sont capables passionnées mais même plus que moi de de ne pas compter puis de de brisser vraiment je sais pas 80 90 heures par semaine sans que ce soit une plainte et puis d'autres personnes pour qui ce sera beaucoup plus dur. Si Louis accepte les contraintes liées à sa mission, beaucoup de jeunes médecins à Dijon le vivent mal et ne veulent plus travailler excessivement. C'est le cas de Mélanie, interne en radiologie et représentante syndicale.
Elle s'est battue pour que le CHU de Dijon respecte les horaires de travail des jeunes médecins. Ça soit le burnout, la dépression, les idées suicidaires, on s'est rendu compte que c'était vraiment pas normal. Et ce que l'ensemble des internes nous dit, c'est le temps de travail.
Ils travaillent beaucoup trop et ils ont pas le temps de se reposer derrière. Les chirurgiens passent énormément de temps au bloc opératoire, ensuite dans le service et en fait leur vie se passe à l'hôpital. Pour la direction de l'hôpital qui a bien voulu signer cet accord inédit, l'enjeu, c'est surtout l'attractivité du secteur hospitalier qui souffre de plus en plus d'une crise d'évocation. forcé de constater que dans un environnement contraint où la ressource médicale est de plus en plus rare, on se doit aussi d'adapter nos pratiques et nos organisations.
Et donc la jeune génération et à travers ce collectif de représentants des internes, effectivement nous avons entendu ce besoin. Dans le paramédical aussi, attirer du personnel est devenu difficile. Les infirmiers et aides soignants sont soumis aux 35h et il faut assurer une présence h24 7 jours sur 7.
Je viens surveiller les constantes sur la transfusion qu'on vient de nous poser. Ouais. L'hôpital de Dijon s'est adapté et propose de plus en plus aux paramédicaux d'assurer des journées de 12h tr fois par semaine au lieu de 7h30 5 fois par semaine.
C'est le choix qu'a fait il y a 3 ans Anaïs infirmière. Au niveau personnel, je trouve qu'en fait on est quand même plus présent à la maison. Pareil, je trouve que pour le suivi des patients, c'est énormément important.
On arrive à les suivre sur 12h et un manque d'information peut se faire sur des changements d'équipe en 7h. Des avantages pour les salariés mais un casse-tête pour les cadres qui font les plannings. Tous les jours, je dois avoir un agent de nuit, deux agents de jour et la la personne qui est en bleu, c'est celle qui fait du 9 17.
Il faut se dire en moyenne que travailler en 12h, c'est 40 jours de moins de présence en poste sur une année par rapport à quelqu'un qui travaille dans 7h30. Donc c'est quand même pas négligeable de se dire que 40 jours, je viens pas au travail. La gestion des rythmes de travail, [musique] un enjeu majeur pour le secteur hospitalier qui manque de bras et un défi à venir alors que les jeunes générations de soignants [musique] réclament un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée.
Et j'accueille dans notre droit de suite deux observatrices qui furent aussi actrices prenantes de ce sujet, pensante évidemment la sénatrice républicain d'Iser. Bonjour Frédéric Puissard. Bonjour et merci également à vous Maris d'être avec nous dans ce haut lieu du combat syndical qu'avec la CGT vous connaissez bien absolument 1997 pendant ces réflexions sur les 35 heur vous étiez aussi absolument on a fait beaucoup de réunions ici.
Oui oui. De réunions de militant. On sort de la réflexion sur la désorganisation à l'hôpital.
Comment se fait-il qu'une loi de société si importante a été si mal pensée qu'elle ait à ce point occulté le problème de la fonction publique ? du avant qu' la loi des 35 he on n'arrivrivait déjà pas à respecter la durée du travail des salariés et il est vrai qu'à partir du moment où les moyens n'ont pas été mis les moyens en emploi, les moyens budgétaires n'ont pas été mis pour que les 35 heur puissent se réaliser dans de bonnes conditions, en fait on a dit au salariés, vous travaillez toujours pareil, on met vos heures supplémentaires sur un compte épargnotaant, on vous les rendra plus tard, mais comme il y a pas les emplois, on peut jamais les rendre et ça donne des conditions de travail épouvantables d'endroit suite Madame la sénatrice, on regarde comment les parlementaires dont vous êtes justement évaluent la loi. Quel bilan vous en feriez-vous comme parlementaire, comme femme, comme citoyenne ?
Ce qu'on peut dire sur ces 35 heures, et c'est peut-être ça la vraie difficulté des 35 heures, c'est que ça n'a pas véritablement donné lieu à une négociation à un accord national entre les organisations patronales et syndicales. Ces 35 heures ont été subis, ont été imposés à des entreprises qui sont quand même très différentes et à des branches qui sont très différentes. Et sans doute la flexibilité qu'on aurait besoin de trouver dans une petite entreprise, dans une grotte entreprise qu'on ne trou pas un vrai écueil de ces 35 heures au terme de ces années de fonctionnement. pas de négociation mais donc une réflexion sur les écueils sur les difficultés imposées par cette loi avec des lois successives qui ont finalement vidé substance la philosophie dans les grandes lignes est restée mais Maris Duma là pour le coup le législateur a a adapté adapté cette loi à la société je pense qu'il faut se rappeler que avant la loi des 35 heures de 1998 et 2000 puisqu'il y en a eu deux euh il y a eu des accords nationaux interprofessionnels visant à la réduction de la durée du travail qui n'ont eu aucun effet dans la vie concrète parce qu'en fait le patronat était complètement hostile à toute idée de réduction de la durée du travail.
Donc au fond la loi même si elle n'a pas été négociée, elle était le seul moyen d'impulser une réduction de la durée du travail. Deuxième aspect, il y a eu deux lois. la première ouvrée à des négociations dans les entreprises et c'est là qu'il y a eu mais il y a eu des milliers d'accords d'entreprise pour mettre en œuvre cette première loi.
Deuxè loi par contre a a été une loi ballée par rapport à ces négociations et celle-là alléger les cotisations patronales à une seule condition qu'il y ait un accord 35 he autre point la durée du travail c'est la durée légale ce n'est pas la durée effective c'està-dire qu'on a toujours même avec une durée légale à 35 he on peut toujours travailler plus longtemps simplement on est payé en heure supplémentaire dès la 36e heure et la façon dont on été détricoté les 35 cœur par les gouvernements notamment les gouvernements de de droite après ça a été justement de jouer sur cette question des heures supplémentaires et sur les heures supplémentaires. Je vais ajouter juste si je peux euh en particulier Nicolas Sarkozi avait fait toute sa campagne et l'idée travailler plus pour gagner plus. Ça c'est un discours qui parle aux hommes.
C'est dans les métiers à prédominance masculine qu'on fait des heures supplémentaires. Alors qu'au contraire, on le sait, 30 % des femmes sont en temps partiel et pour ell fallu au contraire permettre de passer du temps partiel au temps plein ce à quoi aucun des gouvernements qui ont suivi ne s'est attaqué. Très intéressant ce rappel historique évidemment de de Maris Duma qui va vous faire réagir Frédéric Puissa parce que ce slogan de Nicolas Sarkozy explique justement combien cette loi était contournée et comment on est passé par les heures supplémentaires.
Alors est-ce que ça c'est un tropisme de la famille républicaine à laquelle vous appartenez pour faire évoluer encore cette loi héritée des 35 heur Frédéric Piss ? Je je rappelle que Nicolas Sarkozi a été élu président de la République. Ça veut dire qu'on n'est pas sur un tropisme mais on est bien sur une attente des Français.
Il y a des gens qui aiment travailler, qui effectivement ont des conditions de travail qui leur conviennent et je crois qu'il faut qu'on s'en félicite. Et puis il y a des gens qui ont besoin de travailler plus et il faut qu'à un moment donné on puisse l'entendre. Oui.
Et pardonnez-moi comme sénatrice, c'est aussi le travail de la la mission que vous menez sur le travail additionnel. Justement, nous allons balayer l'intégralité des codes, codes du travail, code de la fonction publique pour voir ce qui à un moment donné ne permet pas à des Français qui veulent travailler plus de travailler plus. Et ça aussi, c'est une notion de liberté auquelle je suis mais je crois nous sommes tous particulièrement attachés.
En tout état de cause, cette notion de 35 he, elle renvoie quand même à une notion de productivité. Combien de temps travaillons-nous ? Combien sommes-nous à travailler ?
Et pour quelle productivité au final, cette productivité, je le rappelle quand même, nous permettant d'enrichir notre pays, mais aussi de payer nos filets sociaux auxquels nous sommes tous attachés et auquels nécessairement nous devons faire face. Donc ça veut dire que ce totem des 35 heures, il va falloir avoir le courage de se dire comment est-ce qu'on aborde ce sujet de productivité dans notre pays. Et je rappelle quand même qu'à l'échelle européenne, si on prend le temps de travail annualisé, nous sommes bien inférieurs à l'intégralité des pays européens. quand la durée du travail est correcte et qu'on dispose de temps libre, qu'on peut se reposer, euh qu'on peut avoir un travail intéressant qui a du sens, la productivité du travail s'améliore et l'absentéisme d'ailleurs diminue.
C'est vrai. Ce qui est un gros problème pour le travail aujourd'hui, c'est qu'à force de traiter les salariés comme des pièces presque interchangeables, de ne pas les reconnaître, au fond, elle est contradictoire avec la productivité. Et puis je voudrais ajouter que si le temps global de travail en France apparaît comme plus faible, c'est aussi parce que nous avons plus de temps partiel, parce que nous avons plus de précarité.
C'est une loi intouchable qu'on ne va pas abroger quand on est de droite aujourd'hui en France. Mais en tout cas, on l'abroge pas au détour d'un amendement, on l'abroche pas au détour d'une proposition de loi, on l'abroche dans le cadre d'un programme présidentiel. On va progresser justement dans l'adaptation aussi d'un certain nombre d'entreprises à cette loi 25 ans après sa mise en application.
Comment le monde du travail s'accommode justement de cette loi et est temps de trouver de nouveaux modes d'organisation comme le passage à la semaine de 4 jours. Cécile Sixou pour droit de suite. Depuis 2012, Florence vend du pain sur l'un des marchés d'Agin. [musique] Elle travaille 35 he par semaine mais sa semaine n'est que de 4 jours et elle apprécie.
Moi, j'ai la chance de récupérer mes enfants à 16h à la sortie de l'école. Donc ça c'est chouette. Et le weekend, j'ai moi la chance chez Lou Bouville d'avoir mes dimanches.
Donc on a notre journée en famille. Je crois que j'aurais énormément de mal au bout de 14 ans à avoir connu ce rite. Pour moi, je me dis puré repartir à 5 jours, c'est impensable.
Les 4 jours, une volonté du fondateur de la boulangerie qui a lui-même expérimenté tous les postes pour monter son entreprise. En fait, comme j'avais déjà travaillé de 1997 à 2004, presque tout seul, euh j'ai trouvé que travailler 5 jours et se reposer 2 jours quand on travaille la nuit, le samedi, le dimanche, c'était très dur d'avoir d'arriver à se reposer. Donc quand j'ai embauché des salariés, j'ai pensé que 4 jours par semaine de travail et 3 jours de repos, c'était beaucoup plus adapté à ce type de d'entreprise.
Le repos, la tranquillité et le temps personnel sont une priorité pour lui. Je me suis dit bon qu'est-ce que je préfère faire ? Est-ce que je préfère augmenter les tous les salariés de 10 % ou est-ce que je préfère leur donner 5 semaines de congé en plus qui coûte 10 % de plus ?
Et donc j'ai choisi de donner 10 % de plus mais en forme de temps libre. Un modèle opposé à celui de l'entreprise où travaille Julie. Salut Julie.
Salut patron. Ça va ? Cette commerciale vend des tarifs négociés de matériel de bureau à des entreprises.
Elle sillonne le sud de la France à la rencontre de ses clients et peut travailler dans sa voiture sans compter ses heures. J'y travaille parce que déjà je prends tous les appels et je peux les passer aussi. Ça me permet de voilà de limiter le temps d'inaction, on va dire.
Officiellement, elle a un contrat de 39h dont 4 heures payées en heure supplémentaire et 5 semaines de congé payé, mais elle peut facilement dépasser ses heures si cela est nécessaire. Je pense que quand on est cadre, on a un sens des responsabilités, qu'on veut jouer la partie aussi vis-à-vis de son employeur et que très clairement c'est plus un système ou de 39h ou de forfait jour qui permet d'abattre le travail qu'on a en charge. Et 35 he pour cadre, non, je crois pas du tout.
Au siège de l'entreprise, son patron Laurent Longin a fait le choix des 39 heures pour ses commerciaux. Payé en heure supplémentaire plus qu'en RTT, une formule plus adaptée à la taille de sa PME. Une personne qui manque, c'est comme si vous manquez un bras, ça devient compliqué, ça désorganise tous les services ou le service en tant que tel.
Donc pour nous, c'était pas envisageable d'avoir ce type de de gestion de de vert les 35 heures sont parfois difficiles à appliquer pour sa PME de 30 salariés. il aimerait plus de souplesse. Il peut avoir des des coups de bourg, des situations où on a besoin euh des euh des des salariés au-delà des des 35 heures.
Si on pouvait avoir un peu plus de souplesse, ça nous permettrait nous de nous adapter en fonction des différentes activités ou surcroix d'activités qu'on qu'on peut avoir. Aujourd'hui, la majorité des entreprises [musique] emploient leurs salariés aux 39hes quand seulement une poignée ont opté pour la semaine de 4 jours. Frédric [musique] Puissa et Maris Duma.
Ce sujet entre autres et l'adaptation dans cette entreprise pose la question de la conciliation vie privée vie professionnelle. C'est une aspiration évidente. Est-ce que ces 35 heures d'une certaine manière, vous parliez d'acquis social tout à l'heure, ont achevé ou on contribué à révolutionner encore le rapport au travail ?
Je pense qu'il faut à la fois réglementer la durée du travail, permettre aux salariés de disposer de temps libre. Il y a une très forte aspiration à avoir des des d'ailleurs les 35 he pour tout vous dire. Moi quand j'ai commencé les négociations sur les 35 heures, c'était ma responsabilité à la CGT.
J'avais dans l'idée qu'il fallait obtenir que la réduction de la durée du travail soit quotidienne. C'était notre histoire syndicale. Et là quand on a commencé à discuter avec les salariés, les femmes en particulier nous ont dit "Mais non, pas question parce que une réduction d'une heure tous les jours, on ne la voit pas.
Par contre, on veut les cumuler pour avoir des RTT et c'est donc les salariés qui nous ont amené syndicalement à négocier soit des demi-journées, soit des journées de RTT, c'est-à-dire réduction du temps de travail. C'est ça que ça veut dire RTT, c'est-à-dire où on cumule heures et où parce qu'on parce que c'est cumulé, on a le le sentiment de de respirer, d'être enfin hors du travail, d'être plus libre. Est-ce que vous voyez Frédéric Puissa à rebour les RTT comme le début de la baisse de productivité en France ?
Exement, on en parlait tout à l'heure quand on regarde le reportage qu'on a regardé, je rappelle quand même qu'il y a une jeune femme qui veut travailler plus, qui dit qu'elle est très heureuse de travailler plus, qu'elle travaille dans sa voiture. On voit effectivement donc cette notion de liberté, elle est importante et ça veut donc bien dire que sur cette histoire de 35 heures, sur ces histoires de RTT, on a bien des catégories d'activités différentes et on a bien effectivement des citoyens qui sont différents. On a capacité quand même quand on est employeur, quand on est salarié à pouvoir négocier en fonction de la taille de notre entreprise, en fonction de qui on est.
Et nous sommes dans un pays de liberté et nous devons redonner cette liberté à la fois aux chefs d'entreprise et à la fois aux salariés. Il faut le regarder comme ça. On a des gens qui veulent RTT mais on a des gens qui aspirent à travailler plus pour effectivement gagner plus.
Alors la liberté en l'occurrence d'adapter cette semaine en 4 jours euh pour réaliser ces ces 35 heures minimales. Qu'est-ce que vous en dites Maris Duma de de ce modèle ? Évidemment nous prenons en compte en tant que syndicat ce que souhaitent les salariés mais en même temps nous les alertons en tant que syndicat.
C'est notre rôle sur leur santé. Là, il s'agit pas de réduction de la durée du travail. Il s'agit de faire en 4 jours le même travail que l'on faisait précédemment en 5 ou 6 jours selon comment a été organisé le le travail.
Et donc au début, ça peut paraître séduisant parce qu'effectivement on a 3 jours de liberté, on se dit "Je vais souffler et cetera et cetera." Sauf qu'avec l'accumulation du temps en le en le faisant tous les jours pendant plusieurs années, bah des problèmes de fatigue arrivent. On voit aussi des accidents du travail. se multiplier parce que la vigilance est moins est moins importante.
Donc on peut le tester mais il faut sans doute prévoir des des moments de revoyure comme on dit dans le langage syndical, c'est-à-dire où on fait le point et où on voit si s'il ne faut pas changer cela. C'est un sujet très intéressant la semaine en 4 jours hein parce que ça soulève vraiment alors Lionel Jospin le disait mais dans d'autres intentions, il y a une grande réforme sociale là-dedans et le travail du parlementaire notamment de du politique ou du syndicat c'est de mettre en garde euh et de voir justement ces ces problèmes à l'issu. Oui.
Et le travail du parlementaire, c'est aussi, je le rappelle, d'équilibrer des budgets. Et je le dis, le débat que nous allons avoir sur les présidentielles de 2027, j'espère que nous aborderons la notion du temps de travail. Notre candidat en la matière fait un certain nombre de déclarations.
Bruno Rota Bruno Rota en l'occurrence et je pense très sincèrement que nous sommes dans un pays de liberté et nous devons redonner à notre économie le souffle et la liberté dont nous avons besoin. Si on ne doit pas se priver d'une quelconque possibilité de débat, il faudra parler du partage des profits. Oui, il y a de quoi faire à la fois sur les questions d'évasion fiscale, à la fois sur les questions de euh répartition euh des profits et pour que le travail soit plus reconnu, mieux reconnu dans son contenu, dans son sens et aussi dans sa rémunération.
Mais mesdames, vous avez lancé l'acte 1 de la présidentielle. Merci beaucoup de l'avoir fait à la bourse du travail aujourd'hui au lieu syndical à Paris. Merci beaucoup Maris Duma et merci à vous madame la srce Frédéric Puin.
Merci chers amis de votre écoute et fidélité. et on se retrouve très bientôt sur Public Sena avec un nouveau numéro de droite suite.
Frédérique Puissat