Guerre en Iran: le discours d'Emmanuel Macron à l'équipage du Charles-de-Gaulle en intégralité
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Chapitres
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« Dans la région, nous avons plus de 400 000 ressortissants qui vivent et il était important de ramener des moyens pour pouvoir, en cas de rapatriement, de difficulté, être à la manœuvre. »
- 2:24PrésentateurFait
« Depuis le premier jour, on a envoyé des moyens, système Mistral, Rafale, etc. »
- 3:24PrésentateurFait
« C'est important pour beaucoup de pays qui sont alliés, et c'est important aussi pour les intérêts de la France, en particulier pour la liberté du commerce, pour permettre au pétrole, au gaz de pouvoir circuler »
- 4:18PrésentateurPromesse
« pour pouvoir restaurer, quand les conditions seront permises, la circulation et l'ouverture calibrées dans le détroit d'Hormuz. »
- 8:10InvitéChiffre
« il a rappelé qu'ils étaient 400 000 dans la région. »
- 14:34PrésentateurFait
« D'abord, parce que nous avons des ressortissants dans la région. »
- 15:31PrésentateurFait
« nous avons des accords de défense avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui attaqués. »
- 17:12PrésentateurFait
« Il y a 18 mois de cela, il l'était. Et on escortait ces portes-conteneurs. »
- 17:20PrésentateurFait
« ce sont les Houthis, qui, comme vous le savez, sont des groupes terroristes proches de l'Iran, qui pourraient reprendre leurs activités. »
- 17:38PrésentateurFait
« au président Pézéchitian, le président de la République islamique d'Iran. »
- 18:42PrésentateurFait
« il y a maintenant 40 ans, dans ce qu'on a appelé la guerre des tanqueurs. »
- 22:48PrésentateurFait
« La France, comme vous le savez, depuis le 1er janvier à la présidence du G7 »
- 23:22PrésentateurFait
« l'impact de cette guerre se fait déjà ressentir dans les prix à la pompe et se fera ressentir aussi sur les prix du gaz dans les semaines qui viennent. »
- 24:20PrésentateurPromesse
« Il n'y aura jamais d'opérations offensives menées par la France même si des pays alliés nous le demandent et sont attaqués beaucoup plus massivement par l'Iran. »
Temps de parole
- Présentateur69 %
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- Invité 62 %
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Madame Marine, chef d'état-major particulier, amiral, commandant, je suis heureux de vous retrouver tous et de pouvoir vous dire quelques mots. D'abord pour vous remercier de la manœuvre qui vient d'être opérée il y a quelques jours. Je sais que vous étiez parti depuis fin janvier, que vous aviez déjà mené plusieurs exercices en Atlantique Nord et compte tenu des frappes décidées il y a un peu plus de 8 jours par Israël et les Etats-Unis d'Amérique, des frappes en réponse de l'Iran et de la déstabilisation de toute la région, j'ai en effet pris la décision et demandé au CEMM de pouvoir vous donner instruction de faire route pour rejoindre la région.
Peu de marines sont capables de faire ce qui a été fait et vous l'avez fait à vitesse soutenue, je le sais, et dans une manœuvre exceptionnelle et je voulais avant toute chose vous en remercier. C'est une grande fierté pour moi d'être à nouveau parmi vous, de vous retrouver dans ce hangar et d'être à nouveau sur le Charles de Gaulle avec l'ensemble du GAN. C'est aussi une fierté de le faire avec l'ensemble de nos moyens français et de vous voir coordonner de manière parfaite avec plusieurs Européens. Nous avons vu les frégates néerlandaises, espagnoles, maintenant italiennes, bientôt grecques, qui vous rejoignent.
Alors pourquoi cette manœuvre et quel est le cadre dans lequel vous allez opérer ? Je vais vous en dire quelques mots avec malgré tout la prudence d'usage parce que le cadre est encore mouvant. D'abord pour protéger nos compatriotes. Dans la région, nous avons plus de 400 000 ressortissants qui vivent et il était important de ramener des moyens pour pouvoir, en cas de rapatriement, de difficulté, être à la manœuvre. Et le GAN, avec l'ensemble de ces moyens, plus ce que nous sommes en train de rapporter ici en Méditerranée orientale, nous permettra d'être à l'initiative et de le faire aussi en lien avec les autres Européens et de ne pas subir.
La deuxième chose, c'est de protéger aussi nos alliés, nos amis, ceux avec qui nous avons des accords de défense. Depuis le premier jour, on a envoyé des moyens, système Mistral, Rafale, etc. Et c'est important de pouvoir être aussi aux côtés des pays de la région avec lesquels nous avons des accords de défense et qui peuvent être fragilisés par ce qui se passe et de pouvoir opérer l'ensemble de la manœuvre. Et tout particulièrement, le faire pour Chypre, qui sera le début de votre mission. La Languedoc est arrivée il y a quelques jours, système Mistral aussi, et de le faire pas trop loin du Liban, qui est aussi sous très forte pression.
Puis la troisième chose, c'est de pouvoir coordonner une manœuvre plus large, elle aussi totalement pacifique, défensive, mais qui est notre responsabilité, qui est dans ce cadre très désorganisé de pouvoir préserver la liberté de navigation et participer à la sûreté maritime. C'est important pour beaucoup de pays qui sont alliés, et c'est important aussi pour les intérêts de la France, en particulier pour la liberté du commerce, pour permettre au pétrole, au gaz de pouvoir circuler, parce que nos compatriotes vivent déjà les conséquences de ce qui se passe.
Et donc nous aurons à opérer des manœuvres en Méditerranée orientale, vous allez les orchestrer au premier chef, de pouvoir aussi participer aux opérations en mer rouge, et de Suez à Babel-Mandeb, de continuer de faire ce que nous avons plusieurs fois fait ces dernières années, qui est de préserver cette liberté de navigation, dans le cadre en particulier de la mission ASPIDES, et de concevoir aussi une mission ad hoc, au moment voulu, elle aussi pleinement défensive, pour pouvoir restaurer, quand les conditions seront permises, la circulation et l'ouverture calibrées dans le détroit d'Hormuz.
Mission qui nous est familière et qu'on a pu accomplir avec d'autres, il y a maintenant quelques décennies. Voilà le cadre, si je puis dire, dans lequel nous nous inscrivons. La France est là pour protéger les siens, pour être aux côtés de ses alliés et de ses amis qui sont frappés, et pour pouvoir participer à des missions ô combien essentielles de liberté de navigation et de sûreté maritime. C'est dans ce cadre strict que nous opérons. Nous ne participons pas à un conflit en cours, et nous opérons dans ce cadre.
Votre présence aujourd'hui démontre la puissance de la France, celle d'une puissance d'équilibre, de paix, aux côtés de ses amis, celle aussi d'une puissance européenne qui s'est organisée autour d'elle et orchestrée la présence de plusieurs autres Européens, et c'est exactement ce que nous allons consolider dans les jours, les semaines, peut-être les mois qui viennent, avec le degré d'incertitude que les événements font porter sur la situation.
Voilà ce que je voulais vous dire en vous disant ma confiance, ma reconnaissance pour la manœuvre tout particulièrement des derniers jours, mais aussi les exercices que vous avez préalablement conduits, et pour vous dire aussi ma confiance pour les jours, les semaines, les mois qui viennent. La mission est exigeante, mais je vous sais à la hauteur de celle-ci, et tout particulièrement dans cette année, un peu particulière pour notre marine nationale, mais également avec l'ensemble de nos aviateurs, nos soldats, et toutes celles et ceux qui concourent à la mission du GAN. Merci à tous, avec ma confiance, vive la République, vive la France.
La Marseillaise entonnée par les marins du Charles de Gaulle, après la prise de parole assez courte, Thierry Arnaud, du président de la République, au cours de cette prise de parole, le chef de l'État a précisé la mission, le déploiement de la marine française, de toutes les manières. C'est sûr, on ne participe pas à un conflit en cours, c'est ce qu'a précisé le chef de l'État. Oui, il y a un mot qui est revenu à plusieurs reprises dans cette courte allocution, c'est le mot défensif. Il ne s'agit pas de participer effectivement au conflit en cours, il ne s'agit pas d'être dans une opération offensive, d'aller attaquer qui que ce soit, il s'agit simplement de défendre. Alors défendre quoi ?
Eh bien le président de la République a rappelé quels étaient les trois objectifs de la mission qu'il a fixée à ce groupe aéronaval. D'abord a-t-il dit défendre et protéger nos compatriotes, il a rappelé qu'ils étaient 400 000 dans la région. Ensuite défendre et protéger nos amis et nos alliés. au premier rang en Chypre où il était quelques heures plus tôt. Mais il faut rappeler qu'il y a trois pays de la région, le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis avec lesquels la France a un accord de défense auquel le président de la République a fait allusion sans les nommer.
Et puis a-t-il dit enfin, le troisième objectif, c'est participer, je cite, à une manœuvre plus large pour effectivement assurer la sécurité de la région et quand les conditions le permettront, participer au rétablissement de la circulation dans le détroit d'Armouz. – Général Olivier de Bavin-Chauve, expliquez-moi comment à la fois on peut dire on va assurer la liberté de circulation, on va protéger nos alliés sans entrer dans ce conflit. – Je pense que d'abord expliquer des choses complexes de façon très simple, c'est un petit peu difficile. D'abord, en fait, je pense qu'il faut regarder ça en termes de phasage.
Aujourd'hui, c'est le temps des armes entre les belligérants, à savoir la coalition américano-israélienne et l'Iran, principalement le Protsy, le Hezbollah, etc. C'est le temps des armes. Dans ce temps des armes, il me semble que le président de la République n'a pas du tout évoqué une action particulière, si ce n'est d'appréciation de l'environnement, de renseignement, de préparation des actions futures. Et une fois que les armes cesseront de parler, c'est là que probablement, les missions qu'il a confiées ou qu'il a l'intention de confier au groupe aéronaval et à l'ensemble des moyens qui sont déployés, ce sera effectivement d'assurer la libre circulation. Mais entre temps…
– Donc c'est trop tôt. On parle beaucoup du détroit d'Ormous, c'est-à-dire que tant que la guerre est là, ce détroit est impraticable. – Vous savez, entre temps, il y a un sujet absolument central, c'est la protection de nos ressortissants. – Oui, 400 000. – Et ces ressortissants, vous le savez mieux que moi, ils sont disséminés sur l'ensemble des pays de la région et pour certains très proches d'ailleurs des côtes iraniennes du fait de la géographie. Et donc là, on pourrait se retrouver face à une situation compliquée où il faudra gérer l'évacuation de nos ressortissants d'une certaine façon sous une pression adverse qui pourrait s'avérer assez forte.
– Je vais vous dire quelque chose, parce que là, pour nos téléspectateurs, il faut expliquer ce qui s'est passé. Là, le propos du président de la République, c'est le propos du chef des armées, qui s'adresse d'ailleurs devant le chef d'état-major des armées, le général Mondon qui était présent, le chef d'état-major en particulier, le général Vincent Giraud, etc. Et puis évidemment l'amiral qui commande la flotte.
Mais ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'avant, dans les minutes qui ont précédé, en tout petit comité avec ce groupe de hauts responsables et sans personne autour, il a très probablement fait part de son appréciation de situation, il a échangé avec ces très hauts responsables avec lesquels il est en contact quotidiennement, le chef d'état-major des armées, le chef d'état-major en particulier, et il a probablement donné quelques indications sur son intention immédiate, du moyen terme et peut-être future.
Et vous avez vu qu'il a pris des précautions, parce que dans son discours, et Thierry Arnaud le rappelait, il a pris des précautions en disant, dans une situation qui est très volatile, très susceptible d'évolution, un terme comme celui-là, qui montre que les choses pourraient changer rapidement. – Alors le président Macron devrait d'ailleurs prendre la parole une nouvelle fois d'ici quelques secondes, on est en train d'organiser tout cela, Romain Miel-Carré, qu'un mot sur l'intervention ?
– Alors, sauf erreur de ma part, géographiquement, il arrête le périmètre de l'opération en cours avant le détroit d'Ormouz, parce qu'il cite Bab el-Mandeb et le golfe d'Aden, donc on est à l'entrée de l'océan indien, et pour l'instant, de ce que lui dit, on ne va pas jusqu'à Ormouz. – Non, il l'a dit explicitement, on ira quand on pourra, c'est-à-dire quand les conditions seront établies, il ne s'agit pas d'y aller maintenant. – Pour l'instant, on est bien dans les périmètres qui sont connus, maîtrisés de la marine, donc la Méditerranée et la mer Rouge, qui sont les secteurs de l'éducation. – On se trouve en ce moment, Charles de Gaulle, au large de la crête.
– Moi, je trouve que là, son discours, alors il est court, mais en fait, il est assez clair sur quels sont les objectifs, tu l'as dit, sécurisation des ressortissants, sécurisation des pays amis, et liberté de navigation. – Mais sécurisation des pays amis, certains de ces pays sont bombardés en ce moment. – Oui, oui, et les Français sont intervenus, principalement avec des rafales au départ, mais il y a des moyens solaires qui ont été déployés, et des discussions en cours. – Donc ça a intercepté les drones ? – On écoute le président de la République.
– D'accord, c'est bon pour vous, là ?
– Bonjour, M. le Président. Vous avez détaillé tout à l'heure à Chypre l'étendue des moyens déployés par la France dans la région. Le Charles de Gaulle, concrètement, quelles vont être ses missions ? Et vous avez cité la mer Rouge. Vous êtes pas d'Orbouze concrètement ? – À l'inferme, est-ce que le Charles de Gaulle a vocation à débloquer cette phrase d'Orbouze et à aller en mer Rouge ?
– Merci beaucoup d'être là. D'abord, j'ai beaucoup de reconnaissance pour l'ensemble de l'équipage. Vous savez, on est aujourd'hui sur notre porte-avions. Le Charles de Gaulle, il était, il y a quelques jours, à Malmö. Donc, dans l'Atlantique Nord, à mener des opérations en lien avec nos partenaires. Et la frégate qui est derrière nous, la Bretagne, était il y a quelques semaines au Groenland pour assurer les missions qu'on lui avait données, être aux côtés de nos alliés pour la sûreté et la sécurité dans cette région. Ça montre notre capacité de projection quand on le décide.
Il y a, en effet, quelques jours, j'ai pris la décision de demander au groupe aéronaval de venir en Méditerranée orientale. Pourquoi ? Parce qu'il y a maintenant une semaine, la guerre a commencé dans la région. Les frappes d'Israël et des Etats-Unis d'Amérique sur l'Iran, les répliques de l'Iran et les bombardements de beaucoup de pays de la région, beaucoup étant liés à nous-mêmes. Et donc, faire revenir le porte-avions avec l'ensemble des frégates qui l'accompagnent, avoir l'ensemble de ses forces, c'est à la fois pour nous une évidence et ce qui va nous permettre d'agir. D'abord, parce que nous avons des ressortissants dans la région.
On a ces derniers jours et encore ces dernières heures permis à beaucoup de nos compatriotes de passage en vacances ou les plus vulnérables de revenir à travers des rotations militaires, des avions affrétés et l'ouverture d'avions de compagnie aérienne de la région. Néanmoins, nous pouvons être confrontés à des situations d'urgence et il est important de pouvoir opérer. Et donc, le porte-avions avec aussi des portes hélicoptères amphibie, nous allons en déployer deux au total dans l'ensemble de ces opérations et les frégates vont nous permettre, en lien avec les autres Européens, d'organiser, de prévoir, de planifier des opérations d'évacuation, de rapatriement s'il devait y en avoir.
Ça, c'est la première chose. Il faut protéger nos compatriotes dans une région qui s'est embrasée. La deuxième chose, c'est que nous avons des accords de défense avec beaucoup de pays qui sont aujourd'hui attaqués. Alors, on a réagi tout de suite. On a envoyé des rafales, des systèmes de défense antiaérien. Vous étiez ce matin à Chypre, on a vu les systèmes Mistral. On a envoyé plusieurs autres. À Chypre, évidemment, aux Émirats arabes unis, au Qatar, Koweït, Arabie Saoudite. On envoie aussi des systèmes en Jordanie ou en Irak pour les aider à se protéger. Et l'ensemble des moyens maritimes que nous sommes en train de déployer vont peut-être participer à ces missions purement défensives.
On est aux côtés de nos amis et de nos amis. Et puis, la troisième chose, c'est la liberté de navigation et la sûreté maritime. c'est de permettre la libre circulation de ce qui fait le commerce international et de ce qui fait aussi la circulation du pétrole et du gaz. Et là-dessus, avec notre porte-avions et les moyens qui se déploient autour, on se donne des options pour pouvoir intervenir le moment voulu. D'abord, donc, assurer la libre circulation en Méditerranée orientale. C'est pour ça que, dans un premier temps, il rejoindra la frégate Languedoc qui, depuis plusieurs jours, est déployée au large de Chypre. Ensuite, la circulation en mer Rouge du canal de Suez à Babel-Mandeb.
Et là, nous avons une mission qui est structurée parmi les Européens qui s'appelle la mission Aspides. Et donc, cette mission, nous y déléguerons environ deux frégates. En tout cas, on a prévu dans la durée de pouvoir faire cela. Elle est coordonnée par nos amis grecs et on est avec les Italiens, les Grecs, les Néerlandais, plusieurs autres. Et elle permet d'escorter les bateaux. Aujourd'hui, les portes-conteneurs qui passent ne sont pas menacées. Il y a 18 mois de cela, il l'était. Et on escortait ces portes-conteneurs. On se met en situation de le faire s'il y avait une reprise de l'hostilité.
En particulier parce que là, ce sont les Houthis, qui, comme vous le savez, sont des groupes terroristes proches de l'Iran, qui pourraient reprendre leurs activités. Et puis, troisième théâtre important pour la liberté de circulation, c'est le fameux détroit d'Hormuz. Il est aujourd'hui, de fait, fermé. Ça fait partie des choses que j'ai demandé hier au président Pézéchitian, le président de la République islamique d'Iran. Aujourd'hui, les frappes ne permettent pas d'envisager une réouverture à court terme. C'est un théâtre de guerre.
Mais quand les circonstances le permettront, ce que nous sommes en train de concevoir, c'est, au fond, une mission intergouvernementale, c'est-à-dire avec plusieurs pays. On a plusieurs Européens qui sont prêts à le faire avec nous. On a les Indiens qui en en a parlé. On a d'autres pays asiatiques qui sont frappés par les conséquences de ce qui se passe. Et l'objectif, ce serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de manière totalement pacifique, de pouvoir escorter des tanqueurs, des portes-conteneurs, et de rouvrir la route du gaz et du pétrole, en sortie d'Hormuz, pour aller alimenter les marchés mondiaux.
Et puis la route aussi des portes-conteneurs pour alimenter beaucoup de pays de la région qui, aujourd'hui, sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains éléments. C'est une mission, par exemple, qu'il a accomplie, en tout cas son prédécesseur, il y a maintenant 40 ans, dans ce qu'on a appelé la guerre des tanqueurs. Il ne le ferait pas seul. Ça se ferait avec plusieurs autres pays. Et ça se ferait dans un moment où, en tout cas, le cadre doit être clair avec les parties prenantes. Ça n'est pas dans une mission offensive, c'est dans une mission d'accompagnement. Au moment où je vous parle, les conditions ne sont pas remplies.
Mais nous nous mettons en situation de pouvoir le faire en temps voulu.
Le ministre général, M. le Président, est-ce que vous êtes surpris, vous avez parlé hier avec le président iranien par la ténacité de la réponse iranienne ? Et puis, côté américain, israélien, là aussi, vous avez des échanges fréquemment. Est-ce que vous pensez, des échanges que vous avez avec eux,
que cette guerre est partie pour durer ? Nous nous mettons en situation de pouvoir durer et je pense que rien n'indique que cette guerre cessera dans les jours à venir. Et donc, cette guerre, je pense, durera à coup sûr, dans cette phase intense, en tout cas, plusieurs jours, peut-être plusieurs semaines. et tout dépend aussi de la clarification que les uns et les autres font sur leur objectif final et, au fond, ce qu'on appelle l'effet final recherché. Je ne pense pas qu'on puisse avoir des changements profonds de régime, de système politique uniquement par des bombardements.
par contre, si l'effet final recherché est de neutraliser les capacités balistiques, une marine, c'est possible dans un temps de quelques semaines. Pour la France, quel est l'objectif ? Nous, nous ne faisons pas partie de cette offensive. Nous, notre objectif, c'est d'abord de protéger nos ressortissants, je vous l'ai dit, et nous nous mettons en situation de pouvoir les protéger pour des semaines, des mois, si c'était nécessaire. Ensuite, c'est d'être aux côtés des pays qui sont nos alliés, nos amis, s'ils devaient encore être sous la pression et sous le feu.
Et c'est tout particulièrement, ce qui pour la Méditerranée orientale est clé, de nous mettre en situation aussi d'aider le Liban qui est sous une forte pression aujourd'hui. Et puis, la troisième chose, c'est d'assurer ces missions dans la durée de liberté de circulation et de sûreté maritime. Et donc, voilà, nous, si je puis dire, nos objectifs, ils sont clairs, c'est dans ce cadre-là que nous opérons et nous nous mettons en situation de pouvoir durer et d'avoir le maximum d'options à notre main.
Et cela, la France peut le faire parce qu'elle a un groupe aéronaval comme celui-ci, parce qu'elle a les frégates qui l'accompagnent et parce qu'elle s'est agrégée autour d'elle des partenaires européens. C'est notre force. Et je veux remercier les partenaires européens qui sont avec nous. Comme je vous le disais, au moment où je vous parle, nous aurons fini dans les 48 prochaines heures les déploiements, nous aurons dans cette région, c'est-à-dire Méditerranée-Orientale, Mer Rouge, jusqu'au détroit d'Hormuz, 8 frégates, 2 porte-hélicoptères amphibies et le porte-avions Charles-de-Gaulle avec évidemment tous les moyens aériens qui l'accompagnent.
C'est 3 hocailles, 20 rafales, 3 hélicoptères qui sont ici sur le porte-avions.
A beaucoup de nos alliés, pour mesurer l'intensité du conflit, est-ce qu'on continue d'intercepter des drones au-dessus des pays du Golfe ? Combien en a-t-on intercepté ? Et puis, est-ce que selon vous, on est rentré dans une guerre asymétrique ?
Écoutez, il y a eu des interceptions qui ont continué ces derniers jours. Il appartient aux pays concernés de donner les chiffres qu'ils veulent donner. Nous le faisons nous dans le cadre des partenariats qui sont les nôtres. Et on continue aussi d'apporter les systèmes de défense anti-aériens. Je ne qualifierai pas plus que cela la situation. Il y a des risques d'escalade aujourd'hui qui existent, en tout cas. C'est clair. Des risques d'escalade géographiques, des risques d'escalade quand je vois que ces derniers jours, des infrastructures ont été touchées, en particulier des usines de désalinisation en plus des moyens aussi de production d'hydrocarbures.
Et donc, tout cela montre que la situation demeure extrêmement volatile. Elle est fragile. C'est aussi pour cela qu'au-delà de ces missions strictement défensives que la France assure et auxquelles elle contribue avec ses partenaires, nous voulons coordonner les choses au niveau économique. La France, comme vous le savez, depuis le 1er janvier à la présidence du G7, s'est tenue aujourd'hui une réunion des ministres des Finances. Demain, une coordination se fera entre ministres de l'Énergie.
J'ai proposé qu'on ait une coordination entre chefs d'État et de gouvernement pour pouvoir, là aussi, essayer d'optimiser les choses avec nos réserves stratégiques, avec des prises de décisions coordonnées, d'essayer d'atténuer l'impact sur les prix du gaz et du pétrole autant que nous le pouvons. Et c'est important parce que pour beaucoup de nos compatriotes qui nous écoutent, l'impact de cette guerre se fait déjà ressentir dans les prix à la pompe et se fera ressentir aussi sur les prix du gaz dans les semaines qui viennent. Dans les réserves stratégiques, c'est la solution privilégée que vous privilégeriez ? D'abord, il y a une coordination à faire.
Il est important, au-delà du G7, même plus largement, que les pays coopèrent. Toutes les mesures de restriction de l'export, elles créent des problèmes parce qu'elles disloquent un peu le marché mondial et donc elles créent des emballements de prix. par notre coordination qu'on puisse réduire la volatilité et les effets de spéculation. Et ensuite, les pays du G7 ont en effet des réserves stratégiques. Elles sont faites pour ça, pour piloter les choses dans les moments de tension. Donc il faudra le faire avec les éléments objectifs qui nous seront donnés par l'Agence internationale de l'énergie et en étant coordonnés.
Mais je pense qu'on s'oriente en tout cas vers des mesures techniques de cet ordre.
Ultime question. Qu'est-ce que vous pouvez dire aujourd'hui aux Français ? Il n'y aura jamais d'opérations offensives menées par la France même si des pays alliés nous le demandent et sont attaqués beaucoup plus massivement par l'Iran.
Aujourd'hui, je peux dire aux Français que la France, dans ce grand désordre de la région, opère avec calme, méthode, au service de la protection de ses ressortissants en partenariat avec ses alliés et de manière strictement défensive et au service de la liberté de circulation pour défendre au fond nos intérêts propres, nos ressortissants, notre sécurité et l'accès aux ressources dont on a besoin et l'économie mondiale et puis pour être à la hauteur de nos responsabilités, c'est-à-dire aux côtés de nos partenaires et de ceux avec qui on a des accords de défense. Pas plus. On ne sait pas comment la guerre peut évoluer. Il y a le lot d'incertitudes qui va avec un tel conflit.
La France n'a pas déclenché ce conflit, elle n'y est pas partie prenante. Mais nous agissons là comme puissance de paix, puissance d'équilibre. On défend les nôtres, on est aux côtés de nos amis. Voilà le cadre strict dans lequel nous opérons aujourd'hui. Merci, M. le Président. Merci beaucoup et je remercie à nouveau tout l'équipage du Charles de Gaulle d'être là et d'avoir fait cette manœuvre qui est historique de s'être redirigée depuis l'Atlantique Nord jusqu'à la Méditerranée dans un temps record. Il y a peu de marines qui font ça au monde. Vous pouvez être fier de la marine nationale qui va fêter dans quelques semaines ses 400 ans. Merci beaucoup.