Aurore Bergé se confie : le choc de la dissolution, sa relation avec Emmanuel Macron….
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 20 %Défensif 50 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Sur la question de la négociation, du rapport à l'argent, on n'est pas à égalité. On n'a pas été élevés de la même manière. On peut faire encore évoluer les choses dans la loi et dans les cultures encore plus vite.
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Vous racontez que pendant la campagne des législatives de 2022, vous avez tu le fait d'être enceinte parce que vous craigniez des conséquences politiques. Quel genre de conséquences?
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Vous dites que la dissolution a été rude...
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Lorsque vous défendez une proposition de loi sur l'inéligibilité pour violences conjugales, une députée LFI vous accuse d'instrumentaliser la question. Vous craquez. Pourquoi?
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Vous n'avez pas porté plainte pour ces violences conjugales. Est-ce que vous auriez dû le faire pour aider d'autres femmes?
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En 2021, vous aviez déposé des amendements pour interdire le port du voile aux petites filles. Comme ministre, pensez-vous qu'il faut réintroduire ces dispositions?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Je ne suis pas la seule à taire une grossesse. Il y a plein de métiers où les femmes disent le plus tard possible qu'elles sont enceintes car elles ont peur des conséquences, des promotions qu'on ne propose pas... »
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« Le fait de vouloir faire de la politique, d'être engagé en politique, il y a un rapport à l'image et à l'ego. Quand vous avez un enfant, ça vous repositionne complètement. »
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« J'avais l'impression d'être le taureau dans cette arène. De l'extrême gauche à l'extrême droite, on avait envie de planter des couteaux dans mon dos. »
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« Je sais de quoi je parle quand je parle de violences conjugales. »
- 10:00A.BergéFait
« Oui. Je n'ai pas changé d'avis et de convictions entre députée et ministre. »
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« Si on n'est pas capable de se mettre d'accord sur le principe simple qui est de dire qu'on doit protéger tous nos enfants, nos petites filles de ce qui est un levier de prosélytisme, de communautarisme... »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sur la question de la négociation, du rapport à l'argent, on n'est pas à égalité. On n'a pas été élevés de la même manière. On peut faire encore évoluer Les choses dans la loi et dans les cultures encore plus vite. - A.-E.Lemoine: On parlait de la grossesse comme facteur d'inégalité.
C'est vrai aussi en politique. Vous racontez que, pendant la campagne des législatives de 2022, vous avez tu le fait d'être enceinte parce que vous craigniez des conséquences politiques. Quel genre de conséquences?
De la part des électeurs ou du personnel politique? - A.Bergé: Un peu des deux.
D'abord, c'est un choix très intime de dire ou pas. Je ne suis pas la seule à taire une grossesse. Il y a plein de métiers où les femmes disent le plus tard possible qu'elles sont enceintes car elles ont peur des conséquences, des promotions qu'on ne propose pas...
Il y a toujours ce rapport à la politique, qui est d'abord un rapport...
C'est vu comme quelque chose de très viril, masculin. Le rapport au pouvoir est vécu comme tel. Le fait de devenir parent, plus encore de devenir mère, change cette vision qu'on a.
Une fois que je l'ai dit, je l'ai vécu sur le rapport au congé maternité. J'avais l'impression que je ne donnais jamais la bonne réponse. J'étais présidente de groupe à l'Assemblée nationale.
Si je disais "je prends mon congé maternité", je n'étais pas un vrai animal politique, un homme politique. Si je disais "je ne m'arrête pas", j'étais pire: une mauvaise mère. On donne toujours la mauvaise réponse.
Beaucoup de femmes ont cette impression. A la fin, je me suis dit que la bonne réponse, ce serait celle que je formulerais pour moi, ma famille. - A.-E.Lemoine: Vous avez servi d'exemple pour d'autres femmes sans le savoir. - A.Bergé: C'est d'abord quelque chose d'intime.
Il n'y a rien de plus intime que la parentalité, la grossesse. J'assume une part d'égoïsme. J'ai fait ce qui était bien pour moi.
Après, le fait de l'écrire et de le dire, c'est démontrer qu'il y a des choses qui n'ont pas suffisamment évolué. Il y a des choses qui ont évolué, heureusement, comme la parité en politique. Il y a encore des résistances assez fortes. - A.-E.Lemoine: Politique et parentalité sont profondément antinomiques.
C'est ce que vous écrivez. Ca a été le cas quand E.Macron a annoncé la dissolution de l'Assemblée? - A.Bergé: Ce n'est pas lié à ça, mais...
Le fait de vouloir faire de la politique, d'être engagé en politique, il y a un rapport à l'image et à l'ego. Quand vous avez un enfant, ça vous repositionne complètement. Il y a quelqu'un qui est plus important que votre petite personne, et c'est très bien.
Ca change le rapport aux autres, au temps, à la politique, aux priorités. - A.-E.Lemoine: Vous dites que la dissolution a été rude... - A.Bergé: Parce que ma fille était là.
Les absences étaient plus douloureuses. Avant, être absente n'était pas une question. Il n'y avait personne de plus important que moi.
A ce moment-là, ça a été plus compliqué. - A.-E.Lemoine: Autre épisode personnel sur lequel vous revenez: lorsque vous défendez, en mars 2023, une proposition de loi visant à imposer une peine d'inéligibilité aux auteurs de violences conjugales ou intrafamiliales.
Une députée LFI vous accuse d'instrumentaliser la question des violences conjugales. A ce moment-là, à l'Assemblée, vous craquez. Face à madame Obono, vous dites: "Je sais de quoi je parle quand je parle de violences conjugales." Vous n'aviez pas l'intention d'évoquer votre histoire personnelle, mais il fallait le faire? - A.Bergé: C'est difficile de se rendre compte de ce qui se passe dans l'Hémicycle quand on n'y a jamais mis les pieds.
Il y a vraiment cet aspect d'arène politique. J'avais l'impression d'être le taureau dans cette arène. De l'extrême gauche à l'extrême droite, on avait envie de planter des couteaux dans mon dos.
C'était très violent. On remettait en cause ma sincérité sur cet engagement. J'avais l'impression de faire quelque chose d'évident, de dire qu'un homme qui avait levé la main sur sa femme ou son enfant ne méritait pas d'être un élu de la République.
Je disais que le juge devait pouvoir prononcer une peine complémentaire d'inéligibilité. Ce n'était pas aussi simple. Ca faisait référence à l'affaire Quatennens, à sa condamnation.
J'ai eu la nécessité de dire que je n'acceptais pas qu'on remette en cause cette sincérité. Comme beaucoup de femmes, malheureusement, je sais ce que c'est. J'ai su ce que c'était que la question des violences.
La politique souffre de ça. On remet en permanence en cause notre sincérité. Le fait que là, en plus, des hommes et des femmes politiques le remettent en cause...
J'ai vécu ça comme une forme d'acharnement dans l'Hémicycle. C'était une séance épouvantable, sans doute la pire que j'aie connue. - A.-E.Lemoine: Vous n'avez pas porté plainte pour ces violences conjugales.
Vous n'avez pas encore réussi à répondre à la question de: "Est-ce que j'aurais dû le faire pour aider d'autres femmes?" - A.Bergé: C'est une question très intime.
Il y a trop de jugements sur les femmes. Une femme qui porte plainte, on continue à penser qu'elle a comme un agenda caché, qu'elle va gagner quelque chose. Quand vous regardez les plaintes déposées, aucune femme n'a jamais eu un accélérateur de carrière parce qu'elle a porté plainte.
On porte plainte parce qu'on considère que c'est bien pour soi, que c'est utile pour soi. Maintenant, je m'interroge. Moi, je ne pense pas, pour moi-même, avoir besoin de le faire, mais est-ce que ça peut être utile pour d'autres?
Je suis prise dans cette injonction. Je suis la première à dire aux femmes que, le jour où elles seront prêtes... "Nous sommes là pour garantir que votre parole soit accueillie, reconnue, que vous soyez accueillies et respectées." Et moi-même, c'est vrai, je ne l'ai pas encore fait.
Pour mon propre chemin, ce n'était pas nécessaire. C'est ça que j'avais envie de dire. - P.Cohen: Parmi vos combats pour la République, il y a la laïcité.
En janvier 2021, députée, vous aviez déposé des amendements pour interdire le port du voile aux petites filles. A l'époque, ils avaient été déclarés irrecevables. Ils avaient fait grand débat.
On le réamorce ce soir. Comme ministre, vous pensez qu'il faut réintroduire ces dispositions? - A.Bergé: Oui.
Je n'ai pas changé d'avis et de convictions entre députée et ministre. - P.Cohen: On parle du voile dans l'espace public, pas dans des enceintes scolaires. - A.Bergé: L'horizon que je veux pour nos enfants est un horizon de liberté, d'émancipation.
Ca, ce n'est pas le cas. A 7 ou 9 ans, vous n'êtes pas en capacité de consentir, d'exprimer votre adhésion. Je ne comprends même pas que ça fasse débat.
Si on n'est pas capable de se mettre d'accord sur le principe simple qui est de dire qu'on doit protéger tous nos enfants, nos petites filles de ce qui est un levier de prosélytisme, de communautarisme...
Expliquer à nos plus jeunes filles qu'elles doivent dissimuler une partie de leur visage dès leur plus jeune âge... - P.Cohen: Entre le principe et l'application, il y a tout ce qui sépare la loi de la réalité.
Vous voyez bien ce que ce type d'interdiction peut provoquer... - A.Bergé: Ne rien faire, c'est aussi considérer que cette situation n'est pas grave et qu'on s'en accommode.
Il suffit d'aller sur un moteur de recherche et je vous trouve une boutique en France qui vend des voiles pour des petites filles, des abayas pour des petites filles. De quoi a-t-on peur? Pourquoi autant d'hommes ont peur de l'émancipation des femmes, de la liberté des filles?
Pourquoi des néoconservateurs jusqu'aux mouvements intégristes, les 1res libertés attaquées systématiquement sont celles des femmes? Pourquoi on veut prendre possession de leur corps jusqu'à leur interdire l'accès à l'espace public? Dans certains pays antidémocratiques, on leur interdit
Aurore Bergé