Avec Macron, les maires au pain sec - Les questions SMS #cdanslair 07.08.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteRéponse partielle
Les petites communes ont déjà des budgets très serrés, sans marge de manœuvre. Comment vont-elles faire ?
- 0:28RelanceRéponse partielle
Cette mesure ne va-t-elle pas donner un sacré coup de frein à la décentralisation ?
- 1:29OuverteRéponse partielle
Quand verra-t-on les bénéfices de ces coupes budgétaires tous azimuts ?
- 2:02OuverteRéponse directe
Les communes vont-elles augmenter la taxe foncière pour compenser cette baisse des dotations ?
- 2:47OuverteRéponse partielle
Pourquoi nous entêtons-nous dans cette voie ? Est-ce pour satisfaire Bruxelles ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Les entreprises qui travaillent pour les collectivités locales ne vont-elles pas être en difficulté ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:08Fait
« Elles vont soit abandonner leurs projets, soit les repousser dans le temps, soit augmenter leurs dettes. »
- 0:14Fait
« Donc ce seront les futurs habitants et les prochaines années qui paieront. »
- 0:19Fait
« Ou elles vont augmenter leurs taxes locales pour financer leurs projets. »
- 0:24Fait
« Donc quoi qu'il en soit, ce sera des mauvaises nouvelles pour le contribuable et pour les citoyens. »
- 0:42Fait
« Et on voit une contre-dynamique depuis une dizaine d'années. »
- 0:46Fait
« On va dire depuis la présidence de Nicolas Sarkozy. »
- 0:54Fait
« que les degrés de gouvernance territoriaux étaient trop nombreux »
- 1:03Fait
« qu'il y avait beaucoup de clientélisme, qu'il y a beaucoup d'ouvrages qui sont parus là-dessus. »
- 1:27Fait
« il y a un moment où on ne peut pas faire demander à ces collectivités plus qu'elles ne peuvent donner. »
- 1:40Fait
« La fusion des régions, dans un premier temps, ça ne va pas se traduire par des économies »
- 1:50Fait
« Et il a même fallu construire des hémicycles complémentaires pour recevoir tous les conseillers régionaux. »
- 2:10Fait
« La taxe foncière, ce sont les communes qui fixent la taxe foncière ? »
- 2:26Chiffre
« parce qu'exonérer 80% des ménages ou des foyers fiscaux de la taxe d'habitation »
- 2:34Fait
« Et il n'est pas certain que les collectivités bénéficient d'un transfert financier de la part de l'État qui soit égal à 100%. »
- 4:40Fait
« Et c'est un secteur qui avait énormément souffert de la crise »
Temps de parole
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Et donc, je continue. Les petites communes ont déjà des budgets très serrés, sans marge de manœuvre. Comment vont-elles faire ?
Elles vont soit abandonner leurs projets, soit les repousser dans le temps, soit augmenter leurs dettes. Donc ce seront les futurs habitants et les prochaines années qui paieront. Ou elles vont augmenter leurs taxes locales pour financer leurs projets. Donc quoi qu'il en soit, ce sera des mauvaises nouvelles pour le contribuable et pour les citoyens.
Cette mesure ne va-t-elle pas donner un sacré coup de frein à la décentralisation ? C'est un peu contradictoire, puisque la dynamique politique, elle est depuis 30 ans la décentralisation. Et on voit une contre-dynamique depuis une dizaine d'années. On va dire depuis la présidence de Nicolas Sarkozy. On a vu s'instiller l'idée que les collectivités territoriales étaient trop nombreuses, que les degrés de gouvernance territoriaux étaient trop nombreux, que ça coûtait cher, que les fonctionnaires territoriaux ne faisaient pas toujours leur travail, qu'il y avait beaucoup de clientélisme, qu'il y a beaucoup d'ouvrages qui sont parus là-dessus.
Et il y a un climat aujourd'hui, il ne faut pas se le cacher, sans doute dans une partie de la classe politique, peut-être aussi dans une partie de l'opinion, de défiance sur la bonne gestion des collectivités territoriales. Mais comme vous le disiez tout à l'heure, il y a un moment où on ne peut pas faire demander à ces collectivités plus qu'elles ne peuvent donner. Quand verra-t-on les bénéfices de ces coupes budgétaires tous azimuts ? Écoutez, c'est une question très difficile. Les effets des économies budgétaires sont toujours différés dans le temps. On l'a bien vu avec la fusion des régions.
La fusion des régions, dans un premier temps, ça ne va pas se traduire par des économies, parce que les services qui existaient avant continuent à exister. Et il a même fallu construire des hémicycles complémentaires pour recevoir tous les conseillers régionaux. Donc les économies, c'est dans le temps et ce n'est pas à court terme. Ce qui ne veut pas dire par ailleurs qu'il ne faut pas essayer de faire des économies. Les communes vont-elles augmenter la taxe foncière pour compenser cette baisse des dotations ? La taxe foncière, ce sont les communes qui fixent la taxe foncière ?
Oui, elles ont plusieurs leviers de fiscalité locale. Et effectivement, en plus, s'il y a une suppression de la taxe d'habitation, ce sera sur typiquement la taxe foncière ou...
Parc communale.
Voilà, la part communale de la taxe foncière.
Et s'agissant de la taxe d'habitation également, c'est une grosse question, parce qu'exonérer 80% des ménages ou des foyers fiscaux de la taxe d'habitation, il va falloir trouver d'autres solutions fiscales. Et il n'est pas certain que les collectivités bénéficient d'un transfert financier de la part de l'État qui soit égal à 100%. C'est ce que vous disiez tout à l'heure. Et dans cette mesure, cela peut remettre en cause, en effet, la décentralisation en France. Le Portugal a décidé de ne plus prôner l'austérité. Et ça marche, nous dit ce téléspectateur ou cette téléspectatrice. Pourquoi nous entêtons-nous dans cette voie ? Est-ce pour satisfaire Bruxelles ?
Vous avez un peu répondu tout à l'heure. Oui, pour satisfaire Bruxelles.
Emmanuel Macron pense que l'appartenance de la France à l'Union européenne est quelque chose de fondamental, qu'on a des énormes bienfaits à en attendre, et que la France n'a pas été en capacité de tenir et d'honorer sa parole pendant de nombreuses années. Et donc, il veut marquer une rupture de ce point de vue-là. Il veut aussi, je pense, obtenir des choses de la part d'Angela Merkel sur des sujets qui sont chers aux Français. Je pense, par exemple, à la question des travailleurs détachés, à l'harmonisation fiscale en Europe. Mais s'il veut obtenir des choses d'Angela Merkel ou de nos autres partenaires, il estime qu'il doit montrer que la France a fait sa part du chemin, a accompli le job.
Et donc, il est clairement dans cette ligne-là. De ce point de vue-là, il n'y a pas de trahison de la population ni de l'électorat, parce que ça avait été annoncé noir sur blanc pendant la campagne.
– Juste une insistance pour le Portugal, il y a des économistes qui pensent que c'est précisément parce qu'il y a eu une cure d'austérité au Portugal qu'il y a eu une reprise. – Redoutable, le Portugal a renoncé à 4 ou 5 jours de congés fériés, notamment. – Mais qu'elle a permis au Portugal de sortir, justement, de la crise. Donc, voilà. – Les entreprises qui travaillent pour les collectivités locales ne vont-elles pas être en difficulté ? Ce que vous disiez tout à l'heure, c'est le premier employeur de France, d'une certaine manière.
– Alors, ce sont les premiers acheteurs publics, les premiers investisseurs publics, et le bâtiment de travaux publics, enfin le secteur du BTP, est très attentif à cette évolution, parce qu'on le disait tout à l'heure, il y a un risque de diminution de la croissance locale et par, effectivement, la croissance des emplois dans le BTP, qui est le premier fournisseur des collectivités. Et donc, c'est un élément essentiel de l'activité économique.
– Et c'est un secteur qui avait énormément souffert de la crise, et qui commence tout juste à reprendre quelques couleurs, puisque investissement public comme privé avait été mis en berne pendant plusieurs années.
– Ne serait-ce pas plutôt au premier ministre de parler un peu plus ? On disait tout à l'heure, est-ce que le président ne devrait pas prendre la parole ? – Alors là, oui, c'est vrai qu'on peut considérer là que dans la séquence qui vient de s'écouler, hormis la déclaration de politique générale, on n'a pas eu beaucoup de prise de position du premier ministre, et qu'effectivement, sur ce terrain-là, ça aurait été au premier ministre de jouer le rôle de fusible qu'il a joué.
Alors, on peut prendre l'exemple d'Alain Juppé, en 1995, on a parlé de la diminution de la cote de confiance de Jacques Chirac, mais celle-ci a véritablement commencé à chuter plutôt en novembre, et la principale victime, ça n'a pas été Jacques Chirac, ça avait été Alain Juppé, le premier ministre. – Est-ce qu'un président impopulaire est forcément un président incompétent ?
– Je ne sais pas si vous me posez la question personnellement.
– Personnellement, non, je vous pose la question comme critologue, oui.
– Je ne pense pas, je ne pense pas, je pense qu'il faut du courage en politique, et donc du courage, c'est aussi ne pas aller toujours dans le sens du vent et de ce que l'on attend, mais l'élection, c'est dans cinq ans, donc là, on est sur un temps très court, qui est des deux, trois premiers mois, les choses se jugeront à la fin, et à la fin, c'est mieux que la compétence et la popularité se rejoignent, ce n'est pas le cas pour l'instant.
– Et Bayrou, maire de Pau, il en dit quoi de ces restrictions ? On ne l'entend plus, nous dit un autre téléspectateur ou une téléspectatrice ? – On n'entend plus François Bayrou, c'est vrai que…
– Ni les cadres du Modem, alors ça tient bien évidemment sans doute à l'affaire en cours et au remaniement gouvernemental assez brutal qui a eu lieu, et aussi, je parle sous le contrôle de Jean Garrigue, au fait que En Marche, le groupe La République En Marche est majoritaire à lui seul dans l'hémicycle, et donc le calcul peut-être de François Bayrou, c'était de jouer le rôle de faiseur de roi qu'il a joué pendant la campagne, mais aussi pendant la durée du quinquennat, en étant un peu la tête d'un groupe charnière.
Là, dit autrement, pour les constructifs de droite comme pour le Modem, ce sont des supplétifs, Emmanuel Macron peut faire passer ces réformes, on l'a vu sur les ordonnances, avec uniquement le soutien de ces troupes d'En Marche.
– La France est-elle ingouvernable ? Questions philosophiques viennent à la fin, et vous avez toujours 30 secondes pour y répondre. – On peut dire qu'il y a un chien dans chaque niche aussi. – Oui, c'est ce que disait Jacques Chirac. – En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'une politique de réforme fondamentale, comme voulait l'entreprendre Emmanuel Macron, se heurtera à un certain nombre de catégories, de corporatisme, et que ce sera difficile. Il est en train de s'en apercevoir, on a eu une sorte de parenthèse enchantée pendant un mois, et là, on est entré justement dans le dur. – Certains maires ont-ils la folie des grandeurs ? – Oui. – Vraiment en 10 secondes ?
– Oui, oui, il y a des exemples, mais l'écrasante majorité, ce n'est pas cette réalité-là.
– Merci à tous les quatre et de votre brièveté sur cette dernière réponse. Cette émission sera rediffusée ce soir à 22h25. Je vous donne rendez-vous demain, même heure, même endroit. Très belle soirée sur France 5. – Sous-titrage ST' 501
Emmanuel Macron