ORDRE SOCIAL, LIBERTÉS PUBLIQUES : LES COUPS DE FORCE DE MACRON
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00RelanceRéponse partielle
Vous êtes resté assis lors de la fin de l'allocution de François de Rugy. Ce n'était pas une provocation inutile ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Est-ce que l'opposition peut se résumer à ça ?
- 4:00FerméeRéponse directe
Est-ce que vous contestez l'élection de Farida Amrani ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Si le gouvernement légalise la PMA pour les couples de femmes, est-ce que vous le soutiendrez ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Votre opposition sur le code du travail se limitera-t-elle à l'Assemblée ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Richard Ferrand peut-il présider un groupe parlementaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00Jean Luc MélenchonFait
« Je suis attaché à l'idéal républicain mais il n'inclue pas une obligation d'enthousiasme et de toutes ces simagrées. »
- 3:00Jean Luc MélenchonChiffre
« La moitié des électeurs n'ont pas voté. Le parti majoritaire représente 14% des inscrits. »
- 5:00Jean Luc MélenchonFait
« Nous avons été dans la tradition de la continuité. Nous ne nous déguisons pas. »
- 7:00Jean Luc MélenchonFait
« J'ai écrit quinze livres M. Namias, ça n'est pas votre cas ? »
- 9:00Jean Luc MélenchonFait
« Il y a un devoir de défense car le Code du Travail, c'est pas le code de la route, c'est des centaines de pages qui sont des milliers de luttes entre Capital et Travail. »
- 11:00Jean Luc MélenchonChiffre
« On interdirait à 9 personnes de posséder 90% des médias. »
- 13:00Jean Luc MélenchonFait
« M. Trump représente l'OTAN et l'asservissement de notre nation à une coalition internationale. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Fabien Namias] Bonjour Jean Luc Mélenchon [Jean Luc Mélenchon] Bonjour [FN] Hier j'ai bien regardé, vous êtes resté assis lors de la fin de l'allocution du nouveau président de l'assemblée, François de Rugy. Vous qui êtes sincèrement attaché à la République, au respect de ses rites, Franchement ce n'était pas une petite provocation inutile ça de votre part ? [JLM] Non, ce n'est pas une provocation enfin...
Je vous l'avais dit, je suis attaché à l'idéal républicain mais il n'inclue pas une obligation d'enthousiasme et de toutes ces simagrées. Alors on se lève, on se relève, on acclame, on applaudit en cadence...
Qui ? M. de Rugy qui est une des figures essentielles de l'opportunisme politique...
Pour quoi faire ? Non. J'ai respecté le cadre [interrompu par RN] [FN] Ah bah au moins la messe est dite le concernant là à vous écouter... [JLM] Non mais pourquoi vous dites que c'est une provocation ?
Ecoutez... [FN] Non mais c'est un peu comme tous les commentaires qui ont été faits comme le fait de ne pas porter de cravate etc...
On va dire que ce sont les codes de l'Assemblée Nationale, que vous avez ostensiblement dit "Nous on s'affranchit de ces codes." ... [JLM] Ça c'est vrai... [FN] Est-ce que finalement l'opposition peut se résumer à ça ? [JLM] Bien sur que non.
Mais il n'y avait pas de débat hier, s'il y avait eu un débat vous m'auriez entendu. Hier, il y avait une cérémonie traditionnelle de l'ouverture des travaux d'une session parlementaire. Bon.
La question des codes vestimentaires, vous serez peut-être surpris de l'apprendre, mais elle a été essentiellement une volonté marquée par les femmes de notre groupe, mais pas seulement elles. Elle est très traditionnelle, pardon de vous le dire Fabien Namias, C'est toujours de notre côté que cette question est posée. Nous avons eu le premier député qui est arrivé en blouse, et il y avait eu à l'époque toute une histoire "Comment ?
Une blouse ?" Et lui disait : "Je porte la tenue que portent les gens, je ne me déguise pas !" Ça s'était le premier député socialiste Lorsqu'il y a eu les premier Etats Généraux, le tiers état a refusé de porter la tenue qu'on lui avait assignée parce qu'ils avaient l'air de misérable corbeaux tandis que les autres venaient avec des plumes chatoyantes.
Donc, nous avons été dans la tradition de la continuité. Nous ne nous déguisons pas. Mais nos tenues sont décentes.
Naturellement, l'opposition ne se résumera pas à ça. Mais, dans le moment, elle s'est exprimée de cette façon. [FN] On va précisément voir d'ailleurs, comment vous concevez votre rôle d'opposition avec des thèmes concrets tout au long de cet entretien.
Un mot encore du discours de François de Rugy, hier, qui a lancé un appel : "Pas de provocation et d'anathème dans l'hémicycle !" Est-ce que vous en tiendrez compte et comptez vous intervenir beaucoup ? On dit que vous serez une des grandes gueules de cette nouvelle assemblée. [JLM] Oui, enfin tout ça n'est pas très délicat.
Pourquoi "gueule" ? J'ai une bouche, j'ai un cerveau, j'ai écrit quinze livres M. Namias, ça n'est pas votre cas ?
Je mérite mieux que d'être traitée de "grande gueule". [FN] C'est une expression consacrée à ceux qui ouvrent la bouche... [JLM] Mais je comprends [FN] ... et n'hésitent pas l'ouvrir, vous le savez très bien. [JLM] Oui...
Mais puisque vous parliez de provocation tout à l'heure, à mon tour de réagir sur des mots qui sont des fois un peu excessifs, à mon égard. Donc, oui, je m'exprimerai parce qu'il faut qu'il y ait une opposition Et je voudrais vous dire M. Namias, que cette situation est tout a fait étrange.
Vous en rendez-vous compte ? La moitié des électeurs n'ont pas voté Le parti majoritaire représente 14% des inscrits. Il a 300 sièges de gens qui se lèvent pour acclamer individu, par nécessité, qu'ils ne connaissent pas.
Tout ça a créé une ambiance bizarre. Nous allons avoir deux coups de force qui vont arriver dans les prochains jours L'ordre public social va mis être "cul par dessus tête" Et l'ordre des libertés publiques...
Franchement, c'est ça qui est important dans le moment, et il faut qu'il y ait une opposition. Il ne peut pas y avoir qu'une majorité. [FN] Un mot Jean Luc Mélenchon sur un qualificatif qui vous a été attribué hier par Manuel Valls qui dit : "Jean Luc Mélenchon, il est dangereux." Vous vous estimez dangereux ? [JLM] Je ne sais pas de quoi il parle...
Manuel Valls appartient [interrompu] [FN] Il dit même : France Insoumise... euh... travaille... euh cautionne l'islamisme radical....
Enfin, en tout cas il a des mots très durs pour vous, et ce mot "dangereux", il veut dire quelque chose en République. [JLM] Non mais c'est quand même grave de voir ce personnage qui représente un passé que tout le monde méprise. Celui des reniements, des mensonges, qui ont été celui des gouvernements Hollande.
Manuel Valls a été un des premiers ministres les plus violents de l'histoire de la République par le nombre d'opérations de police qui ont été montées contre des manifestants, aussi bien contre la loi El Khomri que la désastreuse affaire qui a conduit à la mort de Rémi Fraisse. Donc ce n'est pas à lui d'aller dire aus autres qu'ils sont "dangereux" quand lui s'est manifesté comme un danger. J'ajoute que, ce qu'il dit sur l'islamisme est un moyen pour lui d'exister.
Il espère que Mélenchon réponde, donc on va parler de lui, etc...
Non, nous n'avons aucune concession avec l'islamisme politique Je combats de toute façon l'intrusion de toutes les religions dans la politique, alors celle-là comme une autre. Et j'ajoute que la majorité des musulmans sont bien de mon avis, et considèrent que c'est une religion, et non un parti politique que leur croyance. Donc, Manuel Valls a une espèce de névrose sur la question de l'Islam, qui fait que il ne voit plus la vie que sous cet angle. [FN] On l'entendait dans le journal de 7h30 tout à l'heure, est-ce que vous contestez son élection ? [JLM] Oui [FN] La candidate France Insoumise, Farida Amrani, qui a été battue de peu, 139 voix, déposera bien, aujourd'hui, un recours devant le conseil constitutionnel ?
Vous le confirmez ? [JLM] Oui, de ce que je sais elle va le faire, et elle a raison. Et je trouve déplorable que l'on ait traité Mme Amrani et ses amis d'une façon pareil.
Enfin, ne pas avoir le droit d'entrer dans la mairie au moment où l'on fait le recompte des voix, être brutaliser de cette sorte : est-ce parce qu'elle s'appelle Amrani qu'elle doit être traitée différemment du reste des français ? [FN] Sous-entendu sur le fait que elle est d'origine étrangère, c'est ça ? [JLM] Et bien il y a eu un moment assez curieux dans les images qui ont été montrées, on a présenté tous les gens autour d'elle comme des exaltés, des excités, sans tenir aucun compte de la violence incroyable qui était en train d'être commise par M.
Valls. Je vous signale que même vos confrères ont été privés de leur instrument de travail. Il a fichu tout le monde dehors, y compris les journalistes qui n'ont pas pu sortir avec leurs magnétos [FN] On verra bien ce que dira le conseil constitutionnel sur ce recours [JLM] Vous me posez la question, permettez-moi de vous répondre... [FN] Absolument... [JLM] Vous pouvez m'en poser une autre, et j'y répondrai... [FN] Vous vous être proclamé, ou auto-proclamé, je ne sais pas, "seule opposition réelle".
Avant d'aborder le code du travail, une question : Si le gouvernement suit l'avis du comité d'éthique qui souhaite légaliser la procréation médicale assistée (PMA) pour les couples de femmes, ou les femmes célibataires, est-ce que vous le soutiendrez ? [JLM] Je soutiendrai la mesure, pas le gouvernement. De la même manière (interrompu) [FN] Il faudra bien le soutenir pour le légaliser.
Là, ça passera par un texte parlementaire. Etant parlementaire, vous serez appelé à le voter. [JLM] Je vais vous expliquer une nuance Par exemple, vous, vous diffusez de la pub, ça ne veut pas dire que vous êtes d'accord avec tout ce qui s'y dit, ni que vous comptez vous même achter ce qui y est proposé.
De la même manière, si le gouvernement propose de légaliser, de rendre possible, la PMA pour toutes les femmes, qu'elles soient mariées ou non, j'approuve cette mesure parce qu'elle est dans mon programme. De la même manière, s'ils proposent de supprimer la cour de justice de la République, qui instaure un tribunal d'exception pour les ministres, et bien je le voterai puisque ça se trouve dans mon programme. Pour autant je ne suis pas disposé comme vous le dites à "soutenir le gouvernement" Et je vous demande de faire la clarté sinon aucun débat n'est possible.
Si accepter une mesure c'est "soutenir le gouvernement", alors que l'on se dit l'opposition, peut-être que ça fait jubiler d'avoir créé un désordre intellectuel absolu, mais non, ce n'est pas la même chose. [FN] Il y a des mesures que vous ne soutiendrez pas, on s'en doute, notamment celle qui va être examinée aujourd'hui (interrompu) [JLM] Je me suis "auto-proclamé"...
Je me suis proclamé rien du tout ! [FN] Vous avez dit "l'opposition réelle, c'est nous". [JLM] Non... [FN] Je ne l'ai pas inventé ? [JLM] ...
Vous n'écoutez pas M. Namias... [FN] Là je vous écoute [JLM] Ecoutez ce que je vous dit.
Il n'y a pas de groupe qui votera entièrement contre, et exclusivement contre, la confiance au gouvernement. Il n'y en a pas, mis à part nous. Même le groupe GDR dans lequel il y a les communistes, il y a des gens qui vont voter la confiance au gouvernement.
Par conséquent, nous serons le seul groupe dont tous les membres vote contre la confiance. C'est la raison pour laquelle, par exemple, nous disons : Puisque nous sommes cette opposition d'un groupe à l'autre, nous demandons la présidence de la commission des finances. Maintenant, pour prendre un exemple à l'autre bout de l'hémicycle, si tout le groupe "Les Républicains" vote contre le gouvernement, alors nous dirons : il y a deux oppositions.
Il y aurait une opposition "Les Républicains", et une opposition "La France Insoumise". [FN] Rendez-vous pour cela, au discours de la politique générale du premier ministre, qui sollicitera la confiance. Ce sera mardi prochain.
Lors du e conseil des ministre qui se tient dans 1h30, le gouvernement examinera le texte de loi d'habilitation qui lui permettra d'engager les ordonnances réformant le code du travail. Votre opposition, là on s'en doute JLM, elle sera ferme, vous l'avez dit, est-ce qu'elle se limitera à votre travail de parlementaire à l'Assemblée Nationale, ou est-ce que par exemple, vous joindrez-vous à la manifestation qu'a appelé de ses voeux la CGT (ce sera le 12 septembre) ? [JLM] Vous avez raison de dire que notre opposition sera complète.
Je veux que tout le monde arrive à comprendre qu'il s'agit de renverser tout l'ordre public social de notre pays, par ordonnance. Et alors même qu'il y a une stratégie du secret de la part du gouvernement qui aura attendu pour faire connaitre un texte sur lequel on puisse discuter, s'exprimer, et on l'examinera très bientôt à l'Assemblée. et qui va rester un texte de généralité sur lequel il sera impossible de discuter le contenu de la réforme du code du travail.
Non mais ceci doit être dit pour que les Français l'entendent. Evidemment, ce ne peut pas se limiter à l'opposition parlementaire. Nous serons dans la rue, et puisque la CGT a pris l'initiative de proposer une date, il faut bien que quelqu'un prenne cette initiative, c'est au syndicalisme de marcher devant, cela va de soi puisque c'est dans l'entreprise que la question va présenter.
Mais nous, la France Insoumise, nous jouerons notre rôle. Nous allons rallier toutes les populations des quartiers, ceux qui n'ont pas de travail, je ne dis pas...
Dans les quartiers il y a de gens qui ont du travail. Les chômeurs, les gens en formation, les étudiants, nous leur dirons : Il faut se joindre à ce mouvement, il faut résister. Il y a un devoir de défense car le Code du Travail, c'est pas le code de la route, c'est des centaines de pages qui sont des milliers de luttes entre Capital et Travail, et des compromis sociaux réalisés pendant un siècle et demi, et ce n'est pas M.
Macron qui va changer ça tout seul. [FN] Là dessus pas d'ambiguïté, on vous entend bien JLM. L'opposition sera totale.
Une question d'actualité encore ce matin. Un de vos homologues à l'Assemblée, le président du groupe parlementaire "En Marche", Richard Ferrand, le Canard Enchaîné poursuit ses révélations le concernant, il aurait, je dis bien "AURAIT", employé sa compagne aux Mutuelles de Bretagne, alors qu'elle était encore étudiante dès l'âge de 25 ans. A vos yeux, Richard Ferrand peut présider un groupe parlementaire ? [JLM] Ce n'est pas mon affaire.
Maintenant qu'ils s'en débrouillent. C'est eux qui l'ont choisi, qu'ils s'en débrouillent. Et je ne suis pas d'accord pour que tout la vie politique, maintenant, nous passions notre temps à discuter des affaires qui arrivent dans la même équipe de personnages.
Moi je veux parler du reste. Donc vous comprenez? On s'est tapé 6 semaines de costard de Fillon, après on s'est tapé 2 semaines pendant les législatives de M.
Ferrand...
Ça ne va pas durer tout la vie. Et j'ajoute que tout ça contribue à créer une ambiance anti-parlementaire que je déplore, et que le groupe "En Marche" contribue à augmenter. Si vous avez écouté le discours de M. de Rugy hier, pourquoi veut-on réduire le nombre de parlementaire ?
Peut-on me le dire ? Comptons-nous réduire le nombre de patrons ? pourquoi compte-t-on réduire les moyens, qui sont les plus faibles accordés dans toute l'Europe à des parlementaires pour travailler, je ne parle pas de la paye.
Ça commence à bien faire tout ça. Donc, je demande que l'on puisse parler du code du travail, des libertés publiques, et quant à M. Ferrand et le reste, qu'ils s'en débrouillent avec la Justice et les médias. [FN] Un mot de la diplomatie française.
Emmanuel Macron a proposé hier à D. Trump, d'assister au défilé du 14 juillet prochain. C'est une invitation opportune à vos yeux ? [JLM] Non, du tout.
En tout cas, moi je le déplore. M. Trump n'est pas le bienvenu à la fête du 14 juillet.
C'est la fête de la liberté des Français. M. Trump représente l'OTAN et l'asservissement de notre nation à une coalition internationale dans laquelle elle ne joue aucun rôle.
M. Trump est un violent, il n'a rien à faire là. M'enfin, bon, il sera là.
Quand il sera là on l'accueillera dignement puisqu'il est le président des Etats-Unis d'Amérique, mais non (interrompu) [FN] On a bien compris qu'à vos yeux il n'était pas le bienvenu. [JLM] Non, il n'est pas le bienvenu, c'est clair, autant le dire. [FN] Merci JLM.
Une dernière question. Laurent Berger disait tout à l'heure "Chiche pour une loi de moralisation de la vie syndicale". Est-ce que la France Insoumise pourrait porter cette proposition de loi à l'Assemblée ? [JLM] Non, parce qu'elle ne porterai d'abord une loi de moralisation du patronat et des médias.
On interdirait à 9 personnes de posséder 90% des médias. Et on interdirait que les grands patrons puissent, eux, se gorger d'argent et on établirait la règle "pas plus de 1 à 20 d'écart de salaire dans les entreprises". Donc avant de s'attaquer aux syndicats, après s'être attaqué à la représentation parlementaire et avoir fait des ordonnances, je vous signale qu'il ne reste que quelques petites frontières avant de passer dans un régime dictatorial.
Alors on ne laissera pas passer celle-là. [FN] Merci beaucoup JLM [JLM] Merci.
Emmanuel Macron