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interviewLe Média (sur YouTube)· 4 avril 2025 29 min

RACHIDA DATI : LES DESSOUS D’UN BAD BUZZ QUI POURRAIT LUI COÛTER CHER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Salut à toutes et à tous. Vous êtes sur le média et vous regardez les indiscrets. Votre rendez-vous hebdomadaire porté par Nils Villequeu.

Nils Villeque, on le dit toutes les semaines, il a un carnet d'adresse long comme un CV d'un bac + 14, on va dire, et il a une connaissance fine des acteurs politiques de tout bord. Il nous permet d'arpenter chaque semaine les dédas de la politique française. Cette émission, le rappel, existe grâce à vous, notre communauté engagée.

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N'hésitez plus, passer à l'action. [Musique] Au sommaire, Dati la menace. Pourquoi l'altercation de Rachid Adati avec une fonctionnaire de l'assemblée pourrait faire capoter la réforme de l'audiovisuel ?

Macronal, a-t-il un problème entre le grand frère et le petit frère ? Les gros guillemets sont-ils nécessaires pour encadrer ces appellations inaugurées ? On rappelle par Emmanuel Macron lui-même, on va en parler, LFI contre le reste de la gauche face à la condamnation de Marine Le Pen.

De quoi en ressort-il ? Salut Nils. Salut Théo.

Salut à toutes et à tous. Alors Nils, il paraît que Rachida Dati fédienne, la ministre de la culture a fait scandale cette semaine au point de créer un début de révolte chez les députés. C'est quoi cette histoire ?

Oui, on peut dire on peut dire que c'est la confrontation de deux mondes he de deux styles et puis surtout d'une grande incompréhension. mutuel. Euh tout ça souprait d'enjeux électoraux.

Alors euh c'est une controverse de plus au départ autour d'un texte euh déjà polémique et je pense qu'on a dû en parler sur le média qui prévoit de créer une holding euh France Méia qui chapoterait à la fois France Télévision, Radio France et LINA. Euh tout ça évidemment tu t'en doutes euh sous la sous l'autorité d'un ou une présidente évidemment choisie par le pouvoir. Euh et évidemment bah ça plaît pas aux salariés euh des médias publics hein, pas seulement les journalistes mais l'ensemble des salariés de ces de ces différents de ces différents groupes du service public qui ont d'ailleurs fait grève en début de semaine contre le projet.

Les syndicats de France Télé de leur côté dénoncent un carnage hein. Je cite que prépare ce projet de holding de l'audiovisuel public. Et chez Radio France euh mêmes inquiétudes hein puisque les syndicats redoutent notamment une remise en cause de l'indépendance éditoriale et budgétaire ainsi qu'une tutelle de France Télévision. et la présidente Delphine Ernite évidemment pour la réforme.

Alors le petit souci pour le gouvernement et pour Rachi Adadati notamment, c'est que euh le projet accuse déjà un long retard en cause notamment évidemment la dissolution décidée par notre président Emmanuel Macron. Et donc Rachid Adati est sous la pression de l'Élysée pour mener à bien le texte. Alors Dati, ministre de la culture, c'est également le luxe, une certaine manière d'incarner la fonction, on va dire.

Oui. Bah ça date d'temps, hein, parce que déjà sur Nicolas Sarkozi, elle était très adepte de la presse people, voilà, tout ce qui pouvait effectivement la glorifier. Bah là, évidemment, comme elle est redevenue ministre, qu'elle est revenue en grâce euh parce que bon, elle s'ennuyait quand même un peu apparemment comme mère d'arrondissement à Paris, euh là, du coup, elle sort le grand jeu comme ici quand elle se rend lundi soir.

Donc c'était pour un dîner d'état à l'Élysée, euh évidemment donné par Emmanuel Macron, cette fois pour le roi et la reine du Danemark, dis donc. Et donc, Emma Shidati a sorti la grosse artillerie. Regardez.

Ouais. Ah ! Ah !

Vous attendez attendez, elle est content. Madame la ministre, madame la ministre, madame la ministre, s'il vous plaît. Madame la ministre, arrêtez-vous.

Arrêtez-vous. Voilà madame la ministre. Madame la ministre, pour nous là.

Pour nous. Retournez-vous. Retournez-vous là avec la robe.

Voilà. Oh là là. Voilà.

Retournez-vous là. Retournez-vous. Retournez-vous là là.

Ouais. Ça fait très f Voilà. Merci [Rires] Oh là là encore madame la minute s'il vous plaît.

On a la photo de la présidente. Alors notez pour la petite histoire que la ministre a adopté le sac Lady Dior Mini, l'un des préférés de Brigitte Macron. Alors, on parle quand même d'une pièce à 4700 € tout de même.

C'est ce que précise la presse p people que j'ai lu cette semaine chez le médecin. Voilà, parce qu'il faut bien passer le temps. Alors, pourquoi je vous parle de tout ça ?

Parce que le lendemain, Rachid Adati doit se rendre en commission à l'assemblée. Elle a fait donc la teuf à l'Élysée une partie de la nuit et puis en tenue de grand couturier donc elle portait du chaparellique quand même et puis elle a côtoyé le go européen la royauté du Danemark et puis le lendemain elle se retrouve dans les salles en fait de réunion en commission à l'Assemblée alors qu'ils sont pour évidemment nous journalistes on est un peu au courant mais elles sont je sais pas si toi-même tu es déjà mais elles sont petites souvent comme des mouchoirs de poche. un peu désué.

Euh et puis surtout euh le travail parlementaire, c'est pas tout à fait un défilé de mode, c'est rugueux, c'est long, c'est souvent un peu ennuyeux. Voilà, on enchaîne on enchaîne les amendements, c'est très technique. Et un député de gauche d'ailleurs avec lequel je parlais de ce de ce projet de réforme audiovisuelle me disait "Bah voilà, c'est un travail vraiment ingrat.

En plus, l'opposition vient un peu de partout en fait. Voilà, il y a une partie des macronistes qui sont contre la réforme, le RN qui joue les arbitres, la gauche qui est vent debout qui a déposé des milliers d'amendements. Bref, c'est un terrain miné et puis surtout les députés sont chatouilleux hein depuis la dissolution, depuis qu'ils ont réussi à être réélus et donc ils ont besoin de sentir qu'ils sont respectés.

Euh et puis malheureusement pour eux, Rachid Adati euh les règles, le travail parlementaire un peu ennuyeux, tout ça, elle aime pas beaucoup euh elle aime pas beaucoup s'y plier. Alors euh ça agace du coup les parlementaires depuis le début de l'examen du texte en commission. Alors euh c'est le style d'hy, c'est un peu le style sarcosique quoi.

Elle est très tactile, elle s'approche de vous, elle vous prend par le bras, elle rigole, elle fait des gestes de la main. Et tu vas me demander évidemment euh par quoi a commencé euh l'incident dont on va parler. Mais oui, justement, je te pose la question, Nils, par quoi a commencé l'incident dont on va parler ?

Alors, on voit, on va regarder parce que en plus, elle se permet de faire la leçon aux députés. Alors ça, ça les a rendu fous. Euh regardez euh regardez ce qu'elle dit hein.

Quand moi j'entends certains qui sont effectivement dans vos rangs, pas qu'au Parti socialistes qui me disent "On a une volonté sur les banss de l'Assemblée, madame la ministre, c'est de torpiller cette réforme. C'est irresponsable, je vous le dis avec beaucoup de gravité. Moi, je vous dire, on n'est pas élu ici pour torpiller.

On peut débattre mais pas torpiller. C'est honteux. Ces propos sont honteux.

Voilà. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ? Bah, la veille Rachidati voulait ajouter un amonnement au texte.

ça se fait de manière de manière assez courante. Et euh le problème c'est que les services de l'assemblée donc c'est services comment dire administratif alors c'est entre guillemets des petites mains. Alors c'est pas vraiment des petites mains au sens comment dire administratif du terme parce qu'en réalité c'est des haut fonctionnaires qui sont capés les administrateurs et les administrates de l'Assemblée.

En gros, c'est voilà des haut fonctionnaires qui sont chargés de regarder si les amendements sont sont bien conformes au règlement de l'Assemblée nationale, à s'assurer, voilà qu'il y a pas de de d'erreurs grossières et cetera. Donc c'est un peu c'est un peu nos secrétaires de rédaction, tu vois, en journalisme ou nos correcteurs, voilà, qui regardent l'article avant qu'il ne soit publié. Et là, malchance pour Rachidati et son cabinet puisqueévidemment elle est assistée d'une directrice de cabinet, de ses conseillers.

Et ben l'amendement a été jugé irrecevable par une administratrice du Pali Bourbon. il se trouve que c'est une chef de service euh voilà qui est très très capée, qui qui euh qui est respecté voilà par l'ensemble des groupes politiques des députés parce que à force effectivement bah les députés connaissent les haut fonctionnaires de l'assemblée. Voilà, il y a une espèce de respect mutuel qui s'installe et du coup l'administratrice de l'Assemblée prévient la ministre que l'amendement va devoir être scindé en plusieurs parties pour être examiné et ça ça ne plaît pas du tout à Rachidati.

Du coup, le taux monte euh et puis ça se termine effectivement euh bien en échanges verbaux assez violents selon les témoins, au point que le député à la fille Aurélien Saint-Toule, qui était sur place comme d'autres députés euh a volé au secours de la haute fonctionnaire. En gros, il s'est interposé entre les deux femmes euh et il y a un rapport d'incident qui a été rédigé notamment pour Yel Bron Pivé. Alors bon, la présidente de l'Assemblée, elle s'est pas vraiment mouillée en fait parce qu'elle a pas forcément envie de se frotter à Rachti.

Donc elle a demandé à chaque partie concernée de se serrer la main en gros, de se présenter des excuses et puis et puis de passer surtout à la suite parce qu'il y a cette fameuse réforme qui est sur le feu comme je vous le racontais en introduction. Euh sauf que le lendemain, au moment où euh l'on était en train de de parler donc euh de de cette de cette réforme et ben Rachi Adati a fait pile le contraire. Non seulement elle ne s'est pas excusée, mais en plus elle a lâché en peinture euh le nom de la haute fonctionnaire concernée alors qu'elle s'était engagée à ne plus s'en prendre à elle.

Alors, les services techniques euh de l'Assemblée ont bipé la séquence, hein, pour euh pour pas que son identité soit dévoilée au public. Parce qu'on on rappelle en plus euh c'est particulièrement pervers parce qu'on rappelle que les séances en commission comme les séances dans l'hémicycle à l'Assemblée, elles sont enregistrées parce que c'est la maison du peuple hein, quand même. L'Assemblée nationale, c'est comme le enfin bon, le Sénat, c'est moins la maison du peuple, mais c'est enregistré aussi pour permettre aux citoyens évidemment de suivre l'élaboration des textes et la démocratie en direct.

C'est quand même très beau. Et donc effectivement bah ça a pas plu au députés en fait cette séquence et un député de droite notamment qui pourtant est pas est pas du tout pro LFI disait bah c'est Rachidati, elle est terrible. Voilà, c'est une petite terreur hein, c'est la terreur d'ati.

Et puis toujours lors de cette séance le lendemain donc de l'incident, elle continue à faire état de tension avec l'administration de l'Assemblée jusqu'à ce qu'elle explose carrément. Regardez la séquence pépites. Monsieur le rapporteur, madame la ministre, tous les acteurs du secteur sont hostiles à ce projet de réforme.

Tous responsables, salariés, syndicat, association professionnelles. Madame la ministre, madame la ministre, madame, madame la ministre, madame la ministre, respectez aussi ce qu'on reçoit. Madame la ministre, respectez aussi ce qu'on reçoit.

Là, vous n'avez pas la parole. comme [Musique] ça parlementaire. Si à l'avenir il y avait le moindre autre problème, ça serait une suspension longue avec peut-être pas de retour du tout.

Et je suis très sérieuse. Moi, soit nous menons des débats sereins, madame la ministre, serein et apaisé parce que vous m'écoutez pas et vous me regardez pas, serein et apaisé. Soit je resuspends à nouveau, mais ça sera pas pour 10 minutes, ça sera pour un temps éternel peut-être.

Je Bah, écoutez, vu le sort de cette proposition de loi, il a le temps en réalité de revenir. Comme ce sont des sujets importants, je vous demanderai d'écouter parce que sinon vous allez voter. Vous ne savez même pas pourquoi vous allez voter.

Donc il y a un moment où ça serait peut-être bien qu'on ait une attention intéressante. Voilà. Voilà.

Donc là, elle dit quand même au députés bosser au lieu de faire des commentaires à la con. Je cite "L'ambiance est bonne, on va dire." Et pour évoquer le texte lui-même, Nils.

Oui. Alors, le problème, c'est qu'on suspecte fortement Rachid Adati d'avoir passé en fait un deal avec Emmanuel Macron. Le président l'a fait entrer évidemment au gouvernement avec tout le décorum que l'on connaît, hein, officier de sécurité, cabinet ministériel et cetera et cetera. en échange d'une adoption définitive de la réforme de l'audiovisuel à l'été et puis surtout du soutien des macroniste au municipal à Paris en 2026.

Autant te dire que c'est pas gagné. Euh pression supplémentaire. Ce matin, on apprenait j'apprenais de la part de plusieurs euh députés renaissance et de mes sources à l'Assemblée nationale euh qu'une partie d'entre eux commençait à faire pression sur la section parisienne de Renaissance ou en tout cas ce qu'il en reste euh pour commencer à lâcher la ministre histoire de bien lui mettre la pression.

Alors Nils, notre second sujet c'est l'exécution provisoire de la de l'inéligibilité de Marine Le Pen. La manière dont on doit l'interpréter divise la gauche, on va dire. Oui.

Alors, divise la gauche, c'est surtout la France insoumise contre le reste de la gauche he parce que effectivement la formation de Jean-Luc Mélenchon c'est plutôt démarqué du Parti socialiste, des communistes et des écolos puisque ils ont critiqué l'exécution provisoire qui empêche, on le rappelle, Marine Le Pen de se présenter pour le moment en tout cas pour 2027. Alors, sachant que le procès devrait se tenir une fois de plus, cette fois en appel à l'été 2026. On ne sait pas encore quel sera le destin de Marine Le Pen, en tout cas politique.

Euh mais en tout cas voilà, du côté de la France insoumise, on critique on critique cette mesure. Donc en fait Jean-Luc Mélenchon rejoint en réalité la droite et une partie de de l'extrême droite qui est incarné par Ericoti sur le sujet et on va écouter leurs interventions et en fait leurs discours sont assez similaires. Pardonnez-moi de le dire, c'est vous qui faites la loi.

C'est le parlement qui fait la loi. J'ai lu les déclarations des insoumis sur cette question. J'ai lu le avec une très grande clarté.

Ils ont indiqué que selon leur idée du droit, il devrait y avoir et bien je considère que pour vous la réflexion doit être conduite. C'est la raison pour laquelle pour que la loi soit acceptée, pour que les décisions de justice soient respectées, il faut qu'elle se soient ouverte dans l'ensemble de la procédure. Et voilà pourquoi nous sommes contre le fait que soit exécutoire une mesure d'inéligibilité, c'est-à-dire tout le reste, vous pouvez faire appel, sauf ça, et vous êtes inéligible.

Alors, il pourrait survenir certaines circonstances ou mais moi, je préfère dire que je ne vois pas bien lesquels. Je veux aujourd'hui dire tout mon soutien à Marine Le Pen dans ces conditions. Ce qui se passe est d'une gravité extrême.

Alors que le pouvoir exécutif n'exécute plus rien, alors que le pouvoir législatif ne légifère sur rien, nous observons la prise de pouvoir de l'autorité judiciaire. Le gouvernement des juges s'installe contre le peuple souverain. Alors, pourquoi on parle de cette fameuse exécution provisoire ?

Et ben parce que Éric Sioti va jusqu'à réclamer en fait sa suppression, ce qui fait quand même débat. L'exécution provisoire, elle est aussi vieille euh que le code pénal lui-même. Elle elle date du début du 19e siècle et puis elle vise à empêcher en fait une personne condamnée en première instance et qui a fait appel euh à tout simplement récidiver euh puisque l'appel est censé être suspensif.

Ben là, l'exécution provisoire, elle permet effectivement de de mettre la société à l'abri face aux agissements potentiels de cette personne. Et donc effectivement, on voit un front comme ça qui se qui se dessine contre cette exécution provisoire parce que les politiciens désormais en font évidemment les frais. Curieusement, les débats en cours portent moins finalement sur la peine de prison qui a été infligée au prévenu d' Marine Le Pen.

On rappelle quand même qu'elle s'est pris euh euh 4 ans de prison, dont deux fermes, hein, une forte amende. Euh effectivement, les débats portent plus sur l'application immédiate d'une partie de la sentence et c'est ce qui c'est ce qui intéresse en tout cas la France insoumise, mais c'est surtout que on voit que les élus de ces bords politiques sont tous pris he d'une espèce de fièvre législative. Il faut absolument revenir sur cette exécution provisoire.

Alors, ça plaît pas beaucoup au magistrat. Donc, j'ai appelé plusieurs syndicats de de magistrat pour avoir un petit peu leur avis et bon, ils sont tous sans surprise, pas très contents déjà qu'on remette en cause leur décision. Alors, c'est pas le cas de la France insoumise, c'est évidemment le cas du Ren de l'extrême droite d'Éric Sioti et puis du d'une partie du modèle, mais c'est surtout que en fait les les juges se sentent un peu lâchés en race campagne euh et on rappelle notamment que les lois de moralisation de la politique et cette exécution provisoire, elles ont été renforcées après l'affaire Fillon en 2017 qui avait éclaté, qui avait qui a abouti d'ailleurs à la condamnation de l'ex-premier ministre et de sa femme Et donc, il s'agissait, il y avait une espèce de de fièvre législative à ce moment-là pour durcir euh les peines, durcir euh rendre obligatoire l'exécution provisoire.

Et puis là, bah effectivement, les magistrats ont l'impression qu'on se retourne contre eux à travers euh après ce verdict euh qui a visé Marine Le Pen. Alors, euh c'est drôle justement parce que cette séquence, elle est pas sans rappeler une autre séquence qui a eu lieu 25 ans auparavant. Alors, ça nous rajunit pas.

À l'époque euh et certains de nos abonnés s'en souviennent peut-être, c'était l'époque des affaires qui visaient les politiques, euh l'affaire ELF notamment, mais aussi beaucoup d'autres. Regardez euh ce reportage de l'ancienne émission Capitale euh sur M6, c'était en décembre 2001. Patron, cadre supérieur, homme politique, les clients ne sont pas n'importe qui.

On a investi jusque dans les sous-sols gardé par les gendarmes, voilà la salle des cellules. Il y en a cinq. C'est sur ces bancs qu'on attend d'être interrogé par les juges.

Pas un seul graffiti au mur. Là s'est assis quelques heures en décembre 2000 l'ancien ministre Michel Roussin avant d'être transféré à la prison de la santé. C'est par là encore qu''est passé le 6 février 2001 le fameux Alfred Sirven, l'accusé phare de l'enquête à son retour des Philippine.

C'est là enfin qu'a patienté Jean-Christophe Mitteran un jour de décembre dernier. Rien que du beau monde, les conditions de détention sont privilégiées. Parole d'expert.

Voilà. Et là tu vois Théo, on voit de grands patrons qui se retrouvent en cellules. Ça leur fait tout bizarre dis donc.

Certains se retrouveront même à la santé comme Louis, le froc pigeon. Euh et donc euh finalement les politiques se transforment en VRP des droits de la défense. À l'époque, les droits des juges sont restreints, hein.

On les empêche d'utiliser la détention provisoire. On on met ce pouvoir euh euh entre les mains d'un nouveau type de magistrat, les les juges de d'application des des peines et de la liberté. Euh et puis on revoit les conditions de garde à vue, de détention et cetera. 25 ans plus tard, les magistrats en poste ont un peu l'impression que c'est le même topo, hein.

Euh, bizarrement, les députés n'avaient pas remis en cause l'exécution provisoire avant la condamnation de Marine Le Pen. Euh, d'autant que il y a des soupçons quand même euh qui saisissent nos magistrats puisque euh outre Marine Le Pen, Sioti a lui aussi des ennuis avec la justice. Il fait l'objet d'une enquête.

Jean-Luc Mélenchon lui-même fait l'objet d'une enquête pour les mêmes faits que le Rassemblement national. Alors, évidemment à une échelle moindre mais enfin tout de même. Et puis euh François Bairou, lui aussi dis donc il va devoir être rejugé dans l'affaire des emplois fictifs du modem au Parlement européen.

Euh donc voilà, il y a une urgence à réformer et à supprimer euh une mesure juridique qui existe depuis 2 de siècles. Alors, il est pas impossible évidemment que les politiques comme Jean-Luc Mélenchon s'emparent de ce débat sur l'inéligibilité avec sincérité. bien sûr, mais il y a aussi une sorte de fougue hein qu'on ne leur connaissait pas pour défendre un sujet aussi peu vendeur électoralement.

Et effectivement euh bien il y a quand même des soupçons euh euh de la part des magistrats mais aussi d'une partie des Français sur les affaires qui touchent effectivement tous ces élus euh qui aujourd'hui ont envie de réformer la loi. Alors évidemment du côté de LFI, on se défend hein de toutes ces accusations. Alors j'ai posé la question à un député la France insoumise, il me dit bah non, les faits ne sont pas tout à fait les mêmes que Marine Le Pen.

De toute façon, l'affaire est à l'arrêt. Enfin voilà. Bon, le sujet est de toute façon très sensible effectivement pour pour la formation de Jean-Luc Mélenchon.

Dans la belle enquête fracture sociale de d'IPS, on nous dit 74 % des Français pensent que les politiques sont corrompues. Donc la la justice comme en matière d'agression sexuelle, comme en matière et bien elle répond à l'évolution de la société. Et là si on fait ça, si on fait une loi d'immunité pour les politiques qui sera pas une loi Sioti, qui sera une loi Le Pen Berou.

Je suis désolé parce queou a trouble. Ça vous a choqué ? Ah ben oui mais parce que il est concerné aussi.

Et l'opinion publique, qu'est-ce qu'elle en pense de tout cela ? Bah justement c'est là que ça se complique hein pour nos parlementaires de tout bord à gauche comme à droite puisque effectivement les sondages montrent en majorité que les Français approuvent la condamnation de Marine Le Pen. He 57 % des Français sondés pensent qu'il s'agit d'une décision de justice normale au vu des faits reprochés.

Ça c'était une étude élabe pour BFM publiée le soir même du jugement hein, donc lundi 1er avril tandis que le taux grimpe à 61 % 2 jours après d'après une étude cluster 17 pour le point donc cette fois qui était paru le 2 avril et puis aujourd'hui ce matin on a appris une nouvelle étude un nouveau sondage qui montre qu'une majorité de citoyens rejette la suppression de l'exécution provisoire pour les politiciens qui serait condamné. Est-ce que ça va les faire réfléchir ? Et bien ça euh on va avoir la réponse sous peu.

Alors Nils, en dernier sujet, je voudrais qu'on évoque la ligne directe entre Emmanuel Macron et Gabriel Atta, le grand frère entre guillemets et son petit frère. Il y a de la friture sur la liaison. Alors, c'est même pas qu'il y a de la friture, c'est qu'il y a plus liaison en fait entre les deux, hein.

C'est c'est il ne se parle plus apparemment. Et Gabriel Atal notamment est engagé là dans une dans une bataille en fait pour relever le Parti Renaissance. On en avait parlé dans cette émission puis sur le média en général puisque c'est vrai que c'est il y a un peu un parfum de loose en ce moment au parti macroniste.

He on rappelle qu'ils se sont fait laminer aux élections législatives après la dissolution décidée par Emmanuel Macron lui-même. Euh et donc Gabriel Atal n'avait pas été un au courant avant le tout dernier moment de de la décision. Euh et donc Gabriel Atal désormais est le chef de parti et il essaie effectivement de ramener les adhérents, il faut bien le dire, qui sont dégoûtés par plusieurs années euh euh voilà de de de changement de cap hein présidentiel.

Euh et notamment dimanche 6 avril. Donc ce dimanche euh Renaissance a organisé un grand meeting, un grand raou. Euh alors il réunit tous ses soutiens ou en tout cas il veut les réunir à la cité du cinéma de Saint-Denis.

Euh j'en avais parlé d'ailleurs pour un article pour finestigation. Alors, le rendez-vous est euh prévu de longues dates, mais euh il y a eu un changement entre-temps. C'est tout simplement la condamnation de Marine Le Penne qui a souffler euh on l'expliquait pendant le deuxème sujet, toute la classe politique.

Et donc le Rassemblement national a prévu une manifestation de soutien à Marine Le Pen à Paris également ce dimanche. Et donc bah, il va y avoir un peu une compétition en fait entre les deux camps. Chacun va compter ses forces.

Alors l'entourage de Gabriel Atal en fait un petit peu des tonnes hein parce que évidemment ils ont peur de ne pas réussir à ramer suffisamment de monde pour remplir la salle. C'est étonnant hein quand même après plusieurs années de déception. C'est un peu comme le Parti socialiste finalement après le quinquena Hollande quoi.

Voilà, il y avait plus d'élus presque que d'adhérents. Bah là c'est un petit peu la même chose chez chez Renaissance hein. Alors l'entourage de Gabriel Atal parle d'un avant-goût de présidentiel.

Euh bon, du côté du parti, euh il y a certains cadres qui disent "C'est plutôt un avant-goût de défaite, hein, présidentielle." Euh oui, voilà, on va pas être trop euh trop de mauvaise fo Alors, euh du côté de Renaissance, de la direction de Renaissance, on plastronne, hein. Euh il y aura à peu près euh plus de 7000 invités qui vont venir.

Voilà. Euh le parti a mis les petits plats dans les grands. Euh le Parisien nous apprenait cette semaine que euh il y aurait tout un tas d'animations hein euh pour amuser les adhérents euh donc à la cité du cinéma, notamment des châteaux gonflables.

Dis donc euh c'est plutôt gonflé mais pourquoi pas ? Et donc c'est ce qu'a dit une députée renaissance en fait au journaliste du Parisien pour l'inciter à venir à ce dîner plutôt que de couvrir le fameux la fameuse manifestation du Rassemblement national. Alors, connaissant en plus l'orientation de nos médias par rapport à l'extrême droite en ce moment, on sait qu'ils surfent tous sur la vague.

C'est d'ailleurs pour ça qu'on apprécie d'avoir le média indépendant, voilà, pour nous informer. Mais voilà. Alors, du coup, Atal à tal, il va à fond.

Euh ils ils expliquent qu'ils ont passé une des commandes de chaises supplémentaires depuis lundi, qu'ils ont imprimé de nouvelles affiches, hein. D'ailleurs, on voit Gabriel Atal debout au pupitre devant une marée de drapeau bleu, blanc rouge évidemment hein et le slogan pour la démocratie et nos valeurs en lettre capitale. Alors comme d'habitude avec les macronistes, on sait pas trop ce que ça veut dire hein derrière ce slogan parce qu'on c'est un peu fourtou.

Euh et puis surtout il y a pas Emmanuel Macron dis donc hein et d'ailleurs Gabriel Atal n'a pas franchement prévu de le nommer euh sauf pour les questions internationales, ce qui est une manière polie en fait de le pousser vers la sortie. Euh et euh évidemment bah les macronistes veulent veulent profiter de cette séquence avec le Rassemblement national qui squat les médias euh évidemment pour se plaindre hein de la fameuse peine qui a été infligée à Marine Le Pen malgré les 4 millions d'euros qu'elle a piqué dans la caisse du Parlement européen. Et donc évidemment les macronistes veulent en profiter pour se poser en garant de la démocratie évidemment de l'indépendance de la justice.

Alors, ça fait un petit peu sourire he quand même certains macronistes notamment au sein du parti qui sont un petit peu plus critiques hein des des orientations qui ont été prises ces dernières années qui sont quand même en contradiction avec le programme de l'Emmanuel Macron de 2017 hein Emmanuel Macron de 2025 ou de 2024 ou de 2023 et pas celui de 2017 et qui m'explique que dis donc les leçons de démocratie de la part du parti restent de ORN alors que Emmanuel Macron a tout fait pour échapper à la justice hein sur l'affaire Benala. On rappelle le "Venez me chercher". Le nombre de ministres mis en examen euh dont certains d'ailleurs ont été condamnés, hein.

On rappelle notamment l'affaire du SO, mais il y en a d'autres. Rachid Adati, elle-même est est mise en examen dans l'affaire Carlos Gaun et elle risque gros d'ailleurs. Euh donc voilà, tout ça tout ça finalement inspire des commentaires assez ironiques au sein du parti.

Et d'ailleurs, il y a des certains militants qui m'ont confié avoir pris une invitation pour y aller euh pour se marrer un bon coup, festoyer finalement et sans vraiment penser à la suite. Ça te donne quand même la teneur voilà de de l'état d'esprit disons de certains macronistes avant cette soirée. Merci Nils et merci à vous d'avoir regardé cette émission.

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