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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 12 juin 2026 21 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeImmigration & asileTravail & emploiSolidarités & famille

SÉBASTIEN CHENU : « Le pacte migratoire européen est une bombe à retardement ! » (France Inter)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:45OuverteÉludée

    Est-ce que, comme le président de votre parti, vous demandez la démission de Gérald Darmanin ?

  • 1:24RelanceRéponse partielle

    Donc vous ne demandez pas sa démission ?

  • 1:54OuverteRéponse partielle

    Mais jusqu'où allez-vous dans la volonté de mettre la justice sous tutelle ?

  • 5:30RelanceRéponse directe

    Non, je n'ai pas mis en cause les magistrats, j'ai mis en cause le conseil supérieur de la magistrature

  • 5:41OuverteRéponse directe

    Quand Marine Le Pen parle d'idéologie chez les magistrats, de quelle idéologie s'agit-il ?

  • 8:18ComplaisanteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas aussi le temps du recueillement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:50Invité politiqueFait
    « C'est non seulement un effondrement, mais c'est une faillite en réalité à laquelle nous sommes en train d'assister. »
  • 1:00Invité politiqueFait
    « Gérald Darmanin est un des artisans de cette faillite. »
  • 3:26Invité politiqueChiffre
    « 3 500 places construites, madame. Nous sommes à un taux d'occupation qui explose. »
  • 3:36Invité politiqueChiffre
    « Nous avons 25% des personnes incarcérées qui sont de nationalité étrangère. »
  • 3:41Invité politiqueChiffre
    « Emmanuel Macron avait promis de construire, je crois, 15 000 places de prison. »
  • 4:07Invité politiqueFait
    « Je regardais hier chez vos excellents confrères de France Télévisions à reportage qui disaient que le Conseil supérieur de la magistrature n'a prononcé qu'une sanction en 15 ans. »
  • 4:13Invité politiqueFait
    « Le juge Burgaud, par exemple, de l'affaire Doutreau est toujours quelque part en poste en France. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « même les Américains, une structure américaine, avait identifié l'auteur comme étant un pédocriminel. »
  • 11:18Invité politiqueFait
    « Notre programme, c'est que lorsque vous avez travaillé à partir de 20 ans, vous pouvez partir, et que vous avez 40 annuités, vous pouvez partir à partir de 60 ans. »
  • 12:42Invité politiqueFait
    « D'abord, ce n'est pas une fatalité l'effondrement démographique. »
  • 12:53Invité politiqueChiffre
    « On fait venir 600 000 personnes, 600 000 étrangers par an dans notre pays. »
  • 15:24Invité politiqueFait
    « une majorité des étrangers qui arrivent dans notre pays ne travaillent pas. »
  • 19:13Invité politiqueFait
    « La France n'a pas à culpabiliser concernant son émission de CO2. »
  • 19:39Invité politiqueFait
    « la France n'est pas un mauvais élève. »

Temps de parole

  • Sébastien Chenu66 %
  • Présentateur23 %
  • Invité11 %

6,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Invité du grand entretien ce matin, nous recevons un député Rassemblement National du Nord, vice-président du RN, alors que son parti organise aujourd'hui dans l'Essonne son deuxième séminaire de préparation à l'élection présidentielle en présence de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Questions, réactions chers auditeurs au 01 45 24 7000 ou sur l'application Radio France. Bonjour Sébastien Chenu. Bonjour Monsieur. Bonjour Madame. Merci d'être au micro de France Inter. Aujourd'hui Sébastien Chenu, il y a les obsèques de Liana qui auront cours à 14h30 à Florence, Liana 11 ans. Vous avez parlé hier soir, je cite, d'effondrement de l'institution judiciaire.

Est-ce que, comme le président de votre parti, vous demandez la démission de Gérald Darmanin ?

0:50
Sébastien Chenu

C'est non seulement un effondrement, mais c'est une faillite en réalité à laquelle nous sommes en train d'assister. Et Gérald Darmanin est un des artisans de cette faillite. Donc évidemment, s'il avait un peu d'esprit de responsabilité, puisqu'on nous serine ce terme à tout bout de champ, nous sommes en responsabilité. Qu'est-ce qu'on a pu entendre ça dans la bouche des ministres macronistes ? S'il avait un peu de sens de l'honneur, il remettrait sa démission. Mais comme le dit Marine Le Pen, mais à quoi bon ? Pour être remplacé par quelqu'un qui pense, qui est dans la même ligne idéologique, qui pense comme lui et qui ne fait rien.

1:24
Présentateur

Donc vous ne demandez pas sa démission ?

1:25
Sébastien Chenu

En tous les cas, il devrait être bien inspiré de le faire. Mais la réalité nous oblige à dire que ça ne change rien. Parce qu'on ne sort pas, en fait, dans cette affaire-là, on ne sort pas du responsable, mais pas coupable. En fait, tous ces gens-là nous disent, je suis responsable du ministère de la Justice, mais je n'ai aucune culpabilité dans ce qui se passe. Bah si, M. Darmanin et ceux qui l'ont précédé durant 10 ans ont une responsabilité et une culpabilité dans l'effondrement de notre institution judiciaire.

1:54
Présentateur

Alors, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé devant le Sénat prendre dans les tout prochains jours un décret sur la nécessité de motiver des classements sans suite dans les plaintes concernant les crimes sexuels sur mineurs. Le gouvernement va proposer au Parlement de continuer à augmenter le budget de la justice en 2027. On entend votre critique, qui peut être légitime, du dysfonctionnement de la justice. Mais jusqu'où allez-vous dans la volonté de mettre la justice sous tutelle ?

2:20
Sébastien Chenu

Il n'y a pas de volonté de mettre la justice sous tutelle. Il y a une volonté d'avoir les yeux en face des troupes, pardonnez-moi pour l'expression, mais d'abord de sortir du déni. Le déni d'une société dans laquelle la violence est installée à tous les étages, dans laquelle la violence est endémique, dans laquelle les mineurs sont mis en cause de façon très importante dans les actes de violence. Une société dans laquelle les affaires de pédocriminalité, lorsqu'elles ne sont pas mises sous le boisseau, en tous les cas je pense à l'affaire du périscolaire à la mairie de Paris, ne sont pas traitées.

Une société, une justice dans laquelle il y a évidemment un manque de moyens parce qu'il y a ce déni. Quand vous ne voulez pas avoir la vérité en face, vous ne mettez pas les moyens pour la combattre. Alors là, en toute urgence, d'abord on regarde et on prend acte, on arrête de nier les faits et l'explosion de la violence dans notre société. Ensuite on met des moyens en face, ça fait 10 ans qu'ils sont aux manettes.

3:11
Invité

Mais il y en a eu quand même, il a augmenté beaucoup le budget de la justice, on est passé de 7 milliards à 10 milliards et demi.

3:17
Sébastien Chenu

On pourrait parler du budget de la justice, on pourrait parler des prisons parce que si vous voulez avoir une justice qui soit efficace et enfermer des gens pour les protéger, pour protéger la société de ces gens-là.

3:25
Invité

Mais le nombre de places de prison a augmenté également.

3:26
Sébastien Chenu

3 500 places construites, madame. Nous sommes à un taux d'occupation qui explose. Nous avons 25% des personnes incarcérées qui sont de nationalité étrangère. Donc si vous voulez, Emmanuel Macron avait promis de construire, je crois, 15 000 places de prison. En effet. Nous en sommes à 3 500 de construites en 10 ans.

3:44
Invité

Et ça prend du temps et vous le savez Sébastien.

3:45
Sébastien Chenu

Donc quand je parle des moyens, c'est à la fois des moyens pour les tribunaux, c'est à la fois des moyens pour la pénitentiaire. Et puis il faut bien le dire aussi, il y a un esprit d'irresponsabilité dans la justice qui conduirait. Je regardais hier chez vos excellents confrères de France Télévisions à reportage qui disaient que le Conseil supérieur de la magistrature n'a prononcé qu'une sanction en 15 ans. Zéro blâme, zéro exclusion. Le juge Burgaud, par exemple, de l'affaire Doutreau est toujours quelque part en poste en France. La magistrate d'Auch qui a instruit, ou plutôt qui n'a pas instruit l'affaire Liana, a été promue il y a quelques semaines.

Donc au bout d'un moment où ce CSM ne fonctionne pas bien, le Conseil supérieur de la magistrature, où il ne prend pas la mesure des difficultés et des problématiques que peut avoir une décision de justice qui n'est pas rendue ou qui est mal rendue...

4:33
Invité

Mais la magistrate d'Auch, elle n'avait pas été saisie de l'affaire Liana puisqu'elle n'a pas encore été saisie. Vous parlez de l'affaire précédente, de la plainte de droit d'août. Elle a demandé au gendarme d'entendre le principal suspect et ils ne l'ont pas fait.

4:45
Sébastien Chenu

Madame, ce qu'il faut bien comprendre, c'est qu'en réalité, dans cette affaire Liana, et on le voit bien, même les Américains, une structure américaine, avait identifié l'auteur comme étant un pédocriminel. Chez nous, le dossier n'a pas bougé d'un centimètre pendant des années. Résultat, on a laissé un individu dangereux en liberté, s'en prendre et finalement tuer cette demoiselle. Il y a plusieurs choses, si vous voulez, qu'il faut avoir en traite.

5:09
Invité

Il reste présumé innocent.

5:11
Sébastien Chenu

Vous avez raison de le rappeler, bien sûr. Vous avez raison de le rappeler. Je vais être assez concret.

5:18
Présentateur

Non, parce qu'il y a une enquête administrative en cours, ça aussi, il faut le rappeler. Et on aimerait comprendre, parce que vous avez mis en cause le politique à travers le ministre de la Justice, vous avez mis en cause les magistrats. Non, je n'ai pas mis en cause les magistrats, j'ai mis en cause le conseil supérieur de la magistrature,

5:34
Sébastien Chenu

aujourd'hui, qui ne fonctionnait pas bien.

5:35
Présentateur

Mais est-ce qu'il n'y a pas aussi, derrière votre discours, une volonté de régler des comptes avec la justice, quand Marine Le Pen parle d'idéologie chez les magistrats, de quelle idéologie s'agit-il ?

5:47
Sébastien Chenu

C'est un enjeu de société, c'est un enjeu de civilisation, le rapport à la justice. On ne règle pas des comptes. Oui, il y a des magistrats qui sont idéologisés. Quand vous avez le syndicat de la magistrature qui fait le mur des cons avec des parents de victimes, je peux vous dire qu'il ne rend pas service à la magistrature. Parce qu'il fait porter sur les épaules de tas de magistrats. Je veux dire, moi, je suis fils d'une greffière. Ça fait des années. Je connais ce système et je sais l'extrême dévouement et l'extrême difficulté que peuvent rencontrer des magistrats à exercer honnêtement leurs fonctions.

Mais quand vous avez des syndicats de magistrats qui appellent à voter pour des candidats aux élections présidentielles ou plutôt à faire barrage au Rassemblement National, soyons clairs, eh bien je peux vous dire qu'ils laissent peser une suspicion sur la magistrature. Des choses concrètes parce qu'il faut quand même rentrer dans le concret pour essayer d'aborder les choses.

6:31
Invité

Par exemple, la loi intégrale que propose le parti socialiste pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes qui prévoit notamment des unités spécialisées, des juridictions spécialisées, un parquet dédié aux violences sexistes.

6:43
Sébastien Chenu

Oui, mais elle n'aurait rien changé, madame. Dans le cas présent, elle n'aurait rien changé. Moi, je veux bien en prendre acte.

6:49
Invité

On peut faire de la politique fiction, mais si c'était un magistrat spécialisé qui avait été saisi de l'affaire précédente,

6:54
Sébastien Chenu

peut-être qu'il l'aurait instruite plus vite. En tous les cas, cette loi intégrale est peut-être pleine de bons principes. Elle va fixer d'ailleurs un certain nombre de principes fondamentaux. Elle n'aurait rien changé. On va regarder ce qu'il y a dedans. Mais je veux dire, ce n'est pas efficace. On peut se gargariser d'un certain nombre d'outils. Moi, je vais vous proposer des outils.

On a une députée, la députée du Vaucluse, Catherine Rimbert, qui propose qu'on puisse faire inscrire aux fichiers automatisés non seulement des mineurs qui auraient été mis en cause dans des affaires de pédocriminalité, ou en tous les cas de criminalité à caractère sexuel, mais par exemple qui auraient pu faire appel entre-temps, et bien qu'ils soient dans les fichiers, mais également de pouvoir mettre en cause, de pouvoir faire en sorte que, par exemple, les professionnels du monde de la petite enfance fassent la preuve, ou en tous les cas démontrent qu'ils ne sont pas inscrits à ce fichier. Je pense que c'est une partie, une partie de la réponse.

Il faut adapter nos outils aussi aux enjeux.

7:46
Invité

Ou comment c'est la présomption d'innocence dans ce cas ?

7:48
Sébastien Chenu

La présomption d'innocence, elle existe partout. Et pour tout le monde, il n'y a pas de problème avec la présomption d'innocence sur ça. Mais d'ailleurs, quand je vous dis ce fichier, ce n'est pas une invention, ça existe déjà. Oui, il existe déjà. On fait simplement couvrir les possibilités d'inscription à ce fichier. Le mécanisme, il existe déjà.

8:05
Présentateur

Le mécanisme existe déjà, il faut le rappeler. De nombreuses questions d'auditeurs qu'on va vous poser dans un instant. Mais il y a l'affaire Liana et l'utilisation politique qui est refusée par la famille. Est-ce que ce n'est pas aussi le temps du recueillement ? Et il n'y a pas une forme de devoir de réserve à respecter lorsqu'on est responsable politique face à l'intensité de la douleur des familles et des proches, Sébastien Chenu ? Mais l'un n'empêche pas l'autre.

8:34
Sébastien Chenu

Je veux dire, moi, mon rôle de politique, il est d'essayer, c'est pour ça que je me suis engagé d'ailleurs, de trouver des solutions aux maux de notre pays. Il n'empêche aujourd'hui qu'on peut avoir, et vous m'avez invité sur votre plateau, alors même que ce sont les obsèques de Liana, c'est-à-dire qu'on peut parler de la faillite de la justice dans notre pays, tout en ayant une pensée affectueuse et respectueuse pour la famille qui aujourd'hui enterre sa fille.

Mais attention à ne pas déplacer le problème, déplacer encore une fois le regard en disant c'est le temps du deuil, et puis après le temps du deuil c'est le temps du silence, et puis le temps du silence fait qu'on a oublié qu'on est reparti à la case départ. Moi je ne suis pas pour qu'on reparte à la case départ, je suis pour qu'on change le cours des choses, c'est le sens de notre engagement au Rassemblement National.

9:15
Présentateur

On l'a entendu, alors Sébastien Chenu, vous serez tout à l'heure dans l'Essonne à l'occasion du deuxième séminaire du Rassemblement National pour préparer l'élection présidentielle. Une élection, alors c'est assez paradoxal puisque vous travaillez sur le fond, mais avec quel candidat ou candidate ?

9:29
Sébastien Chenu

Celui que la justice va finalement désigner, car il s'agit aujourd'hui, c'est étrange d'ailleurs dans une démocratie de dire ça, il s'agit aujourd'hui... C'est très étrange, vous en revenez encore à la justice. C'est la justice qui va permettre ou non à Marine Le Pen de porter les couleurs du Rassemblement National à l'occasion de cette élection. C'est factuel.

9:48
Présentateur

Ce qui veut dire que Jordan Bardella ne serait qu'un candidat par défaut ?

9:50
Sébastien Chenu

Non, Jordan Bardella est le patron de notre parti politique, il est le patron du Rassemblement National, et nous on n'avance pas... Mais ce serait un candidat par défaut ? Ben non, ce serait le candidat du Rassemblement National. C'est le candidat... Si Marine Le Pen... Ben évidemment, puisqu'on a organisé les choses de telle façon depuis des mois et des années, vous pouvez nous en donner le quittus, Marine Le Pen est notre candidate à l'élection présidentielle, et si elle était privée de ce rendez-vous électoral par la justice, Jordan Bardella prendrait la relève.

Mais si ce n'est pas le cas, Jordan Bardella assumera à Matignon la politique du Rassemblement National, du programme de la candidate à l'élection présidentielle.

10:21
Invité

Mais on voit bien qu'ils ne sont pas toujours sur la même ligne. Alors il y a la question de la démission de Gérald Darmanin, que Marine Le Pen ne réclamait pas que Jordan Bardella réclame. Il y a la question des retraites. Marine Le Pen, elle veut revenir en arrière sur la réforme. Jordan Bardella, il propose un autre type de retraite avec une fin de l'âge légal, avec une part de capitalisation. Ça serait les mêmes équipes ? Ça serait les mêmes personnes qui soutiendraient cette candidature ? Est-ce que c'est vraiment le même programme ?

10:45
Sébastien Chenu

Les mêmes équipes, oui, évidemment, puisque c'est le Rassemblement National. Mais ce n'est pas vraiment le même programme ? Si, c'est le même programme. D'ailleurs, ils ont tous les deux été élus et fait campagne, que ce soit en 2022 ou en 2024, sur le même programme, législative, européenne. Ils ont fait campagne sur le même programme.

10:59
Invité

On a entendu la différence ces derniers jours.

10:59
Sébastien Chenu

Vous êtes en train de me dire que vous avez compris ce que Marine Le Pen proposait. Parce que pendant des mois, on nous a dit...

11:06
Invité

Elle a défendu pendant des mois et des années le retour en arrière sur la réforme des retraites.

11:10
Sébastien Chenu

Génial, parce que pendant des mois, vous nous avez dit, vous autres, on ne comprend pas bien ce que veut faire Marine Le Pen. Je ne peux pas parler pour les autres. Maintenant, tout le monde a compris et j'en suis ravi. Oui, notre programme, c'est que lorsque vous avez travaillé à partir de 20 ans, vous pouvez partir, et que vous avez 40 annuités, vous pouvez partir à partir de 60 ans.

11:26
Invité

Avec ou sans âge légal.

11:27
Sébastien Chenu

Et à partir de 62 ans, j'y viens sur la borne. Et à partir de 62 ans, quand vous avez vos 42 annuités.

11:33
Présentateur

C'est important, Jordan Bardella, qui rappelait sur LCI que l'âge de départ ne veut rien dire. Vous comprenez qu'on se demande qui il faut écouter.

11:43
Sébastien Chenu

Le système, la proposition que nous faisons, c'est une réforme de société. Ce n'est pas une réforme paramétrique. On ne cherche pas à bidouiller des paramètres pour essayer de faire entrer les gens dans les camps. Qui permet de ne plus avoir de borne d'âge. On sera ravi de pouvoir s'en séparer. Mais aujourd'hui, pour des tas de gens, c'est un marqueur très fort. Après, il faut trouver le financement. Mais sur la borne d'âge, les annuités, le financement, vous savez très bien quelle est notre offre. Et elle perdure.

12:04
Invité

Mais donc, les deux candidats sont exactement sur la même ligne, le même programme. Il n'y a aucune différence.

12:08
Présentateur

Ben oui.

12:08
Invité

Pas l'épaisseur d'une feuille de papier.

12:10
Présentateur

Ben non. C'est pourtant étonnant, puisqu'ils ont deux propositions différentes. Mais il y a les projections démographiques qui sont alarmistes. Comment faire sans l'immigration ? Aujourd'hui est entré en vigueur le pacte européen pour la migration et l'asile. C'est un pacte qui a été négocié depuis six ans, approuvé par les États membres, qui en ont transcrit certaines dispositions dans leurs droits nationaux. Comment est-ce que vous maintenez le modèle social français, le système de retraite par répartition, sans avoir l'effondrement démographique qui est annoncé par absolument tous les observateurs et spécialistes de la question ?

12:42
Sébastien Chenu

D'abord, ce n'est pas une fatalité l'effondrement démographique. Nous, ça fait des années qu'on dit qu'il faut effectivement une politique nataliste en faveur de la hausse de la démographie. Ça fait des années qu'on nous rit au nez. Aujourd'hui, on dit « Ah, mais on est en train de s'écrouler ». Ça fait 30 ans que j'entends « Ah, il y a des métiers en tension, il faut faire venir du monde de l'étranger ». On fait venir 600 000 personnes, 600 000 étrangers par an dans notre pays. Ces métiers sont toujours en tension. Ça veut donc dire qu'en réalité, on ne traite pas le problème qui est salarial, problème de transport, problème de logement, et qu'on peut faire venir la planète entière.

Ces métiers seront toujours en tension. Donc, on sait très bien que ce n'est pas la réponse. La réponse, elle est quoi ? Elle est d'abord de créer de la croissance. Elle est nécessaire. Nous, c'est aussi pour ça qu'on dit qu'il faut rentrer... Il faut aussi les actifs au travail pour payer les retraites. Il faut faire rentrer plutôt les jeunes sur le marché du travail. Je rappelle que dans notre pays, on entre sur le marché du travail beaucoup plus tard, par exemple, qu'en Allemagne. Donc, maintenir aussi les plus anciens dans l'emploi, les seniors dans l'emploi, avoir des boulots à valeur ajoutée importante, pas les boulots dont la mondialisation macroniste nous a gavés.

Les chauffeurs Uber, les livreurs Deliveroo, qui sont des braves gens qui essayent de s'en sortir pour la plupart du temps, mais qui sont des métiers à faible valeur ajoutée. Donc, d'un côté, politique en faveur d'un soutien à la démographie. L'autre côté, politique de croissance, et non pas de décroissance, comme certains candidats peuvent évidemment le défendre. Et puis, nous, nous considérons, puisque vous avez parlé du pacte des migrations, qu'en fait, c'est une bombe à retardement. Si vous voulez, ce pacte des migrations, c'est la solidarité imposée, forcée.

14:07
Invité

Il s'agit quand même de filtrer un peu mieux les entrées, un peu plus les entrées à l'entrée de l'Europe. Il s'agit aussi de pouvoir, comment dire, mettre en rétention les personnes dans des pays tiers. Enfin, c'est des choses que vous avez soutenues, que votre parti a soutenues. Est-ce que finalement, l'adhésion à l'Europe, ce n'est pas une garantie contre l'immigration illégale ?

14:24
Sébastien Chenu

Non, mais ce qui pose problème dans ce pacte des migrations, c'est l'obligation d'accueillir. D'ailleurs, aucun État n'a choisi d'accueillir. Tous les États ont choisi d'avoir l'amende financière.

14:34
Présentateur

C'est un pacte négocié par les États membres qui l'ont voté dans leur parlement national. Pas en France. Pas encore.

14:42
Sébastien Chenu

Pas en France.

14:43
Présentateur

Mais c'est facile de blâmer la Commission européenne.

14:46
Sébastien Chenu

Mais regardez, je ne blâme pas la Commission européenne. Je vous dis qu'aucun État, dans ceux qui ont transcrit les dispositions, aucun État n'a choisi d'accueillir. Ils ont tous préféré avoir l'amende, c'est-à-dire une espèce de taxe obligatoire sur l'immigration. Ça veut donc dire qu'en réalité, personne n'est convaincu par ce pacte des migrations et que c'est une bombe à retardement. Nous, nous revenons toujours sur la même chose. Il faut demander aux Français ce qu'ils veulent en matière migratoire. Tous les sondages indiquent que les Français considèrent que l'immigration pose un problème. Le fait migratoire n'est pas géré dans notre pays.

Je vous disais qu'on accueillait 600 000 personnes sur notre territoire chaque année. Il faut bien loger ces gens. Il faut bien leur donner à manger. Mais ce sont des personnes qui contribuent, qui payent des impôts, qui payent des impôts. Non, madame, ça c'est faux. Puisque factuellement, une majorité des étrangers qui arrivent dans notre pays ne travaillent pas. Donc ça veut dire qu'ils sont beaucoup plus consommateurs de la solidarité nationale que contributeurs à cette solidarité nationale. Ce sont les chiffres.

15:39
Présentateur

Alors, vous êtes parlé justement de solidarité nationale. Le Rassemblement national se veut un parti proche des classes populaires. Il y a une question sur l'application Sébastien Chenu. Elle concerne l'image de Jordan Bardella au Grand Prix de Monaco. Un verre à la main lors du Grand Prix. La politique, ce sont des symboles. Et vous le savez très bien, vous qui êtes un bon communicant. Qu'est-ce qui, dans ce symbole-là, vous semble inapproprié ?

16:07
Sébastien Chenu

Moi, ce qui me semble inapproprié, c'est d'essayer d'attaquer des hommes politiques sur des affaires de vie privée. C'est-à-dire sur le fait d'aller voir un Grand Prix. Ce n'est pas de la vie privée.

16:14
Présentateur

En l'occurrence, c'est au milieu de centaines de milliers de personnes.

16:17
Sébastien Chenu

Mais alors, quel est le problème ? Il est allé voir un Grand Prix automobile. Je pense d'ailleurs qu'il y a beaucoup de Français qui aiment bien le Grand Prix de Monaco.

16:25
Présentateur

Et alors ? So what ? So what ? Vous savez que la politique, ce sont des symboles. Que c'est Monaco, que ça n'est pas un lieu anodin. Oui, mais parce que sa fiancée est monégasque. Que l'image est en contre-plongée et qu'elle semble être la manifestation de quelqu'un qui est au-dessus du peuple. Cette image, elle est ravageuse.

16:42
Sébastien Chenu

Et on le dit même dans votre camp. Non, mais écoutez, vous savez bien qu'en réalité, il est avec une jeune femme qui est elle-même monégasque. Donc, il passe du temps. Quand on est amoureux, on passe du temps avec la personne qu'on aime. Et il passe du temps là où elle réside. Moi, je ne vois pas trop le problème. Je pense qu'un politique, il doit être jugé sur ses actes, sur ce qu'il propose, sur ce qu'il porte comme espérance. Mais au sein même de votre camp, on s'est posé la question. Ce n'est pas sur une photo à un grand prix de Formule 1. Dites-le dans ces cas-là à vos militants et à certains de vos adhérents. Oui, mais je pense qu'ils s'en battent l'œil.

17:09
Invité

On voulait vous parler, Sébastien Chenu, de la pièce Passport, qui est un grand succès public en France, qui a été déprogrammée par le nouveau maire Rassemblement National de Castres. C'est son metteur en scène, Alexis Michalic, qui l'a annoncé. Est-ce qu'il faut s'attendre, si le Rassemblement National gagne l'élection présidentielle l'année prochaine, à des annulations de pièces qui ne plairaient pas dans des théâtres publics et à ce genre de politique interventionniste ?

17:38
Sébastien Chenu

Non, mais vous savez, quand on est à la tête d'une mairie, on a des objectifs, on fixe des objectifs en matière culturelle pendant l'élection, on présente un programme en disant voilà, moi je souhaite que la culture demain dans ma commune priorise telle et telle chose. C'est ce qu'a fait le maire de Castres. Il a considéré...

17:50
Invité

La pièce était déjà programmée ? Donc il l'a annulée ?

17:53
Sébastien Chenu

Elle a été programmée par ses prédécesseurs. Il a considéré que ça ne rentrait pas dans ses objectifs que de valoriser l'émigration. Alexis Michalic est un immense auteur et l'un des plus populaires en France. Ça ne remet pas en cause. Moi je suis allé voir sa pièce. Je connais sa pièce Edmond. Je ne me trompe pas en disant que c'est lui d'ailleurs. Oui, Edmond Rostand justement,

18:10
Présentateur

mais là, le passeport c'est différent. Il s'agit d'un jeune érythréen

18:13
Sébastien Chenu

qui est laissé pour mort dans la jungle de Calais. Il n'y a pas d'obligation pour les maires de financer, d'accueillir, de programmer toutes les pièces de théâtre. Ça ne répond peut-être pas à l'obligation en tous les cas que s'est donnée le maire de Castres dans son offre culturelle. Mais il y a des villes qui accueilleront très bien Alexis Michalic et il y a des villes qui ont d'autres choix culturels. Moi ça ne me choque pas. Je pense que les maires doivent être libres. Donc il est bienvenu partout sauf Euréren ? Il est bienvenu partout là où les maires auront envie de le programmer. Ce n'est pas un souci ?

18:42
Présentateur

Alors il y a la question climatique qui est importante et qui est posée par de nombreux auditeurs. Il y a donc l'accélération du réchauffement climatique et votre parti qui soutient une proposition de loi examinée hier à l'Assemblée qui autorise la recherche d'hydrocarbures en Guyane et à Mayotte. Est-ce qu'il n'y a pas une contradiction dans l'objectif de réduire les gaz à effet de serre et d'un autre côté les émissions de CO2 et d'un autre côté de continuer à explorer et donc à exploiter les hydrocarbures ?

19:11
Invité

Il faut préciser que cette proposition a été rejetée hier par l'Assemblée nationale.

19:13
Sébastien Chenu

Alors deux choses. D'abord c'est une proposition qui est portée par le groupe communiste, le groupe GDR. Donc c'est intéressant, vous avez vu, nous ne sommes pas des gens sectaires, nous sommes capables de soutenir une proposition qui vient de la gauche. La France n'a pas à culpabiliser concernant son émission de CO2. C'est aussi ça ce qu'il faut pouvoir commencer par dire. Arrêtons de faire culpabiliser la France. Moi je suis très attentif à ce que propose et ce que souligne souvent le GIEC. J'y suis attentif. mais je vois aussi, je note du coup, que la France n'est pas un mauvais élève.

Et puis c'est une façon aussi d'aider nos Outre-mer, de les aligner sur cette capacité à disposer des mêmes outils que les autres et de les aider. C'est aussi comme ça que ça a été présenté.

19:50
Invité

Les maires à l'air et d'hiver droite de Clermont-Ferrand et Toulouse ont instauré des couvre-feu pendant la Coupe du Monde de Foot. L'un pour les moins de 16 ans non accompagné, l'autre aussi mais pour certains matchs seulement. Est-ce que votre parti, est-ce que vous y êtes favorable ?

20:01
Sébastien Chenu

Je crois que Brian Masson, le maire RN de Caine-sur-mer, a instauré la même chose. Là encore, liberté des maires à gérer leur commune. Ce n'est pas moi depuis... Vous pouvez avoir un avis. Oui, je peux avoir un avis. Je pense que les maires sont des gens pragmatiques et qu'ils savent ce qu'ils font. S'ils considèrent, moi je suis élu de Denain, à côté de Valenciennes, où il y a eu des énormes problématiques le soir du dernier match de foot. Et c'est vrai qu'on pourrait se dire qu'effectivement qu'on a affaire des mineurs à cette heure-ci. Les maires sont des gens pragmatiques qui connaissent leur population. Ça ne gâche pas la fête.

Ceux qui gâchent la fête, ce sont les voyous qui cassent tout. Eux, ce sont eux qui cachent la fête. Moi, je ne veux pas d'un pays, si vous voulez, à la fin, dans lequel, effectivement, on oblige tout le monde à rentrer chez soi à 20h, dans lequel on est peur de se balader, on est peur de sortir avec ses mômes pour voir un match de foot. Je trouve ça consternant. Je trouve ça consternant. Je trouve que les voyous qui cachent la fête doivent être durement sanctionnés.

20:55
Présentateur

Même les supporters de l'OGC Nice

20:57
Sébastien Chenu

qui ont été l'auteurs de débordements. J'ai entendu, mais tous ceux qui se comportent mal dans notre pays doivent être sanctionnés. Mais j'ai entendu pendant des heures dire ce ne sont pas des supporters qui sèment la panique les soirs de match, ce sont des voyous. Donc il faudrait savoir. Mais de toute façon, si un supporter se transforme en voyou, il doit être sanctionné comme un voyou.

21:15
Présentateur

Merci Sébastien Chenu d'avoir été l'invité de France Inter ce matin.