Budget, suspension des indemnités… Retour sur la prise de parole de Sébastien Lecornu
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:12OuverteRéponse directe
Mais qu'est-ce qui va se passer ?
- 4:32OuverteRéponse directe
Brice Couturier, quel scénario pour vous ? Quel type de Premier ministre est-ce que vous avez un nom en tête ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Marc Baudrier, vous vous opteriez pour quelle personnalité à Matignon ?
- 6:44OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous verriez comme scénario ?
- 7:32FerméeRéponse directe
Dissoudre, et éventuellement, d'appeler à la démission du chef de l'État, Brice Couturier. Ça, vous n'en voulez pas, vous ?
- 13:36OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en retenez ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 9:39InvitéPromesse
« l'ensemble des consultations que j'ai pu avoir avec la Présidente de l'Assemblée Nationale, Madame Brune Pivet, avec le Président du Sénat, Gérard Larcher, avec l'ensemble des formations politiques, de l'UDI, de l'IOT, des Républicains, de Place Publique, du Modem, d'Horizon de Renaissance et d'autres, qu'il y a une volonté d'avoir pour la France un budget avant le 31 décembre de cette année. »
- 10:58InvitéChiffre
« la cible de déficit public doit être tenue en dessous de 5% du déficit, et c'est-à-dire en clair entre 4,7 et 5% de manière définitive. »
- 15:14InvitéFait
« la gauche peut voter avec le Rassemblement national des motions de censure pour faire tomber ces gouvernements les uns après les autres. »
- 15:27InvitéFait
« Si le PS accepte de s'associer pour un programme à minima, parce qu'on sait bien que LR et le PS sont d'accord à peu près sur rien, mais enfin, s'il ne rentre pas sur ce bateau-là, il est évident que la dite majorité présidentielle n'a pas la majorité, puisqu'elle a en tout 161 députés. »
Temps de parole
- Présentateur30 %
- Invité26 %
- Invité 223 %
- Invité 318 %
- Auditeur2 %
≈ 1,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquilly. 9h28, La Vérité en Face, vous le faites toujours si bien, vous nous appelez au 0826 300 300 et nous sommes au cœur de peut-être une résolution ou pas, nous verrons, de cet imbroglio politique. Dissolution, démission, Premier ministre de gauche, société civile, quel scénario nous attend aujourd'hui ? Je rappelle que Sébastien Lecornu doit s'exprimer d'un instant à l'autre depuis le perron de Matignon. Eh bien, nous diffuserons la déclaration du Premier ministre qui est une surprise totale. Nous ne savons pas ce qu'il va nous dire. Dans ce studio, j'accueille Brice Couturier. Bonjour Brice.
Bonjour, je suis journaliste et éditorialiste et nous connaissons des vies d'avant, cher Brice. Également invité, Marc Baudrier, soyez le bienvenu. Bonjour. Bonjour. Vous êtes directeur adjoint de la rédaction de Boulevard Voltaire. Nous verrons tous les deux ce que va nous dire. Le Premier ministre, dans quelques instants, c'est imminent. Peut-être... Alors, je vous couperai la parole. Dès qu'il va prendre le micro, je vous dirai stop. On écoute Sébastien Lecornu, c'est la régalée. Je commence par vous, Brice Couturier. Mais qu'est-ce qui va se passer ? Vraiment, c'est rarement nous aurons connu une telle situation politique dans ce pays.
Ne me dites pas que ça vous étonne et que ça vous déçoit. Parce que pour les radios de services d'information continue, c'est une aubaine formidable. On n'a jamais connu un tel bordel. Et en plus, il y a des rebondissements sans cesse. C'est mieux qu'une série télé. Quittez Netflix. Mettez-vous sur Sud Radio tout de suite. Marc Baudrier ? Oui, non mais nous, c'est vrai que ça amuse un peu les journalistes politiques. Je ne sais pas si ça les amuse, en réalité. Parce que c'est une situation inédite qui risque de se renverser d'un instant à l'autre. Qu'on sent bien qu'on est au bout de quelque chose et au commencement d'autre chose. D'une vie politique différente.
Je pense que le spectre politique qui a gouverné la France pendant des décennies est quand même au bout du rouleau. On le voit bien. Mais au fond, c'est tragique. Et nos auditeurs, je pense, le prennent comme ça. Parce que notre pays mérite mieux qu'une vacance de pouvoir. Parce que c'est de ça qu'il s'agit. Quasiment total avec un pays qui s'enfonce très rapidement dans la crise.
C'est un classique. Il y a ce micro qui est installé sur le perron de Matignon avec les portes ouvertes derrière. Et d'un instant à l'autre, nous attendons la venue du Premier ministre, désormais démissionnaire Sébastien Lecornu. C'est étonnant, Brice Couturier. Chaque fois que nous parlons d'un membre du gouvernement, nous devons ajouter l'adjectif démissionnaire. C'est devenu une sorte de... C'est banal. Ça y est, c'est banal. C'est devenu la coutume, l'habitude.
Ça ressemble un peu à la fin de la 4ème République. Et c'est ça qui fait peur, si vous voulez. C'est qu'on a vraiment le sentiment que c'est un système politique qui arrive en bout de course. Que les institutions n'avaient pas été du tout conçues par le général de Gaulle pour la tripartition qui nous arrive. Et qu'on n'arrive pas à faire rentrer dans les institutions telles qu'elles ont été pensées en 58, la situation actuelle. Donc je pense qu'on va vers un bouleversement institutionnel sévère. Probablement aussi vers une mise au rencard de la classe politique actuelle. Parce qu'elle s'est considérablement déconsidérée.
Et je pense qu'on est vraiment à la fin de quelque chose, au début de quelque chose d'autre difficile à dire.
Marc Baudrier, vous partagez le point de vue de Brice Couturier. Nous sommes à un moment charnière. On ne peut plus continuer avec ce que nous endurons d'un point de vue. Parce que la politique, bon ok, ça amuse, on va dire, un certain nombre de confrères, de consœurs. Mais en réalité, c'est un pays tout entier qui est en panne. Les Français attendent. Absolument.
Et c'est vrai que dans une entreprise, si vous voulez, l'ambition personnelle, parce qu'on voit bien qu'il y a un choc des ambitions. Dans une entreprise, l'ambition personnelle, c'est quelque chose de très positif. Quand vous recrutez quelqu'un qui est très ambitieux et qui travaille bien et qui travaille dans le sens de l'entreprise, c'est merveilleux, à partir du moment où il plonge l'entreprise, où son ambition plonge l'entreprise dans le chaos, à ce moment-là, il se fait virer dans une entreprise normale. En France, en ce moment, si vous voulez, ces jeunes cadres qui ont plongé l'entreprise dans le chaos, postulent à des postes de direction. C'est dramatique.
Oui, alors je vous pose une question très simple, avec une réponse de votre part, si vous le pouvez, très simple aussi, puisqu'on verra si nous sommes démentis par Sébastien Lecornu, dont nous attendons la déclaration. Brice Couturier, quel scénario pour vous ? Quel type de Premier ministre est-ce que vous avez un nom en tête ?
Moi, je m'étais prononcé dans un journal pour un gouvernement de technicien. Vous savez, les Italiens, qui sont un petit peu le laboratoire politique de l'Europe, sont déjà passés par là avec les deux Mario, Monti et Draghi, des gouvernements de techniciens. Quel serait le technicien ? Il n'en manque pas. Moi, j'aime bien Gilbert Seth, disons un technicien, un économiste, quelqu'un qui aurait, par exemple, dirigé la Banque de France. Ce genre de personnage, d'économiste au-dessus de la mêlée, sans aucune affiliation politique, capable de rassurer les marchés.
Parce qu'il ne faut pas oublier que le chaos politique commence à nous coûter très très cher sur le plan financier, alors que la situation est déjà dramatique.
Donc, vous dites un technicien, pourquoi pas un économiste de haut vol au-dessus de la mêlée pour gérer, on va dire, même plus que ça, jusqu'à 2027. Marc Baudrier, vous vous opteriez pour quelle personnalité à Matignon ? Ou est-ce que vous souhaitez-vous aller plus vite, plus loin ?
Moi, je ne crois pas du tout à un gouvernement de technicien. Je pense que la politique, c'est un métier, surtout dans la conjoncture que la France est en train de traverser, qui est extrêmement difficile, avec un paysage politique complètement morcelé. Et je crois qu'on est en train de payer aujourd'hui, si vous voulez, un mensonge qui a été fait, et une magouille qui a été organisée par Gabriel Attal, il faut le dire, lors des dernières législatives, qui a provoqué une espèce d'alliance, de fait, du spectre politique.
Vous parlez du barrage.
Des dernières législatives, voilà, du barrage qui a été fait au Rassemblement National, en alliant finalement, de fait, tous les partis politiques de LFI jusqu'à LR, pour contrer le Rassemblement National, ce qui a réussi. Parce que ça a faussé la donne. Ça a faussé la donne complètement, ça a tordu nos institutions, ça a tordu le vœu populaire, et c'est ça qu'on paye aujourd'hui. C'est qu'on a, au fond, une association qui revendique le pouvoir, et qui, en réalité, est minoritaire, est extrêmement morcelée.
Qu'est-ce que vous verriez comme scénario ? Donc, pas de technicien, comme nous dit Brice Couturier, qu'est-ce que vous verriez ?
Scénario très simple, en deux étapes. Soit une dissolution donne, avec quelques alliances, une majorité au Rassemblement National, puisque c'est le paysage actuel. Ils sont très dominants. Le Rassemblement National, dans les intentions de vote, fait le double du parti qu'il poursuit. Donc, il aurait besoin, sans doute, de conclure quelques alliances. J'ai vu que Sophie Primasse, par exemple, de LR, était favorable à discuter avec le Rassemblement National, contrairement à Retailleau. Soit, on n'y arrive pas avec de nouvelles élections législatives, et on sera obligé d'arriver à la démission d'Emmanuel Macron pour lancer une nouvelle présidentielle. Je ne vois pas d'autres solutions.
Dissoudre, et éventuellement, d'appeler à la démission du chef de l'État, Brice Couturier. Ça, vous n'en voulez pas, vous ?
A aucun prix. Donc, Emmanuel Macron reste jusqu'au bout, selon vous ? Oui, d'une part, effectivement, le mandat présidentiel et le mandat de l'Assemblée Nationale sont distincts et doivent le rester. Macron a été réélu. C'est le premier à être réélu depuis très longtemps, puisque ses prédécesseurs, malgré tout ce qu'ils ont tenté pour essayer de réformer le pays, ils n'ont pas pu se présenter une deuxième fois ou n'ont pas été réélus comme Sarkozy. Lui, il a été réélu. Il doit aller jusqu'au bout de son mandat. Ça serait vraiment absurde que, sous prétexte qu'on n'a pas de majorité, et qu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée Nationale, il démissionne.
Après tout, François Mitterrand, en 86, il a perdu les élections, la droite les a gagnées. En 93, la droite a gagné par l'Assemblée Nationale également, et François Mitterrand est resté en cohabitation. Les deux mandats doivent rester disjoints, parce qu'ils n'ont pas la même légitimité. Par contre, je voudrais juste rajouter une chose, parce que le Rassemblement National, aujourd'hui, le Rassemblement National, avec ses alliés de l'UDR, ils ont 138 députés, la majorité absolue juste 289. Je doute fort que ce parti puisse passer de 138 à 289.
Je pense que le Premier ministre s'approche de son micro, nous devrions l'entendre assez rapidement, il s'exprime. Sébastien Leclerc.
Merci d'avoir répondu présent pour ce petit point presse de méthode, au terme des premières 24 heures de consultation que j'ai pu avoir, avec un certain nombre de forces politiques représentées à l'Assemblée Nationale et au Sénat, quelques jours après la démission du gouvernement, suite à un certain nombre de problèmes partisans, sur lesquels je ne reviendrai pas, et pour lesquels j'ai accepté la mission que m'a confiée le Président de la République, au regard des trois semaines dernières mois de discussions, de négociations, de paramètres aussi de fonds budgétaires et sur d'autres sujets, d'essayer de trouver un chemin.
Et ce soir, je me rendrai à l'Élysée pour présenter au Président de la République les solutions qui sont sur la table, si nous arrivons à trouver des solutions.
Et de fait, si on voit beaucoup de choses dans la presse, et beaucoup de commentaires dans la presse, notamment hier, j'ai de bonnes raisons de vous dire que, parmi les bonnes nouvelles, l'ensemble des consultations que j'ai pu avoir avec la Présidente de l'Assemblée Nationale, Madame Brune Pivet, avec le Président du Sénat, Gérard Larcher, avec l'ensemble des formations politiques, de l'UDI, de l'IOT, des Républicains, de Place Publique, du Modem, d'Horizon de Renaissance et d'autres, qu'il y a une volonté d'avoir pour la France un budget avant le 31 décembre de cette année. Et cette volonté crée un mouvement et une convergence, évidemment, qui éloignent les perspectives de dissolution.
Enfin, ça ne suffit pas. Il faut évidemment que ce budget comporte un certain nombre de paramètres qui permettent à la France d'avancer. Je pense pouvoir dire aussi qu'il y a une énorme vigilance des formations politiques à dire, attention, la situation politique dans laquelle nous nous trouvons peut emporter des conséquences économiques, sociales, y compris en matière d'emploi. Et ça, évidemment, c'est un paramètre qui est absolument clé, protecteur, sur lequel nous devons aussi nous accorder.
Et puis, troisième chose, évidemment, la réduction de notre déficit, qui est clé, y compris pour la crédibilité de la signature de la France à l'étranger, notre capacité tout simplement à emprunter, et donc l'impact aussi sur les taux d'intérêt, ce qui est vrai pour l'État, ce qui est particulièrement vrai aussi, évidemment, pour les ménages et les entreprises. Et tout le monde s'accorde à dire, en tout cas dans les rendez-vous que j'ai eus hier, que la cible de déficit public doit être tenue en dessous de 5% du déficit, et c'est-à-dire en clair entre 4,7 et 5% de manière définitive.
En tout cas, je vous rends compte de ce qui m'a été dit par les différentes formations politiques, qui témoignent d'ailleurs d'un chemin de responsabilité. La Nouvelle-Calédonie, qui peut paraître loin de l'hexagone, mais sur lequel, vous le savez, des textes à prendre sont importants dans les jours qui viendront, et malheureusement, la situation politique nous empêche de débuter les débats, et l'adoption éventuelle de ces textes par l'Assemblée nationale et le Sénat, c'est un sujet de préoccupation majeure.
Le troisième point, c'est évidemment la situation internationale, au Proche au Moyen-Orient, en Ukraine, la question sécuritaire, l'image de la France à l'étranger, où depuis plusieurs jours, évidemment, des interrogations dans différentes capitales se posent. Heureusement que la Ve République repose sur la solidité de la fonction présidentielle et de sa représentation à l'étranger et en Europe. En tout cas, il est clair qu'il nous faut sortir de cette situation.
Ça veut donc dire aussi que cette volonté d'avoir un budget avant le 31 décembre de cette année oblige chacun à avoir capacité à avancer, et aussi d'ailleurs pour permettre aux Françaises et aux Français d'avoir des élections municipales qui se tiennent dans les meilleures conditions.
Sur cette base, je recevrai l'ensemble des forces de la gauche républicaine ce matin et ce midi, pour voir quelles sont les concessions qu'elles demandent aux autres formations politiques pour garantir cette stabilité, et quelles sont les concessions qu'elles sont prêtes à faire aussi le cas échéant pour le permettre, car j'ai cru comprendre qu'elles aussi souhaitaient que la France puisse se doter d'un budget avant la fin de cette année. Et donc on le voit bien, de ce moment de difficulté, de crise, crée aussi un moment de responsabilité sur lequel j'espère pouvoir trouver un certain nombre de solutions pour les présenter ce soir au chef de l'État.
Qu'il me soit permis de terminer par un point qui n'est pas que technique, puisque j'ai pu voir qu'un certain nombre de Françaises et de Français se sont émus. Il se trouve que les membres du gouvernement, lorsqu'ils quittent leurs fonctions, ont le droit à trois mois d'indemnité lorsqu'ils n'ont pas de revenus par ailleurs. Il est évident que les ministres qui auront été ministres seulement quelques heures n'auront pas le droit à ces indemnités. J'ai décidé de les suspendre, on ne peut pas vouloir faire des économies si on ne maintient pas par ailleurs une règle d'exemplarité et de rigueur dans la suite des autres décisions que j'ai pu prendre.
J'ai eu l'occasion de me réexprimer ce soir, après ou avant m'être rendu le cas échéant à l'Élysée, à la rencontre du chef de l'État. Merci beaucoup.
Voilà donc la déclaration de Sébastien Lecornu sur le perron de Matignon. Je commence par vous, Marcel Baudrier. Qu'est-ce que vous en retenez ? C'est un point d'étape. Je retiens budget déficit et ouverture à gauche.
Voilà ce que je retiens. C'est-à-dire que le bloc central veut conserver le pouvoir et est prêt pour cela à ouvrir des discussions avec la gauche en espérant réduire le déficit. Je ne vois pas très bien, honnêtement, en dehors de cette ouverture à gauche sur les discussions qui présagent sans doute des ministres de gauche dans un futur gouvernement, je ne vois pas très bien ce qui change dans le fond par rapport à ce qu'on a vu jusque-là.
Pour vous, vous ne voyez...
Aucun changement. Aucun changement et surtout aucun rien qui permette de penser que le futur gouvernement sera plus solide que le précédent.
Brice Couturier, il y a une note d'espérance quand même. Il dit, bonne nouvelle, il y a une volonté d'avoir un budget avant le 31 décembre. C'est le moins qu'on puisse espérer.
Dans l'état de nos finances... Écoutez, moi je fais des comptes. Je ne compte pas les finances publiques parce que ce serait vraiment trop pénible pour vos auditeurs. Non mais les députés qui soutiennent ce qu'on appelle le socle commun, c'est qui ? 161 macroniens avec Ensemble, Modem et Horizons plus 50 droites républicaines. Je sais compter, ça fait 211. La majorité absolue, c'est 289. Donc dans le système tel qu'il est, tel qu'il fonctionne actuellement, puisqu'il n'y a pas le système allemand de la motion de censure constructive, la gauche peut voter avec le Rassemblement national des motions de censure pour faire tomber ces gouvernements les uns après les autres.
Donc la seule solution arithmétique, c'est effectivement de faire monter le PS dans le bateau. Le PS qui est reçu dans un quart d'heure. Si le PS accepte de s'associer pour un programme à minima, parce qu'on sait bien que LR et le PS sont d'accord à peu près sur rien, mais enfin, s'il ne rentre pas sur ce bateau-là, il est évident que la dite majorité présidentielle n'a pas la majorité, puisqu'elle a en tout 161 députés. Donc il en faut davantage, et voilà, ces deux alliés-là sont possibles. Les autres ne le sont pas. Par définition, ils ne peuvent pas s'allier ni avec le Rassemblement national, ni avec LFI.
Donc certains lisent dans les boules de cristal ou le marque de café, et vous, vous avez raison, ce n'est pas du tout ironique, vous lisez dans l'arithmétique, Brice Couturier, et vous avez raison, c'est implacable. C'est-à-dire que si le PS ne dit pas « Bon, allez, voici nos concessions, on vient », ça ne marche pas et ça coince. Voilà. Allez, nous restons là-dessus, Brice Couturier et Marc, vous vous appelez Marcel, c'est quoi cette histoire ?
Marc Baudrier, vous restez avec nous pour la suite de La Vérité en face, 0826 300 300, vous nous appelez si vous voulez réagir à ce qu'a dit, je ne sais pas, c'est quoi, c'est une source de point d'étape finalement, c'est pas mal d'ailleurs comme méthode, le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu, restez avec nous sur l'antenne de Sud Radio. Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Akili.
Je peux vous assurer que le débat s'est poursuivi hors micro, comme vous avez pu le constater avec vous, Brice Couturier, et vous Marc Baudrier, vous nous appelez si vous voulez réagir à ce qu'a dit, 0826 300 300, Sébastien Lecornu, grosso modo c'était un point d'étape avant de recevoir les, là c'est dans 15 minutes ou 12 minutes, les responsables du PS, puis ceux des écologistes et du Parti communiste aujourd'hui, et Sébastien Lecornu qui voit une sorte de bonne nouvelle, de volonté manifeste d'avoir un budget avant le 31 décembre, ce qui éloignerait, dit-il, la perspective d'une dissolution, le Premier ministre qui a insisté sur les conséquences économiques et sociales, c'est ce qui nous préoccupe tous, la politique elle, ras-le-bol, mais la vie quotidienne, la vie des Français, ah ben ça oui, ça nous concerne, et pour cause, notre crédibilité, dit-il aussi, notre signature à l'étranger, parce qu'il faut emprunter, il veut garder le cap des 4,7 à 5% en dessous des déficits publics, il y a la Nouvelle-Calédonie qu'il faut traiter, il y a les guerres à l'étranger, l'Ukraine, le Proche-Orient, la France est en perte de vitesse déjà sur le théâtre étranger, et elle perd en crédibilité, et nous verrons bien quelles sont les concessions apportées aux forces de gauche, Marc Baudrier qui seront reçus cet après-midi.
D'un mot, Sébastien Lecornu, c'est un peu le petit bout de la lorgnette, mais il s'affirme là, on a presque envie de dire, c'est dommage qu'il soit démissionnaire ce garçon.
Oui, il était temps qu'il s'affirme, mais en l'occurrence, quel que soit le personnel qui est à Matignon, à partir du moment où l'Assemblée est divisée à ce point, il ne peut s'appuyer sur personne, donc un Premier ministre aussi talentueux soit-il, ne peut pas faire sans une Assemblée qui le soutient, et qui soutient sa politique, c'est quand même ça le problème. Par ailleurs, Sébastien Lecornu a quand même beaucoup évolué, il était de droite, c'était un soutien absolument presque servile d'Emmanuel Macron, qui est rejeté par les Français. Tout cela, on voit bien que c'est une équation absolument impossible, je pense qu'il faut rebattre les cartes.
Justement, Brice Couturier, là-dessus, vous voulez évoquer la suite, et c'est logique, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui peut se passer ? Est-ce que vous êtes aussi pessimiste que votre camarade ?
Oh, plus pessimiste encore ! C'est difficile, pourtant ! Moi, j'ai le sentiment, si vous voulez, que la population commence à en avoir vraiment assez du cirque politicien, du fait que chaque parti tire dans son sens, sans avoir en vue l'intérêt général, l'intérêt national. De ce point de vue-là, moi je trouve que Sébastien Lecornu est en train de donner une bonne leçon, c'est que lui, comme il l'a dit lui-même, il ne fait pas passer les intérêts de son parti avant ceux de la patrie, et ça, c'est un bon exemple, qui devrait être un peu mieux respecté et suivi par les autres.
Mais par contre, je pense que le spectacle du bordel politique ambiant commence à révulser profondément la population et que ça risque de donner un appel à l'homme fort. Dans beaucoup d'autres pays d'Europe, on a vu la même chose, on a vu des Orbanes, nous, on peut avoir un général sorti du rang qui commence à dire, moi je vais remettre... Parce qu'on a deux problèmes, on a à la fois... Et vous direz quoi ?
Qu'il y aurait un homme fort qui pourrait s'installer là, à Matignon ?
Non, non, non, un homme fort qui serait candidat à la présidence et à la présidentielle quand elle va avoir lieu, et qui dirait qu'il va remettre de l'ordre et dans la rue et dans les finances publiques. Celui qui dit ça aujourd'hui, il risque de faire un...
Vous voulez dire une personnalité qui ne serait pas de ce que nous connaissons, qui sont à la droite de la droite de l'échiquier, un inconnu sorti du rang, un militaire ou autre, un homme fort qui viendrait mettre le pays, on va dire,
un bon populiste d'ordre, comme Trump aux Etats-Unis, si vous voulez. Là-dessus, ce genre de profil-là, aujourd'hui, c'est beaucoup.
Marc Baudrier, vous êtes aussi pessimiste que Brice Couturier, vous pensez aussi qu'un homme fort peut jaillir, sortir du chapeau pour 2027 et dire, il faut que ça marche ou pas ?
Vous savez, en politique, tout est possible. Et c'est vrai que la fin, ça a été beaucoup dit, et c'est tout à fait vrai, la fin de la Quatrième République, avec ses désordres politiques, son instabilité, etc., ressemble quand même à la période que nous vivions.
Il y a eu un général.
Précisément, il y a un général qui a surgi à ce moment-là. Alors c'est vrai qu'il était auréolé quand même de la victoire de 40, de 45. Donc ça a fait quand même une petite différence. Personne aujourd'hui n'a ce statut-là dans l'opinion. Il était en retraite, mais il a envoyé des éclairs et des livres de temps en temps. Et donc c'était évidemment un recours évident pour tous les Français.
Oui, le gaule que vous évoquez aura été un pacificateur à la libération. Absolument. Donc là, en l'occurrence, le scénario est un peu plus anxiogène.
La République, là, on ne l'a pas, le général. Donc par contre, on a une alternance logique, je crois, dans le cadre des institutions, qui est celui du Rassemblement National. Et je pense que les Français, petit à petit, vont pousser cette solution. Pourquoi ? Parce que précisément, l'alliance contre le Rassemblement National, et là j'ai noté que le Premier ministre ne citait pas des missionnaires, ne citait pas le Rassemblement National. Il citait tous les partis sauf celui-là. L'alliance de tous ces partis contre le Rassemblement National imprime évidemment dans l'esprit des Français que s'ils veulent une alternance, eh bien, ils n'ont pas le choix.
C'est ce parti qui est d'ailleurs dominant, puisqu'il fait le double de son poursuivant.
Brice Couturier, vous avez beaucoup écrit sur l'histoire de ce pays, sur la République, sur l'histoire tout court. En attendant, 2027 et ce scénario très plausible de l'homme fort qui sortirait du rang, comme vous dites, là, il y aura ce soir une nouvelle déclaration, une deuxième de M. Lecornu. Il va devoir se rendre à l'Elysée pour faire part au président de la République qui prépare, lui, la panthéonisation de Robert Badinter, c'est-à-dire que c'est la séquence mémorielle qui lui fait gagner un jour, parce qu'il repousse le mur à chaque fois, Emmanuel Macron. Il est au bout, mais il gagne du temps. Il sait faire. Mais qu'est-ce qui va se passer ?
Il faudra bien que quelqu'un s'installe à Matignon, un profil, une société civile, quelqu'un de la gauche... Moi, je ne suis pas prophète et je... Sur le principe, Brice Couturier, il y a une étape, quand même. Mais oui, il faut bien qu'il y ait une étape avant 2027.
Là-dessus, je suis d'accord avec Gabriel Attal, quand il dit qu'il faut cesser de nommer un macronien à Matignon. Les macroniens doivent comprendre qu'ils doivent partager le pouvoir largement, non seulement avec LR, mais aussi avec quelques-uns à gauche. Donc, il faut logiquement que ce soit quelqu'un de LR. Moi, j'ai un candidat, c'est Xavier Bertrand. Je pense qu'il ferait à la fois, il aurait derrière lui LR, mais il aurait aussi pas mal de socialistes, parce que c'est un godiste de gauche. Ça serait un bon profil.
C'est un bon profil, c'est un homme de terrain.
Pour moi, si je devais souffler à Macron, je lui soufflerais le nom de Xavier Bertrand. Marc Baudrier, quel profil ? Écoutez, surtout pas Xavier Bertrand, je dirais.
C'est un profil intéressant, quand même. C'est un homme de terrain, il connaît.
Oui, c'est un président de région, c'est un espèce de raffarin dont on ne sait pas s'il est de droite ou de gauche, de fait.
Mais il faut parler à tous les Français, Marc Baudrier. C'est ça le problème, à un moment donné ? Oui, oui, il ne faut pas. Qu'est-ce que vous verriez comme profil ? Le temps a couru, malheureusement, mais que vous verriez qui...
Moi, je crois que ce n'est pas tant une question de profil qu'une question, si vous voulez, de... Est-ce qu'on parle de Laurent Berger, par exemple, qui serait hors champ politique ? Oui, mais c'est la tentation, quand le système est bloqué, d'aller chercher quelqu'un que personne ne connaît, dont on lui prêtera, évidemment, toutes les qualités qu'on n'a pas vues dans le spectre politique actuel. Mais on ne changera pas la donne de base, on en revient toujours là, si vous voulez. Avec une assemblée absolument ingouvernable, même le chef d'entreprise le plus malin se plantera.
Et par ailleurs, quelqu'un de la société civile, c'est très difficile, parce qu'il ne connaît pas les personnalités, il a un temps, aussi, pour rentrer dans la sphère politique, qui est long, parce que... Donc, vous êtes sceptique. C'est un handicap pour lui. Vous êtes sceptique. Donc, je suis très sceptique sur cette solution. Moi, je pense qu'il y a deux solutions, l'une sur l'autre. Une nouvelle assemblée, et une nouvelle présidentielle.
Allez, Marc Baudrier, Brice Couturier, merci à tous les deux. Nous verrons bien, ce soir, ce qu'il va dire Sébastien Lecornu, le retour. Bonjour à vous, Christine Bouillaud. Bonjour Jean-François, bonjour à tous. Bon, nous allons poursuivre cet échange.
Absolument. Volonté partagée, avant le 31 décembre, que la France ait un budget, ce qui éloigne les perspectives de dissolution. Alors, c'était un point presque d'étape, a dit le Premier ministre. Et bien, on va continuer de parler de tout ça avec nos débatteurs, mais également, comme vous l'avez fait, avec vous, chers auditeurs, au 0826 300 300, est-ce qu'on va sortir par un trou de souris de cette crise politique ? Oui, trou de fourmis, disait même M. Bayrou. C'est ça. Fourmis, c'est encore plus petit. C'est encore plus serré. Je n'ai pas plus petit, sur la planète. Allez, à tout de suite. Merci Jean-François. Merci Jean-François.