La grande interview : Robert Ménard
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 70 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 65 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:17OuverteÉludée
Est-ce que vous pensez que cet accord est une bonne chose ou pas ?
- 3:46OuverteRéponse partielle
L'État ne sait pas protéger les plus faibles, notamment les enfants ?
- 5:15OuverteRéponse directe
76% des Français estiment qu'il faut rendre public le fichier des auteurs d'affaires sexuelles.
- 7:20OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut étudier toutes ces propositions, Robert Ménard ?
- 7:54OuverteRéponse directe
Sur la peine de mort, vous dites qu'on ouvre le débat ?
- 8:39OuverteRéponse partielle
Dans quelle société vit-on, Robert Ménard ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:17Invité politiqueChiffre
« Il dit qu'il faut faire 15 000 places de prison, qu'il n'a jamais faites. »
- 4:56Invité politiqueFait
« Les pays bas. Mais alors, pourquoi on ne s'en inspire pas ? »
- 5:15PrésentateurChiffre
« 76% des Français, selon un sondage CSA pour CNews Europe 1 et le JDD, estiment qu'il faut rendre d'abord public le fichier des auteurs d'affaires sexuelles. »
- 5:19PrésentateurChiffre
« 92% sont pour la perpétuité irréelle pour ceux qui ont commis des crimes sur nos enfants. »
- 11:30Invité politiqueFait
« il y a même des pays où tu peux rester en centre de rétention sans limite. »
- 12:55PrésentateurFait
« Le 25 juin, le groupe d'Éric Ciotti va défendre une nouvelle proposition de loi pour interdire ces mariages. »
- 14:30Invité politiqueChiffre
« Tu as 80% des Français ou 70% des Français qui disent à peu près la même chose. »
Temps de parole
- Robert Ménard82 %
- Présentateur18 %
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Et notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Robert Ménard. Bonjour à vous.
Bonjour, bonjour madame.
Robert Ménard, le président Trump a signé hier soir à Versailles l'accord avec l'Iran en présence d'Emmanuel Macron qui l'avait invité à un dîner de gala. C'est un pas dans la bonne direction selon le président français, notamment pour les prix du carburant. Est-ce que vous le pensez aussi ? Est-ce que vous pensez que cet accord est une bonne chose ou pas ?
Qu'on arrête de se battre à part d'essayer d'être un cynisme absolu, bien sûr, tu dis c'est une bonne chose. Sur le fond, Emmanuel Macron dit que c'est un bon accord, je ne crois absolument pas. Ce n'est pas, vous avez vu le délire auquel on a assisté hier, l'accord du siècle et tout de la part de M. Trump. Attendez, c'est une bonne affaire pour qui on va payer, parce que c'est ce qui va se passer. Le détroit d'Hormuz, c'était gratuit. On nous expliquait que les missiles balistiques, c'était une catastrophe, ils y sont tous le temps. Est-ce que pour Israël, c'est une bonne nouvelle ? Est-ce qu'on va faire la peau au Hezbollah ? Je ne le crois pas. Et puis juste le dernier absent.
Et les Iraniens eux-mêmes ? Le peuple iranien, où est-il ? Le peuple iranien. Moi, j'ai plein d'amis. Vous vous rendez compte le drame que c'est ? On était partis, parce qu'ils mentent là-dessus. On était partis, ils disaient non, le changement de régime n'était pas l'ordre du jour. Mais ils les ont incités, M. Trump l'a incité, le peuple iranien à se révolter. Enfin, vous vous souvenez.
En disant, on arrivera juste après, allez-y, descendez par là-haut.
C'est un menteur absolu, c'est un menteur incroyable. Moi, hier, j'étais abasourdi du nombre de mensonges. Toutes les phrases, c'est un mensonge. Alors qu'il n'a qu'à dire, j'ai changé d'avis et tout. Mais il ne faut pas nous dire qu'ils ont gagné la guerre et que les objectifs de guerre sont remplis.
Le régime est toujours en place, évidemment. Vincent Hervois disait tout à l'heure sur Europe 1, cet accord abandonne la région à l'Iran, le Liban au Hezbollah et Israël à sa solitude.
C'est la meilleure formule qu'on puisse trouver.
C'était Versailles aussi hier soir pour fêter les 250 ans de l'indépendance des États-Unis, acquises grâce à l'aide de la France. C'est important de recevoir le président, qui est notre allié américain dans ces circonstances, alors qu'il avait dit quelques heures plus tôt à Evian, c'est moi le patron, je suis le patron, I am the boss.
Il y a deux choses sur « je suis le patron en arrivant une heure en retard », encore qu'Emmanuel Macron sur le retard, il ne va pas plaider, il peut appeler les coupables. Mais enfin, quel mépris ! Honnêtement, je me suis dit, comment il n'y a pas un chef d'État qui se lève et qui lui dit « je me tire ». Alors vous me direz, c'est plus facile à dire ici tous les deux que si on était chef de l'État.
Mais la réalité, c'est que c'est lui le patron ?
Bien sûr, mais qu'il soit le patron, c'est la plus grande puissance au monde, évidemment, il y a du mal à le contrarier, mais qu'il traite avec un tel mépris l'ensemble des puissances qui étaient là. En plus, c'est une mauvaise idée parce qu'il ne comprend que le rapport de force. Croire que parce que tu vas devenir une carpette, il va t'aimer un peu plus, je ne crois pas. Ensuite, mais en revanche, moi je ne suis pas de ceux qui reprochent à Emmanuel Macron de le recevoir à Versailles. Dans le monde entier, Versailles, c'est la France, et utiliser Versailles à un moment donné pour tenter d'obtenir un certain nombre de choses, c'est intelligent, de bonne guerre, il a raison de le faire.
La France, c'est aussi ça, c'est le luxe, c'est Versailles, c'est l'histoire, et c'est nos cartes, les cartes qu'on a à jouer. Et ce ne sont pas des petites cartes. S'il signe à Versailles, finalement, devant tout le monde, c'est parce qu'il est bluffé par ce que c'est. Profitons de ça, au moins on a ça.
Nous sommes aussi, évidemment, avec des grandes préoccupations des Français, et là on va changer de registre, on va parler des violences contre les enfants, Robert Ménard, il y a toujours une grande colère du peuple français après la mort de la petite Liana. Les affaires d'agression sont quotidiennes, d'agression sexuelle sur les enfants sortent de façon quotidienne. Est-ce que, encore une fois, l'État ne sait pas protéger les plus faibles, notamment les enfants, ou est-ce qu'il ne veut pas, est-ce qu'il n'y a pas de volonté politique ?
Il y a surtout de ne pas mettre les choses, on met les choses à l'envers. Aujourd'hui, voter, attendez, je ne suis pas contre une nouvelle loi et tout ça. Mais attendez, le problème, il n'est pas là. D'abord, je vais vous dire un truc basique. Quand tu veux arrêter quelqu'un et le mettre en prison, il faut des places de prison, madame. Ce que je reproche avant tout à M. Macron, c'est les promesses qu'il avait faites en 2017, c'était, vous vous rappelez, avant son élection. Il dit qu'il faut faire 15 000 places de prison, qu'il n'a jamais faites. Mais il en faut plus que ça.
Moi, le nombre, les gens qui disent que les magistrats sont laxistes, il y a tout un tas de magistrats, madame, qui ne le sont pas. Vous avez discuté avec les magistrats. Le type te dit, mais je le mets où en prison ? Chez moi, il y a, pour la maison d'arrêt, deux personnes pour une place. Ils ne vont pas en mettre plus. Donc il faut d'abord construire des places de prison. Et ensuite, pardon juste, quand quelqu'un prend 15 jours ou un mois de prison, il faut le mettre 15 jours ou un mois de prison. Et ce n'est pas une mesure d'extrême droite. Ça existe dans des pays européens où ça marche. Les pays bas. Mais alors, pourquoi on ne s'en inspire pas ?
Pourquoi on ne se dit pas, tu as pris 15 jours de prison, tu vas 15 jours en prison ? Il y a des gens, il y a des gens, pour nous protéger d'eux, leur seule place, madame, c'est la prison. Alors évidemment, ce n'est pas très progressiste, mon propos, mais je pense que tout le monde le pense. Tu fais une saloperie, tu vas en prise.
76% des Français, selon un sondage CSA pour CNews Europe 1 et le JDD, estiment qu'il faut rendre d'abord public le fichier des auteurs d'affaires sexuelles et 92% sont pour la perpétuité irréelle pour ceux qui ont commis des crimes sur nos enfants.
Vous êtes d'accord avec ça ? Absolument, il faut être terrible avec les gens qui se comportent de façon terrible. Madame, qu'est-ce qui est plus important pour vous que pour les enfants ? Rien. Moi, je suis allé, pour Poliana, les deux rassemblements. Et vous savez pourquoi je dis ça ? Parce qu'il faut faire attention. Le deuxième rassemblement où je suis allé à Bézé, devant l'OTL, il y en a comme dans toute la France, c'était d'un coup plus politique. Vous savez, j'ai eu la raison. La récupération donc. Exactement. Vous vous rappelez les Gilets jaunes ? Au début, je suis allé comme tous les maires avec les gens des Gilets jaunes. C'était du bon sens.
C'était, on veut gagner de l'argent, on travaille, on veut gagner assez d'argent pour vivre normalement. Là, le premier rassemblement, il y avait plein de gens, de papas, de grands-parents qui étaient abasourdis. Et là, d'un coup, je m'aperçois, ça y est, tu avais les militants de la France insoumise, pour pouvoir les citer, qui étaient là et qui commençaient à faire de la politique. Moi, je ne veux pas qu'on fasse la politique là-dessus. Je veux juste qu'on trouve des solutions. Pas de la démagogie, qu'on trouve quelques solutions. Les un, il faut des places de prison. Deux, les magistrats qui se comportent mal ou pas bien, ils doivent être sanctionnés. Donc, rendre des comptes, voilà.
Et est-ce qu'il ne faut pas élire les procureurs ? Au moins, je pose le débat. Au moins, je pose le débat. Est-ce que quelqu'un qui rend la justice au nom du peuple français, je vous rappelle... C'est votre proposition ce matin, Robert Ménard, voilà. L'élection des procureurs. Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Je me dis, le procureur, qu'est-ce qu'il fait dans le procès ? Il vous défend, il nous défend. Il défend les Français, la France, par rapport aux gens qui ont fait des crimes ou des délits. Est-ce qu'il ne serait pas normal qu'ils rendent des comptes ?
Alors, il y a une façon de les sanctionner professionnellement, mais peut-être que s'ils étaient élus, ils se sentiraient un peu plus investis de ce rôle-là.
Il y a beaucoup de propositions qui fleurissent depuis la mort de cette petite fille, Liana, cette petite martyr. Nicolas Dépongan, par exemple, souhaite rouvrir par référendum la question sur la peine de mort. Bruno Retailleau est favorable à la castration chimique. Il y a aussi une question d'une grande loi intégrale. Est-ce qu'il faut étudier toutes ces propositions, Robert Ménard ? Il faut tout mettre sur la table ?
Il faut mettre tout sur la table, il faut en discuter et il faut faire attention. La pire des choses, c'est que dans trois mois, si je suis de nouveau, on aura oublié, on passera tous les deux. Et on passera à autre chose parce que l'actualité, elle est comme ça. C'est ça, le problème. Le problème, c'est l'oubli des choses. Et moi, je comprends. Attendez, je voterais. S'il y avait une loi intégrale, je la voterais.
Sur la peine de mort, vous dites qu'on ouvre le débat ?
Non, attendez, c'est deux choses. Qu'on ouvre le débat, toujours. Moi, je suis pour qu'on ouvre tous les débats. Même celui-là. Pourquoi il y a des débats interdits ? Vous me posez une question, on ouvre donc le débat tous les deux. Je serais contre. Moi, j'ai l'été pour, à un moment donné, je pense que ce n'est pas une bonne solution. Donc, aujourd'hui, je voterais contre. Mais je ne vois pas pourquoi il y a des débats qui sont interdits. Vous ne pouvez pas dire aux Français, il y a ça qui est exclu d'avance. Rien n'exclut. Moi, je suis contre, mais je suis prêt à en discuter. Mais comme de tout. En plus, vous êtes journaliste, vous posez des questions, vous ne vous dites pas.
Tiens, il y a des questions qu'on ne doit pas poser. Donc, on pose celle-là aussi, évidemment.
Il y a la violence, évidemment, contre les mineurs. Elle est terrible dans notre pays. On s'aperçoit qu'il y a un océan caché des violences faites aux enfants, notamment sur l'aide sociale à l'enfance. Il y a aussi la violence des mineurs, entre eux, et tous les jours des faits divers absolument dramatiques, mettant en scène le gros du roi qui venait, une vieille dame de 86 ans massacrée par un adolescent de 15 ans. Dans quelle société vit-on, Robert Ménard ?
Je ne sais pas. Honnêtement, je suis désarmé. Je ne comprends pas. C'est aussi bête à vous dire que ça. Je ne comprends pas. Est-ce qu'on ne le savait pas avant et que les enfants étaient aussi violents ? Je ne sais pas. Est-ce que, moi, ce que je vois, c'est l'échec que ça représente pour nous ? Je dis quand même, ces gosses, ils ont des parents. Ils ont des grands-parents. Moi, je vois des gosses où je me dis, tiens, ils sont mal élevés. Pardon d'exprimer. Il ne faut pas dire mal élevé. Entre mal élevé et tueur, oui. Non, non, mais ce que je dis, non, ils ne sont pas mal élevés, je te parle mal. Non, non. Mais ils n'ont pas été élevés. Voilà, il faudrait plutôt choisir ça.
Mais je ne m'aperçois que les parents, non plus. J'ai l'impression que depuis deux ou trois générations, un certain nombre de règles, mais de règles morales. Et la morale, ça existe. Attendez, mais même quand je dis ça, je me dis, il y a des gens qui, tu leur dis, la morale, ça existe. Oh, tout est relatif. Non, il y a des règles morales qu'il faut s'imposer. Et j'ai l'impression qu'on ne les transmet plus. Écoutez, et voilà, voilà ce que ça donne. Moi, je le vois, je vois des gosses, tu te dis, alors je ne vais pas redire qu'ils mettent une paire de gifles parce que ça, on te... Non, non, mais non.
Et en même temps, madame, attendez, moi, ma fille, je l'aime, mais ça ne m'a pas empêché de lui donner une tape sur les fesses quand elle mettait les doigts dans une prise. Enfin, maintenant, on te dit non. Enfin, il faut être tombé sur la tête. Mais à la fois, on t'interdit de poser un certain nombre de questions sur l'éducation et tout ça. Et en même temps, on s'étonne de ce qui se passe. On s'étonne de ce qui se passe.
Robert Ménard, il y a aussi la protection des jeunes femmes. Le député EPR Charles Rodouel a fait adopter la proposition de loi qui porte le nom de Philippine. Cette jeune fille qui a été massacrée, elle aussi, par un OQTF, il y a en 2024. Elle prolonge les délais de rétention à 210 jours dans les centres dédiés pour les étangers dangereux. La proposition de loi a été adoptée. Mais alors, la gauche, les socialistes, l'extrême gauche ont tous voté contre. Ils ont même employé certains mots qui ont heurté Charles Rodouel et qui nous heurtent. Déportation, camp de concentration pour évoquer les centres de rétention administrative. Qu'est-ce que vous leur dites ?
C'est la deuxième partie de ce que vous dites qui me sidère. C'est que, tu t'appelles, c'est ce que vous avez, toute la gauche. C'est-à-dire, ils essayent de nous expliquer une partie de la gauche. Vous savez, ce serait la gauche sociale-démocrate, la gauche responsable. Ils ont voté ça. Comment tu peux, comment tu peux expliquer, pas aux parents, comment tu peux m'expliquer à moi qu'aujourd'hui, alors que dans tout un tas de pays en Europe, il y a même des pays où tu peux rester en centre de rétention sans limite. Il y a des pays où c'est deux ans.
Nous, on est assez cons, assez démago, démago, assez, même pas la crise, fou furieux pour dire qu'on va, un type dangereux, au bout d'un certain nombre de jours, on l'a vu dans cette affaire-là, être obligé de le libérer. Mais comment tu peux expliquer ça ? Comment cette gauche-là, qui essaye de nous expliquer, pour une partie d'entre elles, mais non, on est des gens des réseaux-là, vous savez, on n'est pas à l'extrême-gauche, mais ils pensent tous.
Et faire la comparaison avec les camps de concentration et la déportation.
Attendez, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Que vous voulez que je vous dise, c'est plus de la démagogie, c'est de la folie à l'état pur. Et vous allez voter, quelqu'un va voter pour cette gauche-là, pour M. Glucksmann, dont tous les soutiens ont voté ça. Moi, j'aime bien, je prends lui, parce que c'est un type... Il n'a pas dit ces mots-là, mais vous avez raison. Je n'ai pas dit lui, mais je dis, une grosse partie de ces soutiens, dans les députés, il en a, ils ont voté avec les autres. Mais je prends cet exemple, parce que je l'aime bien, vous avez compris, je ne prends pas un exemple d'un type que je déteste, je trouve qu'il a des qualités et tout.
Comment tu fais avec ces gens-là ? Comment tu écoutes ? Et attendez, madame, le problème, c'est qu'il y a des gens qui votent pour eux. Comment tu peux à la fois dire, pour la petite Philippine, c'est terrible, c'est monstrueux ce qui est arrivé, et demain, tu vas voter pour ces gens-là ?
Et c'est au QTF, vous devez les marier, puisque les maires ont obligation de les marier, vous en savez quelque chose, vous passez le 30 septembre prochain devant le tribunal correctionnel pour avoir refusé de marier un homme en situation irrégulière. Le 25 juin, le groupe d'Éric Ciotti va défendre une nouvelle proposition de loi pour interdire ces mariages. Est-ce qu'elle a une chance d'aboutir ? Est-ce que vous le souhaitez ?
J'ai parlé avec tout le centre, la droite et la droite de la droite. Ils m'ont tous dit qu'ils allaient le voter. Monsieur Darmanin, qui sera au banc, c'est-à-dire c'est lui qui représentera le gouvernement, m'a dit qu'il appellerait à voter le texte. J'espère qu'ils ne vont pas mentir. Ils m'ont tous dit, je peux vous les citer, les uns après les autres, je leur ai parlé. Ils m'ont dit non, non, non, monsieur le maire, il n'y a pas de problème, évidemment, c'est une situation folle furieuse et tout. Un.
Deux, j'espère, et je le dis à votre antenne, à Éric Ciotti, on se connaît depuis des années, Éric, tu ne me fais pas le coup de mettre le texte en fin de journée, où la gauche pourra, à coup d'amendement, faire en sorte, ce qu'elle a déjà fait une première fois, de ne pas avoir à voter le texte, parce que vous savez, après minuit, c'est fini, c'est comme Cendrillon, tu le mets tout de suite. Il m'a promis qu'il le fait. Les autres m'ont promis, pas que pour moi, pour les maires qui sont concernés, mais c'est moi qui l'ai réveillé. Ils m'ont dit, on le votera, il n'y a pas de problème, on fera les comptes de ceux qui ont une parole et peut-être même un peu d'honneur.
Robert Ménard, vous espérez que ce soit effectivement non pas trans-partisan, mais que cette cause-là, elle réunisse un certain nombre de voix. Est-ce que vous espérez qu'il y ait comme ça une forme d'unité sur les grands sujets sociétaux qui sont importants pour les Français en vue de la présidentielle de 2027 ?
Moi, je ne comprends pas qu'on n'y arrive pas. Les gens, en ce moment, vous savez, ils font des programmes, des 300 pages que personne ne va lire, peu importe. Mais attendez, là, on a abordé à cette... Regardez la question de l'immigration. Tu as 80% des Français ou 70% des Français qui disent à peu près la même chose qui ont les mêmes diagnostics et les mêmes conclusions. On n'est pas foutu de réunir, je ne sais pas, 15 personnes à peu près raisonnables qui diraient, écoutez, on ne va pas tout régler parce qu'on ne règle pas tout. On n'a pas des réponses à tout parce qu'on ne sait pas tout. On va juste, sur un certain nombre de questions, ce que vous disiez, où on est à peu près d'accord.
La protection des enfants.
L'immigration, la sécurité, un certain nombre de questions. Si tu travailles, tu dois plus gagner d'argent que quelqu'un qui ne travaille pas. Enfin, des choses comme ça. Les pays qui ne veulent pas récupérer les gens qui sont des délinquants chez eux, on va peut-être arrêter de leur donner des visas. Des choses sur lesquelles on est tous d'accord, mais pas nous deux. Tout le monde est d'accord. Et on n'est pas foutu de se retrouver à une quinzaine là-dessus en disant je ne me bats pas pour moi parce que je veux être chef de l'État. Je me bats pour qu'on se mette à un certain nombre. D'accord là-dessus et on avance. Vous savez le problème, c'est les partis politiques quand même.
Il faut le faire en dehors des partis. On ne va pas interdire les partis. Oui, on ne va pas les interdire, mais passer au-dessus. Il faut passer au-delà des partis, au-dessus. Il faut réunir des gens. Alors je ne sais plus parce que les mots... Mais vous pourriez jouer un rôle là-dessus, Romain Mela. Mais moi je suis prêt, évidemment. A vous engager pour la campagne. Je discute avec tout le monde, mais ce n'est pas moi. Je me dis, et si on se retrouve une quinzaine, on ne dit pas je vais être le chef, je vais être le candidat. On se retrouve une quinzaine, on bosse là-dessus, on trouve des réponses. Au mobilisme, il va y avoir plein d'émissions de télévision.
Il y a plein de sondages qui vont être faits. On essaye de se retrouver sur quelques questions ensemble. Et on avance. On avance ensemble. Attendez, ça ne vaut pas le coup de le faire. Ça ne vaut pas le coup de le faire. Ça ne vaut pas le coup de le faire pour son pays. Les Français le souhaitent en tout cas. Absolument. Et en plus, pour les hommes politiques, moi je leur dis, si vous êtes aussi détestés, c'est parce qu'il n'y en a que pour votre gueule. Il n'y en a que pour votre gueule. Et il y a un certain nombre de propositions dont vous savez sciemment, madame, que vous ne les tiendrez pas. Aujourd'hui, moi je crois que je ne suis pas méprisant vis-à-vis des gens.
Aujourd'hui, dire on va faire le SMIG à je ne sais pas combien et tout, c'est être méprisant parce que tout le monde sait que ça ne se fera pas. Et c'est mentir aux gens. Moi je ne veux pas leur mentir. Je pense qu'on peut dire des choses difficiles en étant attentif. Vous savez, il y a un mot, moi j'ai vu le dernier film de Spielberg, vous allez voir pourquoi, formidable, vous voyez pourquoi. Et il y a un mot formidable, je ne sais pas si vous l'avez vu, il y a un mot formidable dedans. Il y a un mot, la bienveillance. Les gens, ils ont besoin de bienveillance.
Et ceux qui n'ont pas la chance comme nous, de vivre à peu près normalement et sans trop de problèmes d'argent, ils ont encore plus de la bienveillance.
Robert Ménard, vous êtes aussi l'ancien patron de Reporters sans frontières qui avait saisi en janvier dernier l'ARCOM au sujet de notre chaîne, Cézios. Décision rendue ce lundi, la chaîne, notre chaîne est mise en demeure pour manque de pluralisme dans ses intervenants et ses sujets évoqués, ce que nous contestons formellement. Quelle est votre position là-dessus ?
Avant de vous répondre, je vais vous dire que ce que je vous dis là, face à vous, je l'ai dit hier, sur une autre entête. Sur une autre entête. Nos confrères de LCI. Voilà, pour le dire, pour dire que je ne vous dis pas ça parce que vous êtes face à moi. Je suis sidéré pour plusieurs raisons. La première raison, c'est les porteurs, pardon de parler de ça, ceux qui sont les porteurs de cette exigence de pluralisme, ça s'appelle Reporters sans frontières. J'ai été le créateur, je l'ai dirigé pendant 23 ans.
Que cette banque de gauchistes trouve rien d'autre à faire que de venir emmerder, en l'occurrence, vous, alors qu'il devrait s'en féliciter en se disant « Enfin, on a du pluralisme à la télévision ». Attendez, moi je suis un vieux monsieur qui est connu des situations où il y avait un truc qui s'appelait le monopole. Le monopole, vous voyez à quoi vous étiez pané. Le monopole. Mais oui, moi j'étais condamné, madame, 23 fois pour avoir violé le monopole. Vous savez, je faisais des émissions de radio libre. Attendez, mais ils oublient ça. C'est un progrès colossal. Si tu n'aimes pas ces news, il y a plein de gens peut-être qui n'aiment pas Laurent Ferraris.
Il y en a plein qui aiment aussi.
Pas moi, mais la chaîne. Ceux qui l'aiment, je ne sais pas ce que je fais face à vous, qui n'aiment pas la chaîne, mais mon Dieu, tu ne la regardes pas, tu ne nous emmerdes pas. Et tu peux dire ça, je ne les aime pas, je regarde, mais il y en plein qui aiment, mais ils ont le droit d'aimer. Moi, je ne comprends pas. Je trouve que c'est formidable. Quand j'achète tout un tas de journaux, de la presse écrite, vous faites comme moi, vous vous félicitez de cette profusion. Ça s'appelle le pluralisme, justement, la liberté d'expression.
Or, que tout le monde, regardez là-dessus, vous disiez, on devrait, tout le monde, il y a 80% des Français qui disent que c'est formidable, même des gens qui n'écoutent pas ces news, mais qui disent que c'est un progrès colossal. Moi, je serais journaliste ou rédacteur en chef ou patron d'une autre chaîne, j'applaudirais, je dirais, vive ces news, je suis content qu'ils y soient, même si je suis leur concurrent, même si je ne partage pas leur opinion. C'est le B.A.B. Mais je ne sais pas, ils n'aiment pas la démocratie, or, c'est les mêmes qui nous donnent une leçon de morale.
Tous les autres, c'est cette, j'allais dire une grosse série, oui, cette putain de gauche qui te font une leçon de morale tous les matins. Vous savez, c'est eux qui incarnent le bien, la justice, le beau et tout, qui viennent t'expliquer, « Ah oui, mais quand les autres, ils ne pensent pas exactement comme moi, je leur claquerai bien le bec. » Mais enfin, qu'est-ce que c'est ce monde-là ? Ça me semble. Et qu'on ait ce débat ouvre-nous en France. Vous voyez, moi, j'ai passé ma vie à défendre la liberté de la presse, mais dans des pays insupportables, où tu avais des dictatures, où évidemment, ils comprenaient rien. Ici, on est dans une des vieilles démocraties, et on a un débat.
On ne devrait même pas avoir à parler de ça. Cette question, elle est invraisemblable. Alors, bien sûr qu'il faut défendre CNews. Bien sûr qu'élargir le pluralisme comme ça. Alors, je vais ausculter. Alors, Laurence Ferrari, elle est là, elle est un peu trop à droite, là, elle est un peu trop à gauche et tout. Mais enfin, vous vous rendez compte ? Il y a déjà le pluralisme. Oui, en période électorale, c'est normal et tout, mais en dehors de ça. Et en plus, juste une petite saloperie, une dernière saloperie. Reporter à sa frontière sur le pluralisme à Radio France par rapport au Rassemblement national, qui a été effectivement mis en défaut par l'ARCOM. Vous les avez entendus ? Non.
Ah non, ça veut dire qu'il y a... Deux poids de mesure. Deux poids de mesure, suivant qui ça touche, ça te choque ou ça te choque pas. Tu tombes à l'envers.
Merci, Robert Ménin, pour ce coup de gueule de ce matin.
Alors, ça ne vous met pas en colère.
CNews Europe 1, ça nous met en colère. Et au nom de la rédaction de CNews, je vous remercie de vos propos. Bonne journée à vous sur CNews Europe 1.
Robert Ménard