Ne partez pas en road-trip avec Yann Arthus-Bertrand - La drôle d’humeur de Bruno Peki
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Bruno Pecky, et lui Bruno Pecky, il n'aurait pas vraiment fait le film comme ça, hein Bruno ? Eh ben non, eh ben non Lila ! Alors là, pas du tout quoi, faire un film humaniste sur les Françaises et Français qui agissent au quotidien pour influencer positivement le monde, non mais quelle idée dégueulasse ! À la place, j'aurais fait peur aux gens en utilisant des images qui laissent penser que rien ne va en France et que c'est à cause de l'immigration. Ah mince, ça existe déjà, ça s'appelle CNews, ça ne veut plus rien dire quoi !
Bon mais quand même, je n'aurais pas fait votre documentaire comme ça Yann, on l'a dit pour ce film, vous traversez la France pour rencontrer des anonymes et les prendre en photo, alors que vous êtes une célébrité, c'est aux gens de vous prendre en photo, pas l'inverse ! En plus, ça doit vous arriver souvent, oh regardez, il y a Noël ma mère, on peut faire un selfie ? C'est vrai ? Ouais, j'imagine, j'imagine ! Entre Josée Beauvais et Noël ma mère, on me confond souvent ! Ah ouais, j'imagine, j'hésite entre les deux ! D'ailleurs, ça doit être un enfer pour vous en tant que photographe, quand des gens vous demandent un selfie, non attendez, la lumière n'est pas bonne ! Ah, langue non plus !
Bon, ne bougez pas, je vais chercher mon hélico, on va faire une selfie vue du ciel ! Au fond, je dis tout ça parce que je suis jaloux, vous avez dû tellement kiffer rencontrer des gens qui aident les autres, des gens qui protègent la nature, bref, des gens qui se battent et surtout qui aiment. Ça devait être un magnifique tournage dans une ambiance merveilleuse, comme un tournage avec Gérard Depardieu, mais l'extrême inverse, voilà ! Ah d'ailleurs, on me dit qu'on a la chance d'avoir des extraits de ces beaux moments de fraternité entre l'équipe de réalisation, typiquement lorsque vous dites à votre co-réalisateur… C'est quoi la difficulté d'être totalisateur avec des branquignols ?
Des branquignols ! Voilà ! On sait enfin qui Emmanuel Macron appelle quand il veut un nouveau mot du XIXe siècle à utiliser dans un discours. Non mais c'est super dans votre film, on découvre des nouvelles manières de vivre et des nouvelles expressions de vieux, c'est deux en un ! Comme le fait de faire ce film et de le ponctuer par les séances photos de votre album France, un album de famille, c'est un film engagé et une pub d'1h45 pour votre bouquin ! Léna Situation pour aller se recoucher, le premier influence de France, c'est Yann Arthus Bertrand !
Pour revenir à votre comportement, évidemment, c'est pas avec tout le monde que vous êtes comme ça, par exemple, quand vous vous adressez à votre ingé son, vous êtes adorable ! Regarde, regarde le son là ! Tu arrêtes de nous faire chier ! On est en train d'interroger quelqu'un, Jappard, qui est formidable ! Ça fait partie du film ! D'ailleurs, on sent que c'est l'image, votre expertise ! Même quand il y a un problème de son, vous dites, regarde le son ! C'est vraiment pas sympa, Yann, parce que votre âge de son, lui, il vous adore ! La preuve, lorsqu'il dit ! Moi, je pense que c'est chiant de mettre ça avec vous !
Non mais heureusement, heureusement, vous êtes bien plus cool avec les gens que vous rencontrez !
Ça vous embête pas, Yann, tout à l'heure, vous faire photographier ? Avec un cajot de quelque chose qui vous aimez bien ! Mais pas les betteraves, c'est pas du tout spectaculaire ! C'est pas beau, ça, les photos ! C'est pas beau, ça, non ! Ah oui, ça fait des vieilles couilles fripées, c'est vraiment pas... C'est vraiment pas très intéressant ! Ah mais j'adore, quoi ! On dirait l'ambiance
dans la bande originale, quoi ! Vraiment ! Ça, c'est ma cave ! Ça, c'est Daniel ! D'ailleurs, à un moment donné du film, vous faites une conférence sur l'écologie pendant un congrès autour de l'entrepreneuriat, et en sortant, vous dites exactement ce que je me dis tous les lundis à la fin de ma chronique. De plus en plus,
c'est difficile pour moi de... de parler de tout ça devant des gens qui sont un peu indifférents.
Ah non ! On est pareil ! On est pareil ! Moi, ma carrière, c'est comme la transition écologique, à un moment, on y croyait, mais la plupart du monde est déjà passé à autre chose, je crois, voilà. Et moi, je trouve ça tragique, pour l'écologie, je précise. D'ailleurs, à la fin du film, je me suis demandé ce que moi, je faisais pour impacter positivement mon environnement, et je pense que je fais déjà beaucoup de choses en étant l'humoriste francophone qui émet le moins de CO2. Ah bon ? Bah oui, oui, ce qui peut lui en tant qu'humoriste, c'est l'été des placements, et c'était spectateur.
Moi, j'ai ni tourné, ni public, donc désolé d'être le seul comique à prendre l'urgence climatique au sérieux. Bon, je me moque de vous, Yann, de votre équipe et de moi-même, parce que c'est plus simple que de se moquer de cette femme qui accueille des migrants chez elle pour les aider, de ces gens qui essaient de faire une agriculture la plus respectueuse de l'environnement, ou encore de cet homme passé par la casse-prison qui, dorénavant, dit « on m'a aidé, donc j'aide les gens ». Vous l'aurez compris, c'est un film bouleversant et nécessaire qui m'a appris une chose essentielle, ne jamais partir en road trip avec Yann Arthus Bertrand.
Ah non, mais ça doit être un enfer, après 1h40, le mec se trompe de route tout le temps. Vous êtes le pire copilote, vu du ciel, on se débrouille, mais une fois sur Terre, on est complé. Vous voulez montrer à la société le bon chemin à suivre ? Oui, bah commencez par indiquer les bonnes sorties d'autoroute, Yann. Plus sérieusement, on ressort changé après avoir vu ce film. Moi-même, je me suis surpris à dire « ça, c'est la France qu'on aime ». Alors que je ne suis même pas français, je suis suisse. D'ailleurs, venez en Suisse, parce que je suis sûr qu'on pourrait faire aussi un film sur les gens qui aident les autres. Ah bah, on est un peuple qui a beaucoup aidé.
Bon, à certaines périodes de l'histoire, on a aidé le mauvais camp, mais on a la solidarité dans les gènes et dans les coffres. Je terminerai en vous mentionnant, Yann. Vous dites des gens que vous avez croisés qu'ils sont tous des grandes gueules, mais tous des grandes cœurs. Et bah Yann, vous êtes venu dans la bonne émission. Bravo Bruno ! Merci les amis. Et Bruno est sur scène, contrairement à ce qu'il dit. Absolument, le 5 novembre est en Suisse. Estavaillé, le lac, c'est à côté d'un lac. Il ne va pas vous tromper.